Les critiques formelles d’Israël par l’UE ne sont qu’un écran de fumée

par Stephen Lendman

Source : http://lesakerfrancophone.fr/les-critiques-formelles-disrael-par-lue-ne-sont-quun-ecran-de-fumee

Source originaire : https://stephenlendman.org/2018/08/hollow-eu-criticism-of-israel/

3 août 2018

Traduction : Dominique Muselet

StephenLindmanBW

L’UE entretient des relations normales avec Israël sur les plans politique, économique, financier, technologique et culturel.

La critique, lorsqu’elle est formulée, exclut tout ce qui pourrait donner lieu à des démarches concrètes pour obliger l’État juif à rendre compte de ses actes criminels.

Bruxelles n’a jamais rien fait pour s’opposer à ses décennies d’occupation illégale, sa violation des lois, normes et standards internationaux fondamentaux, son blocus suffoquant de Gaza, ses trois guerres d’agression sur la bande de Gaza, quantités d’autres violations des droits de l’homme et des droits civils, sa guerre non déclarée contre la Syrie, son soutien à EI et à d’autres terroristes, ainsi que quantités d’autres crimes trop graves pour qu’on puisse les ignorer.

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, soutient les agendas impérialistes américains et israéliens, leur militarisme et leur belligérance, leur mépris pour la paix et la stabilité du monde.

Ses médias ont rapporté les critiques creuses qu’elle a adressées au ministre d’extrême-droite israélien de la sécurité publique, Gilad Erdan :

« L’UE rejette fermement les accusations selon lesquelles elle est impliquée dans le financement d’activités qui soutiennent le terrorisme ou les terroristes. »

ajoutant :

« Les accusations israéliennes sont ‘sans fondement et inacceptables, vagues et non étayées’. » Mogherini répondait à Erdan qui avait accusé l’UE et ses partenaires de soutenir des groupes qu’Israël qualifie faussement de terroristes, et de boycotter Israël.

Le régime de Netanyahou accusait les groupes palestiniens de défense des droits de l’homme d’avoir des liens avec le Front populaire de libération de la Palestine qu’il qualifie mensongèrement d’organisation terroriste comme le Hamas, le Hezbollah et tous les groupes qui résistent au terrorisme d’État israélien.

Par ailleurs, jeudi, les chefs de mission de l’UE à Jérusalem et à Ramallah ont déclaré qu’ils « expriment leur vive inquiétude devant l’inauguration officielle, le 1er août, d’un centre touristique, géré par une organisation de colons, dans le quartier Batn al-Hawa/Silwan de Jérusalem-Est occupée, dans un bâtiment d’où cinq ménages appartenant à la famille palestinienne Abu Nab ont été expulsés en 2015 ».

ajoutant :

« Environ 180 ménages palestiniens à Jérusalem-Est, dont une centaine dans la seule ville de Batn al-Hawa, risquent d’être expulsés de leurs maisons, ce qui favorisera la poursuite de la colonisation de la ville, comme dans le cas présent.

 Les missions de l’UE à Jérusalem et à Ramallah rappellent les conclusions et déclarations successives du Conseil des affaires étrangères dans lesquelles l’UE a réitéré sa forte opposition à la politique de colonisation d’Israël et aux mesures prises dans ce contexte, y compris les expulsions et les démolitions. 

Les activités de colonisation à Jérusalem-Est compromettent sérieusement la possibilité que Jérusalem serve de future capitale des deux États, elles sont illégales en vertu du droit international et compromettent la solution à deux États et la perspective d’une paix durable. »

Ni l’UE, ni les États-Unis, ni l’ONU, ni les dirigeants du monde n’ont fait quoi que ce soit pour contraindre Israël à répondre de plus d’un demi-siècle de développement illégal de colonies de peuplement sur des terres palestiniennes volées.

Ils n’ont jamais rien fait de concret pour s’opposer aux crimes d’Israël dont la liste est trop longue et l’horreur trop grande  pour qu’on puisse les ignorer.

La critique purement formelle et non-accompagnée de démarches concrètes pour obtenir qu’Israël rende des comptes est vide de sens, cela revient à donner un feu-vert à l’État hébreu pour faire ce qui lui plaît.

La dernière fois que l’UE a formulé un de ses vaines critiques à l’encontre du régime de Netanyahou, c’est quand il a alloué 4,5 millions de shekels au Centre du patrimoine juif yéménite pour mettre en place un projet illégal d’implantation près de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée.

Cela fait partie du projet de longue date d’Israël de coloniser toutes les terres de Judée et de Samarie qui ont quelque valeur, de déposséder les habitants autochtones de la Palestine, de voler tout ce qui leur appartient.

 

Stephen Lendman est né en 1934 à Boston, Massachussets. Après avoir travaillé pendant sept ans comme analyste en recherche marketing, il a rejoint l’entreprise familiale où il est resté jusqu’à sa retraite à la fin de l’année 1999. Il a commencé à écrire sur les grands enjeux mondiaux et nationaux à l’été 2005, et participe à des émissions de radio sur le Progressive Radio Network trois fois par semaine, où sont débattues les grandes questions mondiales et nationales. Lendman est lauréat du Project Censored 2008 et lauréat du prix international de journalisme 2011 du Club des journalistes mexicains.

Preuve concluante : Hitler voulait exterminer tous les juifs du monde

par Eric Zuesse

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

14 juillet 2018

 

Source : http://lesakerfrancophone.fr/preuve-concluante-hitler-voulait-exterminer-tous-les-juifs-du-monde

Source originaire : https://www.strategic-culture.org/news/2018/07/14/conclusive-proof-hitler-intended-exterminating-all-the-world-jews.html

 

Voici, pour la première fois, la publication sur le Web du compte-rendu officiel complet de la réunion de Hitler avec le Mufti de Jérusalem et les promesses échangées

(Photo disponible dans les sources)

Le Führer, en présence du Ministre des Affaires étrangères du Reich Von Ribbentrop, a reçu le Grand Mufti de Palestine, Sayid Amin al Husseini, pour une conversation cordiale et importante pour l’avenir des pays arabes, le 28 novembre 1941. Presse Hoffman©

 

Par Eric Zuesse – Le 14 juillet 2018 – Source Strategic Culture

La rencontre privée et confidentielle d’Adolf Hitler avec le Grand Mufti de Jérusalem, le 28 novembre 1941, au tout début de son Holocauste pour se débarrasser « des juifs », fut historiquement très importante, car le Führer a informé secrètement le chef de la Palestine, de son plan pour éliminer les juifs d’Europe. C’est l’un des rares documents clés qui prouvent, sans équivoque, la détermination de Hitler à éliminer tous les juifs de la planète – et pas seulement tous les juifs d’Europe (ce qu’il a publiquement menacé de faire).

Comme cela sera documenté ici, en ligne pour la première fois, et avec des liens vers les seules sources en ligne existantes en langue anglaise : Hitler a exprimé en privé son intention explicite de nettoyer les juifs de Palestine et de faire du Grand Mufti de Jérusalem le « libérateur » de tous les Arabes, et pas seulement le dirigeant palestinien. Hitler a dit que, dès qu’il aurait terminé d’éliminer tous les juifs d’Europe, il autoriserait, armerait et assisterait publiquement le Mufti, pour superviser leur extermination en Palestine et dans toutes les régions arabes ; et c’est ce que voulait le mufti, afin de devenir le « libérateur » de tous les Arabes et  gouverner ensuite, sous l’emprise d’Hitler, un vaste royaume arabe.

Le seul désaccord initial entre Hitler et le Mufti, était que le premier voulait que Hitler annonce immédiatement cette intention au monde, mais celui-ci a dit que l’annonce publique, à ce moment-là, était prématurée – et que son intention était de l’annoncer seulement (et dès que) tous les juifs auraient déjà été éliminés en Europe. À la fin de la réunion, le Mufti a dit qu’il était totalement en accord avec le raisonnement d’Hitler et a abandonné l’idée de l’annonce immédiate. À la fin de la réunion, ils ont convenu du moment de l’annonce publique. Ils se sont séparés à 100% d’accord sur ce qui devrait être fait, et dans quel ordre.

En bref : ce document est parmi ceux (il y en a d’autres) qui exposent la totale fraude des « historiens » qui prétendent soit qu’Hitler était un « dictateur faible », soit qu’il n’avait pas l’intention d’exterminer tous les juifs, partout, et qu’il n’a pas tenu fermement, avec conviction à cette intention génocidaire. Et ceci (dans le cas du présent document) bien avant que l’Holocauste ne soit à un stade avancé en Europe, ou ailleurs.

Dans ce document, Hitler dit clairement (comme il l’a fait aussi à d’autres occasions, donc, ce n’est pas la seule preuve) qu’il ne considérerait pas vraiment que le « Reich de mille ans » pouvait même commencer tant que l’extermination des juifs ne serait pas achevée partout. En d’autres termes : pour Hitler, la « victoire » dans la Seconde Guerre mondiale ne pourrait être réalisée que s’il arrivait à éliminer tous les juifs. (Dans mon livre de 2000 WHY the Holocaust Happened, j’avais argumenté l’hypothèse qu’il avait d’abord eu cette intention en septembre 1919, mais savait que s’il en informait le public, celui-ci penserait que c’était pour cela qu’il entrait en politique, et qu’il ne serait alors jamais capable d’atteindre la direction de l’Allemagne et manquerait donc son but. Mais je crois maintenant que le projet d’éliminer les juifs était la raison de son entrée en politique à cette époque, et il l’a fait.)

En d’autres termes, l’achèvement de l’Holocauste était, dans l’esprit de Hitler, le véritable but de la Seconde Guerre mondiale. L’Holocauste n’était pas accessoire aux objectifs de guerre d’Hitler, c’était son but de guerre. Pour lui, la guerre existait avant tout pour rendre possible et achever l’anéantissement des « juifs » tels que définis par Hitler, dans les lois de Nuremberg (1935), non par la croyance d’une personne, mais par celle de ses ancêtres – transformant ainsi un fait religieux en fait « racial » fondé sur la religion des ancêtres et non sur la génétique. Hitler rejetait la génétique, il condamnait même Darwin, Hitler était un créationniste biblique et définissait l’Aryen comme un descendant pur sang d’Adam et Ève, alors qu’il pensait que les juifs descendaient du serpent dans Genèse 3 (ces matières sont documentées dans WHY the Holocaust Happened).

Pour Hitler, la victoire consisterait à exterminer tous les juifs partout ; comme il l’écrivait lui-même avant son suicide – la dernière déclaration suprême de ses buts de guerre – il exhortait son peuple à continuer la guerre, jusqu’à la victoire, contre ce qu’il considérait comme le seul véritable ennemi, ses derniers mots étaient :

« Je charge les dirigeants de la nation et ceux qui sont sous leur contrôle de l’observance scrupuleuse des lois sur la race et de l’opposition impitoyable à l’empoisonneur universel de tous les peuples, la juiverie internationale. »

Cette expression « juiverie internationale » était un code qu’il utilisait souvent pour désigner tous les juifs, partout. Cependant, comme il l’a précisé dans ce document – qui sera, un peu plus loin, présenté en entier, avec des annotations explicatives – son intention claire et explicite était de cacher au public que c’était bien son but, et de ne pas le révéler avant que tous les juifs ne soient exterminés en Europe.

En outre, à la lumière de ce document unique et crucial : tout « historien » – ou même le premier ministre israélien, raciste-fasciste et apologue hitlérien, Benjamin Netanyahou – qui prétend qu’Hitler avait en réalité (stratégiquement, et non tactiquement), seulement préconisé l’expulsion des juifs (vers Madagascar, la Palestine ou ailleurs), cette affirmation est tout simplement frauduleuse. Le dossier est clair et sans équivoque sur cette question historique centrale : Hitler n’a jamais eu réellement l’intention de simplement expulser les juifs – comme ce document (et plusieurs autres) le montre clairementEt Hitler a expliqué dans ce document pourquoi la séquence des événements allait être cruciale pour atteindre l’objectif d’un monde sans Juifs. Hitler a expliqué au Mufti la séquence nécessaire, celui-ci l’a acceptée.

Il y a beaucoup de présentations abrégées sur le Web du dossier officiel nazi (le seul document qui existe) de la rencontre d’Hitler avec le Grand Mufti de Jérusalem, et certaines de ces présentations s’intitulent, par exemple : « Verbatim : ce que le Mufti a dit à Hitler », mais aucune n’est même proche d’être complète – à part les autres sources qui seront mises en lien dans cet article. La plupart omettent des parties cruciales du document, et la version qui est présentée ici sera donc la première à être vraiment complète, et elle est aussi présentée de manière à être compréhensible, entièrement contextualisée, et donc parfaitement logique, comme l’a fait le document en son temps et dans ces circonstances.

Les parties du document que je considère comme les plus importantes sont repérées en gras dans ma présentation ci-dessous, et les quelques passages qui sont à la fois en gras et en italique sont ceux que je considère comme les plus importants des plus importants. Même en ne lisant que les parties mises en exergue, vous disposerez d’un résumé précis du document. Mais le document complet est présenté ici afin que le lecteur puisse décider, par lui-même, quels passages le résument le mieux. Des personnes différentes peuvent avoir des opinions différentes sur ce qui est important et ce qui ne l’est pas, c’est pourquoi l’ensemble du document est présenté ici.

Rien ici ne sera paraphrasé : dans tout document, les paraphrases ne possèdent jamais l’autorité épistémologique (la crédibilité scientifique) apportée par les citations directes ; et lorsque des citations directes sont présentées dans le contexte du document complet, comme cela sera fait ici, le lecteur connaît le contexte duquel les citations ont été extraites, et se trouve ainsi dans la meilleure des positions pour interpréter, par lui-même, ce que voulait dire le document, du moins pour Hitler (et vraisemblablement aussi pour le Mufti).

Cette présentation est tirée de la publication officielle du document par le gouvernement des États-Unis, pages 881-885, document N° 515 dans Documents on German Foreign Policy, 1918-1945, Series D (1937-1945), Volume XII, THE WAR YEARS, June 23-December 11, 1941. Il n’y a pas d’annotations ou de clarifications pour faciliter la compréhension du lecteur. Ce manque d’explication ou de contexte essentiel pourrait être une des raison pour lesquelles ce document a malheureusement été largement ignoré, sauf par des gens comme Netanyahou, qui mentent librement et calmement au sujet de ce que le document dit, et à propos des projets d’Hitler concernant tous les juifs.

