Gardons notre neutralité !

Des soldats suisses s’entraînent à la frontière russe

Source: http://www.zeit-fragen.ch/fr/ausgaben/2016/nr-18-16-august-2016/neutralitaet-wahren.html

Horizons et débats

Case postale 729

CH-8044 Zurich

 

Depuis deux ans, dans le cadre de la crise ukrainienne, l’OTAN sous tutelle américaine, cherche à envenimer le conflit avec la Russie.

Des manœuvres militaires permanentes à la frontière russe ne cessent d’aggraver la crise. Au cours des derniers 6 mois, l’OTAN a lancé pas moins de 12 manœuvres en Europe de l’Est.

Le gouvernement russe a de son côté également entrepris des opérations le long de sa frontière occidentale. Les champs de bataille d’une éventuelle escalade du conflit se trouveront en Europe. Non pas aux Etats-Unis d’où cette escalade est fomentée. Cela n’est ni dans l’intérêt des pays européens ni dans celui de la Suisse neutre.

Il est donc indispensable pour notre pays de remettre en question la coopération avec l’organisation Partenariat pour la paix (PpP), organisation étroitement liée à l’OTAN, et de tirer les conséquences nécessaires de la situation politique actuelle.

Les exercices de nos Forces aériennes en Pologne – un Etat membre de l’OTAN – près de la frontière russe (Kaliningrad) paraissent, il faut le dire, plus que problématiques (cf. www.admin.ch/gov/de/start/dokumentation/medienmitteilungen.msg-id-62726.html). Et ceci peu de temps après des grandes manœuvres de l’OTAN (Anakonda).

En tant qu’Etat dépositaire de la Croix-Rouge et intermédiaire de bons offices entre deux Etats ennemis, notre pays ne peut pas se permettre d’être impliqué dans des conflits militaires – ne serait-ce par insouciance ou par manque de circonspection politique. C’est maintenant, plus que jamais, qu’il faut une Suisse neutre prête à agir et qui soit crédible afin de servir d’intermédiaire entre deux blocs.

Mettre un terme à l’adhésion au PpP, que ce soit par le Conseil fédéral ou par une initiative populaire, permettrait à la Suisse de se préparer aux temps futurs.

Dans de telles périodes de conflits, notre armée peut choisir des endroits dans le monde pour ses manœuvres militaires, ses essais de nouvelles armes et ses entraînements autres que Deblin en Pologne ou l’Etat membre de l’OTAN qu’est la Turquie.

France: La politique du mensonge

par Guillaume Borel

19 août 2016

Source : http://arretsurinfo.ch/france-la-politique-du-mensonge/

 

 

Les chiffres du nombre de demandeurs d’emplois pour le deuxième trimestre 2016 ont enfin donné à voir l’inversion de la courbe du chômage annoncée par l’exécutif français depuis la fin de l’année 2012, sans pour autant que la situation économique se soit en aucune manière améliorée dans l’hexagone. La croissance reste en effet exsangue avec 0,5 points de croissance au premier trimestre et 0 au deuxième quand la plupart des économistes s’accordent à dire que l’économie française ne crée des emplois qu’au-delà de 1,5 points…

Pour expliquer ce décalage à première vue incompréhensible entre sa « vision » de décembre 2012 et les statistiques du deuxième trimestre 2016, le président François Hollande aura cette explication surréaliste, extraite du livre Conversations privées avec le président, sorti ce jeudi : « Je n’ai pas eu de bol ! »

Cette réduction de la problématique de l’emploi à une question de « bol » renvoie, deux décennies après la métaphore de l’ouragan utilisée par le président François Mitterrand, à l’impuissance politique organisée en matière de politique industrielle et économique dans un environnement mondialisé caractérisé par la perte d’autonomie nationale.

Cette perte d’autonomie et de pouvoir d’action national sur les questions centrales de la politique industrielle ou des politiques monétaires et budgétaires se traduit dans les faits par une politique du maquillage qui fonctionne comme substitut à l’action publique. Ainsi, le détail des chiffres publiés par l’INSEE pour le deuxième trimestre, montre, à côté d’une réduction de 0,3 point du nombre de chômeurs de catégorie A, soit une baisse de 74 000 demandeurs d’emplois, une augmentation significative des demandeurs d’emplois non comptabilisés.

Selon l’INSEE :

« En France métropolitaine, parmi les personnes inactives au sens du BIT, 1,5 million souhaitent un emploi sans être comptées comme chômeurs au sens du BIT : elles constituent le halo autour du chômage. Au deuxième trimestre 2016, leur nombre augmente de 29 000 par rapport au trimestre précédent, et de 43 000 sur un an. »

Ce « halo », au sens du BIT, désigne les personnes classées comme inactives, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles rapidement pour travailler (deux semaines), soit parce qu’elles ne recherchent pas activement un emploi.

On voit que soustrait de l’augmentation des demandeurs d’emplois classés comme « inactifs », la baisse officielle du nombre des « chômeurs » se réduit à 45 000.

