• La Suisse est quasiment devenue membre de l’OTAN

    par Gotthard Frick

    Horizons et débats No 5, 7 mars 2016

     

    L’auteur a déjà affirmé à plusieurs reprises que le Conseil fédéral et le commandement de l’Armée intègrent la Suisse à l’OTAN de manière sournoise.

    Le Conseil fédéral a communiqué qu’une conférence de l’OTAN a eu lieu à Zurich le 16 et 17 février 2016, sur invitation de la Suisse. Trompant le peuple suisse, le Conseil fédéral n’a communiqué ce fait que le premier jour de la conférence. Y ont participé: 100 officiers de la structure militaire de l’OTAN et de ses 28 Etats membres, des membres du Partenariat pour la Paix et les 25 Etats membres de la Plateforme d’interopérabilité de l’OTAN (dont la Suisse).

    La discussion devait tourner autour de la nécessité d’une collaboration militaire et des défis actuels, vu le changement de l’environnement sécuritaire, avec l’objectif de procéder aux adaptations nécessaires.

    Voici ce que cela signifie:

    • Le nom du «Partenariat pour la Paix» est une création linguistique géniale des «spin doctors», donc des spécialistes en communication. La presse chinoise voit ce «partenariat» comme un «instrument des Etats-Unis pour imposer ses intérêts stratégiques». C’est-à-dire que la Chine, tout comme probablement la Russie, ne considère plus la Suisse comme étant neutre.
    • La Plateforme d’interopérabilité est une structure organisant des exercices de combat commun des 25 Etats affiliés, dont la Suisse. Même si ceci ne signifie pas encore que la Suisse soit membre de l’OTAN, les grandes puissances non occidentales le verront comme préparation d’une adhésion rapide de la Suisse en cas d’urgence.La Suisse a déjà plusieurs fois envoyé des troupes participer à des manœuvres de membres de l’OTAN (par exemple en Allemagne), même si cela n’est pas très fréquent. Probablement, pour habituer étape par étape le public à cette collaboration militaire. Etant donné que ce n’étaient pas des manœuvres de l’OTAN, mais seulement des exercices militaires d’Etats membres de l’OTAN, cette participation ne toucherait pas la neutralité, selon les dires du Conseil fédéral et du commandement de l’Armée.
    • L’Armée a adapté son règlement Commandement et organisation des états-majors (COEM) à celui de l’OTAN.
    • On se procure autant que possible des armes et des équipements compatibles avec ceux de l’OTAN. En outre, la Suisse a adapté les grades de l’Armée à ceux de l’OTAN. Ainsi, le colonel-divisionnaire est devenu divisionnaire. Dans les grades inférieurs de notre armée déjà très réduite, toute une série de nouveaux grades ont été ajoutés: appointé-chef, sergent-chef, sergent-major chef, adjudant EM, adjudant-major, adjudant-chef. Evidemment, la collaboration est plus facile si les armes et les grades sont essentiellement identiques.
    • Des commandants de l’OTAN visitent souvent la Suisse pour s’informer sur nos mesures militaires prévues et pour informer la Suisse de leurs propres activités.

    La Suisse dispose maintenant de seulement deux brigades mécanisées comme troupes de combat. Ce sont des unités qui ne sont pas vraiment adaptées à notre terrain très structuré et construit, mais qui peuvent immédiatement être subordonnées à l’OTAN en cas de guerre et qui serviront bien dans des grands espaces peu vallonnés à l’extérieur de la Suisse.

    Il faut le graver dans notre esprit: une Suisse neutre et bien défendue au cœur de l’Europe serait un grand désavantage pour les Etats-Unis et l’OTAN, car elle détient les voies transalpines ferroviaires et routières les plus efficaces et les mieux situées, et le corridor aérien le plus direct reliant l’Europe du Sud et du Nord. Pour cette raison, il y a de nombreuses structures dans les pays membres de l’OTAN, et aussi en Suisse, qui sont habiles à travailler en cachette en faveur de l’adhésion de notre pays à l’OTAN dans un futur proche. Sans que notre peuple s’en aperçoive et que les médias en parlent.

    Il n’y a aucun doute que la réduction de l’Armée à un tiers depuis la fin du XXe siècle ainsi que la réduction supplémentaire actuelle de la moitié de ce tiers dans le cadre du Développement de l’Armée (DEVA) ne soient mises au service de ce but. Ainsi, lors d’une situation d’urgence, certains membres du Conseil fédéral et du commandement de l’Armée pourront justifier et rapidement mettre en œuvre l’adhésion à l’OTAN. Les préparatifs sont en cours depuis des années. Mais comme le peuple tient à la neutralité et à une armée défensive forte et indépendante, tout se passe en cachette et sous le couvert d’argumentations trompeuses.

    Imaginons un conflit armé ou une crise majeure en Europe, se situant presqu’au niveau du seuil de la guerre: alors les Etats Unis et l’OTAN utiliseront notre espace aérien. Possiblement, ils mettront sous leur commandement aussi les voies de communication transalpines nord-sud et les chemins de fer et les autoroutes est-ouest, les grands aéroports, et les trois aéroports militaires qui nous restent. Notre armée démantelée ne pourra plus les en empêcher. Ainsi, nous aurons lésé notre obligation primaire de neutralité. Un adversaire des USA/OTAN pourra donc s’y référer et démarrer des activités militaires sur territoire suisse en toute légalité.

    Le Conseil fédéral aura alors une excuse – probablement déjà prévue – en expliquant au peuple suisse que notre pays ne peut pas se défendre seul. Il invoquera l’état d’urgence, et dira que nous devons adhérer à l’OTAN, faute d’alternatives.

    Il pourra alors immédiatement soumettre les deux brigades mécanisées à l’OTAN, et déclarer cet acte comme notre contribution à l’OTAN. Grâce aux préparations déjà faites, tout cela pourra se faire très rapidement.

    Cela signifie que la Suisse sera probablement membre ou partenaire de l’OTAN dans une éventuelle prochaine guerre. Devons-nous préparer une révolution pour imposer la volonté populaire? Comment pouvons-nous sinon nous opposer à cette violation flagrante à la Constitution fédérale par le Conseil fédéral et le Parlement? La réponse à cette question est de grande importance.

    (Traduction Horizons et débats)

    mars 21, 2016
  • Bonne est la guerre loin de sa terre !

    par

    Ivo Rens

    7 mars 2016

     

    Telle pourrait être la devise des dirigeants politiques américains et européens en ce début de XXIème siècle.

    En effet, depuis les attentats terroristes contre New-York, le 11 septembre 2001, et la déclaration de guerre de George W. Bush contre le terrorisme, les Etats-Unis sont engagés dans une guerre perpétuelle loin de leur continent. Ils ont déclenché des conflits armés en 2001 contre l’Afghanistan, coupable d’avoir hébergé et soutenu Al Qaida et son dirigeant Oussama Ben Laden, contre l’Irak de Saddam Hussein, en 2003, sous le prétexte fallacieux qu’il aurait disposé d’armes de destruction massive, contre le président libyen Mouammar Kadhafi, en 2011, en arguant qu’il s’apprêtait à réprimer dans le sang un mouvement de protestation. En outre, depuis 2011 aussi, ils ont apporté leur soutien actif à plusieurs des composantes de l’insurrection armée contre le président syrien Bachar el Assad rendu responsable de tous les crimes. Au surplus, jusqu’en 2015, de concert avec Israël, ils ont menacé d’attaquer, probablement au moyen d’armes nucléaires, des laboratoires souterrains de la République islamique d’Iran accusée de vouloir se doter de l’arme nucléaire.

    A l’exception notable de la guerre contre l’Irak, réprouvée par Paris et Berlin, ces conflits ainsi que les menaces qui les ont précédés ont été endossés par l’OTAN qui avait déjà porté la responsabilité de la guerre contre la Yougoslavie en 1999, et ce au mépris du droit international tenu pour obsolète.

     

    Théorisation de l’hégémonisme américain

     

    Aux Etats-Unis, les racines de la violence, et particulièrement de la violence politique, sont anciennes. Mais aujourd’hui, la politique belliqueuse des Etats-Unis d’Amérique puise son inspiration dans l’œuvre de Zbigniew Brzezinski qui fut conseiller du Président Lyndon B. Johnson de 1966 à 1968, puis du président Jimmy Carter de 1977 à 1981. Ce personnage est surtout l’auteur de plusieurs ouvrages de géostratégie, dont The Grand Chessboard: American Primacy and Its Geostrategic Imperatives, publié en 1997, dont la version française, Le grand échiquier. L’Amérique et le reste du monde parut la même année. Pour cet auteur, les Etats-Unis doivent s’efforcer à tout prix de prévenir la résurgence d’une puissance rivale en Russie ou en Chine, pays composites qui gagneraient d’ailleurs à être démembrés. Pour lui, le maintien de la paix mondiale impose donc aux Etats-Unis d’exercer leur hégémonie sur le monde entier. Cette obsession n’est pas le monopole des seuls néoconservateurs américains ; elle est, depuis le 11 septembre, le credo de la plupart des dirigeants américains et de leurs deux derniers présidents.

    L’un des principaux instruments de cette hégémonie est l’OTAN qui avait été créée en 1949 pour contenir le “péril communiste” mais qui, après l’effondrement de l’URSS en 1991, entreprit sa mondialisation à l’initiative des Etats-Unis, comme le retrace méticuleusement l’ouvrage de Mahdi Darius Nazemroaya, The Globalization of NATO, Clarity Press, 2012. Cet auteur prend soin de dévoiler les mobiles prédateurs et les objectifs stratégiques poursuivis par le complexe militaro-industriel dans cette transformation de l’OTAN. Le plus étonnant est que les Etats européens membres de l’OTAN, et l’Union européenne elle-même, se soient alignés sur l’aventurisme des Etats-Unis en acceptant même le risque d’une IIIème guerre mondiale et d’une apocalypse nucléaire.

     

    Le dépérissement de l’Etat de droit en Occident

     

    Les attentats du 11 septembre 2001 ont induit les Etats-Unis d’Amérique à adopter le Patriot Act, une loi restreignant considérablement les droits et libertés individuels au point de vider de sa substance libérale la vénérable Constitution de 1787 et ses nombreux amendements subséquents. En témoignent la mise sur écoute de millions de citoyens américains et de ressortissants d’autres pays, l’internement, sans inculpation ni procès, de nombreux individus soumis à la torture sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba, et l’exécution, à l’étranger, sur décision présidentielle, de milliers d’individus, y compris de nationalité américaine, par des drones tueurs. Sur le plan international, parmi les suites du 11 septembre figurent, en décembre 2001, le retrait des Etats-Unis du Traité ABM (portant abandon du bouclier anti-ballistique), l’adoption de la stratégie de l’attaque nucléaire préventive, la multiplication par centaines des bases militaires sur tous les continents, mais particulièrement autour de la Russie et de la Chine, et la banalisation de l’intervention de commandos militaires à l’étranger.

    Plusieurs pays de l’OTAN ont suivi une évolution similaire comme l’atteste notamment l’acceptation par certains d’entre eux de l’implantation, sur leur sol, de prisons américaines secrètes de la CIA usant de la torture, comme l’attestent aussi l’état d’urgence décrété par le Gouvernement français ensuite des attentats terroristes de 2015 ainsi que les diverses interventions militaires françaises en Afrique.

    D’une façon générale, un peu partout en Europe, l’Etat de droit est remis en cause par l’évolution sécuritaire due à la menace terroriste. Or l’Etat de droit est au fondement même de la notion moderne d’Etat, et bien sûr de la démocratie ainsi que du droit international public.

     

     

    Le problème de l’afflux des migrants

     

    Avant de prendre position sur ce phénomène, il importe d’en retracer la genèse et l’évolution et d’en discerner les causes et les responsables.

    Depuis la fin de la colonisation, nombreux sont les ressortissants des anciens pays colonisés qui ont cherché, et souvent réussi, à s’installer et à s’intégrer en Europe occidentale. La plupart d’entre eux étaient des migrants attirés par la prospérité européenne. Quelques-uns d’entre eux, fuyant la persécution ou la guerre, étaient des refugiés. Toutefois, le nombre des uns et des autres a considérablement enflé ces dernières années, surtout depuis 2014, au point d’être parfois ressenti par les Européens comme une véritable invasion.

    En l’absence de chiffres et de statistiques officielles, nous donnerons provisoirement une statistique des pays d’origine des migrants empruntée au journal Le Monde du 4 septembre 2015, manifestement incomplète et qui, bien sûr, date déjà :

    Syrie : 18,5 %

    Kosovo : 15,9 %

    Afghanistan : 10 %

    Albanie : 6,8 %

    Irak : 5,2 %

    Pakistan : 3,4 %

    Erythrée : 3, 1 %

    Serbie : 3 %

    Ukraine : 2,5 %

    Nigeria : 2, 3 %

     

    Bien sûr, tous ces migrants ne sont pas des réfugiés au sens du droit international, mais la majorité d’entre eux provient de pays affectés par des hostilités armées et sont donc de vrais réfugiés. Il n’en résulte pas qu’ils aspirent tous à s’installer durablement en Europe occidentale. Sans doute nombre d’entre eux souhaiteraient pouvoir revenir dans leur pays d’origine lorsque la paix y sera rétablie.

    Cela dit, même en s’en tenant aux réfugiés proprement dits, leur afflux constitue un problème politique considérable pour les pays d’Europe occidentale qui sont tous atteints, peu ou prou, par un ralentissement économique et un chômage important.

    Les causes du phénomène migratoire actuel résident, bien évidemment, dans les souffrances indicibles ainsi que dans les immenses destructions dues à la guerre perpétuelle des Etats-Unis et de l’OTAN. Quant aux responsables, ils sont à rechercher, bien sûr, parmi les dirigeants des Etats-Unis d’Amérique et de leurs alliés de l’OTAN, de 2001 à nos jours.

    De par leur situation géographique, les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas affectés par cette vague migratoire, mais c’est bien leur politique étrangère qui en est la première responsable.

    Toutefois, les Etats européens membres de l’OTAN en sont indiscutablement coresponsables puisqu’ils ont été complices des atteintes portées par Washington et l’OTAN à la paix au Proche et au Moyen-Orient.

    On comprend que nombre de citoyens européens se refusent à accueillir ces hordes de réfugiés aux cultures étrangères. Leur position n’est nullement négligeable vu le coût, les inconvénients et les risques inhérents à cet accueil. Mais ces citoyens avaient-ils protesté contre l’acquiescement de leurs dirigeants au bellicisme et aux agressions militaires à l’origine de cet exode ? D’autres Européens estiment que les valeurs fondatrices de la culture européenne, comme d’ailleurs les normes du droit international relatives aux réfugiés en détresse, plaident en faveur de leur accueil. Mais passer à l’acte ne va pas sans lourds sacrifices.

     

    Toutefois, il est une conclusion qui normalement devrait être tirée par les uns et les autres : il est impératif pour les Européens de rompre avec la politique qui a abouti à pareil désastre humanitaire, donc de quitter l’OTAN et de reconstruire l’Union européenne entre les Etats européens se voulant véritablement indépendants, même des Etats-Unis d’Amérique. Le meilleur gage de la paix, c’est le démantèlement de l’OTAN !

    Pour logique qu’elle soit, cette conclusion est pourtant loin de s’imposer dans l’opinion publique. Rares sont les personnalités politiques européennes à oser la proposer, tant la dépendance et la vassalité imprègnent la conscience collective des citoyens du Vieux continent. Même la Suisse, pays se voulant neutre et à l’écart de l’Union européenne, a cru devoir se joindre au prétendu Programme du partenariat pour la paix de l’OTAN !

    Or, comme le démontre l’histoire de ce début de XXIème siècle, l’OTAN est, de loin, la première menace pour la paix mondiale.

     

     

    mars 7, 2016
  • Guy Mettan’s book on Russophobia: “An important contribution to the demystification of international relations”

    Guy Mettan, Russie-Occident. Une guerre de mille ans. La russophobie de Charlemagne à la crise ukrainienne. Pourquoi nous aimons tant détester la Russie. (Russia & the West. A Thousand Year War. Russophobia from Charlemagne to the Ukrainian Crisis.Why we so much enjoy hating Russia.)

    Editions des Syrtes, Genève, 2015, 482 pages

    Review by Ivo Rens

    Translation by Marcel Barang

     

     

    This is definitely an unusual book, as heralded by its title and three subtitles, whose lengthy wording evokes that of several learned tomes of the 18th and early 19th century.

    Its author is a well-known personality in Switzerland. Guy Mettan is a prominent journalist, formerly editor-in-chief of Tribune de Genève; he once presided over the Great Council, the Geneva parliament, of which he is still a representative, elected on the Christian Democrat Party list; he heads the Swiss Press Club and has written several books on Switzerland and international Geneva.

    As he explains in his foreword, his interest for Russia came by happenstance: in 1994, when he adopted a three-year-old Russian girl, Russian nationality was bestowed on him by the Boris Yeltsin administration. That event, he wrote, “naturally thoroughly changed my way of looking at Russia. From plain post-communist curiosity, that country had suddenly become much closer” (1). Having become very knowledgeable on Russia, he was struck by the amount of prejudice and errors prevalent in the West against that country.

    In the foreword still, the author presents his motivation in this way: “So it is in the hope of breaking, or at least levelling off a little that wall of prejudice, that I undertook the writing of this essay and that I delved into the long, complex but fascinating history of warped images and biased perceptions that Westerners have piled up on Russia in the course of centuries, and more precisely since Charlemagne broke up with Byzantium” (2). Indeed, after the fall of Constantinople in 1453, Russia became the power protecting Orthodox faith, and Moscow was called the third Rome.

    The outline of this work of nearly five hundred pages is also unusual. It is divided into three parts, titled respectively “The strength of bias” (about one hundred pages), “A little genealogy of Russophobia” (nearly 250 pages) and “Russophobia, instructions for use” (nearly one hundred pages). The text has numerous footnotes referring to as many sources as are listed in the impressive bibliography at the end of the volume. So this is not a pamphlet, but a learned work, written in a deliberately non-academic style.

    All the ideas expressed hereinafter are Guy Mettan’s, with the exception of one or two remarks explicitly made by the author of the present account.

     

    The strength of bias

     

    Russophobia is a phenomenon of collective psychology, a psychopathy which feeds itself on the interpretation of facts and situations in a tendentious way in order to make Russia or her leaders, currently Vladimir Putin, responsible for them. “Like anti-Semitism, it is not a transient phenomenon linked to specific historical events.” (3) Like it, it takes various forms, as it has evolved in different contexts in different countries. So it is not the result of a plot, as it does not develop in secret. It is propagated openly by the press and, more generally, by the media.