Le document complet de base, non annoté, peut être consulté en ligne en .pdf, et en .txt (ou ici, mais avec beaucoup d’erreurs typographiques du lecteur de texte automatisé). J’ai pu archiverle plus récent – la version .txt mais pas la version .pdf – donc c’est une copie alternative, juste au cas où une personne pourrait rencontrer des problèmes pour accéder à la version .pdf ou si celle-ci était éliminée entièrement. Une autre version de ce document, également sans annotations, a été mise en ligne à partir de la publication officielle britannique du document, c’est ici.

Ma présentation de ce document a été copiée à partir de la version .txt de la publication du gouvernement américain, parce que la version .pdf est malheureusement non-copiable, mais j’ai corrigé ici les nombreuses fautes de frappe, afin de restaurer la lisibilité perdue par le lecteur de texte automatisé. Dans cette présentation, à partir du texte du gouvernement américain, il y a (comme je le noterai dans le texte) une correction qui a été apportée par l’éditeur : où l’original allemand avait noté le chiffre 1 700 000, mais le nombre réel était 17 000 000. À part cette correction factuelle de ce qui était probablement une faute de frappe dans la transcription officielle nazie, il n’y avait aucune annotation dans aucune version.

Et le contraste frappant contredisant la déclaration de Netanyahou au sujet de cette rencontre entre le Führer et le Mufti est claire et même évidente – et Netanyahou se présente donc clairement ici comme ayant voulu placer le blâme central de l’Holocauste sur le Mufti, plutôt que sur Hitler. Le nazi Netanyahou (anti-palestinien) a donc présenté le nazi Hitler (anti-juif) comme étant l’idiot utile du Mufti, au lieu d’avoir été son commanditaire et son guide – comme c’était clairement le cas (avéré abondamment dans ce document ). De plus, Netanyahou est réputé pour être un menteur psychopathe (comme les nazis – les fascistes racistes – le sont habituellement) et on peut le constater encore une fois dans ce cas, toutes les preuves sont maintenant facilement disponibles sur le Web, présentées ici, avec des informations complètes.

Voici donc ce qui exposera les mensonges largement répandus tels ceux de Netanyahou – à savoir, dans son cas, que le Mufti aurait ordonné à un Hitler récalcitrant de « brûler les juifs », et n’aurait pas, au contraire, suivi les instructions de Hitler, sur ce que le Mufti doit faire concernant les juifs. Mensonges qui visent à transmettre la fausse impression que Hitler ne savait pas réellement ce qu’il faisait, ou qu’il ne savait pas ce que les gens sous son commandement faisaient aux juifs, et qui suggèrent que Hitler était manipulé par d’autres (comme le Mufti), concernant les juifs, et n’était pas lui-même l’instigateur et superviseur de la politique de son propre régime concernant les juifs.

Voici le « Grand exposé », de ce qui concerne simultanément une histoire passée, et une réalité présente, importantes :

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N°. 515
F1 / 0018-24 Mémorandum, par un fonctionnaire du Secrétariat du Ministre des Affaires étrangères
Füh. 57a. g Rs. Berlin, le 30 novembre 1941.

Compte-rendu de la conversation entre le Führer et le Grand Mufti de Jérusalem le 28 novembre 1941, en présence du ministre des Affaires étrangères du Reich [von Ribbentrop] et du ministre Grobba à Berlin.

Le Grand Mufti commence par remercier le Führer du grand honneur qu’il lui avait accordé en le recevant. Il voulait saisir l’occasion de transmettre au Führer du Grand Reich allemand, admiré par tout le monde arabe, ses remerciements pour la sympathie qu’il avait toujours manifestée pour la cause arabe et surtout palestinienne, et qu’il avait clairement exprimée dans ses discours publics. Les pays arabes étaient fermement convaincus que l’Allemagne gagnerait la guerre et que la cause arabe prospérerait ensuite. Les Arabes étaient les amis naturels de l’Allemagne parce qu’ils avaient les mêmes ennemis, à savoir les Anglais, les juifs et les communistes. Ils étaient donc disposés à coopérer avec l’Allemagne de tout leur cœur et se tenaient prêts à participer à la guerre, non seulement par la commission d’actes de sabotage et l’instigation de révolutions, mais aussi positivement par la formation d’une légion arabe. Les Arabes pourraient être plus utiles à l’Allemagne en tant qu’alliés que ce qui apparaît à première vue, à la fois pour des raisons géographiques et à cause des souffrances infligées par les Anglais et les juifs. En outre, ils entretenaient des relations étroites avec toutes les nations musulmanes, dont ils pourraient se servir pour la cause commune. La légion arabe serait assez facile à créer. Un appel du Mufti aux pays arabes et aux prisonniers de nationalité arabe, algérienne, tunisienne et marocaine en Allemagne fournirait un grand nombre de volontaires désireux de se battre. Le monde arabe était fermement convaincu de la victoire de l’Allemagne, non seulement parce que le Reich possédait une armée nombreuse, des soldats courageux et des chefs militaires de génie, mais aussi parce que le Tout-Puissant ne pouvait jamais attribuer la victoire à une cause injuste.

Dans cette lutte, les Arabes luttaient pour l’indépendance et l’unité de la Palestine, de la Syrie et de l’Irak. Ils avaient la plus grande confiance dans le Führer et attendaient de sa main le baume sur les blessures qui leur avaient été infligées par les ennemis de l’Allemagne.

Le Mufti a ensuite mentionné la lettre qu’il avait reçue de l’Allemagne, qui affirmait que l’Allemagne ne détenait aucun territoire arabe et comprenait et reconnaissait les aspirations à l’indépendance et à la liberté des Arabes, tout comme elle soutenait l’élimination de la patrie nationale juive. 

Une déclaration publique dans ce sens serait très utile pour son effet propagandiste sur les peuples arabes en ce moment. Cela les réveillerait de leur léthargie momentanée et leur donnerait un nouveau courage. Cela faciliterait aussi le travail du Mufti pour organiser secrètement les Arabes jusqu’au moment où ils pourraient frapper. En même temps, il pouvait donner l’assurance que les Arabes, avec une discipline stricte, attendraient patiemment le bon moment et ne frapperaient que sur un ordre de Berlin. 

En ce qui concerne les événements en Irak, le Mufti a fait observer que les Arabes de ce pays n’avaient nullement été incités par l’Allemagne à attaquer l’Angleterre, mais ils avaient agi uniquement en réaction à une attaque anglaise directe contre leur honneur.

Les Turcs, croyait-il, souhaiteraient la bienvenue à la mise en place
d’un gouvernement arabe dans les territoires voisins parce qu’ils préféreraient des gouvernements arabes faibles à des gouvernements européens forts dans les pays voisins, et étant eux-mêmes une nation de 7 millions d’habitants, ils n’avaient d’ailleurs rien à craindre des 1 700 000 [corrigé dans une note en 17 000 000] Arabes vivant en Syrie, en Transjordanie, en Irak et en Palestine.

La France ne s’opposerait pas non plus au plan d’unification parce qu’elle avait concédé l’indépendance à la Syrie dès 1936 et avait donné dès 1933 son approbation à l’unification de l’Irak et de la Syrie sous le roi Fayçal.

Dans ces circonstances, il renouvelait sa demande au Führer de faire une déclaration publiquepour que les Arabes ne perdent pas l’espoir, qui est une force si puissante dans la vie des nations. Avec un tel espoir dans leur cœur, les Arabes, comme il l’avait dit, étaient prêts à attendre. Ils ne demandaient pas la réalisation immédiate de leurs aspirations ; ils pourraient facilement attendre une demi-année ou une année entière. Mais s’ils n’étaient pas emplis d’un tel espoir par une déclaration de ce genre, on pouvait s’attendre à ce que les Anglais soient les gagnants.

Le Führer a répondu que l’attitude fondamentale de l’Allemagne sur ces questions, comme le Mufti lui-même l’avait déjà déclaré, était claire. L’Allemagne a défendu une guerre intransigeante contre les juifs. Cela incluait naturellement une opposition active à la patrie nationale juive en Palestine, qui n’était rien d’autre qu’un centre, sous la forme d’un État, pour l’exercice d’une influence destructrice des intérêts juifs. L’Allemagne était également consciente que l’affirmation que les juifs exerçaient la fonction de pionniers économiques en Palestine était un mensonge. Le travail était fait seulement par les Arabes, pas par les juifs. L’Allemagne était résolue, étape par étape, à demander aux nations européennes, l’une après l’autre, de résoudre son problème juif et, le moment venu, d’adresser un appel similaire aux nations non européennes. 

L’Allemagne était à l’heure actuelle engagée dans une lutte à mort, pour sa survie, contre deux citadelles du pouvoir juif : la Grande-Bretagne et la Russie soviétique. Théoriquement, il y avait une différence entre le capitalisme anglais et le communisme russe soviétique ; en réalité, cependant, les juifs des deux pays poursuivaient un but commun. C’était la lutte décisive sur le plan politique, elle se présentait essentiellement comme un conflit entre l’Allemagne et l’Angleterre, mais idéologiquement c’était une bataille entre le national-socialisme et les juifs. 

Il va de soi que l’Allemagne fournira une aide positive et pratique aux Arabes engagés dans la même lutte, car les promesses platoniques sont inutiles dans une guerre de survie ou de destruction où les juifs parviennent à mobiliser toute la puissance de l’Angleterre pour leurs fins.

L’aide aux Arabes devrait être une aide matérielle. L’opération en Irak a manifestement démontré à quel point les sympathies seules sont de peu d’effet  dans une telle bataille où les circonstances n’avaient pas permis de fournir une aide réellement efficace et pratique. En dépit de toutes les sympathies, l’aide allemande n’avait pas été suffisante et l’Irak fut vaincu par le pouvoir de la Grande-Bretagne, c’est-à-dire le protecteur des juifs.

Le Mufti ne pouvait cependant que se rendre compte que le résultat de la lutte en cours déciderait aussi du sort du monde arabe. Le Führer devait donc penser et parler froidement et délibérément, en tant qu’homme rationnel et principalement en tant que soldat, en tant que chef des armées allemandes et alliées. Tout ce qui est de nature à aider dans cette bataille titanesque pour la cause commune, et donc aussi pour les Arabes, devrait être fait. Cependant, toute action qui pourrait contribuer à affaiblir la situation militaire doit être mise de côté, aussi impopulaire que soit la décision.

L’Allemagne est maintenant engagée dans de très violents combats pour forcer la porte d’entrée de la région du nord du Caucase. Les difficultés sont principalement le maintien de l’approvisionnement, qui est le plus difficile à cause de la destruction des voies ferrées et des autoroutes, et de l’hiver imminent. Si, à ce moment, le Führer soulevait dans une déclaration le problème de la Syrie, les éléments de la France qui étaient sous l’influence de de Gaulle recevraient de nouvelles forces. Ils interpréteraient la déclaration du Führer comme une intention de briser l’empire colonial de la France et appelleraient leurs compatriotes à préférer faire cause commune avec les Anglais pour tenter de sauver ce qui pouvait encore être sauvé. Une déclaration allemande concernant la Syrie serait interprétée en France comme désignant les colonies françaises en général, ce qui créerait de nouveaux problèmes en Europe occidentale, ce qui signifie qu’une partie des forces armées allemandes seraient immobilisées à l’ouest et ne serait plus disponible pour la campagne dans l’est.

Le Führer fit alors la déclaration suivante au Mufti, lui enjoignant de l’enfermer au plus profond de son cœur : 

  1. Il (le Führer) poursuivrait la bataille pour la destruction totale de l’empire judéo-communiste en Europe. 
  2. À un moment qui était impossible à définir exactement aujourd’hui mais qui, de toute façon, n’était pas loin, les armées allemandes allaient, au cours de cette lutte, atteindre la sortie sud du Caucase. 
  3. Dès que cela se serait produit, le Führer donnerait, lui-même, l’assurance au monde arabe que son heure de libération était arrivée. L’objectif de l’Allemagne serait alors uniquement la destruction de l’élément juif résidant dans la sphère arabe sous la protection du pouvoir britannique. Àce moment là, le Mufti serait le porte-parole le plus autorisé du monde arabe. Ce serait alors sa tâche de déclencher les opérations arabes qu’il avait secrètement préparées.Quand ce moment sera venu, l’Allemagne pourra aussi être indifférente à la réaction française à une telle déclaration.

Une fois que l’Allemagne aura forcé l’ouverture de la route vers l’Iran et l’Irak à travers Rostov, ce sera aussi le début de la fin de l’empire mondial britannique. Il (le Führer) espérait que l’année à venir permettrait à l’Allemagne d’ouvrir la porte du Caucase au Moyen-Orient. Pour le bien de leur cause commune, il vaudrait mieux repousser la proclamation arabe de quelques mois de plus, sinon l’Allemagne se créerait des difficultés sans pouvoir, de ce fait, aider les Arabes.

Il (le Führer) a pleinement apprécié l’empressement des Arabes pour une déclaration publique du genre demandée par le Grand Mufti. Mais il les prierait de considérer que (le Führer) lui-même était le chef d’État du Reich allemand depuis cinq longues années pendant lesquelles il fut incapable de faire à sa propre patrie l’annonce de sa libération. Il a dû attendre pour cela que l’annonce puisse être faite sur la base d’une situation provoquée par la force des armes, que l’Anschluss avait réalisée.

Au moment où les divisions de chars et les escadrilles de l’Allemagne feraient leur apparition au sud du Caucase, l’appel public demandé par le Grand Mufti pourrait être diffusé dans le monde arabe. 

Le Grand Mufti répondit qu’il était d’avis que tout se passerait comme l’avait indiqué le Führer. Il était pleinement rassuré et satisfait des paroles qu’il avait entendues du chef de l’État allemand. Il demande cependant s’il ne serait pas possible, au moins secrètement, de conclure un accord avec l’Allemagne du type de celui qu’il vient d’esquisser avec le Führer.

Le Führer répondit qu’il venait de donner précisément au Grand Mufti cette déclaration confidentielle.

Le Grand Mufti le remercia et déclara en conclusion qu’il prenait congé du Führer en toute confiance et le remercia de nouveau pour l’intérêt manifesté à la cause arabe.

