Raids de l’Otan en 1999: recrudescence des tumeurs et de la mortalité en Serbie constatée

10 novembre 2018

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201811091038833102-serbie-bombardements-yougoslavie-uranium-cancer-tumeurs/

Créée le 12 juin 2018 par le gouvernement serbe, la Commission d’enquête sur les conséquences des bombardements de la Yougoslavie par l’Otan en 1999, et notamment sur l’impact de l’uranium appauvri sur la santé des citoyens, poursuit son travail. Sputnik a rencontré Darko Laketic, président de la commission.

La Commission d’enquête sur les conséquences des bombardements de la Yougoslavie par l’Otan en 1999 a pour tâche essentielle d’enquêter sur un lien de causalité entre les bombardements à l’uranium appauvri effectués par l’Otan dans le sud de la Serbie et le taux de mortalité élevé imputable à des maladies oncologiques dans cette région, a déclaré à Sputnik Darko Laketic, président de la commission gouvernementale serbe.

«Nous avons déjà visité Vranje, Pancevo et Novi Sad et nous nous rendrons sous peu à Kragujevac. Ce sont pour nous des régions prioritaires. Nous collectons des données statistiques et médicales et interrogeons les personnes ayant été en contact avec le sol contaminé», a détaillé l’interlocuteur de l’agence. »

Et d’ajouter que ses collaborateurs ne cessaient d’analyser les données médicales dans les zones de contamination, comparant les statistiques avant et après les bombardements.

«Nous étudions l’action des substances toxiques et essayons d’établir un lien entre celles-ci et la maladie pour mieux organiser par la suite la prévention, le dépistage et le traitement du cancer à ses stades précoces dans les régions où cela est nécessaire», a expliqué le responsable.

Selon ce dernier, les scientifiques ont prouvé que l’uranium appauvri n’était pas le seul à avoir un impact sur la santé des humains. D’autres substances toxiques qui se dégagent lors des bombardements, dont le chlore, provoquent elles aussi des tumeurs malignes qui ne se manifestent que 5 à 10 ans après le contact ou pourraient être découvertes seulement dans 10 à 20 ans.

Certains spécialistes affirment toutefois que rien ne prouve un lien entre l’augmentation de cas de cancer et l’uranium appauvri en Serbie, car les maladies oncologiques deviennent de plus en plus fréquentes sur l’ensemble du territoire serbe, alors que l’uranium appauvri a un rayon d’action limité et n’était utilisé qu’essentiellement dans le sud du pays. Qui plus est, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nombre de patients avec des tumeurs malignes augmentent dans le monde entier.

En 1999, pendant 11 semaines, l’Alliance atlantique a bombardé la Yougoslavie, le territoire comprenant la Serbie et le Monténégro actuels. Les avions de l’Otan ont largué près de 15 tonnes d’uranium appauvri sur le territoire serbe. Comptabilisant 5.500 cas de cancer enregistrés pour un million d’habitants, la Serbie arrive de nos jours en première position en Europe si l’on se réfère au nombre de décès dus au cancer.

Le nombre de victimes de l’opération Force alliée est inconnu, mais le gouvernement serbe fait état d’environ 2.500 morts, dont 89 enfants, et de 12.500 blessés.

 

 

Pourquoi la Russie est l’ennemi parfait

par Arnaud Dotézac

24 heures, Lausanne,

5 octobre 2018

ANALYSE L’Otan et ses «partenaires pour la paix» se mobilisent militairement contre un pays qui n’a ni les moyens ni l’intention de nous envahir. A qui profite vraiment la menace russe?

Il ne se passe pas une semaine sans qu’une information menaçante ne parvienne de Russie. Après la réunification prétendument illicite de la Crimée, voici le feuilleton de la liquidation ratée du traître Skripal, la subversion des choix démocratiques grâce à Sputnik et au site Russia Today, le soutien aux eurosceptiques, l’empoisonnement suspect du mentor des Pussy Riot, ou encore l’interférence, réussie et d’autant plus inadmissible, contre le renversement du président syrien.