    Guy Mettan passes severe judgment on popular Western media, in particular since the events in Ukraine: “So, by early 2014, when the incidents on Maidan Square burst out then degenerated into a coup and finally into civil war, it had become impossible to remain silent and watch without reacting the new explosion of collective anti-Russian hysteria that had, once again, taken over the Western media” (4).

    The first part of the work deals with the analysis of five manifestations of Russophobia in the West:

    • – The crash of a Russian plane in the South of Germany, at Überlingen, in 2002;
    • – The hostage-taking in Beslan, a town in northern Ossetia, in the Russian Federation, in 2004;
    • – The second Ossetia war, in 2008;
    • – The Sotchi Olympic Games, in 2014; and
    • – The Ukrainian crisis, in 2004, which is treated in much greater depth than the preceding cases.

    The Überlingen crash (2002)

     

    On July 1st, 2002, a Tupolev of Bashkirian Airlines collided with a Boeing of the DHL company above the small town of Überlingen in the south of Germany, a few kilometres from the Swiss border, leading to the death of 71 persons, including 52 Russian children on their way to a holiday in Barcelona.

    In the following days, the entire western press blamed the Russian pilots who allegedly did not understand English properly and had ignored the directives they received from Skyguide, the Swiss company in charge of air-traffic control in the area. An American press release, quoted by the author, went even further, stating that no Russian plane was reliable and neither were Russian pilots, as they were underpaid.

    On July 5th, after a first examination of the black boxes, it turned out that all those allegations were unfounded, that the Russian pilots were English proficient, that their plane has just been overhauled, and that the cause of the collision was a series of failings of the Swiss air-traffic control company. But it would be “years before the management of the Swiss company Skyguide deigned present half-hearted apologies and the Russian pilots were reinstated in their honour” (5).

     

    The Beslan hostage-taking (2004)

     

    In relation with the Second Chechen War in 1999-2000, Russia was the target of numerous Islamic-inspired attacks, especially in 2004. “In five years, from the first attacks of 1999 against buildings in Moscow, attacks by Islamic terrorists cost the lives of 1005 civilians in Russia, one third of the victims of the September 11th, 2001 attacks in New York.” (6)

    On September 1st, 2004, a group of 32 heavily-armed men and women took over a school in Beslan, in Northern Ossetia, holding 1,300 persons hostage, mostly children and youngsters from seven to eighteen years of age, and killing some twenty adults. On the third day, the forces of law and order stormed the place, to the cost of an inordinate number of deaths: 331 children and teachers, 11 soldiers of the Special Forces and 8 police officers, as well as 31 of the 32 terrorists. “But as soon as the school was taken over, blood having hardly dried up on the walls, the Western media went wild. Not against the Islamic killers, which would have been natural, but paradoxically against the victims and their liberators! In this instance, against the Russian government and forces of law and order, suspected of manipulation, intimidation, retention of information, and even of being the cause of the massacre!” (7)

    Amongst those targeted are Radio Free Europe and Anna Politkovskaya, a Russian-American journalist opposed to President Putin who, in 1999, supported the Islamists in favour of the independence of Chechnya and who would be assassinated in 2006. But Guy Mettan lingers on the collective letter signed by 115 Atlanticist personalities, at the initiative of Vaclav Havel, which sharply criticised the allegedly antidemocratic use Vladimir Putin was making of the Beslan tragedy. That letter did indeed meet with a significant response in the Western media. Would its authors have preferred that the Russians adopt a Patriot Act on the American model, eroding fundamental freedoms, notably by tapping the phones of all citizens, as would be learned a few years later thanks to Julian Assange and Edward Snowden? On the management of the hostage-taking and its aftereffects, the author, however, holds up as an example Henry Plater-Zyberk’s report for the Conflict Studies Research Centre of the British Ministry of Defence, published in November 2004. (8)

     

    The Second Ossetia War (2008)

     

    Each on one side of the Caucasian ridge, northern Ossetia belongs to the Russian Federation and southern Ossetia to Georgia, or at least that was the case until the First Ossetia War, which took place in 1991–2. That war pitted pro-independence Ossetians against the Georgians. At the end of that conflict, a ceasefire took place and a peacekeeping force was instituted, composed of troops of the Community of Independent States headed by the Russian Federation.

    After his accession to power in Georgia in 2002, Mikheil Saakashvili, who had been a student in the United States, and who hoped his country would join the European Union and NATO, campaigned for the reintegration of Southern Ossetia into Georgia. Pro-independence Ossetians, on the strength of two referenda, were opposed to it and demanded reunification with Northern Ossetia. After several days of border clashes, war burst out in the night of August 7th, 2008, killing 18 amongst the predominantly Russian peacekeeping forces and 162 Southern Ossetians. Georgians and Ossetians accused one another of having begun hostilities.

    The Russians soon had the advantage over the Georgians, even though the latter had American and Israeli support, and, on August 26th, the Russian Federation officially recognised the independence of Southern Ossetia and of neighbouring Abkhazia, also formerly Georgian.

    Meanwhile, Western media had gone wild against warmongering Russian expansionism. However, such accusations were toned down somewhat a year later with the publication, on September 30th, 2009, of the report of the commission of experts and diplomats presided by Swiss Ambassador Heidi Tagliavini, as empowered by the European Union. That report established that it was Georgia that started hostilities.

    Western discourse on Russia often accusing her of expansionism almost always features something that is left unsaid, which Guy Mettan formulates as follows: “They try hard to forget that Russia was the only empire in human history to get rid of the nations it dominated without making war with them. Within a few months, in 1991, fifteen countries found themselves free and independent. Who has ever done better?” (9) Granted, in her history, Russia practised expansionism, since she progressively expanded over Alaska, sold to the United States in 1867. But nowadays, it is not Russia that is expanding, it is the European Union and NATO. The latter now enfolds almost all the countries that were members of the Warsaw Pact as well as several countries that used to belong to the USSR, though not yet Ukraine and Georgia.

     

    The Sotchi Olympic Games (2014)

     

    Denigration of Russia reached its climax on the eve of the Winter Olympic Games in Sotchi on February 6th, 2014. European media insisted above all on waste and corruption linked to the hugeness of approved expenditures, whereas American media denounced the “repression” of Russian homosexuals following the adoption by the Duma, at the end of 2013, of a law condemning homosexual propaganda with underage children. (10)

    Notwithstanding such outrageous claims, the Sotchi games were by all accounts a success.

    One of the few Western journalists opposing this Russophobic wave, Stephen F. Cohen, published in The Nation an article which concluded: “The result is that now American media are less objective regarding Russia, less balanced, more conformist and hardly less ideological than they were when they covered the Soviet Union during the Cold War.” This dissident journalist was a specialist of Soviet then Russian affairs at New York University and a former advisor to President George Bush Sr. (11)

     

    The Ukrainian crisis in 2014

     

    An entire chapter is devoted to this crisis, under the heading “A staggering lack of questioning”.

    The tone is given, as of the first page of that chapter, by the following passage:

    Why? Why, as soon as Russia comes up, does the Western press lack objectivity to such an extent? How can those utterly Pavlovian denigration reflexes be explained? Why are those values that were the honour of journalism – search for truth, desire for understanding, will to know, confrontation of viewpoints, empathy, respect – thrown overboard as soon as the words Russia and Putin are pronounced? (12)

     

    The author refrains from taking a stand on all aspects of this crisis, which is too recent for responsibilities of the various parties at play to be properly ascertained, all the more so as facts are far from established, contrary to what almost all Western media are claiming, as they hastened to claim during the Second Ossetia War. Guy Mettan merely asks questions that Western journalists have seldom asked even though they are problematic.

    Why has the western press hardly ever commented on the decision taken by the new Ukrainian power, in February 2014, to forbid the use of Russian in the Russian-speaking areas of the country? “Wasn’t it that decision, though, that provoked the schism of Crimea and the Donbass?” (13)

    Having almost unanimously presented the Maidan Square events as a spontaneous upsurge of popular revolt against President Yanukovych’s authoritarianism and Russophilia, those journalists have seldom mentioned at all Victoria Nuland’s declaration, dated December 2013, according to which the United States since 1991 had invested over five billion dollars in the Ukrainian opposition to help Ukraine realise “the future it deserves” (14).

    Coming from the Deputy Secretary of State of the United States in charge of Europe, shouldn’t those words have triggered the curiosity of journalists reporting on events in Ukraine? All the more so as “Victoria Nuland is the spouse of Robert Kagan, one of the leaders of the neoconservatives, ultra-Zionist and fiercely anti-Russia, cofounder with former George W. Bush’s advisor William Kristol of the think tank that, coming up with Project for the New American Century (which became the Foreign Policy Initiative in 2010), convinced the US administration to launch the wars in Afghanistan and in Iraq, and played a key role on the American side in the Open Letter against Putin signed by 115 Atlantist personalities in 2004”. (15)

    Western media imputed to the Yanukovych government’s riot police the shots that killed more than 80 demonstrators on Maidan Square in mid-February 2014 and ensured the success of the putsch. Since then, however, accounts have invalidated this imputation. How is it that journalists have shown scant interest in them?

    On May 2nd, 2014 in Odessa, 40 pro-Russia militants perished in the arson of the building where they had taken refuge. Since then as well, accounts have emerged holding extreme right-wing militias favourable to the new regime responsible for the arson. Why have western journalists who covered for months on end the Maidan demonstrations given hardly any account of this event?

    A few days before the referendum of March 16th, 2014, organised by the Crimean authorities with the support of Russia, the White House announced that “the proposed referendum on the future of Crimea would violate the Ukrainian Constitution and international law”. With few exceptions, the western press endorsed this stance and its corollary, the alleged “annexation” of Crimea by Russia, and considered as negligible the fact that this referendum would plebiscite the unification of Crimea with Russia. It took a Swiss magazine to point out that this March 2014 referendum confirmed the results of the referendum organised in Crimea in 1991, during the breakup of the Soviet Union. (16)

    As soon as the crash of the Malaysia Airlines MH17 flight over the territory of Eastern Ukraine was announced, on July 17th, 2014, “President Obama and State Secretary John Kerry pointed an accusing finger at Russia. Without any proof whatsoever”. And the western press overwhelmingly indicted Russia or pro-Russia Ukrainian separatists.

    There is worse. “At no time has the western press, ever so sensitive to human rights when a Pussy Riot or the Russian opposition blogger Alexei Navalny is concerned, pointed out that the bombing of civilian populations in Donetsk or Lougansk by the Ukrainian army violated the Geneva conventions and came close to being a war crime.” (17)

    If Russophobia affects the great majority of western media, it reaches extreme proportions in some newspapers. “Over a six-month period, the Swiss newspaper Le Temps has announced no fewer than 36 times, in large, small and medium-sized characters, a Russian invasion of the Donbass.” (18)

    Why such bias and absence of questioning? Guy Mettan quotes the controversies that seethed in Germany when NATO pressures on the press were called into question, and confirmed by a study of the German institute of journalism. (19) Then he presents the following explanation:

    The media have never been independent and journalists know that objectivity exists only in ethics manuals. But in the past fifteen years the crisis of traditional media, following the collapse of advertising income and the emergence of the social media, has taken its toll on the seeking of truth. The topic is taboo in journalistic circles. Because the fear of losing one’s job, hurting advertisers and being deprived of the support of the authorities has become a reason for sweeping curiosity aside and conforming with the presumed expectations of political or economic powers.

    Those biases and derelictions of duty would be more easily forgiven if the western press wasn’t so outrageously preachy. Even conceding that we are weak and partisan, what right do we have to decree that Peking and Moscow journalists are sold to the powers that be and that those of Al Jazeera, Cuba or Venezuela indulge in propaganda rather than provision of information? (20)

     

    A thousand-year war

     

    As already mentioned at the start of this account, the second part of Guy Mettan’s book is by far the longest. It took Guy Mettan much daring to launch himself into the history of politics and theology of Byzantium in the first millennium as well as that of Pepin the Short, Charlemagne and papacy at the time, to retrace the premises of what would become, during the second millennium, Russophobia. In this undertaking, he has relied on the works of several specialists duly mentioned in his bibliography. Even though this part of the book reads like a detective story, we shall here merely summarise the main articulations, given the remoteness of the evolutions under analysis.

    May we take the liberty at this point, though, of venturing a critical remark over the title: the word “war” is questionable; it would have been better, it seems to us, to opt for a title such as “One thousand years of hostility”.

    After the fall, in 476, of the Western Roman Empire, it was the Eastern Roman Empire of Byzantium that took over. While Rome was falling into ruins and losing nine tenths of her citizenry, Byzantium proclaimed her power and sheltered, until 1200, the debates of the scholars and theologians of Christendom.

    At the time, “the primitive Church recognises the authority of the Pope, but as primus inter pares, according to Saint Peter’s formula. The pope does not have the power to decide on his own but only to convene and preside the ecumenical councils. At the institutional level, the Church is organised in patriarchates, under the aegis of five patriarchs (Jerusalem, Antioch, Alexandria, Constantinople and Rome) on an equal footing and whose declarations of faith must be approved by the others for them to fully exercise their magisterium”. (21)

    A divergence appeared early on in the wording of the creed formulated by the Council of Nicaea in 325. For some, the Holy Spirit proceeded from the Father; for others, it proceeded from the Father and the Son (Filioque). This divergence progressively turned into dissension, the Orthodox sticking to the first formulation, the Catholics to the second.

    It seems it was under Charlemagne that the western Church opted for this second formulation. Afterwards, papacy invoked the alleged Donation of Constantine, which granted the pope primacy over the eastern Churches. “The truth on this forged document was only revealed in 1430, five centuries after it had displayed all its effects. In 1054, according to the tradition retained in the West, the schism was complete and the two Christendoms evolved separately, as did the two empires.” (22)

    Given the dust of centuries and crassness of prejudice, historiographers and the West as a whole began to speak of “the great Eastern schism”, although clearly what happened was a great Western schism. The mystification was so successful that Roman Catholics and Western atheists are now convinced that it was the Eastern Church that seceded, whereas it is the other way round. Even now, the deceit still operates and very few western historians, one of whom is Steven Runciman, and the Roman Church not at all, have endeavoured to reinstate historical truth.

    The fact that the Byzantine Empire was getting weaker while European kingdoms were on the rise worked against the Easterners. The losers have no history, or cease having one. But the schism and historical distortion opened wounds that still poison Europe, as can be seen in the tensions between the West and Russia. (23)

     

    After two centuries of Mongol domination, Russia, which had first taken shape around Kiev, restructured herself around Moscow as early as the 14th century. And after the fall of Constantinople in 1453, the Russian monarch right away considered himself as the successor to the Eastern Roman Empire, took the title of Czar (contraction of Cesar) and Moscow presented herself as the third Rome, as an echo to the Holy Empire of the Germanic nation.

    Such were, in brief, the theological, ecclesiastical and political evolutions and dissensions that provided the compost of modern and contemporary Russophobia which, however, has arrayed itself in arguments that differ from country to country, as we shall now see.

     

    French Russophobia and the myth of oriental despotism

     

    Guy Mettan takes some forty pages to retrace the genesis and evolution of French Russophobia. We will present here only the most outstanding contributions.

    One of these comes from Napoleon who, on the eve of engaging the Great Army into the Russian Campaign, entrusted a certain Charles-Louis Lesur with the task of writing a propaganda book against Russia, which came out in 1812 under the title On the progression of Russian power from its origins to the 19th century. That popular work, which was reprinted several times and translated into several languages, comments over 500 pages on an alleged, two-page-long expansionist will of Peter the Great. The author recommended quarantine for Russia. It was only in 1879 that this alleged will was shown to be a fake, but discovery of the hoax was not prejudicial to the success of Lesur’s ideas.

    If Voltaire and the partisans of enlightened despotism had sympathy for Russia, Montesquieu and Tocqueville held her as a political counter-model because of her “oriental despotism”.

    According to Guy Mettan, “the apex of French Russophobia will be attained in 1843 with the publication of Astolphe de Custine’s travel notes under the title Russia in 1839”. According to him, “only conversion of Russia to Catholicism could implant in the czars’ empire the reality of a European civilisation”. (24)

     

    British Russophobia or the obsession of empire

     

    Guy Mettan gives another forty pages or so to British Russophobia, which we shall present summarily.

    From Russophile in Napoleonic times, Great Britain turned Russophobic as soon as Napoleon was vanquished by Russia.

    Contrary to French Russophobia, the British version does not have religious, philosophical or anti-despotism roots but answers to a geopolitical obsession, as England conflicted with Russia in Europe (Poland, the Eastern Question) as well as in central Asia where, to counter Russian expansion, the United Kingdom launched two preventive wars in Afghanistan to ensure the protection of British India.

    That was what used to be called the Big Game. The Crimean War was the sole military confrontation of British and Russian imperialisms. This first modern war in history, because of new weapons in use, steam boats, railways and the role of the press, swung in the British and their French allies’ favour, but with heavy casualties.

    “In conclusion,” Guy Mettan writes, “it can be stated that British Russophobia doesn’t reach the doctrinal heights of French Russophobia, but generously makes up for this handicap by overwhelming efficiency, imagination and creativity. Far from being confined to intellectual circles, it has taken over the popular dailies, caricature and the novel – two very popular techniques – and will carry the art of soft power very far.” (25)

     

    German Russophobia: from Lebensraum to ostracism of memory

     

    Guy Mettan gives this more than fifty pages, which provide an outline of the evolution of German ideas and mentality over more than two centuries. As this chapter is particularly important to the author’s demonstration, we shall give it more space than for preceding chapters and multiply quotations.

    It all begins with the romantic vision of Germanity (Deutschtum) held by authors such as Lessing, Herder, Goethe, Schiller and Hölderlin, at the end of the 18th and the beginning of the 19th century, who all lived before the German nation took shape: the latter came about in January 1871 after Bismarck’s Prussia vanquished Austria in Sadowa in 1866 and had her abandon the crown of the Holy Roman Germanic Empire, and then defeated Napoleon III’s France in Sedan, which allowed her to annex most of Alsace and Lorraine. This is when William I of Prussia took the title of Kaiser (Cesar). A period of accelerated industrialisation began then, which triggered a growing preoccupation for living space (Lebensraum) and then a resurgence of medieval annexationist designs on Eastern Europe (Drang nach Osten).