Schmidt [le transcripteur autorisé]

 

La nouvelle Loi fondamentale, un tournant dans l’histoire israélienne

par Piotr Smolar, Jérusalem, correspondant

19 juin 2018

Source : https://mobile.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/07/19/israel-etat-nation-juif-les-dessous-d-une-loi-controversee_5333745_3218.html 

 

Des députés arabes israéliens protestent contre l’adoption d’une loi définissant Israël comme « foyer national du peuple juif » jeudi 19 juillet. Olivier Fitoussi 

 

Il était environ 3 heures du matin, ce jeudi 19 juillet, lorsque l’un des projets de loi les plus symboliques et controversés depuis dix ans en Israël a été adopté. Par 62 voix contre 55, les députés de la Knesset ont donné la force d’une Loi fondamentale – le plus haut degré possible, en l’absence de Constitution – à un texte définissant Israël comme le « foyer national du peuple juif » et précisant ses attributs.

Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a estimé qu’il s’agissait d’un « moment charnière » dans l’histoire du pays. En revanche, Ayman Odeh, le chef de file des députés de la Liste arabe unie, a exprimé l’émoi de la minorité arabe, qui représente 20 % de la population. Le texte, a-t-il estimé, consacre « la suprématie juive, nous disant que nous serons toujours des citoyens de seconde classe ».

 

Hymne, calendrier, fêtes… : une partie consensuelle

La loi comporte un certain nombre d’articles qui ne suscitent pas de polémique, en ne faisant que reprendre des formulations ou des faits établis. Elle accorde uniquement aux juifs le droit à l’autodétermination dans l’Etat d’Israël, « foyer national du peuple juif ». Elle rappelle les symboles nationaux : l’hymne (Hatikvah), le drapeau, l’emblème d’Etat qu’est la menorah à sept branches avec les branches d’olivier, ou encore le calendrier hébraïque. Elle fixe les jours de fêtes d’Etat, comme celle de l’indépendance ou la journée du souvenir en mémoire des disparus pendant les guerres ou lors de l’Holocauste.

En outre, le texte rappelle les liens entre Israël et la diaspora juive dans le monde. L’Etat doit s’assurer de « la sécurité des membres du peuple juif en danger ou en captivité en raison de leur judaïté ou de leur citoyenneté ». Il doit aussi veiller à « renforcer les affinités » entre l’Etat et la diaspora et préserver l’héritage culturel, historique et religieux du peuple juif parmi cette diaspora.

 

Jérusalem, langue arabe… : les dispositions contestées

La loi définit Jerusalem comme « capitale complète et unie » d’Israël. Dans les faits, tous les Israéliens considèrent naturellement Jérusalem comme leur capitale, où se concentrent les lieux de pouvoir comme la résidence du premier ministre, la Knesset et la plupart des administrations centrales. Mais selon le consensus international en vigueur depuis des décennies, le statut final de Jérusalem – où se trouvent notamment les lieux saints des trois grands monothéismes – ne devra être tranché qu’au terme de négociations finales de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Une Loi fondamentale est plus difficile à modifier à la Knesset qu’une loi classique, elle demande à être remplacée par une autre. La droite, par cet article, s’inscrit dans la continuité de la reconnaissance unilatérale historique de Jérusalem comme capitale par les Etats-Unis, en décembre 2017. Ce fait accompli connaît ainsi un prolongement législatif. Or, dans les différents plans de paix étudiés par les deux parties depuis les accords d’Oslo (1993), l’hypothèse d’une capitale pour deux Etats était retenue.

Un autre point très sensible pour la minorité arabe israélienne et les défenseurs des droits de l’homme concerne le statut de la langue arabe, qui est dégradé. Elle n’est plus dorénavant langue d’Etat, au même titre que l’hébreu, mais se voit promettre un vague « statut spécial ».

Enfin, la nouvelle Loi fondamentale se penche sur « le développement des communautés juives », considérées comme « valeur nationale ». Elle affirme que l’Etat « agira pour encourager et promouvoir leur établissement et leur consolidation ».

La formulation initiale de cet article prévoyait la possibilité d’établir des communautés uniquement réservées aux Juifs. Elle avait provoqué de vives critiques de la part du procureur général, Avichaï Mandelblit, de nombreux autres juristes s’émouvant de l’institutionnalisation de la discrimination contre les Arabes. Le président Réouven Rivlin, dans une démarche rare, avait même pris la plume pour alerter les députés.

« Regardez la société israélienne et demandez-vous : au nom de la vision sioniste, sommes-nous prêts à soutenir la discrimination et l’exclusion d’hommes et de femmes sur la base de leur origine ethnique ? »

 

Une inégalité entre citoyens ancrée dans la loi ?

Le mot démocratie est absent de la Loi fondamentale. Mais c’est surtout l’inégalité entre citoyens qui est fustigée par ses critiques. Un seul député du Likoud, Benny Begin, a exprimé de vives réserves et s’est abstenu au moment du vote. « Un patriotisme qui n’est pas associé aux droits de l’homme dégénère en nationalisme », a-t-il averti. Le leader travailliste à la Knesset, Isaac Herzog, a pris la parole devant les députés pour s’émouvoir du déséquilibre que le texte introduisait entre citoyens juifs et non-juifs :

« Nous sommes très attristés du fait que le principe d’égalité, qui a représenté un acquis inestimable dans la défense de la bonne réputation d’Israël, a disparu de cette loi. »

Le député du Likoud qui a porté le texte, Avi Dichter, s’est pour sa part adressé aux députés arabes, selon un compte rendu du site Ynet : « Vous n’étiez pas là avant nous et vous ne serez pas ici après nous. » Le contraste est fort avec la déclaration d’indépendance de 1948, qui proclamait « la fondation de l’Etat juif dans le pays d’Israël », était bien plus ouverte dans ses formulations. Il y était notamment écrit ceci, au sujet de l’égalité des droits entre tous ses citoyens :

« L’Etat d’Israël sera ouvert à l’immigration des juifs de tous les pays où ils sont dispersés ; il développera le pays au bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes d’Israël ; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ; il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture ; il assurera la sauvegarde et l’inviolabilité des Lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions et respectera les principes de la Charte des Nations unies. »

Les magistrats de la Cour suprême auront à présent l’immense responsabilité d’interpréter, au cas par cas, dans les affaires de discrimination collectives ou individuelles, les articles controversés de cette Loi fondamentale.

 

Communiqué de l’UJFP : « Le racisme institutionnalisé en Israël : un crime contre les Palestinien-ne-s et un suicide pour les Juives et Juifs »

Le jeudi 19 juillet 2018, la Knesset (le parlement israélien) a adopté une « Loi fondamentale » définissant l’État d’Israël comme « État-nation du peuple juif ».

On le savait déjà : l’existence de l’État israélien était basée sur une conception ethnico-religieuse puisque n’importe quel Juif peut prétendre à la citoyenneté israélienne et s’établir ainsi en « Eretz Israël » en bénéficiant de plus de toutes sortes d’aides alors que ses habitants autochtones palestiniens soit ont été chassés de Palestine soit doivent subir des dizaines de lois discriminatoires.

Israël se prétendait jusqu’ici un État démocratique, alors que ses institutions pratiquent un racisme cruel non seulement envers les Palestinien-ne-s, traité-e-s en citoyen-ne-s d’un rang inférieur, mais également à l’égard des Juives et Juifs yéménites et éthiopien-ne-s, mizrahim… qui ont subi des traitements dégradants et restent la cible de nombreuses discriminations.

La nouveauté est que cet état de fait est maintenant officialisé dans ce qui ressemble à une loi constitutionnelle contredisant le seul texte fondamental de la déclaration d’indépendance. L’État israélien devient ainsi dans les textes, et non plus seulement dans la pratique, un État d’apartheid. Il n’a jamais été comme chaque État moderne l’État de tous ses citoyens et il ne le sera plus. C’est inscrit dans cette « Loi ».

Cela a des conséquences catastrophiques, non seulement pour le peuple palestinien qui se voit privé ainsi de tous ses droits et pour la paix dans la région mais pour tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, se sentent Juif. Ils seront alors assimilés à ce régime colonial, raciste et oppresseur et cette confusion sciemment entretenue ne pourra qu’alimenter l’antisémitisme.

Ce régime n’a rien à voir avec le judaïsme. Il falsifie l’histoire, la mémoire, les valeurs juives. Où donc est-il écrit que chaque juif peut et doit voler la terre de l’Autre, le Palestinien, le spolier, l’enfermer dans la prison à ciel fermé qu’est devenue Gaza, le tuer impunément lorsqu’il manifeste pacifiquement ? Nulle part ailleurs que dans les écrits délirants des sionistes ! L’imposture de la confusion entre judaïsme et sionisme, aujourd’hui à son paroxysme, a pour but d’enrôler de force les Juives et Juifs, en niant leurs diverses nationalités, dans l’entreprise coloniale et raciste de l’État d’Israël. Netanyahou ne voit la diaspora que comme de la future chair à canon à qui il a annoncé : « On me demande si nous devrons vivre éternellement l’épée à la main ? Je réponds oui ! »

Le temps n’est plus à l’expectative. Le moment est venu pour tous les Juives et Juifs de bonne volonté de se rassembler de s’organiser à tous les niveaux (français, européen et mondial) pour dire :

L’APARTHEID, LE RACISME, LE DÉNI DES DROITS HUMAINS, PAS EN NOTRE NOM !

L’Union Juive Française pour la Paix prendra toute sa part dans cette lutte pour l’égalité des droits !

Venez nous rejoindre pour nous aider dans cette tâche urgente !

Le Bureau national de l’UJFP le 21-07-2018.

How Many Millions of People Have Been Killed in America’s Post-9/11 Wars? – Part One: Iraq

 

By Nicolas J.S. Davies

March 22, 2018

https://consortiumnews.com/2018/03/22/how-many-millions-of-people-have-been-killed-in-americas-post-9-11-wars-part-one-iraq/

 

The numbers of casualties of U.S. wars since Sept. 11, 2001 have largely gone uncounted, but coming to terms with the true scale of the crimes committed remains an urgent moral, political and legal imperative, argues Nicolas J.S. Davies.

By Nicolas J.S. Davies

How many people have been killed in America’s post-9/11 wars? I have been researching and writing about that question since soon after the U.S. launched these wars, which it has tried to justify as a response to terrorist crimes that killed 2,996 people in the U.S. on September 11th 2001.

But no crime, however horrific, can justify wars on countries and people who were not responsible for the crime committed, as former Nuremberg prosecutor Ben Ferencz patiently explained to NPR at the time.

“The Iraq Death Toll 15 Years After the U.S. Invasion” which I co-wrote with Medea Benjamin, estimates the death toll in Iraq as accurately and as honestly as we can in March 2018.  Our estimate is that about 2.4 million people have probably been killed in Iraq as a result of the historic act of aggression committed by the U.S. and U.K. in 2003.  In this report, I will explain in greater detail how we arrived at that estimate and provide some historical context.  In Part 2 of this report, I will make a similar up-to-date estimate of how many people have been killed in America’s other post-9/11 wars.

Mortality Studies vs Passive Reporting

I explored these same questions in Chapter 7 of my book, Blood On Our Hands: the American Invasion and Destruction of Iraq, and in previous articles, from “Burying the Lancet Report… and the Children” in 2005 to “Playing Games With War Deaths” in 2016.

In each of those accounts, I explained that estimates of war deaths regularly published by UN agencies, monitoring groups and the media are nearly all based on fragmentary “passive reporting,” not on comprehensive mortality studies.

Of the countries where the U.S. and its allies have been waging war since 2001, Iraq is the only country where epidemiologists have conducted mortality studies based on the best practices that they have developed and used in other war zones (like Angola, Bosnia, the Democratic Republic of Congo, Guatemala, Kosovo, Rwanda, Sudan and Uganda).  In all these countries, as in Iraq, the results of comprehensive epidemiological studies revealed between 5 and 20 times more deaths than previously published figures based on passive reporting.

Body Count: Casualty Figures After 10 Years of the ‘War on Terror’ , a report published by Physicians for Social Responsibility (PSR) in 2015 found that the 2006 Lancet study was the most comprehensive and reliable mortality study conducted in Iraq, based on its study design, the experience and independence of the research team, the short time elapsed since the deaths it documented and its consistency with other measures of violence in occupied Iraq.  That study estimated that about 601,000 Iraqis were killed in the first 39 months of war and occupation in Iraq, while the war had also caused about 54,000 non-violent deaths.

In the other countries affected by America’s post-9/11 wars, the only reports of how many people have been killed are either compiled by the UN based on investigations of incidents reported to local UN Assistance Missions (as in Iraq and Afghanistan), or by the UN or independent monitoring groups like the Syrian Observatory for Human RightsIraq Body Count (IBC) and Airwars based on passive reports from government agencies, health facilities or local or foreign media.

These passive reports are regularly cited by UN and government agencies, media and even by activists as “estimates” of how many people have been killed, but that is not what they are.  By definition, no compilation of fragmentary reports can possibly be a realistic estimate of all the people killed in a country ravaged by war.

At best, passive reports can reveal a minimum number of war deaths. But that is often such a small fraction of actual deaths that it is highly misleading to cite it as an “estimate” of the total number of people killed. This is why epidemiologists have instead developed scientific sampling methods that they can use to produce accurate estimates of war deaths through statistically valid mortality studies.

The huge disparities epidemiologists have found between the results of mortality studies and passive reporting (between 5:1 and 20:1) have been consistent across many different war zones all over the world. In countries where Western governments are not responsible for the state of war, there has been no political controversy over these results, and they are regularly cited by Western officials and media.

But Western politicians and media have dismissed and marginalized the results of mortality studies in Iraq for political reasons. The U.S. and U.K.’s responsibility for the state of war in Iraq means that the scale of the slaughter is a serious matter of political and criminal responsibility for senior officials who chose to ignore legal advice that the invading Iraq would be “a crime of aggression”.

In 2006, British officials were advised by Sir Roy Anderson, the Chief Scientific Adviser to the U.K.’s Ministry of Defense, that “The (Lancet) study design is robust and employs methods that are regarded as close to ‘best practice’ in this area…”

The BBC obtained copies of emails in which British officials admitted that the study was “likely to be right,” and “the survey methodology used here cannot be rubbished, it is a tried and tested way of measuring mortality in conflict zones.” But the same officials immediately launched a campaign to discredit the study. President George W. Bush publicly declared, “I don’t consider it a credible report,” and the subservient U.S. corporate media quickly dismissed it.

In “Playing Games With War Deaths” in 2016, I concluded, “As with climate change and other issues, UN officials and journalists must overcome political pressures, come to grips with the basic science involved, and stop sweeping the vast majority of the victims of our wars down this Orwellian “memory hole.”