Méga-entraînement en Norvège

Avec tout cela, il n’est pas étonnant que l’Otan et ses «partenaires pour la paix» soient sommés de réarmer, de se prépositionner et d’additionner les exercices militaires en continu, aux frontières de la Russie. Le prochain méga- entraînement réunira près de 40’000 soldats du 25 octobre au 7 novembre en Norvège, avec des missions aériennes dans le ciel d’une Finlande qui s’«otanise» à grands pas, outre une présence maritime en mer Baltique, juste en face de l’enclave russe de Kaliningrad. Rien d’étonnant non plus à ce que la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et d’autres à venir fassent voter des lois destinées à censurer les chaînes russes précitées.

Que pèse un budget militaire de 50 milliards de dollars face aux 716 milliards du Pentagone?

Pourtant, à y regarder de près, certaines choses clochent. Certes, la Russie dispose du plus important stock d’armes nucléaires de la planète, ne cesse d’innover (cyberguerre, vecteurs hypersoniques, etc.) et de moderniser ses capacités conventionnelles. Mais tout de même, avec son budget militaire qui se maintient autour des 50 milliards de dollars, que pèse-t-elle face à un Pentagone qui vient de se faire allouer 716 milliards pour 2019? Un pays quia supporté 5600 milliards de dépenses de guerre depuis les attentats du 11 septembre! Et si on y ajoute les budgets des pays membres de l’Otan, qui cumulent près de 220 milliards supplémentaires et dont Trump exige qu’ils mettent encore la main à la poche? D’où vient cette nécessité absolue de se mobiliser militairement contre une Russie qui n’a ni les moyens ni l’intention de nous envahir?

Le tabou chinois

Ceux qui brandissent la menace russe sont évidemment les mêmes qui réclament des crédits faramineux et qui justifient l’un par l’autre. Malheureusement pour la Russie, elle est le parfait client car les Etats-Unis n’ont rien à perdre avec elle, compte tenu notamment du bas niveau de leurs échanges commerciaux, de la dépendance de la Russie au dollar et de la sociologie d’une russophobie toujours facile à ranimer, comme l’a démontré le journaliste Guy Mettan dans son dernier ouvrage (Russie-Occident, une guerre de mille ans, 2015).

Tel ne serait pas le cas pour la Chine, non pas tant au regard de sa renaissance militaire évidente, mais du fait de sa participation au financement du Pentagone. Car les milliers de milliards qui sont versés au complexe militaro industriel américain ne sont pas financés par l’impôt, mais par la dette et notamment les bons du Trésor souscrits en masse par la Chine. La Chine, grand argentier du Pentagone, voilà bien un sujet tabou.

Ceux qui brandissent la menace russe sont évidemment les mêmes qui réclament des crédits faramineux.

En tout cas, ce ne fut pas le lauréat d’un Prix Nobel de la paix anticipé qui changea les choses. Barack Obama se contenta de quelques réallocations budgétaires dès sa prise de fonction en 2009, lesquelles n’allèrent toutefois pas sans créer de lourdes frustrations, notamment au sein de l’armée de terre. L’arrêt brutal du faramineux plan de modernisation de l’infanterie à 340 milliards de dollars et qui avait déjà coûté plusieurs dizaines de milliards avant même de commencer, passa ainsi très mal. Il s’agissait d’un métasystème si complexe pour le Pentagone que même la conception du cahier des charges fut confiée aux fournisseurs eux-mêmes, lesquels bouclaient ainsi la boucle de leur propre rente structurelle. Pour contrer Obama, le Pentagone se chercha donc un nouveau «gap» à rattraper. Il fut conventionnel et informationnel, puis baptisé «guerre hybride». Et c’est ainsi qu’on réactualisa la menace russe.

Simple concurrente

Dès le début du second mandat Obama, à l’été 2012, un premier conflit annonciateur de la suite éclata en Ukraine, lorsque le parlement adopta une loi protégeant la langue russe comme langue régionale. Un an et demi plus tard, le président pro-russe Ianoukovitch était renversé et la Russie commençait à voir les troupes otaniennes se déployer à ses frontières, tandis que son économie subissait les sanctions unilatérales américaines, illégales en droit international mais loyalement relayées par celles de l’Union européenne, de la Suisse et de quelques autres clients américains, le tout au nom des valeurs de la démocratie libérale.