    Friedrich Meinecke (1862–1954), one of the main contributors to the notion of Germanity, in a best-selling book published in 1908 spoke of the “bestiality of Slavs”. German imperialism instrumentalised the fear of budding pan Slavism to present Russia as a potential aggressor, which prepared German public opinion to the idea that a war with her was unavoidable. (26)

    In 1914, Germany, by then very much Russophobic (but also very much anti-British and anti-French, even though in different ways, as these two countries are placed at the same cultural level as Germany), remains a humanist country. Cultural superiority hasn’t yet turned into racial superiority. Germany legitimises her ambitions through culture, following the example of France and Britain which justify theirs by the “civilising mission” they claim to be carrying out in their colonies. (27)

     

    What followed is familiar: the disaster of the First World War, the shame of defeat, the misery of the Great Depression, and then Hitler’s accession to power. Nazism held Russians and all Slavs to be inferior races no better than Jews and Blacks.

    After the disaster of the Second World War, thanks to the Cold War and to the conversion of the Germans to democracy, a revisionism of sorts set in in Germany as well as in other western countries to the effect of erasing the contribution of the USSR, hence of the Russians, to Victory.

    The initiator of this trend was the German historian Ernst Nolte, in his 1989 work Der europäische Bürgerkrieg 1917–1945. Nationalsozialismus und Bolschewismus (The European Civil War, 1917–1945: National Socialism and Bolshevism). His thesis consisted in seeing in Nazism a reaction to both bolshevism and democracy, in relativizing Nazi crimes by comparing them to those committed by the Soviets, and finally in presenting German soldiers on the eastern front as “defenders of Europe against Asian hordes”. If Nolte’s ideas received support from several historians, including François Furet, they were also criticised by Jürgen Habermas and the Frankfort School, triggering a huge controversy known under the name Historikerstreit, an historians’ dispute.

    East European countries coming out of the Soviet bloc got hold of Nolte’s theses to present themselves as victims of the USSR, hence of the Russians. “This tendency to rewrite history to evict Russia is so strong that on January 27th, 2015, during the celebration of the 70th anniversary of the liberation of the Auschwitz camp, Poland didn’t even bother to invite President Putin to the commemorations. Her Foreign Affairs minister, Grzegorz Schetyna, even had the nerve to claim that the camp had been liberated by “Ukrainian troops”. Revisionism had settled down at the top of the Polish state without any of the European heads of state present at the commemorations raising any objections.” (28)

    To disqualify the role of the Soviets in the fall of Nazism, not a word is uttered on the fact that, if the Normandy landings succeeded, “it is first of all thanks to the sacrifice of tens of thousands of Zhukov’s soldiers who led an offensive on the eastern front (Operation Bagration) to pin down the German troops and prevent the Wehrmacht from transferring their armoured vehicles to France”. (29)

    For Guy Mettan, this is a dreadfully efficient form of ostracism of memory:

    Many western historians of today are behaving exactly in the same manner as the pope’s theologians of a thousand years ago: by dint of rewriting history, of relying on dubious documents and of ignoring embarrassing documents, they have been able to rewrite history by rubbing Russia out of the European memory, as did theologians with Byzantium six hundred years ago. What remains to be done then is to blame the Easterners. If successful, with the forgetfulness of time and the death of witnesses, the manoeuvre will achieve the same aim: erase the memory of Russia as a liberator from Nazism to create in its place the myth of an Atlantist liberation of Europe. And have Russia bear full responsibility for the world wars as Byzantium was made to for the Great Schism. (30)

     

    Forgotten too are 26 million dead Soviets, including 14 million dead Russians. (31)

    Guy Mettan concludes his chapter on German Russophobia in deliberately provocative fashion:

    That was how, overnight, Europe woke up under the Germans, unaware of what had happened to her. That was how, in less than a quarter century, meeting no resistance and to mindless public applause, Germany had just won the First and Second World Wars. (32)

     

    American Russophobia or the dictatorship of freedom

     

    The title of this chapter might seem paradoxical. But the reader readily understands that freedom here refers to economic freedom or deregulation, not freedom in the political and humanistic sense. American Russophobia consecrates a synthesis of sorts of the French, British and German Russophobias. Over some fifty pages, the author expounds on the history and evolution of American geopolitical doctrines and of events giving vent to American Russophobia, which will burst out after the Second World War. Given its topicality, we shall dwell on this chapter at some length.

    Amongst the intellectual initiators of American imperialism were two global strategists, Briton Mackinder and American Spykman, who were to inspire George Kennan, director of political affairs at the State Department and the author of a famous article published in 1947. That article advocated containment of Soviet power. For it was with the identification of Russia and the Soviet Union as “the red peril” that American Russophobia, along with the Cold War, was born.

    In 1975, the Helsinki Accords, from which the Organisation for Security and Cooperation in Europe would come into being, gave the United States the opportunity to renew anti-Soviet propaganda by basing it on the fight in favour of human rights. Washington churned out non-governmental organisations (NGOs) such as Helsinki Watch and Human Rights Watch, which were to exercise a permanent watch over the USSR and the States of the Soviet bloc, then on Russia and the States that have remained close to her after 1991.

    But after the implosion of the USSR, two public personalities specialised in international relations will play a very special role in the hostility of American policy towards Russia up until now, namely Zbigniew Brzezinski and Joseph Nye.

    Of Polish origin and very close to anti-Russian Baltic nationalists, Brzezinski was National Security Advisor in the administration of President Jimmy Carter from 1977 to 1981, and he has remained influential in United States foreign policy even now. The author of several books theorising United States hegemonism, he advocates the eastward extension of NATO, notably to Ukraine, and the dismemberment of Russia:

    A decentralised Russia would have more modest imperialist designs. A more open Russian confederation that would include a European Russia, a Republic of Siberia and a far-eastern republic would have better facilities to develop tight economic links with Europe, the new States of central Asia and of the Orient, which would also accelerate her own development. Each of these three entities would be equally more apt to explore their domestic creative potential, stifled for centuries by the heavy Moscow bureaucracy. (33)

     

    Joseph Nye was Assistant to the Under-Secretary of State in the Carter administration and held the post of Assistant Secretary of Defence for International Security Affairs in the Clinton administration (1994–95). “Now a professor at the Kennedy School of Government of Harvard University, Nye is considered as one of the eminent liberal thinkers of foreign policy, his colleague Samuel P. Huntington occupying the conservative bastion.” (34) His main contribution to the foreign policy of the United States, and thus to American Russophobia, is his insistence on the capacity of the United States to seduce and persuade other States and public opinion, a capacity known these days as “soft power”, without having to resort to military constraint, or “hard power”.

    The think tanks are the agents of that soft power, discussion groups of experts “that keep proliferating through all sorts of foundations with high-flown names” and “provide the raw material that feeds the media on the hot topics of the moment”.

    Agents too, the non-governmental organisations, which “have multiplied and these days represent the bulk of a civil society in full conquest of media space and of the forums of the UN and other multilateral international organisations such as the Security Council in New York and the Human Rights Council in Geneva”.

    This civil society, ever since Kofi Annan generously opened up the doors of the UN to it, is very aptly named. It consists of the civilian arm that completes the military arm of American power, as these organisations are often led by Americans and financed by western governments via an often very impenetrable network of private foundations, one of the best known of which is the Open Society Foundation of the Hungarian-American billionaire George Soros. (35)

    There are three kinds of political actors of the anti-Russian lobby that act notably through think tanks and NGOs:

    1. 1) Military falcons who want the United States to become the hegemonic power and Russia turn into a vassal State; they express themselves through the Wall Street Journal, the Eurasia Daily Monitor, and people the Center for Strategic and International Studies, the Jamestown and Heritage foundations, the Hoover and Brookings institutions and the Hudson Institute; they keep denouncing the “imperial ambitions”, “energy blackmail” and “savage brutality of the Russians”.
    2. 2) Liberal falcons, as aggressive against Russia as the military variety, differ from the latter on questions of domestic policy and are often Democrats; they express themselves in the New York Times and the Washington Post and people the Carnegie Endowment for International Peace, the Freedom House, the National Endowment for Democracy, the National Democratic Institute, the Soros foundation or the German Marshall Fund.

    More comfortable with words than with weapons, anti-Russian liberal circles first of all mobilised soft power resources against Moscow by financing notably the numerous NGOs created for the occasion and meant to provoke orange revolutions such as those that successfully took place in Ukraine in 2004 and 2014, in Georgia in 2004 and in Kirghizstan in 2005.

     

    1. 3) The clan of East-European nationalists, represented by Americans of East European origins, such as Madeleine Albright, George Soros and Zbigniew Brzezinski. (36)

    Guy Mettan gives several examples of successful anti-Russian interventions by NGOs with world public opinion. Let us mention only one here, the arrest (for “robbery through large-scale fraud” and “tax avoidance”, which Guy Mettan fails to mention!) of the oligarch Mikhail Khodorkovski, chairman and CEO of the Russian oil producer Yukos, in 2003.

    In the early 2000s Khodorkovski gets close to the Bush family and the Carlyle group as well as to American oil executives: the Yukos group forms alliances with the American groups Exxon Mobil and Chevron Texaco, which were supposed to buy back the majority of the shares in Yukos in 2003.

    The sale of Yukos shares to the level of US$20 billion would have placed one of the most important Russian companies exploiting natural resources under the control of American investors. Under the influence of his American friends who churned out articles in the media, Khodorkovski rapidly became an icon of freedom of expression scorned by Russian power. Tens of thousands of articles, with very explicit titles, were devoted to him during the ten years of his incarceration. (37)

     

    Russophobia, instructions for use

     

    The third part of the book is divided into two chapters, one about anti-Russian newspeak, and the other about the making of the villain and the myth of the ferocious bear.

     

    Anti-Russian newspeak

    The term ‘newspeak’ was coined by George Orwell in his famous novel 1984. Anti-Russian propaganda imposes itself through cognitive distortions hardly visible to the profane, as they are crafted by professionals. “Dozens of communication specialists put at the disposal of the Ukrainian government right after the start of the conflict thus succeeded wonderfully in formulating the anti-Russian newspeak of western media.” (38)

    The first technique in the creation of this newspeak has to do with the choice of words. So that separatist rebels are called “terrorists armed by the Russians”, and the return of Crimea to the bosom of the Russian motherland is labelled “annexation of Crimea by Russia”. Such “elements of language” are coined by communication professionals. (39)

    The second technique has to do with the choice of sources. “Practically all experts quoted on Russia, the Beslan tragedy, the elections, Chechnya, the war in Ukraine or the effects of sanctions are people who work for American or European think tanks, NGO heads financed by American or European funds, officials of the Ukrainian government, military personnel affiliated to some NATO organisations elegantly masquerading as Center for European Democracy and Security, Institute for Press Freedom and Human Rights or Centre d’analyse pour la paix (Centre of Analysis for Peace).” (40)

    The third technique has to do with “improper reframing, through arbitrary selection of facts, of the starting point or of the causes of an event”.

    One of the great stunts consists in fixing a starting date for events that favours one camp rather than the other: the trick is generally safe because the choice of a starting date always triggers controversy. Let’s take the case of Ukraine. All those who have followed the unfolding of events will have been struck by the habit the anti-Russian popular media have acquired of dating the Ukrainian conflict to March 2014, that is from the period when “annexation” of Crimea, as they call it, took place. The Maidan demonstrations have almost completely disappeared from the dating of the crisis for the simple reason that dating the crisis in Crimea or in the Donbass back to the month of February would oblige them to recall that the new regime in Kiev comes from a grassroots-imposed coup and that the first decision by those involved in the putsch was to abolish the teaching of the Russian language in Ukraine, though it is spoken by 45% of Ukrainians. Whereas by having the crisis starting with the annexation of Crimea by Russia, the accusing finger is pointed at Russia as the one and only instigator of the crisis. (41)

     

    Another technique consists in imposing the dichotomy between “us” and “them”, insidiously suggesting affective distortion and subliminal repulsion…

    In the same chapter, the author examines “a new avatar of soft power, the theory of keeper of the sheep, that is to say staying behind the flock, not at the forefront to guide it”.

    The expression was employed in the spring of 2011 by an advisor to Barack Obama about his bombing strategy in Libya. By letting the Europeans go ahead, he managed to get approval from the Security Council without being brusque with Russia and China, something which Clinton and Bush had been unable to achieve during the bombing of Serbia in 1999 and the invasion of Iraq in 2003. (42)

     

    Finally, the author evokes the religious references recurring in the American discourse on international policy.

    This messianism, founded on faith in God and on the power of the dollar, is fundamental to the American soft power and the unrivalled attractive force of the United States. It provides those that propagate it, NGO missionaries promoting the democratic Gospel or financial apostles preaching free circulation of capital, with the force of sincerity. Americans believe what they say and have faith in what they do, so they feel authorised to convert the misguided and burn the heretics with napalm with the same unshakeable enthusiasm as the monks of Spanish Inquisition displayed converting the Jews, Muslims and other pagans during the Spanish Reconquista and the South-American Conquest. (43)

     

    The making of the villain and the myth of the ferocious bear

    The making of the villain is an ancient practise since it already appeared in primitive societies. It is still relevant today. Saddam Hussein, who was pampered by the Americans when he attacked Ayatollah Khomeini’s Iran in 1980, “suddenly became a marked man when he tried, in 1991, to recover Koweit, an oil emirate created from nothing by British colonialism on a territory snatched by force from historical Iraq in 1914. He ended up hanged in 2014 after having lost the war American services had imposed on him under the pretence of destroying weapons of mass destruction that never existed” (44).

    The demonization of Putin began fifteen years ago and has begotten accusatory books in large numbers, even greater numbers of articles and caricatures, and hundreds of magazine covers, each one more sinister than the last – as the author invites his readers to ascertain on the web under the heading “Putin covers”. But this demonizing has a flip side. “The titles, the photomontages and the violence of accusations are so excessive that they end up having the opposite effect: by becoming aware of so much injustice in the presentation of the character, one must make an effort not to feel sympathy for him. Such a demonization fascinates and ends up making you feel sympathy for the devil!” (45)

    This demonization is part of a large, infinitely complex Russophobic tale, and even of a metanarrative, as language analysts have it. Its finality is to delegitimise Putin in public opinion.

    In effect, the metanarrative, by including various myths, tries to transform the prevalent situation. Its function is thus essentially political. But in order to achieve this, the metanarrative must also transform the past. Which explains why the Russophobic discourse is so eager to rewrite history. The main purpose of the ostracism of memory mentioned earlier is to erase the historical role of Russia in Europe in order to clean the deck for the postmodern mythology of a united, Atlantist Europe around the Warsaw–Berlin–Brussels–Paris–London–Washington axis.

    As in the days of Charlemagne and the first Roman Germanic emperors propped by the pope’s theologians, the purpose is to wipe Moscow out of the European consciousness as was done with Byzantium. The unity and future of the West depend on it. That’s at least what the postmodern theologians reckon, who are building the myth of Euro-Atlantic union by opposing to it the myth of the threatening bear. (46)

     

    Guy Mettan contests malicious imputations on Russia by pointing out that it is a country with “an extravagant geography” that stretches over 11 time zones, which isn’t without consequences on the weight of the Federal State. Hence frequent misunderstandings. “For a western liberal, the absence of a State is a dream. For a Russian, it is a nightmare.” (47)

     

    The conclusion is entitled “The West and the Russian mirror, outline of a counter-myth”

     

    In his conclusion, Guy Mettan reminds of the objective that has been his in writing his book and is specific about what drives him on:

    The discourse must be changed, must be made to evolve far from the original message, and the fact must be stressed that in a schism, as in a divorce, it takes two to tango and responsibilities are shared. If reconciliation is not available, that would at least be a first step.

    As a second step, it isn’t unconceivable that a new generation, endowed with spirit of finesse rather than spirit of geometry, as Pascal would say, would refuse to define itself against the Other, but along with him – as the French and the Germans did in the 1950s.

    To include, to reinsert on the same footing Russia within Europe, isn’t that the real sense of values that the French and English Enlightenments proclaimed in the 18th century, before imperialistic ambitions and the will to dominate perverted them? (48)

     

    And the conclusion ends on a parable.

     

    Ivo Rens – Geneva, June 18th, 2015.

    P.S.

    I hold this work to be an exceptionally important contribution to the demystification of international relations. I thus hope that it will be translated into English and many other languages.

     

     

     

     

     

    Footnotes

     

    1 Guy Mettan, Russie-Occident. Une guerre de mille ans. La russophobie, de Charlemagne à la crise ukrainienne. Pourquoi nous aimons tant détester la Russie (Russia & the West: A thousand year war. Russophobia, from Charlemagne to the Ukrainian crisis. Why we love to hate Russia). Editions des Syrtes, Geneva, 2015.

    2 Ibid, p. 15.

    3 Ibid, p. 20.

    4 Ibid, p. 14.

    5 Ibid, p. 51.

    6 Ibid, p. 53.

    7 Ibid, p. 56.

    8 Ibid, pp. 63 and 65.

    9 Ibid, p. 30.

    10 Ibid, pp. 80, 81.

    11 Ibid, pp. 85,6.

    12 Ibid, p. 89.

    13 Ibid, p. 46.

    14 Ibid, p. 95.

    15 Ibid, pp. 95,6.

    16 Ibid, p. 99.

    17 Ibid, pp. 100, 101.

    18 Ibid, p. 102.

    19 Ibid, p. 113.

    20 Ibid, pp. 114,5.

    21 Ibid, p. 142.

    22 Ibid, p. 150.

    23 Ibid, p. 158.

    24 Ibid, pp. 212,3.

    25 Ibid, p. 268.

    26 Ibid, pp. 287,8.

    27 Ibid, p. 290.

    28 Ibid, pp. 305,6.

    29 Ibid, p. 304.

    30 Ibid, pp. 317,8.

    31 Ibid, p. 312.

    32 Ibid, p. 321.

    33 Ibid, p. 348.

    34 Ibid, p. 350.

    35 Ibid, pp. 355,6.

    36 Ibid, pp. 357,8.

    37 Ibid, p. 367.

    38 Ibid, p. 380.

    39 Ibid, pp. 379 sq.

    40 Ibid, p. 385

    41 Ibid, pp. 391,2.

    42 Ibid, pp. 412,3.

    43 Ibid, p. 416.

    44 Ibid, pp. 423,4.

    45 Ibid, p. 428.

    46 Ibid, p. 421.

    47 Guy Mettan, op. cit. pp. 448,9.

    48 Guy Mettan, op. cit. pp. 459, 460.

    Source: https://worldpeacethreatened.com/2015/06/19/russie-occident-une-guerre-de-mille-ans-la-russophobie-de-charlemagne-a-la-crise-ukrainienne-pourquoi-nous-aimons-tant-detester-la-russie/

     

     

    février 24, 2016
  • Le seul succès de l’intervention occidentale en Libye est d’offrir l’occasion d’une nouvelle guerre

     

    par Glenn Greenwald

    Mondialisation.ca, 16 février 2016

    theintercept.com

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    Photo : Sarkozy, Cameron et Abdul Jalil célébrant la victoire en Libye, le 15 septembre 2011.

