La fin de la paix et de la sécurité en Europe

par Martin Sieff

30 octobre 2018

Source : http://lesakerfrancophone.fr/la-fin-de-la-paix-et-de-la-securite-en-europe

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

Source originaire : https://www.strategic-culture.org/news/2018/10/30/death-peace-and-security-in-europe.html

 

J’ai couvert la signature du Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (INF) en décembre 1987 lors du sommet de Washington DC, entre le président américain Ronald Reagan et le dernier président soviétique Mikhail Gorbatchev. C’était un bon moment à vivre de couvrir la diplomatie entre les superpuissances nucléaires. Il y avait un sentiment palpable d’optimisme sur le fait que les deux parties étaient résolues à détruire des milliers d’armes thermonucléaires – ce qu’elles ont fait – et à réduire les tensions en Europe.

 

En quelques années, Gorbatchev devait également accepter la dissolution du pacte de Varsovie. L’Union soviétique a été démantelée de manière pacifique par ses pays membres, dirigés par la Russie peu de temps après.

La négociation et la signature du traité INF était un préalable indispensable à la fin de la guerre froide. Cela a inauguré deux générations de paix et de stabilité en Europe. Suite aux déclarations du président Donald Trump le 20 octobre 2018, le traité est maintenant mort debout. Le président semble déterminé à s’en retirer. Il semble être totalement sous l’influence de son troisième conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, dont la haine pour l’INF comme pour tous les accords de contrôle des armements, à l’instar de ses collègues néo-conservateurs, a toujours été plus qu’incompréhensible.

Les Démocrates au Sénat ne feront pas non plus la moindre tentative de défense, de préservation ou de restauration de l’INF. John Kerry, dernier sénateur à prendre au sérieux les accords importants sur le contrôle des armements, a présidé sans aucune objection publique à l’encontre les États-Unis et de l’Union européenne, au renversement, par une révolution violente, d’un gouvernement élu démocratiquement et pacifiquement en Ukraine en février 2014.

La subordonnée de Kerry, Victoria Nuland, alors secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes et eurasiennes et épouse du chef du clan néo-conservateur Robert Kagan, a littéralement distribué des biscuits dans les rues de Kiev pour assurer, aux révolutionnaires violents qui subvertissaient le processus démocratique, que l’administration Obama était avec eux.  Ni Kerry ni son propre président, Barack Obama, n’ont levé le petit doigt pour contrecarrer le comportement d’une haute responsable qui, dans n’importe quelle autre administration de l’histoire américaine, aurait été virée sommairement et bannie de toute discussion sérieuse et de la conduite des affaires publiques à vie.

Aujourd’hui, tous les sénateurs démocrates de Capitol Hill cherchent passionnément à diaboliser la Russie pour des crimes imaginaires et paranoïaques qui auraient fait rougir Joe McCarthy.

La moisson actuelle de sénateurs démocrates au Congrès, dirigée par des personnalités telles que Ben Cardin du Maryland, semble au contraire déterminée à provoquer une guerre thermonucléaire à grande échelle avec la Russie. Ils ont non seulement soutenu, mais insisté, pour une nouvelle série de sanctions financières féroces à l’encontre de la Russie, qui ont clairement pour objectif de ruiner l’économie du pays et la mettre en condition pour le type de changement de régime révolutionnaire que les administrations successives ont pris pour acquis de droit divin depuis que Ronald Reagan est entré à la Maison Blanche.

Les jours actuels sont bien différents de ceux qui ont vu Washington célébrer la signature du traité INF en 1987. À cette époque lointaine, les décideurs américains faisaient au moins semblant de consulter leurs « alliés » européens et les membres de l’OTAN qu’ils prétendaient protéger.

Jusqu’à présent, dans les déclarations de Trump sur la suppression du traité INF, rien n’indique que les Européens aient eu voix au chapitre dans cette décision de Washington qui met en jeu leur survie même. Bonjour pour l’idée que l’OTAN est un « partenariat » !

Le respect mutuel prudent que Washington entretenait encore pour Moscou dans les années 1980 – ou du moins le prétendait occasionnellement – est maintenant révolu. L’idée que supprimer les armes nucléaires et renforcer la confiance et le dialogue entre les puissances nucléaires soit une bonne chose est maintenant considérée comme risible, tant par les néo-libéraux que par les néo-cons. Toutes les voix contraires sont ridiculisées et font ricaner les couards se présentant comme des patriotes intrépides. Ils n’ont aucune considération pour ceux qu’ils ciblent avec leur tactique d’intimidation. Ils seront les premiers à hurler de terreur lorsque leurs propres fantasmes seront réalisés et que les missiles nucléaires décolleront. Mais alors, il sera trop tard.

The Death of Peace and Security in Europe

Martin Sieff

30.10.2018

Source : https://www.strategic-culture.org/news/2018/10/30/death-peace-and-security-in-europe.html

 

I covered the signing of the Intermediate Nuclear Forces Treaty (INF) in December 1987 at the Washington, DC summit meeting between US President Ronald Reagan and last Soviet President Mikhail Gorbachev. It was a good time to be alive and a good time to be covering diplomacy between the nuclear superpowers. There was a palpable sense of optimism that both sides were committed to scrapping thousands of thermonuclear weapons (which they did) and to reducing tensions in Europe. Within a few short years, Gorbachev was also to agree to the dissolution of the Warsaw Pact. The Soviet Union was peacefully dismantled by its member nations led by Russia shortly afterwards.

The negotiation and signing of the INF Treaty was an essential prerequisite to the end of the Cold War. It ushered in two generations of peace and stability in Europe. Following the statements of President Donald Trump since October 20, 2018, it is now dead on its feet. The president appears to be determined to withdraw from it. He appears to be totally under the influence of his third national security adviser John Bolton whose hatred for the INF as for all arms control agreements, like that of his fellow neocons has always surpassed understanding.

Nor will Democrats in the Senate make any attempt to defend, preserve or restore the INF. John Kerry, l the last senator to take major arms control agreements seriously presided with absolutely no public object over the US and European union supported toppling of a democratically elected and peaceful government in Ukraine by violent revolution in February 2014.

Kerry’s own deputy, then Assistant Secretary of State for European and Eurasian Affairs Victoria Nuland, the wife of neocon clan chief Robert Kagan, literally handed out biscuits on the streets of Kiev to reassure violent revolutionaries subverting the democratic process that the Obama administration was with them. Neither Kerry nor his own chief President Barack Obama raised a finger to rein in behavior by a senior deputy that in any other administration in American history would have seen her summarily fired and banished from the serious discussion or conduct of public affairs for life.

