La paix mondiale menacée

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  • L’OTAN et la crise ukrainienne

    Interview de Daniele Ganser, historien et polémologue suisse, 4 août 2014.

    « Dans le conflit ukrainien, on peut observer la relation entre le pétrole, le gaz et l’OTAN dans toute sa splendeur » (Deutsche Wirtschafts Nachrichten)

     

    Selon Daniele Ganser, spécialiste dans le domaine de l’OTAN, nous assistons en Ukraine à la prochaine étape de l’extension de cet organisme. L’Allemagne devrait suivre le pas parce que les Américains disposent du commandement en chef et veulent empêcher la naissance d’un nouvel axe Moscou-Berlin. Les USA dressent à cette fin les Etats européens les uns contre les autres – afin de continuer à les contrôler.

     

    L’OTAN est la plus grande et la plus puissante alliance militaire depuis nombre d’années. Les « Deutsche Wirtschafts Nachrichten » ont parlé avec l’historien et le spécialiste en matière de l’OTAN, Daniele Ganser à propos de la structure de celle-ci, du rôle de l’Allemagne dans l’organisation, de son influence dans l’UE et de son implication dans le conflit de l’Ukraine.

     

    Deutsche Wirtschafts Nachrichten : Le Danois Rasmussen démissionne bientôt en tant que Secrétaire général. Son successeur sera probablement le Norvégien Stoltenberg. Quelle est selon vous, l’influence des Européens au sein de l’OTAN ?

     

    Daniele Ganser : Je pense que l’influence des Européens au sein de l’OTAN est petite, parce que celle-ci est menée par les USA. On le voit à travers le fait que les Européens peuvent toujours désigner le Secrétaire général et celui-ci apparaît très souvent dans les médias en Europe. C’est pourquoi, on a l’impression que le Secrétaire général est la personne la plus importante de l’OTAN. Toutefois, ce n’est pas vrai ! La personne encore beaucoup plus influente au sein de l’OTAN est le SACEUR (Commandant suprême des forces alliées en Europe) et c’est toujours un général américain. Ce commandement militaire est encore plus puissant que le poste officiel de Secrétaire général. L’ancien Président Nixon l’a formulé une fois de cette façon : « Le seul organisme international qui n’ait jamais fonctionné, c’est l’OTAN, tout simplement parce qu’il s’agit d’une alliance militaire et que nous étions aux commandes ».

     

    Par quelles voies l’OTAN impose-t-elle ses intérêts à l’UE ?

     

    L’OTAN a ses ambassadeurs dans tous les pays membres. Ce sont des ambassadeurs envoyés par chaque pays afin d’être informés des projets de l’OTAN dans les étapes suivantes. Les voies sont opérationnelles de telle façon que l’OTAN – et en premier les USA – disent : C’est comme ça et maintenant vous devez faire ça. Cela était ainsi en particuliers lors du 11-Septembre et de la Guerre contre l’Afghanistan. La plupart du temps, les Européens obéissent tout simplement. Ils n’ont jamais dit : Nous devons nous développer indépendamment. Une politique extérieure et de sécurité européenne commune ne fonctionne pas vraiment. On est toujours indécis : doit-on aller en Irak avec les Américains ? Les Anglais l’ont fait, pas les Français. Ou bien doit-on bombarder avec les Américains la Lybie, pays membre de l’OPEC ? Les Français l’ont fait, pas les Allemands. Les USA réussissent très bien à dresser les différents pays européens les uns contre les autres. En ce moment, on se sert de l’Allemagne contre la Russie, bien sûr pour des intérêts américains. C’est l’ancien système du « divide et impera » – « diviser pour régner ». Ce n’est pas dans l’objectif de Washington que l’UE et la Russie coopèrent et construisent un grand espace économique, disposant en plus des plus grandes réserves de pétrole et de gaz. Ce ne serait pas dans l’intérêt des Etats-Unis.

     

    En raison du manque de transparence, il est difficile de savoir comment se présente le financement de l’OTAN en détail. Des députés néerlandais ont dû le constater récemment. Savez-vous quelque chose de concret à ce sujet ?

     

    Non, parce que l’OTAN n’est effectivement pas une organisation transparente. Je partage cette frustration des députés néerlandais, parce que je me suis efforcé d’obtenir des informations sur les armées secrètes de l’OTAN. On a simplement ignoré mes questions et on ne m’a fait part de rien. Quelques personnes pensent que l’OTAN est une organisation démocratique et transparente. Cependant, ce n’est pas le cas. C’est une organisation militaire qui tente continuellement à garder ses secrets. Le budget du Pentagone est finalement pertinent pour le financement et il comprend environ 700 milliards de dollars par an ou deux milliards par jour. Alors la question est bien sûr de savoir si ici une journée du Pentagone équivaut à une journée de l’OTAN et comment on calcule cela. Mais ce sont des opérations comptables et on peut calculer cela de différentes manières.

     

    Quel rôle joue l’OTAN dans le conflit en Ukraine ?

     

    Mon avis est que la guerre en Ukraine est centrée autour de l’OTAN et du gaz naturel. L’OTAN a depuis 1990 entrepris un mouvement en direction de l’Est. La première étape a été de retirer en Allemagne la RDA au Pacte de Varsovie et de l’accueillir dans l’OTAN. Pour cela, on a eu besoin à cette époque de l’accord de Gorbatchev. C’est-à-dire que cette fusion entre la RFA et la RDA – qui est très précieuse et que je salue beaucoup – n’était possible qu’avec l’acceptation de la Russie, de la reprise de l’Allemagne réunie, par l’OTAN. Mais les Russes ont aussi affirmé leur refus d’une extension de l’OTAN. Et Gorbatchev a dit que l’OTAN le lui avait garanti.

    Cependant, l’OTAN n’a pas tenu parole. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont été accueillies dans l’OTAN, de même la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Slovénie, la République Tchèque et la Slovaquie. Plus tard ont suivi encore l’Albanie et la Croatie. Si vous le considérez du point de vue russe, alors l’OTAN a rompu sa parole et maintenant, elle tente encore de prendre les éléments manquants – l’Ukraine et la Géorgie – et d’encercler ainsi la Russie.

     

    Dans les médias occidentaux, on dit toujours : les Russes sont complètement irrationnels et se comportent bizarrement. Mais en fait ils se comportent comme un joueur d’échecs qui déplacement après déplacement, perdent ici une tour, là un cavalier et là encore un pion. Les Russes se sentent harcelés. Et cette extension de l’OTAN n’est aucunement mentionnée par les médias occidentaux, pas même prise en compte. On peut communiquer ceci tout simplement en prenant une carte de l’OTAN en 1990 et une de 2014.
    Enlargement Nato Map
    S’agit-il de la part de l’OTAN uniquement d’un encerclement militaire de la Russie ou bien en veut-elle aussi aux ressources de ce pays ?

     

    C’est la même chose. L’Arabie Saoudite et la Russie se partagent la première place au niveau international quant à l’exploitation du pétrole. Les Russes produisent environ 10 millions de barils par jour. Les Saoudiens produisent également environ 10 millions de barils par jour. La Russie est au niveau de sa superficie le plus grand pays de la terre et dispose de très grandes réserves de gaz naturel. La lutte mondiale pour les réserves de pétrole et de gaz naturel est aussi une lutte contre la Russie. Poutine ne veut en aucun cas que l’Ukraine adhère à l’OTAN. Du point de vue russe, la chute de Ianoukovytch a été orchestrée par les services secrets occidentaux. Qu’on le voit ou non comme Poutine, cela ne joue aucun rôle. Mais pour lui, il est légitime de dire : quand l’hiver viendra, je pourrais aussi vous couper le gaz. Ou bien je peux dire : Vous me devez davantage d’argent pour le gaz. Cela veut dire que dans le conflit ukrainien on peut observer la relation entre le pétrole, le gaz et l’OTAN dans toute sa splendeur.

     

    Quels sont les indices montrant que le coup d’Etat en Ukraine a été orchestré par les services secrets occidentaux ?

     

    Ce que nous savons jusqu’à présent est que 2014 est l’année de la destitution de Ianoukovytch et de l’installation au pouvoir de Poroschenko. C’est un fait. Et si l’on observe un peu de plus près, alors on voit les finesses. Quand est-il destitué ? Il est renversé en février 2014. Et maintenant, on en vient au nœud du débat, c’est-à-dire à l’aggravation des protestations par les tireurs d’élite de Maïdan. Il est intéressant de constater : les tireurs d’élite – selon les informations en ma possession – tiraient aussi bien sur les manifestants que sur les policiers. Cela est très inhabituel. Ici, on peut très bien penser que c’était une action des services secrets pour précipiter l’Ukraine dans le chaos. Ce que nous avons ici comme indice, c’est l’entretien téléphonique entre Urmas Paet, ministre des Affaires étrangères de l’Estonie et Catherine Ashton, Haute représentante des Affaires étrangères de l’UE. Dans cet entretien, il est question que derrière les tireurs d’élite de Maïdan ne se cache pas Ianoukovytch, mais quelqu’un de la nouvelle coalition. Celle-ci est le groupe autour de Klitschko, Jazenjuk et Poroschenko, qui est arrivé au pouvoir après le coup d’Etat.

     

    S’il s’avère que Poroschenko est venu au pouvoir grâce aux tireurs d’élite, alors nous avons donc affaire avec un putsch du gouvernement sans nous en apercevoir. Cela allait si vite que l’on doit vraiment avouer : nous sommes trop bêtes pour le comprendre réellement. Il se peut que Poutine soit moins stupide et ait vu ceci correctement. Je ne veux pas dire que l’on doit croire Poutine aveuglément, car lui aussi possède son agenda. La question à laquelle nous devons répondre dans l’histoire économique et aussi dans l’histoire contemporaine : s’agit-il d’un évènement comme en 1953 lorsque la CIA, le service secret américain, et le MI6, le service secret britannique ont renversé le gouvernement de Mossadegh en Iran, parce qu’il voulait nationaliser le pétrole ? A l’époque, on a déguisé des agents en terroristes, qui ont commis des attentats et ainsi déclenché un chaos dans tout le pays. On appelle cela la « stratégie de la tension », donc on crée volontairement un chaos et des tensions pour renverser de cette manière un gouvernement, cela fonctionne, c’est prouvé historiquement.

     

    Les derniers mois, l’OTAN a intensifié les manœuvres. A la suite d’une manœuvre de l’OTAN dans plusieurs Etats européens la sécurité aérienne est même tombée en panne. Est-ce qu’il s’agit là seulement de présence militaire ou est-ce qu’il y a d’autres raisons pour les mouvements des troupes ?

     

    Que ce soit du côté de la Russie ou de l’OTAN je ne peux qu’affirmer qu’il y ait une augmentation de la présence militaire. Mais contrairement à l’opinion de beaucoup de commentateurs, je pense que nous ne nous trouvons pas au bord de la troisième guerre mondiale comme au temps de la crise de Cuba en 1962. Pourtant, nous sommes dans un climat de méfiance. Moscou et Washington se méfient l’un de l’autre, et Berlin est coincé entre les deux.

     

    En Allemagne se trouvent plusieurs bases militaires de l’OTAN, dont la base aérienne américaine Ramstein et le centre de commandement Africom à Stuttgart. Quel est le rôle actuel et futur de l’Allemagne dans la stratégie de l’OTAN ?

     

    L’Allemagne est dans l’OTAN une jeune associée parce que les USA commandent l’OTAN. Du point de vue des USA, l’Allemagne est un pays occupé. Certes, cela fait mal en lisant cela en tant que lecteur allemand, mais c’est la situation actuelle. Les Etats-Unis ont des bases militaires en Allemagne et le téléphone mobile de la chancelière Merkel est mis sur écoute par le service secret militaire américain NSA. Et lorsque les Américains disent : nous partons vers l’Hindou Kouch, les soldats allemands doivent s’y rendre et abattre les Afghans bien qu’ils n’aient jamais eu de problèmes avec eux auparavant. Cela veut dire que malheureusement l’Allemagne a pris la position d’un vassal. Et on a de la peine en Allemagne à se libérer de cette position.