     

    Un des rares bénéfices du bombardement de la Libye va tomber dans la poche des habituels gagnants de cette alliance public-privé que constitue la machine du militarisme sans fin, en lui fournissant un nouveau prétexte pour un nouveau bombardement.

    Les jours suivant le bombardement de la Libye par l’Otan ont été une période de grandes congratulations. Tout comme les avocats de la guerre contre l’Irak ont utilisé la capture et l’assassinat de Saddam Hussein comme preuve que leur guerre avait été un succès, les avocats de la guerre contre la Libye ont utilisé la capture et le meurtre brutal de Kadhafi comme une justification de leur décision.

    Les fauteurs de guerre comme Anne Marie Slaughter et Nicholas Kristof remplissaient les colonnes des journaux en vantant leur finesse d’analyse tout en se moquant des opposants à la guerre. Le New York Times publiait un article en première page déclarant : «La tactique américaine en Libye pourrait être un modèle pour d’autres actions du genre.» Tout le monde s’attendait à ce qu’Hillary Clinton, une des avocates les plus ferventes et une architecte de la campagne de bombardement, soit vue comme un génie en politique étrangère grâce à son grand succès en Libye : «Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort», a-t-elle déclamé en riant telle une hystérique à propos du meurtre collectif de Kadhafi, au cours de l’émission télévisée 60 Minutes.

    Depuis lors, la Libye, de manière totalement prévisible, s’est complètement écroulée et se trouve pour des années dans un état d’instabilité, d’anarchie, sous la coupe de milices, de conflits sectaires et de l’extrémisme. L’exécution de Saddam Hussein n’a pas justifié la guerre d’Irak ni amélioré la vie des Irakiens, il en va de même pour Kadhafi. Comme je l’ai écrit le lendemain du jour où Kadhafi fuyait Tripoli et où les loyalistes du Parti démocratique fêtaient la victoire en dansant dans les rues : «Je suis franchement étonné de la volonté omniprésente à voir ce qui s’est passé en Libye comme une sorte de triomphe, alors que nous ne savons encore rien des informations nécessaires pour confirmer ce triomphe, c’est-à-dire le nombre de civils tués, si le sang a fini de couler, comment stabiliser le pays et, par-dessus tout, quel genre de régime va remplacer celui de Kadhafi… Quand une puissance étrangère utilise la force militaire pour renverser un régime tyrannique en place depuis des dizaines d’années, toutes sortes de chaos, de violence, d’instabilité et de souffrances, avec encore bien d’autres conséquences totalement imprévisibles, sont inévitables.»

    Mais la grande question était de savoir quand (pas si, mais quand) l’instabilité et l’extrémisme qui s’ensuivraient inévitablement, seraient utilisés comme justification à une nouvelle guerre dirigée par les États-Unis, exactement comme cela s’est passé en Irak. En 2012, j’avais déjà posé la question de cette manière :

    Encore combien de temps avant que nous n’entendions qu’une intervention militaire est (encore) nécessaire, cette fois pour contrôler les extrémistes anti-américains qui sont maintenant armés et plus puissants grâce à la première intervention ? Les interventions militaires américaines sont très utiles pour s’assurer qu’à l’avenir d’autres interventions militaires soient toujours nécessaires.

    Nous avons maintenant la réponse grâce au New York Times :

    Inquiets de la menace croissante que représente État islamique en Libye, les États-Unis et leurs alliés augmentent les vols de reconnaissance et la récolte de renseignements pour préparer d’éventuels frappes et raids commandos, ont annoncé cette semaine des politiciens américains et des membres des renseignements… «Il est exact que nous cherchions des actions militaires décisives contre EI parallèlement au processus politique» en Libye, a déclaré Dunford, le général du Joint Chiefs of Staff. «Le président a été clair, nous avons le droit d’utiliser les forces armées».

    Tout comme il n’y avait ni al-Qaida ni État islamique à attaquer en Irak avant que les États-Unis ne bombardent le pays, il n’y avait pas EI en Libye avant que l’Otan ne la bombarde. Et maintenant, les États-Unis vont utiliser les conséquences de leurs propres bombardements pour justifier une nouvelle campagne de bombardements sur le même pays. La page éditoriale du New York Times, journal qui a soutenu la première campagne de bombardement sur la Libye, a, dans son édition d’hier, considéré le projet de nouveau bombardement du pays comme très troublant et expliqué : «Une nouvelle intervention militaire en Libye représenterait une avancée significative pour une guerre qui pourrait facilement s’étendre aux autres pays du continent.» En particulier, «cette escalade importante est prévue sans débat au Congrès sur les mérites et les risques d’une campagne militaire qui doit utiliser des frappes aériennes et des raids par les troupes d’élites américaines». (Le premier bombardement contre la Libye s’est aussi fait non seulement sans l’accord du Congrès mais a été ordonné par Obama alors que le Congrès avait rejeté une telle autorisation).

     

    Vers une nouvelle intervention militairLes États-Unis et leurs alliés envisagent une intervention militaire contre EI en Libye. The New York Times.

     Voici ce qui a été présenté comme le modèle ultime de l’intervention humanitaire. Celle ci n’a engendré aucun bénéfice humanitaire mais a par contre causé de grandes souffrances humaines car, comme d’habitude, les gens qui ont ordonné cette guerre humanitaire (et la plupart de ceux l’ayant soutenue), ne s’y sont intéressés que dans la période où les bombes pleuvaient et les morts mouraient, mais se sont totalement désintéressés des conséquences humanitaires (comme l’a montrée leur totale indifférence aux conséquences des bombardements). Comme prévu, un des rares bénéfices de cette campagne de bombardement sur la Libye va tomber dans la poche des habituels gagnants de cette alliance public-privé que constitue la machine du militarisme sans fin, en lui fournissant un nouveau prétexte pour une nouvelle guerre.

    Glenn Greenwald

    Article orignal en anglais : The U.S. Intervention in Libya Was Such a Smashing Success That a Sequel Is Coming, The Intercept, 27 janvier 2016.

     

    Traduit par Wayan, relu par Hervé, Diane et Nadine pour le Saker Francophone

    La source originale de cet article est theintercept.com

    Copyright © Glenn Greenwald, theintercept.com, 2016

     

     

    février 18, 2016
  • Le TTP et le TTIP : rien pour le commerce, tout pour le pouvoir

    par Karel Van Wolferen

    Source : Le Saker francophone, or. UNZ 19.10.2015

     

    Une cause importante des problèmes politiques actuels du monde vient des appellations trompeuses qui aident à cacher ce que les puissants et les riches aspirent à contrôler. Un bon exemple en est le mot commerce utilisé par les médias pour parler du TTP et du TTIP, ces traités transatlantique et transpacifique qui cherchent à placer l’activité économique sous un ensemble énorme de règles nouvelles.

     

    Ils sont dénommés traités commerciaux et donc bons pour la croissance et les emplois, le bien être social. Mais ni le TTP, liant les États-Unis, un peu d’Amérique latine et quelques pays du Sud-Est asiatique, ni son équivalent le TTIP, destiné à gérer les relations commerciales entre les États-Unis et l’Europe, ne portent vraiment sur le commerce, en tous cas pour stimuler un commerce authentique. Non, ces traités portent avant tout sur le pouvoir, à deux niveaux.

    Ils sont d’abord destinés à affaiblir la puissance industrielle chinoise et gêner ce que les deux anciennes puissances communistes (la Chine et la Russie) sont en train de mettre en place. Ils ont ensuite pour but de permettre à un groupe de multinationales bien connectées politiquement de conduire des opérations en échappant aux règles nationales, ce qui, pour une pensée non infectée par le dogme néolibéral, peut être considéré comme de la prédation.

    Une tentative précédente d’atteindre ce second but a débuté en 1997 sous l’égide de l’OCDE et portait le nom plus honnête d’Accord multilatéral sur les investissements (AMI). Les règles de l’AMI stipulaient que les gouvernements y adhérant garantiraient aux entreprises étrangères tous les avantages octroyés aux entreprises locales. Si cet accord est mis en place, les investisseurs étrangers pourront, grâce aux moyens supérieurs dont ils disposent, aisément éradiquer les joueurs locaux et rendre impossible l’ancienne méthode de développement, connue sous le nom de programme de substitution aux importations. Les concurrents potentiels seront devenus des sous-traitants à vie. Dit autrement l’AMI fut une tentative évidente de néocolonialisme par traité interposé.

    Il n’est donc pas étonnant que l’AMI ait transformé la globalisation en un projet controversé. Il a provoqué un fort activisme encore jamais vu alors qu’internet pouvait, pour la première fois, relier les manifestants du monde entier. Les manifestations anti AMI ont encouragé d’autres mouvements anti globalisation à travers le monde, dont l’apogée fut celle de Seattle en 1999, et semblaient augurer l’époque d’une nouvelle sorte de puissance populaire ayant son mot à dire dans les affaires internationales.

    Tout cela jusqu’au 11 septembre 2001. Les attaques contre le World Trade Center et le Pentagone ont radicalement changé l’attention du monde entier et l’ont détourné, de manière calamiteuse, vers une autre appellation trompeuse (car la guerre contre le terrorisme est une impossibilité politique).

    Une tentative pour réintroduire un accord de type AMI au cours des négociations de Doha sous les auspices de l’OCDE est restée lettre morte, mais avec le TTP nous sommes au bord d’un monde qui placera la finance américaine et les multinationales au dessus du système juridique de tout pays participant.

    En 2006, Singapour, Brunei, la Nouvelle Zélande et le Chili ont voulu favoriser la coopération commerciale et en sont venus à une ébauche de TTP. Ce traditionnel effort pour éliminer les barrières commerciales paraissait louable et sans danger. Mais Washington, avec ses plans d’hégémonie économique régionale, y a vu une opportunité et a récupéré l’initiative. Elle a aussi poussé l’Australie, le Pérou, le Vietnam et la Malaisie à rejoindre le groupe. Après que le Congrès eut validé des accords de libre échange de même type avec la Corée, la Colombie et Panama, le TTP est devenu la pièce la plus importante dans un montage pour faire de la région Asie–Pacifique un terrain économique dans lequel, si le Japon veut bien aussi y entrer, les grosses entreprises américaines seront les caïds.

    L’aspect le plus frappant de ces huit années de négociations sur le TTP est leur totale confidentialité. Seulement 600 négociateurs triés sur le volet, la plupart liés aux entreprises qui espèrent en tirer profit, ont eu accès à des chapitres du préaccord, et on a poussé les voix critiques parmi eux à jurer de rester silencieux sur ce qu’ils considèrent inacceptable. D’anciens négociateurs commerciaux ou politique introduits, aux États Unis et ailleurs, ont publiquement fait remarquer que ce traité n’aurait pas la moindre chance de passer à travers les mailles du pouvoir législatif des gouvernements y participant si les détails en étaient révélés. Seul le fast track authority que le Congrès a donné au président Obama cette année – permettant au Sénat et au Congrès de voter seulement oui ou non, sans voter d’amendements – lui donne une chance équilibrée de devenir loi aux États Unis.

    De ce que l’on peut en savoir, les négociateurs américains se concentrent sur les lois du travail, la législation environnementale et les droits de propriété intellectuelle qui ne sont habituellement pas considérées comme des priorités pour améliorer le commerce. Mais, encore une fois, le TTP est avant tout un programme politique portant spécifiquement sur le pouvoir des grandes institutions, surtout américaines, qui en sont déjà bien pourvues car elles l’ont acquis en rendant les politiciens dépendant d’eux. Il est politique parce que son objectif est de transformer les relations entre les entreprises transnationales et les gouvernements étrangers. Il est politique car il va créer des formes de dépendances coloniales grâce à ses accords sur l’agriculture. Il est politique parce qu’il essaie de placer les gouvernements des pays signataires sous une forme de cadre légal qui n’a rien a voir avec les droits du citoyen et tout à voir avec la possibilité pour une grosse entreprise de devenir encore plus grosse.

    Les détails concernant le TTP ne sont pas encore divulgués, mais ce que l’on peut retirer de l’expérience de l’AMI, c’est qu’il met en place des règles que les gouvernements signataires ne pourront violer sans faire face à de gros inconvénients. Une fois appliquées, ces lois permettront à une nouvelle sorte de groupes multinationaux d’opérer sur le plan international sans avoir à rendre de comptes. L’AMI ne portait pas sur le développement économique mais sur un vaste changement des pôles de puissance dans le monde, comme le TTP.

    Et ce changement suivra les plans coloniaux des grandes entreprises américaines, leurs ventes et production à l’étranger pouvant atteindre des sommets. Les marchés étrangers sont tout ce qu’il reste de prometteur pour les nouvelles méthodes de profit dans la phase actuelle de la fin du capitalisme américain, alors que le marché domestique US reste dans les choux.

    La classe politique des pays asiatiques participants, ainsi que les Européens qui observent du coin de l’œil avec le TTIP en arrière pensée, est séduite grâce à des arguments de David Ricardo, qui datent de deux cent ans, et qui prétendent que le commerce libre est toujours bon pour tout le monde. Mais Ricardo et ses adeptes parlaient du commerce libre de marchandises, qui, assez étonnamment, sert encore de modèle de persuasion lorsque des doutes sont émis sur la libéralisation, surtout celle qui concerne les transactions financières internationales. Si ce n’était que l’authentique commerce de marchandises qui déterminait les profits, le commerce américain n’aurait qu’une faible place internationale, vu qu’il ne fabrique plus rien chez lui de nos jours. Les espoirs des entreprises se fixent donc sur deux secteurs ouverts par les pays signataires du TTP : les droits de propriétés et les produits financiers. Les chercheurs de rente et les compagnies financières sont les grands prédateurs et le TTP va largement étendre leur terrain de chasse et leur offrir des crocs puissants pour le marchandage.

    Il était une fois où les droits d’auteurs servaient à fournir une protection aux auteurs pour un certain nombre d’années. Puis à penser au delà des brevets pour permettre l’innovation. Mais c’est maintenant devenu une source de profits, une occasion de faire de l’argent sans production et les entreprises ont commencé à acheter des droits pour toutes sortes de marchandises artistiques à des auteurs nécessiteux ou posent des droits sur des choses auparavant libre de droits, comme les produits naturels curatifs utilisés par les médecines indigènes. Pour maximiser la rente, une nouvelle catégorie a été créée et nommée propriété intellectuelle. Elle a peu à voir avec son côté intellectuel mais plutôt avec son côté propriété qui, sous des influences extrémistes, est devenu une notion totalement sacrée. Tout peut donc devenir propriété, pas seulement la musique ou les films ayant déjà fait plusieurs retours sur investissement, mais aussi les formules de médecine ayurvédique ou les images de peinture de temples en Asie du Sud-Est. A vous de choisir, nous n’en sommes qu’au début du phénomène.

    La crédulité du public dans les régimes néolibéraux peut se voir dans la facilité avec laquelle la notion de piratage est devenue largement acceptée, grâce à une construction morale qui prétend qu’utiliser des choses librement accessibles sur le net constitue un vol. Sous les contrôles les plus stricts appliqués dans le monde entier, des films ayant plusieurs fois remboursé leur investissement en diffusion publique, à la télé ou sur DVD, sont maintenant faits pour rapporter de l’argent indéfiniment.

    Le régime de propriété intellectuelle du TTP contient des pièges dont les pays séduits pour participer à ce traité partial ne sont pas conscients. La plupart des discussions entre les critiques ont porté sur les tribunaux confidentiels, évidemment douteux, qui doivent arbitrer les litiges entres investisseurs et États. Mais d’autres pièges légaux attendant ceux qui vont signer ont été négligés. Les règles demandées par les Américains vont créer les conditions pour une hégémonie encore plus grande de la culture populaire américaine. Les producteurs locaux risquent de se voir coincés sur les bords dans leurs propres pays et mis en faillite par des procès couteux dont les Américains sont champions. Une armée d’avocats risque de former une excroissance parasitaire sur la culture des pays signataires avec une nouvelle catégorie de parasites, inspirés par la nouvelle industrie des avocats américains qui, de leur propre initiative, dénichent des cas potentiels de non-respect de droits d’auteurs et menacent ces cas de procès, à moins d’un règlement à l’amiable.

    Les règlements du TTP concernant les droits de propriété liés à la médecine ont particulièrement attiré l’attention car ils vont encore agrandir le pouvoir monopolistique des compagnies pharmaceutiques. La santé publique risque d’en souffrir parce que, pour ce que l’on en sait déjà, les nouvelles règles vont étendre la période avant laquelle la fabrication d’une version générique sera permise, alors que seuls ces médicaments sont à la portée financière des patients des pays pauvres. L’ONG Médecins Sans Frontières en est venue à cette conclusion : «L’accord TTP est sur le point de devenir l’accord commercial le plus dommageable jamais signé pour l’accès aux médicaments dans les pays pauvres.»

    Il n’est pas difficile de comprendre que les signataires du TTP n’ont pas évalué les conséquences de ce qu’ils vont signer et la misère sociale qu’ils vont provoquer. Il n’est pas non plus ardu de voir comment le TTP convient au pivot asiatique de Washington, qui fait partie de sa campagne pour la dominance totale et mondiale. (Un petit aparté : le premier cabinet du parti politique japonais DPJ , qui a mis fin à cinquante ans de démocratie du parti unique, a été renversé parce que son chef, Yukio Hatoyama, a cherché à améliorer les relations avec la Chine et la Russie et ne s’est pas soumis au chantage inhérent au TTP. Les premiers ministres japonais qui lui ont succédé craignaient de subir les mêmes manipulations politiques de la part de Washington et ont cessé toutes les ouvertures vers la Chine et facilité le retour de Shinzo Abe du LDP, qui vient récemment de passer une loi réinterprétant la Constitution pacifique du Japon, pour faire plaisir aux États-Unis. La participation du Japon au TTP, à laquelle Abe est pressé d’aboutir, serait un superbe atout pour la stratégie américaine de confinement de la Chine. Cela pousserait encore plus le Japon à abandonner aux États-Unis les sujets sur lesquels ils ont peu de contrôle. Après une longue période économique orientée vers l’export, le système chinois se tourne graduellement vers la consommation intérieure et son énorme classe moyenne à beaucoup d’argent à dépenser. De tous les pays du monde, le Japon est le mieux placé pour bénéficier de ce virage, une des raisons pour laquelle il ferait mieux d’améliorer les relations avec sa voisine. Le TTP va empêcher ce processus et c’est précisément l’intention de Washington.)

