Ukraine, deux ans après

par Guy Mettan

30/08/2016

Source : guymettan.blog.tdg.ch

http://guymettan.blog.tdg.ch/archive/2016/08/30/ukraine-deux-ans-apres-278485.html#more

 

Deux ans après le début du conflit en Ukraine, le moment est venu de faire un bilan provisoire. La poussière des événements est suffisamment retombée pour qu’on puisse en reconstituer la trame. Peu à peu, grâce aux enquêtes réalisées par des observateurs avisés comme le dénonciateur de l’Irangate et Prix Pulitzer Robert Parry, la vérité commence à se faire jour.

Et comme d’habitude, elle n’est pas très reluisante. La belle histoire de la révolution populaire qui jette à bas un régime honni et corrompu apparaît dans sa réalité crue: ce n’était qu’une fiction, une fable habilement tissée pour tromper un public avide de contes qui finissent bien.

Souvenez-vous du crash du vol MH 17 qui a fait près de 300 morts en juillet 2014 et semé l’effroi dans le monde entier, dont John Kerry déclara qu’il était dû à un missile « probablement russe » et qui servit de prétexte au second train de sanctions économiques contre la Russie. Deux ans après, toujours aucune preuve malgré les promesses. Les résultats de l’enquête ne sont toujours pas publiés et les Etats-Unis, dont les satellites espions arrivent pourtant à lire les plaques de nos voitures, refusent de livrer leurs images aux enquêteurs alors que le SBU, le service secret ukrainien, multiplie les cajoleries envers les experts occidentaux chargés du dossier.

Souvenez-vous des fameux tirs de la police qui avaient décimé les manifestants « pacifiques » de la place Maidan en février 2014. Ici aussi, on nous a promis une enquête. Toujours sans résultat. Les arbres et le mobilier de rue qui avaient reçu des impacts de balle et auraient permis de repérer l’origine des tirs ont été détruits par le nouveau régime alors que les vidéos montrent que ces tirs visaient aussi bien les manifestants que les policiers qui les combattaient, dans le but de pousser ces derniers à réagir et à tirer sur la foule qui leur faisait face. À l’examen, il ressort que le procureur et les responsables de service de police chargés de l’enquête sont des agents zélés du nouveau pouvoir et d’anciens militants des mouvements d’extrême droite actifs dans le service d’ordre de Maidan. Qui sait que Andriy Paruby, aujourd’hui chef du Conseil de sécurité d’Ukraine et qui paradait comme un grand démocrate devant les télévisions occidentales en sa qualité de chef du « service d’auto-défense » de Maidan, est le cofondateur du parti national-social d’Ukraine qui a donné naissance au parti d’extrême-droite Svoboda en 2004? Et que son organisation de jeunesse, « Patriote ukrainien » est une composante du mouvement paramilitaire Secteur Droit?

 

De fait, il apparaît désormais que le mouvement de Maidan, loin d’être l’expression démocratique et spontanée d’un peuple en colère, a été encadré, géré et organisé par les leaders des réseaux ultra-nationalistes originaires de l’ouest de l’Ukraine. La plupart de ses membres ont été formés dans les camps de jeunesse d’extrême droite qui ont proliféré dans les années 2000 et transportés par cars jusqu’à Kiev. Les photos et films non censurés des manifestations de Maidan montrent une abondance d’insignes, de symboles et de portraits de nationalistes héritiers des partis qui ont dirigé l’Etat ukrainien mis en place par les nazis. Quant aux références antisémites, encore nombreuses au début du mouvement, elles ont été soigneusement expurgées afin de ne pas braquer les néoconservateurs américains proches d’Israël et les médias occidentaux.

De même, le passé compromettant des nouvelles autorités a été gommé afin de leur redonner une nouvelle virginité. Qui se souvient que le président Porochenko, présenté comme un simple homme d’affaires à succès, a été ministre aussi bien dans le gouvernement corrompu du tandem Yushchenko-Timoshenko que dans celui du président Yanukovitch? Il n’y a décidément pas que Staline qui retouchait les photos…

De fait, la formation idéologique des « héros » de Maidan qui occupent aujourd’hui les postes les plus en vue du gouvernement s’inspire directement des ultra-nationalistes des années 1920-1940 et des collaborateurs du régime ukrainien qui a exterminé les juifs et les Polonais de Volhynie en 1941-1944 – armée insurrectionnelle d’Ukraine (UPA), organisation des nationalistes ukrainiens de Stepan Bandera (OUN-B) – et de théoriciens racistes comme Yaroslav Stetsko, ancien premier ministre de l’Etat ukrainien en 1941 et partisan des « méthodes allemandes de dépopulation juive excluant leur assimilation ».

Les recherches montrent que nombre de ces dirigeants nationalistes ont émigré en Europe et aux Etats-Unis à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et qu’ils ont ensuite servi de relais avec les groupes de pression occidentaux jusqu’à leur prise du pouvoir en 2014. On peut citer comme exemples la femme de l’ancien président orange Yushchenko et Nadia Diuk, vice-présidente de National Endowment for Democracy et proche de l’actuelle secrétaire d’Etat américaine Victoria Nuland, celle qui a mis au pouvoir l’ex-premier ministre Iatseniuk après Maidan.

Mais arrêtons-là. Le plus déplaisant de toute cette affaire, ce n’est ni d’avoir été trompé ni qu’on nous ait vendu des manifestants fascisants comme de bons démocrates – après tout chacun peut évoluer – mais que rien n’ait changé dans le pays. Jusqu’à quand supporterons-nous que les oligarques et la corruption continuent à sévir, que l’actuel président renie sa promesse de vendre ses entreprises, que des obus continuent à être tirés sur les populations civiles du Donbass sous prétexte de « provocations rebelles »? Il serait temps que les médias et les dirigeants européens mettent fin à cette stupéfiante hypocrisie.

 

 

 

Communiqué du Sommet de l’OTAN à Varsovie : préparer le crime d’agression

par Christopher Black

18.07.2016

Source : Lesakerfrancophone du 23.07.2016

Communiqué du Sommet de l’OTAN à Varsovie : préparer le crime d’agression

Traduit du New Eastern Outlook

http://journal-neo.org/2016/07/18/nato-s-warsaw-communique-planning-the-crime-of-aggression/

 

 

J’ai été avocat de la défense la plus grande partie de ma vie professionnelle et je n’ai pas l’habitude de recueillir des preuves pour engager des poursuites, mais les circonstances m’ont incité à ouvrir un dossier pour le procureur de la Cour pénale internationale, ou peut-être un futur tribunal citoyen. Ce dossier contient la preuve que les dirigeants de l’OTAN sont coupables du plus grave crime contre l’humanité, le crime d’agression. Je voudrais partager avec vous quelques brèves notes intéressantes provenant de ce fichier, que je soumets à votre réflexion.

L’Article 8bis du Statut de Rome, le statut régissant la Cour pénale internationale, stipule :

Aux fins du présent Statut, on entend par « crime d’agression » la planification, la préparation, le lancement ou l’exécution par une personne effectivement en mesure de contrôler ou de diriger l’action politique ou militaire d’un État, d’un acte d’agression qui, par sa nature, sa gravité et son ampleur, constitue une violation manifeste de la Charte des Nations Unies.

Le communiqué de l’OTAN publié à l’issue du congrès de Varsovie le 9 juillet est la preuve directe d’une telle planification et préparation et donc d’une conspiration par les dirigeants de l’OTAN pour commettre des actes d’agression contre la Russie. Cela ferait l’objet d’un acte d’accusation de la Cour pénale internationale contre les dirigeants de l’alliance militaire si la procureure de la CPI était effectivement indépendante, ce qu’elle n’est pas. Et bien sûr, si les articles relatifs aux crimes d’agression étaient en vigueur, ce qui ne se produira pas avant le 1er janvier 2017, le cas échéant, sous les articles du Statut de Rome.

Néanmoins, le problème technique de la juridiction qui empêche l’émission d’une inculpation contre les dirigeants de l’OTAN en ce moment, ne légitime pas la planification et la préparation d’actes d’agression contenus dans le communiqué de l’OTAN ni ne réduit le poids moral du crime d’agression défini dans le Statut et les principes de Nuremberg, parce que le crime d’agression est le crime de guerre suprême.

Selon leurs propres mots, imprimés en noir sur blanc dans leur communiqué du 9 juillet, les dirigeants de l’OTAN, chacun d’entre eux, et les états-majors entiers des forces armées de chacun des pays de l’OTAN, sont coupables du crime d’agression. Le fait qu’il n’y ait pas d’organe efficace devant lequel ils puissent être traduits en justice est sans rapport avec le fait du crime commis. Ils sont les ennemis de l’humanité et, inculpés ou non, ils sont des hors-la-loi internationaux qui doivent être identifiés en tant que tels et appelés à rendre des comptes à leurs propres peuples.

La preuve de leurs crimes est bien évidemment antérieure à ce communiqué et consiste en années d’actes commis par les puissances de l’OTAN depuis que l’Union soviétique s’est dissoute ainsi que le Pacte de Varsovie, en vertu de l’accord dit Acte fondateur OTAN–Russie de 1997, selon lequel l’OTAN ne s’étendrait dans aucun des pays formellement membres du Pacte de Varsovie ou de l’URSS, ni n’y installerait d’armes nucléaires. L’OTAN a continuellement brisé cet accord depuis lors et a commis, en tant qu’organisation ou par des groupes de ses États membres, des actes d’agression contre la Yougoslavie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Russie (pendant l’attaque de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud et en soutenant les groupes terroristes tchétchènes en Russie même), l’Ukraine et la Syrie, chaque acte d’agression étant appuyé par des campagnes de propagande massives pour tenter de justifier ces crimes en répandant cette propagande auprès des peuples qu’ils sont censés informer.