     

    La raison est toute simple : les USA sont l’empire. Un empire se distingue toujours par le fait qu’il est la plus grande économie nationale du monde, mesuré au PIB. Ce sont les USA. Il a le plus grand nombre de porte-avions et la force aérienne la plus puissante quant au nombre, au type et à la modernité. Ce sont également les USA. Il détient la monnaie de réserve mondiale. C’est le dollar, donc encore une fois les USA. Et finalement, les USA disposent du plus grand nombre de bases militaires dans le monde, donc pas seulement à Guantànamo, à Diego Garcia et en Afghanistan, mais aussi à Ramstein etc. Ce qui importe en outre : l’empire domine les médias et veille à ce qu’ils informent de manière bienveillante. Voilà donc la position de l’Allemagne : elle se trouve dans une position inférieure dans l’empire américain, et la plupart des médias allemands n’osent pas parler ouvertement de ce fait. La Suisse n’est d’ailleurs pas mieux lotie se trouvant également sous la pression de l’empire US, mais au moins nous ne sommes pas membre de l’OTAN et nous n’avons pas non plus de bases militaires américaines – nous les Suisses ne voulons pas de cela.

     

    En revanche, la Suisse est, tout comme la Finlande, membre d’un stade préliminaire de l’OTAN …

     

    … du « Partnership for Peace », c’est vrai. C’est vivement critiqué en Suisse, et à juste titre, car nous ne voulons en aucun cas devenir membre de l’OTAN. Cela veut dire que certains politiciens le veulent bien, mais pas la population suisse. Lors d’une votation le Non emporterait largement, car les citoyens suisses rejettent les guerres d’agression de l’OTAN. L’opinion publique par rapport aux Etats-Unis a tourné en mal ces dernières années.

     

    Les USA apparaissent comme des menteurs parce qu’ils mènent dans le monde entier des guerres économiques. Ils ont écouté les transferts de données du monde – surtout les données SWIFT – à l’aide du service secret américain NSA et abusent de ces données au détriment des banques suisses UBS et Credit Suisse. Ils dénigrent les Suisses parce que des banques suisses ont aidé en effet des citoyens américains à frauder le fisc ce qui n’était pas juste. Mais en même temps les Suisses observent avec étonnement que la fraude fiscale aux USA – soit en Delaware soit en Angleterre, par des trusts – est toujours possible. C’est pourquoi les Suisses ne comprennent pas que les USA jouent aux redresseurs de torts contre la fraude fiscale tout en négligeant les failles dans leur propre pays. C’est pourquoi l’opinion publique est ici de plus en plus anti-américaine.

     

    Le 11-Septembre 2001 joue aussi un rôle-clé par rapport à l’OTAN car à ce moment-là la clause de défense mutuelle d’après l’article 5 est entrée en vigueur. Est-ce que la clause de défense mutuelle est toujours en vigueur ?

     

    C’est une question intéressante. On devrait la poser à l’OTAN. Après le 11-Septembre, il y eu un large débat là-dessus. En tout cas, la clause de défense mutuelle a été proclamée après le 11-Septembre, cela c’est clair. Les Américains sont venus en Europe et ont dit : c’était comme cela, et maintenant on y va dans l’Hindou Kouch. Puis 9/11 était une histoire fixe qu’on pouvait avaler ou pas. En outre, c’était le premier cas de défense mutuelle de l’OTAN dans l’histoire. Là aussi, le rôle de l’empire se manifeste. La plus importante souveraineté d’interprétation dont l’empire dispose est d’interpréter lui-même chaque événement historique. Les attentats du 11-Septembre sont contestés parmi les historiens – il existe différents avis à ce sujet. Mais dès qu’un historien ne lève la tête qu’un tout petit peu, il est hué comme théoricien conspirateur. Et cela signifie que nous n’avons pas le droit de dire : attention, lors de la mise en vigueur de l’article 5, certaines questions se posent. L’OTAN ne veut pas en parler. Elle ne veut pas de débats critiques au sujet du 11-Septembre et de l’Opération Gladio. Elle essaie simplement de supprimer ces sujets. Mais je crois, qu’elle n’y arrivera pas à long terme parce que nous vivons à l’époque de l’information. Les gens sont de plus en plus en mesure de s’acquérir différentes perspectives par rapport à un thème, et ça c’est bien.

     

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    Daniele Ganser est historien et chercheur dans le domaine de la paix. Il analyse les thèmes de l’énergie, de la guerre et de la paix d’une perspective géopolitique. Il met l’accent sur l’histoire internationale contemporaine depuis 1945, les services secrets, les unités spéciales, la stratégie de guerre secrète et la géostratégie ainsi que le pic pétrolier et des guerres de ressources. Son livre « Nato-Geheimarmeen in Europa – Inszenierter Terror und verdeckte Kriegsführung » a été publié en 2005 (« Les Armées secrètes de l’OTAN – Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest » a été publié en 2011) et traduit en dix langues.

     

    Source : Deutsche Wirtschafts Nachrichten DWN du 29/7/2014 (http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2014/07/14/nato-experte-aus…)

     

    (Traduction Horizons et débats)

     

    Horizons et débats 2014 N° 19, août 2014

    septembre 1, 2014
  • Pas besoin de l’OTAN !

    Pas besoin de l’OTAN !

    “No Need for Nato“, Paul Craig Roberts, How America was Lost, From 9/11 to the Police Warfare State, Clarity Press, Inc., Atlanta, USA, 2014, publication or. dans Trends Journal, décembre 2013. traduit par Ivo Rens.

     

    L’OTAN n’a que trop duré. L’Organisation du Traité de l’Atlantique nord a été créée le 4 avril 1949 en tant qu’alliance défensive dont l’objectif était de défendre l‘Europe occidentale en cas d’invasion soviétique. Comme l’a déclaré le premier Secrétaire général de l’Otan, cette dernière a été instituée pour garder les Russes hors d’Europe et les Américains dedans.

    L’OTAN a été ressuscitée comme armée impérale de l’Amérique. Au lieu de dissoudre l’OTAN quand l’Union soviétique s’est effondrée en 1991, Washington l’a spectaculairement étendue. En violation des accords passés entre Reagan et Gorbatchev, les régimes Clinton et George W. Bush ont agrégé à l’OTAN des parties constituantes de l’ancien empire soviétique : La Hongrie, la République tchèque, la Pologne, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovénie, la Slovaquie, la Bulgarie et la Roumanie. La France, que le général de Gaule avait retirée de l’OTAN (*), l’a rejointe en avril 2009, dix-huit ans après l’effondrement de l’Union soviétique, en même temps que la Croatie et l’Albanie. Actuellement, le régime Obama travaille à y incorporer deux ex-Républiques soviétiques, l’Ukraine et la Géorgie.

    On s’efforce actuellement d’étendre cette structure au Japon. Le 15 avril 2013, le Secrétaire général de l’OTAN Rasmussen et le Premier ministre japonais Abe ont signé une Déclaration politique conjointe. Cette Déclaration conjointe reconnaît que le Japon et l’OTAN font face aux mêmes défis sécuritaires et se sont rapprochés du fait des valeurs qu’ils ont en commun. Il apparaît que Washington utilise le Japon pour étendre la menace de l’OTAN sur la Chine.

    En outre, le régime Bush a instauré le commandement Etats-Unis-Afrique qui est entré en vigueur en 2007. La mission de ce nouveau commandement est de “protéger et défendre les intérêts sécuritaires nationaux des Etats-Unis en renforçant les capacités défensives des Etats africains… afin de dissuader et vaincre les menaces transnationales.“

    Le complexe militaro-sécuritaire est devenu fabuleusement riche en définissant des menaces pour l’Amérique dans tous les coins du monde et en y installant des centaines de bases militaires américaines.

    La “guerre contre le terrorisme“ (war on terror) a servi de couverture pour faire d’une grande partie du monde l’Armée de l’Empire américain. L’objectif principal de l’Armée impériale est d’établir l’hégémonie des Etats-Unis sur le monde. L’hégémonie américaine est l’idéologie des néoconservateurs qui en veulent encore au Président Reagan d’avoir mis fin à la guerre froide par la diplomatie plutôt que d’y avoir mis fin par une victoire militaire. Reagan a déclaré à de nombreuses reprises que son but était de mettre fin à la guerre froide et non point de la gagner. Je le sais. J’y étais. J’y ai pris part.

    Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée, les néoconservateurs ont accentué leur pression en faveur de la suprématie américaine. La sécurité face à une vague “menace terroriste“ devint une nouvelle source d’argent pour le complexe militaro-sécuritaire. Les Etats-Unis et l’Europe, aux prises avec des économies chancelantes, incapables de maintenir leurs infrastructures sociales, leurs systèmes de santé et de pensions, sacrifient tout pour financer une gigantesque armée impériale chargée de se protéger contre quelques terroristes apatrides.

    Que peut donc signifier la prétention d’exercer une hégémonie mondiale si votre société se désarticule ? L’effondrement de la société occidentale est une menace d’une tout autre dimension que celle que présentent quelques terroristes apatrides. Il est insensé que Washington multiplie les commandements militaires alors qu’elle est incapable de faire face aux dépenses de son système d’assurances maladie (Medicare) et de verser leurs pensions à ses vétérans.

    La création de l’OTAN est l’un des premiers actes de la guerre froide. Il n’était pas prouvé que l’Union soviétique avait l’intention d’envahir l’Europe occidentale. Bien que Staline eût refusé de soutenir l’insurrection spontanée des communistes grecs en 1948, le Président Truman et ses conseillers imaginèrent que cette insurrection s’inscrivait dans un plan soviétique de domination mondiale, comme les administrations ultérieures américaines l’imaginèrent pour le Vietnam.

    Staline a enterré toute perspective de révolution mondiale quand il l’a emporté sur l’avocat de cette idée, Léon Trotsky, le fondateur et le chef de l’Armée rouge dans la guerre civile russe, pour qui l’objectif du communisme était la “révolution permanente“ à l’échelle international. Staline s’était prononcé pour “la révolution dans un seul pays“. Mais le mythe de l’Union soviétique poursuivant la révolution mondiale persista de l’administration Truman jusqu’à la première conférence de presse de Reagan, le 29 janvier 1981.

    L’entretien de ce mythe fut très bénéfique pour les profits et le pouvoir du complexe militaro-sécuritaire américain. Quand l’effondrement soviétique fit disparaître cette menace, le complexe militaro-sécuritaire la remplaça par une nouvelle menace – le terrorisme islamique – et il l’a utilisée pour accroître le budget militaro-sécuritaire et les restrictions aux libertés civiles bien au-delà des niveaux atteints en exagérant la menace soviétique. N’est-il pas évident que des musulmans munis de cutters sont plus terrifiants que les Soviétiques avec des armes nucléaires ?

    Les Soviétiques, qui n’avaient nul dessein militaire sur l’Europe occidentale, perçurent la création de l’OTAN comme un encerclement anglo-américain de l’Union soviétique. La réplique de l’Union soviétique fut la formation du Pacte de Varsovie avec l’Europe orientale, six ans après la création de l’OTAN. Le Pacte de Varsovie fut immédiatement dépeint à tort par les tenants occidentaux de la guerre froide comme la preuve du dessein militaire soviétique sur l’Europe.

    A cette époque, les magazines américains d’information étaient remplis de cartes montrant les divisions du Pacte de Varsovie rangées face au divisions de l’OTAN. La disparité numérique entre les deux camps était tellement favorable aux Soviétiques que le Président Eisenhower désespéra de trouver les ressources financières pour combler l’inégalité en hommes et en armements conventionnels. Optant pour une meilleure efficacité financière, il orienta la doctrine militaire américaine à miser sur les armes nucléaires. Les Républicains de l’époque, comme à présent, étaient obnubilés par les déficits budgétaires et le Président Eisenhower tenait les déficits budgétaires pour plus menaçants que la guerre nucléaire.