Autre information publiée par l’INSEE mais non reprise par la presse nationale, le « sous-emploi », c’est à dire les personnes travaillant à temps partiel, mais souhaitant travailler plus sans y parvenir, a lui aussi augmenté de 0,3 points, ce qui n’est, là encore, pas le signe d’une économie qui crée des emplois. Enfin, dernier indice qui indique manifestement un trucage des statistiques gouvernementales, le taux d’activité global a diminué de 0,1% sur la période…

Dans ces conditions, la décrue inexplicable, et inexpliquée, du chômage officiel au deuxième trimestre ne pouvait venir que d’un maquillage statistique et c’est le journal Le Canard Enchaîné, qui fournissait la preuve de la manipulation au début du mois d’août en révélant une publication interne à Pôle Emploi appelant à placer 500 000 chômeurs de plus en formation, c’est à dire à les faire basculer de la catégorie A, qui sert au calcul statistique officiel, à la catégorie D. Cette offensive statistique spectaculaire, qui consiste à faire changer les chômeurs officiels de nomenclature afin de les faire « disparaître », a nécessité le déblocage d’un budget exceptionnel de 1 milliards d’euros. Un maquillage très onéreux pour les contribuables.

L’annonce de la baisse du chômage officiel par l’INSEE a pourtant été reprise par l’ensemble de la presse nationale, sans aucun recul critique. La lecture des titres des grands quotidiens révèle même une tonalité presque euphorique. Ainsi, le journal Le Monde claironne : Le taux de chômage sous les 10 % pour la première fois depuis quatre ans. Le Figaro titre quant à lui sur un Fort recul du taux de chômage au deuxième trimestre.

Il faut ensuite fouiller dans le corps de l’article pour trouver une explication à cette baisse, quand il en est fait mention. Le Monde parle ainsi de « Surprise » sans avancer aucune explication. Le Figaro évoque bien quant à lui le plan de « formation » de 500 000 chômeurs, mais en toute fin d’article… Plus nuancé, Libération met un « bémol » à la publication des chiffres de l’INSEE, évoquant l’augmentation du « halo du chômage ». Aucune dénonciation là non plus, de la politique de maquillage statistique de l’exécutif qui avait pourtant été annoncée en grande pompe et détaillée par le gouvernement français en janvier 2016.

Il paraît ainsi incompréhensible que la grande presse nationale ne puisse pas faire le lien entre le changement de catégorie statistique des bénéficiaires du plan de formation gouvernemental et la baisse du chômage officiel, à moins bien sûr qu’elle ne le veuille pas. Nous nous heurtons ainsi une fois encore aux limites du système de subventionnement public des organes de presse écrite qui produit dans les faits une nomenklatura médiatique servile et complaisante, se comportant dans sa chasse aux subventions publiques comme une auxiliaire du pouvoir politique.

C’est ainsi en toute impunité que l’exécutif peut se livrer sur le plan intérieur comme géopolitique, à une politique du maquillage et du mensonge destinée à masquer son impuissance au niveau économique ainsi que ses errements géostratégiques. Le soutien aux djihadistes d’Al-Nosra en Syrie fut maquillé en aide aux « rebelles modérés », dont la véritable nature avait été révélée à l’occasion des raids aériens des forces armées russes. Cette politique de soutien aux groupes djihadistes contre le régime syrien a contribué à la montée en puissance de l’Etat Islamique et du terrorisme international. Après les premières vagues d’attentats de 2015 sur le sol français, l’exécutif dissimulera sa responsabilité derrière le mensonge de « loups solitaires » « auto radicalisés » via Internet, qui sert également de paravent à l’incompétence meurtrière des services de renseignement. Il n’est dès lors pas étonnant que le gouvernement, assuré de la docilité des médias subventionnés, ait attaqué de manière si virulente les médias indépendants opérant sur Internet, et les « théories du complot » accusés de véhiculer des « discours de haine » ou encore de propager « l’antisémitisme », du fait qu’ils ont été les seuls vecteurs de la démystification de cette politique du mensonge.

Un peu plus d’un mois après l’attentat de Nice, l’impuissance du gouvernement à assurer la sécurité de ses citoyens et la contradiction entre le but affiché publiquement de lutter contre le terrorisme et son soutien au groupe Al-Nosra en Syrie, se matérialise une nouvelle fois sous la forme du maquillage et du mensonge à travers la polémique stérile sur le burkini, comme si lutter contre les signes visibles d’une certaine forme de radicalisation allait permettre de faire oublier les échecs répétés des services de renseignement ou encore la responsabilité de la politique étrangère française. Parce qu’il est condamné à l’impuissance sur le plan intérieur et victime de ses propres incohérences criminelles sur le plan géopolitique, ce gouvernement est ainsi passé maître dans l’art de maquiller les faits, de manipuler l’opinion publique et d’allumer des contre feux.

Guillaume Borel | 19 août 2016

Guillaume Borel, analyste politique, est l’auteur de l’ouvrage Le travail, histoire d’une idéologieÉditions Utopia: 2015. Il s’intéresse aux questions de macro-économie, à la géopolitique et aux questions de propagande et d’intoxications médiatiques.

 

Pourquoi les attentats en France ?

par Finian Cunningham,

02 août 2016

Source : Strategic-Culture, le 30 juillet 2016.

Traduit et édité par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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La spirale de la terreur en France se terminera quand celle-ci cessera de se comporter en État voyou.

Les actes de guerre illégaux perpétrés par la France au Moyen-Orient, et leurs conséquences, sont largement passés sous silence.