Some have argued that it is not important to know whether our wars have killed tens of thousands of people or millions, since all deaths in war are a tragic loss of life and we should just mourn them, instead of quibbling over numbers. But as the authors of Body Count noted,

“The numbers relayed by the media should in themselves be terrifying enough… But apparently they are still perceived as tolerable and, moreover, easy to explain given the picture of excessive religiously motivated violence.  The figure of 655,000 deaths in the first three war years alone, however, clearly points to a crime against humanity approaching genocide.”

I agree with the authors of Body Count that it makes a difference whether our wars kill millions of people or only ten thousand, as most people in the U.K. and the U.S. seem to believe according to opinion polls.

Most Americans would say that it matters whether Germany’s role in the Second World War led to millions of violent deaths or only ten thousand. Suggesting the latter is actually a crime in Germany and several other countries.

So American politicians, journalists and members of the public who say it doesn’t matter how many Iraqis have been killed are consciously or unconsciously applying a morally untenable double standard to the consequences of our country’s wars precisely because they are our country’s wars.

A War That Keeps Killing

While the 2006 Lancet study of post-invasion mortality in Iraq is recognized by independent experts like the authors of PSR’s Body Count report as the most accurate and reliable estimate of war deaths in any of our post-9/11 wars, it was conducted nearly 12 years ago, after only 39 months of war and occupation in Iraq. Tragically, that was nowhere near the end of the deadly and catastrophic results of the U.S. and U.K.’’s historic act of aggression.

The 2006 Lancet study documented ever-increasing violence in occupied Iraq between 2003 and 2006, and many other metrics indicate that the escalation of violence in Iraq continued at least until the end of the U.S. “surge” in 2007. The tide of mutilated bodies of death squad victims overwhelming morgues in Baghdad did not peak until late 2006 with 1,800 bodies in July and 1,600 in October. Then there was a five-fold increase in the U.S. aerial bombardment of Iraq in 2007, and January 2008 was the heaviest month of U.S. bombing since the invasion in 2003.

This pattern gives credibility to a survey conducted by a respected British polling firm, Opinion Research Business (ORB), in June 2007, one year after the Lancet study, which estimated that 1,033,000 Iraqis had been killed by that time.

The Lancet study estimated that 328,000, or more than half of the violent deaths it counted, had occurred between May 2005 and May/June 2006.  So, if the ORB’s estimate was accurate, it would mean that about another 430,000 Iraqis were killed in the year after the 2006 Lancet study was conducted.

While the figure of a million people killed was shocking, the continuing increase in deaths revealed by the ORB survey was consistent with other measures of the violence of the occupation, which continued to increase in late 2006 and 2007.

Violence in Iraq decreased in 2008 and for several years after that.  But the Special Police death squads recruited, trained and unleashed in Iraq by the Iraqi Interior Ministry, U.S. occupation forces and the CIA between 2004 and 2006 (rebranded as National Police after the exposure of their Al-Jadiriyah torture center in 2005, then as Federal Police in 2009) continued their reign of terror against Sunni Arabs in the North and West of the country.  This generated a resurgence of armed resistance and led to large swathes of Iraq accepting the rule of Islamic State in 2014 as an alternative to the relentless abuses of the corrupt, sectarian Iraqi government and its murderous death squads.

U.K.-based Iraq Body Count (IBC) has compiled passive reports of civilian deaths in Iraq since the invasion, but it had only counted 43,394 deaths by June 2006 when the Lancet study found an estimated 601,000 violent deaths, a ratio of almost 14:1.  Just Foreign Policy (JFP) in the U.S. created an “Iraqi Death Estimator” that updated the Lancet study’s estimate by tracking deaths passively reported by Iraq Body Count and multiplying them by the ratio between the mortality study and IBC’s passive reporting in 2006.

Since IBC is based mainly on reports in English-language media, it may have undercounted deaths even more after 2007 as the the Western media’s interest in Iraq declined.  On the other hand, as it became safer for government officials and journalists to travel around Iraq, its reporting may have improved.  Or perhaps these and other factors balanced each other out, making JFP’s Iraqi Death Estimator quite accurate. It may have become less accurate over time, and it was discontinued in September 2011. By that point, its estimate of Iraqi deaths stood at 1.46 million.

Another mortality study was published in the PLOS medical journal in 2013, covering the period up to 2011. Its lead author told National Geographic its estimate of about 500,000 dead in Iraq was “likely a low estimate.”  The study had a wider margin of error than the 2006 Lancet study, and the survey teams decided it was too dangerous to work in two of the 100 clusters that that were randomly chosen to survey.

The most serious problem with the PLOS study seems to be that so many houses were destroyed or abandoned and so many families wiped out or just disappeared, that nobody was left to report deaths in those families to the survey teams.  At the extreme, houses or entire blocks where everyone had been killed or had fled were recorded as suffering no deaths at all.

After the extreme violence of 2006 and 2007 and several more years of lower level conflict, the effect of destruction and displacement on the PLOS study must have been much greater than in 2006. One in six households in Iraq was forced to move at least once between 2005 and 2010. The UNHCR registered 3 million refugees within or outside the country, but acknowledged that many more were unregistered. The authors added 55,000 deaths to their total to allow for 15% of 2 million refugee households losing one family member each, but they acknowledged that this was very conservative.

The authors of Body Count calculated that, if only 1% of houses surveyed were empty or destroyed and each of these households had lost two family members, this would have increased the PLOS study’s overall mortality estimate by more than 50%. Ignoring the two clusters that in effect represented the most devastated parts of Iraq must have had a similar effect. The cluster sample survey method relies on the effect of surveying a cross-section of different areas, from the worst affected to many that are relatively unscathed and report few or no deaths. Most violent deaths are often concentrated in a small number of clusters, making clusters like the two that were skipped disproportionately important to the accuracy of the final estimate.

Since 2011, a whole new phase of the war has taken place. There was an Arab Spring in Iraq in 2011, but it was ruthlessly suppressed, driving Fallujah and other cities once more into open rebellion. Several major cities fell to Islamic State in 2014, were besieged by Iraqi government forces and then largely destroyed by U.S.-led aerial bombardment and U.S., Iraqi and allied rocket and artillery fire.  Iraq Body Count and the UN Assistance Mission to Iraq have collected passive reports of tens of thousands of civilians killed in this phase of the war.

Former Iraqi foreign minister Hoshyar Zebari told Patrick Cockburn of the U.K.’s Independent newspaper that Iraqi Kurdish intelligence reports estimated that at least 40,000 civilians were killed in the bombardment of Mosul alone. Zebari said that there were probably many more bodies buried in the rubble, implying that the reports he saw were of actual bodies found and buried up to that point.

A recent project to remove rubble and recover bodies in just one neighborhood of Mosul yielded another 3,353 bodies, of whom 20% appeared to be IS fighters and 80% were civilians. Another 11,000 people are still reported as missing by their families in Mosul.

IBC has now updated its death count for the period up to June 2006 to 52,209, reducing its ratio to violent deaths in the 2006 Lancet study to 11.5:1. If we apply the method of JFP’s Iraqi Death Estimator from July 2007 to the present using that updated ratio, and add it to ORB’s estimate of 1.03 million killed by June 2007, we can arrive at a current estimate of the total number of Iraqis killed since 2003.  This cannot possibly be as accurate as a comprehensive new mortality study.But, in my judgment, this is the most accurate estimate we can make based on what we do know.

That gives us an estimate of 2.38 million Iraqis killed since 2003, as a result of the criminal American and British invasion of Iraq.

Minimum and Maximum Range  

With significant uncertainty underlying this estimate, it is also important to calculate a minimum and a maximum number based on possible variations in the numbers involved.

To arrive at a minimum and maximum number of people that may have been killed in Iraq, we can start with the minimum and maximum numbers of violent deaths that were each established with 97.5% probability by the 2006 Lancet study, which were 426,000 and 794,000. ORB in 2007 gave a narrower range for its minimum and maximum based on its larger sample size, but ORB was not considered as rigorous as the Lancet study in other ways.  If we apply the same margins as in the Lancet study to the ORB study‘s main estimate, that gives us a minimum of 730,000 and a maximum of 1.36 million people killed by June 2007.

To update those minimum and maximum figures to the present time using a variation of Just Foreign Policy’s method, we must also allow for changes in the ratio between IBC’s tally of deaths and the actual number of people killed. The ratios of the Lancet study’s minimum and maximum figures to IBC’s revised count for June 2006 are about 8:1 and 15:1 respectively.

These ratios are well within the ratios between comprehensive mortality studies and passive reporting found in other war zones around the world, which have varied from 5:1 to 20:1, as I noted earlier. But maybe IBC has counted more or less of the actual deaths since 2006 than than it did before. It must surely have tried to keep improving the scope of its data collection. On the other hand, in the most recent phase of the war, many people were killed by U.S.-led bombing and shelling in areas ruled by Islamic State, where people were punished or even executed for trying to communicate with the outside world.  So IBC’s data for this period may be more fragmentary than ever.

To arrive at a realistic minimum and maximum, we must allow for both these possibilities.  IBC’s 8:1 ratio to the Lancet study’s minimum number killed by 2006 may have fallen closer to the historic minimum ratio of 5:1, or its 15:1 ratio to the Lancet study’s maximum number in 2006 may have risen closer to the historic maximum of 20:1. Using a ratio of 6.5:1 to arrive at the minimum number of deaths and 17.5:1 for the maximum allows for a lower minimum and a higher maximum than in 2006, without equaling the most extreme ratios ever seen in other conflicts. That gives us a minimum of 760,000 Iraqis killed since July 2007, and a maximum of 2.04 million.

Adding these figures to the minimums and maximums we calculated for the period up to June 2007 gives us total minimum and maximum figures for the entire period since the U.S.-U.K. invasion of Iraq in 2003.  We can estimate that the number of Iraqis killed as a consequence of the illegal invasion of their country must be somewhere between 1.5 million and 3.4 million.  As is generally the case with such statistical ranges, the actual number of people killed is likely to be closer to our main estimate of 2.38 million than to either the minimum or maximum end of this range.

Call for a New Mortality Study in Iraq

It is very important that the public health community provide the world with accurate and up-to-date mortality surveys of Iraq and other post-9/11 war zones.

A new mortality study for Iraq must find a way to survey even the most dangerous areas, and it must finally develop realistic procedures to estimate deaths in cases where entire families have been killed, or where houses or apartments have been destroyed or abandoned.  This factor has been identified as a potential flaw in every mortality study in Iraq since 2004, and it is one that only becomes more significant as time passes.  This cannot be ignored, and neither should compensating for it be left to guesswork.

Survey teams could compile records of empty and destroyed homes within the clusters they are surveying, and they could ask neighbors about empty or destroyed houses where large numbers of people or entire families may have been killed. They could also survey refugees and internally displaced people to estimate deaths among these populations.

Epidemiologists have overcome very serious dangers and difficulties to develop techniques to accurately measure the human cost of war. Their work must continue, and it must keep developing and improving. They must overcome powerful political pressures, including from the guilty parties responsible for the carnage in the first place, to politicize and discredit their incredibly difficult but noble and vital work.

On the 15th anniversary of the illegal invasion of Iraq, the Center for Constitutional Rights in the U.S. renewed its call for the U.S. to pay war reparations to the people of Iraq. This is one way countries that are guilty of aggression and other war crimes have traditionally fulfilled their collective responsibility for the death and destruction they have caused.

In Blood On Our Hands, I concluded my account of the U.S. war in Iraq with a similar call for war reparations, and for war crimes prosecutions of the senior U.S. and U.K. civilian and military officials responsible for the “supreme international crime” of aggression and other systematic war crimes in Iraq.

Coming to terms with the true scale of the crimes committed remains an urgent moral, political and legal imperative for the people of Iraq, the United States, the United Kingdom, and for the whole world. The world will never hold major American and British war criminals accountable for their crimes as long as the public does not understand the full scale and horror of what they have done. And the world will not know peace as long as the most powerful aggressors can count on impunity for “the supreme international crime.”

 

How Many People Has the U.S. Killed in its Post-9/11 Wars? Part 2: Afghanistan and Pakistan

By Nicolas J.S. Davies

April 3, 2018

https://www.bing.com/search?q=How+Many+Millions+of+People+Have+Been+Killed+in+America%e2%80%99s+Post-9%2f11+Wars%3f+%e2%80%93+Part+Two&pc=cosp&ptag=G6C999N0588D010517A316A5D3C6E&conlogo=CT3210127&first=11&FORM=PERE

The numbers of casualties of U.S. wars since Sept. 11, 2001 have largely gone uncounted, but coming to terms with the true scale of the crimes committed remains an urgent moral, political and legal imperative, argues Nicolas J.S. Davies, in part two of his series.

In the first part of this series, I estimated that about 2.4 million Iraqis have been killed as a result of the illegal invasion of their country by the United States and the United Kingdom in 2003. I turn now to Afghan and Pakistani deaths in the ongoing 2001 U.S. intervention in Afghanistan. In part three, I will examine U.S.-caused war deaths in Libya, Somalia, Syria and Yemen.  According to Ret. U.S. General Tommy Franks, who led the war against the Taliban in Afghanistan in reaction to 9/11, the U.S. government does not keep track of civilian casualties that it causes. “You know, we don’t do body counts,” Franks once said. Whether that’s true or a count is covered up is difficult to know.

As I explained in part one, the U.S. has attempted to justify its invasions of Afghanistan and several other countries as a legitimate response to the terrorist crimes of 9/11. But the U.S. was not attacked by another country on that day, and no crime, however horrific, can justify 16 years of war – and counting – against a series of countries that did not attack the U.S.

As former Nuremberg prosecutor Benjamin Ferencz told NPR a week after the terrorist attacks, they were crimes against humanity, but not “war crimes,” because the U.S. was not at war. “It is never a legitimate response to punish people who are not responsible for the wrong done.” Ferencz explained. “We must make a distinction between punishing the guilty and punishing others. If you simply retaliate en masse by bombing Afghanistan, let us say, or the Taliban, you will kill many people who don’t believe in what has happened, who don’t approve of what has happened.”

As Ferencz predicted, we have killed “many people” who had nothing to do with the crimes of September 11. How many people? That is the subject of this report.

Afghanistan

In 2011, award-winning investigative journalist Gareth Porter was researching night raids by U.S. special operations forces in Afghanistan for his article, “How McChrystal and Petraeus Built an Indiscriminate Killing Machine.”  The expansion of night raids from 2009 to 2011 was a central element in Barack Obama’s escalation of the U.S. War in Afghanistan.  Porter documented a gradual 50-fold ramping up from 20 raids per month in May 2009 to over 1,000 raids per month by April 2011.