Il en est une pourtant, de ces valeurs, qui est constitutive de la «construction européenne»: celle de la libre et loyale concurrence. Pour la garantir, le droit de la concurrence, aussi bien européen qu’américain, prohibe strictement l’abus de position dominante, c’est-à-dire l’utilisation de moyens qui permettent au leader du marché de ne jamais être rattrapé dans son hégémonie. Quant à l’usage de la contrainte ou des campagnes de délégitimation, elles sont autant de circonstances aggravantes.

Lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine en juillet dernier à Helsinki, Donald Trump s’interdisait de pointer la Russie comme «ennemi» mais la désigna comme simple «concurrente». Si ce n’est pas lui qui ordonna la poursuite de l’abus militaire de position dominante des Etats-Unis contre la Russie, ce ne peut donc être que le Pentagone. Ce dernier ne fait alors que démontrer, une fois de plus, l’étendue de son autonomie et de sa puissance privée.

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Aux portes de la Russie, Washington entame l’exercice «Coup de sabre» dans le cadre de l’OTAN

Source : RT France du 3 juin 2018-06-05

https://francais.rt.com/international/51276-frontiere-russie-etats-unis-otan-entament-exercices-militaires-coup-de-sabre

Source: AFP

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Des troupes de l’OTAN s’entraînent dans le cadre des exercices militaires de l’opération «Coup de sabre» à Orzysz, en Pologne, le 16 juin 2017 (Illustration)

 

L’OTAN lance à la lisière de la frontière russe l’un des plus importants déploiements de soldats américains en Europe depuis la fin de la guerre froide. Pilotée par Washington, cette énième manœuvre militaire est censée parer à une «crise».

Se prémunir d’une «agression» venant de Moscou : cette antienne est à nouveau utilisée comme prétexte par l’OTAN pour justifier l’un des plus importants déploiement de soldats en Europe de l’Est depuis la fin de la guerre froide. Pas moins de 18 000 militaires originaires de 19 pays ont ainsi été mobilisés en Pologne et dans les pays baltes dans le cadre de la huitième édition de l’exercice militaire «Coup de sabre», qui se déroule du 3 au 15 juin.

Alors que les Etats-Unis dirigeront un bataillon en Pologne, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Canada en commanderont trois autres en Estonie, en Lettonie et en Lituanie. Pour la première fois, Israël, qui n’est pas membre de l’Alliance atlantique, participera aux exercices.

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Selon l’armée américaine, l’exercice permettra de démontrer «la détermination de l’Alliance et sa capacité à agir d’une seule voix en réponse à toute agression».

Lors de la brève cérémonie d’ouverture de cet exercice, le général de brigade américain Richard Coffman, cité par l’AFP, s’est montré clair quant à la finalité concrète de «Coup de sabre» : «[L’exercice doit permettre de démontrer] la flexibilité accrue des forces terrestres et aériennes [de l’OTAN] pour répondre rapidement à une crise. Ceci permet d’avoir la bonne présence là où nous en avons besoin.» En l’occurrence, donc, à la frontière russe.

La présence, au premier rang de ce déploiement militaire, de la Pologne ne constitue pas une surprise, puisque le pays a récemment fait savoir qu’il envisageait de participer au financement d’une présence accrue de forces étasuniennes sur son sol. Pawel Soloch, chef du Bureau de sécurité nationale à la présidence polonaise, a ainsi annoncé qu’un «document d’information» rédigé au ministère de la Défense mentionnait la bagatelle de 1,2 à 1,7 milliard d’euros que son pays pourrait dépenser afin de contribuer aux frais de stationnement d’une unité blindée américaine.

Alors que les exercices militaires de l’OTAN se sont multipliés à sa frontière ces derniers mois, Moscou estime que ce déploiement «ne bénéficie en aucune façon à la sécurité et à la stabilité sur le continent».