    Il est douteux que l’OTAN ait jamais poursuivi un objectif commensurable au risque qu’il suscitait. En tout état de cause, l’OTAN a perdu sa raison d’être voici 22 ans quand l’Union soviétique s’effondra. Si l’OTAN existe aujourd’hui, c’est parce Washington l’a retournée et reconstituée pour en faire une alliance militaire offensive au service des guerres américaines pour l’hégémonie mondiale.

    Le Gouvernement russe comprend bien que l’élargissement de l’OTAN aux anciens pays membres du Pacte de Varsovie, ainsi qu’à des anciennes républiques soviétiques qui faisaient partie de l’Union soviétique, constitue un encerclement. Cet encerclement audacieux et arrogant de la Russie par Washington et ses Etats vassaux de l’OTAN est souligné par l’installation de bases américaines de missiles sur le territoire de l’ancien Pacte de Varsovie. L’objectif de ces bases de missiles est de neutraliser et de dégrader la dissuasion nucléaire de la Russie. Personne ne croit en l’affirmation de Washington que ces bases de missiles antibalistques sur les frontières de la Russie sont dirigées contre l’Iran. L’encerclement de la Russie décidé par Washington est arrogant et périlleux.

    La Russie actuelle n’est pas l’Union soviétique, mais elle dispose de suffisamment d’armes nucléaires et de vecteurs pour détruire l’Europe occidentale et les Etats-Unis. Quel objectif poursuit donc Washington en utilisant l’OTAN agressivement contre la Russie ?

    Cet objectif vaut-il le risque d‘une guerre nucléaire ? Pourquoi Washington a-t-elle fait monter la tension au point que le vice-ministre de la défense de la Russie, Anatoly Antonov, s’est senti obligé de dire publiquement, le 2 juillet 2013, qu’aucun pays ne pourra impunément attaquer les forces stratégiques nucléaires de la Russie.

    Pourquoi les acteurs politiques de Washington, vautrés dans leur orgueil, ont amené les Russes à percevoir un tel niveau de menace ? La réponse est que l’engagement de Washington dans le complexe militaro-sécuritaire place le profit bien au-dessus de la vie. Pour le complexe militaro-sécuritaire, les Américains ne peuvent avoir trop d’ennemis. La protection de la sécurité de l’Amérique est une affaire profitable.

    Washington a utilisé pour la première fois l’OTAN comme arme offensive pour faire éclater la Yougoslavie en 1993-1995. Les raids aériens et bombardements de l’OTAN ont fait échouer les tentatives du gouvernement yougoslave de prévenir l’éclatement du pays en ses parties constitutives. En 1999, Washington a encore utilisé l’OTAN pour séparer la Serbie de son berceau historique, le Kosovo, et le confier à des Musulmans.

    En 2001, Washington prétendit que l’attaque du 11 septembre avait été ourdie par l’Afghanistan et elle a forcé l’OTAN à invoquer l’article 5. Cet article dispose qu’une attaque contre un membre de l’alliance constitue une attaque contre tous, obligeant tous les pays membres de l’OTAN à se porter au secours de Washington. En imposant à l’OTAN d’invoquer l’article 5, Washington s’est donné un alibi pour sa guerre d’agression contre l’Afghanistan, actuellement dans sa douzième année. Il est invraisemblable que le Congrès ait autorisé l’exécutif à gaspiller des trillions de dollars dans ses guerres en Afghanistan et en Irak alors que Washington dépend de la Réserve fédérale pour financer ses déficits en imprimant de la monnaie et qu’elle envisage de réduire ses prestations en sécurité sociale, assurances maladie et pensions allouées aux vétérans pour réduire le déficit du budget fédéral.

    En 2011, le régime Obama a utilisé l’OTAN pour renverser le gouvernement de la Libye. Jusqu’à ce qu’il en soit empêché par la Russie et le Parlement britannique, le régime Obama s’est efforcé d’impliquer l’OTAN dans le conflit syrien, lequel avait été amorcé par Washington qui avait obtenu que l’Arabie saoudite et les Emirats pétroliers arment les Islamistes désireux de renverser le gouvernement laïc d’Assad.

    En 2008, encouragée par Washington, la ci-devant République soviétique de Géorgie attaqua les troupes russes du maintien de la paix et la population de l’Ossétie du sud. En rassurant le Gouvernement géorgien, Washington avait mal calculé la réponse russe. Les militaires russes prirent rapidement le dessus sur l’armée géorgienne, entraînée et armée par les Etats-Unis et Israël, et n’auraient aucune peine à réintégrer la Géorgie à la Russie avec laquelle elle était unie pendant 200 ans et à laquelle beaucoup pensent qu’elle appartient.

    Méditant une revanche, ce qui paraît avoir été la principale motivation de Washington dans son histoire, les dirigeants des Etats-Unis s’efforcent de convaincre l’OTAN d’admettre en son sein la Géorgie, un Etat situé en Asie, entre la Mer noire et la Mer caspienne, bien à l’écart de l’Océan atlantique. L’appartenance de la Géorgie à l’OTAN ferait de ce pays un protectorat des Etats-Unis et de l’OTAN, ce qui permettrait à Washington de narguer Poutine et de faire savoir à la Russie qu’elle devra consentir à la prochaine agression de la Géorgie ou risquer une guerre générale avec l’Occident.

    Washington ne pouvait donner plus clair message de son arrogance et de son désir de risquer la guerre seulement pour des raisons de prestige. Mais, pour les Etats de l’OTAN vassaux de Washington, les enjeux sont extrêmement élevés : ils sont constitués par toutes les capitales d’Europe et par l’existence même de la population européenne.

    C’est l’OTAN qui permet à Washington d’être arrogante et agressive. Sans l’alibi que lui offre l’OTAN et les bases qu’elle met à sa disposition, Washington devrait troquer son arrogance guerrière contre un comportement de bon voisinage. Les Européens se sont montrés réticents à l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN précisément pour les raisons susmentionnées, mais Washington insiste et généralement elle l’emporte grâce à la corruption, aux menaces et aux pressions politiques.

    Si tant est que les media américains rendent compte de ces dangereux développements, ils le font sur le ton d’un commentateur sportif partisan qui applaudit aux victoires de son équipe. L’utilisation agressive que fait Washington de l’OTAN contre la sécurité de la Russie peut facilement déraper sur une erreur de calcul.

    Washington utilise l’OTAN pour incorporer les forces militaires des 27 pays membres dans son Armée impériale. Par exemple, les navires de la marine espagnole sont dotés de sytèmes d’armement américains tels que AEGIS et sont intégrés aux forces américaines sous la rubrique “interopérabilité entre les nations membres de l’OTAN“. Autrement dit, les Gouvernements européens perdent peu à peu le contrôle de leurs propres forces armées qui sont progressivement inaptes à opérer en dehors de la structure de l’OTAN dominée par les Etats-Unis.

    Ensuite de leur défaite lors de la IIe Guerre mondiale, l’Allemagne et le Japon se sont vu interdire toute capacité militaire offensive. A présent, l’une et l’autre sont en train d’être incoroporés dans les forces au service des guerres de Washington pour l’hégémonie mondiale.

    En tant que facilitateur de l’agression américaine, l’OTAN est coûteuse. Les budgets militaires des pays de l’OTAN représentent 70% des dépenses militaires mondiales. En raison de contestations quant au critère de souveraineté, le nombre de pays dans le monde ne peut être déterminé avec précision. Mais des frontières séparent entre 190 et 206 pays.

    Si nous retenons le nombre le plus bas, ces 70% sont le fait de seulement 15% des pays du monde. Inversément, 85% des pays du monde, y compris la Chine, l’Inde, l’Iran et la Russie ne sont responsables que de 30% des dépenses militaires mondiales. Manifestement, Washington a affûté l’OTAN en un outil d’agression militaire.

    L’Europe ne peut se permettre de combattre pour Washington au Moyen-orient, en Afrique, et en Asie. L’Europe n’a pas les moyens de résoudre ses problèmes d’endettement public et elle doit se résoudre à imposer à ses populations une sévère austérité. Elle voit croître le chômage et la pauvreté. Néanmoins, les pays européens, qui n’arrivent plus à payer leurs policiers, leurs enseignants et leurs services médicaux, dépensent de l’argent qu’ils n’ont pas afin de combattre pour l’hégémonie américaine dans de lointaines régions du monde où ils n’ont nul intérêt national à défendre.

    Les Polonais, les Hongrois et les Tchèques se sont révoltés contre leurs maîtres soviétiques. Washington évite la révolte en soudoyant les gouvernements européens. En jouant son rôle de facilitateur pour Washington, l’OTAN pave la voie à la IIIe Guerre mondiale. La décision de la Pologne d’accepter des bases de missiles américains sur sa frontière avec la Russie pourrait bien être le pas décisif vers la IIIe Guerre mondiale.

    De nos jours, les Etats-Unis ne sont en butte à aucune puissance hostile. Bien que la Russie et la Chine disposent de capacités militaires substantielles et que leurs gouvernements respectifs soient tous deux qualifiés d’autoritaires par les propagandistes occidentaux, ni l’une ni l’autre ne représente une idéologie communiste hostile à l’Occident. Les gouvernements de ces deux pays s’efforcent d’éviter des conflits avec les Etats-Unis et d’améliorer le bien-être de leurs citoyens.

    La seule idéologie dangereuse dans le monde d’aujourd’hui est l’idéologie néoconservatrice de Washington. Cette idéologie proclame que les Etats-Unis sont la “nation indispensable“ qui a le droit et la responsabilité d’imposer au monde son système économique et politique. Claes Rijn voit dans le néoconservatisme “le nouveau jacobinisme“, une reprise de la Révolution française, visant cette fois non seulement l’Europe mais le monde entier.

    Le néoconservatisme est une idéologie agressive qui suscite l’autojustification et le militarisme. Témoigne de cette agressivité le Rapport du Pentagone au Congrès en date du 19 juin 2013, Rapport qui définit la stratégie de guerre nucléaire des Etats-Unis. Ce Rapport atteste que plus de deux décennies après l’effondrement de la “menace soviétique“, les Etats-Unis continuent à se préparer à une guerre nucléaire.

    Le Rapport s’efforce d’endormir la Russie en déclarant “nous n’avons nullement l’intention de contester la dissuasion stratégique nucléaire de la Russie ni de déstabiliser notre relation stratégique militaire avec la Russie“. Toutefois, ce Rapport revient sur l’Examen 2010 de la stratégie nucléaire qui fixait l’objectif de limiter la raison d’être des armes nucléaire des Etats-Unis à la dissuasion d’une attaque nucléaire.

    Le Rapport de 2013 déclare : “Nous ne pouvons adopter une telle politique aujourd’hui“.

    L’excuse avancée par Washington pour garder le droit de prendre l’initiative d’une attaque nucléaire est la menace de “terrorisme nucléaire“ que présenteraient “Al-Qaïda et ses alliés extrémistes“. Al-Qaïda n’est pas un Etat ni un pays. Le Rapport ne précise nullement comment une attaque préventive américaine pourrait être utilisée contre Al-Qaïda. En vérité, l’extrémisme d’Al-Qaïda est le résultat de l’impérialisme de Washington. Si Washington se désintéressait des musulmans, l’extrémisme se résorberait entre Sunnites et Chiites et entre laïcs et Islamistes.

    Si les Etats-Unis renonçaient à leur politique interventionniste, la menace terroriste diminuerait.

    En dépit de l’hostilité élevée qu’ils vouent aux Américains, les terroristes tchétchènes collaborent avec Washington dans leurs efforts de déstabiliser la région russe du Caucase septentrional.