But strangely, the UN Assistance Mission to Afghanistan (UNAMA) reported a decrease in the numbers of civilians killed by U.S. forces in Afghanistan in 2010, including a decrease in the numbers of civilians killed in night raids from 135 in 2009 to only 80 in 2010.

UNAMA’s reports of civilian deaths are based on investigations by the Afghanistan Independent Human Rights Commission (AIHRC), so Noori Shah Noori, an Afghan journalist working with Porter on the article, interviewed Nader Nadery, a Commissioner of the AIHRC, to find out what was going on.

Nadery explained to Noori, “…that that figure represented only the number of civilian deaths from 13 incidents that had been fully investigated.  It excluded the deaths from 60 other incidents in which complaints had been received, but had not yet been thoroughly investigated.”

“Nadery has since estimated that the total civilian deaths for all 73 night raids about which it had complaints was 420,” Porter continued. “But the AIHRC admits that it does not have access to most of the districts dominated by the Taliban and that people in those districts are not aware of the possibility of complaining to the Commission about night raids.  So, neither the AIHRC nor the United Nations learns about a significant proportion – and very likely the majority – of night raids that end in civilian deaths.”

UNAMA has since updated its count of civilians killed in U.S. night raids in 2010 from 80 to 103, still nowhere close to Nadery’s estimate of 420.  But as Nadery explained, even that estimate must have been a small fraction of the number of civilian deaths in about 5,000 night raids that year, most of which were probably conducted in areas where people have no contact with UNAMA or the AIHRC.

As senior U.S. military officers admitted to Dana Priest and William Arkin of The Washington Post, more than half the raids conducted by U.S. special operations forces target the wrong person or house, so a large increase in civilian deaths was a predictable and expected result of such a massive expansion of these deadly “kill or capture” raids.

The massive escalation of U.S. night raids in 2010 probably made it an exceptional year, so it is unlikely that UNAMA’s reports regularly exclude as many uninvestigated reports of civilian deaths as in 2010.  But on the other hand, UNAMA’s annual reports never mention that their figures for civilian deaths are based only on investigations completed by the AIHRC, so it is unclear how unusual it was to omit 82 percent of reported incidents of civilian deaths in U.S. night raids from that year’s report.

We can only guess how many reported incidents have been omitted from UNAMA’s other annual reports since 2007, and, in any case, that would still tell us nothing about civilians killed in areas that have no contact with UNAMA or the AIHRC.

In fact, for the AIHRC, counting the dead is only a by-product of its main function, which is to investigate reports of human rights violations in Afghanistan.  But Porter and Noori’s research revealed that UNAMA’s reliance on investigations completed by the AIHRC as the basis for definitive statements about the number of civilians killed in Afghanistan in its reports has the effect of sweeping an unknown number of incomplete investigations and unreported civilian deaths down a kind of “memory hole,” writing them out of virtually all published accounts of the human cost of the war in Afghanistan.

UNAMA’s annual reports even include colorful pie-charts to bolster the false impression that these are realistic estimates of the number of civilians killed in a given year, and that pro-government forces and foreign occupation forces are only responsible for a small portion of them.

UNAMA’s systematic undercounts and meaningless pie-charts become the basis for headlines and news stories all over the world.  But they are all based on numbers that UNAMA and the AIHRC know very well to be a small fraction of civilian deaths in Afghanistan.  It is only a rare story like Porter’s in 2011 that gives any hint of this shocking reality.

In fact, UNAMA’s reports reflect only how many deaths the AIHRC staff have investigated in a given year, and may bear little or no relation to how many people have actually been killed. Seen in this light, the relatively small fluctuations in UNAMA’s reports of civilian deaths from year to year in Afghanistan seem just as likely to represent fluctuations in resources and staffing at the AIHRC as actual increases or decreases in the numbers of people killed.

If only one thing is clear about UNAMA’s reports of civilian deaths, it is that nobody should ever cite them as estimates of total numbers of civilians killed in Afghanistan – least of all UN and government officials and mainstream journalists who, knowingly or not, mislead millions of people when they repeat them.

Estimating Afghan Deaths Through the Fog of Official Deception

So the most widely cited figures for civilian deaths in Afghanistan are based, not just on “passive reporting,” but on misleading reports that knowingly ignore many or most of the deaths reported by bereaved families and local officials, while many or most civilian deaths are never reported to UNAMA or the AIHCR in the first place. So how can we come up with an intelligent or remotely accurate estimate of how many civilians have really been killed in Afghanistan?

Body Count: Casualty Figures After 10 Years of the “War On Terror”, published in 2015 by Physicians for Social Responsibility (PSR), a co-winner of the 1985 Nobel Peace Prize, estimated deaths of combatants and civilians in Afghanistan based on UNAMA’s reports and other sources.  Body Count’s figures for numbers of Afghan combatants killed seem more reliable than UNAMA’s undercounts of civilian deaths.

The Afghan government reported that 15,000 of its soldiers and police were killed through 2013.  The authors of Body Count took estimates of Taliban and other anti-government forces killed in 2001, 2007 and 2010 from other sources and extrapolated to years for which no estimates were available, based on other measures of the intensity of the conflict (numbers of air strikes, night raids etc,).  They estimated that 55,000 “insurgents” were killed by the end of 2013.

The years since 2013 have been increasingly violent for the people of Afghanistan.  With reductions in U.S. and NATO occupation forces, Afghan pro-government forces now bear the brunt of combat against their fiercely independent countrymen, and another 25,000 soldiers and police have been killed since 2013, according to my own calculations from news reports and this study by the Watson Institute at Brown University.

If the same number of anti-government fighters have been killed, that would mean that at least 120,000 Afghan combatants have been killed since 2001.  But, since pro-government forces are armed with heavier weapons and are still backed by U.S. air support, anti-government losses are likely to be greater than those of government troops.  So a more realistic estimate would be that between 130,000 and 150,000 Afghan combatants have been killed.

The more difficult task is to estimate how many civilians have been killed in Afghanistan through the fog of UNAMA’s misinformation.  UNAMA’s passive reporting has been deeply flawed, based on completed investigations of as few as 18 percent of reported incidents, as in the case of night raid deaths in 2010, with no reports at all from large parts of the country where the Taliban are most active and most U.S. air strikes and night raids take place. The Taliban appear to have never published any numbers of civilian deaths in areas under its control, but it has challenged UNAMA’s figures.

There has been no attempt to conduct a serious mortality study in Afghanistan like the 2006 Lancet study in Iraq.  The world owes the people of Afghanistan that kind of serious accounting for the human cost of the war it has allowed to engulf them.  But it seems unlikely that that will happen before the world fulfills the more urgent task of ending the now 16-year-old war.

Body Count took estimates by Neta Crawford and the Costs of War project at Boston University for 2001-6, plus the UN’s flawed count since 2007, and multiplied them by a minimum of 5 and a maximum of 8, to produce a range of 106,000 to 170,000 civilians killed from 2001 to 2013.  The authors seem to have been unaware of the flaws in UNAMA’s reports revealed to Porter and Noori by Nadery in 2011.

But Body Count did acknowledge the very conservative nature of its estimate, noting that, “compared to Iraq, where urbanization is more pronounced, and monitoring by local and foreign press is more pronounced than in Afghanistan, the registration of civilian deaths has been much more fragmentary.”

In my 2016 article, “Playing Games With War Deaths,” I suggested that the ratio of passive reporting to actual civilian deaths in Afghanistan was therefore more likely to fall between the ratios found in Iraq in 2006 (12:1) and Guatemala at the end of its Civil War in 1996 (20:1).

Mortality in Guatemala and Afghanistan

In fact, the geographical and military situation in Afghanistan is more analogous to Guatemala, with many years of war in remote, mountainous areas against an indigenous civilian population who have taken up arms against a corrupt, foreign-backed central government.

The Guatemalan Civil War lasted from 1960 to 1996.  The deadliest phase of the war was unleashed when the Reagan administration restored U.S. military aid to Guatemala in 1981,after a meeting between former Deputy CIA Director Vernon Walters and President Romeo Lucas García, in Guatemala.

U.S. military adviser Lieutenant Colonel George Maynes and President Lucas’s brother, General Benedicto Lucas, planned a campaign called Operation Ash, in which 15,000 Guatemalan troops swept through the Ixil region massacring indigenous communities and burning hundreds of villages.

CIA documents that Robert Parry unearthed at the Reagan library and in other U.S. archives specifically defined the targets of this campaign to include “the civilian support mechanism” of the guerrillas, in effect the entire rural indigenous population.  A CIA report from February 1982 described how this worked in practice in Ixil:

“The commanding officers of the units involved have been instructed to destroy all towns and villages which are cooperating with the Guerrilla Army of the Poor [the EGP] and eliminate all sources of resistance,” the report said. “Since the operation began, several villages have been burned to the ground, and a large number of guerrillas and collaborators have been killed.”

Guatemalan President Rios Montt, who died on Sunday, seized power in a coup in 1983 and continued the campaign in Ixil. He was prosecuted for genocide, but neither Walters, Mayne nor any other American official have been charged for helping to plan and support the mass killings in Guatemala.

At the time, many villages in Ixil were not even marked on official maps and there were no paved roads in this remote region (there are still very few today).  As in Afghanistan, the outside world had no idea of the scale and brutality of the killing and destruction.

One of the demands of the Guerrilla Army of the Poor (EGP), the Revolutionary Organization of Armed People (ORPA) and other revolutionary groups in the negotiations that led to the 1996 peace agreement in Guatemala was for a genuine accounting of the reality of the war, including how many people were killed and who killed them.

The UN-sponsored Historical Clarification Commission documented 626 massacres, and found that about 200,000 people had been killed in Guatemala’s civil war.  At least 93 percent were killed by U.S.-backed military forces and death squads and only 3 percent by the guerrillas, with 4 percent unknown.  The total number of people killed was 20 times previous estimates based on passive reporting.

Mortality studies in other countries (like Angola, Bosnia, the Democratic Republic of Congo, Iraq, Kosovo, Rwanda, Sudan and Uganda) have never found a larger discrepancy between passive reporting and mortality studies than in Guatemala.

Based on the discrepancy between passive reporting in Guatemala and what the U.N. ultimately found there, UNAMA appears to have reported less than 5 percent of actual civilian deaths in Afghanistan, which would be unprecedented.

Costs of War and UNAMA have counted 36,754 civilian deaths up to the end of 2017.  If these (extremely) passive reports represent 5 percent of total civilian deaths, as in Guatemala, the actual death toll would be about 735,000.  If UNAMA has in fact eclipsed Guatemala’s previously unsurpassed record of undercounting civilian deaths and only counted 3 or 4 percent of actual deaths, then the real total could be as high as 1.23 million.  If the ratio were only the same as originally found in Iraq in 2006 (14:1 – before Iraq Body Count revised its figures), it would be only 515,000.

Adding these figures to my estimate of Afghan combatants killed on both sides, we can make a rough estimate that about 875,000 Afghans have been killed since 2001, with a minimum of 640,000 and a maximum of 1.4 million.

Pakistan

The U.S. expanded its war in Afghanistan into Pakistan in 2004.  The CIA began launching drone strikes, and the Pakistani military, under U.S. pressure, launched a military campaign against militants in South Waziristan suspected of links to Al Qaeda and the Afghan Taliban.  Since then, the U.S. has conducted at least 430 drone strikes in Pakistan, according to the Bureau of Investigative Journalism, and the Pakistani military has conducted several operations in areas bordering Afghanistan.

The beautiful Swat valley (once called “the Switzerland of the East” by the visiting Queen Elizabeth of the U.K.) and three neighboring districts were taken over by the Pakistani Taliban between 2007 and 2009.  They were retaken by the Pakistani Army in 2009 in a devastating military campaign that left 3.4 million people as refugees.

The Bureau of Investigative Journalism reports that 2,515 to 4,026 people have been killed in U.S. drone strikes in Pakistan, but that is a small fraction of total war deaths in Pakistan.  Crawford and the Costs of War program at Boston University estimated the number of Pakistanis killed at about 61,300 through August 2016, based mainly on reports by the Pak Institute for Peace Studies (PIPS) in Islamabad and the South Asia Terrorism Portal (SATP) in New Delhi.  That included 8,200 soldiers and police, 31,000 rebel fighters and 22,100 civilians.

Costs of War’s estimate for rebel fighters killed was an average of 29,000 reported by PIPS and 33,000 reported by SATP, which SATP has since updated to 33,950.  SATP has updated its count of civilian deaths to 22,230.

If we accept the higher of these passively reported figures for the numbers of combatants killed on both sides and use historically typical 5:1 to 20:1 ratios to passive reports to generate a minimum and maximum number of civilian deaths, that would mean that between 150,000 and 500,000 Pakistanis have been killed.

A reasonable mid-point estimate would be that about 325,000 people have been killed in Pakistan as a result of the U.S. War in Afghanistan spilling across its borders.

Combining my estimates for Afghanistan and Pakistan, I estimate that about 1.2 million Afghans and Pakistanis have been killed as a result of the U.S. invasion of Afghanistan in 2001.

 

How Many Millions Have Been Killed in America’s Post-9/11 Wars? Part 3: Libya, Syria, Somalia and Yemen

By Nicolas J S Davies Special to Consortium News

April 25, 2018

April 25, 2018

https://www.bing.com/search?q=Nicolas%20J.S.%20Davies%2C%20Consortium%20News%2C%20How%20Many%20People%20Has%20the%20U.S.%20Killed%20in%20its%20Post-9%2F11%20Wars%3F%20Part%203%2C%20Libya&pc=cosp&ptag=G6C999N0588D010517A316A5D3C6E&form=CONBDF&conlogo=CT3210127

In the third and final part of his series, Nicolas JS Davies investigates the death toll of U.S. covert and proxy wars in Libya, Syria, Somalia and Yemen and underscores the importance of comprehensive war mortality studies.

 

In the first two parts of this report, I have estimated that about 2.4 million people have been killed as a result of the U.S. invasion of Iraq, while about 1.2 million have been killed in Afghanistan and Pakistan as a result of the U.S.-led war in Afghanistan.  In the third and final part of this report, I will estimate how many people have been killed as a result of U.S. military and CIA interventions in Libya, Syria, Somalia and Yemen.

Of the countries that the U.S. has attacked and destabilized since 2001, only Iraq has been the subject of comprehensive “active” mortality studies that can reveal otherwise unreported deaths. An “active” mortality study is one that “actively” surveys households to find deaths that have not previously been reported by news reports or other published sources.