    Tout cela est facilement compréhensible. Mais cela nous laisse encore devant une énigme, à savoir pourquoi les Asiatiques – et les Européens aussi, dont les négociateurs utilisent le même argument absurde de la création d’emploi que permettrait le TTIP comme le TTP – semblent incapables de saisir l’aspect de puissance dominatrice portée par ces traités. Peut être parce qu’ils vivent dans un monde à eux, politiquement stérilisé par des préjugés économiques. D’une manière plus générale le concept de puissance – pas celui d’influence qu’il ne faut pas confondre – est considéré comme un concept de belle mère, dans les écrits populaire, et même dans les écrits sérieux où l’on voit que le monde académique a la même vision. L’économie classique est volontairement considérée a-historique et donc n’intègre pas la notion de pouvoir, ce qui a contribué à maintenir la malheureuse division entre les affaires politiques et les affaires économiques qui profite depuis longtemps aux élites en place.

    Alors que la dimension politique des accords économiques reste absente dans la majorité des discours, parce que les réalités économique et politique sont habituellement traités comme des mondes séparés, peu de gens remarquent que ce qui est présenté aux États Unis comme l’œuvre du marché est le plus souvent le résultat de puissantes interférences politiques. Les grandes entreprises américaines, très bien soutenues politiquement et qui payent les dépenses électorales des membres du Congrès, n’ont aucune raison de craindre les forces du marché. Si les banques responsables de la crise du crédit de 2008 et la récession mondiale qui a suivi n’avaient pas été sauvées du marché par l’État, elles n’existeraient plus. On a laissé ces puissantes entreprises avaler l’État. Elles ont, comme le dit l’économiste sensible au concept de puissance, James Galbraith, créé un état prédateur qu’elles utilisent bien sûr à leurs propres fins. C’est ce concept qui permet le mieux de définir le TTP.

     

    Traduit par Wayan, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

    février 4, 2016
  • The Predators Behind the TPP

    Karel van Wolferen

    Source : UNZ 19.10.2015

     

     

     

    A major cause of contemporary political ills in the world is the misnomers that help hide what the strong and rich aspire to and already control. A perfect example of this is the ubiquitous term ‘trade’ in what the media are telling us these days about the TPP and the TTIP – the transpacific and transatlantic treaties that seek to organize business activity under one monumental umbrella of new rules. These have been peddled as trade treaties, and hence as being great for growth and jobs, happiness and social well-being. But neither the TPP, tying the United States, a bit of Latin America and a series of East Asian countries together, nor its TTIP companion that is meant to shape American-European business relations, is primarily about trade, if stimulating genuine trade comes into it at all. It is primarily about power. Two kinds of it.

    One is aimed at creating global disadvantages for China’s industrial power and putting brakes on what the two formerly communist giants on the Eurasian continent are developing together. The other is power of a collectivity of large politically well-connected corporations to engage in conduct unchecked by national rules, which seen by eyes unaffected by neoliberal dogma would be recognized as predation.

    An earlier attempt to accomplish that second purpose, begun in 1997 by the OECD, was more honest by calling itself the Multilateral Agreement on Investments (MAI). Under MAI rules the participating governments would guarantee foreign businesses all the advantages enjoyed by their domestic producers and services. If implemented, foreign investors in these markets could with the superior force they can muster easily have wiped out domestic players altogether, and would once and for all have made the older standard development methods, once known as import substitution industrialization, impossible. Potential competitors would become perennial subcontractors. In other words, the MAI was a most blatant move to implement neocolonialism by treaty.

    No surprise then that the MAI turned ‘globalization’ into a controversial project. It triggered mass activism that had never been seen before, as the Internet could for the first time tie together international protest against business power. Anti-MAI events encouraged other anti-globalization protest movements around the world, which peaked in 1999 in Seattle, and seemed to augur a new kind of ‘people power’ element in international affairs.

    Until the eleventh of September 2001. The World Trade Towers and Pentagon attacks utterly changed the political attention of virtually everyone in the world, and calamitously diverted it with another misnomer (since the “war against terrorism” is a political impossibility).

    An attempt to re-introduce MAI-like arrangements with the Doha Round of negotations under the auspices of the WTO has remained dead in the water, but with the TPP we may now be on the verge of precedents that will establish mainly American financial and other corporations above the legal systems of whichever country participates.

    In 2006 Singapore, Brunei, New Zealand and Chile wanted to enhance trade cooperation and came up with the initiative for a TPP. That traditional effort for eliminating tariffs appeared laudable and innocuous enough. But Washington, nurturing schemes for regional economic hegemony, saw a chance to capture the initiative. It enticed Australia, Peru, Vietnam and Malaysia to join as well. Once Congress had endorsed related free-trade agreements with Korea, Colombia and Panama, the TPP became the most important component in a scheme for a Pacific–Asian business playground on which, if Japan could be made to join as well, US corporations could be the bullies.

    The most striking aspect of the eight years of TPP negotiations has been their utter secrecy. Only about 600 ‘cleared advisors’ – most of them linked with the businesses that stand to gain – have had access to parts of sub agreements; and critics among them have been sworn to remain silent about what they consider unacceptable. Some former trade officials and clued-in politicians in the United States and elsewhere have publicly noted that this treaty would not have the slightest chance of making it through the legislatures of participating governments if details were out in the open. Only the ‘fast track authority’ that Congress gave President Obama earlier this year (allowing the House and Senate only to vote yes or no, without changes or amendments) gives it an even chance that it will become law in the United States.

    From what we do know American negotiators have concentrated on controlling labor laws, environmental legislation and intellectual property rights, which are not normally considered priorities for improving trade. But, again, the TPP is primarily a political program. More specifically it is about about the power of large, mostly American, business institutions that already have a great deal of power – which they have bought by making politicians dependent on them. It is political because it aims to change the power relations between transnational corporations and foreign governments. It is political because it will create patterns of colonial dependence through agricultural agreements. It is political because it seeks to place the governments of the participating countries under a kind of legal discipline that has nothing to do with the rights of citizens and everything to do with the ability of strong corporations to become even stronger.

    TPP details have yet to be divulged, but what we may take away from the MAI experience is that it intended rules that participating governments could violate only at their own great disadvantage. The legal stipulations in effect would have created a new element of corporate groups operating internationally beyond any kind of accountability. Hence, the MAI was not about economic development, but about wholesale power shifts in the world, as the TPP will be.

    These are shifts that suit the colonizing schemes of large American corporations, their sales and production abroad having reached gigantic proportions. Foreign markets are are about the only thing left offering promising prospects for recently evolved methods of profit making in the current phase of American late capitalism, while the domestic economy remains in the doldrums.

    The political class of the Asian participants and the Europeans, who watch from the sidelines with the companion TTIP treaty in the back of their minds, fall back on the lines of seduction first penned some two centuries ago by David Ricardo about unfettered trade being always good for everyone. But Ricardo and his followers were talking about free trade in goods, which rather amazingly still serves as a model to emulate in our times when questions of liberalization are raised – fatefully with regards to the lifting of regulations that kept order in the world of international financial transactions. If genuine markets in goods were to determine profits, American businesses would hardly have a chance internationally, since they do not manufacture that much at home anymore. Hence corporate hopes are vested on two areas opened up in participating countries by the TPP: rents and ‘financial products’. Rent seekers and financial firms are the top predators, and the TPP will massively expand their hunting territory and give them fierce fangs in the bargain.

    Once upon a time copyright was meant to provide protection to authors for a set number of years. Then it was applied in a broader way to works of art in general. This made sense, and was in line with the thinking behind patents for industrial inventions. But it has long since become exploitative. Attracted by an opportunity to make money without production, corporations began to to claim the rights of all manner of artistic merchandise after paying off needy creators, or they claimed the right to something that had theretofore been free, like the extraction of something with medicinal properties from plants and trees used in indigenous forms of medicine. For maximizing rent extraction a new category was created and named ‘Intellectual Property’. It had nothing to do with intellectual pursuits, and everything with property, which under rightwing influence gained an aura of sacredness. Property can be had everywhere: not only of music and films that have earned any original investments many times over, but also Indian Ayurvedic medicine formulas, images of temple paintings in South-East Asia – you name it, we are only at the beginning of this.

    Public gullibility under neoliberal regimes can be measured by the ease with which the notion of ‘piracy’ has become widely accepted, along with the moral construction that taking things freely available through the Internet constitutes theft. Under ever more stringent and internationally enforced controls, films that have made their intended profit many times over in general release, on TV and with large DVD editions, are set up to be making money forever.

    The Intellectual Property regime of TPP contain traps of which the countries seduced to join this twenty-first century ‘unequal treaty’ are unlikely to be aware. Much of the discussion among critics has revolved around the obviously questionable closed-door tribunals to arbitrate investor-state disputes. But other legal entanglements awaiting those who sign have as yet been overlooked. The rules demanded by the United States will create conditions for an even greater American popular culture hegemony. Local producers of popular culture products are likely to find themselves pressed to the margins in their own countries, and bankrupted by very costly litigation in which the Americans are masters. An army of lawyers may be expected to become a parasitical growth on the culture of the participating countries, with a new category of ambulance chasers inspired by the new industry of American lawyers who, on their own, ferret out possible cases of copyright infringement by unsuspecting parties, and then threaten those people with litigation unless they pay a settlement fee.

    The expected Intellectual Property stipulations of the TPP related to medicine have drawn much attention, as these will enlarge the oligopoly power of Pharmaceutical companies. Global public health is likely to suffer from this, because from what is already known the new rules will lengthen the period before the use of generic drugs is permitted; and these are the only affordable medicine for patients in poorer countries. The organization Doctors Without Borders has concluded that “the TPP agreement is on track to become the most harmful trade pact ever for access to medicines in developing countries.”

    It is not difficult to understand that TPP participants who have not guessed the consequences of what they will be signing will bring social misery upon themselves. It is also not difficult to understand how the TPP fits in with Washington’s ‘Asian Pivot’ as part of its Full Spectrum Dominance campaign. (A little detour: the first cabinet of Japan’s DPJ, which ended half a century of factual one-party democracy, was overthrown because its head, Yukio Hatoyama, had sought better relations with China and Russia and would not submit to the kind of bullying inherent in the TPP. Japanese prime ministers after him were scared that they might fall victim to similar Washington-directed regime change manipulation, and halted such overtures to China while facilitating a return of the LDP’s Shinzo Abe who recently had a law adopted re-interpreting the Japanese anti-war constitution to please the United States). Japan in the TPP, something that Abe is eager to bring about, would be the biggest clincher for America’s containment of China tactics. It would push Japan deeper into an American embrace over which it has little control. After intense concentration on export-led developments, the Chinese economy is evolving into a consumer oriented system and its huge middle class has lots of money to spend. Of all the world’s countries Japan is in the best position to benefit from this switch, which is one of several reasons why it ought to treasure every opportunity for improving relations with its neighbor. The TPP would hinder that process, as has precisely been Washington’s intention.

    All this is easily understood. But it still leaves us with the puzzle of why Asians as well as Europeans, whose EU trade commissioners have been mouthing the same job creating nonsense around the TTIP that has come with the TPP, appear unable to tackle intellectually the dominant power aspects of these treaties. Perhaps because they exist in a world of their own that is politically sterilized by current economic suppositions. More generally, the concept of power (not influence with which it is often confused) receives a stepmotherly treatment in popular as well as serious writing, and the social science denizens of academia are entirely at sea with it. Mainstream economics is ahistorcal on purpose and hence has no room for power, which has helped continue the fateful division of political and economic affairs into separate realms for discussion that has long served the interests of power elites.

    Since the political dimension to economic arrangements in the United States remains hidden in most discourse because political and economic reality are routinely treated as separate realms of life, few notice that what is justified in the United States by casting it in terms of the market at work, is frequently the result of heavy political involvement and interference. Politically well-connected American corporations, paying for the election expenses of Congress members who determine their fate, need not fear ‘market forces’. If the banks responsible for the credit crisis of 2008 and the subsequent world-recession that is still with us, had not been lifted out of ‘the market’ by the state, they would no longer exist. Powerful corporations have been allowed to swallow the state; they have as the power sensitive economist James Galbraith calls it, created a ‘predator state’, which they of course exploit for their own expansion. There is no frame of reference with which we can more convincingly define the TPP.

    février 4, 2016
  • Le New York Times reconnait que la CIA et l’Arabie saoudite ont armé les djihadistes en Syrie

    par

    Patteo Carnieletto

    Source : Mondialisation.ca, 29 janvier 2016

    OcchiDellaGuerra.it 22 janvier 2016

     

    Les rebelles syriens ont été financés par les États-Unis et l’Arabie saoudite. Cela n’est pas bien nouveau. Ce qui est vraiment nouveau s’appelle “Bois de Sycomore” (Timber Sycamore). C’est le nom de code utilisé par la CIA pour couvrir les opérations d’entrainement des rebelles syriens en collaboration avec l’Arabie saoudite à partir de 2013.

    Dès le mois d’octobre 2013, le Washington Post, citant des sources militaires, écrivait que ”la CIA est en train d’augmenter ses efforts pour entrainer les combattants appartenant à l’opposition en Syrie.” Les miliciens sont formés sur une base en Jordanie avant d’être envoyés sur le front syrien. L’entrainement fourni aux éléments syriens par les Américains est très limité : techniques militaires de base ainsi que de faibles quantités d’armes.

    À l’époque on ne sait rien de Bois de Sycomore. C’était une action de déstabilisation… parmi tant d’autres. Du reste, comme nous l’avions signalé dans un précédent article, le Département d’État américain consacre de très nombreuses ressources chaque année au financement de mouvements ou d’associations qui s’opposent à des dictateurs ou des dirigeants peu appréciés à Washington. Il suffit de prendre l’exemple de l’Angola des années 1980, ou de l’Afghanistan, où le gouvernement américain – comme l’écrit Bruno Ballardini dans “ISIS, il marketing de l’apocalypse : “…a non seulement formé militairement les talibans (…), mais a aussi monté un plan pour insuffler durablement au sein de la population la haine envers les “athées communistes”, grâce à son programme d’éducation destiné aux écoles.”

    Mais en quoi consiste exactement Bois de Sycomore ? C’est le New York Times du 23 janvier 2016 qui nous l’explique en détail. En deux mots, à partir de 2013 les USA auraient entrainé les rebelles syriens, et leur auraient en particulier enseigné comment utiliser avec précision les AK47 et à manipuler les missiles antichars, tandis que les Saoudiens les auraient financés et leur auraient fourni des armes. Du reste, Bashar el-Assad est pour eux un ennemi commun, et la maison Saoud cherche avant tout à éradiquer l’axe chiite (Iran, Irak, Liban). Comme l’a expliqué Mike Rogers, ancien député républicain du Michigan : “Ils ont compris qu’ils avaient besoin de nous et vice-versa.”

    Il est impossible de dire avec précision combien les Saoudiens ont dépensé pour armer les rebelles et [tenter de] renverser Assad. Le New York Times lance simplement le chiffre de “plusieurs milliards de dollars à partir de 2013″.

    Quels sont les principaux protagonistes de ce projet ? L’un d’eux n’est autre que Bandar ben Sultan, qui s’est vanté d’avoir fourni des milliers d’AK47 et des millions de munitions aux rebelles. Il est fort probable que ces armes ont été expédiées depuis les pays d’Europe de l’Est, avec la complicité des USA, explique le New York Times. Du côté américain, il s’agit de John O. Brennan, qui dirige la CIA depuis 2013. Les deux sont amis depuis la fin des années 1990. A l’époque, Brennan était l’homme de l’Agence à Riad, et ils ne se sont jamais perdus de vue depuis. D’après la reconstruction fournie par le New York Times, ce sont eux qui ont organisé Bois de Sycomore.

    Les raisons de cette alliance sont au nombre de deux et sont faciles à deviner : d’une part, abattre Bashar el-Assad, et d’autre part isoler l’Iran. Mais États-Unis et Arabie saoudite n’ont pas tenu compte du fait qu’aujourd’hui, le principal protagoniste sur l’échiquier moyen-oriental est l’État islamique, qui règne désormais sur des territoires totalement détruits également par les USA et l’Arabie saoudite.

    février 1, 2016
  • U.S. Relies Heavily on Saudi Money to Support Syrian Rebels

    by

    Mark Mazzetti and Matt Apuzzo

    The New York Times Jan. 23, 2016

     

    WASHINGTON — When President Obama secretly authorized the Central Intelligence Agency to begin arming Syria’s embattled rebels in 2013, the spy agency knew it would have a willing partner to help pay for the covert operation. It was the same partner the C.I.A. has relied on for decades for money and discretion in far-off conflicts: the Kingdom of Saudi Arabia.

     

    Since then, the C.I.A. and its Saudi counterpart have maintained an unusual arrangement for the rebel-training mission, which the Americans have code-named Timber Sycamore. Under the deal, current and former administration officials said, the Saudis contribute both weapons and large sums of money, and the C.I.A takes the lead in training the rebels on AK-47 assault rifles and tank-destroying missiles.

     

    The support for the Syrian rebels is only the latest chapter in the decadeslong relationship between the spy services of Saudi Arabia and the United States, an alliance that has endured through the Iran-contra scandal, support for the mujahedeen against the Soviets in Afghanistan and proxy fights in Africa. Sometimes, as in Syria, the two countries have worked in concert. In others, Saudi Arabia has simply written checks underwriting American covert activities.

     

    Secrets of the Kingdom

    Decades of Discreet Cooperation

     

    The joint arming and training program, which other Middle East nations contribute money to, continues as America’s relations with Saudi Arabia — and the kingdom’s place in the region — are in flux. The old ties of cheap oil and geopolitics that have long bound the countries together have loosened as America’s dependence on foreign oil declines and the Obama administration tiptoes toward a diplomatic rapprochement with Iran.

     

    And yet the alliance persists, kept afloat on a sea of Saudi money and a recognition of mutual self-interest. In addition to Saudi Arabia’s vast oil reserves and role as the spiritual anchor of the Sunni Muslim world, the long intelligence relationship helps explain why the United States has been reluctant to openly criticize Saudi Arabia for its human rights abuses, its treatment of women and its support for the extreme strain of Islam, Wahhabism, that has inspired many of the very terrorist groups the United States is fighting. The Obama administration did not publicly condemn Saudi Arabia’s beheading this month of a dissident Shiite cleric, Sheikh Nimr al-Nimr, who had challenged the royal family.

    Although the Saudis have been public about their help arming rebel groups in Syria, the extent of their partnership with the C.I.A.’s covert action campaign and their direct financial support had not been disclosed. Details were pieced together in interviews with a half-dozen current and former American officials and sources from several Persian Gulf countries. Most spoke on the condition of anonymity because they were not authorized to discuss the program.

