Commémoration de vingtième anniversaire de la guerre de l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie

Curieusement baptisée “Opération Force alliée”, la guerre de l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie, certes en voie de dislocation, a duré 78 jours, du 23 mars au 10 juin 1999.

Décidée à la suite de l’échec des pourparlers entre les indépendantistes kosovars et la Yougoslavie, cette guerre se traduisit par le bombardement de la Serbie, principalement par les forces aériennes des EEUU, mais avec la participation active de la plupart des Etats membres de l’OTAN, à commencer par la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Espagne, le Canada, la Turquie, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark ainsi que l’Allemagne dont ce fut la première opération militaire à l’étranger depuis la IIe Guerre mondiale.

Pour les juristes indépendants, il ne fait guère de doute que cette guerre constitue une violation flagrante de la Charte des Nations unies, du droit international et même du ius in bello, car y furent utilisées des bombes à uranium appauvri qui continuent, vingt ans après, de causer souffrances et morts.

Cette guerre déboucha sur la proclamation de l’indépendance du Kossovo reconnue par un grand nombre d’Etats mais contestée par beaucoup d’autres. On en ignore souvent une autre conséquence, à savoir l’implantation au Kossovo par les EEUU d’une base militaire gigantesque puisqu’elle occupe une superficie de 3,865 km2, soit nettement plus que celle du Grand duché de Luxembourg (2’586 km2).

Pour commémorer ce vingtième anniversaire d’une guerre qui fut la première d’une série d’entreprises similaires déclenchées ailleurs dans le monde par le EEUU, une Conférence internationale pacifiste intitulée “Ne jamais oublier : favoriser la paix et la prospérité au lieu de la guerre et la pauvreté”, s’est tenue à Belgrade sous la présidence de Zivadin Jovanovic qui fut ministre des affaires étrangères de Yougoslavie de 1998 à 2000. Cette conférence rassembla plus de deux cents personnalités issues d’une trentaine de pays.

Le journal suisse Horizons et débats consacre, dans son numéro du 15 avril 2019, plusieurs article à cette manifestation et à cet anniversaire. Nous en reproduisons trois ci-après.

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Editorial

par Erika Vögeli

Source : Horizons et débats, Zurich, 15 avril 2019-04-18https://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2019/n-9-15-avril-2019/editorial.html

 