 

Le choc subi en France suite à l’assassinat, au couteau, d’un prêtre âgé par deux terroristes islamistes est compréhensible. Le religieux de 85 ans, le Père Jacques Hamel, a été forcé de s’agenouiller devant la petite congrégation présente lors d’une messe dans une église paroissiale en Normandie, quand il a été égorgé. Les tueurs se sont ensuite filmés en se livrant à un rituel arabe macabre sur l’autel de l’église.

Exprimant l’horreur de la nation, le Père Philippe Maheut, vicaire général pour le district de Rouen, dans le nord de la France où l’assassinat a eu lieu au début de cette semaine, aurait déclaré : «  Nous nous demandons comment nous avons pu en arriver à ce point. »

Le choc de l’ assassinat barbare est aggravé par le fait qu’il intervient moins de deux semaines après qu’un homme d’origine tunisienne a écrasé, au volant d’un camion de 19 tonnes, une foule de piétons regardant le feu d’artifice du 14 juillet dans la ville balnéaire de Nice, sur la Riviera. Les autorités françaises affirment que l’attaque − dans laquelle 84 personnes ont été tuées − a également été motivée par le terrorisme islamiste.

Depuis janvier 2015, la France a subi plus de dix attaques terroristes qui ont coûté la vie à plus de 250 personnes. Le pays est en état d’urgence depuis neuf mois et continuera de l’être au moins jusqu’à la fin de cette année. Peut-être même au-delà. Pourtant, il semble n’y avoir aucun répit dans la violence.

Ce qui est encore plus irritant pour les citoyens est que, dans la dernière attaque, près de Rouen, l’un des deux assaillants, qui ont ensuite été abattus par des policiers, était connu des autorités françaises pour avoir des liens terroristes. Adel Kermiche (19 ans), un Français arabe, portait un bracelet électronique et était sous surveillance dans le cadre d’une condamnation par un tribunal français pour ses tentatives d’aller en Syrie, à deux reprises au cours de l’année 2015, afin de rejoindre les milices islamistes qui se battent là-bas.

Ces divulgations ajoutent au mécontentement populaire croissant contre le gouvernement du président François Hollande. Il suit des réclamations faites par la police française locale de Nice qui n’aurait pas reçu le soutien adéquat de la part de la sécurité nationale au moment du massacre.

Le gouvernement socialiste de Hollande est assailli par la droite politique qui l’accuse d’être «  trop mou » sur les questions de sécurité.

Nicolas Sarkozy, le leader des Républicains, appelle à une réponse « sans merci » à la suite du meurtre du prêtre cette semaine.

Sarkozy, qui devrait tenter une deuxième candidature à la présidence lors des élections de l’an prochain, semble essayer de marginaliser l’aile droite, anti-immigrés, du Front national de Marine Le Pen.

Parmi les mesures d’urgence exigées par Sarkozy il y a la détention sans jugement pour toute personne soupçonnée de liens avec les terroristes islamistes, plus de pouvoirs de surveillance pour la police, et la déportation de citoyens français dans leur pays d’origine s’ils sont reconnus coupables d’infractions terroristes. C’est une pente glissante vers l’internement massif de populations ethnico-religieuses entières, semblable à un état de loi martiale.

Avec le gouvernement de Hollande sous la pression croissante à la fois des Républicains et du Front national, en vue des élections de l’an prochain, et compte tenu de ses performances lamentables à ce jour sur les questions de sécurité, il semble inévitable que la France intensifie ses pouvoirs d’urgence déjà draconiens.

On doit s’attendre aussi à voir s’accroître l’activité des opérations militaires françaises outre-mer. Tant Hollande que son Premier ministre Manuel Valls ont déclaré la guerre à État islamique (ISIS ou Daesh) et ont promis que « la guerre sera longue ».

Quelques jours seulement après les atrocités du 14 juillet à Nice, les avions français ont réalisé plusieurs frappes aériennes près de la forteresse d’ISIS à Manbij dans le nord de la Syrie. Cependant, des sources gouvernementales syriennes ont affirmé que les frappes ont tué plus de cent civils. Damas a envoyé une lettre au Conseil de sécurité des Nations unies condamnant la violation du droit humanitaire par les Français, ainsi que la souveraineté du pays dans l’exécution des raids aériens.

Nous avons donc une spirale mortelle de la terreur. Dans les circonstances qui prévalent, cette spirale va forer de plus en plus profondément dans une indifférence insupportable.

Revenons à la question posée par le vicaire général de Rouen suite à l’assassinat du prêtre : « comment en sommes-nous arrivés à ce point ? ».

Il ne faut pas sous-estimer le fait qu’une grande partie de la violence soi-disant djihadiste qui a éclaté à travers l’Europe, de la France à la Belgique et à l’Allemagne, est une forme de retour de flamme des guerres illégales que les États européens ont menées en Asie centrale, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ces guerres ont été conduites ouvertement avec les États-Unis, sous les auspices de l’OTAN, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Somalie et au Mali. La légalité de ces interventions est très discutable, sinon littéralement criminelle pour le dire crûment.