    L’utilisation par Washington de l’extrémisme musulman date de l’invasion soviétique de l’Afghanistan. Lorsque Gorbatchev devint Secrétaire général, il informa Washington qu’il retirait les troupes soviétiques d’Afghanistan. Dans leur livre The Untold History of the United States, (L’histoire cachée des Etats-Unis), Oliver Stone et Peter Kuznick relatent que, au lieu de faciliter la fin du conflit, les Etats-Unis s’efforcèrent de fixer les forces soviétiques en Afghanistan aussi longtemps que possible en fournissant armes et argent à Ben Laden et Al Zawahiri, et en bloquant les tentatives onusiennes de négocier un arrangement.

    Les néoconservateurs sont amers du fait que la Guerre froide ne s’est pas terminée par un triomphe militaire des Etats-Unis sur la Russie. Un triomphe, tel est l’objectif que ces dangereux bellicistes persistent à poursuivre.

     

    (*) L’auteur se trompe : à l’initiative du général de Gaulle, la France n’a nullement quitté l’OTAN, elle s’est seulement retirée de la structure militaire intégrée de l’OTAN en 1966. (Note du trad. IR)

    août 28, 2014
  • “The Russian Aggression Prevention Act” (RAPA): A Direct Path to Nuclear War with Russia

    By Steven Starr,
    Global Research,

    August 22, 2014

    The Russian Aggression Prevention Act”, introduced to Congress by U.S. Senator Bob Corker (R-Tenn.), will set the US on a path towards direct military conflict with Russia in Ukraine.

    Any US-Russian war is likely to quickly escalate into a nuclear war, since neither the US nor Russia would be willing to admit defeat, both have many thousands of nuclear weapons ready for instant use, and both rely upon Counterforce military doctrine that tasks their military, in the event of war, to preemptively destroy the nuclear forces of the enemy.

    RAPA provides de facto NATO membership for Ukraine, Georgia, and Moldova via RAPA

    The Russian Aggression Prevention Act, or RAPA, “Provides major non-NATO ally status for Ukraine, Georgia, and Moldova for purposes of the transfer or possible transfer of defense articles or defense services.” Major non-NATO ally status would for practical purposes give NATO membership to these nations, as it would allow the US to move large amounts of military equipment and forces to them without the need for approval of other NATO member states. Thus RAPA would effectively bypass long-standing German opposition to the US request to make Ukraine and Georgia part of NATO.

    Germans rightly fear placing US/NATO troops and US Ballistic Missile Defense (BMD) in Ukraine, given the profound and long-standing Russian objections against the expansion of NATO (especially to Ukraine and Georgia) along with deployment of European US/NATO BMD.  Germany is acutely aware of the distinct possibility that the civil war raging in Ukraine could evolve into a Ukrainian-Russian war. Under such circumstances, deployment of US/NATO forces in Ukraine would make it virtually inevitable they would come into fight with Ukraine against Russia.

    RAPA would accelerate the “implementation of phase three of the European Phased Adaptive Approach for Europe-based missile defense . . . by no later than the end of calendar year 2016.”  In 2012, Russia’s highest ranking military officer stated that Russia might consider a pre-emptive strike against such BMD deployments “when the situation gets harder.”

    RAPA “Directs DOD [US Department of Defense] to assess the capabilities and needs of the Ukrainian armed forces” and “Authorizes the President, upon completion of such assessment, to provide specified military assistance to Ukraine.”  RAPA would have the US quickly supply Ukraine with$100 million worth of weapons and equipment, including anti-tank and anti-aircraft weapons, crew weapons, grenade launchers, machine guns, ammunition, and Mine Resistant Ambush Protected vehicles.

    RAPA requires the Obama administration to

    “use all appropriate elements of United States national power…to protect the independence, sovereignty, and territorial and economic integrity of Ukraine and other sovereign nations in Europe and Eurasia from Russian aggression.” This includes “substantially increasing United States and NATO support for the armed forces of the Republics of Poland, Estonia, Lithuania, and Latvia,” and “substantially increasing the complement of forward-based NATO forces in those states.”

    Consequently, RAPA would produce significant buildups of US/NATO forces into Poland and the Baltic States, accelerate the construction of US BMD systems in Eastern Europe, and authorize substantial U.S. intelligence and military aid for Ukrainian military forces that continue to lay siege to the largest cities in Eastern Ukraine. If RAPA did not result in the deployment of US forces to Ukraine, it would certainly position them for rapid deployment there, in the event that the Ukrainian civil war escalates into a Ukrainian-Russian conflict.

    RAPA intensifies support for ethnic cleansing in Eastern Ukraine

    In Russia, Putin now is under intense domestic political pressure to send Russian forces into Eastern Ukraine, in order to stop the attacks by the Ukrainian military on the cities there, which were once part of the Soviet Union.These attacks have created an absolute humanitarian catastrophe.

    On August 5, 2014, the Office of the United Nations High Commissioner for Refugees reported that 740,000 Eastern Ukrainians had fled to Russia. They go there because Russia is close, and because most of the refugees are ethnic Russians, a fact that explains why the Russophobes in Kiev have been quite willing to indiscriminately bombard their cities.

    What is taking place in Eastern Ukraine amounts to “ethnic cleansing,” the forced removal of ethnic Russians from Eastern Ukraine. This is a process that is fully supported by the US; RAPA would greatly enhance this support.

    Ukrainian military forces have surrounded Donetsk – a city of almost one million people – and have for weeks conducted daily attacks against it using inaccurate multiple-launch rockets, heavy artillery fire, ballistic missiles carrying warheads with up to 1000 pounds of high explosive, and aerial bombardments. Water supplies, power plants, train stations, airports, bridges, highways, and schools have all been targeted, along with the general population. In Lugansk, a city of more than 440,000 people, a humanitarian crisis has been declared by its mayor, because the siege of the city has left it with little medicine, no fuel,intermittent power, and no water since August 3 (three weeks at the time of this writing).

    After the separatists of Eastern Ukraine demanded autonomy from Kiev, and then reunion with Russia, the government in Kiev branded them as “terrorists”, and sent its military forces against them in what they euphemistically call an “anti-terrorist operation.” Framing the conflict this way makes it politically acceptable to refuse to negotiate with the separatists, and easier to justify in the US and Europe, which have grown accustomed to “the War on Terrorism.” However, the thousands of Ukrainians being killed and hundreds of thousands of being driven from their homes are just ordinary people, trying to live ordinary lives.

    The New York Times reports the Ukrainian military strategy has been to bombard separatist-held cities and then send paramilitary forces to carry out “chaotic, violent assaults” against them. Many of the Ukrainian paramilitary forces were recruited from ultra-nationalist, neo-Nazi political parties; the Azov battalion flies the “Wolfs Hook” flag of Hitler’s SS divisions. Considering that more than 20 million Russians died fighting the Nazis during World War II, the presence of openly Nazi militias attacking ethnic Russians in Ukraine creates extreme anger in Russia.

    RAPA supports plans in Kiev for an attack on Crimea

    The Russian Aggression Prevention Act demands that Russia “withdraw from the eastern border of Ukraine,” which is by definition, the Russian border.  In other words, RAPA provocatively demands that Russia remove its own military forces away from its own borders, while Ukrainian military forces are meanwhile massed on the other side, attacking predominantly Russian cities.

    RAPA also demands that “Russian forces must have withdrawn from Crimea within seven days of the enactment of the Act.” Not likely to happen, given that

    (1) Crimea was part of the Russian empire from 1783 until 1954,

    (2) withdrawal from Crimea would require Russia to abandon its only warm water port at Sevastopol, where Russian forces have been based, by internationally recognized treaty, since 1997, and

    (3) more than three-quarters of all Crimeans voted “yes” to reunify with Russia, a vote which Russia accepted by its subsequent annexation of Crimea.

    Thus, in the eyes of Russia, the requirement to “withdraw from Crimea” amounts to a US demand that Russia surrender Russian territory. Putin has just taken the entire Russian Duma (the Russian House of Representatives) to Crimea, to address them there and strongly make the point that there will be no withdrawal from Crimea.

    RAPA, however, stipulates that the US does not recognize the Russian annexation of Crimea, and creates sanctions and legal penalties for anyone who does. RAPA therefore provides both military and political support for Ukrainian President Poroshenko’s stated goat that Ukraine will retake Crimea.

    This goal was recently echoed by the Ukrainian defense minister, who was applauded by the Ukrainian Parliament when he told them that the Ukrainian army will “have a victory parade in Sevastopol“. These statements are taken seriously in Moscow, where they are viewed as a promise to attack Russia. Thus, Putin’s advisers are telling him he must fight today in Eastern Ukraine, or tomorrow in Crimea.

    Any Russian military intervention in Eastern Ukraine would certainly be described in the West as Russian aggression in pursuit of empire, which would trigger deafening demands that US/NATO forces act to support Ukraine. Should NATO intervene, subsequent Russian military action against any NATO member would trigger the alliance’s Chapter 5 mutual defense clause, committing it to war with Russia.

    Any major Ukrainian attack upon Crimea would make war with Russia inevitable. Ukraine appears to be preparing for such an assault by drafting all men of ages 18 to 60 years, in a forced mobilization of its armed forces, which also includes calling up its active reserves of one million men, and bringing more than 1000 battle tanksout of storage.  Putin is being told by his close advisers that Ukraine will have an army of half a million men in 2015.

    RAPA would provide hundreds of millions of dollars to train and arm the rapidly expanding Ukrainian armed forces, and position US/NATO forces for rapid intervention on the side of Ukraine in the event of a Ukrainian-Russian war. Thus, the many political and military provisions of RAPA would certainly act to fully encourage Ukraine to carry out its stated policy to retake Crimea. The Republic of Georgia attacked Russian forces in 2008 with far fewer US promises of aid. Of course, RAPA would also arm Georgia, too.

    RAPA moves the US towards nuclear war with Russia

    A US/NATO-Russian war would instantly put US and Russian nuclear forces at peak alert, with both sides anticipating a nuclear first-strike from the other. Both the US and Russia have changed their nuclear war-fighting plans to include the use of preemptive nuclear first-strikes; both nations have “tactical” nuclear weapons designed for battlefield use.

    The US has 180 B61 nuclear bombs deployed on six military bases of five other NATO states, which would be released to these NATO members in the event of a US/NATO-Russian war. Russia also has at least 1300 tactical nuclear weapons, and Russian war doctrine specifies their use against overwhelming conventional (NATO) forces. Any use of “tactical” or “battlefield” nuclear weapons, by either side, would likely trigger an equal or greater response from the other.

    During the first Cold War, the US studiously avoided any direct military confrontation with Russia, because it was widely thought that such a war would inevitably escalate to become a nuclear war – which would utterly destroy both nations. However, there seems to be little thought or discussion of this in the US today, despite the fact that both the US and Russia appear to be preparing for such a war.

    In May, the increasing tensions in Ukraine led both nations to almost simultaneously conduct large nuclear war games.  Long-range Russian nuclear bombers tested US air defenses16 times in a ten day period (July 29 – August 7). US and Russian leaders are either unaware or choose to ignore the fact that such “games” and “tests” are a dress rehearsal for human extinction.

    Peer-reviewed scientific studies predict the environmental consequences of a war fought with only a fraction of US and/or Russian strategic nuclear weapons would likely wipe out the human race. Scientists predict that even a “successful” US nuclear first-strike, which destroyed 100% of Russia’s nuclear forces before they could be launched, would create catastrophic changes in global weather that would eliminate growing seasons for years. Most humans and large animals would starve to death.

    Nuclear war is suicide for humans, but our leaders still have their fingers on the nuclear triggers. There seems to be absolutely no awareness, either in our Federal government or in the American public, of the existential danger posed by nuclear war. Such ignorance is embodied by The Russian Aggression Prevention Act, which if enacted will put us on a direct course for nuclear war with Russia.

    Steven Starr, Senior Scientist, Physicians for Social Responsibility

    © 2014 Global Research

    août 25, 2014
  • Remarques sur le style et la rhétorique de Paul Craig Roberts

    Par sa rudesse et sa crudité, le style et la rhétorique de Paul Craig Roberts sont bien propres à déplaire aux spécialistes des relations internationales, aux diplomates, aux fonctionnaires internationaux et même au citoyen Lambda qui s’efforce de suivre dans ses journaux habituels les nouvelles sur l’évolution de la situation mondiale.