«La menace russe», un prétexte pour légitimer l’implantation américaine en Europe de l’Est ?

Tandis que Moscou et ses alliés frontaliers, comme la Biélorusse, cantonnent leurs exercices militaires à leur propre territoire, l’armée américaine a récemment multiplié les manœuvres militaires aux portes de la Russie, à des milliers de kilomètres de son territoire, dans le cadre de l’OTAN.

En juin 2017, l’organisation militaire avait ainsi procédé à des exercices d’une ampleur sans précédent en Pologne, mobilisant des avions britanniques et des hélicoptères américains.

En mai, c’est en Estonie, où l’OTAN brandissait aussi la menace d’une agression russe, que plus de 300 soldats français avaient participé à des manœuvres dans le cadre de l’organisation. La Défense russe avait par ailleurs intercepté quelques jours plus tard 14 avions de reconnaissance occidentaux volant au-dessus de ses frontières.

Deux mois plus tard, l’armée suédoise avait procédé, avec l’Alliance, à ses plus importants exercices militaires depuis 23 ans.

Si le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg assurait encore le 4 avril qu’il ne souhaitait pas se livrer à une course aux armements avec la Russie, ses actes ne paraissent pas tendre vers cet objectif.

Lavrov : la France, le Royaume-Uni et les USA sont «directement impliqués» dans la guerre en Syrie

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Source : RT France 17 mars 2018, 13:24
https://francais.rt.com/international/48819-lavrov-france-royaume-uni-etats-unis-forces-speciales-syrie

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé le 17 mars les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et «un certain nombre d’autres pays» d’avoir envoyé leurs forces spéciales en Syrie.24
en provenance des Etats-Unis – ils ne le nient plus – du Royaume-Uni, de la France et d’un certain nombre d’autres pays», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangère Sergueï Lavrov lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision officielle du Kazakhstan, diffusée le 17 mars sur le site du ministère russe des Affaires étrangères.
Rappelant que la présence américaine en Syrie était «illégitime» du point de vue du droit international et de la Charte des Nations unies, il a en outre souligné qu’il ne s’agissait plus d’une «guerre par procuration» mais d’une «implication directe dans la guerre».
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«Mais nous sommes réalistes et nous comprenons que nous ne nous battrons pas avec eux. Nous coordonnons donc les actions au moins pour éviter les altercations involontaires. Nos militaires sont constamment en contact avec les commandants américains qui mènent leurs opérations sur le territoire syrien», a-t-il ajouté.
Il a en outre fait savoir que Moscou était également en «dialogue permanent» avec «ceux qui agissent réellement sur le terrain», en référence aux commandants américains d’état-major général et aux officiers de communication. Il a souligné que les attaques contre les forces syriennes et pro-syriennes dans les zones contrôlées par les Etats-Unis méritaient d’être condamnées, étant donné que la Russie avait été assurée «solennellement» à maintes reprises que la présence des militaires américains sur le sol syrien visait «exclusivement» les terroristes.
Enfin, le chef de la diplomatie russe a également critiqué les propos «irresponsables» de la représentante permanente des Etats-Unis auprès des Nations unies, Nikki Haley, sur la détermination de Washington à «bombarder Damas et même le palais présidentiel de Bachar el-Assad, indépendamment de la présence sur place de représentants russes».

Le Kosovo, État croupion, a déjà 10 ans

Source : Le blog de Jean-Luc Mélenchon
L’ère du peuple
mardi 20 février 2018

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Crédits photo : David Liuzzo