Today, every Democratic senator on Capitol Hill is passionate in seeking to demonize Russia for imagined, paranoid fantasy crimes that would have made Joe McCarthy blush.

The current crop of Democratic senators in Congress, led by figures such as Ben Cardin of Maryland, on the contrary appear determined to provoke full-scale thermonuclear war with Russia. They have not only supported but insisted upon a new round of ferocious financial sanctions on Russia which have the clear aim of ruining the economy of the country and setting it up for the kind for revolutionary regime change that successive administrations have taken for granted is their divine right to carry out since Ronald Reagan entered the White House.

These are different days indeed from the Washington that celebrated the signing of the INF Treaty in 1987. In those far off days, US policymakers at least made a pretense of consulting their European “allies” and fellow NATO members they claimed to protect.

In Trump’s statements so far on scrapping the INF treaty, there has been no hint whatsoever that the Europeans were given any say by Washington in this decision that puts their very survival at risk: So much for the idea that NATO is a « partnership.”

The cautious mutual respect that Washington still to foster with Moscow in the 1980s – or at least occasionally claimed to – is now long gone. The idea that scrapping nuclear weapons and increasing trust and dialogue between the nuclear powers were good things is now regarded as risible, as much by neo-liberals as by neo-conservatives. All voices to the contrary are sneered at and mocked by cowards posing as fearless patriots. They do not take in any of those they target with their bully boy tactics. They will be the first to scream in terror when their own fantasies are fulfilled and the nuclear missiles fly. But by then it will be too late.

La Russie et la Chine sont apparemment toutes les deux sous l’impression [euphémisme, NdT] que la guerre avec les États-Unis se prépare…

par Michael Snyder

29 octobre 2018

Source : http://lesakerfrancophone.fr/tres-mauvaises-impressions

Source originaire : https://russia-insider.com/en/russia-and-china-are-apparently-both-under-impression-war-us-coming/ri25215

Traduction en français : Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

Nous ne sommes pas arrivés à ce point du jour au lendemain, mais la grande majorité de la population américaine n’a malheureusement aucune connaissance de ces choses.
Serait-il possible que les États-Unis se dirigent vers une guerre majeure ? Si vous posez cette question à la plupart des Américains, ils vous regarderont comme si vous étiez fou. Pour la plupart des habitants de ce pays, la guerre avec la Russie ou la Chine n’est pas une source de préoccupation majeure. Mais les Russes et les Chinois voient les choses très différemment. Comme vous le verrez ci-dessous, la Russie et la Chine semblent avoir l’impression que la guerre avec les États-Unis se prépare et s’organisent rapidement face à un tel conflit.

Commençons par la Russie. Après l’avoir frappée à plusieurs reprises par des sanctions, avoir diabolisé sans relâche ses dirigeants et les avoir blâmés pour presque tous les problèmes que vous pouvez imaginer, notre relation avec la Russie est à peu près la pire de son histoire.

Et lorsque le gouvernement Trump a annoncé qu’il se retirait du traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire, cela a poussé les choses à un nouveau paroxysme. À la suite de cette annonce, le responsable russe Andrei Belousov a déclaré hardiment que « la Russie se préparait à la guerre »

Il a déclaré :

« Récemment, lors de la réunion, les États-Unis ont déclaré que la Russie se préparait à la guerre. J’ai confirmé :  ‘Oui, la Russie se prépare à la guerre, Nous nous préparons à défendre notre patrie, notre intégrité territoriale, nos principes, nos valeurs, notre peuple – nous nous préparons à une telle guerre’. »

Ici aux États-Unis, on parle très peu d’une guerre potentielle avec la Russie dans les principaux médias, mais en Russie, les choses sont très différentes. Les organes de presse russes soulignent constamment l’escalade des tensions avec les États-Unis, et le gouvernement russe alimente ce feu. Par exemple, le gouvernement russe a récemment publié une vidéo d’une simulation de frappe nucléaire contre ses ennemis

« Les sous-marins russes ont récemment lancé une simulation d’attaque nucléaire contre leurs ‘ennemis’. Le gouvernement russe a publié des images de la frappe atomique et il est à craindre que la troisième guerre mondiale n’approche à grands pas.

Le ministère russe de la Défense (MoD) a publié des vidéos choquantes montrant une gamme d’exercices de missiles nucléaires, notamment un sous-marin effectuant un simulacre de frappe atomique. Ces vidéos sont les dernières d’une escalade de jeux de guerre ordonnés par le président russe Vladimir Poutine », selon The Express UK.

Je vous laisse deviner qui est l’ennemi principal de cet exercice.

Et ce que le président russe Vladimir Poutine a récemment déclaré à la presse au sujet d’une guerre nucléaire potentielle était extrêmement terrifiant

« Si un pays décide d’attaquer la Russie avec des armes nucléaires, cela pourrait mettre fin à la vie sur Terre. Mais contrairement aux agresseurs, les Russes iront certainement au paradis », a déclaré le président Vladimir Poutine.

« Tout agresseur devrait savoir que les représailles seront inévitables et qu’il sera détruit. Et puisque nous serons les victimes de son agression, nous irons au paradis en martyrs. Ils seront tout simplement morts et n’auront même pas le temps de se repentir », a déclaré M. Poutine au cours d’une séance du Valdai Club à Sochi.

Dans des circonstances normales, Poutine ne parlerait jamais comme cela.

Mais nous ne sommes pas dans des temps normaux.

Pendant ce temps, le président chinois Xi Jinping a ordonné à son armée de se concentrer sur « les préparatifs de la guerre »

« Le président chinois Xi Jinping a ordonné à la région militaire responsable de la surveillance de la mer de Chine méridionale et de Taïwan ‘d’évaluer la situation à laquelle elle fait face et de renforcer ses capacités afin de pouvoir réagir à toute situation d’urgence’, alors que la tension monte au sujet de l’avenir de la mer de Chine méridionale et de Taïwan et que les relations diplomatiques entre Washington et Pékin ont atteint leur point le plus bas.

La Southern Theatre Command a eu à assumer une ‘lourde responsabilité militaire’ ces dernières années, a déclaré Xi, à la chaîne de télévision CCTV, au cours d’une visite d’inspection effectuée jeudi dans le cadre de sa tournée dans la province du Guangdong.

