Remarques sur le style et la rhétorique de Paul Craig Roberts

Par sa rudesse et sa crudité, le style et la rhétorique de Paul Craig Roberts sont bien propres à déplaire aux spécialistes des relations internationales, aux diplomates, aux fonctionnaires internationaux et même au citoyen Lambda qui s’efforce de suivre dans ses journaux habituels les nouvelles sur l’évolution de la situation mondiale.

On y trouve, en effet, des expressions telles que les “medias presstitués“ pour désigner les organes de presse et d’information vénaux ou sous influence, dont la priorité n’est pas la vérité des faits et des situations, ou telles que les “Etats vassaux de l’Union Européenne“ pour rappeler qu’en tant que membres de l’OTAN, ces Etats ne disposent plus que d’une souveraineté restreinte en matière de politique étrangère, cette dernière leur étant, pour l’essentiel, dictée par Washington, ou encore telles que “les idiots de Washington“ pour souligner l’irresponsabilité foncière des responsables politiques actuels des Etats-Unis d’Amérique.

Ce style hyperbolique n’est pas sans rappeler celui de certains mouvements d’extrême gauche, ce à quoi d’aucuns rétorqueront que la chose ne doit pas étonner venant d’un homme d’extrême droite. Or c’est là une erreur. Paul Craig Roberts est assurément un homme de droite, ils est parfois classé comme paléo-conservateur, mais il n’est en aucune façon un homme d’extrême droite comme en témoignent ses prises de position sur les droits humains et sur le programme de sécurité sociale du Président Obama. C’est un libéral politique et économique, passionnément attaché à l’Etat de droit et à la vénérable Constitution américaine de 1787, mais aussi au respect du droit international.

Alors, quelle explication donner à la rudesse et la crudité du style de Paul Craig Roberts ? Imaginez un médecin consciencieux ayant longtemps travaillé dans un hôpital, mais l’ayant quitté à sa retraite, et qui aurait appris que ses successeurs, sous prétexte de soigner les malades, les utilisent comme cobayes pour des armes biologiques, tout en étant couverts par le secret défense. Croyez-vous qu’un tel médecin usera d’un langage poli et prudent pour dénoncer les turpitudes de ses successeurs ? Non ! Il clamera haut et fort son indignation et l’indignité des silences complices. C’est ce que fait Paul Craig Roberts et c’est ce qui fait son style.

Ivo Rens
Genève, août 2014.

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