These studies are often carried out by people who work in the field of public health, like Les Roberts at Columbia University, Gilbert Burnham at Johns Hopkins and Riyadh Lafta at Mustansiriya University in Baghdad, who co-authored the 2006 Lancet study of Iraq war mortality.  In defending their studies in Iraq and their results, they emphasized that their Iraqi survey teams were independent of the occupation government and that that was an important factor in the objectivity of their studies and the willingness of people in Iraq to talk honestly with them.

Comprehensive mortality studies in other war-torn countries (like Angola, Bosnia, the Democratic Republic of Congo, Guatemala, Iraq, Kosovo, Rwanda, Sudan and Uganda) have revealed total numbers of deaths that are 5 to 20 times those previously revealed by “passive” reporting based on news reports, hospital records and/or human rights investigations.

In the absence of such comprehensive studies in Afghanistan, Pakistan, Libya, Syria, Somalia and Yemen, I have evaluated passive reports of war deaths and tried to assess what proportion of actual deaths these passive reports are likely to have counted by the methods they have used, based on ratios of actual deaths to passively reported deaths found in other war-zones.

I have only estimated violent deaths.  None of my estimates include deaths from the indirect effects of these wars, such as the destruction of hospitals and health systems, the spread of otherwise preventable diseases and the effects of malnutrition and environmental pollution, which have also been substantial in all these countries.

For Iraq, my final estimate of about 2.4 million people killed was based on accepting the estimates of the 2006 Lancet studyand the 2007 Opinion Research Business (ORB) survey, which were consistent with each other, and then applying the same ratio of actual deaths to passively reported deaths (11.5:1) as between the Lancet study and Iraq Body Count (IBC) in 2006 to IBC’s count for the years since 2007.

For Afghanistan, I estimated that about 875,000 Afghans have been killed.  I explained that the annual reports on civilian casualties by the UN Assistance Mission to Afghanistan (UNAMA) are based only on investigations completed by the Afghanistan Independent Human Rights Commission (AIHRC), and that they knowingly exclude large numbers of reports of civilian deaths that the AIHRC has not yet investigated or for which it has not completed its investigations.  UNAMA’s reports also lack any reporting at all from many areas of the country where the Taliban and other Afghan resistance forces are active, and where many or most U.S. air strikes and night raids therefore take place.

I concluded that UNAMA’s reporting of civilian deaths in Afghanistan appears to be as inadequate as the extreme under-reporting found at the end of the Guatemalan Civil War, when the UN-sponsored Historical Verification Commission revealed 20 times more deaths than previously reported.

For Pakistan, I estimated that about 325,000 people had been killed.  That was based on published estimates of combatant deaths, and on applying an average of the ratios found in previous wars (12.5:1) to the number of civilian deaths reported by the South Asia Terrorism Portal (SATP) in India.

Estimating Deaths in Libya, Syria, Somalia and Yemen

In the third and final part of this report, I will estimate the death toll caused by U.S. covert and proxy wars in Libya, Syria, Somalia and Yemen.

Senior U.S. military officers have hailed the U.S. doctrine of covert and proxy war that found its full flowering under the Obama administration as a “disguised, quiet, media-free” approach to war, and have traced the development of this doctrine back to U.S. wars in Central America in the 1980s.  While the U.S. recruitment, training, command and control of death squads in Iraq was dubbed “the Salvador Option,” U.S. strategy in Libya, Syria, Somalia and Yemen has in fact followed this model even more closely.

These wars have been catastrophic for the people of all these countries, but the U.S.’s “disguised, quiet, media-free” approach to them has been so successful in propaganda terms that most Americans know very little about the U.S. role in the intractable violence and chaos that has engulfed them.

The very public nature of the illegal but largely symbolic missile strikes on Syria on April 14, 2018 stands in sharp contrast to the “disguised, quiet, media-free” U.S.-led bombing campaign that has destroyed Raqqa, Mosul and several other Syrian and Iraqi cities with more than 100,000 bombs and missiles since 2014.

The people of Mosul, Raqqa, Kobane, Sirte, Fallujah, Ramadi, Tawergha and Deir Ez-Zor have died like trees falling in a forest where there were no Western reporters or TV crews to record their massacres.  As Harold Pinter asked of earlier U.S. war crimes in his 2005 Nobel acceptance speech,

“Did they take place?  And are they in all cases attributable to U.S. foreign policy?  The answer is yes, they did take place, and they are in all cases attributable to American foreign policy. But you wouldn’t know it.  It never happened. Nothing ever happened. Even while it was happening, it wasn’t happening. It didn’t matter. It was of no interest.”

For more detailed background on the critical role the U.S. has played in each of these wars, please read my article, “Giving War Too Many Chances,” published in January 2018.

Libya

The only legal justification for NATO and its Arab monarchist allies to have dropped at least 7,700 bombs and missiles on Libya and invaded it with special operations forces beginning in February 2011 was UN Security Council resolution 1973, which authorized “all necessary measures” for the narrowly defined purpose of protecting civilians in Libya.

But the war instead killed far more civilians than any estimate of the number killed in the initial rebellion in February and March 2011, which ranged from 1,000 (a UN estimate) to 6,000 (according to the Libyan Human Rights League).  So the war clearly failed in its stated, authorized purpose, to protect civilians, even as it succeeded in a different and unauthorized one: the illegal overthrow of the Libyan government.

SC resolution 1973 expressly prohibited “a foreign occupation force of any form on any part of Libyan territory.”  But NATO and its allies launched a covert invasion of Libya by thousands of Qatari and Western special operations forces, who planned the rebels’ advance across the country, called in air strikes against government forces and led the final assault on the Bab al-Aziziya military headquarters in Tripoli.

Qatari Chief of Staff Major General Hamad bin Ali al-Atiya, proudly told AFP,

“We were among them and the numbers of Qataris on the ground were in the hundreds in every region.  Training and communications had been in Qatari hands. Qatar… supervised the rebels’ plans because they are civilians and did not have enough military experience. We acted as the link between the rebels and NATO forces.”

There are credible reports that a French security officer may even have delivered the coup de grace that killed Libyan leader Muammar Gaddafi, after he was captured, tortured and sodomized with a knife by the “NATO rebels.”

A parliamentary Foreign Affairs Committee inquiry in the U.K. in 2016 concluded that a “limited intervention to protect civilians drifted into an opportunistic policy of regime change by military means,” resulting in, “political and economic collapse, inter-militia and inter-tribal warfare, humanitarian and migrant crises, widespread human rights violations, the spread of Gaddafi regime weapons across the region and the growth of Isil [Islamic State] in north Africa.”

Passive Reports of Civilian Deaths in Libya

Once the Libyan government was overthrown, journalists tried to inquire about the sensitive subject of civilian deaths, which was so critical to the legal and political justifications for the war.  But the National Transitional Council (NTC), the unstable new government formed by Western-backed exiles and rebels, stopped issuing public casualty estimates and ordered hospital staff not to release information to reporters.

In any case, as in Iraq and Afghanistan, morgues were overflowing during the war and many people buried their loved ones in their backyards or wherever they could, without taking them to hospitals.

A rebel leader estimated in August 2011 that 50,000 Libyans had been killed.  Then, on September 8th 2011, Naji Barakat, the NTC’s new health minister, issued a statement that 30,000 people had been killed and another 4,000 were missing, based on a survey of hospitals, local officials and rebel commanders in the majority of the country that the NTC by then controlled.  He said it would take several more weeks to complete the survey, so he expected the final figure to be higher.

Barakat’s statement did not include separate counts of combatant and civilian deaths.  But he said that about half of the 30,000 reported dead were troops loyal to the government, including 9,000 members of the Khamis Brigade, led by Gaddafi’s son Khamis.  Barakat asked the public to report deaths in their families and details of missing persons when they came to mosques for prayers that Friday. The NTC’s estimate of 30,000 people killed appeared to consist mainly of combatants on both sides.

The most comprehensive survey of war deaths since the end of the 2011 war in Libya was an “epidemiological community-based study” titled “Libyan Armed Conflict 2011: Mortality, Injury and Population Displacement.”  It was authored by three medical professors from Tripoli, and published in the African Journal of Emergency Medicine in 2015.

The authors took records of war deaths, injuries and displacement collected by the Ministry of Housing and Planning, and sent teams to conduct face-to-face interviews with a member of each family to verify how many members of their household were killed, wounded or displaced.  They did not try to separate the killing of civilians from the deaths of combatants.

Nor did they try to statistically estimate previously unreported deaths through the “cluster sample survey” method of the Lancet study in Iraq.  But the Libyan Armed Conflict study is the most complete record of confirmed deaths in the war in Libya up to February 2012, and it confirmed the deaths of at least 21,490 people.

In 2014, the ongoing chaos and factional fighting in Libya flared up into what Wikipedia now calls a second Libyan Civil War. A group called Libya Body Count (LBC) began tabulating violent deaths in Libya, based on media reports, on the model of Iraq Body Count (IBC).  But LBC only did so for three years, from January 2014 until December 2016.  It counted 2,825 deaths in 2014, 1,523 in 2015 and 1,523 in 2016. (The LBC website says it was just a coincidence that the number was identical in 2015 and 2016.)

The U.K.-based Armed Conflict Location and Event Data (ACLED) project has also kept a count of violent deaths in Libya.  ACLED counted 4,062 deaths in 2014-6, compared with 5,871 counted by Libya Body Count.  For the remaining periods between March 2012 and March 2018 that LBC did not cover, ACLED has counted 1,874 deaths.

If LBC had covered the whole period since March 2012, and found the same proportionally higher number than ACLED as it did for 2014-6, it would have counted 8,580 people killed.

Estimating How Many People Have Really Been Killed in Libya

Combining the figures from the Libyan Armed Conflict 2011 study and our combined, projected figure from Libya Body Count and ACLED gives a total of 30,070 passively reported deaths since February 2011.

The Libyan Armed Conflict (LAC) study was based on official records in a country that had not had a stable, unified government for about 4 years, while Libya Body Count was a fledgling effort to emulate Iraq Body Count that tried to cast a wider net by not relying only on English-language news sources.

In Iraq, the ratio between the 2006 Lancet study and Iraq Body Count was higher because IBC was only counting civilians, while the Lancet study counted Iraqi combatants as well as civilians.  Unlike Iraq Body Count, both our main passive sources in Libya counted both civilians and combatants.  Based on the one-line descriptions of each incident in the Libya Body Countdatabase, LBC’s total appears to include roughly half combatants and half civilians.

Military casualties are generally counted more accurately than civilian ones, and military forces have an interest in accurately assessing enemy casualties as well as identifying their own. The opposite is true of civilian casualties, which are nearly always evidence of war crimes that the forces who killed them have a strong interest in suppressing.

So, in Afghanistan and Pakistan, I treated combatants and civilians separately, applying typical ratios between passive reporting and mortality studies only to civilians, while accepting reported combatant deaths as they were passively reported.

But the forces fighting in Libya are not a national army with the strict chain of command and organizational structure that results in accurate reporting of military casualties in other countries and conflicts, so both civilian and combatant deaths appear to be significantly under-reported by my two main sources, the Libya Armed Conflict study and Libya Body Count.  In fact, the National Transitional Council’s (NTC) estimates  from August and September 2011 of 30,000 deaths were already much higher than the numbers of war deaths in the LAC study.

When the 2006 Lancet study of mortality in Iraq was published, it revealed 14 times the number of deaths counted in Iraq Body Count’s list of civilian deaths.  But IBC later discovered more deaths from that period, reducing the ratio between the Lancet study’s estimate and IBC’s revised count to 11.5:1.

The combined totals from the Libya Armed Conflict 2011 study and Libya Body Count appear to be a larger proportion of total violent deaths than Iraq Body Count has counted in Iraq, mainly because LAC and LBC both counted combatants as well as civilians, and because Libya Body Count included deaths reported in Arabic news sources, while IBC relies almost entirely on English language news sources and generally requires “a minimum of two independent data sources” before recording each death.

In other conflicts, passive reporting has never succeeded in counting more than a fifth of the deaths found by comprehensive, “active” epidemiological studies.  Taking all these factors into account, the true number of people killed in Libya appears to be somewhere between five and twelve times the numbers counted by the Libya Armed Conflict 2011 study, Libya Body Count and ACLED.

So I estimate that about 250,000 Libyans have been killed in the war, violence and chaos that the U.S. and its allies unleashed in Libya in February 2011, and which continues to the present day.  Taking 5:1 and 12:1 ratios to passively counted deaths as outer limits, the minimum number of people that have been killed would be 150,000 and the maximum would be 360,000.

Syria

The “disguised, quiet, media-free” U.S. role in Syria began in late 2011 with a CIA operation to funnel foreign fighters and weapons through Turkey and Jordan into Syria, working with Qatar and Saudi Arabia to militarize unrest that began with peaceful Arab Spring protests against Syria’s Baathist government.

The mostly leftist and democratic Syrian political groupscoordinating non-violent protests in Syria in 2011 strongly opposed these foreign efforts to unleash a civil war, and issued strong statements opposing violence, sectarianism and foreign intervention.

But even as a December 2011 Qatari-sponsored opinion poll found that 55% of Syrians supported their government, the U.S. and its allies were committed to adapting their Libyan regime change model to Syria, knowing full well from the outset that this war would be much bloodier and more destructive.

The CIA and its Arab monarchist partners eventually funneled thousands of tons of weapons and thousands of foreign Al-Qaeda-linked jihadis into Syria.  The weapons came first from Libya, then from Croatia and the Balkans. They included howitzers, missile launchers and other heavy weapons, sniper rifles, rocket propelled grenades, mortars and small arms, and the U.S. eventually directly supplied powerful anti-tank missiles.

Meanwhile, instead of cooperating with Kofi Annan’s UN-backed efforts to bring peace to Syria in 2012, the U.S. and its allies held three “Friends of Syria” conferences, where they pursued their own “Plan B,” pledging ever-growing support to the increasingly Al-Qaeda-dominated rebels.  Kofi Annan quit his thankless role in disgust after Secretary of State Clinton and her British, French and Saudi allies cynically undermined his peace plan.

The rest, as they say, is history, a history of ever-spreading violence and chaos that has drawn the U.S., U.K., France, Russia, Iran and all of Syria’s neighbors into its bloody vortex.  As Phyllis Bennis of the Institute for Policy Studies has observed, these external powers have all been ready to fight over Syria “to the last Syrian.”

The bombing campaign that President Obama launched against Islamic State in 2014 is the heaviest bombing campaign since the U.S. War in Vietnam, dropping more than 100,000 bombs and missiles on Syria and Iraq.  Patrick Cockburn, the veteran Middle East correspondent of the U.K.’s Independent newspaper, recently visited Raqqa, formerly Syria’s 6th largest city, and wrote that, “The destruction is total.”