C’est sous la présidence française de Nicolas Sarkozy, en mars 2011, que l’OTAN a bombardé la Libye, la transformant en un État failli, renversant le gouvernement de Mouammar Kadhafi, et déchaînant le terrorisme islamiste dans les régions du Maghreb, du Sahara et du Moyen-Orient.

Sous la présidence de Hollande à partir de 2012, la France a été un commanditaire clé de la guerre secrète en Syrie au cours des cinq dernières années pour renverser le gouvernement élu du président Bachar al-Assad. Avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, la France est responsable de l’un des grands crimes de l’histoire moderne − la destruction aveugle de la Syrie, avec un bilan de 400 000 victimes et le déplacement de millions de réfugiés, en conséquence du soutien secret apporté par l’Occident aux milices terroristes afin de provoquer un changement de régime.

L’ambassadeur de Syrie à l’ONU, Bachar al-Jaafari, a admonesté le Conseil de sécurité la semaine dernière avec sarcasme : «  Pourquoi les attaques en Europe sont-elles condamnées comme des actes terroristes, alors que quand elles sont effectuées en Syrie, les gouvernements occidentaux les désignent comme des actions des « rebelles modérés » ? ».

L’égorgement d’un prêtre dans une église normande par des terroristes islamistes autoproclamés est en effet choquant. Mais combien plus choquant est la décapitation de milliers de chrétiens et de musulmans par les mêmes groupes terroristes en Syrie ?

Les Patriarches chrétiens syriens ont, depuis des années, mis en garde sur l’extermination des chrétiens dans les villes et villages qui sont tombés sous le siège de l’État islamique et d’autres groupes terroristes liés à al-Qaïda. Le patriarche Ignace Ephrem II a évoqué un seul incident horrible, parmi beaucoup d’autres, quand vingt-et-un chrétiens ont été massacrés dans une église dans la ville de Al Qaryatain. Le règne de la terreur ne prit fin qu’en avril de cette année, lorsque l’armée arabe syrienne et la force aérienne russe ont repris la ville aux djihadistes.

Les réseaux djihadistes − mercenaires venus de pas moins de cent pays − ont presque renversé l’État syrien avant que le président russe Vladimir Poutine n’ordonne une intervention militaire en octobre dernier. Le renversement de l’État était l’objectif du gouvernement français et de ses alliés. Et les mercenaires ont été dirigés, financés et militarisés par les puissances étrangères. La France, les États-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres sont coupables d’énormes crimes de guerre. Les dirigeants politiques de ces pays doivent être poursuivis. Parce que sans responsabilité en vertu de la loi, il n’y a plus de loi. Nous sommes retournés dans la jungle.

François Hollande a admis publiquement que des armes françaises étaient fournies aux «  rebelles » syriens depuis 2012, en violation d’un embargo de l’Union européenne sur la Syrie.

Les rapports des médias occidentaux ont également, occasionnellement et pudiquement, reconnu que les armes étrangères ont fini dans les mains de réseaux terroristes officiellement proscrits. La notion d’une distinction entre les modérés et les extrémistes est une mascarade cynique afin d’absoudre les gouvernements occidentaux de l’accusation légitime qu’ils sont les complices des terroristes.

La vidéo de la décapitation d’un garçon palestinien de dix ans, près de la ville d’Alep au nord de la Syrie, la semaine dernière, par des «  rebelles » de la brigade Nour al-Din al-Zenki, soutenus par les États-Unis, est la preuve de cette mascarade. Le département d’État américain a reconnu son lien avec le groupe, en disant que le meurtre horrible du garçon entraînerait une « pause » dans la poursuite du soutien à la brigade.

Il ne semble pas y avoir d’issue en France à la spirale terroriste de la mort. Non seulement en France, mais dans l’ensemble de l’Europe.

Une série d’attaques liées au terrorisme en Allemagne − trois dans la dernière semaine − attise la peur et le ressentiment parmi les Allemands ordinaires envers les demandeurs d’asile qui ont fui la violence dans les pays arabes et musulmans.

L’atrocité commise dans l’église française près de Rouen est considérée comme un blasphème contre l’héritage chrétien de la France. Il y a des rapports alarmants selon lesquels des groupes nationalistes français d’extrême-droite chercheraient à se venger par des attaques sur les communautés arabes et musulmanes. L’ambiance de peur, de suspicion, de vengeance et de xénophobie est à son tour renforcée par l’augmentation des pouvoirs de l’État d’urgence et la rhétorique politique incendiaire.

On constate, semble-t-il, une vision apocalyptique abyssale de violence sans fin.

Naturellement, les citoyens européens semblent être déboussolés quant à la façon de briser le cycle de la violence.

La vérité c’est que la spirale de la terreur en France, et aussi dans l’Europe élargie, ne prendra fin que lorsque les États tels que la France cesseront de se conduire comme des pouvoirs voyous, saccageant le droit international et violant la souveraineté des autres pays, en apportant leur soutien à des mercenaires terroristes, pour atteindre des objectifs illicites de changement de régime.

La France est en deuil − une fois de plus. Le pays a besoin de se réveiller à la réalité de sa propre anarchie internationale. Et briser le cycle du terrorisme que ses gouvernements ont pour une grande part initié avec leurs alliés européens et américains de l’OTAN.