     

    From the moment the C.I.A. operation was started, Saudi money supported it.

     

    “They understand that they have to have us, and we understand that we have to have them,” said Mike Rogers, the former Republican congressman from Michigan who was chairman of the House Intelligence Committee when the C.I.A. operation began. Mr. Rogers declined to discuss details of the classified program.

     

    American officials have not disclosed the amount of the Saudi contribution, which is by far the largest from another nation to the program to arm the rebels against President Bashar al-Assad’s military. But estimates have put the total cost of the arming and training effort at several billion dollars.

     

    The White House has embraced the covert financing from Saudi Arabia — and from Qatar, Jordan and Turkey — at a time when Mr. Obama has pushed gulf nations to take a greater security role in the region.

     

    Spokesmen for both the C.I.A. and the Saudi Embassy in Washington declined to comment.

     

    When Mr. Obama signed off on arming the rebels in the spring of 2013, it was partly to try to gain control of the apparent free-for-all in the region. The Qataris and the Saudis had been funneling weapons into Syria for more than a year. The Qataris had even smuggled in shipments of Chinese-made FN-6 shoulder-fired missiles over the border from Turkey.

     

    The Saudi efforts were led by the flamboyant Prince Bandar bin Sultan, at the time the intelligence chief, who directed Saudi spies to buy thousands of AK-47s and millions of rounds of ammunition in Eastern Europe for the Syrian rebels. The C.I.A. helped arrange some of the arms purchases for the Saudis, including a large deal in Croatia in 2012.

     

    By the summer of 2012, a freewheeling feel had taken hold along Turkey’s border with Syria as the gulf nations funneled cash and weapons to rebel groups — even some that American officials were concerned had ties to radical groups like Al Qaeda.

     

    The C.I.A. was mostly on the sidelines during this period, authorized by the White House under the Timber Sycamore training program to deliver nonlethal aid to the rebels but not weapons. In late 2012, according to two former senior American officials, David H. Petraeus, then the C.I.A. director, delivered a stern lecture to intelligence officials of several gulf nations at a meeting near the Dead Sea in Jordan. He chastised them for sending arms into Syria without coordinating with one another or with C.I.A. officers in Jordan and Turkey.

    février 1, 2016
  • La géopolitique du Proche-Orient expliquée à Hollande, Fabius et autres imposteurs qui nous gouvernent

    par Zevengeur, 30 décembre 2015,

    Source : https://zevengeur.wordpress.com

    hollande

    Les attentats récents à Paris ne peuvent être découplés de la politique étrangère aberrante du gouvernement Hollande au Proche-Orient ainsi que de celle de son prédécesseur. En effet, cette dernière sert en réalité les intérêts de Washington au détriment de ceux de notre pays.
    L’objectif de cet article est de présenter une analyse de la situation puis de proposer une politique alternative correspondant aux véritables intérêts de la France.

    François Hollande fut élu en 2012 non pour sa capacité supposée à gouverner la France mais pour faire barrage, après un quinquennat catastrophique, à l’un des pires présidents que connut la République française. Le candidat naturel des « socialistes » (*) M. Strauss Kahn, nonobstant sa ligne politique européiste et libérale, semblait à minima posséder la dimension pour le poste. Malheureusement pour lui, sa carrière s’est brisée sur l’affaire que tout le monde connait, laissant pour le P « S » un vide à combler quelques mois avant l’élection présidentielle. L’homme du compromis, qui allait précéder les compromissions, fut alors élu un peu par hasard et beaucoup par défaut.

    (*) Le terme socialiste étant depuis longtemps devenu une façade, il sera systématiquement mis entre guillemets

    Quand un autre américain succède à « Sarko l’Américain »
    Ce jour de mai 2012, François Hollande se retrouva donc un peu perdu à la tête du pays et, à l’instar de son prédécesseur, dans un costume bien trop grand pour lui.
    Comme on le constate depuis lors, à défaut d’avoir une ligne politique et stratégique personnelle, il fit le choix d’imiter le modèle dominant et de s’y soumettre.
    Les causes de ces choix sont d’abord à rechercher du côté de sa formation initiale à l’ENA, où l’on n’apprend pas à penser mais à reproduire [1], puis du côté de son atlantisme forcené issu de son conditionnement chez les « Young leaders » de la French American Fondation . L’annuaire de cette organisation est par ailleurs très instructif et on y apprend que François Hollande fait partie de la promotion 1994.

    Une culture successive de l’échec
    Les résultats de l’action du président furent rapidement visibles avec une politique économique en échec dans la continuité de celle de Sarkozy. La première cause de cet échec étant liée à une incompréhension chronique de la situation associée à l’utilisation de recettes éculées.
    Ajoutons une soumission à l’hégémonique Allemagne dans le cadre de l’Union Européenne et enfin une politique étrangère euro-atlantiste dictée par l’Amérique et quelques Etats « excités » de l’ex-URSS intégrés on ne sait pourquoi dans l’UE et dans l’OTAN.

    La crise ukrainienne [2] fut la première occurrence qui montra de manière flagrante l’impéritie du président de la République et surtout celle de son ministre des affaires étrangères, Fabius, dans le domaine de la géopolitique. En effet, après un alignement aveugle sur la politique US et sur celle de la…Pologne, les intérêts de la France furent gravement compromis avec le refus de la vente des Mistral à la Russie et le soutien de sanctions injustes envers cette dernière [2].

    Aujourd’hui, la crise syrienne, autrement plus grave avec les conséquences que l’on a constatées à Paris, démontre une fois de plus une méconnaissance totale de la géopolitique. En effet, chaque prise de position du gouvernement français correspond systématiquement à la pire option possible.

    1. Hollande, son ministre des affaires étrangères et leurs conseillers auraient besoin d’un sérieux aggiornamento. Même si cette démarche est vaine, il faut que quelqu’un leur explique quelle est la situation réelle au Proche-Orient et ce qu’il conviendrait de faire.

    Pourquoi sont ils aussi nuls ?
    Un aspect frappant du contexte gouvernemental concerne le niveau particulièrement faible de la génération d’hommes politiques au pouvoir depuis 2007. S’agit il prosaïquement d’un problème lié à la génération soixante-huitarde ? Ou les causes sont elles plus profondes avec le délitement de l’enseignement français (*) qui est devenu une véritable « fabrique du crétin » même à haut niveau, hypothèse plausible pour les membres les plus jeunes des équipes gouvernementales.

    (*) Voir le classement triennal mondial PISA où la France perd régulièrement des places.

    PARTIE 1 : HISTOIRE ET GÉOPOLITIQUE DU PROCHE-ORIENT

    Quelques points de repère historiques
    Sans entrer dans l’histoire détaillée de cette région, signalons que du VIIe siècle à la première guerre mondiale, cet espace constituait l’Empire ottoman, d’abord sous domination arabo-musulmane puis sous celle des Turcs.
    Après la première guerre mondiale, les Turcs faisant partie des vaincus, car alliés de l’Allemagne, virent leur Empire dépecé entre la France et l’Angleterre coloniales à la suite des accords Sykes-Picot. Le traité de Lausanne en 1923 redécoupa la région en fonction des appartenances religieuses et le déplacement correspondant de millions de personnes. Enfin ces pays finirent par obtenir une relative indépendance au milieu du XXe siècle après la seconde guerre mondiale.

    Parmi les 4 principales dimensions permettant d’appréhender le contexte du Proche-Orient, les 3 premières sont endogènes :
    – les peuples,
    – les religions,
    – les ressources en matières premières,
    et la dernière est exogène :
    – la politique interventionnistes des puissances étrangères, en particulier celles des États-Unis.

    Et, puisque dans géopolitique, il y a le terme géographie, on va commencer par examiner des cartes.

    Les peuples du Proche-Orient
    Les principaux peuples du Proche-Orient sont au nombre de 5 :
    – Arabes,
    – Perses,
    – Kurdes,
    – Turcs,
    – Juifs.
    Ces peuples occupent chacun plusieurs pays distincts sauf les Juifs qui occupent quasi exclusivement l’Etat d’Israël et les Kurdes qui, n’ayant pas d’Etat propre vivent à cheval sur trois pays : la Turquie, la Syrie et l’Irak.

    carte-1

    L’Etat juif d’Israël
    L’Etat d’Israël occupe une position particulière dans la mesure où le peuple juif, chassé de sa terre voici 2000 ans, se retrouva disséminé sous la forme d’une diaspora. Cette dernière fut persécutée durant toute cette période avant l’épisode final de la shoah qui se termina par l’extermination d’environ 5 millions de Juifs par les nazis.
    A la fin de la guerre, l’Occident repentant, décida du retour des Juifs sur leur terre d’origine grâce à un certificat de propriété revendiqué et vieux de 2000 ans !
    La société israélienne, de type démocratie occidentale, est peu compatible avec celle des autres peuples du Proche-Orient. Par ailleurs, durant l’absence des Juifs, cette terre était devenue celle des Palestiniens.
    Ces derniers furent donc soit chassés de ce territoire, soit victimes de ségrégation pour ceux qui restèrent en Israël.
    Cette situation induisit donc de grandes tensions et de nombreux conflits guerriers sur ce territoire.
    Plus de 60 ans après le retour des Juifs, le problème de la cohabitation entre ces derniers et les Palestiniens ainsi que la définition de leurs Etats respectifs reste entier.

    Voyons maintenant l’aspect religieux.

    Les religions : Islam chiite et sunnite, judaïsme et christianisme
    Les trois religions monothéistes (christianisme, judaïsme, islam) sont présentes au Proche-Orient. Les Juifs occupent pratiquement un seul Etat et les adeptes des deux autres religions sont répartis dans les autres pays.

    Le cas de l’islam est particulier dans la mesure où il s’agit de la religion ultra-majoritaire dans la région.
    Au sein de cette dernière, une divergence de vues existe sur la désignation du successeur du prophète Mahomet, à sa mort au VIIe siècle.
    Ce désaccord théologique sur un point de détail a provoqué le schisme de l’islam suivant 2 tendances majeures :
    – l’islam chiite
    – l’islam sunnite

    Dans le monde, l’islam sunnite est majoritaire à hauteur d’approximativement 85% par rapport à l’islam chiite. Ce dernier représente par contre environ 40% des musulmans au Proche-Orient qui sont donc en proportion importante dans cette région.

    La principale cause de discorde endogène au Proche-Orient est donc la religion. En effet les musulmans chiites et sunnites, même s’ils cohabitent parfois pacifiquement, sont le plus souvent des ennemis jurés.

    Les 2 plus grandes puissances régionales sont comme par hasard d’obédience opposée :
    – l’Arabie Saoudite, sunnite
    – l’Iran, chiite

    Dans cette zone, les alliances se font en fonction de la couleur religieuse du gouvernement au pouvoir dans chaque Etat, mais des embryons de guerres civiles peuvent se déclencher car des minorités opposées à un gouvernement peuvent se révolter.

    Dans les grandes lignes, on distingue du coté des alliés à l’Iran, le « croissant chiite » avec :
    – l’Irak, la Syrie et la faction chiite du Liban, le Hezbollah.

    et du côté sunnite, alliés à l’Arabie Saoudite :
    – le Qatar, les Émirats, le Yémen et la Turquie qui joue un double jeu.

    carte-2

    L’islam sunnite a également enfanté un monstre appelé « islam radical » ou « islamisme ».

    L’islam radical, de l’État islamique « EI » au terrorisme
    L’islamisme est un mouvement radical prônant l’application d’une lecture stricte du Coran à travers la charia.
    Ce mouvement issu de la famille sunnite prend ses racines dans deux mouvances :
    – le salafisme avec sa déclinaison wahabite d’Arabie Saoudite
    – les frères musulmans (origine Égypte).
    Sur le long terme, les islamistes veulent imposer par la force du djihad (guerre sainte) une théocratie religieuse à toute la planète, à travers la notion d’oumma, qui représente le « peuple » musulman, indépendant de toute notion d’Etats.

    Le fameux État islamique autoproclamé, appelé également EI, EIIL ou Daech est la dernière tentative en cours d’application concrète de ce concept.

    Qu’est ce que l’EI ?
    L’EI n’est pas une simple organisation terroriste de plus. En effet, derrière la façade islamiste se cache une structure bien pensée, très organisée et capable d’agir suivant plusieurs dimensions :
    – Militaire : les combattants sont encadrés très efficacement par des anciens cadres de l’armée de Saddam Hussein.
    – Idéologique : ils empruntent l’idéologie salafiste pour s’assurer du soutien des sunnites radicaux.
    – Financement : l’EI contrôle une partie des puits de pétrole irakiens et syriens qui lui assurent des revenus conséquents avec la complicité de la Turquie et des Occidentaux.
    – Recrutement : l’organisation recrute au Proche-Orient et également dans le reste du monde pour renforcer son armée et remplacer ses pertes.
    – Communication : une habile propagande djihadiste à tendance « gore » attire de nombreuses recrues à travers les réseaux sociaux.
    Cette organisation est apparue en 2006 en Irak à la suite de la destruction de ce pays par les Américains ; elle se propage depuis plusieurs années dans les pays voisins. Les sunnites du nord de l’Irak, laissés pour compte par le pouvoir chiite issu des urnes constituèrent un terrain favorable pour la genèse de ce mouvement.
    La complicité active de certains pays du golfe est avérée, l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie leur fournissent du matériel, des armes et de la logistique.

    Cette organisation a ensuite été rejointe par des groupes extérieurs [3] :
    – environ 5000 wahhabites saoudiens
    – des talibans
    – des combattants tchétchènes venus de Russie
    – de nombreux djihadistes recrutés au Proche-Orient et accessoirement en Occident dont nos fameux « crétins des banlieues ».

    L’EI, avec la peur engendrée par son ultra-violence, a rapidement conquis de grandes portions de l’Irak, bien aidé, si l’on peut dire, par l’inefficacité chronique de l’armée régulière irakienne formée par les Américains.

    En terme d’effectifs, le chiffre de 30 000 djihadistes annoncé par les médias est ridicule, il est clair qu’on ne tient pas l’équivalent d’un pays avec un si petit nombre, le chiffre réel des combattants est probablement au moins dix fois supérieur [4].

    L’EI a enfanté de nombreuses filiales à l’étranger
    Donnée fondamentale, l’EI apparu en Irak, a été rejoint par plusieurs organisations islamistes internationales qui lui ont prêté allégeance. Ainsi, la Libye (n’ayant plus d’Etat), l’Égypte, le Yémen, le Caucase (Tchétchénie), la Tunisie, l’Algérie, l’Afghanistan et même l’Arabie Saoudite ont vu l’apparition de « filiales » de l’EI venues renforcer la puissance de cette organisation.

    Une armée d’invasion organisée et la complicité active de la Turquie
    Profitant d’un début de guerre civile en Syrie, l’armée de l’EI a passé la frontière syrienne et a décidé d’étendre le djihad dans ce pays. Cette dernière s’est emparée de puits de pétrole dans le nord/ouest de la Syrie, elle vend cet or noir à une compagnie anglo-turque qui l’écoule à son tour (blanchi) sur le marché international.

    La Turquie, membre de l’OTAN, en discussions pour entrer dans l’UE et dans l’OCS (Organisation de Coopération de Shangaï), joue donc un double jeu voire même un triple jeu dans cette région.

    Le bombardier SU24 russe lâchement abattu par la chasse turque dans le ciel syrien sous prétexte de viol de son espace aérien (*) donne une idée du camp choisi par Erdogan, le dirigeant islamiste turc : celui de l’Etat islamique.
    Cette agression constitue un acte de guerre avéré de la part d’un pays de l’OTAN envers la Russie.

    (*) La Turquie de son coté ne se prive pas de violer réellement l’espace aérien grec.

    Le terrorisme international au service de la stratégie de l’EI
    Les islamistes, et en particulier l’EI, sont à l’origine des principaux actes terroristes commis dans le monde, avec bien entendu les attentats récents à Paris. On nous répète que les principales victimes du terrorisme islamique dans le monde sont des musulmans en général chiites, cela est exact, mais il ne faut cependant pas oublier les assassinats massifs de chrétiens dans les zones d’influence des islamistes.

    Ce qui précède montre que l’EI n’est pas qu’un simple groupe terroriste, mais une organisation sophistiquée avec de gros moyens déployés suivant plusieurs axes. Cela induit donc un certain nombre de questions sur cette organisation ainsi que et sur ses alliés. En effet, le soutien des Saoudiens, du Qatar et de la Turquie suffit-il à expliquer la puissance de cette entité ? (*)
    En effet, un certain nombres d’analystes [4][5] considèrent que, à l’instar d’Al-Qaïda, l’EI serait une création de la CIA dont les deux objectifs initiaux étaient :
    (1) de couper la route à l’Iran pour stopper leur aide militaire au Hezbollah libannais, un des rares mouvement capable de résister militairement à Israël .
    (2) d’entrer en guerre contre Bachar el-Assad pour le destituer.
    Le fait que l’ancien candidat républicain à la présidence US, John Mc Cain, ait reconnu sur Fox News être en contact permanent avec l’EI, va dans le sens de cette assertion.

    (*) Voir les analyses du criminologue Xavier Raufer, article et interview.

    Ces considérations liées à la religion étant posées, il existe un facteur majeur sans lequel le Proche-Orient ne ferait jamais l’actualité à travers les guerres permanentes qui s’y déroulent.
    Ce dernier concerne bien évidemment la présence abondante de matières premières stratégiques pour toute la planète dans le sous-sol de cette région.

    Le problème des matières premières : pétrole et gaz.
    Avec les deux tiers des réserves mondiales de pétrole et 40% de celles de gaz, on comprend que cette région attise les convoitises des nations industrialisées très importatrices de ces ressources.

    La plus grande partie des réserves pétrolières de la région sont concentrées dans quatre Etats (classement indicatif) :
    – Arabie Saoudite : 1ères réserves mondiales
    – Iran : 2e réserves mondiales
    – Irak : 4e réserves mondiales
    – Koweït et Émirats arabes : 5e réserves mondiales.

    A noter que la Syrie possède une position stratégique pour le transport du gaz vers la méditerranée [6].

    carte-3

    PARTIE 2 : L’INTERVENTIONNISME DES ÉTATS-UNIS AU PROCHE-ORIENT

    Depuis la fin de la seconde guerre mondiale les États-Unis sont en quête d’hégémonie sur toute la planète. Au vu des immenses réserves de pétrole présentes au Proche-Orient, ils ne pouvaient que devenir la principale puissance étrangère intervenant directement ou indirectement dans cette région.