    On y trouve, en effet, des expressions telles que les “medias presstitués“ pour désigner les organes de presse et d’information vénaux ou sous influence, dont la priorité n’est pas la vérité des faits et des situations, ou telles que les “Etats vassaux de l’Union Européenne“ pour rappeler qu’en tant que membres de l’OTAN, ces Etats ne disposent plus que d’une souveraineté restreinte en matière de politique étrangère, cette dernière leur étant, pour l’essentiel, dictée par Washington, ou encore telles que “les idiots de Washington“ pour souligner l’irresponsabilité foncière des responsables politiques actuels des Etats-Unis d’Amérique.

    Ce style hyperbolique n’est pas sans rappeler celui de certains mouvements d’extrême gauche, ce à quoi d’aucuns rétorqueront que la chose ne doit pas étonner venant d’un homme d’extrême droite. Or c’est là une erreur. Paul Craig Roberts est assurément un homme de droite, ils est parfois classé comme paléo-conservateur, mais il n’est en aucune façon un homme d’extrême droite comme en témoignent ses prises de position sur les droits humains et sur le programme de sécurité sociale du Président Obama. C’est un libéral politique et économique, passionnément attaché à l’Etat de droit et à la vénérable Constitution américaine de 1787, mais aussi au respect du droit international.

    Alors, quelle explication donner à la rudesse et la crudité du style de Paul Craig Roberts ? Imaginez un médecin consciencieux ayant longtemps travaillé dans un hôpital, mais l’ayant quitté à sa retraite, et qui aurait appris que ses successeurs, sous prétexte de soigner les malades, les utilisent comme cobayes pour des armes biologiques, tout en étant couverts par le secret défense. Croyez-vous qu’un tel médecin usera d’un langage poli et prudent pour dénoncer les turpitudes de ses successeurs ? Non ! Il clamera haut et fort son indignation et l’indignité des silences complices. C’est ce que fait Paul Craig Roberts et c’est ce qui fait son style.

    Ivo Rens
    Genève, août 2014.

    août 20, 2014
  • The World Is Doomed By Western Insouciance

    don’t expect to live much longer

    Paul Craig Roberts
    (Who is Paul Craig Roberts?)

    European governments and the Western media have put the world at risk by enabling Washington’s propaganda and aggression against Russia.

    Washington has succeeded in using transparent lies to demonize Russia as a dangerous aggressive country led by a new Hitler or a new Stalin, just as Washington succeeded in demonizing Saddam Hussein in Iraq, the Taliban in Afghanistan, Qaddafi in Libya, Assad in Syria, Chavez in Venezuela, and, of course, Iran.

    The real demons–Clinton, Bush, Obama–are “the exceptional and indispensable people” above the reach of demonization. Their horrific real crimes go unnoticed, while fictitious crimes are attributed to the unexceptional and dispensable people and countries.

    The reason that Washington demonizes a leader and a country is to permit the creation of circumstances that Washington can use to act with force against a leader and a country.

    Washington’s incessant lies alleging “Russian aggression” have created Russian aggression out of thin air. John Kerry and the State Department’s Marie Harf issue new lies daily, but never any supporting evidence. With the stage set, the US Senate, the NATO commander and the Chairman of the US Joint Chiefs of Staff are busy at work energizing the wheels of war.

    Senate bill 2277 provides for beefing up forces on Russia’s borders and for elevating Ukraine’s status to “ally of the US” so that US troops can assist the war against “terrorists” in Ukraine. http://un.ua/eng/article/522930.html See also: http://www.globalresearch.ca/collapse-of-ukraine-government-prime-minister-yatsenyuk-resigns-amidst-pressures-exerted-by-the-imf/5393168

    NATO commander Breedlove is preparing his plans for stockpiling war material on Russia’s borders so that US/NATO troops can more quickly strike Russia. http://rt.com/news/175292-nato-poland-supply-base/

    Chairman of the US Joint Chiefs of Staff, General Martin Dempsey, is at work preparing American opinion for the upcoming war.

    On July 24 Dempsey told the Aspen Security Forum, a high level group where US opinion is formed, that Putin’s aggression in Ukraine is comparable to Stalin’s invasion of Poland in 1939 and that the Russian threat was not limited to Ukraine or Eastern Europe but was global. http://www.commondreams.org/news/2014/07/25/gen-dempsey-were-pulling-out-our-cold-war-military-plans-over-ukraine

    The intellects in the Aspen Forum did not break out laughing when Dempsey told them that Russia’s (alleged but unproven) involvement in Ukraine was the first time since 1939 that a country made a conscious decision to use its military force inside another sovereign nation to achieve its objectives. No one asked Dempsey what Washington has been doing during the last three presidential regimes: Clinton in Serbia, Bush and Obama in Afghanistan, Iraq, Somalia, Pakistan, and Yemen, Obama in Libya and Syria.

    Here are Dempsey’s words: “You’ve got a Russian government that has made a conscious decision to use its military force inside another sovereign nation to achieve its objectives. It’s the first time since 1939 or so that that’s been the case. They clearly are on a path to assert themselves differently not just in Eastern Europe, but Europe in the main, and towards the United States.”

    Washington’s view that the world is its oyster is so ingrained that neither Dempsey nor his upper echelon audience at the Aspen Forum noticed the absurdity of his statement. Washington and the brainwashed US population take if for granted that the “exceptional, indispensable nation” is not limited in its actions by the sovereignty of other countries.

    Washington takes for granted that US law prevails in other countries over the countries’ own laws–just ask France or Switzerland, that Washington can tell foreign financial institutions and corporations with whom they can do business and with whom they cannot–just ask every country and company prevented from doing business with Iran, that Washington can invade any country whose leader Washington can demonize and overthrow–just ask Iraq, Honduras, Libya, Serbia, and so forth, and that Washington can conduct military operations against peoples in foreign countries, such as Pakistan and Yemen, with which Washington is not at war.

    All of this is possible, because Washington has claimed the title from Israel of being “God’s Chosen People.” Of course, Israel’s loss of the title has not stopped Israel from acting the same way.

    Washington now has in motion the wheels of war. Once the wheels of war begin to turn, momentum carries them forward. The foolish, indeed utterly stupid, governments and media in Europe seem unaware of Washington’s orchestration of their future or lack thereof, or they are indifferent to it. They are dooming themselves and all of humanity by their insouciance. Heaven help if the British PM or French president or German chancellor were not invited to the White House or the Polish nonentity did not get his Washington stipend.

    Readers who cannot tolerate problems without solutions always request solutions. OK, here is the solution:

    The only possibility of avoiding war is that Putin take his case to the UN. If Washington can send Colin Powell to the UN unarmed with any truth to make Washington’s case for war against Iraq, Putin should be able to take his case to the UN against Washington’s war against Russia.

    The case that the emperor has no clothes is an easy one to make.

    Unlike Washington, Putin is willing to share the evidence that Russia has about who is doing what in Ukraine. It is a simple matter to establish that Washington organized a coup that overthrew an elected government, supports violence against those who object to the coup, and has turned a deaf ear to Russia’s repeated pleas for Kiev and the separatists to negotiate their differences.

    Putin should make it clear to the world that Washington continues with provocative military steps against Russia, with force buildups on Russia’s borders and calls for more buildups, with S.2277 which reads like a US preparation for war, with provocative actions and accusations by top US generals and government officials against Russia, and with efforts to isolate Russia and to inflict economic and political injury on Russia.

    Putin should make it clear to the world that there is a limit to the provocations that Russia can accept and that Russia believes that Russia is in danger of preemptive nuclear attack by Washington. Putin can describe Washington’s withdrawal from the ABM treaty, the construction of ABM bases on Russia’s borders, and the announced change in Washington’s war doctrine that elevates US nuclear forces from a retaliatory role to a preemptive first strike role. These actions are clearly directed at Russia (and China–wake up China! You are next!).

    Putin must state clearly that the likely consequence of the world continuing to enable Washington’s lies and aggression will be not merely another disastrous war but the termination of life.

    The governments of the world, especially Washington’s vassals in Europe, Canada, Australia, and Japan, need to be told that it is their responsibility to stop their enabling of Washington’s aggression or to accept their responsibility for World War III.

    At least we could all have the enjoyment of watching the arrogant Samantha Powers and the craven British lapdog rise and walk out of the UN proceedings. There is no doubt whatsoever that Washington is unable to answer the charges.

    Here again is the Wolfowitz Doctrine that controls US foreign policy and that condemns Planet Earth to death:

    “Our first objective is to prevent the re-emergence of a new rival, either on the territory of the former Soviet Union or elsewhere, that posses a threat on the order of that posed formerly by the Soviet Union. This is a dominant consideration underlying the new regional defense strategy and requires that we endeavor to prevent any hostile power from dominating a region whose resources would, under consolidated control, be sufficient to generate global power.”

    A hostile power is defined as any country that is not a Washington vassal.

    The Wolfowitz Doctrine commits the United States, its peoples, Washington’s gullible EU allies and those peoples to war with Russia and China. Unless Russia and China surrender, the world will be destroyed.

    The destruction of the world is what the idiot EU governments and the presstitute Western media are fostering by their enablement of Washington’s lies and aggression.

    —————–

    Source : http://www.paulcraigroberts.org

    août 20, 2014
  • La despreocupación occidental condena al mundo

    No esperen Ustedes vivir mucho tiempo más

    Paul Craig Roberts
    26.07.2014

    traducido en español por Danièle Rens,
    7 de Agosto, 2014.

    Presentación del autor

    Paul CRAIG ROERTS, es un ex Vice-Ministro de Haciendas del Presidente Reagan de los años 1980 así como un ex Redactor-Jefe adjunto del Wall Street Journal, quien luego se ha distanciado de la manera neoliberal de proceder a la desregulación, pero no del liberalismo económico y político.

    Se opuso a la política estranjera de Clinton y fué un adversario convencido de la guerra emprendida por George W. Bush contra Irak. Considera que por su política estranjera belicista Clinton, Bush y Obama han trahicionado el contenido fundamentalmente liberal y pacífíco de la Constitución americana de 1787. Y lo expone en su libro How America was lost (Como se ha perdido América), publicado en 2014.

    De facto se ha vuelto un disidente de la vida política americana y hasta occidental. Su página internet denuncia los peligros que el hegemonismo, el militarismo y la arrogancia de Washington le hacen correr a la paz mundial (http://www.paulcraigroberts.org) .

    Ivo Rens

    Los gobiernos europeos y las medias occidentales han puesto el mundo en peligro al aceptar la propaganda y la agresión de Washington contra Rusia. Con sus empedernidas mentiras llegó Washington a diabolizar a Rusia gobernada según ellos por un susodicho nuevo Hitler o un nuevo Stalin, al igual que había conseguido diabolizar a Saddam Hussein en Irak, los Talibanes en Afghanistan, Assad en Syria, Chavez en Vénézuela y tambien los dirigentes de Irán.

    A los verdaderos Satanases que son Clinton, Bush y Obama se les percibe como a « personalidades excepcionales e indispensables » fuera de alcance de cualquier diabolización. Sus verdaderos y horribles crímenes pasan inapercibidos mientras se imputan crímenes ficticios a personas y paises ordinarios y reemplazables.

    Cuando Washington diaboliza a un dirigente y a un pais, es para suscitar circunstancias que le permitan usar de la fuerza contra este dirigente y este pais.

    « Las mentirosas alegaciones relativas a una susodicha agresión rusa llegaron a dar crédito a dicha susodicha agresión al fundamentarse sobre la base de falsos pretextos. Cada día, el Seretario de Estado John Kerry y su asistenta, Mare Hart, afirman cosas falsas, y nunca dan pruebas tangibles de sus alegaciones.