Parlant après l’assassinat du prêtre près de Rouen, le président Hollande a regardé les caméras de télévision et dit solennellement : « Je vous dois la vérité. Cette guerre sera longue. C’est notre démocratie qui est visée. Nous devons nous unir. »

Alors là, retenez votre souffle ! Voilà le genre de mensonge et de tromperie au sujet desquels les gouvernements occidentaux doivent être appelés à rendre des comptes. La première chose pour laquelle les gens devraient s’unir est la poursuite des criminels de guerre pour leur violation systématique du droit international qui a largement induit le phénomène de la terreur sans fin parmi nous.

 

 

France’s Terror Spiral Ends When France Stops Being a Rogue State

by Finian Cunningham

30 July 2016-08-07

Source : Strategic Culture Foundation

http://www.strategic-culture.org/news/2016/07/30/france-terror-spiral-ends-when-france-stops-being-rogue-state.html

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French shock at the murder of an elderly priest by two knife-wielding Islamist terrorists is understandable. The 85-year-old cleric, Father Jacques Hamel, was forced to his knees before the tiny mass-going congregation in a Normandy parish church, when his throat was slit. The killers then proceeded to film themselves proclaiming a macabre Arabic ritual on the church’s altar.

Expressing the nation’s horror, Father Philippe Maheut, the vicar general for the Rouen district in northern France where the murder took place earlier this week, reportedly said: «We ask ourselves: how have we arrived at this point?»

The shock of the barbaric slaying is all the more compounded coming less than two weeks after a Tunisian-born man smashed a 19-ton lorry into crowds of pedestrians watching a Bastille Day fireworks display in the Riviera resort city of Nice. French authorities say that attack – in which 84 people were killed – was also motivated by Islamist terrorism.

Since January 2015, France has incurred over 10 terror attacks, which have taken the lives of more than 250 people. The country has been in a state of emergency for nine months and will continue to be so until at least the end of this year. Perhaps even beyond that. Yet there seems to be no respite from the violence.

What is even more galling for citizens is that in the latest attack near Rouen, one of the two assailants who were subsequently shot dead by police officers, was known to the French authorities for having terror links. Adel Kermiche (19), a French-Arab, was tagged electronically and under surveillance as part of a sentence from a French court for attempting to go to Syria on two occasions during 2015 to join Islamist militias fighting there.

The disclosure adds to the growing popular discontent with the government of President Francois Hollande. It follows claims made by local French police in Nice that they were not given adequate national security support at the time of the lorry massacre.

Hollande’s Socialist government is being assailed on the political right for being «too soft» on security.

Nicolas Sarkozy, the leader of the Republicans, is calling for a «merciless» response in the aftermath of the priest’s slaying this week.

Sarkozy, who is expected to make a second bid for the presidency in elections next year, appears to be trying to sideline the rightwing, anti-immigrant National Front of Marine Le Pen.

Emergency measures being demanded by Sarkozy include detention without trial for anyone suspected of Islamist terror links, greater surveillance powers for police, and the deportation of French citizens to their country of heritage if convicted of terror offenses. That is a slippery slope towards mass internment of entire ethnic-religious populations, akin to a martial law state.

With Hollande’s government under increasing electoral pressure from both the Republicans and the National Front, and given its woeful performance so far on security issues, it seems inevitable that France will intensify its already draconian emergency powers.

French military operations overseas can also be expected to escalate. Both Hollande and his Prime Minister Manuel Valls have declared war on Islamic State (IS or Daesh) and have vowed that «the war will be long».

Only days after the Nice atrocity on 14 July, French warplanes carried out several air strikes near the IS stronghold of Manbij in northern Syria. However, Syrian government sources claimed that the strikes resulted in over 100 civilians being killed. Damascus sent a letter to the UN Security Council condemning French violation of humanitarian law, as well as its sovereignty in carrying out the air raids.

What we have then is a death-terror-spiral. Under prevailing circumstances this spiral will drill deeper and deeper into horrific oblivion.

Let’s go back to the question posed by the vicar general of Rouen following the priest’s murder: how did we arrive at this point?

It cannot be understated that much of the so-called jihadist violence that has erupted across Europe, from France to Belgium to Germany, is a form of blowback from illegal wars that European states have waged in Central Asia, the Middle East and North Africa. These wars have been conducted overtly along with the United States, under the auspices of NATO, in Afghanistan, Iraq, Libya, Somalia and Mali. The legality of these «interventions» is highly questionable, if not criminal on the face of it.

It was under the French presidency of Nicolas Sarkozy in March 2011 that NATO bombed Libya into a failed state, overthrowing the government of Muammar Gaddafi, and unleashing Islamist terrorism across the Maghreb, Sahara and Middle East regions.

Under Hollande’s presidency from 2012, France has been a key sponsor of the covert war in Syria over the past five years to topple the elected government of President Bashar al-Assad. Along with the United States, Britain, Saudi Arabia, Qatar and Turkey, France is responsible for one of the great crimes in modern history – the wanton destruction of Syria, with a death toll of 400,000 people and the displacement of millions refugees, all stemming from the covert support of terrorist militia for regime change.

As Syria’s ambassador to the UN, Bashar al-Jaafari, admonished the Security Council this past week with sarcasm: «Why are attacks in Europe condemned as terrorist acts, but when they are carried out in Syria, Western governments refer to them as the actions of ‘moderate rebels’?»