«Horizons et débats» a toujours condamné la guerre de l’OTAN dans les Balkans – comme toutes les autres guerres avant et après 1999 – et a constamment remis en question les reportages présentés dans les médias. Les conflits doivent être traités à la table de négociation, toute solution doit respecter tant le droit international et le droit des peuples à l’autodétermination ancré dans les pactes internationaux que les droits de l’homme des populations concernées. Concernant la vie de tous les habitants de cette seule et unique planète sur laquelle nous et les générations futures veulent vivre, nous avons toujours eu le souci d’attirer l’attention sur les crimes de guerre commis dans toutes ces guerres à l’aide d’armes qui, outre les dévastations immédiates, détruisent ou compromettent à long terme la vie des personnes touchées et leurs moyens de subsistance.
La devise de la conférence pour la 20e commémoration de la guerre d’agression de l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie, «Agression de l’OTAN: ne jamais oublier», est en ce sens une mission d’humanité au service de la paix.
Ne pas oublier les terribles conséquences de la guerre pour les peuples concernés – de toutes les guerres, mais aussi de l’agression contre la République fédérale de Yougoslavie, la première guerre sur sol européen après le «Plus jamais!» des deux guerres mondiales –, c’est ce que nous devons aux victimes, aux générations actuelles et futures, mais aussi à l’égard de la vérité et de notre conscience.
Comme pour toutes les guerres, cette guerre aussi, débuta avec de la propagande et de la manipulation pour tenter d’induire en erreur notre pensée et d’endormir notre conscience. Sous prétexte d’agir au nom des droits de l’homme, les droits les plus fondamentaux de la population de ce pays ont été bafoués. Le droit international, la Charte des Nations Unies, les accords internationaux – tout fut ignoré au service des intérêts du pouvoir d’un «nouvel ordre mondial» proclamé.
Quiconque ne veut pas, en tant qu’être humain, se faire prendre ses pensées et ne veut pas s’orienter uniquement sur des «narratifs», mais aussi sur les faits et les sources, connaît aujourd’hui les mensonges ayant servi de prétexte à cette guerre-ci.
Le soir précédant la Conférence de Belgrade, on proposa aux participants déjà présents de s’imprégner de l’exposition de photos des 78 jours de bombardement de l’OTAN et de ses conséquences pour la population et le pays. Ce sont – comme toutes les images de guerre – des photos d’horreur, de souffrance humaine, de destruction volontaire posant sans cesse la question au spectateur: Pourquoi? Pourquoi les gens font-ils cela? Quiconque s’est déjà penché sur cette question se souviendra de la photo de la fillette vietnamienne, qui, en 1961, brûlée par du Napalm, court vers le spectateur. Comme celle-là, ces photos crient aussi dans la conscience du spectateur: «Qu’ai-je fait, qu’est-ce que nous vous avons fait?»
Au cours des deux jours de cette réunion, 78 orateurs ont exprimé de manières très diverses les raisons pour lesquelles cette guerre et ses victimes ne doivent pas être oubliées, pourquoi un tel oubli ouvre la voie à de nouvelles guerres et de nouvelles injustices, et comment l’un des dangers pour l’humanité aujourd’hui réside dans le manque d’interpellation des véritables responsables à assumer leurs responsabilités.
Ces raisons nous rappellent de quelle manière cette première guerre d’agression sur sol européen après 1945 à été préparée sans mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies: avec des mensonges hasardeux, une déformation indescriptible de l’histoire, une diabolisation et un pilonnage médiatique – contre la Charte de l’ONU, les accords et traités internationaux, contre les rapports contraires présentés par d’hauts responsables de l’OSCE et contre les enquêtes ayant déjà démenti la rhétorique belliciste. Les participants se sont également mis d’accord sur la dimension géopolitique de l’ensemble – ce n’étaient pas des préoccupations «humanitaires», mais des objectifs géostratégiques très concrets poursuivis avec une brutalité inouïe.
Des paroles claires ont été prononcées par les représentants officiels de la Serbie. Alors que les autorités avaient été très prudentes au cours des années écoulées, on entend à l’heure actuelle des paroles beaucoup plus claires et plus explicites. L’actuel ministre serbe de la Défense, Aleksandar Vulin, par exemple, a qualifié l’objectif de guerre de tentative de faire disparaître la nation serbe, biologiquement et historiquement – biologiquement en ce qui concerne les armes utilisées, historiquement avec la tentative d’anéantissement de nombreux biens culturels historiques et de la dignité de la population de ce pays.
Bien que les représentants de la protection NBC de l’armée serbe aient déjà discuté des conséquences des munitions à l’uranium tirées en Serbie et au Kosovo à l’occasion de la 10e commémoration des bombardements. La pertinence de cette question était visible et clair pour tous les participants: les conséquences au sein de la population sont évidentes suite à la sérieuse augmentation des cancers et des décès, et la population demeure bien consciente des raisons de cette évolution.
Fulvio Grimaldi, journaliste italien de 85 ans, documentaliste et correspondant de guerre de longue date, entre autres à la Télévision italienne, a parlé de la dimension historique et culturelle: sur les théâtres de guerre du monde, il a observé comment, très souvent, les premières choses détruites sont les biens culturels afin de s’attaquer à l’identité culturelle des peuples. La politique de pouvoir de la globalisation ne supporte pas l’identité culturelle. Selon Grimaldi, il lui faut une «identité amorphe, n’ayant rien à voir avec une réelle identité».
Les sentiments et la pensée déterminent l’action humaine. Des informations authentiques et l’approfondissement d’une réflexion sur les évènements – par exemple ici en Serbie – engendrent une ouverture pleine de compassion envers autrui et contribuent au développement d’une culture de paix en soi et envers l’Humanité.

 

«Arrêtez la confrontation, commencez à dialoguer!»

Succès de la Conférence de Belgrade intitulée «Ne jamais oublier: favoriser la paix et la prospérité au lieu de la guerre et la pauvreté»

Interview avec Zivadin Jovanovic, président du «Forum de Belgrade pour un monde d’égaux»*

Source : Horizons et débats, Zurich, 15 avril 2019

https://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2019/n-9-15-avril-2019/arretez-la-confrontation-commencez-a-dialoguer.html

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Affiche d’invitation à la conférence de Belgrade.