‘Il est nécessaire de renforcer la mission … et d’amplifier les préparatifs pour la guerre’, a déclaré Xi. ‘Nous devons prendre en compte toutes les situations complexes et élaborer des plans d’urgence en conséquence. Nous devons intensifier les exercices de préparation au combat, les exercices conjoints et les exercices de confrontation pour renforcer les capacités des soldats et la préparation à la guerre’, a ajouté le président à vie. »

Alors, par qui les Chinois sont-ils concernés lorsqu’ils parlent de se battre ?

Inutile de dire que les États-Unis sont en tête de liste

Le président a demandé à l’armée de renforcer l’opposition aux exercices de « liberté de navigation » entrepris par les États-Unis, l’Australie, la France, le Royaume-Uni, le Japon et d’autres sur les voies navigables vitales qui se sont développées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les tensions en mer de Chine méridionale augmentent depuis plusieurs années et le déclenchement d’une guerre commerciale avec la Chine en 2018 n’a certainement pas aidé les choses.

À ce stade, même de nombreux analystes américains peuvent voir l’écriture sur le mur. Par exemple, considérons ce que le professeur Graham Allison de Harvard a récemment déclaré à Steve LeVine…

Il a dit que, si la situation dure, les États-Unis et la Chine semblent se diriger vers la guerre. Au cours du week-end, je lui ai demandé une mise à jour – spécifiant si le danger de guerre semblait avoir augmenté. « Oui », a-t-il a répondu. La probabilité de guerre est toujours inférieure à 50%, mais « est réelle – et bien plus probable qu’on ne le reconnaît généralement. »

Bien sûr, nous n’y sommes pas arrivés du jour au lendemain. Les tensions avec la Russie et la Chine couvent depuis longtemps et les deux pays modernisent rapidement leurs forces militaires. Pour plus d’informations à ce sujet, veuillez vous reporter à mon récent article intitulé « La Russie et la Chine développent de nouveaux systèmes d’armes impressionnants pour se préparer à la guerre contre les États-Unis. »

Malheureusement, la grande majorité de la population américaine n’a aucune idée de ces choses.

Mais ceux qui servent dans l’armée comprennent beaucoup mieux, et un sondage récent révèle qu’environ la moitié d’entre eux s’attendent à ce que les États-Unis soient « entraînés dans une nouvelle guerre l’année prochaine »

Près de la moitié de toutes les troupes militaires actuelles croient que les États-Unis  seront bientôt entraînés dans une guerre majeure, suscitant une inquiétude croissante parmi les membres des services s’inquiétant de l’instabilité mondiale en général, de la Russie et de la Chine en particulier, selon un nouveau sondage du Military Times sur les troupes en service actif.

Environ 46% des sondés, lecteurs du journal Military Times et actuellement en serviceinterrogés anonymement  estiment que les États-Unis seront entraînés dans une nouvelle guerre au cours de l’année prochaine. C’est une augmentation inquiétante, sachant que seulement 5% environ ont répondu la même chose dans un sondage similaire réalisé en septembre 2017.

Ces chiffres font réfléchir. Il faut que des choses importantes se déroulent dans les coulisses pour passer de 5% à 46% en seulement une année.

Nous vivons vraiment  une époque apocalyptique, et notre monde semble devenir de plus en plus instable à chaque jour qui passe.

Nous devrions espérer la paix, mais au cours de l’histoire humaine, la paix n’a jamais duré longtemps. Les grandes puissances mondiales continuent de se rapprocher de plus en plus d’un conflit et c’est un jeu très dangereux.

 

Génocide au Yémen sous l’égide des États-Unis

par Jeremy Salt

21 octobre 2018

Source : http://lesakerfrancophone.fr/genocide-au-yemen-sous-legide-des-etats-unis

Traduction : Dominique Muselet

 

 

 

« Seul Dieu peut sauver nos enfants », disent les pères et les mères yéménites obligés de regarder leurs enfants mourir, sans rien pouvoir faire d’autre que de les réconforter dans leurs derniers instants et prier Dieu de les épargner. Les pères et les mères prient et consolent pendant que, l’un après l’autre, leurs enfants meurent du choléra, de déshydratation et de faim.

Où est Dieu ? Il ne peut pas traverser le blocus total imposé par les États-Unis au Yémen pour sauver ses enfants. Une épidémie de choléra n’est pas une catastrophe naturelle, c’est une œuvre humaine. Depuis 2015, l’épidémie de choléra est la conséquence de la guerre biologique contre le Yémen. Les bombes américaines larguées par des pilotes saoudiens ont détruit les systèmes d’eau et d’égouts du Yémen. Les pièces détachées, les produits chimiques et le carburant nécessaires au fonctionnement des stations d’épuration des eaux usées du Yémen sont interdits d’entrée. L’eau potable, le vaccin contre le choléra et même les comprimés individuels de purification de l’eau ne peuvent pas non plus entrer. L’épidémie de choléra qui en a résulté était prévisible.

Les eaux usées des usines de traitement hors d’usage débordent dans les cours d’eau qui irriguent les terres agricoles, contaminant ainsi les légumes avant leur mise sur le marché. Les eaux usées se déversent dans les villes, les zones résidentielles et les camps de réfugiés. Les mouches pullulent au-dessus des eaux usées et répandent le choléra partout. Le Comité international de la Croix-Rouge, le Croissant-Rouge et Médecins sans frontières, les hôpitaux, les cliniques, les organisations de secours et les défenseurs des droits humains ont été ciblés par des bombardements.

Les Nations-Unies, contrôlées par les États-Unis, donnent un semblant de légalité au blocus et à l’embargo sur les armes qui cible unilatéralement le Yémen. Cela ne sert à rien de se demander pourquoi l’ONU n’a pas aussi interdit la livraison d’armes à l’Arabie saoudite. On connaît la réponse.

L’ONU se désole de la crise humanitaire et de la pire épidémie de choléra de l’histoire de l’humanité. Mais l’ONU ne fait rien pour arrêter le génocide saoudien conduit par les États-Unis ni la destruction du Yémen, et elle publie des chiffres sciemment faux et sous-évalués sur le nombre de morts civiles.