Ces mêmes puissances ont commis et commettent d’autres actes d’agression contre la République populaire démocratique de Corée, l’Iran et la Chine, et augmentent continuellement leur planification et leur préparation pour agresser ces pays. Ces plans sont aussi étalés dans le communiqué de l’OTAN, mais la plus grave menace pour l’humanité est la menace existentielle immédiate contre la Russie, contre laquelle la partie principale de ce communiqué est dirigée.

Le communiqué de l’OTAN est de fait une déclaration de guerre à la Russie. Il n’y a pas d’autre manière de l’interpréter.

Il y a plusieurs mois, j’ai déclaré que nous pouvions considérer l’accumulation des forces de l’OTAN en Europe de l’Est, le coup d’État de l’OTAN qui a renversé le gouvernement de Ianoukovitch en Ukraine, la tentative de s’emparer de la base navale russe à Sébastopol, les attaques immédiates contre les civils ukrainiens dans les provinces orientales qui refusaient d’accepter le coup d’État de l’OTAN, la propagande constante contre la Russie en tant qu’agresseur et la guerre économique menée contre la Russie sous couvert de sanctions est l’équivalent d’une seconde Opération Barbarossa, le nom donné à l’invasion de l’Union soviétique par le Troisième Reich en 1941. J’hésitais à le décrire ainsi, mais les faits étaient là et d’autres ont reconnu maintenant que l’analogie est correcte. Et exactement comme les dirigeants du Troisième Reich ont été finalement tenus pour responsables de leurs crimes à Nuremberg, les dirigeants du nouveau Reich que les Américains et leurs États vassaux projettent d’imposer au reste d’entre nous devraient l’être aussi.

Au paragraphe 5 du communiqué et après, ils commettent la première partie de leur crime en définissant de prétendus actes agressifs de la Russie, dans lesquels, dans tous les cas, ils sont les véritables agresseurs.

Au paragraphe 15, ils déclarent, après quelques sornettes à propos du partenariat entre l’OTAN et la Russie :

« Nous regrettons que malgré des appels répétés des Alliés et de la communauté internationale depuis 2014 pour que la Russie change de cap, les conditions à cette relations n’existent pas actuellement. La nature des relations de l’Alliance avec la Russie et les aspirations à un partenariat seront subordonnées à un changement clair et constructif des actions de la Russie, qui doit démontrer son respect du droit international et de ses obligations et responsabilités internationales. Jusque là, nous ne pouvons pas revenir au business as usual. »

Ce qu’ils veulent dire en parlant du changement de cap de la Russie est, bien sûr, qu’elle fasse ce qu’ils ordonnent, et le « respect du droit international » ne signifie rien d’autre que de se plier aux diktats de l’OTAN. Le monde a vu ce qui est arrivé à la Yougoslavie quand le président Milosevic a eu le courage de lui dire d’aller se faire voir, alors que Madelaine Albright lui présentait sa longue liste de revendications, y compris l’occupation de la Yougoslavie par les forces de l’OTAN et le démantèlement du socialisme, suivi par le choix d’obéir ou d’être bombardé. Le gouvernement yougoslave avait le droit et, en plus,  le courage, de la défier, et donc les dirigeants de l’OTAN ont activé les casseurs de jambes, les exécuteurs et les assassins qui servent dans leurs armées et ont commencé la destruction massive d’un membre fondateur du Mouvement des non-alignés.

Nous l’avons vu à nouveau en Afghanistan, envahi sous le prétexte juridique qu’il hébergeait un supposé criminel, Ben Laden, qui n’a jamais été accusé de crime [accusé, si. Reconnu coupable, jamais. NdT] et qui travaillait sous le commandement de l’armée étasunienne au Kosovo en 1998-1999, luttant contre le gouvernement yougoslave.

Nous l’avons vu avec l’Irak, sommé de remettre des armes qu’il n’a jamais eues, puis attaqué avec choc et effroi, une démonstration de puissance militaire conçue non seulement pour l’Irak mais pour le monde entier : voilà ce que nous vous ferons si vous ne jouez pas le jeu.

Nous l’avons vu avec le président Aristide à Haïti en 2004, lorsque des soldats américains et canadiens l’ont arrêté en pointant les fusils sur lui et l’ont exilé, l’enchaînant en Afrique, pendant que le monde regardait ailleurs. Nous l’avons vu en 2010, lorsque le président Laurent Gbagbo a été arrêté par les Français et jeté dans les marécages de la Cour pénale internationale. Nous l’avons vu en 2011, lorsque l’OTAN a détruit la Libye socialiste et nous voyons aujourd’hui comment ils tentent la même chose contre la Syrie et l’Irak, l’Iran, la Corée du Nord, la Chine et, le plus important, contre la Russie.

Le paragraphe 15 n’est rien d’autre qu’un diktat, « obéis-nous ou nous ne pourrons pas retourner au statu quo » ce qui signifie, en fin de compte, la guerre.

Suit alors une longue série de paragraphes pleins de mensonges et de distorsions sur des événements tous imputés à la Russie. Ils savent que ce sont des mensonges et des distorsions, bien sûr, mais le principe est que ces communiqués sont générés à Washington comme outils de propagande destinés à être cités encore et encore dans les médias occidentaux et mentionnés par leurs diplomates et leurs politiciens dans tous les discours.

Au paragraphe 15 et ensuite, ils se réfèrent à leurs plans pour leur nouvelle Opération Barbarossa, l’accumulation des forces de l’OTAN en Europe de l’Est. Ils l’appellent le Plan de préparation à l’action. En d’autres termes, tous ces paragraphes exposent leurs plans pour préparer leur capacité logistique et stratégique dans le but d’attaquer la Russie. Qu’ils aient l’intention de le faire est maintenant clair, avec le placement de systèmes anti-missiles en Pologne et en Roumanie et bientôt sur le flanc sud-est de la Russie en Corée, des missiles destinés à garantir le succès d’une première frappe atomique sur la Russie par les forces nucléaires de l’OTAN. Les systèmes anti-missiles sont conçus pour intercepter tous les missiles de représailles lancés par les survivants en Russie. Mais, comme le président Poutine l’a relevé, ils peuvent aussi être utilisés directement de manière offensive.

Ils soulignent ensuite que les armes nucléaires sont une partie importante de leur stratégie, et déclarent dans le paragraphe 53 :

« La position de l’OTAN en matière de dissuasion nucléaire repose aussi, en partie, sur les armes nucléaires déployées en avant par les États-Unis en Europe et sur les capacités et l’infrastructure fournies par les Alliés concernés. » La crainte est qu’avec les récents exercices en Pologne et dans l’Arctique − dans lesquels l’usage de frappes aériennes pour lancer des armes nucléaires telles que des missiles de croisière nucléaires pointés sur la Russie − a joué un rôle important − les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN projettent et préparent une attaque nucléaire sur la Russie. C’est la seule conclusion possible, puisqu’il est clair que la Russie n’a aucune intention d’attaquer aucun pays en Europe de l’Est ou ailleurs. Donc l’excuse donnée que la présence d’armes nucléaires en Europe est une dissuasion contre l’agression russe est clairement un mensonge et, par conséquent, leur présence ne peut avoir qu’un seul but : être utilisées pour une attaque.

La preuve est devant nous, le dossier est complet. Il est posé sur un bureau, il prend la poussière, il n’est d’aucune utilité pour personne, excepté le tribunal de l’opinion publique, et qu’est-ce que ça vaut, ces jours ci ? Mais peut-être que quelqu’un, là-bas, le prendra, le mettra au point et le donnera à un tribunal, peut-être quelqu’un du peuple, pour le peuple, mis en place par le peuple, pour juger ceux qui projettent de détruire le peuple, qui peut agir rapidement avant que le crime d’agression final soit commis contre la Russie ; contre nous tous.

 

Christopher Black est un juriste pénaliste international basé à Toronto, il est membre du Barreau du Haut-Canada et il est connu pour un grand nombre de cas très médiatisés portant sur les droits humains et les crimes de guerre, en particulier pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone

 

NATO’s Warsaw Communiqué: Planning the Crime of Aggression

by Christopher Black

Source : New Eastern Outlook

18.07.2016

http://journal-neo.org/2016/07/18/nato-s-warsaw-communique-planning-the-crime-of-aggression/

I have been a defence lawyer most of my working life and am not used to gathering evidence for a prosecution, but circumstances impelled me to open a file for the prosecutor of the International Criminal Court, or perhaps some future citizen’s tribunal, in which is contained the evidence that the NATO leaders are guilty of the gravest crime against mankind, the crime of aggression. I would like to share with you some brief notes of interest from that file, for your consideration.

Article 8bis of the Rome Statute, the governing statue of the International Criminal Court states:

For the purpose of this Statute, “crime of aggression” means the planning, preparation, initiation or execution, by a person in a position effectively to exercise control over or to direct the political or military action of a State, of an act of aggression which by its character, gravity and scale, constitutes a manifest violation of the Charter on the United Nations.