    El cuadro queda bosquejado : en el se ven el Senado de EEUU, el Jefe-Comandante de la OTAN y el Presidente de los Estados Mayores conjuntos estadounidenses absortos en la puesta en movimiento de las ruedas de la guerra.

    El proyecto de ley senatorial 2277 preve que se ponen en alerta a las fuerzas a las fronteras de Rusia y la promoción de Ucrania al estatuto de « aliada de los Estados Unidos de América del Norte » para permitir a las tropas estadounidenses aportar su ayuda a Ucrania en la guerra contra los « terroristas ». http://un.ua/eng/article/522930.html

    Véase tambien : http://www.globalresearch.ca/collapse-of-ukraine-government-prime-minister-yatsenyuk-resigns-amidst-pressures-exerted-by-the-imf/5393168

    El Jefe-Comandante de la OTAN, Breedove, está planificando la concentración de materiales militares cerca de la frontera rusa, para que las tropas de EEUUy de la OTAN puedan atacar a Rusia más rapidamente. http://rt.com/news/175292-nato-poland-supply-base/

    El Presidente de los Jefes de los Estados-Mayores conjuntos estadoudinenses, el general Martin Dempsey, se está cuidando de preparar a la opinión pública americana a la inminencia de la guerra.

    El 24 de julio de este año, el general Dempsey declaró en el Forum Aspen para la seguridad, cenáculo de alto nivel en el que se forma la opinión pública estadounidense, que la agresión de Putín contra Ucrania era comparable a la invasión de Polonia decidida por Stalin en 1939 y que la amenaza rusa no se limitaba a Ucrania, sino que era global. http://www.commondreams.org/news/2014/07/25/gen-dempsey-were-pulling-out-our-cold-war-military-plans-over-ukraine

    Cuando el general Dempsey declaró en este mismo Forum que la susodicha pero no averiguada entrada en acción de Rusia en Ucrania constituíya el primer caso desde el año 1939 en el que un pais había deliberadamente empezado a utilizar a sus propios fines sus fuerzacs militares dentro del territorio de otra nación soberana, no se echaron a reir los auditores de dicho general en el Forum Aspen para la seguridad quienes sin embargo eran todos intelectuales. Nadie le preguntó a Dempsey como ses había que calificar lo que Washington había llevado a cabo durante las tres últimas presidencias de Clinton en Serbia, Bush y Obama en Afghanistan, Irak, Somalia, Pakistan y Yemen as’i como Obama en Libya y Syria.

    Aqui están los propios términos utilizados por el susodicho general : « Hay un Gobierno ruso que conscientemente ha tomado la decisión de utilizar sus fuerzas militares en el interior de otra nación soberana, con miras a proseguir con sus objetivos. Es la primera vez que esto se produce desde el período de 1939. Obviamente esta preparándose a seguir adelante, no solamente en Europa oriental, sino que en el resto de Europa y hacia los Estados-Unidos tambien».

    En Washington están tan hondamente convencidos de que el mundo es su cosa que ni Dempsey, ni sus superiores jerárquicos se dieron cuenta de lo absurdo de esta declaración. Washington y la población estadounidense, sometidos a lavado de cerebros, creen evidente que su « nación excepcional e imprescindible » no esta limitada en sus actuaciones por la soberanía de otros paises.

    Washington considera evidente que la ley estadounidense tiene que prevalecer en el estranjero sobre las leyes nacionales vigentes. Preguntenles solamente a Francia o a Suiza, si no es Washington quien decide con cuales insstituciones o sociedades financiarias pueden o no entablar negocios. Pregunte solamente a cualquier pais o entidad del comercio en la imposibilidad de comerciar con Iran si no puede Washington diabolizar y derribar a sus dirigentes e invadirlo, como lo hizo en Irak, Honduras, Libya, Serbia, etc., y si no puede entablar operaciones militares contra individuos en paises estranjeros con los cuales no está en guerra, del mismo modo que lo hizo en Pakistán y Yemen.

    Todo esto es posible porque Washington se ha atribuido el privilegio de Israël de considerarse como un « pueblo elegido ». Naturalmente la pérdida de este privilegio no ha impedido a Israël proceder de la misma manera.

    Washington ha dado pues el impulso a las ruedas de la guerra.Y en cuanto se las ha impulsado, la velocidad las lleva lejos. Son bien tontos y hasta completamente estúpidos los gobiernos y medias europeos que parecen ignorar la orchestración por Washington de su porvenir , o mejor dicho de su privación de porvenir, a no ser que esto no les importe. Por su despreocupación se condenan a ellos mismos y condenan a toda la humanidad. Alabado sea Dios si el Primer ministro británico o el Presidente francés o la Cancillera alemana no fueron invitados en la Casa blanca o si la insignificancia polaca no recibió su beca de Washington.

    Los lectores que no pueden acostumbrarse a problemas sin soluciones reclaman soluciones. Pues, hé aquí la solución :

    La única posibilidad de evitar la guerra es que Putin plantee su problema ante las Naciones Unidas. Si Washington ha podido mandar a un hombre como Colin Powell, quien aún sin posibilidad alguna de recurrir a la verdad, a defender con éxito la causa de la guerra contra Irak, Putín, a fortiori, debería ser capaz de hacer prevaler en las Naciones Unidas Putin debería ser capaz de hacer prevaler en Naciones Unidas el expediente obstaculizando la guerra contra Rusia.

    Debe de ser fácil poner de relieve el hecho que « el rey anda desnudo ».

    Al contrario de Washington, Putín desea aportar las pruebas sobre los verdaderos actores de la crisis en Ucrania. No es dificilhacer constar la verdad relativo al hecho que Washington ha organizado el golpe de Estado que ha derrumbado a un gobierno procedente de elecciones, que apoya la violenta represión de quienes se oponen a dicho golpe de Estado y que se ha hecho la sorda ante las repetidas iniciativas de Rusia para que Kiev y los separatistas arreglen sus litigios por la negociación.

    Putín debería explicar al mundo que Washington prosigue sus preparativos militares contra Rusia, con concentraciones militares en las fronteras rusas y llamamientos para que se hagan más concentraciones de este tipo, con el proyecto senatorial S 2277 que tiene todas las trazas de un preparativo a una guerra de los EEUU, con actas de provocación y acusaciones procedentes de generales importantes y de altos funcionarios estadounidenses contra Rusia, y con intentos de aislar a Rusia e infligirle daños económicos y políticos.

    Putín debería explicar al mundo que hay un límite a las provocaciones que los Rusos pueden soportar y que Rusia cree correr el peligro de sufrir un ataque nuclear preventivo de Washington.

    Putín puede invocar la decisión de Washington de retirarse del Tratado ABM, de construir bases antibalisticas a las fronteras de Rusia y el cambio intervenido en la doctrina militar de EEUU cuyas fuerzas nucleares no tienen más la función de represalias, sino la de ataque preventivo. Estas iniciativas van claramente dirigidas contre Rusia (y contra China – despiertate, China, eres la próxima !) ,

    Putín debe explicar claramente que si el mundo sigue tolerando las mentiras y las agresiones de Washington, resultará, no otra guerra desastrosa, sino el fin de los vivos.

    Es preciso que los gobiernos del mundo, en particular, los de los vasallos de Washington en Europa, de Canadá, Australia y Japón esten informados de que les incumbe dejar de permitir las agresiones de Washington, a no ser de tener que asumir su responsabilidad en la iniciación de la IIIa Guerra mundial.

    Podriamos entoncces alegrarnos al ver la arrogante embajadora de EEUU en las Naciones Unidas, así como el perro faldero británico, levantarse y salir de la sala de deliberaciones. No cabe duda alguna de que Washington se encuentra en la imposibilidad de refutar tales acusaciones.

    Hé aqui el texto de la Doctrina Wolfowitz * que rige la política estranjera estadounidense y que condena al planeta Tierra a muerte :

    « Nuestro primer objetivo es impedir el renacimiento de un nuevo rival -sea en el territorio de lo que fué la Unión soviética o en cualquier otro sitio- que constituya una amenaza del mismo orden que la que ejercía antaño la Unión soviética. Esta consideración dominante subtiende la nueva estrategía regional de defensa y exige que nos esforcemos impedir a una potencia hostil dominar una región cuyos recursos, debidamente controlados, bastarían para edificar un poder planetario. »

    La expresión « potencia hostil » significa : todo pais que no es un vasalle de los Estados Unidos.

    La Doctrina Wolfowitz impone a los Estados Unidos, à sus habitantes, a los aliados europeos crédulos de EEUU y a sus pueblos, entrar en guerra con Rusia y China. A no ser que Rusia y China capitulen, el mundo será destruido.

    La destrucción del mundo, es lo que, al cubrir las mentiras y agresiones de Washington,

    favorecen los gobiernos idiotas de la Unión europea y las medias occidentales a la devoción de Washington

    —————–

    *  Paul Dundes Wolfowitz ha sido Secretario adjunto a la Defensa entre 2001 y 2005, en el gobierno de George W. Bush.

    août 20, 2014
  • Quel avenir pour l’OTAN ?

    Allocution de Ivo Rens, Professeur honoraire de l’Université de Genève, diffusée sur Radio Zones, émetteur franco-suisse, le 3 septembre 2010.

    Question

    Quelle est votre position sur l’OTAN ?

    L’OTAN a été créée en 1949 pour lutter contre l’expansionisme soviétique dans une aire géographiquement limitée: l’Atlantique nord. Sa justification, la guerre froide, a pris fin sinon avec la chute du mur de Berlin en 1989, du moins avec la disparition de l’Union soviétique en 1991.

    Depuis cette époque, l’OTAN s’est cherchée de nouvelles justifications partout dans le monde et s’est lancée dans plusieurs opérations militaires dont l’une des plus aventureuses est probablement de s’être ralliée à la guerre d’Afghanistan déclenchée à la hussarde par les USA ensuite des attentats du 11 septembre 2001.

    Je n’insisterai pas ici sur les victimes civiles innocentes de cette intervention armée, grosse de scandaleuses “bavures” comme l’ont révélé les fuites récentes de documents classifiés américains.

    Question

    Quels sont les objectifs de l’OTAN en Afghanistan ?

    Cette intervention n’a jamais eu d’objectifs clairement déterminés. Or, d’après quelques-uns des stratèges du siècle dernier, dont Sir Basil Liddel Hart et Sir Stephen King-Hall, le succès des opérations militaires est toujours tributaire d’une claire identification des objectifs. Par conséquent, l’enlisement de cette guerre, qui ne dit pas son nom, n’a rien d’étonnant dans une perspective militaire. Outre les victimes tant civiles que militaires dont elle porte la responsabilité, l’OTAN est en train d’y perdre sa crédibilité. Qui plus est, force est de constater que ce conflit attise l’anti-occidentalisme islamiste au proche et au moyen-orient. Par conséquent, allant à fins contraires elle est contre-productive. Un rapide retrait de tous les contingents de l’OTAN est désormais la moins mauvaise solution.

    Question

    Quel est, selon vous, l’avenir de l’OTAN ?

    Il est donc grand temps que les membres européens de cette Alliance se retirent d’Afghanistan et s’interrogent enfin quant à l’opportunité de l’OTAN, instrument de leur alignement systématique sur la politique étrangère américaine, d’autant que les USA n’ont pas connu une seule décennie de paix depuis le Deuxième Guerre mondiale, pressés qu’ils ont été d’intervenir militairement partout où leurs intérêts leur paraissaient menacés.

    Je pense qu’il est de l’intérêt des Européens de se distancer de l’interventionnisme américain et de prendre en charge leur propre sécurité qui sera mieux assurée par eux-mêmes que par l’OTAN. Ainsi ils pourraient enfin s’impliquer sérieusement dans la conciliation entre belligérants partout dans le monde, notamment en Afrique, et contribuer à susciter une paix équitable entre Israéliens et Palestiniens, ce que les USA, trop impliqués en faveur d’une des parties, sont manifestement incapables d’obtenir.