Le 17 février, c’était le 10ème anniversaire de la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo. 10 ans plus tard, une grande partie de la communauté internationale ne reconnait pas cette déclaration d’indépendance. C’est le cas de 80 pays, par exemple de la Chine, la Russie, le Brésil, l’Inde, l’Espagne ou la Grèce. Mais aussi de l’Union européenne. Je veux revenir sur cet évènement car il a son importance dans la déstabilisation de l’ordre international dont nous subissons aujourd’hui les conséquences.
Le 23 mars 1999, l’OTAN décide de bombarder le territoire yougoslave et sa région du Kosovo. 13 000 morts pour la bonne cause ! Celle-ci était déstabilisée par une vague de violences entre Albanais et Serbes depuis 1996 en raison de l’action déstabilisatrice d’une organisation « nationaliste » kosovare, l’UCK et de la répression du gouvernement serbe qui s’en est suivie. Les États-Unis se sont alors érigés en défenseurs des minorités et du Bien pour justifier leur intervention militaire comme ils le feront plus tard dans le cas de l’Irak. Et comme ils le font partout. Comme ils le font pour prendre la main sur une zone. Ici il s’agissait de rayer de la carte l’influence politique de la Serbie. Bien sûr, il s’agissait essentiellement de propagande guerrière. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les conséquences de leurs bombardements. D’après l’association humanitaire Human Rights Watch, ils ont entrainé la mort de 528 civils, dont deux tiers de réfugiés kosovars, censés être protégés par l’intervention américaine. Les manipulations médiatiques pour camoufler des bombardements en « opération humanitaire » ont été largement analysées dans le livre de Serge Halimi et Dominique Vidal « L’opinion, ça se travaille ».
La guerre du Kosovo est un cas d’école de l’alignement médiatique sur les éléments de langage fournis par l’armée américaine. Les journaux atlantistes français se sont encore couverts de honte. Mais leurs méthodes de bourrage de crâne et de saturation de l’opinion par des manipulations est cependant efficace, il faut bien en convenir. Dix ans, après le lavage de cerveau tient ses effets : personne ne se rappelle de rien, le mot Kosovo a disparu du vocabulaire mémorisé. Les trafics d’organes prélevés sur les prisonniers par les héros libérateurs du Kosovo sont passé inaperçus, l’installation d’une base géante des USA dans l’État croupion n’a pas été commentée. La responsabilité des mafias albanaises protégées par le pouvoir dans ces trafics et quelques autres ne se discute pas. Et pas davantage n’ont été à la une les révélations de la présidente du Tribunal Pénal International révélant qu’elle avait été menacée par les voyous kosovars. Le Kosovo est presque une réussite parfaite des capacités de manipulation du soft power médiatique contemporain.
À l’époque, étant donnée l’asymétrie des forces, l’offensive de l’OTAN a rapidement mené au retrait de l’armée yougoslave. Le 10 juin 1999, le conseil de sécurité de l’ONU adopte à l’unanimité une résolution de compromis qui admet la présence de forces de l’OTAN au Kosovo avec des pouvoirs de police très importants mais dans le même temps réaffirme la souveraineté de la République yougoslave (qui deviendra la Serbie) sur sa province sud, le Kosovo. La présence militaire de l’OTAN est conçue dans la cadre d’un statut inédit de protectorat international provisoire. L’indépendance du Kosovo n’est pas envisagée. Elle ne pourrait pas être acceptée, en particulier par la Russie dont l’allié historique dans les Balkans est la Serbie. Blablabla. Tout cela sera foulé aux pieds et les habituels thuriféraires de « la communauté internationale » ont fermé leurs grandes bouches.
La situation a vite évolué. L’ONU rouvre ensuite les négociations sur le statut du Kosovo en 2006. Des vagues de violence télécommandées gâchaient opportunément le paysage. Les organisations « nationalistes » kosovares s’en donnaient à cœur joie. Le résultat de ces négociations est inacceptable pour la Serbie : c’est le plan Ahtisaari. Il propose de fait l’indépendance du Kosovo. Plus précisément, il propose tous les attributs de l’indépendance. L’ONU ne peut pas déclarer l’indépendance d’un État qui procède uniquement de deux actes : une déclaration et la reconnaissance par la communauté internationale.  Comme prévu, la résolution présentée devant le conseil de sécurité est cette fois refusée, du fait de l’opposition évidente de nombreux pays et notamment de la Chine et de la Russie. Qu’importe, les États-Unis ont décidé que leur protectorat devait se séparer de la Serbie. Ainsi, le 17 février 2008, le Parlement kosovar déclare unilatéralement son indépendance et sa sécession de la Serbie.
Cette indépendance est immédiatement reconnue par les États-Unis et leurs alliés. Ils trahissent donc la parole qu’ils avaient donné 9 ans plus tôt en votant la résolution reconnaissant la souveraineté de la Serbie sur le Kosovo. Bien sûr, la souveraineté du Kosovo est essentiellement imaginaire. 19 ans après 1999, les troupes de l’OTAN sont toujours présentes massivement au Kosovo qui dépend entièrement de cette présence pour son existence. L’enclave, privée de toutes ressources, n’en finit pas de plonger dans la misère : le taux de chômage chez les jeunes y atteint 60%. Le Kosovo n’existe pas. Cette enclave est ingouvernable et non viable.
Au plan des relations internationales, le résultat de cet épisode de l’Histoire est la rupture des règles sur lesquelles repose la confiance entre les puissances. La Chine et la Russie ne croient plus la parole américaine. C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, elles ne peuvent plus compter sur la simple bonne foi des États-Unis pour accepter des résolutions au Conseil de sécurité dès que le contenu permet une interprétation guerrière par les USA et leurs supplétifs. Le précédent du Kosovo a porté un coup au principe d’intangibilité des frontières en Europe, un pilier de la stabilité géopolitique sur notre continent. Dès lors, on comprend par exemple que le ministre des affaires étrangères russe y fasse référence pour justifier le rattachement de la Crimée à la Russie en 2014. Même si, à la différence des Américains et de leurs alliés, les russes n’ont bombardé personne en Crimée.
L’affaire du Kosovo est un exemple parmi d’autres de la façon dont les États-Unis, par leurs actions agressives, déstabilisent l’ordre international. Quant à notre pays, il ne peut pas, en étant dans l’OTAN, promouvoir le respect du droit international et de l’ONU comme cadre de dialogue entre les États. En redevenant indépendants, le moment venu, la France pourra au contraire contribuer à faire émerger le nouveau monde qu’il est urgent de faire naitre pour que la paix soit préservée. Un monde où les États-Unis auront été ramené à la raison.