The slitting of a priest’s throat in a Normandy church by self-proclaimed Islamist terrorists is indeed shocking. But how much more shocking is the beheading of thousands of Christians and Muslims by the same terror groups in Syria?

Syrian Christian patriarchs have for years been warning about the extermination of Christians in towns and villages that have fallen under siege from Islamic State and other al-Qaeda-linked terror groups. Patriarch Ignatius Aphrem II told of just one horrific incident among many when 21 Christians were slaughtered inside a church in the town of Al Qaryatain. The reign of terror only came to an end in April this year when the Syrian Arab Army and Russian air force recaptured the town from the jihadists.

The jihadist networks – mercenaries from as many as 100 countries – nearly toppled the Syrian state until Russia’s President Vladimir Putin ordered military intervention last October. Toppling the state was the objective of the French government and its allies. And the proxies were directed, financed and weaponized by the foreign powers. France, the US, Britain and others are guilty of huge war crimes. The political leaders of these countries need to be prosecuted. Because without accountability under the law then there is no law. We have succumbed to the jungle.

Francois Hollande is on record publicly admitting that French weapons were being supplied to Syrian «rebels» as early as 2012, in contravention of a European Union embargo on Syria.

Western media reports have also occasionally and coyly acknowledged that foreign weapons have ended up in the hands of officially proscribed terror networks. The notion of a distinction between moderates and extremists is a cynical charade to absolve Western governments from the legitimate charge that they are aiding and abetting terrorists.

The videoed decapitation of a 10-year-old Palestinian boy near the northern Syrian city of Aleppo last week by US-backed «rebels» from the Nour al-Din al-Zenki brigade is proof of that charade. The US State Department admitted its link to the group, saying that the gruesome slaying of the boy would give it «pause» to continue its support for the brigade.

There seems no way out of France’s death spiral with terrorism. Not just France, but the whole of Europe.

A spate of terror-linked attacks in Germany – three in the last week – is stoking fear and resentment among ordinary Germans towards asylum seekers who have fled violence in Arab and Muslim countries.

The atrocity at the French church near Rouen is seen as a profanity against France’s Christian heritage. There are reports of fears that far-right French nationalist groups will seek revenge through attacks on Arab and Muslim communities. The mentality of fear, suspicion, retribution and xenophobia is in turn being reinforced by increasing emergency state powers and incendiary political rhetoric.

There is, it seems, an abysmal, apocalyptic vista of never-ending violence. Understandably, European citizens seem to be at a loss as to how to break out of the cycle of violence.

The truth is that France’s terror spiral, and that of wider Europe too, will only come to an end when states like France stop conducting themselves like rogue powers, trashing international law and violating other countries’ sovereignty with their support of terrorist proxies for illicit schemes of regime change.

France is in mourning – once again. The country needs to wake up to the reality of its own international lawlessness. And break the cycle of terrorism that its governments have in a big way instigated in the first place, along with their European and American NATO allies.

Speaking after the slaughter of the priest near Rouen, President Hollande looked into the TV cameras and solemnly said: «I owe you the truth. This war will be long. It is our democracy that is being targeted. We must unite».

Hold it right there. This is the kind of lying deceit that Western governments have to be called out on. The first thing that people should unite for is the prosecution of war criminals and the systematic violation of international law that has largely induced the phenomenon of endless terror in our midst.

L’impossible fête nationale

par Guy Mettan

3 août 2016

Source: http://guymettan.blog.tdg.ch/archive/2016/08/03/l-impossible-fete-nationale-277994.html

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Osons le dire, célébrer la fête nationale est devenu un activité parfaitement schizophrénique. D’un côté, l’élu qui refuserait de se soumettre au rituel bien rôdé de la tradition patriotique signerait son arrêt de mort politique. On considérerait à juste titre comme scandaleux le fait de se dérober à ce moment de haute liturgie civique.

Mais d’un autre côté, on considérerait avec une égale défiance celui ou celle qui voudrait dépasser les habituels clichés et les phrases creuses pour interroger la vraie et authentique signification de la fête nationale, à savoir la célébration de la nation conçue comme une communauté de destin (et non comme une addition d’individus et d’intérêts particuliers) habitant un territoire propre (et non un vague ensemble supranational à l’idéologie et aux contours flous).

Le défi est en effet impossible à relever: comment fêter la nation, ou le pays qui nous a vu naître et qui nous permet de vivre, alors qu’à longueur de discours les médias et les dirigeants politiques nous présentent ces derniers comme des concepts obsolètes et qu’ils vantent sans cesse les mérites de la globalisation économique, de l’effacement des frontières, du dépassement de la nation comme le seul horizon souhaitable de notre avenir? Comment fêter la nation comme communauté de valeurs et de destin alors que la majeure partie de l’activité politique consiste à promouvoir les intérêts particuliers de telle ou telle minorité bruyante au détriment de la majorité silencieuse ? Le sens de l’intérêt collectif, du bien commun, s’est dilué dans les revendications catégorielles – défense des fonctionnaires, des handicapés, des LGBT, des malades du sida, des surdoués, des victimes de viols ou de pédophiles – toutes activités fort louables au demeurant mais qui finissent par occuper la totalité de l’espace public disponible.