L’ancienne ambassadrice des États-Unis auprès des Nations-Unies, Nikki Haley, s’est mise en colère lorsque l’ONU a osé critiquer timidement les États-Unis, pour avoir déplacé leur ambassade à Jérusalem. Elle a parlé du « manque de respect » de l’ONU à l’égard des États-Unis et a menacé de représailles financières l’ONU et les pays dont les votes n’étaient pas conformes aux souhaits des États-Unis. L’ONU n’est pas un médiateur honnête, car elle est dominée pas les États-Unis et elle a peur de les contrarier.

Le président Donald Trump a réduit le financement des agences humanitaires de l’ONU, il n’a pas essayé d’empêcher Israël d’assassiner des milliers de Palestiniens non armés, il a sorti les États-Unis du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et il se moque de la Cour internationale de justice des Nations-Unies. Le conseiller de Trump pour la sécurité nationale, John Bolton, a déclaré que les États-Unis prévoyaient de se retirer d’un plus grand nombre de traités qui constituent le fondement du droit international.

En d’autres termes, Bolton confirme que les États-Unis sont un État voyou ; ils ridiculisent les Nations-Unies. Dès le début de la guerre contre le terrorisme de l’ère Bush, les États-Unis ont fait preuve du plus grand mépris pour les Conventions de Genève. Obama a également violé le droit international coutumier en toute impunité. Obama a assassiné des citoyens américains, bombardé au drone des mariages et des funérailles en Afghanistan, et détruit la Libye. Il a envahi la Syrie dans une guerre d’agression illégale. Obama était un expert en tueries. Il paraît qu’il s’en est même vanté.

Causer délibérément une épidémie de choléra, revient à mener une guerre biologique. Le Yémen n’est pas le premier pays contre lequel les États-Unis utilisent des armes biologiques et chimiques. Pendant la guerre de Corée des années 1950, les États-Unis ont été accusés de manière convaincante de guerre biologique. Pendant la guerre du Vietnam, les États-Unis ont pulvérisé des millions de litres d’agent Orange, qui ont empoisonné le sol, les rivières et les gens. L’agent Orange, 50 ans plus tard, « provoque encore des fausses couches, des maladies de peau, des cancers et des malformations congénitales ».

Les États-Unis ont contaminé la Bosnie, l’Afghanistan et le Moyen-Orient avec de l’uranium dit appauvri. L’uranium appauvri peut causer le cancer, des malformations congénitales et probablement beaucoup d’autres problèmes de santé. Les États-Unis le savent. Les vétérans américains de la guerre en Irak ont reçu un avertissement sanitaire.

En 1995, Madeleine Albright est interviewée par Lesley Stahl dans l’émission 60 Minutes. Cette interview devrait avoir la place d’honneur au musée de l’Infamie pour l’éternité. Stahl a demandé à Albright si la mort de plus de 500 000 enfants irakiens causée par les sanctions américaines « valait la peine ». La réponse d’Albright a été : « Je pense que c’est un choix très difficile, mais le résultat… nous pensons que le résultat en valait la peine. » (Albright ne nous a pas dit qui était ce « nous ».) On sait maintenant que « nous » avons délibérément utilisé la guerre biologique pour tuer ces 500 000 enfants irakiens.

Combien d’autres enfants, Albright, l’administration Bill Clinton et « nous » avons-nous tué dans le monde parce que « nous » pensions que cela en « valait la peine » ? Des centaines de milliers, selon une étude du document partiellement déclassifié de la Defense Intelligence Agency IRAQ WATER TREATMMENT VULNERABILITIES [souligné dans l’original]. Le document partiellement déclassifié a été découvert en 1998 sur un site Web officiel du Système de santé militaire. En 2001, l’Association pour les élèves victimes de génocide a publié l’étude susmentionnée : Le rôle des « vulnérabilités du traitement de l’eau en Irak » dans l’arrêt d’un génocide et la prévention d’autres génocides.

Pendant la première guerre du Golfe de 1991, les États-Unis ont délibérément pris pour cible toutes les usines de purification de l’eau et tous les travaux d’assainissement en Irak, ce qui constitue en soi un crime de guerre. Le document Iraq Water Treatment Vulnerabilities (Vulnérabilités du traitement de l’eau en Irak) produit par le ministère américain de la Défense et mis en œuvre en 1991, a continué d’être appliqué sous le Président Bill Clinton. Même après qu’Albright a admis à l’émission 60 Minutes que le régime de sanctions américain avait tué 500 000 enfants irakiens, « nous » avons continué l’embargo draconien sur le matériel de purification de l’eau.

Le ministère de la Défense et le « nous » de Madeleine Albright savaient que sans eau potable, les maladies véhiculées par l’eau, comme le choléra, affecteraient et tueraient des centaines de milliers d’Irakiens. Priver une population entière des produits de premières nécessités est un génocide, et c’est une violation des Conventions de Genève. Détruire l’approvisionnement en eau potable pour causer sciemment des épidémies comme le choléra, c’est une guerre biologique.

Les sanctions économiques et les embargos commerciaux sont une guerre de siège barbare contre des populations civiles. Il n’y a aucun moyen de les blanchir grâce à des éléments de langage comme cibles chirurgicales ou intervention humanitaire. Accordez maintenant une pensée aux millions d’habitants de Cuba, d’Iran, du Venezuela, de la Syrie, de la Birmanie et de la Côte d’Ivoire qui subissent aujourd’hui un embargo américain.

Le document Iraq Water Treatment Vulnerabilities révèle l’intention diabolique qui peut présider aux sanctions, même quand elles sont autorisées par l’ONU. C’est pour ces raisons, entre autres, que le Comité international de la Croix-Rouge a souvent exprimé ses inquiétudes sur l’usage de ces sanctions, même quand l’ONU les autorisait. L’ONU n’a pas plus le droit qu’un autre de violer les Conventions de Genève, et l’ONU outrepasse son autorité lorsqu’elle le fait.

Les États-Unis ont également outrepassé l’autorisation de l’ONU en imposant un blocus total au Yémen. Comme on pouvait s’y attendre, des enfants meurent du choléra au Yémen, tout comme en Irak. Des dizaines de milliers de civils sont morts de faim, de maladie et de manque de médicaments. Et vingt millions d’êtres humains meurent en ce moment de faim dans une famine provoquée par les États-Unis et leur mandataire, la coalition dite saoudienne.

Depuis trois ans, à commencer par l’administration Obama, les États-Unis livrent à l’Arabie saoudite les bombes, les munitions, le carburant. Pire encore, l’armée américaine est au centre du commandement et du contrôle de la guerre au Yémen. D’autres pays qui profitent de la guerre, comme le Royaume-Uni, les pays de l’UE et le Canada, ont aussi les mains couvertes du sang et des excréments infectés par le choléra des enfants yéménites.