    Je suis persuadé que la disparition de l’OTAN constituerait un pas décisif vers un monde apaisé et plus sûr.

    * *
    *

    août 20, 2014
  • L’arrogance de Washington menace la paix mondiale

    par Dr Paul Craig Roberts

    paru au début de 2014 dans l’ouvrage édité par Stephen Lendman
    Flashpoint in Ukraine

    How does US Drive for Hegemony risks World War III
    Clarity Press Inc. 2014.

    Le coup d’Etat de Kiev, sponsorisé par Washington, est un acte arrogant. Une telle irresponsabilité de la part du Gouvernement des Etats-Unis devrait alarmer le monde entier.

    Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, le Gouvernement étatsunien n’a cessé de faire monter la menace stratégique que Washington exerce sur la Russie. Le Gouvernement étatsunien a violé son engagement de ne pas introduire l’OTAN en Europe de l’est. Le Gouvernement étatsunien s’est retiré du Traité ABM sur les missiles antibalistiques.

    Le Gouvernement étatsunien s’est arrangé avec la Pologne pour placer des missiles antibalistiques sur la frontière de la Russie. Il a changé sa doctrine militaire afin d’autoriser l’attaque nucléaire préventive. Le Gouvernement étatsunien a financé des révolutions dites de couleur en Géorgie et en Ukraine, qui toutes deux firent partie tant de la Russie que de l’Union soviétique.

    Ignorant la Russie, le Gouvernement étatsunien a démembré la Serbie. Le Gouvernement étatsunien a entraîné et équipé l’armée géorgienne et encouragé la Géorgie à attaquer la force de maintien de la paix russe en Ossétie du sud. Et, à présent, Washington a renversé le Gouvernement d’Ukraine issu d’élections démocratiques et l’a remplacé par un Gouvernement fantoche.

    Le coup d’Etat de Kiev menace directement la Russie. L’Ukraine a longtemps fait partie de la Russie et de l’Union soviétique. Certes, des portions méridionales et orientales de l’Ukraine sont d’anciens territoires russes que les Gouvernements soviétiques ont attribué à l’Ukraine pour diverses raisons.

    La Crimée, très majoritairement russe, a été collée à l’Ukraine par Krouchtchev. Ce dernier n’a pas inclus dans ce transfert Sébastopol, la base navale de la Flotte russe de la Mer noire lorsqu’il transféra la Crimée à l’Ukraine. C’est seulement lorsqu’éclata l’Union soviétique et que l’Ukraine accéda à l’indépendance que Sébastopol a été rattachée à l’Ukraine, grâce aux pressions exercées par les Etats-Unis.

    En échange de ce rattachement, la Russie s’est vue octroyer un bail pour sa base navale jusqu’en 2042. Ce bail autorise la Russie à entretenir en Crimée 25’000 hommes de troupes ainsi qu’un certain nombre d’avions, de blindés et de pièces d’artillerie. Les 15’000 hommes de troupes que la Maison blanche et les media presstitués ont intentionnellement qualifiés de force d’invasion étaient déjà sur place aux termes de l’accord de bail.

    Peut-être oublieuse que les groupes ultranationalistes et russophobes d’Ukraine occidentale arborent des emblèmes nazis et parlent de tuer Russes et Juifs, Washington collabora avec eux.

    Washington recourut aux ONG qu’elle finance (à hauteur de 5 milliards de dollars, aux dires de la Sous-Secrétaire d’Etat Victoria Nuland devant le Club de la presse nationale, en décembre 2013) pour lancer des campagnes de manifestations de rues après que le Gouvernement d’Ukraine issu d’élections eut décliné l’offre de rejoindre l’Union Européenne.

    Initialement, les manifestants exigeaient que le Gouvernement ukrainien revienne sur sa décision et rejoigne l’Union Européenne. Toutefois, les manifestations devinrent violentes, non du fait du Gouvernement ukrainien, mais du fait des ultranationalistes qui troquèrent leur exigence d’un ralliement à l’Union Européenne contre celle d’un renversement du Gouvernement issu d’élections.

    Les parlementaires manipulés par Washington se saisirent du pouvoir, révoquèrent la police et émirent des mandats d’arrêt contre le Président d’Ukraine. Les voyous ultranationalistes entrèrent en jeu, intimidant le Parlement, les procureurs et les responsables de la télévision.

    Des vidéos sont disponibles en ligne qui montrent les voyous néo-nazis giflant un procureur et un responsable de la télévision et menaçant des parlementaires en brandissant un AK-47 sur leurs visages. Rapidement, les pantins des Américains intimidés endossèrent le programme ultranationaliste. L’usage officiel de la lange russe fut banni. Des propositions furent déposées à l’effet d’arrêter les Ukrainiens doubles nationaux russes-ukrainiens. Les monuments aux morts en l’honneur de l’Armée rouge, qui libéra l’Ukraine du joug de l’Allemagne nazie et ceux en l’honneur du général russe qui, par sa tactique, provoqua la défaite de la Grand Armée de Napoléon, furent détruits.

    Les populations russes de l’Ukraine méridionale et orientale s’alarmèrent des menaces qui les visaient. Ces populations descendirent dans les rues exigeant d’être séparées des voyous russophobes que le coup d’Etat fomenté par Washington avait porté au pouvoir à Kiev.

    Le Gouvernement de la Crimée vota rapidement pour l’indépendance de la Crimée à l’égard de l’Ukraine et annonça un référendum par lequel les citoyens se prononceraient soit pour demeurer un pays indépendant, soit pour le rattachement à la Russie dont elle avait été détachée. La participation électorale fut de 80% et le retour à la Russie recueillit 97% des suffrages. Tous les observateurs internationaux reconnurent que le scrutin fut équitable, irréprochable et tout à fait exempt de coercition.

    Le Président Obama, son Secrétaire d’Etat John Kerry et les media presstitués qui les servent, mentirent effrontément. Ces fieffés menteurs déclarèrent que la Russie avait envahi et annexé la Crimée. Washington était tellement décontenancée du fait que les événements ne suivaient pas le scénario que, après avoir diabolisé Poutine pour avoir « envahi la Crimée », Kerry lui demanda de l’envahir afin d’empêcher le référendum, faute de quoi…

    Ce « faute de quoi » couvrait la vaine menace d’un impérialiste à bout de nerfs.

    La Crimée fait à nouveau partie de la Russie.

    Ayant brandi des sanctions, Washington et ses pantins de l’Union Européenne devaient passer à l’action. Mais infliger des sanctions à la Russie ne pouvait manquer de nuire à l’Europe, aussi ne s’appliquèrent-elles qu’à onze individus : le Président ukrainien déposé, un de ses assistants, deux politiciens criméens et sept russes. Les sanctions décrétées l’ont été pour six mois et ne comportent nul effet pour les personnes sanctionnées sauf si elles possèdent des comptes en banque à l’étranger, ce qui n’est le cas d’aucun des Russes visés.

    Bien sûr, les media presstitués continuent à parler des sanctions comme si la colère de Dieu s’était abattue sur la Russie. Juridiquement, comme elles le stipulent, les sanctions n’engagent que Obama et les gouvernants de l’Union européenne car c’est Washington et l’Union européenne qui ont renversé le gouvernement ukrainien issu d’élections démocratiques. Le Gouvernement que Washington a mis en place ne doit rien aux élections ni à la démocratie.

    L’épisode criméen de l’histoire est terminé. Mais deux chapitres dangereux restent à écrire :

    Poutine, en dirigeant authentique, contrairement aux bluffeurs qui règnent en Occident, conteste avoir pratiqué l’invasion mais se réserve le droit de le faire si les populations russes d’Ukraine orientale devaient être réduites par la force. Alors que firent les idiots à Washington ? Leurs pantins de Kiev nommèrent des oligarques juifs multimilliardaires pour gouverner les villes russes d’Ukraine orientale. Ces oligarques ont leurs propres milices privées, ils ont arrêté le dirigeant russe d’Ukraine orientale et l’ont envoyé à Kiev. Si les pantins de Washington entreprennent de réduire par la violence la population russe, Poutine sera contraint de réclamer le territoire russe d’Ukraine orientale.

    L’autre chapitre dangereux est constitué par l’Ukraine occidentale dont la défection réduirait l’Ukraine à un Etat croupion. Si, parmi les pantins nommés par Washington, les ultranationalistes l’emportent, l’Union européenne n’acceptera pas l’adhésion de l’Ukraine, car l’Union Européenne est en train d’éteindre le nationalisme comme le prouve la création de l’euro.

    Comment se porte un pays qui n’a plus sa propre devise monétaire ? Une Ukraine néo-nazie ne disposera vraisemblablement guère d’appui en Europe, ce qui permettra à Poutine de la réabsorber dans la Russie dont elle fit partie aussi anciennement qu’existent les Etats-Unis.

    Si, d’une façon ou d’une autre, les pantins de Washington l’emportent et font entrer l’Ukraine dans l’Union Européenne et l’OTAN, la question qui se posera sera de savoir si la Russie acceptera la situation nouvelle pour ensuite lancer ses missiles Iskander sur la bases américaines, ou bien si, avant que l’Ukraine n’accomplisse les formalités en vue d’obtenir la protection de Washington au titre de membre de l’OTAN, la Russie interrompra ce fiasco en mettant un terme à la brève indépendance de cet Etat croupion.

    Les dés sont entièrement en mains russes. Les Etats-Unis et leurs Etats pantins de l’Union Européenne n’y peuvent rien sauf à déclencher une guerre nucléaire qui mettra fin à la vie sur Terre à propos de l’Ukraine ou de l’Etat croupion susmentionné, qui ne concerne en rien les intérêts des Etats-Unis ni de l’Union Européenne.

    Bien sûr, les militaristes de Washington sont arrogants et il sont capables de n’importe quelle erreur comme le prouve leur intervention en Ukraine.

    août 20, 2014
  • Le monde condamné par l’insouciance occidentale

    Par Paul Craig Roberts
    26 juillet 2014-07-28

    paru dans Le Courrier, Genève,
    le 7 août 2014.

    Présentation de l’auteur

    M. Paul Craig Roberts, auteur du texte ci-après, est un ancien Vice-ministre des finances de Reagan dans les années 1980 et un ancien Rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, qui a ensuite pris ses distances avec la dérégulation néolibérale, mais non point avec le libéralisme économique et politique.

    Devenu critique de la politique étrangère de Clinton, il fut un adversaire véhément de l’entrée en guerre de George W. Bush contre l’Irak et estime que, par leur politique étrangère belliciste, Clinton, Bush et Obama ont trahi le contenu fondamentalement libéral et pacifique de la vénérable Constitution américaine de 1787, comme le soutient son livre How America was lost, 2014 (Comment fut perdue l’Amérique).

    Devenu de facto un dissident de la vie politique américaine et même occidentale, il tient un site dénonçant les dangers que l’hégémonisme, le militarisme et l’arrogance de Washington font courir à la paix mondiale. (http://www.paulcraigroberts.org)

    Ivo Rens

    Ne vous attendez pas à vivre beaucoup plus longtemps.

    Les gouvernements européens et les medias occidentaux ont mis le monde en danger en acceptant la propagande et l’agression de Washington contre la Russie.

    En utilisant des mensonges criants, Washington a réussi à diaboliser la Russie conduite par un prétendu nouvel Hitler ou nouveau Staline, tout comme elle avait réussi à diaboliser Saddam Hussein en Irak, les Talibans en Afghanistan, Assad en Syrie, Chavez au Vénézuéla et, bien sûr, l’Iran.

    Les véritables Satans, Clinton, Bush et Obama, sont perçus comme “des personnalités exceptionnelles et indispensables“ hors de portée de toute diabolisation. Leurs véritables crimes terrifiants passent inaperçus, tandis que des crimes fictifs sont imputés à des personnes et des pays ordinaires et remplaçables.

    Si Washington diabolise un dirigeant et un pays, c’est pour susciter des circonstances lui permettant d’user de la force contre ce dirigeant et ce pays.