 

A l’occasion du 20e anniversaire de l’agression de l’OTAN contre la Serbie (République fédérale Yougoslavie RFY) eut lieu à Belgrade les 22 et 23 mars 2019 une conférence internationale intitulée «Ne jamais oublier: favoriser la paix et la prospérité au lieu de la guerre et la pauvreté». Les organisateurs du colloque furent le «Forum de Belgrade pour un monde d’égaux» [«Belgrade Forum for the World of Equals»], la «Fédération serbe des associations de vétérans de la guerre de libération nationale», la «Fédération des généraux et amiraux serbes», donc une association d’hôtes serbes en collaboration avec le «Conseil mondial de la Paix». Outre les participants serbes, plus de 200 invités de haut niveau, représentant une trentaine de pays du monde entier, y ont participé. Les organisateurs ont salué les participants et les ont cordialement remerciés pour leur solidarité, leur soutien et la grande aide humanitaire dans une des plus difficiles périodes de l’histoire récente de la Serbie. 
Les deux jours furent bien remplis avec 78 interventions. Une exposition de photos dramatitques illustrait la souffrance de la population serbe pendant la guerre d’agression de l’OTAN de 1999.
Le congrès a honoré et rendu hommage au personnel militaire et policier ayant fait de très grands sacrifices lors de la défense du pays, et aux victimes civiles ayant perdu leur vie pendant cette guerre dont la durée fut de 78 jours.
 

Horizons et débats: Le congrès que vous avez organisé avec de nombreux invités du monde entier vient de prendre fin. Quelles sont vos impressions et vos conclusions après ces trois jours?

Zivadin Jovanovic: Je pense que cette conférence a été un grand succès, concernant les participants, le contenu et les conclusions. Concernant les participants, nous avons eu 200 invités d’environ 30 pays, de tous les continents, sauf l’Australie. Tous sont unis dans l’aspiration de la paix, de la solidarité et d’un développement pacifique. Il y avait des écrivains, des scientifiques, quelques politiques, des diplomates, des analystes stratégiques, tous des personnalités connues dans leurs pays respectifs. Ils sont venus à l’occasion de la 20e commémoration de la guerre d’agression de l’OTAN contre la République fédérale Yougoslavie – une attaque en violation du droit international – pour commémorer des victimes et pour nous rappeler les destructions, la cruauté et l’arrogance de l’unique alliance militaire, qu’est OTAN. Ce sont tous des amis de la Serbie ayant fait preuve de leur solidarité et de leur appui pendant les trois décennies de processus et d’évolutions turbulentes dans les Balkans. Nous avons également tenté de développer une vision de la paix en Europe et dans le monde, une vision d’un développement incluant tous les peuples et tous les pays. Je pense que nous pouvons être contents du contenu de la déclaration finale (cf. page 2) et je pense qu’elle trouvera un bon accueil …

Monsieur Jovanovic, vous venez de donner le signal de départ pour le marathon vers le mont Athos. Pouvez-vous nous donner quelques détails? Car cette course est un élément du congrès.

C’est une manifestation traditionnelle des athlètes. Des athlètes serbes avaient pris l’initiative, mais des athlètes des pays voisins y participent également. Ainsi, c’est un marathon commémoratif international. Chaque année, ils partent dans une autre direction pour répandre le message suivant: l’agression de l’OTAN de 1999 ne doit plus jamais se répéter et elle ne doit jamais tomber dans l’oubli. Notamment parce qu’à l’heure actuelle, il y a effectivement une grande instabilité, dans les Balkans et dans une grande partie de l’Europe. Nous devons donc être vigilants, car il n’y a pas de garantie automatique pour la paix, la stabilité et le développement. Il faut toujours y travailler pour les conserver. Ce marathon porte le message de la raison et de la sagesse. Chaque jour, ils courent 100 km. Mais ils s’arrêtent à chaque monument historique pour rendre hommage aux victimes, pas seulement aux victimes de l’agression de l’OTAN, mais également aux victimes de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Le long du trajet qu’ils parcourront aujourd’hui et demain, il y a malheureusement un grand nombre de ces monuments.

C’est impressionnant et touchant – et malheureusement de grande actualité.