Les forces spéciales américaines, la Seal Team 6 et la CIA effectuent des raids nocturnes et des missions, comme celle qui a tué Nora, une fillette de 8 ans, qu’on voit ci-dessus. C’était une citoyenne américaine qui vivait avec ses grands-parents dans un village yéménite.

Nora était la fille d’Anwar al-Awlaki, qui fut le premier citoyen américain connu pour avoir été exécuté par les États-Unis hors de toute procédure régulière. Une semaine plus tard, son fils de 16 ans, Abdulrahman al-Awlaki, a été lui aussi assassiné par un drone américain. Barack Obama a commis ces meurtres en 2011.

C’est également Obama qui a planifié le raid au cours duquel Nora a été tuée sur ordre de Trump, le 29 janvier 2017. Lorsqu’on a demandé au secrétaire de presse d’Obama, Robert Gibb, pourquoi Abdurahman, 16 ans, avait été tué, il a répondu que son crime était qu’il « aurait dû avoir un père plus responsable ». C’était aussi le « crime » de Nora ?

La guerre contre le Yémen est une guerre sale tout comme celles d’Irak, de Libye et de Syrie. Il s’agit de la destruction d’un pays et du massacre de ses civils, qui constitue un véritable génocide même si ça n’est pas officiellement reconnu comme tel. Le Royaume d’Arabie saoudite et sa soi-disant coalition sont des mandataires américains qui paient les bombes et les larguent. Ce sont les États-Unis qui choisissent les cibles, depuis le centre de commandement et de contrôle.

Au sol au Yémen se bat une armée de terroristes salafistes parrainée par les États-Unis, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, les moudjahidines, al-Qaïda, les Frères musulmans et Blackwater (rebaptisés Academi), des mercenaires étasuniens, somaliens et sud-américains. Des terroristes soutenus par l’Arabie saoudite attaquent dans le nord, tandis que les Émirats arabes unis soutiennent des attaques terroristes dans le sud. Des terroristes soutenus par l’Arabie saoudite combattent des terroristes des Émirats arabes unis. L’Arabie saoudite impose un blocus au Qatar, suite à un différend sur le Yémen.

Le gouvernement de facto du Yémen est la direction du Mouvement Houthi, du nom de son fondateur charismatique Hussein Badreddin al-Houthi. Le Mouvement Houthi est soutenu par les unités militaires du Yémen, les forces de sécurité et une large base du peuple yéménite, dont de nombreux sunnites. Cela ne veut pas dire que les Yéménites sont tous pareils. Ils ne le sont pas, mais lorsque leur intérêt commun est en jeu, ils s’unissent, malgré leurs différences.

Certains groupes internes s’opposent au mouvement Houthi et collaborent avec les groupes terroristes saoudiens et émiratis, mais il ne s’agit pas d’une guerre sunnites contre chiites. La guerre n’est pas non plus une guerre par procuration entre l’Arabie saoudite et l’Iran, comme le monopole médiatique mainstream voudrait le faire croire au public américain.

Les chiites zaydites, qui représentent environ 42% de la population du Yémen, sont plus proches de l’islam sunnite qu’ils ne le sont de la branche chiite de l’islam iranien. Le mouvement Houthi, dirigé par Zaidi, « n’a pas appelé à la restauration de l’imamat au Yémen, et les griefs religieux n’ont pas été un facteur majeur dans la guerre », selon Al Jazeera. Au contraire, le Mouvement Houthi est surtout de nature économique, politique et régionale.

Il existe un mouvement séparatiste dans ce qui était autrefois le Yémen du Sud, qui était jusqu’en 1990 un pays communiste distinct : la République démocratique du Yémen. Avant l’unification, le Yémen du Nord est devenu la République arabe du Yémen. Dans la lutte pour le pouvoir qui a suivi l’unification, le Sud a perdu le pouvoir et le contrôle. Les Émirats arabes unis soutiennent un groupe séparatiste du sud, le Conseil de transition du sud, qui s’oppose également à Hadi et à l’Arabie saoudite. Comme nous l’avons dit, les terroristes soutenus par l’Arabie saoudite luttent contre les terroristes soutenus par les Émirats arabes unis.

Les États-Unis, l’Arabie saoudite et l’ONU tentent de faire passer Abdrabbuh Mansour Hadi pour le « gouvernement légitime internationalement reconnu du Yémen ». Hadi a été président d’un gouvernement intérimaire du Yémen de 2012 à 2014. Hadi s’est frauduleusement maintenu en place après la fin de son mandat en 2014.

Hadi a été destitué de force par le Mouvement Houthi et un large soulèvement de la base du peuple yéménite. Hadi a démissionné de son poste et s’est enfui en Arabie saoudite. Les États-Unis, l’Arabie saoudite et l’ONU utilisent Hadi comme figure de proue pour donner un semblant de légalité à la guerre d’agression illégale menée par les États-Unis contre le Yémen.

Il y a peu ou pas de preuves que l’Iran fournit au mouvement Houthi des armes, du matériel ou des combattants. Regardez la carte. Même s’il le voulait, comment l’Iran pourrait-il livrer massivement des armes avec le blocus total imposé par les États-Unis ? L’Iran a déjà beaucoup à faire avec le soutien (juridique) qu’il apporte à son allié syrien. L’Iran doit aussi gérer sa propre crise économique causée par les sanctions économiques illégales des États-Unis, réimposées par l’administration Trump.

Lorsque les États-Unis ont dû fournir des preuves tangibles de l’implication de l’Iran au Yémen, l’ancienne ambassadrice à l’ONU, Nikki Haley, n’a pu présenter que des morceaux de missile. L’ONU les a rejetés au motif qu’Haley n’apportait « aucune preuve quant à l’identité du courtier ou du fournisseur ». L’Iran a nié toute implication au Yémen et rejeté les affirmations des États-Unis comme non fondées, et il a ajouté :

Ces accusations visent également à couvrir les crimes de guerre saoudiens commis au Yémen avec la complicité des États-Unis, et à détourner l’attention de la guerre d’agression contre les Yéménites qui s’enlise.