Si la lutte contre les discriminations de toutes sortes est une condition nécessaire du vivre ensemble, ce n’est pas une condition suffisante. La nation, le pays, exigent un supplément d’âme, une volonté commune, une espérance eschatologique, une dimension sacrée devait-on dire si ce mot avait encore un sens. Or de tout cela il ne peut être question dans les discours du Premier Août. Évoquer la Suisse comme une valeur sacrée vous classe immédiatement dans la catégorie des ringards bons pour la poubelle.

Comment s’étonner dès lors que la commémoration de la fête nationale soit de plus en plus fade et privée de grâce et d’émotion? Comment se projeter dans l’avenir si le passé est oublié et le présent tronqué par l’absence d’une terre identifiable et bien délimitée, qui est le seul et unique fondement de la souveraineté et de la démocratie. A force de vouloir concilier l’inconciliable, les discours sont condamnés à surfer sur la surface des choses et à célébrer le particulier au détriment du général.

La substance perdue, ne subsiste plus que le rite. Ce qui est sans doute mieux que rien. Mais comment s’en contenter?

 

Un expert juridique auprès de l’ONU met en garde contre le contournement des parlements nationaux

Horizons et débats

18 juillet 2016

http://www.horizons-et-debats.ch/indexc7de.html?id=4997

Source: Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=20174&LangID=E

Genève (24 juin 2016) – Le spécialiste des droits de l’homme Alfred de Zayas* a mis en garde ces derniers jours que tout plan de l’Union européenne de contourner les parlements nationaux pour faire passer des accords commerciaux controversés violerait les droits humanitaires et les normes internationales.

«Des accords commerciaux, préparés et négociés en secret sans les acteurs importants tels que les syndicats, les associations de consommateurs, les spécialistes de la santé et de l’environnement ainsi que les parlements, n’ont aucune légitimité», a déclaré le rapporteur spécial de l’ONU pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable.

L’appel d’Alfred de Zayas coïncide avec la publication de rapports selon lesquels la Commission européenne planifie de traiter les accords économiques et commerciaux globaux (CETA) avec le Canada comme une affaire «EU only». Dans ce cas, tous les parlements nationaux de l’UE seront exclus du processus de ratification des accords. Ceci est le résultat des discussions, menées par le rapporteur spécial avec divers acteurs de l’UE, sur la base de documents secrets récemment révélés et sur les derniers rapports parus dans les médias.

«Vu les nombreuses voix opposées s’élevant au sein des organisations de la société civile, il est urgent de mener un débat approfondi et transparent dans les parlements nationaux et d’organiser des référendums dans tous les pays concernés», a précisé Alfred de Zayas. «Refuser au public le droit de participer à ce débat important est antidémocratique et fait preuve d’un profond mépris envers la voix du peuple.»

Un sondage précédent demandé par la Commission européenne en 2014 a montré que 97% de la population de toute l’Europe étaient opposés à l’insertion d’une protection asymétrique des investissements dans l’accord pour un Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (PTCI ou TTIP en anglais) entre les Etats-Unis et l’Union européenne. «Il en serait de même pour l’accord CETA, mais on n’a jamais mené une enquête à ce sujet», a insisté M. de Zayas.

A la lumière de la session du Conseil européen du 28 au 29 juin 2016, le rapporteur spécial a appelé les gouvernements à respecter leurs obligations en matière de droits de l’homme. «Le système des traités des droits de l’homme comporte des obligations impératives que les Etats doivent respecter», a déclaré le rapporteur spécial en se fondant sur le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention européenne des droits de l’homme, la Charte sociale européenne et la Convention américaine relative aux droits de l’homme.

«Dans l’éventualité d’un litige entre des accords commerciaux et des traités relatifs aux droits de l’homme ces derniers prévalent», a-t-il insisté. «Il est interdit aux Etats de conclure des accords, qui retardent, contournent, entravent ou rendent impossible l’accomplissement des obligations relative aux droits de l’homme.»

Le rapporteur spécial a constaté que ce n’est pas aux Etats de garantir des gains pour les investisseurs ou les groupes transnationaux mais de légiférer et de réglementer au bénéfice de l’intérêt public. «L’Etat ne peut se décharger lui-même de sa responsabilité de protéger la population en adoptant des mesures sanitaires et de protection de l’environnement et en garantissant la réglementation du travail et la sécurité alimentaire», a déclaré M. de Zayas.

«Des accords commerciaux ne devraient pas être ratifiés sans avoir préalablement effectué des études d’impact sur les droits de l’homme, la santé et l’environnement, ce qui n’a pas été fait dans le cas des accords CETA et PTCI», a précisé Alfred de Zayas. «La ratification des accords CETA et PTCI donnerait le signal de départ d’une ‹course vers le bas› dans le domaine des droits de l’homme et restreindrait sérieusement la marge de manœuvre des Etats. Cela va à l’encontre des objectifs et des principes de la Charte des Nations Unies et constituerait un obstacle sérieux pour atteindre l’objectif d’un ordre international démocratique et équitable», a conclu le rapporteur spécial de l’ONU.    •

Source: Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=20174&LangID=E

(Traduction Horizons et débats)

*     Alfred de Zayas a été nommé en mai 2012 «Expert indépendant des Nations Unies pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable» pour le Conseil des droits de l’homme. Il est professeur de droit international à l’«Institut des hautes études internationales» de Genève. De plus amples informations sur: http://www.ohchr.org/FR/Issues/IntOrder/Pages/IEInternationalorderIndex.aspx

Un expert indépendant est une personne relevant du mécanisme des procédures spéciales, nommée par le Conseil des droits de l’homme afin d’examiner et d’établir un rapport sur les situations d’un pays ou sur un thème spécifique des droits de l’homme. Cette position est honorifique et l’expert n’est pas considéré comme appartenant au personnel des Nations Unies. Il ne perçoit aucun salaire pour ce travail. Il est indépendant de tout gouvernement ou organisation et agit à titre personnel.