Nous devons nous rendre compte des risques auxquels nous sommes confrontés actuellement, suite à la méfiance grandissante, les confrontations mondiales et la nouvelle course à l’armement. D’énormes moyens financiers sont investis dans la préparation de la guerre, alors que le développement et la vie sociale des populations sont négligés. Nous assistons à une évolution dan-
gereuse. Par exemple, actuellement en Europe on transforme les structures civiles pour pouvoir mieux servir les besoins militaires.
Je pense que nous nous sommes déjà profondément enlisés, et il me semble que nous ne sommes pas suffisamment conscients de ce qui se passe aujourd’hui. Nous sommes pleinement occupés par nos tâches et nos devoirs quotidiens, alors que nous devrions tous comprendre et évaluer sérieusement les profonds changements, les dangers et les menaces remettant en question notre sécurité. Nos activités actuelles servent exclusivement à consolider les connaissances de ce qui se passe dans le monde, à mobiliser les personnes pacifiques et les forces de résistance contre les dangers et à diffuser notre message: arrêtez les confrontations, commencez à dialoguer, n’admettez pas le piétinement du droit et des accords internationaux, négociez de bonnes solutions, stoppez l’abus de l’économie et des infrastructures pour des buts militaires.

Quelles autres manifestations commémoratives concernant la guerre de 1999 y a-t-il encore en Serbie?

Le marathon commémoratif n’est qu’une manifestation de toute une série. Il y a eu le congrès de deux jours, l’excellente exposition de documents et de photos de l’agression contre notre pays. Nous avons également publié plusieurs nouveaux livres rédigés par les meilleurs auteurs pour commémorer les événements. Hormis ces activités, il y a encore d’autres manifestations faisant part de ce que nous appelons «People’s diplomacy» ou «diplomatie du peuple». Aujourd’hui [le 24 mars 2019] le gouvernement organise une manifestation à Niš. C’est une manière de commémorer des victimes et d’appeler à choisir le chemin de la paix, de la coopération et de la solidarité et non pas celui de la confrontation.

Vous avez mentionné les nombreux invités de l’étranger. Comment voyez-vous leurs participations à ce colloque?

Nous avons beaucoup d’amis auxquels nous exprimons notre grand respect et notre gratitude pour leur soutien, leur collaboration, leur solidarité, leurs contributions humanitaires pour notre pays, la Serbie et le peuple serbe, pendant des décennies. Nous apprécions beaucoup que nos amis dans le monde entier organisent également des conférences, comme celle de Vienne, celles de New York et de Washington, de Prague et de Bratislava. La semaine prochaine trois conférences auront lieu en Italie: à Rome, à Bologne et à Florence.
Nous, du «Forum de Belgrade pour un monde d’égaux», sommes heureux que ces initiatives nous reconnaissent comme le centre des activités, qu’elles reprennent nos thèses principales, qu’elles nous envoient des messages de solidarité, etc. Il est très positif qu’autant de personnes dans de si nombreux pays du monde soient conscientes de la signification de cette guerre d’agression de l’OTAN de 1999 et des conséquences dévastatrices de toute politique expansionniste et de conquête. C’est encourageant pour l’humanité.

Comparé aux années précédentes, le mouvement pour la paix s’est-il renforcé dans le cadre de votre congrès?

Oui, je pense qu’il y a une évolution positive dans nos activités. Il est positif que nous soyons devenu plus conscients de nos devoirs et que nous réagissions à une situation étant loin d’être réjouissante ou encourageante.
Je rappelle l’évolution positive au sein même de la Serbie. En 2000 ou en 2001, personne n’aurait organisé une manifestation concernant la guerre d’agression de l’OTAN. Il n’y avait aucun signal dans ce sens de notre gouvernement – ni pour une culture de la mémoire, ni pour une culture du respect des victimes. Non, ils étaient muets et la presse, les grands médias serbes ne parlaient jamais de «guerre d’agression». Ils mentionnaient l’«intervention», la «campagne de l’OTAN», ou à la limite, le «bombardement». Mais nous avons constamment utilisé la seule bonne appellation décrivant la réalité de cette attaque. C’était une pure guerre d’agression contre un pays souverain qui n’avait attaqué aucun autres pays. Cette guerre n’était pas motivée par un raisonnement humanitaire ou d’autres raisons similaires, mais uniquement par des objectifs géopolitiques et le but d’élargir le territoire de l’OTAN vers l’Est.