The NATO communiqué issued from Warsaw on July 9th is direct evidence of such planning and preparation and therefore of a conspiracy by the NATO leaders to commit acts of aggression against Russia, and would be the subject of an indictment of the International Criminal Court against the leaders of the NATO military alliance, if the prosecutor of the ICC was in fact independent, which she is not, and of course, if the articles relating to crimes of aggression were in effect which will not take place until January 1, 2017, if at all, under the articles of the Rome Statute.

Nevertheless, the technical issue of jurisdiction that prevents the issuance of an indictment against the NATO leaders at this time does not legitimate the planning and preparation of acts of aggression as are contained in the NATO communiqué nor reduce the moral weight of the crime of aggression set out in the Statute and the Nuremberg Principles, for the crime of aggression is the supreme crime of war.

On their own words, set out in black and white, in their communiqué of July 9th, the NATO leaders, each and every one, and the entire general staffs of the armed forces of each and every NATO country, are guilty of the crime of aggression. The fact that there is no effective body to which they can be brought for trial is irrelevant to the fact of the crime being committed. They are the enemies of mankind and charged or not, tried or not, they are international outlaws who must be identified as such and called to account by their own peoples.

The evidence of their crimes of course predates this communiqué and consists in years of actions by the NATO powers, since the Soviet Union dissolved itself and the Warsaw Pact, under the agreement with NATO, the 1997 NATO–Russia Founding Act, that NATO would not expand into any of the countries formally members of the Warsaw Pact or the USSR, nor place nuclear weapons there. NATO has broken that agreement continuously since and has, as an organisation, or through groups of its member states, committed acts of aggression against Yugoslavia, Afghanistan, Iraq, Libya, Russia (during the Georgian attack on South Ossetia and through support of Chechen terrorist groups inside Russia itself), Ukraine and Syria with each act of aggression supported by massive propaganda campaigns to attempt to justify these crimes as legitimate. The western mass media are all complicit in these crimes by distributing this propaganda to the people they are meant to inform.

The same powers have committed and are committing further acts of aggression against the Democratic Peoples Republic of Korea, Iran and China and continuously increasing their planning and preparation for aggression against those nations. These plans are also set out in the NATO communiqué but the gravest threat to mankind is the immediate existential threat against Russia, to which the principal part of the communiqué is directed.

The NATO communiqué is in fact a declaration of war against Russia. There is no other way to interpret it.

Many months ago I stated that we can regard the NATO build-up of forces in Eastern Europe, the NATO coup that overthrew the Yanukovich government in Ukraine, the attempt to grab the Russian naval base at Sevastopol, the immediate attacks on Ukrainian civilians in the eastern provinces that refused to accept the NATO coup, the constant propaganda against Russia as “aggressor” and the economic warfare conducted against Russia under the guise of “sanctions,” to be tantamount to a second Operation Barbarossa, the Third Reich’s invasion of the Soviet Union in 1941. I was hesitant to so describe it but the facts were there and now others have recognised that the analogy is the correct one. And just as the leaders of the Third Reich were finally held responsible for their crimes at Nuremberg, so should be the leaders of the new Reich that the Americans and their vassal states are planning to impose on the rest of us.

At Paragraph 5 of the communiqué and following, they commit the first part of their crime by setting out supposed “aggressive actions” of Russia, in which, in every instance, they are the real aggressors.

At paragraph 15 they state, after some drivel about “partnership between NATO and Russia,” that,

“We regret that despite repeated calls by Allies and the international community since 2014 for Russia to change course, the conditions for that relationship do not currently exist.  The nature of the Alliance’s relations with Russia and aspirations for partnership will be contingent on a clear, constructive change in Russia’s actions that demonstrates compliance with international law and its international obligations and responsibilities.  Until then, we cannot return to “business as usual.”

What they mean by Russia “changing course” is, of course, doing what they order, and “compliance with international law” means nothing less than complying with NATO diktats. The world saw what happened to Yugoslavia, when President Milosevic had the guts to tell them to go to hell when Madelaine Albright issued her long list of demands, to him, including the occupation of Yugoslavia by NATO forces and the dismantling of socialism, followed by the choice, comply or be bombed. The Yugoslav government had the right and the courage and so defied them, and so NATO leaders activated the leg-breakers, the enforcers, and the murderers who serve in their armed forces and began the vast destruction of a founding member of the Non-Aligned Movement.

We saw it again with Afghanistan, invaded on a legal pretext of harbouring an alleged criminal, Bin Laden, who has never been charged with a crime and who was working under US Army command in Kosovo in 1998-9, fighting against the Yugoslav government.

We saw it with Iraq, ordered to surrender weapons it never had, and then attacked with “shock and awe” a display of military power meant not just for Iraq, but for the whole world; this I what we will do to you if you don’t play ball.

We saw it with President Aristide in Haiti in 2004 when American and Canadian soldiers arrested him at gunpoint and exiled him in chains to Africa, while the world looked away. We saw it in 2010 when President Laurent Gbagbo was arrested by the French and thrown into the morass of the International Criminal Court. We saw it in 2011 when NATO destroyed socialist Libya and we see it now as they try the same against Syria and Iraq, Iran, North Korea, China and most importantly, Russia.

Paragraph 15 is nothing less than a diktat, “obey us or we cannot return to business as usual,” meaning, ultimately, war.

There then follows a long series of paragraphs of lies and distortions about events with everything blamed on Russia. They know these are lies and distortions of course but the point is that these communiqués are generated in Washington as propaganda devices to be quoted over and over again in the western media and referred to by their diplomats and politicians in every speech.

At paragraph 35 and following they refer to their plans for their new Operation Barbarossa, the build-up of NATO forces in Eastern Europe. They call it the Readiness Action Plan. In other words, all those paragraphs set out their plans for preparing the logistical and strategic capacity to attack Russia. That they intend to do so is now clear with the placement of anti-missile systems in Poland and Romania and soon on Russia’s southeast flank in Korea, that are intended to ensure the success of a nuclear first strike on Russia by NATO nuclear forces. The anti-missile systems are meant to intercept any retaliatory missiles launched by survivors in Russia. But, as President Putin pointed out, they can also be used directly in an offensive capacity.

They then emphasize that nuclear weapons are an important part of their strategy and in paragraph 53 state,

“NATO’s nuclear deterrence posture also relies, in part, on United States’ nuclear weapons forward-deployed in Europe and on capabilities and infrastructure provided by Allies concerned.” The fear is that with recent exercises in Poland and in the Arctic in which the use of air strikes to launch nuclear weapons such as nuclear tipped cruise missiles against Russia played a prominent part, the United States and its NATO allies are planning for and preparing for a nuclear attack on Russia. This is the only conclusion possible since it is clear that Russia has no intention of attacking any country in Eastern Europe nor anywhere else and so the excuse given that the presence of nuclear weapons in Europe is a deterrent against Russian “aggression” is established as a lie and therefore their presence can have only one purpose-to be used in attack.

The evidence is before us, the dossier complete. It sits on a desk, gathering dust, of no use to anyone, except the court of public opinion, and what is that worth these days? But perhaps some one out there will take it, develop it and give it to a tribunal, perhaps one of the people, for the people, set up by the people, to try those who plan to destroy the people, that can act quickly, before the final crime of aggression is committed against Russia; against us all.

 

Christopher Black is an international criminal lawyer based in Toronto, he is a member of the Law Society of Upper Canada and he is known for a number of high-profile cases involving human rights and war crimes, especially for the online magazine “New Eastern Outlook.”


http://journal-neo.org/2016/07/18/nato-s-warsaw-communique-planning-the-crime-of-aggression/

Le peuple ukrainien s’est mis en marche pour la paix

Source: http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2016/07/13/le-peuple-ukrainien-s-est-mis-en-marche-8628769.html

14 juillet 2016 via : Orwell. Mise en ligne par Théroigne. L’information vient du site allemand QUER-DENKEN.TV

Nous reproduisons une traduction-résumé de l’article telle que nous l’avons reçue avec la vidéo et les photos qui l’accompagnaient.

Les germanophones trouveront le texte complet en cliquant sur le lien-source : http://quer-denken.tv/ukrainer-stehen-auf-zigtausende-auf…

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En Ukraine, la troisième croisade pour la paix a commencé.

Parties de l’Ouest du pays, 200 000 personnes se sont mises en marche et, à chaque ville, à chaque village qu’elles traversent, de nouveaux participants se joignent à elles. Les « croisés » pourraient être un million à l’arrivée.

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Les putschistes de Kiev et les fascistes du Maidan exigent qu’on tire sur les manifestants et qu’on les empêche d’arriver jusqu’à la capitale. Les mass media les traitent de séparatistes et de terroristes excités par la Russie dans le but de déstabiliser l’Ukraine.

 

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Odessa. Une foule de croyants se rassemble et se met en marche

Il n’est pourtant pas étonnant que l’Ouest de l’Ukraine se soulève comme l’a fait l’Est. Il suffit, pour le comprendre, de savoir que les dernières augmentations du prix de l’énergie sont telles que le gaz, pour maintenir un appartement hors-gel, coûte trois à quatre fois le salaire mensuel d’un ouvrier. On ne saurait démontrer plus clairement que le gouvernement mis en place par l’Occident ne peut plus faire autre chose qu’exploiter le peuple Ukrainien sans aucune mesure.

Et espérer qu’il se laissera faire ?