Les Yéménites, quelle que soit leur religion, leur région ou leur tribu, sont farouchement nationalistes et ils ne sont à la solde de personne. Ils n’apprécient pas que des envahisseurs étrangers veulent les dominer. Le Yémen, comme l’Afghanistan, est un cimetière où les empires viennent mourir. Les Britanniques et les Égyptiens l’ont appris dans les années 1960 et maintenant les Saoudiens et les Émirats arabes unis l’apprennent à leurs dépens.

Les États-Unis ressemblent à un empire zombie. Confronté à l’humiliation et à la défaite, ils laminent leurs adversaires depuis le ciel, comme en Irak, Libye et Syrie. Les États-Unis n’ont aucune pitié pour la population civile. Les États-Unis détruisent les infrastructures civiles, bloquent la nourriture, l’eau et les médicaments. Ils larguent des bombes à fragmentation et du phosphore blanc sur les populations, et ils empoisonnent l’eau, le sol et l’air avec des armes biologiques, chimiques et radioactives.

Pas plus que l’Irak, la Libye, la Syrie et tant d’autres petits pays que les États-Unis ont qualifiés d’ennemis, le Yémen ne constitue une menace pour la sécurité nationale américaine. Pourquoi les États-Unis détruisent-ils tous ces petits pays et pourquoi les États-Unis détruisent-ils le Yémen ?

Dans les années 1990, après l’effondrement de l’URSS, les États-Unis ont entrepris de construire un empire pour dominer le monde, et ils n’en ont pas fait mystère. Le projet américain de domination du monde a pris différents noms, comme la Doctrine Wolfowitz, le Projet pour un nouveau siècle américain (PNAC), Full Spectrum Dominance, the Indispensable Nation, American Exceptionalism, New World Order et, plus subtilement, le rôle du leadership mondial américain.

Quel que soit le nom que l’on donne à la domination du monde par les États-Unis, c’est toujours la même chose. Les États-Unis se considèrent au-dessus du droit international, du comportement moral coutumier et estiment qu’ils sont les seuls à avoir le droit d’agir en fonction de ce qu’ils croient être leur intérêt politique, militaire et financier. Si les États-Unis étaient une personne, ils seraient diagnostiqués comme psychopathe, sans conscience, sans empathie et sans remord ; agressif, narcissique et tueur en série.

Le Yémen est souvent décrit par les médias grand public comme « le pays le plus pauvre du Moyen-Orient », comme s’il n’avait aucune richesse qu’on pourrait vouloir s’approprier. La population du Yémen est pauvre, mais le Yémen a du pétrole, des pipelines, de l’or, des minéraux, de l’agriculture, de la pêche, des entreprises publiques, des biens immobiliers enviables, de l’argent et un grand potentiel touristique du fait de sa géographie.

Les 30 millions d’habitants du Yémen sont à la fois une source potentielle de main-d’œuvre bon marché et un marché potentiel pour les produits des entreprises mondiales américaines. Le Yémen est stratégiquement situé près du détroit de Bab-el-Mandeb, par lequel passent 1,4 milliard de barils de pétrole chaque jour [Chiffre à revoir car la production journalière mondiale n’est que de ~100 millions de bpj, NdSF].  Pendant des millénaires, le Yémen a été un pôle commercial.

Les États-Unis convoitent la richesse du Yémen et sa position stratégique dans le cadre du nouvel ordre mondial néolibéral. La vision américaine du Nouvel Ordre Mondial est un monde dominé par les multinationales américaines, les institutions financières américaines et les riches dynasties familiales américaines.

La politique étrangère des États-Unis est façonnée par des intérêts particuliers, des monopoles et leurs comités d’action politique (PACS), comme les fabricants d’armes, les multinationales financières, pharmaceutiques et agroalimentaires. Des pays étrangers comme Israël et l’Arabie saoudite ont également des lobbies puissants qui peuvent manipuler la politique étrangère américaine à leur avantage. La politique étrangère américaine n’a pas grand-chose à voir avec les intérêts du citoyen américain moyen.

Le Yémen est le voisin méridional du Royaume d’Arabie saoudite, et les Saoudiens veulent un gouvernement corrompu, complaisant et docile au Yémen. Le Royaume a élargi sa frontière pour empiéter sur les frontières septentrionales du Yémen, berceau du mouvement Houthi. La dynastie saoudienne craint également l’influence d’un peuple yéménite indépendant sur le peuple opprimé par la dynastie saoudienne. Le Royaume est un baril de poudre, au moindre soulèvement populaire, il va exploser.

L’Arabie saoudite utilise l’islam wahhabite extrémiste comme subterfuge politique pour recruter des djihadistes et des terroristes et pour étendre son influence en Asie occidentale, en Afrique et au-delà. Le terrorisme international est une initiative conjointe des États-Unis, de l’Arabie saoudite et d’autres États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Tous les États du CCG : Arabie saoudite, EAU, Bahreïn, Oman et Koweït sont des monarchies théocratiques. Cela en dit long sur les valeurs américaines en matière de démocratie et de droits humains.

Les États-Unis convoitent depuis longtemps les richesses du Yémen. Au milieu des années 1980, la famille Bush et ses amis pétroliers texans de Hunt Oil ont investi dans le bassin pétrolifère de Marib Shabwa au Yémen. Bush a obtenu pour Hunt Oil les droits d’exploration future. L’ancien directeur de la CIA, puis vice-président Bush, s’est arrangé en douce pour que Saddam Hussein, le président de l’Irak, finance les investissements de Bush-Hunt au Yémen. Quelques années plus tard, Bush a « remboursé » le prêt de Saddam avec l’opération militaire Shock and Awe.

La guerre qui a débuté en 2015 a pour but de protéger les investissements américains dans les entreprises internationales, le néolibéralisme et le projet de nouvel ordre mondial. Le peuple yéménite a été un farouche opposant du néolibéralisme, et il aime son vieil ordre mondial. Ils se sont rebellés contre les 33 années de règne d’Ali Abdullah Saleh parce qu’il avait vendu le Yémen au néolibéralisme, puis le peuple s’est rebellé contre le gouvernement intérimaire de Hadi qui complotait de vendre au rabais leurs biens publics à l’empire néolibéral.

Les Étasuniens qui profitent du néolibéralisme n’ont pas apprécié que leur bienfaiteur Hadi ait été renversé par le mouvement Houthi. Et l’Arabie saoudite, qui essaie d’exploiter le Yémen depuis des décennies, n’a pas apprécié non plus. Les vautours des autres pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) encerclent le Yémen dans l’espoir de se repaître aussi de son cadavre.