Heureusement, vous n’êtes plus seuls dans votre pays.

Oui, nous avons avec notre congrès de cette année un immense écho, comme nous ne l’avons jamais eu auparavant. Tout ce que nous faisons est transmis à la population par les médias serbes. On ne parle quasiment plus que de la «guerre d’agression» tant le président que le Premier ministre, que les gens dans la rue – et même les journalistes. C’est un signe de changement. Nous avons réussi. Nous connaissions la vérité et nous avons réussi à amener d’autres à la voir également. La presse a très bien couvert notre congrès. C’était vraiment excellent. Ils nous ont accordé beaucoup de place, deux pages entières dans un quotidien, en meilleur emplacement. Hier, un des plus anciens et traditionnels journaux d’Europe, nous a voué une page entière. C’est du jamais vu. Dans le passé, ils nous ont très souvent ignorés. Dommage que les politiciens ne nomment pas les organisateurs du congrès. L’information du lieu du colloque dans la «Army House» [Maison de l’Armée] ainsi que la transmission du très grand succès de la réunion ont été données. Ils ont résumé les interventions et leurs auteurs avec de nombreuses citations, rien à redire, mais ils omettent de dire que le «Forum de Belgrade pour un monde d’égaux» était l’organisateur. Ils parlent tout juste d’organisations de vétérans, de généraux et d’amiraux etc. Mais ils ne nous mentionnent pas.
Malgré tout: le plus important est que les gens puissent s’informer sur les résultats de notre réunion et que la vérité soit diffusée.

Un grand merci! Nous vous sommes très reconnaissants pour tout ce que vous avez fait et d’avoir réuni ici autant de personnes. C’est un immense travail et nous vous souhaitons, à vous et à votre pays, plein de bonnes choses.    •

 

Raids de l’Otan en 1999: recrudescence des tumeurs et de la mortalité en Serbie constatée

10 novembre 2018

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201811091038833102-serbie-bombardements-yougoslavie-uranium-cancer-tumeurs/

Créée le 12 juin 2018 par le gouvernement serbe, la Commission d’enquête sur les conséquences des bombardements de la Yougoslavie par l’Otan en 1999, et notamment sur l’impact de l’uranium appauvri sur la santé des citoyens, poursuit son travail. Sputnik a rencontré Darko Laketic, président de la commission.

La Commission d’enquête sur les conséquences des bombardements de la Yougoslavie par l’Otan en 1999 a pour tâche essentielle d’enquêter sur un lien de causalité entre les bombardements à l’uranium appauvri effectués par l’Otan dans le sud de la Serbie et le taux de mortalité élevé imputable à des maladies oncologiques dans cette région, a déclaré à Sputnik Darko Laketic, président de la commission gouvernementale serbe.

«Nous avons déjà visité Vranje, Pancevo et Novi Sad et nous nous rendrons sous peu à Kragujevac. Ce sont pour nous des régions prioritaires. Nous collectons des données statistiques et médicales et interrogeons les personnes ayant été en contact avec le sol contaminé», a détaillé l’interlocuteur de l’agence. »

Et d’ajouter que ses collaborateurs ne cessaient d’analyser les données médicales dans les zones de contamination, comparant les statistiques avant et après les bombardements.

«Nous étudions l’action des substances toxiques et essayons d’établir un lien entre celles-ci et la maladie pour mieux organiser par la suite la prévention, le dépistage et le traitement du cancer à ses stades précoces dans les régions où cela est nécessaire», a expliqué le responsable.

Selon ce dernier, les scientifiques ont prouvé que l’uranium appauvri n’était pas le seul à avoir un impact sur la santé des humains. D’autres substances toxiques qui se dégagent lors des bombardements, dont le chlore, provoquent elles aussi des tumeurs malignes qui ne se manifestent que 5 à 10 ans après le contact ou pourraient être découvertes seulement dans 10 à 20 ans.

Certains spécialistes affirment toutefois que rien ne prouve un lien entre l’augmentation de cas de cancer et l’uranium appauvri en Serbie, car les maladies oncologiques deviennent de plus en plus fréquentes sur l’ensemble du territoire serbe, alors que l’uranium appauvri a un rayon d’action limité et n’était utilisé qu’essentiellement dans le sud du pays. Qui plus est, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nombre de patients avec des tumeurs malignes augmentent dans le monde entier.