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La situation au Donbass passe ainsi à l’arrière-plan.

Si le gouvernement de Kiev fait effectivement tirer sur cette foule [la police ? l’armée ? NdGO] et si une partie seulement de cette foule arrive à Kiev sans que les dirigeants politiques y aient fait assez rapidement leurs valises, il est difficile d’imaginer ce qui se passera.

On peut néanmoins essayer : QUER-DENKEN.TV pense que l’armée ukrainienne ne voudra pas tirer sur le peuple et se rangera de son côté. Mais si ce sont les bandes nazies ?

C’est la panique au sein du gouvernement.

Car, par ailleurs, une foule de 20 000 Ukrainiens, de l’Est ceux-là, orthodoxes et russophones, avec femmes, enfants, bref en familles, et eux aussi croisés pour la paix, sont partis de Kharkov et se dirigent également vers Kiev, distante de 150 km, en passant par Poltava. Combien de jours faut-il pour faire 150 kms à pied avec des enfants ? On dit que lundi soir, ils étaient déjà 50 000.

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L’arrivée du gros des marcheurs à Kiev est prévue pour le 27 juillet.

Est-ce qu’on les laissera arriver jusque là ?

Les milices nazies promettent un bain de sang, mais cela ne semble pas impressionner les marcheurs. Pourtant, elles en sont capables…

Des troupes ont été rappelées du Donbass.

Étrange: ni RT ni Sputnik n’en ont rien dit. Et il ne faut pas compter sur les merdias occidentaux pour informer sans malhonnêteté sur un événement de cette importance. Ils feront l’impossible au contraire, pour organiser à leur habitude le ni vu ni connu ou, à défaut, pour enfumer par des mensonges.

Vont-ils oser dire que ces foules sont manipulées par Poutine ? Évidemment oui.

Osera-t-on les noyer dans le sang ? Oui, si on laisse faire.

Seule une énorme mobilisation de l’opinion publique occidentale et le regard du reste du monde peuvent forcer l’OTAN à l’inaction et la contraindre à museler ses tueurs.

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Seul Internet peut y aider. Il suffit que nous le voulions en assez grand nombre.

Au diable les vacances et le Tour de France ! Le temps presse.

À VOS SOURIS !

 

Un discours va-t-en-guerre est savamment distillé en Occident

Interview de Guy Mettan par Mohamed El-Ghazi

Algérie patriotique

26 juin 2016

Source : http://algeriepatriotique.com/fr/article/guy-mettan-à-algeriepatriotique-«un-discours-va-t-en-guerre-est-savamment-distillé-en

 

Pour le journaliste et homme politique suisse, le nouvel axe en Europe de l’Ouest n’est plus Paris-Berlin, mais Berlin-Varsovie. Interview.

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Algeriepatriotique : Dans votre livre Russie-Occident : la guerre de mille ans vous avez remonté l’histoire, jusqu’à l’empereur Charlemagne, pour expliquer l’acharnement des Occidentaux contre la Russie. Pouvez-vous nous en parler ?

Guy Mettan : C’est peut-être paradoxal, mais la russophobie occidentale est plus ancienne que la Russie ! En effet, elle a commencé avec les rivalités politiques et religieuses qui ont opposé l’Empire d’Occident, fondé par Charlemagne en l’an 800, à l’Empire d’Orient basé à Constantinople, et les Eglises catholique et orthodoxe. Charlemagne était un rebelle qui a réussi à s’imposer face au souverain légitime qui régnait à Byzance. Ses successeurs, qui ont créé le Saint-Empire romain germanique à la fin du Xe siècle ont ensuite réussi à imposer aux papes des réformes religieuses contre l’avis des Eglises d’Orient, qui s’y sont opposées parce qu’elles estimaient qu’il s’agissait d’un coup de force et non d’une décision démocratique prise au sein d’un concile œcuménique universel. Suite à ce schisme, officiellement daté du XIe siècle, toute une propagande anti-orthodoxe, ou antigrecque si l’on préfère, s’est mise en place à Rome afin de dénigrer les Orientaux. Lorsque les Ottomans conquirent Byzance en 1543, ces préjugés négatifs ont été transposés sur les Russes, qui avaient revendiqué l’héritage politique et religieux de Byzance. Ces préjugés occidentaux sont de deux ordres. Un, les Grecs, et donc les Russes, sont des barbares et leurs souverains sont des despotes et des tyrans. Deux, ce sont des expansionnistes, des gens agressifs qui ne rêvent que de conquérir et subjuguer l’innocent et vertueux Occident. Ce sont les mêmes préjugés que l’on retrouve aujourd’hui sous la plume des journalistes occidentaux antirusses.

 

Vous avez cité des faits historiques dont certains totalement inédits et qui ont aidé à forger l’idée d’une Russie dangereuse. Pouvez-vous nous en mentionner les plus importants ?

Il est intéressant de noter que la russophobie moderne a commencé en France à la fin du XVIIIe siècle, quand le cabinet secret du roi Louis XV a forgé un faux «Testament de Pierre le Grand», dans lequel le grand tsar russe aurait enjoint à ses successeurs de conquérir l’Europe. Napoléon l’a fait publier en 1812 afin de mieux justifier son invasion préventive de la Russie en 1813. Les Anglais l’on traduit et utilisé pour justifier leur invasion de la Crimée en 1853. Ce pseudo-testament a été dénoncé comme un faux seulement à la fin du XIXe siècle, après avoir inspiré des décennies de russophobie française et anglaise. Il s’agit exactement de la même manipulation que celle que les Américains ont utilisée en 2003 pour justifier l’invasion de l’Irak. Les fausses armes de destruction massive de Saddam Hussein relèvent de la même mystification. Ce n’est qu’une fois le forfait réalisé que la vérité finit par éclater. L’histoire est encore trop récente pour qu’on y voie clair. Mais il y a fort à parier que les événements de Maidan en Ukraine, en février 2014, relèvent de la même technique de manipulation. Le putsch qui a permis de renverser le gouvernement légal d’Ukraine a été savamment préparé pendant des années par des campagnes financées par les milliards déversés par les Etats-Unis, comme l’a reconnu la secrétaire d’Etat adjointe Victoria Nuland devant le Congrès (les fameux cinq milliards de dollars), pour être déclenché à la faveur de manifestations populaires contre le gouvernement, par ailleurs légitimes étant donné la corruption ambiante. Le résultat, c’est que le gouvernement actuel se révèle tout aussi corrompu que le précédent, mais qu’aucun média occidental ne s’en soucie, puisqu’il a désormais basculé dans le «bon camp».

 

Quelles sont les lignes idéologiques et géopolitiques dont se nourrit la russophobie occidentale ?

Le discours occidental antirusse s’appuie sur les deux principes évoqués plus haut : l’Occident incarne le Bien, les valeurs universelles, la démocratie, les droits de l’Homme, la liberté (surtout économique) tandis que la Russie représente l’autocratie, le nationalisme revanchard, la négation des libertés et de l’individu. Ce discours blanc-noir qui instrumentalise sans vergogne les droits de l’Homme constitue l’ossature de la propagande occidentale. Il est destiné à formater l’opinion publique pour qu’elle soutienne la remilitarisation de l’Europe et le renforcement de l’Otan, qui n’a cessé de s’étendre depuis vingt ans avec l’intégration de toute l’Europe de l’Est, et maintenant du Monténégro, et la vassalisation de l’Ukraine, de la Suède, de la Géorgie et même de la Suisse «neutre» qui participe à ses exercices au nom d’un «partenariat pour la paix» qui n’est qu’une formule verbale. Le but est d’encercler la Russie tout comme le «pivot vers l’Asie» opéré par le président Obama vise à neutraliser la Chine. Le chapelet de bases militaires et de missiles nucléaires américains qui entoure ces deux pays est proprement stupéfiant. A noter au passage que les Etats-Unis ont refusé toutes les ouvertures faites par la Corée du Nord, provoquant un raidissement du régime qui rend d’autant plus faciles les explications données aujourd’hui pour réarmer le Japon, la Corée du Sud et les pays d’Asie contre la prétendue menace nord-coréenne.

 

Chaque pays aurait sa russophobie, selon vous. Peut-on connaître les plus importantes ? Et y a-t-il une différence entre elles, idéologiquement et géopolitiquement parlant ?

J’ai analysé les quatre formes les plus importantes de la russophobie moderne. La française, très active entre 1780 et 1880, a opéré un spectaculaire retournement à la fin du XIXe siècle face à la menace allemande, mais elle est à nouveau très présente à Paris ces dernières années. La russophobie anglaise a débuté après la victoire contre Napoléon, obtenue grâce aux troupes russes. Londres s’est alors retournée contre son allié, qu’elle craignait de voir devenir trop puissant en Méditerranée et en Asie centrale. La russophobie allemande est née de la frustration coloniale de l’empire allemand, qui a poussé le Kaiser puis Hitler à vouloir élargir leurs territoires en Russie (théorie de l’espace vital, du Lebensraum). Elle est aussi à l’origine du révisionnisme historique actuel qui consiste à surévaluer la contribution américaine à la libération de l’Europe (400 000 Américains tués) et à dévaloriser l’effort majeur fourni par la Russie soviétique (26 millions de morts). Enfin, la russophobie américaine a été déclenchée au lendemain de la victoire sur le nazisme, selon le même schéma que la russophobie anglaise. Aussitôt l’ennemi commun vaincu, les Etats-Unis ont entamé la guerre froide contre leur allié soviétique au nom de la lutte anticommuniste. Or, chacun a pu constater que, bien que la menace communiste ait disparu depuis 25 ans, la russophobie américaine a redoublé d’intensité depuis une dizaine d’années ! De là à penser que la lutte contre le communisme n’était qu’un prétexte, il y a un pas qu’on peut franchir allègrement…

 

Vous citez trois lobbies antirusses influents dans le monde. Peut-on les connaître ?