“In other Syrian cities bombed or shelled to the point of oblivion there is at least one district that has survived intact,” Cockburn wrote. “This is the case even in Mosul in Iraq, though much of it was pounded into rubble. But in Raqqa the damage and the demoralization are all pervasive.  When something does work, such as a single traffic light, the only one to do so in the city, people express surprise.”

Estimating Violent Deaths in Syria

Every public estimate of the numbers of people killed in Syria that I have found comes directly or indirectly from the Syrian Observatory for Human Rights (SOHR), run by Rami Abdulrahman in Coventry in the U.K.  He is a former political prisoner from Syria, and he works with four assistants in Syria who in turn draw on a network of about 230 anti-government activists across the country.  His work receives some funding from the European Union, and also reportedly some from the U.K. government.

Wikipedia cites the Syrian Centre for Policy Research as a separate source with a higher fatality estimate, but this is in fact a projection from SOHR’s figures.  Lower estimates by the UN appear to also be based mainly on SOHR’s reports.

SOHR has been criticized for its unabashedly opposition viewpoint, leading some to question the objectivity of its data.  It appears to have seriously undercounted civilians killed by U.S. air strikes, but this could also be due to the difficulty and danger of reporting from IS-held territory, as has also been the case in Iraq.

SOHR acknowledges that its count cannot be a total estimate of all the people killed in Syria.  In its most recent report in March 2018, it added 100,000 to its tally to compensate for under-reporting, another 45,000 to account for prisoners killed or disappeared in government custody and 12,000 for people killed, disappeared or missing in Islamic State or other rebel custody.

Leaving aside these adjustments, SOHR’s March 2018 reportdocuments the deaths of 353,935 combatants and civilians in Syria.  That total is comprised of 106,390 civilians; 63,820 Syrian troops; 58,130 members of pro-government militias (including 1,630 from Hezbollah and 7,686 other foreigners); 63,360 Islamic State, Jabhat Fateh al-Sham (formerly Jabhat al-Nusra) and other Islamist jihadis; 62,039 other anti-government combatants; and 196 unidentified bodies.

Breaking this down simply into civilians and combatants, that is 106,488 civilians and 247,447 combatants killed (with the 196 unidentified bodies divided equally), including 63,820 Syrian Army troops.

The SOHR’s count is not a comprehensive statistical survey like the 2006 Lancet study in Iraq.  But regardless of its pro-rebel viewpoint, the SOHR appears to be one of the most comprehensive efforts to “passively” count the dead in any recent war.

Like military institutions in other countries, the Syrian Army probably keeps fairly accurate casualty figures for its own troops.  Excluding actual military casualties, it would be unprecedented for SOHR to have counted more than 20% of other people killed in Syria’s Civil War. But SOHR’s reporting may well be as thorough as any previous efforts to count the dead by “passive” methods.

Taking the SOHR’s passively reported figures for non-military war deaths as 20% of the real total killed would mean that 1.45 million civilians and non-military combatants have been killed.  After adding the 64,000 Syrian troops killed to that number, I estimate that about 1.5 million people have been killed in Syria.

If SOHR has been more successful than any previous “passive” effort to count the dead in a war, and has counted 25% or 30% of the people killed, the real number killed could be as low as 1 million.  If it has not been as successful as it seems, and its count is closer to what has been typical in other conflicts, then as many as 2 million people may well have been killed.

Somalia

Most Americans remember the U.S. intervention in Somalia that led to the “Black Hawk Down” incident and the withdrawal of U.S. troops in 1993.  But most Americans do not remember, or may never have known, that the U.S. made another “disguised, quiet, media-free” intervention in Somalia in 2006, in support of an Ethiopian military invasion.

Somalia was finally “pulling itself up by its bootstraps” under the governance of the Islamic Courts Union (ICU), a union of local traditional courts who agreed to work together to govern the country.  The ICU allied with a warlord in Mogadishu and defeated the other warlords who had ruled private fiefdoms since the collapse of the central government in 1991.  People who knew the country well hailed the ICU as a hopeful development for peace and stability in Somalia.

But in the context of its “war on terror,” the U.S. government identified the Islamic Courts Union as an enemy and a target for military action.  The U.S. allied with Ethiopia, Somalia’s traditional regional rival (and a majority Christian country), and conducted air strikes and special forces operations to support an Ethiopian invasion of Somalia to remove the ICU from power. As in every other country the U.S. and its proxies have invaded since 2001, the effect was to plunge Somalia back into violence and chaos that continues to this day.

Estimating the Death Toll in Somalia

Passive sources put the violent death toll in Somalia since the U.S.-backed Ethiopian invasion in 2006 at 20,171 (Uppsala Conflict Data Program (UCDP) – through 2016) and 24,631 (Armed Conflict Location and Event Data Project  (ACLED)).  But an award-winning local NGO, the Elman Peace and Human Rights Centre in Mogadishu, which tracked deaths only for 2007 and 2008, counted 16,210 violent deaths in those two years alone, 4.7 times the number counted by UCDP and 5.8 times ACLED’s tally for those two years.

In Libya, Libya Body Count only counted 1.45 times as many deaths as ACLED.  In Somalia, Elman Peace counted 5.8 times more than ACLED – the difference between the two was 4 times as great.  This suggests that Elman Peace’s counting was about twice as thorough as Libya Body Count’s, while ACLED seems to be about half as effective at counting war deaths in Somalia as in Libya.

UCDP logged higher numbers of deaths than ACLED from 2006 until 2012, while ACLED has published higher numbers than UCDP since 2013.  The average of their two counts gives a total of 23,916 violent deaths from July 2006 to 2017. If Elman Peace had kept counting war deaths and had continued to find 5.25 ( the average of 4.7 and 5.8) times the numbers found by these international monitoring groups, it would by now have counted about 125,000 violent deaths since the U.S.-backed Ethiopian invasion in July 2006.

But while Elman Peace counted many more deaths than UCDP or ACLED, this was still just a “passive” count of war deaths in Somalia.  To estimate the total number of war deaths that have resulted from the U.S. decision to destroy Somalia’s fledgling ICU government, we must multiply these figures by a ratio that falls somewhere between those found in other conflicts, between 5:1 and 20:1.

Applying a 5:1 ratio to my projection of what the Elman Project might have counted by now yields a total of 625,000 deaths.  Applying a 20:1 ratio to the much lower counts by UCDP and ACLED would give a lower figure of 480,000.

It is very unlikely that the Elman Project was counting more than 20% of actual deaths all over Somalia.  On the other hand, UCDP and ACLED were only counting reports of deaths in Somalia from their bases in Sweden and the U.K., based on published reports, so they may well have counted less than 5% of actual deaths.

If the Elman Project was only capturing 15% of total deaths instead of 20%, that would suggest that 830,000 people have been killed since 2006.  If UCDP’s and ACLED’s counts have captured more than 5% of total deaths, the real total could be lower than 480,000. But that would imply that the Elman Project was identifying an even higher proportion of actual deaths, which would be unprecedented for such a project.

So I estimate that the true number of people killed in Somalia since 2006 must be somewhere between 500,000 and 850,000, with most likely about 650,000 violent deaths.

Yemen

The U.S. is part of a coalition that has been bombing Yemen since 2015 in an effort to restore former President Abdrabbuh Mansur Hadi to power.  Hadi was elected in 2012 after Arab Spring protests and armed uprisings forced Yemen’s previous U.S.-backed dictator, Ali Abdullah Saleh, to resign in November 2011.

Hadi’s mandate was to draw up a new constitution and organize a new election within two years.  He did neither of these things, so the powerful Zaidi Houthi movement invaded the capital in September 2014, placed Hadi under house arrest and demanded that he and his government fulfill their mandate and organize a new election.

The Zaidis are a unique Shiite sect who make up 45% of Yemen’s population.  Zaidi Imams ruled most of Yemen for over a thousand years. Sunnis and Zaidis have lived together peacefully in Yemen for centuries, intermarriage is common and they pray in the same mosques.

The last Zaidi Imam was overthrown in a civil war in the 1960s.  In that war, the Saudis supported the Zaidi royalists, while Egypt invaded Yemen to support the republican forces who eventually formed the Yemen Arab Republic in 1970.

In 2014, Hadi refused to cooperate with the Houthis, and resigned in January 2015.  He fled to Aden, his hometown, and then to Saudi Arabia, which launched a savage U.S.-backed bombing campaign and naval blockade to try to restore him to power.

While Saudi Arabia is conducting most of the air strikes, the U.S. has sold most of the planes, bombs, missiles and other weapons it is using.  The U.K. is the Saudis’ second largest arms supplier. Without U.S. satellite intelligence and in-air refueling, Saudi Arabia could not conduct airstrikes all over Yemen as it is doing.  So a cut-off of U.S. weapons, in-air refueling and diplomatic support could be decisive in ending the war.

Estimating War Deaths in Yemen

Published estimates of war deaths in Yemen are based on regular surveys of hospitals there by the World Health Organization, often relayed by the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (UNOCHA).  The most recent estimate, from December 2017, is that 9,245 people have been killed, including 5,558 civilians.

But UNOCHA’s December 2017 report included a note that, “Due to the high number of health facilities that are not functioning or partially functioning as a result of the conflict, these numbers are underreported and likely higher.”

Even when hospitals are fully functioning, many people killed in war do not ever make it to a hospital.  Several hospitals in Yemen have been struck by Saudi air strikes, there is a naval blockade that restricts imports of medicine, and supplies of electricity, water, food and fuel have all been affected by the bombing and the blockade.  So the WHO’s summaries of mortality reports from hospitals are likely to be a small fraction of the real numbers of people killed.

ACLED reports a slightly lower figure than the WHO: 7,846 through the end of 2017.  But unlike the WHO, ACLED has up to date data for 2018, and reports another 2,193 deaths since January.  If the WHO continues to report 18% more deaths than ACLED, the WHO’s total up to the present would be 11,833.

Even UNOCHA and the WHO acknowledge substantial underreporting of war deaths in Yemen, and the ratio between the WHO’s passive reports and actual deaths appears to be toward the higher end of the range found in other wars, which has varied between 5:1 and 20:1.  I estimate that about 175,000 people have been killed – 15 times the numbers reported by the WHO and ACLED – with a minimum of 120,000 and a maximum of 240,000.

The True Human Cost of U.S. Wars

Altogether, in the three parts of this report, I have estimated that America’s post-9/11 wars have killed about 6 million people.  Maybe the true number is only 5 million. Or maybe it is 7 million. But I am quite certain that it is several millions.

It is not only hundreds of thousands, as many otherwise well-informed people believe, because compilations of “passive reporting” can never amount to more than a fraction of the actual numbers of people killed in countries living through the kind of violence and chaos that our country’s aggression has unleashed on them since 2001.

The systematic reporting of the Syrian Observatory for Human Rights has surely captured a larger fraction of actual deaths than the small number of completed investigations deceptively reported as mortality estimates by the UN Assistance Mission to Afghanistan.  But both of them still only represent a fraction of total deaths.

And the true number of people killed is most definitely not in the tens of thousands, as most of the general public in the U.S.and in the U.K. have been led to believe, according to opinion polls.

We urgently need public health experts to conduct comprehensive mortality studies in all the countries the U.S. has plunged into war since 2001, so that the world can respond appropriately to the true scale of death and destruction these wars have caused.

As Barbara Lee presciently warned her colleagues before she cast her lone dissenting vote in 2001, we have “become the evil we deplore.”  But these wars have not been accompanied by fearsome military parades (not yet) or speeches about conquering the world. Instead they have been politically justified by “information warfare” to demonize enemies and fabricate crises, and then waged in a “disguised, quiet, media free” way, to hide their cost in human blood from the American public and the world.

After 16 years of war, about 6 million violent deaths, 6 countries utterly destroyed and many more destabilized, it is urgent that the American public come to terms with the true human cost of our country’s wars and how we have been manipulated and misled into turning a blind eye to them – before they go on even longer, destroy more countries, further undermine the rule of international law and kill millions more of our fellow human beings.

As Hannah Arendt wrote in The Origins of Totalitarianism, “We can no longer afford to take that which is good in the past and simply call it our heritage, to discard the bad and simply think of it as a dead load which by itself time will bury in oblivion.  The subterranean stream of Western history has finally come to the surface and usurped the dignity of our tradition. This is the reality in which we live.”

 

 

Accord-cadre institutionnel Suisse–UE: Stratégie ou confusion ?

par Marianne Wüthrich, docteur en droit

Horizons et débats,

Zurich,

25 juin 2018

https://www.zeit-fragen.ch/fr/ausgaben/2018/nr-14-19-juni-2018/institutioneller-rahmenvertrag-schweiz-eu-strategie-oder-konfusion.html

 

Bien qu’aucun citoyen n’ait jamais vu l’accord planifié par le Conseil fédéral, le noyau dur de l’accord est établi depuis longtemps:  Ce sont la reprise automatique du droit communautaire actuel et futur et la jurisprudence de la Cour de justice européenne.

Cela signifie que le peuple ne serait plus l’organe législatif suprême de la Suisse. Beaucoup de citoyens ne peuvent probablement pas imaginer à quel point notre structure d’Etat démocratique et fédéraliste serait gravement atteinte par un accord institutionnel juridiquement supérieur au droit suisse, d’autant plus que le Conseil fédéral évite soigneusement depuis plusieurs années de rendre public le contenu des négociations.

Le système de l’UE n’est pas compatible avec la structure de l’Etat suisse. Exemple de la directive de l’UE sur les armes

Actuellement, nous constatons cela avec la directive européenne sur les armes. Avec l’Accord de Schengen (Bilatérales II), la Suisse s’est engagée à adopter le futur droit européen. La modification de la législation européenne sur les armes est une adaptation du droit de l’UE concernant Schengen, à laquelle ne s’attendait aucun Suisse ayant accepté en 2004 l’Accord de Schengen lors de la votation.
Il est bien connu que les interdictions et les restrictions sur les armes ne sont d’aucune utilité contre le terrorisme. (La fin des guerres de l’OTAN et de l’UE serait beaucoup plus utile.) Pourtant, l’UE veut imposer des restrictions sur la possession d’armes aux Etats membres de Schengen et donc aussi à la Suisse. Une intervention flagrante dans la tradition du Suisse libre, qui a depuis toujours défendu son pays l’arme à la main. Le 13 février 2011, le peuple a réaffirmé ce point de vue et a rejeté l’initiative populaire fédérale «Pour une protection face à la violence des armes» avec 56,3% des voix.
Il est intéressant de noter que sur ce point, le Conseil fédéral a réussi à faire respecter la volonté du peuple à Bruxelles en insistant sur le fait que les soldats suisses doivent pouvoir conserver leurs armes après la fin de leur service obligatoire. (Apparemment, c’est possible quand le Conseil fédéral se souvient pendant les négociations de quel côté de la table il se trouve.)
Récemment, on a appris que la République tchèque se sentait discriminée par cette exemption pour la Suisse et a donc intenté une action en justice devant la CJCE («Sankt-Galler Tagblatt» du 14/5/18). Et maintenant?
Quoi qu’il en soit, cet exemple montre que l’imposition de directives européennes est incompatible avec la démocratie directe: nous Suisses, nous avons l’habitude de pouvoir voter sur des changements législatifs, et nous voulons continuer à faire usage de ce droit fondamental.