En 1999, pendant 11 semaines, l’Alliance atlantique a bombardé la Yougoslavie, le territoire comprenant la Serbie et le Monténégro actuels. Les avions de l’Otan ont largué près de 15 tonnes d’uranium appauvri sur le territoire serbe. Comptabilisant 5.500 cas de cancer enregistrés pour un million d’habitants, la Serbie arrive de nos jours en première position en Europe si l’on se réfère au nombre de décès dus au cancer.

Le nombre de victimes de l’opération Force alliée est inconnu, mais le gouvernement serbe fait état d’environ 2.500 morts, dont 89 enfants, et de 12.500 blessés.

 

 

Pourquoi la Russie est l’ennemi parfait

par Arnaud Dotézac

24 heures, Lausanne,

5 octobre 2018

ANALYSE L’Otan et ses «partenaires pour la paix» se mobilisent militairement contre un pays qui n’a ni les moyens ni l’intention de nous envahir. A qui profite vraiment la menace russe?

Il ne se passe pas une semaine sans qu’une information menaçante ne parvienne de Russie. Après la réunification prétendument illicite de la Crimée, voici le feuilleton de la liquidation ratée du traître Skripal, la subversion des choix démocratiques grâce à Sputnik et au site Russia Today, le soutien aux eurosceptiques, l’empoisonnement suspect du mentor des Pussy Riot, ou encore l’interférence, réussie et d’autant plus inadmissible, contre le renversement du président syrien.

Méga-entraînement en Norvège

Avec tout cela, il n’est pas étonnant que l’Otan et ses «partenaires pour la paix» soient sommés de réarmer, de se prépositionner et d’additionner les exercices militaires en continu, aux frontières de la Russie. Le prochain méga- entraînement réunira près de 40’000 soldats du 25 octobre au 7 novembre en Norvège, avec des missions aériennes dans le ciel d’une Finlande qui s’«otanise» à grands pas, outre une présence maritime en mer Baltique, juste en face de l’enclave russe de Kaliningrad. Rien d’étonnant non plus à ce que la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et d’autres à venir fassent voter des lois destinées à censurer les chaînes russes précitées.

Que pèse un budget militaire de 50 milliards de dollars face aux 716 milliards du Pentagone?

Pourtant, à y regarder de près, certaines choses clochent. Certes, la Russie dispose du plus important stock d’armes nucléaires de la planète, ne cesse d’innover (cyberguerre, vecteurs hypersoniques, etc.) et de moderniser ses capacités conventionnelles. Mais tout de même, avec son budget militaire qui se maintient autour des 50 milliards de dollars, que pèse-t-elle face à un Pentagone qui vient de se faire allouer 716 milliards pour 2019? Un pays quia supporté 5600 milliards de dépenses de guerre depuis les attentats du 11 septembre! Et si on y ajoute les budgets des pays membres de l’Otan, qui cumulent près de 220 milliards supplémentaires et dont Trump exige qu’ils mettent encore la main à la poche? D’où vient cette nécessité absolue de se mobiliser militairement contre une Russie qui n’a ni les moyens ni l’intention de nous envahir?

Le tabou chinois

Ceux qui brandissent la menace russe sont évidemment les mêmes qui réclament des crédits faramineux et qui justifient l’un par l’autre. Malheureusement pour la Russie, elle est le parfait client car les Etats-Unis n’ont rien à perdre avec elle, compte tenu notamment du bas niveau de leurs échanges commerciaux, de la dépendance de la Russie au dollar et de la sociologie d’une russophobie toujours facile à ranimer, comme l’a démontré le journaliste Guy Mettan dans son dernier ouvrage (Russie-Occident, une guerre de mille ans, 2015).

Tel ne serait pas le cas pour la Chine, non pas tant au regard de sa renaissance militaire évidente, mais du fait de sa participation au financement du Pentagone. Car les milliers de milliards qui sont versés au complexe militaro industriel américain ne sont pas financés par l’impôt, mais par la dette et notamment les bons du Trésor souscrits en masse par la Chine. La Chine, grand argentier du Pentagone, voilà bien un sujet tabou.

Ceux qui brandissent la menace russe sont évidemment les mêmes qui réclament des crédits faramineux.