A Washington, trois lobbies font la loi au Congrès et à la Maison-Blanche : celui des armes, celui du pétrole et plus accessoirement celui d’Israël et des pays d’Europe de l’Est (Pologne et pays baltes notamment), traditionnellement très antirusses bien qu’Israël entretienne de bonnes relations avec la Russie du président Poutine. A Bruxelles, le nouveau rapport de force européen a marginalisé la France, devenue insignifiante en matière de politique étrangère depuis qu’elle a renoncé à sa conception gaullienne des rapports géopolitiques. Le nouvel axe n’est plus Paris-Berlin, mais Berlin-Varsovie, l’Allemagne ayant besoin de s’appuyer sur les pays d’Europe de l’Est antirusses pour imposer sa politique d’austérité à l’Europe du Sud.

 

Un rapprochement Occident-Russie est-il possible malgré tous les préjugés précités, selon vous ?

A ce stade, je suis très pessimiste. Il y a un discours va-t-en-guerre qui hante les discours de l’Otan et des responsables de l’Union européenne et qui est savamment distillé dans les opinions publiques via les dizaines «d’experts» proches de l’Otan et qui peuplent les pages éditoriales des grands journaux. Les sanctions ne seront pas levées de sitôt et on trouvera toujours des prétextes pour les justifier, comme la Crimée, pourtant russe depuis que l’Alsace-Lorraine est française, et dont le rattachement à la Russie a été approuvé par des deux référendums populaires, en 1991 et en 2014, alors que le Kosovo a été détaché de la Serbie sans aucune consultation démocratique. Cherchez l’erreur !

 

L’Otan vient de confirmer le renforcement de ses bataillons aux frontières de la Russie. Cette russophobie millénaire dont vous parlez peut-elle conduire à une guerre entre les deux pôles ? 

Le but est d’étrangler la Russie militairement et économiquement en l’obligeant à s’armer elle aussi. On rejoue le scénario des années 1980 en espérant faire tomber la Russie comme l’Union soviétique. La différence est que la Russie est un pays ouvert, et qu’elle a des alliés ou des sympathisants, dont la Chine. Tant qu’il y a un équilibre de la terreur, comme pendant la guerre froide, la «guerre» actuelle restera non militaire. Le risque surviendra lorsque les généraux et les think tanks militaristes américains auront acquis la conviction qu’une guerre contre la Russie pourra être gagnable, comme Guillaume II et Hitler l’avaient pensé en 1914 et en 1939. Pour l’instant, donc, la stratégie favorite de l’Occident reste celle du «changement de régime» imposé par les restrictions économiques, la course aux armements, le harcèlement médiatique et des ONG stipendiées ainsi que l’argent distribué aux opposants «démocrates».

 

L’OTAN dit qu’elle pourrait avoir maintenant des raisons d’attaquer la Russie

par Eric Zuesse

Source : http://lesakerfrancophone.fr

Source originale : thesaker.is

16 juin 2016

 

Mardi 14 juin, l’OTAN a annoncé que si un pays membre de l’OTAN est victime d’une cyber-attaque en provenance d’un pays non-OTAN comme la Russie ou la Chine, alors l’article V de l’OTAN, dit de «défense collective», dispose que chaque pays membre de l’OTAN doit se joindre au pays attaqué s’il décide de riposter.

 

La décision préliminaire pour cela a été prise il y a deux ans, après que la Crimée a abandonné l’Ukraine et rejoint la Russie, dont elle avait fait partie jusqu’à son transfert d’office à l’Ukraine par le dictateur soviétique Nikita Khrouchtchev en 1954. Cette décision avait été prise par l’OTAN en prévision de l’adhésion future de l’Ukraine à celle-ci, ce qui n’a toujours pas eu lieu. Cependant, ce n’est que maintenant que l’OTAN déclare la cyber-guerre comme assimilable à une véritable guerre et donc concernée par la disposition de «défense collective» du traité de l’OTAN.

L’OTAN prétend maintenant que les pirates russes ayant copié les e-mails sur l’ordinateur personnel de Hillary Clinton – qui avait stocké des communications du Département d’État des États-Unis sur son ordinateur non protégé – se sont rendus coupables d’espionnage contre les États-Unis à partir du territoire russe, ce qui pourrait constituer une attaque russe contre les États-Unis d’Amérique, et entraînerait – si le président des États-Unis qualifiait l’acte d’invasion russe – le déclenchement de la clause de défense mutuelle de l’OTAN exigeant que toutes les nations de l’OTAN se joignent au gouvernement américain pour aller en guerre contre la Russie, si le gouvernement américain le décidait.

L’OTAN avait produit en 2013 (avant le coup d’État en Ukraine) une vidéo de propagande alléguant que les cyberattaques par des pirates en Russie ou en Chine, qui compromettent la sécurité nationale US, pourraient déclencher une invasion par l’OTAN, si le président américain décide que la cyberattaque était un acte hostile du gouvernement russe ou chinois. Dans la vidéo, un expert britannique de sécurité nationale note que ce serait une «décision éminemment politique» de la part du président des États-Unis, qui ne peut être prise que par ce dernier en tant que seule autorité légale. L’OTAN, en produisant cette vidéo, a précisé que le dirigeant de toute nation membre de l’OTAN qui peut prétendre que sa nation a été «attaquée» par la Russie, peut engager une guerre de l’OTAN contre la Russie. Dans le cas qui nous occupe, ce serait le président américain Barack Obama. Cependant, cette vidéo a également déclaré que l’OTAN ne pouvait pas accepter automatiquement l’allégation d’un chef d’État qualifiant une cyber-attaque d’invasion, sauf si le pays qui est allégué avoir perpétré l’attaque l’a revendiquée, ou bien si la preuve est apportée qu’il en est à l’origine. Avec la nouvelle politique de l’OTAN, qui a été annoncé le 14 juin, dans lequel une cyber-attaque se qualifie automatiquement comme une guerre  traditionnelle, une telle revendication ou la preuve de la culpabilité de la nation accusée pourrait ne plus être nécessaire. Mais cela a été laissé dans le vague dans les reportages publiés à ce sujet.

Dans le contexte de l’annonce de l’OTAN du 14 juin que la cyberguerre a le même statut que la guerre physique, Obama pourrait déclarer que les États-Unis ont été envahis par la Russie lorsque les e-mails du Département d’État de l’ancienne secrétaire américaine Hillary Clinton ont été copiés par quelqu’un en Russie.

C’est un sujet brûlant maintenant entre la Russie et les États-Unis. Ainsi, par exemple, ce même 14 juin, Reuters titre : «Moscou nie toute implication russe dans le piratage du DNC US», précisant que «la Russie a démenti mardi l’implication dans le piratage de la base de données du Comité national démocrate, dont les sources américaines ont dit qu’elle contenait toutes les recherches de l’opposition démocrate sur le candidat présidentiel républicain Donald Trump».

Dans les temps anciens, l’espionnage était considéré comme faisant partie de la guerre, et, après la révélation des écoutes, par les États-Unis, des conversations téléphoniques de la chancelière allemande Angela Merkel, l’espionnage a été reconnu comme étant simplement une partie routinière de la diplomatie – au moins pour les États-Unis ; mais, maintenant, en vertu de la nouvelle politique de l’OTAN, elle pourrait être considérée comme étant équivalente à une invasion physique par une nation ennemie.

Lors de la prochaine  réunion du sommet de l’OTAN, les 8 et 9 juillet, qui se déroule dans le cadre des exercices militaires les plus importants depuis la Guerre Froide, sur et à proximité des frontières de la Russie – manœuvres appelées Atlantic Resolve – il pourrait être discuté des plans de l’OTAN pour une invasion de la Russie, afin d’aboutir à un consensus pour l’ensemble de l’alliance. Cependant, même si cela se produit, ce ne sera pas rendu public, parce que les plans de guerre ne le sont jamais.

L’origine de cette impasse entre les États-Unis et la Russie remonte aux promesses que l’Occident avait faites en 1990 au dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, de ne pas étendre l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie, et aux violations subséquentes de ces promesses par l’Ouest, à plusieurs reprises. Gorbatchev a dissous l’Union soviétique et le Pacte de Varsovie sur la base de ces fausses assurances de la part des dirigeants occidentaux. Ainsi, la Russie est entourée aujourd’hui par ses ennemis, y compris les anciens pays du Pacte de Varsovie et même quelques anciennes régions de l’Union soviétique elle-même, comme l’Ukraine et les républiques baltes, qui abritent maintenant les forces de l’OTAN. Cette dernière interprète l’acceptation par la Russie de la volonté des Criméens d’abandonner l’Ukraine et de rejoindre la Russie après le coup d’État ukrainien de 2014, comme constituant la preuve d’une intention de la Russie d’envahir les pays de l’OTAN qui avait été autrefois partie de l’Union soviétique et du Pacte de Varsovie, tels que la Pologne, l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie ; et ceci est la raison alléguée pour les grandes manœuvres militaires de l’opération Atlantic Resolve, et la forte augmentation des troupes américaines et d’armes dans ces pays aux frontières de la Russie.