C’est confirmé: avec son expansion à l’Est, l’OTAN a bafoué toutes ses promesses. Les pires craintes de la Russie se réalisent

par Eric Margolis*

Horizons et débats

Zurich, 5 février 2018

Au moment où les Etats-Unis convulsent d’hystérie antirusse et de diabolisation de Vladimir Poutine, un recueil de documents récemment déclassifié de la guerre froide révèle l’étendue stupéfiante des mensonges, de la duplicité et du double jeu pratiqués par les puissances occidentales lors de l’effondrement de l’Union soviétique en 1990.
Je couvrais Moscou ces jours-là et j’ai rencontré certains des acteurs essentiels dans ce drame sordide. Depuis, j’ai écrit que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et leur appendice, l’OTAN, ont scandaleusement menti et au dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, et au ministre des Affaires étrangères Edouard Chevardnadze et les ont trompés.
Toutes les puissances occidentales ont promis à Gorbatchev et à Chevardnadze que l’OTAN ne s’étendrait pas «d’un pouce» à l’Est si Moscou retirait l’Armée rouge de l’Allemagne de l’Est et autorisait cette dernière à se réunir pacifiquement à l’Allemagne de l’Ouest. C’était une concession immense de Gorbatchev: elle a mené à un coup d’Etat manqué des communistes purs et durs contre lui en 1991.
Les documents publiés par l’Université George Washington de Washington DC, que j’ai fréquentée pendant un semestre, sont d’une lecture écœurante.1 Toutes les puissances et les hommes d’Etat occidentaux ont certifié aux Russes que l’OTAN ne profiterait pas du retrait soviétique et qu’une nouvelle ère d’amitié et de coopération se lèverait sur l’Europe d’après la guerre froide. Le secrétaire d’Etat américain James Baker a assuré des «garanties absolues» qu’il n’y aurait pas d’expansion de l’OTAN. Mensonges, que des mensonges!
Gorbatchev était un humaniste, un homme très correct et intelligent espérant pouvoir mettre fin à la guerre froide et à la course aux armes nucléaires. Il a ordonné à l’Armée rouge de se retirer d’Europe de l’Est. J’étais à Wunsdorf − en Allemagne de l’Est, quartier général du groupe des forces soviétiques en Allemagne − et au quartier de la Stasi, la police secrète, à Berlin-Est juste après que l’ordre de retrait eût été donné. Les Soviétiques retirèrent leurs 338 000 soldats et leurs 4200 chars et les expédièrent chez eux à la vitesse de l’éclair.
Les promesses occidentales faites aux dirigeants soviétiques par le président George W. H. Bush et James Baker ont rapidement révélé leur vacuité. C’étaient des hommes honorables mais leurs successeurs ne l’étaient pas. Les présidents Bill Clinton et George W. Bush ont rapidement commencé à déplacer l’OTAN en Europe de l’Est, bafouant ainsi toutes les promesses faites à Moscou.
Les Polonais, les Hongrois et les Tchèques ont été intégrés à l’OTAN, puis la Roumanie et la Bulgarie, les Etats baltes, l’Albanie et le Monténégro. Washington a essayé de faire entrer les anciennes républiques soviétiques de Géorgie et d’Ukraine dans l’OTAN. Le gouvernement ukrainien aligné sur Moscou a été renversé par un coup d’Etat fomenté par les Etats-Unis. La route vers Moscou était ouverte.
Tout ce que les Russes désorientés et en faillite ont pu faire a été de dénoncer ces mouvements vers l’Est des Etats-Unis et de l’OTAN. La meilleure réponse formulée par l’OTAN et les Etats-Unis a été la suivante: «Eh bien, il n’y a pas eu de promesse écrite». Cela est digne d’un camelot vendant des montres contrefaites dans la rue! Les dirigeants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Belgique et de l’Italie ont tous menti. L’Allemagne était prise entre son honneur et sa réunification imminente. Donc même son chancelier Helmut Kohl a dû se rallier aux prévarications de l’Occident.