En tout cas, ce ne fut pas le lauréat d’un Prix Nobel de la paix anticipé qui changea les choses. Barack Obama se contenta de quelques réallocations budgétaires dès sa prise de fonction en 2009, lesquelles n’allèrent toutefois pas sans créer de lourdes frustrations, notamment au sein de l’armée de terre. L’arrêt brutal du faramineux plan de modernisation de l’infanterie à 340 milliards de dollars et qui avait déjà coûté plusieurs dizaines de milliards avant même de commencer, passa ainsi très mal. Il s’agissait d’un métasystème si complexe pour le Pentagone que même la conception du cahier des charges fut confiée aux fournisseurs eux-mêmes, lesquels bouclaient ainsi la boucle de leur propre rente structurelle. Pour contrer Obama, le Pentagone se chercha donc un nouveau «gap» à rattraper. Il fut conventionnel et informationnel, puis baptisé «guerre hybride». Et c’est ainsi qu’on réactualisa la menace russe.

Simple concurrente

Dès le début du second mandat Obama, à l’été 2012, un premier conflit annonciateur de la suite éclata en Ukraine, lorsque le parlement adopta une loi protégeant la langue russe comme langue régionale. Un an et demi plus tard, le président pro-russe Ianoukovitch était renversé et la Russie commençait à voir les troupes otaniennes se déployer à ses frontières, tandis que son économie subissait les sanctions unilatérales américaines, illégales en droit international mais loyalement relayées par celles de l’Union européenne, de la Suisse et de quelques autres clients américains, le tout au nom des valeurs de la démocratie libérale.

Il en est une pourtant, de ces valeurs, qui est constitutive de la «construction européenne»: celle de la libre et loyale concurrence. Pour la garantir, le droit de la concurrence, aussi bien européen qu’américain, prohibe strictement l’abus de position dominante, c’est-à-dire l’utilisation de moyens qui permettent au leader du marché de ne jamais être rattrapé dans son hégémonie. Quant à l’usage de la contrainte ou des campagnes de délégitimation, elles sont autant de circonstances aggravantes.

Lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine en juillet dernier à Helsinki, Donald Trump s’interdisait de pointer la Russie comme «ennemi» mais la désigna comme simple «concurrente». Si ce n’est pas lui qui ordonna la poursuite de l’abus militaire de position dominante des Etats-Unis contre la Russie, ce ne peut donc être que le Pentagone. Ce dernier ne fait alors que démontrer, une fois de plus, l’étendue de son autonomie et de sa puissance privée.

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Aux portes de la Russie, Washington entame l’exercice «Coup de sabre» dans le cadre de l’OTAN

Source : RT France du 3 juin 2018-06-05

https://francais.rt.com/international/51276-frontiere-russie-etats-unis-otan-entament-exercices-militaires-coup-de-sabre

Source: AFP

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Des troupes de l’OTAN s’entraînent dans le cadre des exercices militaires de l’opération «Coup de sabre» à Orzysz, en Pologne, le 16 juin 2017 (Illustration)

 

L’OTAN lance à la lisière de la frontière russe l’un des plus importants déploiements de soldats américains en Europe depuis la fin de la guerre froide. Pilotée par Washington, cette énième manœuvre militaire est censée parer à une «crise».

Se prémunir d’une «agression» venant de Moscou : cette antienne est à nouveau utilisée comme prétexte par l’OTAN pour justifier l’un des plus importants déploiement de soldats en Europe de l’Est depuis la fin de la guerre froide. Pas moins de 18 000 militaires originaires de 19 pays ont ainsi été mobilisés en Pologne et dans les pays baltes dans le cadre de la huitième édition de l’exercice militaire «Coup de sabre», qui se déroule du 3 au 15 juin.

Alors que les Etats-Unis dirigeront un bataillon en Pologne, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Canada en commanderont trois autres en Estonie, en Lettonie et en Lituanie. Pour la première fois, Israël, qui n’est pas membre de l’Alliance atlantique, participera aux exercices.

Moscou dans le viseur

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Selon l’armée américaine, l’exercice permettra de démontrer «la détermination de l’Alliance et sa capacité à agir d’une seule voix en réponse à toute agression».

Lors de la brève cérémonie d’ouverture de cet exercice, le général de brigade américain Richard Coffman, cité par l’AFP, s’est montré clair quant à la finalité concrète de «Coup de sabre» : «[L’exercice doit permettre de démontrer] la flexibilité accrue des forces terrestres et aériennes [de l’OTAN] pour répondre rapidement à une crise. Ceci permet d’avoir la bonne présence là où nous en avons besoin.» En l’occurrence, donc, à la frontière russe.