    La stratégie mondiale des États-Unis
    Après une quarantaine d’années de bi-polarité partagée avec l’URSS, les États-Unis se sont retrouvés pour un temps dans un contexte unipolaire après la chute de leur rivale au début des années 1990. Le pays s’est alors doté d’une nouvelle stratégie, centrée sur un modèle géopolitique, pour conserver sa suprématie toute récente .

    La géopolitique est une discipline dont les bases furent inventées par Mackinder et Spykman dans la première moitié du XXe siècle. En synthèse, le modèle Mackinder prédit que, si une puissance réussit à unifier l’Europe de l’ouest et l’Europe orientale, alors elle dominera le monde.
    Les Américains doivent donc l’en empêcher.
    Pour ce faire, la première étape est de constituer une doctrine avec des ennemis créés de toutes pièces. Ce fut l’objectif des travaux de Brzesinsky, du PNAC et autres concepts de choc de civilisations.

    En résumé, pour garder leur suprématie, les États-Unis doivent atteindre 4 objectifs :
    1) conserver leur large supériorité militaire mondiale,
    2) prendre le contrôle des matières premières,
    3) empêcher par domination ou confinement d’autres Etats ou alliances d’Etats, d’atteindre un niveau de puissance comparable,
    4) Convaincre les opinions publiques de leur bonne foi.

    Aspect militaire
    Le budget de la défense US, largement auto-alimenté par l’influence de leur complexe militaro-industriel est de loin le plus important de la planète. Il leur permet une suprématie militaire offensive quantitative dans tous les domaines.
    Ce point mérite cependant un bémol, en effet, les Russes possèdent une stratégie inverse, à savoir défensive et leur technologie dans ce domaine est supérieure à la technologie offensive des Américains [4].

    Le contrôle des matières premières et des pays du Proche-Orient
    Dès la fin de la seconde guerre mondiale, les États-Unis se sont alliés pour une durée de 60 ans renouvelables à la théocratie islamiste (*) d’Arabie Saoudite (1ère réserve mondiale de pétrole) lors du fameux pacte scellé sur le croiseur US Quincy en 1945 par F. D. Roosevelt.
    Ce pacte comportait la sécurité en approvisionnement pétrolier pour les Américains en échange de leur protection militaire.
    Après cette alliance de longue durée avec le premier producteur mondial de pétrole et lorsque la superpuissance rivale eut disparu, la « destinée manifeste » des Américains les conduisit naturellement à tenter la prise de contrôle quasi totale du Proche-Orient. D’autant que les régimes laïcs de cette région (Libye, Irak, Syrie), plutôt orientés panarabes, représentaient une menace pour l’allié numéro 1 Israël [6].
    Toutes ces raisons justifiaient donc la volonté de remodelage militaire du Proche-Orient des années 2000 lancé sous l’ère G.W. Bush et poursuivi plus tard par des Etats clients des américains : France et Grande Bretagne.

    (*) Le régime Wahhabite de l’Arabie Saoudite est une théocratie barbare basée sur une application stricte du salafisme. Ce dernier a inspiré l’idéologie affichée par l’Etat islamique. Les princes saoudiens financent le terrorisme islamiste international et fournissent l’État islamique en armes, principalement américaines et françaises. La France a également livré directement des armes aux islamistes, en particulier de puissants missiles antichar Milan se sont retrouvés aux mains d’Al-Nosra.

    Les États-Unis sèment la zizanie en Europe
    Conformément à la doctrine Mac Kinder, la stratégie des États-Unis pour l’Europe occidentale est d’éviter à tout prix une alliance de cette dernière avec la Russie.
    . Le premier axe de cette stratégie fut donc de vassaliser l’Europe de l’ouest avec un protectorat militaire (OTAN), un contrôle politique total (Union Européenne) et économique en cours de finalisation (TAFTA).
    . Le second axe fut donc de diaboliser la Russie afin de faire accroire aux populations occidentales que le régime de son président est de type dictatorial et expansionniste, même si les faits démontrent exactement l’inverse.

    Contenir les puissances émergentes : BRICS
    Les puissances émergentes BRICS, plus particulièrement Russie et Chine, ayant une puissance militaire en pleine croissance doivent absolument être confinées (containment) par tous les moyens afin de les empêcher de peser significativement sur la géopolitique de la planète.
    Cette stratégie, associée à la vassalisation de l’Europe aux États-Unis et plus récemment de la France [7], explique le « Poutine bashing » récurrent dans la classe dirigeante et dans les médias mainstream, propriétés de l’oligarchie.

    La stratégie des États-Unis appliquée au Proche-Orient
    Les objectifs des États-Unis étant clairement définis, il ne restait plus qu’à les réaliser.
    D’après le modèle de propagande établi par Noam Chomsky [8], dans un Etat démocratique, il faut faire adhérer les populations à une politique donnée grâce à la « fabrication du consentement ».
    En 2000, d’après le rapport du PNAC (déjà cité), il ne manquait plus qu’un casus belli pour lancer les premières opérations militaires. Ces dernières étaient destinées à atteindre l’objectif de maîtrise des ressources en matières premières du Proche-Orient.
    Par un coup de chance phénoménal (*), moins d’un an après, les attentats du 11 septembre fournirent une magnifique opportunité.
    Quelques jours après la chute des trois tours (**), on apprend avec stupeur que les plans d’attaque pour intervenir militairement contre sept pays du Proche-Orient étaient déjà prêts.
    Cette information capitale fut révélée en 2007 par le général américain Wesley Clark :

     

    Clark

    D’après le général Clark, la liste des Etats à « traiter » était la suivante : Iraq, Lybie, Iran, Syrie, Liban, Somalie, Soudan.

    (*) Rappelons que la version officielle, toujours non prouvée, du complot exogène d’Al-Qaïda renferme d’innombrables incohérences et questions sans réponses.

    (**) La plupart des gens ne savent pas qu’une 3e tour (la tour numéro 7) s’est également effondrée sans qu’aucun avion ne l’ait percutée. http://www.dailymotion.com/video/x5xukd_wtc7-la-troisieme-tour-du-11-septem_news

    2003-2008, L’ère G. W. Bush la grande déstabilisation du Proche-Orient
    L’invasion de l’Afghanistan en réponse au 11/9 puis celle de l’Irak à la suite du célèbre mensonge historique de Colin Powell à l’ONU, a donc amorcé le processus de remodelage à l’américaine du Proche-Orient.
    Le résultat de cette brillante stratégie fut rapidement visible avec la reprise du pouvoir en Afghanistan par les talibans et l’apparition de l’EI en Irak.
    Comme on l’a vu précédemment, l’EI s’est alors étendu comme par métastases afin de recréer un califat au Proche-Orient, avant vraisemblablement de s’attaquer au reste de la planète.

    Malgré ces échecs, quelques années après en 2011, un « coup » similaire révélé par Roland Dumas (*) se préparait en Syrie :

     

    Dumas

    (*) Interview sur Radio Courtoisie en octobre 2013.

    La Syrie, dans le collimateur des euro-atlantistes
    Durant des siècles, la minorité alaouite de Syrie, une branche du chiisme, n’avait subi que persécutions de la part de la majorité sunnite. En 1970, cette situation changea avec la prise de pouvoir de l’alaouite Hafez El Assad, à la suite d’un coup d’Etat [6]. Ce dernier réussit à stabiliser politiquement le pays grâce à un régime autoritaire qui réussit à contenir par la fermeté les premières tentatives de rébellion islamistes.
    Depuis 2000, la Syrie est gouvernée par le président Bachar el-Assad qui succéda à son père, après la mort de ce dernier.
    Le régime de Bachar est de type laïc et panarabe [6].
    Il possède le soutien de facto des alaouites, des druzes, des chrétiens et également de nombreux sunnites, puisque ces derniers sont traités à égalité des autres citoyens grâce à la laïcité.

    La Syrie est aujourd’hui sur l’agenda des euro-atlantistes pour au moins deux raisons liées à l’énergie [6].
    En effet, il existe un projet de gazoduc pour transporter le gaz du Qatar vers la Méditerranée afin d’approvisionner l’Europe et rendre cette dernière moins dépendante du gaz russe.
    En outre, de très importants gisements de gaz (offshore et onshore) auraient été découverts en Syrie, ce qui attise la convoitise des compagnies occidentales.
    Et puisque Bachar el-Assad, très lié avec les Russes, refuse le projet de gazoduc, il faut donc que ce dernier quitte le pouvoir.
    Le départ exigé d’Assad n’a donc évidemment rien à voir avec de quelconques raisons humanitaires.

    Depuis 2011, la Syrie est donc victime d’un embargo occidental très dur pour la population. Ce dernier étant justifié par l’assertion qu’une révolution populaire démocratique était réprimée par le pouvoir et qu’une guerre civile venait de commencer.
    Contrairement à ce que prétend cette propagande occidentale, la guerre civile en Syrie n’a pas commencé en 2011 [6].
    En effet, cette dernière a commencé en 1980 lorsqu’un commando des Frères musulmans s’est introduit dans l’école d’officiers d’Alep et a exécuté les élèves alaouites (chiites) en épargnant les sunnites.
    Ce massacre n’est que l’application d’une ancienne fatwa émise au XIVe siècle par le salafiste Ibn Taymiyya contre les alaouites.
    Cet attentat sanglant avait été fermement réprimé en 1982 par l’oncle de Bachar avec la destruction de la ville de Hama, fief de cette confrérie.
    Les affrontements n’ont dès lors jamais cessé, mais les médias occidentaux ne s’y sont pas intéressés jusqu’en 2011.

    Le 15 mars 2011, la manifestation d’une poignée d’opposants au régime est montée en épingle par les médias occidentaux qui tentèrent de nous faire avaler un nouveau Printemps arabe. Cette propagande médiatique fut une sorte de répétition avant celle qui allait suivre en Ukraine en janvier 2014 [2].

    La Syrie est en guerre (et non pas en guerre civile)
    Progressivement, des mouvements salafistes prennent les armes contre le régime et en particulier Al Nosra la branche syrienne d’Al-Qaïda, soutenue militairement par les Saoudiens, les Qataris, la Turquie et…la France !

    Cette guerre civile s’est rapidement transformée en guerre tout court.
    En effet, hormis le soutien actif de puissances étrangères, le conflit s’est internationalisé avec l’entrée en lice de l’État Islamique d’Irak (EII) en 2012, ce dernier se rebaptisa État Islamique (EI).
    Les motivations déclarées par l’EI sont de considérer la conquête de territoires en Irak et en Syrie comme la renaissance du Califat ottoman né au 16e siècle, âge d’or du pouvoir islamiste dans la région [6].
    Cependant, si l’EI est bien une création de la CIA, les vraies raisons de son intervention en Syrie, liées à la stratégie américaine, ont déjà été évoquées.

    En Syrie, les forces en présences sont aujourd’hui au nombre d’environ 80 groupes armés différents !
    Le moins que l’on puisse dire est que la situation s’est grandement complexifiée…

     

    dessin-1

    Il y a d’un côté par les alliés du gouvernement Syrien : Iran, Irak, Russie et Hezbollah Libanais.
    En face, l’EI et Al-Qaïda forment les groupes les plus puissants épaulés par les Saoudiens, Qataris et Turcs (ces derniers, membres de l’OTAN).

    Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, un organisme proche des Frères musulmans, ce qui est appelé la répression (*) aurait fait plus de 200 000 morts civils.
    Ce chiffre, largement repris par les propagandistes est sans doute en dessous de la réalité [4], cependant, il englobe tous les morts de cette guerre. D’abord, les combattants des différentes armées (les pertes du seul régime sont estimées à 100 000) et groupes paramilitaires divers, les nombreux morts civils assassinés par les islamistes (décapitations, égorgements…) et bien sur les morts civils collatéraux liés aux offensives de l’armée syrienne.
    La désinformation médiatique occidentale laisse entendre que 100% des tués sont des civils victimes de l’armée de Bachar el-Assad…

    (*) Le terme répression est-il bien choisi dans le cas où un Etat souverain lutte contre des forces d’invasion islamistes de tout poil ?

    Comment mener une guerre en zone urbaine ?
    Puisque l’on aborde la question des morts dus à cette guerre, il faut évoquer le problème de la libération d’une zone urbaine pénétrée par des djihadistes.
    Observons d’abord les moyens mis en œuvre par la France, à Saint Denis, pour arrêter les quelques survivants du groupe terroriste responsable du massacre parisien.
    Pas moins de 110 hommes du RAID et de la BRI, auxquels se sont ajoutés 50 militaires, ont été nécessaires pour déloger une poignée de terroristes certes bien armés.
    Le résultat est parlant, plus de 5000 munitions tirées par les forces de l’ordre et un immeuble partiellement détruit.

    Analysons maintenant le contexte syrien.

    Ce pays possède d’importants fiefs salafistes dont les effectifs sont de plusieurs milliers de terroristes potentiels. Ces derniers lancent à tout moment des opérations sanglantes contre les civils en Syrie, à l’image de ce que l’on a vécu à Paris le 13 novembre dernier.
    La question est donc de déterminer comment l’armée régulière d’Assad peut déloger un groupe de plusieurs centaines de terroristes armés installés dans une zone urbaine sans faire de victimes civiles.
    La réponse est simple, c’est impossible [4].
    Il n’y a pas d’autre choix que de détruire la zone urbaine avec, hélas, tous les dégâts collatéraux que l’on imagine.

    Ces questions se sont également posées durant la seconde guerre mondiale et les alliés n’ont pas proposé d’autres solutions que des bombardements urbains massifs pour vaincre les nazis.
    L’exemple historique de la bataille de Stalingrad illustre parfaitement cette problématique.

    On voit aujourd’hui les Américains et leurs affidés donner des leçons de morale au régime syrien.
    Les Américains sont particulièrement mal placés au vu de la longue liste des victimes civiles faites sur sol étranger par leur armée depuis 60 ans (Vietnam : 4 millions, Irak : entre 0.5 et 1 million, etc).

    L’illusion d’une opposition modérée
    En ce qui concerne les atlantistes, l’objectif est de faire chuter le régime d’Assad par procuration en fournissant de l’aide en armements et logistique au groupe Al Nosra, prétendument « djihadiste modéré », oxymore inventé pour la circonstance.
    Un autre groupe nommé « Armée syrienne libre » ou ASL, constitué à l’origine par des déserteurs de l’armée régulière syrienne, est supposé représenter une alternative démocratique au régime d’Assad. Cependant, si cette mouvance possède bien une représentation diplomatique, elle n’a en revanche quasiment aucune infrastructure de commandement militaire.

    La coalition occidentale en guerre contre les islamistes ?
    La coalition menée par les États-Unis contre l’Etat islamique, d’abord en Irak, puis en Syrie, a démarré son action depuis plus d’un an. La stratégie de cette dernière est principalement basée sur des frappes aériennes des forces de l’EI.
    Ces dernières ne semblent pas avoir obtenu beaucoup de résultats, puisqu’au contraire, l’Etat islamique, relativement contenu en Irak, a conquis plus des deux tiers du territoire syrien.
    Ces frappes semblent donc plus destinées aux opinions publiques et à occuper le terrain médiatique plutôt que celui conquis par l’EI.
    Cela s’explique d’ailleurs par le seul objectif politique annoncé par les Américains et leurs vassaux qui est la destitution de Bachar el-Assad. La destruction des islamistes entre alors en contradiction avec cet objectif ; en effet, il suffit d’attendre que ces derniers fassent le boulot.
    Hélas pour les Américains, cette brillante stratégie fut remise en cause par l’intervention Russe d’octobre 2015.

    La stratégie Russe est en revanche claire et rationnelle.
    Cette dernière consiste à affaiblir les islamistes (EI et Al Nosra) par des frappes aériennes massives et la destruction de leurs ressources, pour permettre à l’armée régulière syrienne de reprendre le terrain.
    Après deux mois d’intervention, les premiers résultats sont sans comparaisons avec ceux de la coalition américaine.

    PARTIE 3 : LA FRANCE, NOUVEAU VASSAL DES ÉTATS-UNIS

    Depuis 2007, la France de Sarkozy s’est totalement vassalisée aux États-Unis. En particulier, au niveau militaire, le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN fut un geste fort de soumission à Washington [7].
    Les échecs systématiques de la politique militaire américaine auraient dû sembler évidents à tout le monde, mais cela n’a pas empêché Sarkozy et Cameron d’appliquer, sur la « suggestion » de Washington (*), cette politique en Libye.
    Ce comportement effarant n’est pas sans rappeler celui de la politique économique française, domaine dans lequel nos dirigeants semblent croire qu’en appliquant encore et encore les mêmes recettes, on finira par obtenir un résultat différent.
    Rappelons une fois de plus la citation d’Albert Einstein :
    “La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.”

    (*) Les Américain, de plus en plus impopulaires dans le monde, sous-traitent les interventions militaires à leurs vassaux.

    La « nouvelle » France, 100% atlantiste entre dans le jeu
    En 2011, la Libye était un Etat laïc et stable.
    C’est à cette date que Sarkozy, avec son mentor le grand penseur BHL, tentent de faire accroire à l’opinion française qu’une révolution colorée vient de se produire, et que cette dernière est réprimée sauvagement par le colonel Kadhafi.
    Outrepassant la résolution 1973 du Conseil de sécurité, l’aviation anglo-française détruisit l’infrastructure militaire du dirigeant libyen, entraînant sa chute avec celle de tout l’appareil d’Etat libyen. Comme en Irak huit ans avant, le champ était libre pour les islamistes.
    Sarkozy a donc contribué à la création d’un nid d’islamistes en Libye malgré les exemples encore fumants de l’Afghanistan et surtout de l’Irak (un autre ex-Etat stable et laïc) où les mêmes causes avaient produit les mêmes effets.

    Un enfant de six ans aurait été en mesure de comprendre, avec deux exemples aussi flagrants, que toute intervention occidentale destinée à établir la « démocratie » dans un pays qui n’y est pas préparé se traduit par la prise de pouvoir de religieux islamistes extrémistes.

    C’était semble-t-il trop compliqué à comprendre pour le successeur « socialiste » de Sarkozy et son brillant ministre des affaires étrangères Fabius.

    Le « cas » Fabius
    Nous pensions avoir touché le fond avec Kouchner, le ministre des affaires étrangères de Sarkozy. C’était sans compter avec le talent de François Hollande pour dénicher les apparatchiks les plus incompétents du sérail « socialiste ».
    Laurent Fabius choisit systématiquement la pire option lors de chacune de ses prises de positions. Il est censé suivre la politique étrangère définie par le Président, à moins que ce ne soit l’inverse.