A l’époque, j’avais écrit que la meilleure solution serait la démilitarisation de l’ancienne Europe de l’Est sous contrôle soviétique. L’OTAN n’avait ni besoin ni raison de s’étendre à l’Est. Le faire serait une provocation permanente à l’égard de la Russie, qui considérait l’Europe de l’Est comme un glacis défensif essentiel contre les invasions de l’Ouest.
Maintenant, avec les forces de l’OTAN sur ses frontières occidentales, les pires craintes de la Russie se réalisent.
Aujourd’hui, des avions militaires américains basés sur les côtes de Roumanie et de Bulgarie, des anciens membres du Pacte de Varsovie, sondent l’espace aérien russe au-dessus de la mer Noire et le port de Sébastopol, stratégiquement vital. Washington parle d’armer l’Ukraine plongée dans le chaos. Les troupes américaines et de l’OTAN sont dans les Pays baltes, aux frontières nord-ouest de la Russie. Des Polonais d’extrême-droite battent les tambours de guerre contre la Russie.
En 1990, le KGB et la CIA s’étaient mis d’accord sur le principe de «pas un pouce» à l’Est pour l’OTAN. L’ancien ambassadeur américain à Moscou Jack Matlock confirme le même accord. Gorbatchev, dénoncé comme un idéaliste stupide par de nombreux Russes, a fait confiance aux puissances occidentales. Il aurait dû avoir un bataillon d’avocats véreux couvrant le district de New York pour prouver ses accords en 1990. Il a pensé qu’il avait à faire à des hommes honnêtes, honorables, comme lui.
Faut-il s’étonner, après ce leurre et ce changement de diplomatie, de la méfiance de la Russie envers les puissances occidentales? Moscou observe que l’OTAN dirigée par les Etats-Unis s’insinue toujours vers l’Est. Aujourd’hui, les dirigeants russes croient fermement que le dernier plan de Washington est de mettre en pièces la Russie et de la réduire à un pays impuissant et pauvre. Deux anciens dirigeants occidentaux, Napoléon et Hitler, ont eu des plans semblables.
Au lieu de gloser sur la duplicité d’Hitler après Munich, nous devrions examiner notre propre comportement éhonté après 1990.    •
*    Eric S. Margolis est un chroniqueur primé internationalement. Ses articles sont parus dans le «New York Times», l’«International Herald Tribune», le «Los Angeles Times», le «London Times», le «Gulf Times», le «Khaleej Times», le «Nation» du Pakistan, le «Hurriyet» de Turquie, le «Sun Times» de Malaisie, et d’autres sites d’information en Asie. Il publie régulièrement des contributions dans le Huffington Post, chez Lew Rockwell. Il s’exprime sur CNN, BBC, France 2, France 24, Fox News, CTV et CBC en tant expert de politique étrangère. Ses chroniques sur http://www.ericmargolis.com sont lues quotidiennement par des personnes dans le monde entier. En tant que correspondant de guerre, Eric Margolis a couvert les conflits en Angola, en Namibie, en Afrique du Sud, au Mozambique, au Sinaï, en Afghanistan, au Cachemire, en Inde, au Pakistan, en El Salvador et au Nicaragua. Il a été l’un des premiers journalistes ayant interviewé Mouammar Kadhafi et à avoir obtenu l’accès aux quartiers généraux du KGB à Moscou. Né à New York, il vit à Toronto et New York et se rend souvent à Paris.
Source: ericmargolis.com, 16/12/17
(Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour «Le Saker francophone»)
1    https://nsarchive.gwu.edu/briefing-book/russia-programs/2017-12-12/nato-expansion-what-gorbachev-heard-western-leaders-early