Les États-Unis fournissent aux pays du CCG le dispositif Shock and Awe pour tuer la proie, et ils se moquent pas mal de tuer 22 millions de personnes dans le processus de pillage du Yémen. Ce sont les États-Unis qui fournissent les bombes. La coalition des pays du  Golfe dirigée par l’Arabie saoudite ne fait que les larguer

En résumé, il n’y a pas de guerre civile au Yémen. L’Iran est le bouc émissaire d’une guerre d’agression illégale menée par les États-Unis. L’Arabie saoudite et sa coalition d’États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont leur siège à Riyad, en Arabie saoudite. Les États membres du CCG sont l’Arabie saoudite, le Bahreïn, Oman et les Émirats arabes unis. Ce sont toutes des monarchies. Les États-Unis espèrent remporter les plus gros lots au Yémen, et l’Arabie saoudite, les EAU et le Qatar s’affrontent pour les miettes. La vie de 22 millions de Yéménites ne tient qu’à un fil, à cause du blocus américain de nourriture, d’eau et de médicaments. Les États-Unis sont responsables de la pire épidémie de choléra de l’histoire. C’est une guerre biologique et un génocide.

 

Raids de l’Otan en 1999: recrudescence des tumeurs et de la mortalité en Serbie constatée

10 novembre 2018

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201811091038833102-serbie-bombardements-yougoslavie-uranium-cancer-tumeurs/

Créée le 12 juin 2018 par le gouvernement serbe, la Commission d’enquête sur les conséquences des bombardements de la Yougoslavie par l’Otan en 1999, et notamment sur l’impact de l’uranium appauvri sur la santé des citoyens, poursuit son travail. Sputnik a rencontré Darko Laketic, président de la commission.

La Commission d’enquête sur les conséquences des bombardements de la Yougoslavie par l’Otan en 1999 a pour tâche essentielle d’enquêter sur un lien de causalité entre les bombardements à l’uranium appauvri effectués par l’Otan dans le sud de la Serbie et le taux de mortalité élevé imputable à des maladies oncologiques dans cette région, a déclaré à Sputnik Darko Laketic, président de la commission gouvernementale serbe.

«Nous avons déjà visité Vranje, Pancevo et Novi Sad et nous nous rendrons sous peu à Kragujevac. Ce sont pour nous des régions prioritaires. Nous collectons des données statistiques et médicales et interrogeons les personnes ayant été en contact avec le sol contaminé», a détaillé l’interlocuteur de l’agence. »

Et d’ajouter que ses collaborateurs ne cessaient d’analyser les données médicales dans les zones de contamination, comparant les statistiques avant et après les bombardements.

«Nous étudions l’action des substances toxiques et essayons d’établir un lien entre celles-ci et la maladie pour mieux organiser par la suite la prévention, le dépistage et le traitement du cancer à ses stades précoces dans les régions où cela est nécessaire», a expliqué le responsable.

Selon ce dernier, les scientifiques ont prouvé que l’uranium appauvri n’était pas le seul à avoir un impact sur la santé des humains. D’autres substances toxiques qui se dégagent lors des bombardements, dont le chlore, provoquent elles aussi des tumeurs malignes qui ne se manifestent que 5 à 10 ans après le contact ou pourraient être découvertes seulement dans 10 à 20 ans.

Certains spécialistes affirment toutefois que rien ne prouve un lien entre l’augmentation de cas de cancer et l’uranium appauvri en Serbie, car les maladies oncologiques deviennent de plus en plus fréquentes sur l’ensemble du territoire serbe, alors que l’uranium appauvri a un rayon d’action limité et n’était utilisé qu’essentiellement dans le sud du pays. Qui plus est, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nombre de patients avec des tumeurs malignes augmentent dans le monde entier.

En 1999, pendant 11 semaines, l’Alliance atlantique a bombardé la Yougoslavie, le territoire comprenant la Serbie et le Monténégro actuels. Les avions de l’Otan ont largué près de 15 tonnes d’uranium appauvri sur le territoire serbe. Comptabilisant 5.500 cas de cancer enregistrés pour un million d’habitants, la Serbie arrive de nos jours en première position en Europe si l’on se réfère au nombre de décès dus au cancer.

Le nombre de victimes de l’opération Force alliée est inconnu, mais le gouvernement serbe fait état d’environ 2.500 morts, dont 89 enfants, et de 12.500 blessés.

 

 

Le peuple veut poser les jalons lui-même

par Werner Wüthrich

docteur en sciences politiques

Horizons et débats,

5 novembre 2018

 

Au sujet de l’accord-cadre et des votations fédérales du 25 novembre

Depuis le Non du peuple suisse à l’EEE en 1992, on observe une tendance à limiter la participation directe de la population. A l’époque, 18 cantons ou demi-cantons [sur 26] se sont exprimés contre l’affiliation politique à l’UE. Néanmoins, pendant 13 ans (jusqu’en 2005!), la politique du Conseil fédéral (soutenue par le Parlement) poursuivit officiellement l’objectif stratégique de l’adhésion à l’UE. Les initiatives populaires ne sont mises en œuvre que tièdement ou qu’en partie et les traités internationaux sont élevés au rang de «droit international» et confondus dans l’esprit des gens au droit international humanitaire et aux droits de l’homme, afin qu’ils ne puissent plus être remis en question. – Il est temps de prendre des contre-mesures pour que l’interaction directe, établie de longue date et souvent pratiquée, entre les autorités et le peuple puisse fonctionner à nouveau !