La présence, au premier rang de ce déploiement militaire, de la Pologne ne constitue pas une surprise, puisque le pays a récemment fait savoir qu’il envisageait de participer au financement d’une présence accrue de forces étasuniennes sur son sol. Pawel Soloch, chef du Bureau de sécurité nationale à la présidence polonaise, a ainsi annoncé qu’un «document d’information» rédigé au ministère de la Défense mentionnait la bagatelle de 1,2 à 1,7 milliard d’euros que son pays pourrait dépenser afin de contribuer aux frais de stationnement d’une unité blindée américaine.

Alors que les exercices militaires de l’OTAN se sont multipliés à sa frontière ces derniers mois, Moscou estime que ce déploiement «ne bénéficie en aucune façon à la sécurité et à la stabilité sur le continent».

«La menace russe», un prétexte pour légitimer l’implantation américaine en Europe de l’Est ?

Tandis que Moscou et ses alliés frontaliers, comme la Biélorusse, cantonnent leurs exercices militaires à leur propre territoire, l’armée américaine a récemment multiplié les manœuvres militaires aux portes de la Russie, à des milliers de kilomètres de son territoire, dans le cadre de l’OTAN.

En juin 2017, l’organisation militaire avait ainsi procédé à des exercices d’une ampleur sans précédent en Pologne, mobilisant des avions britanniques et des hélicoptères américains.

En mai, c’est en Estonie, où l’OTAN brandissait aussi la menace d’une agression russe, que plus de 300 soldats français avaient participé à des manœuvres dans le cadre de l’organisation. La Défense russe avait par ailleurs intercepté quelques jours plus tard 14 avions de reconnaissance occidentaux volant au-dessus de ses frontières.

Deux mois plus tard, l’armée suédoise avait procédé, avec l’Alliance, à ses plus importants exercices militaires depuis 23 ans.

Si le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg assurait encore le 4 avril qu’il ne souhaitait pas se livrer à une course aux armements avec la Russie, ses actes ne paraissent pas tendre vers cet objectif.

Lavrov : la France, le Royaume-Uni et les USA sont «directement impliqués» dans la guerre en Syrie

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Source : RT France 17 mars 2018, 13:24
https://francais.rt.com/international/48819-lavrov-france-royaume-uni-etats-unis-forces-speciales-syrie

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé le 17 mars les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et «un certain nombre d’autres pays» d’avoir envoyé leurs forces spéciales en Syrie.24
en provenance des Etats-Unis – ils ne le nient plus – du Royaume-Uni, de la France et d’un certain nombre d’autres pays», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangère Sergueï Lavrov lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision officielle du Kazakhstan, diffusée le 17 mars sur le site du ministère russe des Affaires étrangères.
Rappelant que la présence américaine en Syrie était «illégitime» du point de vue du droit international et de la Charte des Nations unies, il a en outre souligné qu’il ne s’agissait plus d’une «guerre par procuration» mais d’une «implication directe dans la guerre».
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«Mais nous sommes réalistes et nous comprenons que nous ne nous battrons pas avec eux. Nous coordonnons donc les actions au moins pour éviter les altercations involontaires. Nos militaires sont constamment en contact avec les commandants américains qui mènent leurs opérations sur le territoire syrien», a-t-il ajouté.
Il a en outre fait savoir que Moscou était également en «dialogue permanent» avec «ceux qui agissent réellement sur le terrain», en référence aux commandants américains d’état-major général et aux officiers de communication. Il a souligné que les attaques contre les forces syriennes et pro-syriennes dans les zones contrôlées par les Etats-Unis méritaient d’être condamnées, étant donné que la Russie avait été assurée «solennellement» à maintes reprises que la présence des militaires américains sur le sol syrien visait «exclusivement» les terroristes.
Enfin, le chef de la diplomatie russe a également critiqué les propos «irresponsables» de la représentante permanente des Etats-Unis auprès des Nations unies, Nikki Haley, sur la détermination de Washington à «bombarder Damas et même le palais présidentiel de Bachar el-Assad, indépendamment de la présence sur place de représentants russes».