 

Eric Zuesse

 

Traduit et édité par jj, relu par Nadine pour le Saker Francophone

NATO Says It Might Now Have Grounds to Attack Russia

by Eric Zuesse

Source : http://thesaker.is/nato-says-it-might-now-have-grounds-to-attack-russia/

June 15, 2016

 

On Tuesday, June 14th, NATO announced that if a NATO member country becomes the victim of a cyber attack by persons in a non-NATO country such as Russia or China, then NATO’s Article V “collective defense” provision requires each NATO member country to join that NATO member country if it decides to strike back against the attacking country. The preliminary decision for this was made two years ago after Crimea abandoned Ukraine and rejoined Russia, of which it had been a part until involuntarily transferred to Ukraine by the Soviet dictator Nikita Khrushchev in 1954. That NATO decision was made in anticipation of Ukraine’s ultimately becoming a NATO member country, which still hasn’t happened. However, only now is NATO declaring cyber war itself to be included as real “war” under the NATO Treaty’s “collective defense” provision.

NATO is now alleging that because Russian hackers had copied the emails on Hillary Clinton’s home computer, this action of someone in Russia taking advantage of her having privatized her U.S. State Department communications to her unsecured home computer and of such a Russian’s then snooping into the U.S. State Department business that was stored on it, might constitute a Russian attack against the United States of America, and would, if the U.S. President declares it to be a Russian invasion of the U.S., trigger NATO’s mutual-defense clause and so require all NATO nations to join with the U.S. government in going to war against Russia, if the U.S. government so decides.

NATO had produced in 2013 (prior to the take-over of Ukraine) an informational propaganda video alleging that “cyberattacks” by people in Russia or in China that can compromise U.S. national security, could spark an invasion by NATO, if the U.S. President decides that the cyberattack was a hostile act by the Russian or Chinese government. In the video, a British national-security expert notes that this would be an “eminently political decison” for the U.S. President to make, which can be made only by the U.S. President, and which only that person possesses the legal authority to make. NATO, by producing this video, made clear that any NATO-member nation’s leader who can claim that his or her nation has been ‘attacked’ by Russia, possesses the power to initiate a NATO war against Russia. In the current instance, it would be U.S. President Barack Obama. However, this video also said that NATO could not automatically accept such a head-of-state’s allegation calling the cyber-attack an invasion, but instead the country that’s being alleged to have perpetrated the attack would have to have claimed, or else been proven, to have carried it out. With the new NATO policy, which was announced on June 14th, in which a cyber-attack qualifies automatically as constituting “war” just like any traditional attack, such a claim or proof of the target-nation’s guilt might no longer be necessary. But this has been left vague in the published news reports about it.

In the context of the June 14th NATO announcement that cyberwar is on the same status as physical war, Obama might declare the U.S. to have been invaded by Russia when former U.S. Secretary of State Hillary Clinton’s State Department emails were copied by someone in Russia.

It’s a hot issue now between Russia and the United States, and so, for example, on the same day, June 14th, Reuters headlined “Moscow denies Russian involvement in U.S. DNC hacking”, and reported that, “Russia on Tuesday denied involvement in the hacking of the Democratic National Committee database that U.S. sources said gained access to all opposition research on Republican presidential candidate Donald Trump.”

In previous times, espionage was treated as being part of warfare, and, after revelations became public that the U.S. was listening in on the phone conversations of German Chancellor Angela Merkel, espionage has become recognized as being simply a part of routine diplomacy (at least for the United States); but, now, under the new NATO policy, it might be treated as being equivalent to a physical invasion by an enemy nation.

At the upcoming July 8th-9th NATO Summit meeting, which will be happening in the context of NATO’s biggest-ever military exercises on and near the borders of Russia, called “Atlantic Resolve”, prospective NATO plans to invade Russia might be discussed in order to arrive at a consensus plan for the entire alliance. However, even if that happens, it wouldn’t be made public, because war-plans never are.

The origin of this stand-off between the U.S. and Russia goes back to promises that the West had made in 1990 to the last Soviet leader, Mikhail Gorbachev, not to expand NATO up to the borders of Russia, and the West’s subsequent violations of those repeatedly made promises. Gorbachev disbanded the Soviet Union and its Warsaw Pact, on the basis of those false assurances from Western leaders. Thus, Russia is surrounded now by enemies, including former Warsaw Pact nations and even some former regions of the Soviet Union itself, such as Ukraine and the Baltic republics, which now host NATO forces. NATO is interpreting Russia’s acceptance of the Crimeans’ desire to abandon Ukraine and rejoin Russia following the 2014 Ukrainian coup, as constituting a showing of an intent by Russia to invade NATO nations that had formerly been part of the Soviet Union and of the Warsaw Pact, such as Poland, Estonia, Lithuania, and Latvia; and this is the alleged reason for America’s Operation Atlantic Resolve, and the steep increase in U.S. troops and weapons in those nations that border on Russia.

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Investigative historian Eric Zuesse is the author, most recently, of  They’re Not Even Close: The Democratic vs. Republican Economic Records, 1910-2010, and of  CHRIST’S VENTRILOQUISTS: The Event that Created Christianity.

Obama claque la porte au nez de Poutine

par Eric Zuesse

Source : http://lesakerfrancophone.fr

Source originale : thesaker.is

5 juin 2016

 

 

 

Note du Saker Francophone

Cet article de Zuesse analyse les conséquences du refus d’Obama et de l’administration étasunienne de discuter du système anti missiles installé à la frontière occidentale russe, comme annoncé dans la dépêche de Reuters que nous avons traduite ici.

 

Si Poutine ne veut pas que les forces de rétorsion de la Russie soient éliminées, il devra être le premier à appuyer sur le bouton nucléaire.

Les actes parlent plus que les mots, et le président américain Barack Obama vient de poser son acte et ne s’est plus contenté de parler. Son acte a été de refuser de discuter avec le président russe, Vladimir Poutine au sujet du plus grand souci de la Russie, le récent changement dans la stratégie nucléaire des États-Unis, un changement dramatique et terrifiant pour Poutine.

 

Le dimanche 5 Juin, un article de Reuters intitulé La Russie déclare que les États-Unis refusent de discuter de leur système de défense anti missiles, qui explique que «Les États-Unis ont refusé des invitations de la part des Russes de discuter du programme de défense antimissile de Washington, selon le ministre adjoint russe de la Défense, Anatoli Antonov, cité ce dimanche, et qualifiant l’initiative de très dangereuse».

La préoccupation de la Russie est que si le Ballistic Missile Defense, ou système anti-missiles balistiques, que les États-Unis sont en train d’installer à proximité des frontières russes fonctionne, les États-Unis seront en mesure de lancer une attaque nucléaire surprise contre la Russie. Et ce système, en développement depuis des décennies et techniquement appelé système de défense antimissile terrestre Aegis, anéantira les missiles que la Russie lancera en représailles. Cela  laissera la Russie sans capacité de représailles du tout, à l’exception de la contamination nucléaire qui touchera l’ensemble de l’hémisphère nord, provoquant un hiver nucléaire mondial, seul retour de bâton de l’assaut étasunien contre la Russie. Un retour de bâton que certains stratèges occidentaux pensent gérable pour les États-Unis et qu’ils estiment être peut-être le coût à payer, pour l’élimination de la Russie.

Cette théorie d’une guerre nucléaire gagnable (qui aux États-Unis semble remplacer la théorie précédente, appelée MAD, acronyme pour Destruction Mutuelle Assurée) a d’abord été présentée en 2006 dans la prestigieuse revue américaine Foreign Affairs, sous le titre Augmenter la supériorité nucléaire. Cet article plaide pour une politique américaine stratégique beaucoup plus audacieuse contre la Russie, sur la base d’une prétendue supériorité technologique de l’Amérique contre l’armement de la Russie mais dans une fenêtre de temps limité, dont les États-Unis doivent profiter avant que la Russie ne les rattrape et que la possibilité d’une telle action ne disparaisse.

Paul Craig Roberts a été le premier journaliste occidental à soutenir les préoccupations russes sur le fait que Barack Obama puisse être un adepte de cette théorie. L’un des premiers articles de Roberts sur ce sujet a été publié le 17 juin 2014 et intitulé Washington bat les tambours de la guerre. Il y observe que «la doctrine de guerre des États-Unis a été modifiée. Les armes nucléaires américaines ne sont plus limitées à une force de rétorsion, mais ont été élevées au niveau d’une attaque nucléaire préventive.»

Le président russe Vladimir Poutine a essayé plusieurs fois de soulever cette question avec le président Obama, la plus récente étant la déclaration publique de son inquiétude, le 27 mai dernier. Apparemment, la déclaration publique d’Antonov le 5 juin est le prolongement de cet effort, quand il déclare qu’Obama refuse maintenant explicitement de discuter des préoccupations de Poutine sur la question.

Le fait que ces efforts de la part du gouvernement russe se fassent par l’intermédiaire des médias publics, plutôt que par des conversations privées (moyens qui avaient été utilisés au cours de la crise des missiles cubains en 1962, lorsque, à l’inverse, c’était le président des États-Unis qui était préoccupé par l’installation de missiles nucléaires soviétiques à 90 miles de la frontière des États-Unis) suggère que M. Obama, contrairement au président américain John Fitzgerald Kennedy, refuse de communiquer avec la Russie, maintenant que les États-Unis sont potentiellement dans la position de l’agresseur.