 

EU / Trade agreements: UN rights expert warns against bypassing national parliaments

Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights

Geneva 24 June 2016

http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=20174&LangID=E

 

GENEVA (24 June 2016) – United Nations human rights expert Alfred de Zayas today warned that any plan by the European Union to bypass national parliaments to push through controversial trade deals would violate international human rights norms and standards.

“Trade deals prepared and negotiated in secret, excluding key stakeholders such as labour unions, consumer associations, health professionals and environmental experts and now parliaments, have zero democratic legitimacy,” said the UN Independent Expert on the promotion of a democratic and equitable international order.

Mr. de Zayas’s call comes as the European Commission is reportedly preparing to treat the Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) deal with Canada as an ‘EU only’ matter which, if adopted, will exclude ratification by every national Parliaments in the EU, according to leaked documents and recent media reports that the Independent Expert discussed with various EU stakeholders.

“In view of the increasing vocal opposition by civil society organizations, a thorough open discussion should be carried out by national parliaments and referenda should be organized in all countries concerned,” Mr de Zayas said. “Disfranchising the public from participating in this important debate is undemocratic and manifests a profound disregard to peoples’ voice”.

An earlier consultation conducted by the European Commission in 2014 resulted in 97% of respondents from across Europe expressing opposition to the inclusion of asymmetrical investment protection in Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) with the USA. “The same would apply to CETA, but no consultation was ever held,” he noted.

In the light of the European Council on 28-29 June 2016, the expert called on States to respect their human rights obligations. “The human rights treaty regime entails binding obligations that States must observe,” the expert said recalling the International Covenant on Civil and Political Rights, the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights, the European Convention on Human Rights, the European Social Charter, and the American Convention on Human Rights.

“In case of conflict between trade agreements and human rights treaties, it is the latter that prevail,” he stressed. “States must not enter into agreements that delay, circumvent, hinder or make impossible the fulfillment of human rights treaty obligations.”

The Independent Expert noted that it is not for the State to guarantee profits to investors or transnational enterprises, but to legislate and regulate in the public interest. “The State cannot divest itself of this responsibility to act to protect populations under its jurisdiction by adopting precautionary health and environmental measures, by regulating labour standards and by ensuring food security,” he said.

“Trade agreements should only be ratified after human rights, health and environmental impact assessments have been conducted, which has not been the case with regard to CETA and TTIP,” Mr. de Zayas said.

“Ratification of CETA and TTIP would start a ‘race to the bottom’ in human rights terms and would seriously compromise the regulatory space of states. This is contrary to the Purposes and Principles of the UN Charter and would constitute a serious obstacle to achieving a democratic and equitable international order,” the UN Independent Expert concluded.

 

NOTE TO EDITORS:

The UN Independent Expert devoted his 2015 report to the UN Human Rights Council to the adverse human rights, health and environmental impacts of so-called free trade agreements such as CETA, TPP, TTIP and TISA. Ckeck the report (A/HRC/30/44): http://www.ohchr.org/EN/Issues/IntOrder/Pages/Reports.aspx

Mr. de Zayas focused his 2015 report to the UN General Assembly on the incompatibility of Investor-state-dispute-settlement arbitrations with fundamental principles of transparency and accountability. Ckeck the report (A/70/285): http://www.un.org/en/ga/search/view_doc.asp?symbol=A/70/285

 

In his upcoming report to the UN Human Rights Council, to be presented in September 2016, Mr. de Zayas analyzes and rejects the proposal of an investment court system as a rebranding exercise, which maintains the normative asymmetry of one-way tribunals where investors can sue States but not vice versa, and where victims of human rights violations by the activities of investors and transnational corporations have no standing to sue, no recourse and no remedy.

Mr. Alfred de Zayas (United States of America) was appointed as the first Independent Expert on the promotion of a democratic and equitable international order by the Human Rights Council, effective May 2012. He is currently professor of international law at the Geneva School of Diplomacy. Learn more, log on to: http://www.ohchr.org/EN/Issues/IntOrder/Pages/IEInternationalorderIndex.aspx

The Independent Experts are part of what is known as the Special Procedures of the Human Rights Council. Special Procedures, the largest body of independent experts in the UN Human Rights system, is the general name of the Council’s independent fact-finding and monitoring mechanisms that address either specific country situations or thematic issues in all parts of the world. Special Procedures’ experts work on a voluntary basis; they are not UN staff and do not receive a salary for their work. They are independent from any government or organization and serve in their individual capacity.