    Les allégations mensongères quant à une prétendue agression russe contre l’Ukraine ont réussi à accréditer cette dernière sur la base de faux-semblants. Le Secrétaire d’Etat Jon Kerry et son assistante, Marie Hart, produisent quotidiennement des mensonges, mais n’apportent jamais de preuves tangibles.

    Le décor est planté, on y voit le Sénat des Etats-Unis d’Amérique, le Commandant en chef de l’OTAN et le Président des états-majors combinés étatsuniens absorbés par la mise en mouvement des roues de la guerre.

    Le projet de loi sénatorial 2277 prévoit la mise en alerte des forces aux frontières de la Russie et la promotion de l’Ukraine au statut d’“allié des Etats-Unis d’Amérique“ afin de permettre aux troupes étatsuniennes d’assister l’Ukraine dans la guerre contre les “terroristes“. http://un.ua/eng/article/522930.html Voir aussi : http://www.globalresearch.ca/collapse-of-ukraine-government-prime-minister-yatsenyuk-resigns-amidst-pressures-exerted-by-the-imf/5393168

    Le commandant en chef de l’OTAN, Breedove, est en train de planifier la concentration de matériel militaires à la frontière russe afin les troupes des Etats-Unis et de l’OTAN puissent plus rapidement attaquer la Russie. http://rt.com/news/175292-nato-poland-supply-base/

    Le Président des chefs des états-majors combinée étatsuniens, le général Martin Dempsey, s’occupe de préparer l’opinion publique américaine à l’imminence de la guerre.

    Le 24 juillet, le général Dempsey déclara au Forum Aspen pour la sécurité, cénacle de haut niveau où se forme l’opinion publique étatsunienne, que l’agression de Poutine contre l’Ukraine était comparable à l’invasion de la Pologne décidée par Staline en 1939 et que la menace russe ne se limitait pas à l’Ukraine, mais qu’elle était globale. http://www.commondreams.org/news/2014/07/25/gen-dempsey-were-pulling-out-our-cold-war-military-plans-over-ukraine

    Lorsque le général Dempsey leur déclara que l’engagement, prétendu mais non prouvé, de la Russie en Ukraine constituait le premier cas depuis 1939 où un pays avait entrepris délibérément d’utiliser à ses fins propres ses forces militaires sur le territoire d’une autre nation souveraine, les auditeurs de ce général au Forum Aspen pour la sécurité, tous des intellectuels, n’éclatèrent pas de rire. Personne ne demanda à Dempsey comment qualifier ce que Washington avait accompli pendant les trois dernières présidences : Clinton en Serbie, Bush et Obama en Afghanistan, en Irak, en Somalie, au Pakistan et au Yemen, et Obama en Libye et en Syrie.

    Voici les propres termes utilisés par ce général : “Vous avez un Gouvernement russe qui a pris consciemment la décision d’utiliser ses forces militaires à l’intérieur d’une autre nation souveraine afin d’y poursuivre ses objectifs. C’est la première fois que cela se produit depuis l’époque de 1939. Il est manifestement sur la voie de s’engager plus avant, non seulement en Europe orientale, mais dans le reste de l’Europe et envers les Etats-Unis.“

    Washington est tellement profondément convaincue que le monde est sa chose que ni Dempsey, ni ses supérieurs hiérarchiques, ne s’avisèrent de l’absurdité de cette déclaration. Washington et la population étatsunienne, soumise au lavage de cerveaux, tiennent pour évident que leur “nation exceptionnelle et indispensable“ ne soit pas limitée dans ses actions par la souveraineté d’autres pays.

    Washington tient pour évident que la loi étatsunienne prévale à l’étranger sur les lois nationales en vigueur. Demandez seulement à la France ou à la Suisse si ce n’est pas Washington qui décide avec quelles institutions ou sociétés financières elles peuvent ou ne peuvent pas entrer en affaires. Demandez seulement à tout pays ou à toute entité commerciale empêchée de commercer avec l’Iran si Washington ne peut pas diaboliser et renverser ses dirigeants et l’envahir, comme elle l’a fait en Irak, au Honduras, en Libye, en Serbie, etc., et si elle ne peut pas conduire des opérations militaires contre des individus dans des pays étrangers avec lesquels elle n’est pas en guerre, comme elle l’a fait au Pakistan et au Yémen.

    Tout cela est possible parce que Washington s’est attribuée le privilège israélien de “peuple élu“. Bien sûr, la perte de ce privilège n’a pas empêché Israël d’agir de la même façon.

    Washington a donc mis en mouvement les roues de la guerre. Une fois mise en mouvement, la vitesse les porte au loin. Il sont bien sots, et même complètement stupides, les gouvernements et medias européens qui semblent ignorer l’orchestration par Washington de leur avenir, ou plutôt de leur privation d’avenir, à moins que cela ne les laisse indifférents. Ils se condamnent eux-mêmes, et condamnent toute l’humanité, par leur insouciance. Que Dieu soit loué si le Premier ministre britannique ou le Président français, ou la Chancelière allemande n’était pas invité à la Maison blanche ou si l’insignifiance polonaise ne recevait pas sa bourse de Washington.

    Les lecteurs qui ne peuvent pas se faire à des problèmes sans solutions réclament des solutions. Eh bien, voici la solution :

    La seule possibilité d’éviter la guerre est que Poutine porte son affaire devant les Nations Unies. Si Washington a pu envoyer un Colin Powell, bien que démuni de tout recours possible à la vérité, plaider avec succès la guerre contre l’Irak, a fortiori Poutine devrait être capable de faire prévaloir aux Nations Unies le dossier faisant barrage à la guerre contre la Russie.

    Il doit être facile d’établir que le roi est nu.

    Contrairement à Washington, Poutine est désireux d’apporter les preuves sur les véritables acteurs de la crise ukrainienne. Il n’est pas compliqué d’établir la vérité sur le fait que Washington a organisé le coup d’Etat qui a renversé un gouvernement issu des élections, qu’elle soutient la répression violente de ceux qui s’opposent à ce coup d’Etat et qu’elle a fait la sourde oreille aux initiatives réitérées de la Russie pour que Kiev et les séparatistes règlent leurs différends par la négociation.

    Poutine devrait expliquer au monde que Washington poursuit la mise en place de mesures militaires provocatrices contre la Russie, avec des concentrations militaires sur les frontières russes et des appels pour davantage de telles concentrations, avec le projet sénatorial S 2277 qui a tout l’air d’un préparatif à l’entrée en guerre des Etats-Unis, avec des actions provocatrices et des accusations émanant de généraux importants et de hauts fonctionnaires étatsuniens contre la Russie, et avec des tentatives d’isoler la Russie et de lui infliger des dommages économique et politiques.

    Poutine devrait expliquer au monde qu’il y a une limite aux provocations que les Russes peuvent supporter et que la Russie se croit en danger de subir une attaque nucléaire préventive de Washington. Poutine peut invoquer la décision de Washington de se retirer du Traité ABM concernant la limitation des systèmes antimissiles balistiques, de construire des bases antibalistiques aux frontières de la Russie, et du changement intervenu dans la doctrine militaire des Etats-Unis dont les forces nucléaires n’ont plus la fonction de représailles mais celle d’attaque préventive. Ces initiatives sont clairement dirigées contre la Russie (et contre la Chine – réveille-toi, Chine, tu es la prochaine !).

    Poutine doit expliquer clairement que si le monde continue à tolérer les mensonges et les agressions de Washington, il en résultera non point une autre guerre désastreuse, mais la fin du de la vie sur Terre.

    Il faut que les gouvernements du monde, en particulier ceux des vassaux de Washington en Europe, du Canada, d’Australie et du Japon, soient avertis qu’il leur incombe de ne plus permettre les agressions de Washington, sauf à assumer leur responsabilité dans le déclenchement de la IIIe Guerre mondiale.

    Nous pourrions alors nous réjouir à la vue de Samantha Power, l’arrogante ambassadrice des Etats-Unis aux Nations Unies, et du roquet britannique apeuré, se lever et sortir de la salle des délibérations. Il ne fait aucun doute que Washington est dans l’impossibilité de réfuter ces accusations.

    Voici le texte de la Doctrine Wolfowitz*qui régit la politique étrangère étatsunienne et qui condamne la planète Terre à mort :

    “Notre premier objectif est d’empêcher la renaissance d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de ce qui fut l’Union soviétique ou n’importe où ailleurs, rival qui constituerait une menace du même ordre que celle que faisait peser naguère l’Union soviétique. Cette considération dominante sous-tend la nouvelle stratégie régionale de défense et exige que nous nous efforcions d’empêcher une puissance hostile de dominer une région dont les ressources, dûment contrôlées, suffiraient à bâtir un pouvoir planétaire.“

    L’expression “puissance hostile“ signifie tout pays qui n’est pas un vassal des Etats-Unis.

    La Doctrine Wolfowitz impose aux Etats-Unis, à ses habitants, aux alliés européens crédules des Etats-Unis et à leurs peuples d’entrer en guerre avec la Russie et la Chine. A moins que la Russie et la Chine ne capitulent, le monde sera détruit.

    La destruction du monde, c’est ce que les gouvernements idiots de l’Union Européenne et les média occidentaux presstitués encouragent en couvrant les mensonges et agressions de Washington.

     

     

    * Paul Dundes Wolfowitz a été secrétaire adjoint à la Défense entre 2001 et 2005 dans le gouvernement de George W. Bush. (I.R. trad.)

    août 20, 2014
  • Le rôle de la Confédération suisse dans la crise entre l’OTAN et la Russie

    Le rôle de la Suisse dans la crise ukrainienne tient à plusieurs facteurs que nous énumérerons ici brièvement, nous réservant de les développer plus tard :

    1.- sa neutralité ;
    2.- ses bonnes relations avec les deux parties ;
    3.- sa présidence en 2014 de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui réunit les deux parties.

    1.- La neutralité de la Suisse trouve ses prémisses au XVIe siècle, après la bataille de Marignan. Elle s’est affirmée au XVIIe siècle lors de la Guerre de trente ans. Après l’occupation française de 1798 à 1813, la Suisse s’est proclamée neutre dès 1813, neutralité qui lui a été reconnue par le Traité de Paris de 1814 et garantie par le Traité de Vienne en 1815. C’est cette neutralité qui lui a valu le rôle international exceptionnel de Genève et de la Confédération elle-même.

    2.- La Suisse est entourée d’Etats membre de l’Union européenne avec lesquels elle entretient d’étroites relations économiques et culturelles, nonobstant quelques tensions ponctuelles tant avec l’Union européenne qu’avec certains de ses Etats membres. Mais, la chose est moins connue, la Suisse entretient traditionnellement des relations économiques et culturelles particulières avec la Russie, surtout avant et depuis l’épisode soviétique.

    3.- Le hasard du calendrier veut que la Suisse, ou plutôt son ministre des affaires étrangères, qui se trouve être aussi le Président de la Confédération, M. Didier Burkhalter, assume la présidence tournante de l’OSCE en cette année 2014. Un rôle exceptionnel échoît donc à la Suisse et à son Président dans la crise ouverte entre les Etats-Unis et l’Union européenne, d’une part, et la Russie d’autre part. Pour tenir ce rôle avec succès, il importe en tout premier lieu que la Confédération observe scrupuleusement les obligations qui sont les siennes dans le cadre du droit international de la neutralité, notamment en s’abstenant de toute sanction décidée par l’une des parties. Est-ce bien le cas ? Nous posons la question.
    Il importe en second lieu qu’elle offre ses bons offices et s’efforce d’opérer une médiation entres les parties que divise un grave différend pour tenter de rapprocher leurs points de vue et surtout pour empêcher le différend de dégénérer en conflit armé, et dans le cas d’espèce, en conflit nucléaire. La Suisse et son Président y consacrenet-ils tous leurs efforts ? Nous posons encore une fois la question.

    Ivo Rens
    Août 2014.

    (Articles à venir. Site en construction)

    août 20, 2014
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