Another Step Toward Armageddon

Paul Craig Roberts
January 11, 2018
https://www.paulcraigroberts.org/2018/01/11/another-step-toward-armageddon/

The US military/security complex has taken another step toward Armageddon. The Pentagon has prepared a nuclear posture review (NPR) that gives the OK to development of smaller “useable” nuclear weapons and permits their use in response to a non-nuclear attack.
As Reagan and Gorbachev understood, but the warmongers who have taken over America do not, there are far too many nuclear weapons already. Some scientists have concluded that even the use of 10 percent of either the US or Russian arsenal would suffice to destroy life on earth.
It is reckless and irresponsible for Washington to make such a decision in the wake of years of aggressive actions taken against Russia. The Clinton criminal regime broke Washington’s promise that NATO would not move one inch to the East. The George W. Bush criminal regime pulled out of the ABM Treaty and changed US war doctrine to elevate the use of nuclear weapons from retaliation to first strike. The Obama criminal regime launched a frontal propaganda attack on Russia with crazed Hillary’s denunciation of President Putin as “the new Hitler.” In an effort to evict Russia from its naval base in Crimea, the criminal Obama regime overthrew the Ukrainian government during the Sochi Olympics and installed a Washington puppet. US missile bases have been established on Russia’s border, and NATO conducts war games against Russia on Russian borders.
This is insanity. These and other gratuitous provocations have convinced the Russian military’s Operation Command that Washington is planning a surprise nuclear attack on Russia. The Russian government has replied to these provocations with the statement that Russia will never again fight a war on its own territory.
Those such as myself and Stephen Cohen, who point out that Washington’s reckless and irresponsible behavior has created an enemy out of a country that very much wanted to be friends, do not get much attention from the presstitute media. The US military/security complex needs an enemy sufficient to justify its vast budget and power, and the Western media has accommodated that selfish and dangerous need.
Russia today is far stronger and better armed than the Soviet Union ever was. Russia also has an alliance with China, an economic and military power. This alliance was created by Washington’s threats against both countries.
Europe and Japan need to understand that they have responsibility for the resurrection of the Cold War in a far more dangerous form than existed in the 20th century. Europe and Japan, whose political leaders are owned by Washington, have taken money from Washington and sold out their peoples along with the rest of humanity.
The entirety of the Western World is devoid of intelligent political leadership. This leaves countries such as Russia, China and Iran with the challenge of preserving life on earth as the Western World pushes humanity toward Armageddon.