La Suisse dispose d’un système économique libéral. C’est le seul pays reconnaissant depuis le XIXe la liberté économique dans la Constitution comme un droit fondamental de liberté individuelle – lié à la démocratie directe. Au niveau fédéral, environ 200 votes économiques ont eu lieu depuis lors sur: l’imposition des sociétés, les impôts en général, le «frein à l’endettement», la politique conjoncturelle et industrielle (garantie du risque d’innovation), le système antitrust, la formation professionnelle, le système monétaire, les centrales nucléaires, le marché électrique et d’autres questions énergétiques, l’agriculture, l’immigration, la protection des travailleurs, des locataires et des consommateurs, la surveillance des prix, la sécurité sociale, la protection de l’environnement, de l’eau et des animaux, la cogestion, la réduction de la durée du travail ou des congés, le salaire minimum, les primes et salaires excessifs chez les cadres supérieurs des grandes entreprises et un large éventail de contrats internationaux …
Le peuple détermine lui-même les pierres angulaires de l’ordre économique libéral. Et il a également, à maintes reprises, lui-même posé les jalons de l’orientation de la politique économique. En 1972, il a clairement accepté l’Accord de libre-échange global avec la CE de l’époque qui ne prévoyait aucune intégration politique – et vingt ans plus tard, il a clairement refusé l’EEE qui aurait modifié de vastes pans de la politique suisse. Des questions similaires se posent aujourd’hui à propos de l’accord-cadre proposé, avec lequel l’UE veut à nouveau aligner et lier la Suisse au niveau politique.
Au cœur de notre système économique se trouve le peuple suisse qui façonne la liberté économique à l’aide de ses droits populaires et en assumant une partie de la responsabilité. Aujourd’hui, les résultats sont impressionnants. Ce serait donc une sérieuse négligence que d’affaiblir, voire d’éliminer la démocratie directe qui demeure un pilier central des droits populaires. La campagne du Non, tentant de peindre le diable au mur avec un sombre scénario pour l’avenir du pays, est absurde. La Suisse a toujours été orientée vers l’exportation – avant la Première Guerre mondiale encore davantage qu’aujourd’hui. L’industrie exportatrice a toujours su faire face aux circonstances et aux difficultés, même lors du franc fort. Tout cela a fortifié notre pays et ne l’a pas affaibli. Les tendances internationalistes actuelles ne sont pas une raison pour provoquer un changement de système.
En réalité, il est tout à fait naturel de dire Oui à l’autodétermination et au maintien de la démocratie directe !

L’UE se comporte comme une agence chargée de défendre des intérêts globaux financiers et de pouvoir

par Dieter Sprok

Horizons et débats, Zurich,

15 octobre 2018

 

«Après la prise de contrôle par Bruxelles, le marché de l’électricité dans l’UE a été ‹libéralisé›; il a été ‹libéré› des réglementations étatiques puis ouvert aux marchés financiers internationaux. ‹Le commerce de l’électricité en expansion est entre-temps tout aussi discrédité que les marchés financiers.›»

 

L’UE aime son rôle de défenseur de la liberté. Elle ne se lasse jamais de vanter ses quatre «libertés fondamentales» comme fondement de sa «communauté de valeurs» et de la démocratie en général. La libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux est le meilleur moyen d’atteindre la prospérité, la liberté et la démocratie partout dans le monde, aucun Etat ne doit protéger le «libre-échange» de la concurrence étrangère par des lois et des mesures visant à protéger sa propre économie, et il n’y a aucune alternative à cela, tel est leur credo! Mais à qui profitent réellement ces libertés? Et à quoi ressemble la réalité aujourd’hui?

L’accord sur l’électricité entre la Suisse et l’UE – un exemple

Pour illustrer la réalité, un exemple émanant du domaine du commerce de l’électricité est approprié: l’électricité pouvait être échangée librement en Europe jusqu’en 2009. En 1951, des responsables des exploitants de centrales électriques et des délégués des ministères de sept pays européens se sont réunis pour former l’Union pour la coordination de la production et du transport de l’électricité (UCPTE). «Bien avant que l’on ait cru devoir diriger l’Europe de façon centraliste depuis Bruxelles, l’UCPTE a visé et réalisé le regroupement des réseaux électriques européens en un réseau interconnecté dans le cadre d’une coopération libre et volontaire sous les aspects de fiabilité, de sécurité et de rentabilité de l’approvisionnement électrique», a écrit Ernst Pauli dans Horizons et débats n° 16 du 6/5/2013 [HD_16_2013_page_1.pdf]. Le travail était porté par un sérieux sens de la responsabilité, une confiance mutuelle et une coopération, sans recherche du profit et il était exempt de contraintes politiques.

Après la prise de contrôle par Bruxelles, le marché de l’électricité dans l’UE a été «libéralisé»; il a été «libéré» des réglementations étatiques puis ouvert aux marchés financiers internationaux. «Le commerce de l’électricité en expansion est entre-temps tout aussi discrédité que les marchés financiers», écrit Pauli. Le volume d’électricité «commercialisé» est 10 fois plus élevé que la quantité de l’électricité physiquement disponible. «Selon la progression de l’ouverture du marché, un kilowattheure change de mains jusqu’à dix fois lors de sa transition de la production au consommateur final en passant par le transport. Les banques, les fonds spéculatifs et d’autres concurrents extérieurs à l’industrie se lancent de plus en plus dans le secteur de l’électricité.»

Actuellement, l’UE subordonne la conclusion d’un accord sur l’électricité avec la Suisse à la signature d’un accord-cadre institutionnel par lequel la Suisse s’engagerait à adopter automatiquement la législation européenne actuelle et future. Une telle exigence est non seulement antidémocratique, mais aussi incompatible avec la Constitution fédérale suisse.

L’accord sur l’électricité sert exclusivement à ouvrir le marché suisse de l’électricité aux fournisseurs internationaux et non à garantir l’approvisionnement en électricité. Au contraire, le droit de l’UE permet aux investisseurs de toutes sortes d’acheter et de fermer en Suisse de petites centrales électriques régionales cofinancées par les cantons et les communes, ce qui accroîtrait considérablement la dépendance du pays face à l’étranger. Pour garantir la sécurité de l’approvisionnement en électricité il nous faut des spécialistes – techniciens et ingénieurs – et non des contrats «léonins» à motivation politique.

Promesse et réalité

L’UE se comporte comme une agence chargée de défendre des intérêts globaux dans les domaines de la finance et du pouvoir. Toute personne ou groupe exprimant des critiques est dénigré comme opposant à la liberté et à la démocratie et, en règle générale, catalogué d’extrémiste de droite. Les pays osant s’écarter de la voie strictement néolibérale sont soumis à des sanctions. La liberté s’arrête là où la liberté des marchés financiers pourrait être entravée. La prospérité promise se limite aux pays riches, et même là, l’écart entre les riches et les pauvres se creuse constamment.  La démocratie souffre de l’intolérance des bureaucrates administratifs d’option néolibérale, fortement soutenus dans leur intolérance par les médias et les marchés financiers.

La bonne nouvelle

L’ordre mondial néolibéral a été créé par des êtres humains et peut donc aussi être modifié par eux. Il n’est pas sans alternative.

 

(Traduction Horizons et débats)