La Russie se prépare, uniquement au cas où elle serait obligée (à cause du système Aegis terrestre) d’être la première à attaquer. Cependant, certaines personnes bien informées sur le sujet, disent que la Russie ne frappera jamais la première. Peut-être que le président Obama réfléchit sur la base d’une hypothèse similaire, et c’est la raison pour laquelle il refuse de discuter de la question avec son homologue russe. Cependant, si M. Obama souhaite éviter une confrontation nucléaire, refuser de discuter des préoccupations de l’adversaire serait le meilleur moyen de le pousser à la déclencher. Obama est donc en train d’envoyer des signaux du contraire – qu’il prépare une attaque nucléaire contre la Russie – tout simplement par son refus de discuter de la question. Dans ce cas, son action de refus est, en elle-même, une réponse à la question de Poutine, comme s’il lui claquait la porte au nez. C’est une réponse comportementale, plutôt que verbale.

Le géostratège John Helmer a discuté, le 30 mai de la question de savoir quand Poutine aura atteint le point critique, celui où il devra décider qu’il n’y a plus d’autres solutions raisonnables, que celle de déclencher la troisième guerre mondiale.

 

Traduit par Wayan, relu par Nadine pour le Saker Francophone

Note du Saker Francophone

 

Note du Saker Francophone

Ces textes oublient que la stratégie MAD est aussi verrouillée par l’existence de sous-marins lanceurs d’engins, de bombardiers qui peuvent largement décoller le temps que les missiles arrivent. Il est aussi probable que les Chinois et les Russes se couvrent mutuellement. Les américains sont donc loin d’avoir les moyens de leurs »ambitions« . Il est étonnant que ces auteurs expérimentés oublient ces éléments …

 

Obama Slams Door in Putin’s Face: Says if Putin doesn’t want Russia’s retaliatory forces eliminated, he’ll need to be the one to press the nuclear button first

by Eric Zuesse

Source : http://thesaker.is/obama-slams-door-in-putins-face-says-if-putin-doesnt-want-russias-retaliatory-forces-eliminated-hell-need-to-be-the-one-to-press-the-nuclear-button-first/

June 06, 2016

 

Actions speak louder than mere words, and U.S. President Barack Obama has now acted, not only spoken. His action is to refuse to discuss with Russian President Vladimir Putin, Russia’s biggest worry about recent changes in America’s nuclear strategy — particularly a stunning change that is terrifying Putin.

On Sunday June 5th, Reuters headlined “Russia Says U.S. Refuses Talks on Missile Defence System”, and reported that, “The United States has refused Russian offers to discuss Washington’s missile defence programme, Russian Deputy Defence Minister Anatoly Antonov was quoted as saying on Sunday, calling the initiative ‘very dangerous’.”

Russia’s concern is that, if the “Ballistic Missile Defense” or “Anti Ballistic Missile” system, that the United States is now just starting to install on and near Russia’s borders, works, then the United States will be able to launch a surprise nuclear attack against Russia, and this system, which has been in development for decades and is technically called the “Aegis Ashore Missile Defense System”, will annihilate the missiles that Russia launches in retaliation, which will then leave the Russian population with no retaliation at all, except for the nuclear contamination of the entire northern hemisphere, and global nuclear winter, the blowback from America’s onslaught against Russia, which blowback some strategists in the West say would be manageable probems for the U.S. and might be worth the cost of eliminating Russia.

That theory, of a winnable nuclear war (which in the U.S. seems to be replacing the prior theory, called “M.A.D.” for Mutually Assured Destruction) was first prominently put forth in 2006 in the prestigious U.S. journal Foreign Affairs, headlining “The Rise of Nuclear Primacy” and which advocated for a much bolder U.S. strategic policy against Russia, based upon what it argued was America’s technological superiority against Russia’s weaponry and a possibly limited time-window in which to take advantage of it before Russia catches up and the opportunity to do so is gone.

Paul Craig Roberts was the first reporter in the West to write in a supportive way about Russia’s concerns that Barack Obama might be a follower of that theory. One of Roberts’s early articles on this was issued on 17 June 2014 and headlined “Washington Is Beating The War Drums”, where he observed that “US war doctrine has been changed. US nuclear weapons are no longer restricted to a retaliatory force, but have been elevated to the role of preemptive nuclear attack.”

Russia’s President Vladimir Putin has tried many times to raise this issue with President Obama, the most recent such instance being via a public statement of his concern, made on May 27th. Apparently, the public statement by Antonov on June 5th is following up on that latest Putin effort, by Antonov’s announcement there that Obama now explicitly refuses to discuss Putin’s concerns about the matter.

The fact that these efforts on the part of the Russian government are via public media instead of via private conversations (such as had been the means used during the Cuban Missile Crisis in 1962, when the shoe was on the other foot and the U.S. President was concerned about the Soviet President’s installation of nuclear missiles 90 miles from the U.S. border) suggests that Mr. Obama, unlike U.S. President John Fitzgerald Kennedy in 1962, refuses to communicate with Russia, now that the U.S. is potentially in the position of the aggressor.

Russia is making its preparations, just in case it will (because of the Aegis Ashore system) need to be the first to attack. However, some knowledgeable people on the subject say that Russia will never strike first. Perhaps U.S. President Obama is proceeding on the basis of a similar assumption, and this is the reason why he is refusing to discuss the matter with his Russian counterpart. However, if Mr. Obama wishes to avoid a nuclear confrontation, then refusing even to discuss the opponent’s concerns would not be the way to go about doing that. Obama is therefore sending signals to the contrary — that he is preparing a nuclear attack against Russia — simply by his refusal to discuss the matter. In this case, his action of refusal is, itself, an answer to Putin’s question, like slamming the door in Putin’s face would be. It’s a behavioral answer, instead of a merely verbal one.

The geostrategist John Helmer discussed on May 30th the question of when the “Trigger Point” will likely be for Putin to decide whether there is no reasonable alternative but to launch — and for him then to launch — World War III.

 

Investigative historian Eric Zuesse is the author, most recently, of  They’re Not Even Close: The Democratic vs. Republican Economic Records, 1910-2010, and of  CHRIST’S VENTRILOQUISTS: The Event that Created Christianity.

 

Un avertissement russe

par

Eugenia V Gurevich, PhD, thesaker.ru.

Dmitri Orlov, cluborlov.blogspot.comblogspot.com

The Saker (A. Raevsky) thesaker.is

Source : LESAKERFRANCOPHONE <hervek@yandex.com>

2 juin 2016

 

Nous, soussignés, sommes Russes, vivant et travaillant aux États-Unis. Nous avons suivi avec une inquiétude croissante les politiques actuelles des États-Unis et de l’OTAN, qui ont mis les États-Unis sur une trajectoire de collision extrêmement dangereuse avec la Fédération de Russie, ainsi qu’avec la Chine. Beaucoup de patriotes américains respectés, tels que Paul Craig Roberts, Stephen Cohen, Philip Giraldi, Ray McGovern et beaucoup d’autres, ont émis des avertissements de menace d’une troisième guerre mondiale.

Mais leurs voix se sont perdues dans le vacarme des média de masse, pleins d’histoires trompeuses et inexactes, qui caractérisent l’économie russe comme étant en ruine et l’armée russe comme faible, le tout sans apporter aucune preuve. Mais nous, ayant le savoir à la fois de l’histoire russe et de l’état actuel de la société russe et de son armée, ne pouvons pas avaler ces mensonges. Nous pensons maintenant qu’il est de notre devoir, en tant que Russes vivant aux États-Unis, d’avertir le peuple américain qu’on leur a menti, et nous leur devons la vérité. Et la vérité est simple:

S’il va y avoir une guerre avec la Russie, les États-Unis seraient très certainement détruits, et la plupart d’entre nous mourraient.

 

Prenons un peu de recul pour remettre ce qui se passe dans un contexte historique. La Russie a beaucoup souffert aux mains des envahisseurs étrangers, perdant 22 millions de personnes lors de la Seconde Guerre mondiale. La plupart des morts étaient des civils, parce que le pays a été envahi, et les Russes ont juré de ne jamais laisser une telle catastrophe se reproduire. Chaque fois que la Russie avait été envahie, elle en est sortie victorieuse. En 1812, Napoléon a envahi la Russie; en 1814, la cavalerie russe entrait dans Paris. Le 22 juillet 1941, la Luftwaffe de Hitler a bombardé Kiev. Le 8 mai 1945, les troupes soviétiques roulaient dans Berlin.

Mais les temps ont changé. Si Hitler avait attaqué la Russie d’aujourd’hui, il serait mort 20 à 30 minutes plus tard, son bunker réduit à des décombres rougeoyants, par la frappe d’un missile de croisière supersonique Kalibr, lancé à partir d’un petit navire de la marine russe, quelque part dans la mer Baltique. Les capacités opérationnelles de la nouvelle armée russe ont été démontrée de manière éclatante lors de l’action récente contre ISIS, al-Nosra et les autres groupes terroristes financés par l’étranger et opérant en Syrie. Il y a longtemps, la Russie a dû répondre aux provocations en combattant au sol sur son propre territoire, puis en lançant une contre-invasion; mais ce n’est plus nécessaire. Les nouvelles armes de la Russie fourniront les moyens de représailles immédiats, indétectables, imparables et parfaitement mortels.