    Commençons par rappeler les “top 3“ des déclarations de Laurent Fabius :

    1. « Ils (Jabhat Al-Nosra) font du bon boulot » – Le Monde, 13/12/2012
      Rappelons qu’Al-Nosra est la branche syrienne d’Al-Qaïda, organisation désignée par G.W. Bush comme responsable des attentats du 11 septembre. Donc, M. Fabius fait l’apologie du terrorisme et considère que les successeurs de ceux qui ont détruit les tours jumelles font du bon boulot.
    2. « Bachar El Assad ne mériterait pas d’être sur terre » – En visite en Turquie dans un camp de réfugiés – 17/12/2012
      Appel à l’assassinat du dirigeant d’un Etat souverain en guerre contre des islamistes…
    3. « Le parti Svoboda (Ukraine) n’est pas d’extrême droite » – France inter – 11/03/2014
      Le parti Svoboda est un parti ouvertement néo-nazi. Pour Fabius, il s’agit d’un parti de droite relativement modéré.

    Vous ne rêvez pas, ces propos furent bien le fait du ministre des affaires étrangères en exercice dans notre pays.
    Le fait que Fabius n’ait pas été remercié immédiatement, ni poursuivi en justice (*) après de telles déclarations n’est pas simplement scandaleux en soi, mais également profondément honteux pour l’image et la crédibilité de la France à l’étranger.

    (*) Il serait opportun qu’un juriste vérifie si ces propos ne tombent pas sous le coup des articles 421-2-5 et 121-7 du Code pénal pour apologie du terrorisme et appel au meurtre.

    Quand l’Etat refuse la liste des djihadistes français
    Il semblerait par ailleurs qu’en 2013 la Syrie ait proposé à l’Etat français une liste des djihadistes français présents dans ce pays. Cette affaire a été révélée par Bernard Squarcini l’ancien patron de la DST/DCRI, à présent appelée Direction générale de la sécurité intérieure.
    Manuel Valls aurait donc refusé cette liste, sous la pression de Fabius (encore lui), car les Syriens demandaient en échange la coopération entre les services de renseignements des deux Etats.
    Cette affaire de la dimension d’un scandale d’Etat n’a évidemment pas fait la une des grands journaux, sans doute ont ils estimés qu’il s’agissait d’une information mineure.

    « Bachar doit partir »
    Personne en revanche ne peut reprocher au gouvernement français d’avoir une politique absconse pour ce qui concerne la Syrie.
    Cette dernière tient en trois mots : « Bachar doit partir » !

    C’est lisible certes, mais un peu court.
    Depuis des mois, on n’entend plus que cette antienne gouvernementale sur toutes les ondes. Puisque l’élite le dit, alors examinons ce scénario d’un peu plus près.

    Le scénario du départ de Bachar el-Assad
    Certains pays du Maghreb et du Proche-Orient ont vécu des changements de régime ces dernières années. Dans certains cas, des mouvements populaires plus ou moins spontanés ont imposé le départ du dirigeant en place et la tenue d’élections (Tunisie, Égypte).
    Et le résultat fut le même dans tous les cas de figure, c’est le groupe dominant ou le mieux implanté dans le pays qui a pris le pouvoir, à savoir les islamistes.
    Il suffit d’examiner quelle est, en dehors de l’Etat, l’entité la plus puissante en Syrie, la réponse que personne ne conteste est qu’il s’agit de l’état islamique ou EI.

    En Syrie, nous avons vu qu’il n’existe aucune alternative politique crédible au président actuel.
    Il est donc évident que si Bachar chute en pleine guerre contre les islamistes, alors l’EI et Al Nosra termineront l’invasion de la Syrie et se retrouveront rapidement au pouvoir à Damas.
    La suite est facile à imaginer : les alaouites, tenus comme des apostats, et les druzes/chrétiens considérés comme des infidèles, risquent l’extermination.
    De plus, des islamistes seraient, pour la première fois, maîtres d’un pays entier.

    Enfin, certains sont allés se rendre compte sur place de la situation en Syrie. Ils ne tiennent pas du tout le même discours que l’Élysée ou le quai d’Orsay, ce dernier ayant été élaboré depuis un bureau avec vue sur la seine. Le rapport du colonel Hogard de retour de Syrie accompagné de députés français est très instructif [9].

    PARTIE 4 : QUE FAUDRAIT-IL FAIRE ?

    Voilà maintenant le paragraphe que devraient lire nos dirigeants pour ouvrir les yeux et mettre en place une véritable stratégie politique en Syrie, et plus généralement pour rationaliser notre politique étrangère.

    Notons d’abord qu’il est impossible d’analyser positivement la politique russe au Proche-Orient sans se faire taxer de pro-Poutine par les chiens de garde médiatiques des euro-atlantistes. Ces derniers ne font que jouer leur rôle de propagandistes de la stratégie américaine.
    Cependant, dès lors que l’on analyse rationnellement les faits, les médias dominants sont moins à l’aise pour contre argumenter.

    La politique de la Russie : un modèle de cohérence

    Les Russes ont des intérêts en Syrie, un risque islamiste majeur sur leur territoire et un objectif politique clair.
    En effet, les intérêts de la Russie sont visibles, ils ont un accord avec la Syrie pour l’accès de leurs marine militaire à la Méditerranée avec le port de Tartous. De plus, parmi les combattants de l’EI, on trouve des Tchétchènes, ces derniers représentent donc une grave menace potentielle s’ils rentrent à domicile.
    L’objectif des Russes est d’éradiquer les islamistes de Syrie en aidant ce pays à reprendre possession de la partie de son territoire occupée par ces derniers.

    Les Russes respectent totalement le droit international
    Le président Assad a demandé officiellement l’aide des Russes pour combattre les islamistes, ces derniers ont répondu favorablement à cette demande, l’intervention des Russes aux côtés de l’armée Syrienne est donc parfaitement légale.
    Par ailleurs, la stratégie militaire des Russes est parfaitement rationnelle.

    Les Russes ont une véritable stratégie politique et militaire
    Ils ont d’abord un objectif clair : vaincre les islamistes en Syrie (et en Irak ?) et les repousser hors des frontières de cet Etat.
    Pour atteindre ce dernier, il ne suffit pas de faire du buzz en bombardant (illégalement) quelques positions islamistes désertées [5], il faut agir suivant deux voies complémentaires :
    – couper les sources d’approvisionnement de l’EI,
    – reprendre le terrain conquis et neutraliser son armée.

    Ayant conquis de vastes zones pétrolières en Irak et en Syrie, l’EI revend l’or noir qu’il extrait en le transportant par camion vers le complice turc.
    Ce n’est pas aux Russes que l’on va rappeler la stratégie du maréchal Joukov à Stalingrad en 1943 : ce dernier a gagné la bataille contre l’armée allemande de Paulus en coupant cette dernière de ses sources d’approvisionnement.

    Pour assécher leurs revenus pétroliers, les Russes bombardent donc massivement les camions citernes de l’EI qui font la navette avec la Turquie.
    Par ailleurs, la priorité est de reprendre les territoires à la frontière turque afin de couper la route du pétrole [10].

     

    carte-4

    La carte ci-dessus montre qu’il ne reste qu’une bande de 80 km environ à fermer (entre les 2 points rouges) pour couper la route de la Turquie aux camions de l’EI. La stratégie la plus évidente serait de favoriser la jonction entre les Kurdes de l’est et ceux de l’ouest.

    Deux conditions indispensables : le renseignement et une armée de terre
    Les trois piliers de la guerre moderne à gérer en parfaite synchronisation sont les suivants [5] :
    (1) l’information,
    (2) la force aérienne,
    (3) l’armée de terre.

    Pour reprendre le terrain, il est indispensable d’avoir des troupes au sol, cependant, la projection d’une infanterie en Syrie demanderait d’énormes moyens, de plus, pour déterminer les points faibles de l’armée adverse, il faudrait un renseignement précis présent sur le terrain.
    Or, il existe déjà un système de renseignement et une armée de terre expérimentée parfaitement opérationnels dans la région : ils sont sous le contrôle de Bachar el-Assad.
    Cette observation n’a pas échappé au président Poutine et à son brillant ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov.

    La stratégie évidente et la moins coûteuse est donc, d’utiliser les informations des services syriens et d’appuyer leur armée avec une force aérienne assez puissante pour préparer le terrain à l’infanterie et affaiblir les djihadistes.
    L’aviation Russe est alors synchronisée avec l’infanterie syrienne et celle de ses alliés pour leur permettre d’avancer dans la reconquête.
    La coalition montée par les Russes inclut non seulement la Syrie mais également l’Iran et l’Irak, première victime de l’EI.

    La non-politique de la France, y a-t-il un pilote dans l’avion ?
    « Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » Charles De Gaulle

    La France n’a pas d’intérêts en Syrie
    Mise à part le fait que la Syrie fut sous administration française dans le passé, il ne nous reste que des liens culturels avec ce pays.
    Par ailleurs, le régime de Damas ne menace en aucun cas notre pays, il souhaitait au contraire des relations politico/commerciales normales.
    Nous n’avions donc rien à faire en Syrie.

    La France ne respecte pas le droit international
    Le syndrome du « Bachar doit partir » est une ingérence inacceptable dans les affaires d’un Etat souverain. De plus, faire appel à des considérations morales est d’une hypocrisie sans bornes. Si l’on va sur ce terrain, alors il faut immédiatement stopper toute relation avec l’Arabie Saoudite et le Qatar qui sont des régimes opposés aux droits de l’homme, où l’on applique la charia, bien pires que celui de Damas.
    François Hollande bombarde en Syrie sans aucune légitimité, il n’y a eu ni demande du gouvernement syrien ni résolution de l’ONU qui sont les deux seuls cas où le droit international permet à un Etat d’intervenir sur le sol d’un autre.

    Pourquoi bombardons-nous en Syrie ?
    Donc, la France bombarde ; fort bien, mais quel est l’objectif politique de ces bombardements ?
    Nul ne le sait, et c’est logique, vu qu’il n’y en a pas.
    La seule raison de ces bombardements repose sur une opération de communication envers les “sans dents“ si appréciés par notre Président. La France s’est associée, vraisemblablement sur ordre, à la coalition américaine qui bombarde l’EI depuis un an sans le moindre résultat.
    Comme on l’a vu, le pari des Américains est que l’EI finira par vaincre l’armée régulière de Bachar, entraînant donc la chute de ce dernier. Il ne faut donc pas faire trop de mal aux islamistes afin de les laisser réaliser cet objectif.

    Cependant, contre toute attente, l’armée de Bachar résiste depuis cinq ans. Cela se comprend car cette dernière est dos à la mer, et si elle est vaincue, ce sera la mort pour tous les combattants.
    Il s’agit donc de vaincre ou mourir.

    En conséquence, on bombarde « mollement » l’Etat islamiste et on aide d’autres islamistes comme al Nosra. Seulement, même bombardé mollement, l’EI a réagi avec les attentats du 13 novembre dernier qui a fait plus de 130 morts à Paris.

    La politique atlantiste de Hollande/Fabius s’est donc, comme on l’a vu, retournée contre ces derniers…

    Hollande et Fabius se sont mis dans une position intenable
    L’alignement atlantiste avec Washington s’est donc retourné contre le couple infernal de l’exécutif qui, après avoir marché sur la queue du serpent, a provoqué sur le sol français le plus grave attentat terroriste de notre histoire.

    Nous avons alors assisté à une invraisemblable tournée internationale de Hollande qui persista dans son obsession irrationnelle du « Bachar doit partir ».
    Nous sommes maintenant dans une situation politique très difficile.
    En effet, la situation d’urgence absolue impose à présent de rejoindre la position russe sans pour autant se dédire en reniant la position précédente totalement incompatible.

    Bien entendu, la stratégie anti-Bachar américaine a obligé les Russes de siffler la fin de la partie et à intervenir à leur tour afin d’éviter des dégâts irréversibles.

    Ce qu’aurait fait un vrai Président de la République française
    Si nous avions eu un vrai Président (comme les Russes), il n’aurait d’abord jamais dû intervenir en Syrie pour contribuer à résoudre un problème créé créé à 100% par les Américains.
    Annoncer quelques frappes sur l’EI pour suivre « l’ami » américain, améliorer les sondages et continuer à démontrer les capacités de nos Rafales nous a valu un désastre à Paris.
    Maintenant que l’on a mis un coup de pied dans le nid de frelons, il ne reste qu’une seule option qui consiste à rejoindre la coalition russe afin de favoriser la reconquête par l’armée syrienne et l’éradication de l’EI.

    Le choix du camp sunnite terroriste contre le camp chiite est une grave erreur commise par le gouvernement français.

    La rhétorique propagandiste atlantiste relayée par la presse mainstream est aujourd’hui de plus en plus difficile à justifier.
    On constate cependant que, même poussé par un événement d’une gravité sans précédente qui démontre l’inanité complète de sa politique, François Hollande n’arrive pas à s’adapter à un contexte nouveau.
    Cette observation complète l’analyse de Philippe de Villiers sur ces énarques incapables de sortir de ce syndrome de l’escalade d’engagement [1].

    Un léger espoir était apparu en 2003 avec un début de politique française amorcée par Chirac soutenant un axe franco/allemand/russe.
    Cette politique, non alignée sur les États-Unis allait dans la bonne direction, à savoir celle du général De Gaulle avec son célèbre : une « Europe de l’Atlantique à l’Oural ».

    Elle fut sans lendemain comme on l’a vu avec le rapprochement total opéré par le régime Sarko avec l’oncle Sam [7].

    L’Europe de l’Atlantique à l’Oural
    La définition d’une politique répondant aux intérêts d’un pays découle tout simplement de l’observation d’une carte, c’est la base de la géostratégie.

    L’Europe est avant tout une entité géographique et culturelle
    L’Europe est avant tout une entité géographique et culturelle qui va de l’Atlantique à l’Oural. Nous sommes très loin d’une Europe politique qui n’existera sans doute jamais.
    Il apparait à l’évidence que notre intérêt, comme l’avait énoncé De Gaulle, serait de constituer une alliance des grandes puissances de notre continent (France, Allemagne, Russie) en favorisant une synergie des points forts de chaque nation.
    Cette lecture a été faite dès longtemps par Vladimir Poutine qui, depuis des années, tente sans succès de se rapprocher de l’Europe de l’ouest. Les Américains comme on l’a vu ont réussi (pour l’instant) à verrouiller cette dernière sous leur hégémonie.

    Cette politique réaliste, prônée par le général De Gaulle, est pour l’instant en stand-by.

    Une alternance à l’UMP-PS, c’est pour quand ?
    Le second tour des élections régionales a largement démontré que Marine Le Pen avait parfaitement raison de dénoncer la coalition « UMPS ».
    Sous couvert de « front républicain », mots vides de sens, les atlantistes de l’UMP (ou LR) et du P « S » ont tombé le masque et ont montré leur connivence sur la plupart des questions, qu’elles soient économiques ou géopolitiques.

    Terminons en remarquant que contrairement à certains pays de l’U.E., les forces de la vraie gauche sont maintenant en déroute dans ce pays.
    Cette observation est encore démontrée par les résultats des dernières élections où le flot des mécontents s’est largement orienté vers le Front National. Ces derniers, de plus en plus nombreux, semblent voir en Marine Le Pen une dirigeante potentielle ayant la dimension de la fonction.

    Toutefois, personne à l’heure actuelle, ne peut anticiper la politique qui serait menée par cette dernière si elle arrivait au pouvoir.

    Après une alternance de façade, nul ne doute qu’en 2017 la politique de n’importe quel candidat de l’UMP-PS serait strictement identique à celle d’aujourd’hui, quel que soit le discours électoral de campagne.

    Notons que le seul parti à avoir un programme clair de sortie de l’atlantisme est l’UPR [11] qui prône la sortie des trois entités (OTAN, UE, Euro) qui aliènent la souveraineté de la France.

    La question est bien de déterminer ce qu’il faudra faire en 2017 au second tour…

    Liens
    [1] Philippe De Villiers « Il est temps de dire ce que j’ai vu » – 2015
    [2] Synthèse sur l’Ukraine, une contre-propagande médiatique
    [3] Jacques Sapir et Jacques Myard à Sciences Po : L’UE a-t-elle une politique étrangère ? Podcast ici
    [4] Entretien avec Thierry Meyssan – Octobre 2015 – Podcast ici
    [5] Interview colonel Régis Chamagne – Meta TV – Part 1, Part 2, Part 3
    [6] Aymeric Chauprade – Chronique du choc des civilisations – 4e édition 2015
    [7] Les 4 cas de haute trahison commis par l’ex président Sarkozy
    [8 Noam Chomsky – La fabrication du consentement – 2008
    [9] Retour de Syrie – Colonel Jacques Hogard
    [10] Le grand coup de Poutine – Chroniques dugrandsoir

    [11] L’Union populaire républicaine (UPR) est un nouveau parti politique français fondé par François Asselineau et qui s’est fait connaitre à travers les réseaux sociaux. Ce parti prône le retour à la souveraineté de la France et propose dans son programme la sortie de l’UE, de l’OTAN et de l’Euro.

    Site : http://www.upr.fr/

    Lien sur cet article :
    https://zevengeur.wordpress.com/2015/12/30/la-geopolitique-du-moyen-orient-expliquee-a-hollande-fabius-et-autres-imposteurs-qui-nous-gouvernent/

    Blog de Zevengeur :
    https://zevengeur.wordpress.com/

     

     

     

    janvier 19, 2016
  • Le Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique conduit à la Guerre avec la Russie

    par

    Paul Craig Roberts

    13 janvier 2016

    Source : http://www.paulcraigroberts.org/2016/01/13/us-government-drives-toward-war-with-russia/print/

     

    L’arrogante stupidité du Gouvernement étatsunien conduit l’Occident à faire la guerre à la Russie.

    Par leur appartenance à l’OTAN, les Etats membres de cette organisation permettent cette orientation guerrière et quelques-uns des plus stupides, comme la Pologne, s’efforcent même d’activer le mouvement.

    Le 3 janvier 2016, le colonel général Vladimir Shamanov, commandant des troupes aéroportées russes, déclara que ces dernières seront renforcées par six divisions de blindés, par des engins aériens téléguidés et par deux divisions de guerre électronique.

    La supériorité des forces conventionnelles russes signifie que, une fois que Washington déclenchera la guerre, il sera obligé de recourir aux armes nucléaires pour éviter la défaite.

    Frappé de folie, le Gouvernement américain dirige le monde vers sa fin.

    La Russie prépare sa réponse militaire à l’expansion de l’OTAN.

     

    http://fortruss.blogspot.com/2016/01/russia-is-preparing-military-response.html

    janvier 14, 2016
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La paix mondiale menacée

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