Ainsi, si demain une guerre devait éclater entre les États-Unis et la Russie, il est garanti que les États-Unis seraient vaporisés. Au minimum, il n’y aurait plus de réseau électrique, plus d’internet, plus de pipelines de pétrole et de gaz, plus de système d’autoroutes, plus de transport aérien ou de navigation par GPS. Les centres financiers se trouveraient en ruines. Le gouvernement à tous les niveaux cesserait de fonctionner. Les forces armées américaines stationnées tout autour du globe ne seraient plus réapprovisionnées. Au maximum, l’ensemble du territoire des États-Unis serait couvert par une couche de cendres radioactives. Nous vous disons ceci non pour être alarmiste, mais parce que, sur la base de tout ce que nous savons, nous sommes nous-mêmes inquiets. En cas d’attaque, la Russie ne reculera pas; elle se vengera, et elle anéantira complètement les États-Unis.

Le leadership américain a tout fait pour pousser la situation au bord de la catastrophe. Tout d’abord, ses politiques anti-russes ont convaincu les dirigeants russes que faire des concessions ou négocier avec l’Occident était futile. Il est devenu évident que l’Occident soutiendra toujours tout individu, ou mouvement ou gouvernement, qui serait anti-russe, que ce soit des oligarques russes pratiquant l’évasion fiscale, des criminels de guerre ukrainiens condamnés, des terroristes en Tchétchénie soutenus par les wahhabites saoudiens ou des punks profanant les cathédrales à Moscou. Maintenant que l’OTAN, en violation de ses promesses antérieures, s’est étendue jusqu’à la frontière russe, avec des forces américaines déployées dans les États baltes à portée d’artillerie de Saint-Pétersbourg, la deuxième plus grande ville de Russie, les Russes n’ont nulle part où reculer. Ils n’attaqueront pas; ils ne vont pas s’effondrer ou se rendre. La direction russe bénéficie de plus de 80% de soutien populaire; les 20% restants semblent penser qu’elle est trop molle face à l’opposition occidentale envahissante. Mais la Russie ripostera, et une provocation ou une simple erreur pourrait déclencher une séquence d’événements qui se terminerait avec des millions d’Américains morts et des États-Unis en ruines.

Contrairement à de nombreux Américains, qui voient la guerre comme une aventure victorieuse passionnante à l’étranger, les Russes détestent la guerre et en ont peur. Mais ils y sont aussi prêts, et ils se préparent à la guerre depuis plusieurs années maintenant. Leurs préparatifs ont été des plus efficaces. Contrairement aux États-Unis, qui dilapident des milliards sur des programmes d’armes douteux et hors de prix tels que le F-35, l’avion de combat multi-rôles, les Russes sont extrêmement avares avec leurs roubles investis dans des systèmes de défense, obtenant jusqu’à 10 fois la mise en dollars par rapport à l’industrie de défense ballonnée des États-Unis. Il est vrai que l’économie russe a souffert d’un faible prix de l’énergie, mais elle est loin d’être en ruine, et un retour à la croissance est attendu dès l’année prochaine. Le sénateur John McCain a une fois traité la Russie de «station de gaz se faisant passer pour un pays». Eh bien, il a menti. Oui, la Russie est le plus grand producteur de pétrole du monde et le deuxième plus grand exportateur de pétrole, mais elle est aussi le plus grand exportateur mondial de céréales et de technologie de l’énergie nucléaire. Elle est aussi avancée et sophistiquée que la société des États-Unis. Les forces armées de la Russie, à la fois classiques et nucléaires, sont maintenant prêtes à se battre, et elles sont plus qu’un simple match pour les États-Unis et l’OTAN, en particulier si une guerre devait éclater quelque part près de la frontière russe.

Mais un tel combat serait suicidaire pour les deux côtés. Nous croyons fermement qu’une guerre conventionnelle en Europe intègre une forte chance de tourner à un conflit nucléaire très rapidement, et que toute frappe nucléaire US / OTAN sur les forces ou le territoire russes déclencherait automatiquement une frappe nucléaire russe de rétorsion sur le continent américain. Contrairement aux déclarations irresponsables faites par certains propagandistes américains, les systèmes de missiles anti-balistiques des États-Unis sont incapables de soustraire leur peuple à une frappe nucléaire russe. La Russie a les moyens de frapper des cibles aux États-Unis avec des armes nucléaires à longue portée, ainsi qu’avec des armes conventionnelles.

La seule raison pour laquelle les États-Unis et la Russie se sont retrouvés sur une trajectoire de collision, au lieu de désamorcer les tensions et de coopérer sur un large éventail de problèmes internationaux, est le refus obstiné de la direction des États-Unis d’accepter la Russie comme un partenaire égal: Washington veut désespérément être le leader mondial et la nation indispensable, alors même que son influence diminue progressivement, dans le sillage d’une suite de décisions en politique étrangère et de désastres militaires tels que l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Yémen et l’Ukraine. Un leadership mondial américain sans partage est quelque chose que ni la Russie, ni la Chine, ni la plupart des autres pays ne sont prêts à accepter. Cette perte graduelle mais apparente de pouvoir et d’influence, a rendu la direction des États-Unis hystérique; et il n’y a qu’un petit pas de l’hystérie au suicide. Les dirigeants politiques de l’Amérique doivent être placés sous surveillance pour prévenir ce suicide.

D’abord et avant tout, nous faisons appel aux commandants des forces armées américaines pour suivre l’exemple de l’amiral William Fallon, qui, lorsqu’on l’interrogeait sur une guerre avec l’Iran, aurait répondu «pas avec moi aux commandes». Nous savons que vous n’êtes pas suicidaires, et que vous ne voulez pas mourir à cause d’un hybris impérial hors de contrôle. Si possible, s’il vous plaît, dites à vos soldats et confrères et, surtout, à vos supérieurs civils, que la guerre avec la Russie ne se fera pas tant que vous serez aux commandes. À tout le moins, faites-en le serment à vous-même, et le jour viendra, quand l’ordre suicidaire sera délivré, de refuser d’exécuter sur le terrain un tel acte criminel. Rappelez-vous que, selon le Tribunal de Nuremberg,  «Lancer une guerre d’agression […] est non seulement un crime international; mais c’est le crime international suprême, ne différant des autres crimes de guerre que parce qu’il contient en lui-même le mal dans toute sa dimension». Depuis Nuremberg, l’excuse «je ne faisais que suivre les ordres» n’est plus un moyen de défense valable. S’il vous plaît, ne soyez pas des criminels de guerre.

Nous lançons également un appel au peuple américain à prendre des mesures pacifiques mais puissantes, pour s’opposer à tout politicien ou tout parti qui se livrerait à des provocations irresponsables sous forme de Russian bashing, et qui tolèrerait et soutiendrait une politique de confrontation inutile avec une superpuissance nucléaire capable de détruire l’Amérique en une heure. Parlez, brisez la barrière de la propagande des médias de masse, et faites prendre conscience à vos compatriotes américains de l’immense danger d’une confrontation entre la Russie et les États-Unis.

Il n’y a aucune raison objective à ce que les États-Unis et la Russie se considèrent mutuellement comme adversaires. La confrontation actuelle est entièrement le résultat des vues extrémistes du culte néo-conservateur, dont les membres ont été autorisés à infiltrer le gouvernement fédéral américain sous la présidence de Bill Clinton, et qui considèrent tout pays refusant d’obéir à leurs diktats comme un ennemi à broyer. Grâce à leurs efforts inlassables, plus d’un million de personnes innocentes ont déjà péri en ex-Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, au Pakistan, en Ukraine, au Yémen, en Somalie et dans de nombreux autres pays, à cause de leur insistance maniaque à penser que les États-Unis doivent être un empire mondial, pas seulement un pays normal, et que chaque chef de gouvernement national doit se prosterner devant eux ou être renversé. En Russie, cette force irrésistible a finalement rencontré un objet immobile. Ils doivent être contraints de reculer avant de tous nous détruire.

Nous sommes absolument et catégoriquement certains que la Russie n’attaquera jamais les États-Unis, ni aucun État membre de l’UE, que la Russie n’est pas du tout intéressée à recréer l’URSS, et qu’il n’y a pas de menace russe ou d’agression russe. Une grande partie de la réussite économique récente de la Russie a beaucoup à voir avec la séparation d’avec ses anciennes dépendances soviétiques, lui permettant de poursuivre une politique de Russie d’abord. Mais nous sommes tout aussi certains que si la Russie est attaquée, ou même menacée d’être attaquée, elle ne reculera pas, et que les dirigeants russes ne vacilleront pas. Avec une grande tristesse et le cœur lourd, ils feront le devoir pour lequel ils ont prêté serment et lâcheront un barrage nucléaire dont les États-Unis ne se remettront jamais. Même si l’ensemble de la direction russe est tuée par une première frappe, la Main de la mort (le système Perimetr) lancera automatiquement assez de missiles nucléaires pour effacer les États-Unis de la carte politique. Nous estimons qu’il est de notre devoir de faire tout notre possible pour éviter une telle catastrophe.

Eugenia V Gurevich, PhD, thesaker.ru.

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Traduit par Claude pour le Saker francophone