Davantage de sécurité juridique avec un accord-cadre? Pour qui?

Il est étonnant qu’il y ait des Suisses prétendant qu’un accord-cadre apporte «davantage de sécurité juridique». Davantage de sécurité juridique pour qui? Certainement pas pour les citoyens que nous sommes – au contraire, nous n’aurions plus voix au chapitre. Et pour les entreprises suisses ce serait similaire. La sécurité juridique ne peut résulter que d’un accord d’égal à égal. On pourrait penser que nous avons entre-temps suffisamment d’expérience avec l’UE: quand quelque chose ne convient pas à ces messieurs de Bruxelles, ils prennent des mesures, arbitrairement et en violation du contrat.
Exemples:
–    l’expulsion du programme d’échange d’étudiants Erasmus+ en réponse à l’acceptation du souverain suisse de l’initiative contre l’immigration de masse: sans bases légales et sans aucun lien avec le contenu,
–    la limitation temporelle de l’accès à la bourse pour le commerce de titres de l’UE jusqu’à la fin 2018, en réponse au fait que le Conseil fédéral n’aurait pas signé l’accord-cadre assez rapidement: également sans base juridique et sans aucun lien avec le contenu.
Avec un accord-cadre, nous ne serions pas mieux protégés contre ce genre de comportement de grande puissance, bien au contraire. L’objectif de l’accord-cadre est précisément que la Commission européenne et la Cour de justice de l’UE puissent décider si et de quelle manière ils peuvent forcer la Suisse à accepter la bureaucratie de l’UE. L’accord-cadre apporterait certainement davantage de pouvoir à Bruxelles – mais certainement pas davantage de sécurité juridique pour nous Suisses et nos entreprises! Nous exigeons de nos politiciens et de nos autorités de défendre les intérêts du peuple suisse au lieu de se soumettre aux demandes de l’élite bruxelloise.

A quels accords bilatéraux l’accord-cadre s’appliquerait-il? 

Dans les médias, il y a beaucoup de spéculations à ce sujet – mais même sur ce point essentiel, il n’y a pas d’unanimité entre Berne et Bruxelles.
Selon la «Neuer Zürcher Zeitung» du 3 mai, Ignazio Cassis a donné l’impression qu’on s’était mis d’accord: l’accord-cadre concernerait les «accords d’accès au marché» des Bilatérales I, à savoir cinq accords: Libre circulation des personnes, obstacles techniques au commerce, transports aériens et terrestres, et agriculture (seule une partie limitée de l’agriculture est incluse dans les Bilatérales I). En outre, il y a encore l’Accord sur l’électricité préparé par le Conseil fédéral. L’accord agricole, avec lequel le conseiller fédéral Schneider-Ammann menace les paysans, n’est mentionné nulle part pour ne pas effrayer le peuple, mais il ferait également partie de l’accord-cadre.
Selon la «Neue Zürcher Zeitung», Bruxelles veut également inclure l’Accord sur les marchés publics (c’est-à-dire pratiquement tous les accords des Bilatérales I) et même l’Accord de libre-échange (ALE) de 1972, couvrant en réalité tous les échanges commerciaux.
Ce que nous pouvons dire aujourd’hui déjà: l’UE voudra inclure autant de domaines du droit que possible. Cela montre clairement pourquoi le Conseil fédéral ne veut pas divulguer les contenus de l’accord-cadre. Car, si nous citoyens pouvions lire ouvertement dans quels domaines Bruxelles veut s’immiscer, la Berne fédérale pourrait abandonner définitivement son accord-cadre.    •

Principaux accords Suisse–UE

Accord de libre-échange de 1972

Pilier important pour les échanges économiques Suisse–UE, accepté par le peuple avec 72,5% des voix et la majorité des cantons.
Accords bilatéraux I (7 accords)
Adoptés par le peuple comme «paquet» le 21 mai 2000 et en vigueur depuis le 1er juin 2002
•    Libre circulation des personnes
•    Obstacles techniques au commerce
•    Marchés publics
•    Agriculture
•    Transports terrestres
•    Transport aérien
•    Recherche

Accords bilatéraux II (9 accords)

Référendum uniquement contre Schengen/Dublin, adopté par le peuple avec 54,4% des voix le 5 juin 2005
•    Schengen/Dublin
•    Fiscalité de l’épargne
•    Lutte contre la fraude
•    Produits agricoles transformés
•    Environnement
•    Statistique
•    MEDIA (Europe Créative)
•    Pensions
•    Education, formation profes­sionnelle, jeunesse

Informations sur les accords individuels: https://www.eda.admin.ch/dea/fr/home/bilaterale-abkommen/abkommen-umsetzung/)

Bombardement de la Syrie: le droit international bafoué

par Etienne Henry,

Source : Le Temps, Lausanne, 25 avril 2018

https://www.letemps.ch/opinions/bombardement-syrie-droit-international-bafoue

 

 

OPINION. Les frappes des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni sur la Syrie sont illégales en regard du droit international, écrit le chercheur Etienne Henry. Elles ouvriraient même un droit de riposte de Damas et ses alliés.

 

Certains se sont prononcés en faveur des récentes frappes aériennes contre des sites présumés de production et de stockage d’armes chimiques en Syrie. Ceci sans s’appesantir sur les aspects juridiques. Quel que soit l’avis que l’on se fasse de leur utilité immédiate et de leur légitimité politique ou morale, on ne saurait ignorer que ces attaques constituent une violation manifeste de l’interdiction de la menace et de l’usage de la force, ancrée à l’article 2 de la Charte des Nations unies. Elles ne pourraient se justifier qu’en cas de légitime défense ou d’autorisation par le Conseil de sécurité – ce qui n’est ici pas le cas.

Lors de frappes similaires menées en avril 2017, Donald Trump n’avait pas même tenté de se justifier, confirmant le peu de cas qu’il fait du droit international. Cette fois, les Etats intervenants n’ont pas fait front commun sur ce plan et chacun y est allé de son grain de sel, trahissant ainsi la faiblesse de leur position.

La France soutient que la résolution 2118 lui permet d’agir, en quelque sorte par substitution du Conseil de sécurité. Pour rappel, ladite résolution a été adoptée le 27 septembre 2013 dans le contexte de l’engagement pris par Bachar el-Assad de ne pas utiliser d’armes chimiques et de détruire les stocks existants. Le Conseil menaçait alors de prendre d’autres mesures en cas de non-respect par la Syrie. On sait que celle-ci a plusieurs fois violé la résolution et que le Conseil s’est avéré incapable de remédier à la situation – ce que l’on ne peut que déplorer. Mais cela ne saurait conférer à un Etat agissant seul le droit de contourner les procédures onusiennes. De tels arguments avaient d’ailleurs été rejetés avec fermeté par la France lors de l’invasion de l’Irak en 2003.

Au nom de l’intérêt national

Quant au Royaume-Uni, il se prévaut d’un prétendu droit d’intervention humanitaire. Or un tel droit, reconnu par une poignée d’Etats, n’est pas compatible avec la Charte. Il a été clairement rejeté par l’Assemblée générale. Selon Dapo Akande, professeur à l’Université d’Oxford, l’argument ne convainc guère, même si l’on acceptait l’existence d’un tel droit. En effet, les frappes ont eu lieu après les faits et dénotent ainsi une intention punitive plutôt que préventive – malgré les déclarations d’intention à cet effet. Après avoir tracé une «ligne rouge» et proféré des menaces, le président Emmanuel Macron et ses alliés sont avant tout soucieux de leur crédibilité. En outre, la décision ne repose pas sur le constat d’une «détresse humanitaire extrême» par la communauté internationale. Au contraire, elle a eu lieu avant le déploiement des enquêteurs internationaux, alors que les faits restent controversés. Finalement, on peut s’interroger sur le choix de l’inaction face aux bombardements indiscriminés par le biais d’armes conventionnelles, et de l’intervention en cas d’emploi d’armes chimiques. La raison est sans doute à chercher dans la vulnérabilité des Etats occidentaux face aux armes chimiques; ceux-ci ont donc un intérêt à éviter leur prolifération.

Les frappes ont eu lieu après les faits et dénotent ainsi une intention punitive plutôt que préventive

Or c’est bien au nom de l’intérêt national que la première ministre Theresa May et le président Donald Trump prétendent justifier les frappes. Selon la représentante des Etats-Unis au Conseil de sécurité, la diplomatie ayant échoué, il devenait légitime de recourir à la force militaire. Il y aurait donc épuisement de l’obligation de régler les différends pacifiquement, ce qui ouvrirait la voie à l’usage de la force militaire: après le temps des palabres, le temps des missiles… Un tel argument ne saurait être admis sans rendre totalement inopérants l’interdiction du recours à la force et le système de sécurité collective.

Violation de la Charte

Cette indigeste bouillabaisse d’arguments, dont certains s’avèrent mutuellement contradictoires, ne rend que plus évidente l’illégalité des frappes, qui peuvent être qualifiées de représailles armées, en violation du droit international. Cet acte d’agression caractérisé ouvre le droit pour la Syrie de riposter par la force de manière proportionnée, au besoin avec l’assistance de ses alliés dans le cadre du droit de légitime défense collective.

Toutes ces tentatives de justification ont en commun leur caractère unilatéraliste. Comme le remarque Olivier Corten, professeur à l’Université libre de Bruxelles, elles s’apparentent à la pratique du XIXe siècle: «On revient à l’idée que les grandes puissances peuvent unilatéralement faire de la justice privée au nom de leur propre conception de ce qu’il faut faire ou pas.» Il ne fait aucun doute que les rivaux des Etats occidentaux ont pris note de ce précédent et qu’ils n’hésiteront pas à l’invoquer, si l’occasion se présente.

Les efforts en vue de substituer un système de sécurité collective à l’anarchie belliqueuse seraient-ils sur le point d’être balayés? Pour éviter une telle dérive, il serait temps que la majorité silencieuse des Etats, à commencer par la Suisse, dénonce fermement et de manière non sélective les violations de la Charte. Il ne s’agit pas de prendre fait et cause pour l’un ou l’autre camp, mais de s’engager pour le maintien d’un système qui, malgré ses évidentes faiblesses, a le mérite d’exister et qui vaut sans doute encore mille fois mieux que l’anarchie totale et la loi du plus for

«False flag» et «immoralité» : un ancien ambassadeur de France analyse la crise syrienne

Michel Raimbaud

11 avr. 2018

Source: Arrêt sur info du 13 avril 2018

Source originaire :  RT.com

https://francais.rt.com/entretiens/49665-false-flag-paris-botte-neoconservateurs-ancien-ambassadeur-analyse-rt-crise-syrienne

 

Michel Raimbaud a livré pour RT France son analyse sur l’attaque chimique présumée dans la Ghouta et ses conséquences. Convaincu qu’il s’agit d’une «false flag», il dénonce l’«immoralité» de la position de Paris, calquée sur les néoconservateurs.

L’ancien ambassadeur de France Michel Raimbaud qui porte un regard acéré sur les problématiques du monde arabo-musulman, région dans laquelle il a accumulé une expertise fondée sur des expériences de terrain, analyse pour RT France les derniers rebondissements de la crise syrienne.

Pour l’ancien diplomate, qui s’appuie sur les exemples tirés du passé récent du pays, il est fort probable que l’attaque chimique présumée dans la Ghouta, attribuée au gouvernement syrien, ait été montée de toutes pièces : «C’est ce que l’on appelle une false flag (attaque sous fausse bannière)».

«Quand il y a eu une attaque, il a toujours été prouvé – à tout le moins fortement soupçonné – par la suite que ce n’était pas le gouvernement syrien qui en était responsable, mais bel est bien les rebelles modérés, qui sont en fait des terroristes», fait valoir Michel Raimbaud. Il y a deux mois, le secrétaire à la Défense Jim Mattis avait à ce propos admis qu’il n’existait pas de preuve de la culpabilité de Bachar el-Assad dans l’attaque chimique de Khan Cheikhoun d’avril 2017 à laquelle les Etats-Unis avaient pourtant réagi en effectuant une frappe sur la base d’Al-Chaaryate.

L’objectif d’une telle stratégie est simple selon l’ancien diplomate, c’est un moyen pour tenter d’annihiler les avancées de l’armée syrienne sur le terrain. «Quand l’armée syrienne obtient un succès décisif, on invente une alerte», fait-il ainsi remarquer, notant que les forces gouvernementales étaient parvenues à libérer la quasi-totalité de la Ghouta orientale ces dernières semaines.

La France qui se présente en sauveur du peuple syrien ? «De l’humour noir»

Dans cette crise, la position de Paris qui menace d’intervenir militairement sur le territoire syrien ne surprend pas outre mesure l’ancien ambassadeur : «La France s’aligne toujours sur Washington, depuis des années déjà.»

Bien qu’elle soit sans surprise, Michel Raimbaud estime que cette position est toutefois «regrettable», d’autant que Paris est un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et a donc le devoir en cette qualité de respecter la charte des Nations Unies.

«C’est une des grande constatation de cette situation, le droit international est bafoué», note l’ancien diplomate qui rappelle que la France foule ainsi aux pieds la souveraineté des Etats, le principe de non-ingérence, le droit d’autodétermination des peuples et le droit des Etats à décider librement de leur régime politique sans intervention extérieure.

«Je trouve gonflé de dire que l’on a un devoir moral d’intervenir. On ne peut pas faire appel à des principes moraux quand on les viole continuellement, c’est immoral, littéralement», poursuit Michel Raimbaud. «Et c’est injuste, la Syrie ne nous a jamais attaqués. Ce n’est pas un agresseur, c’est nous qui l’agressons. Vouloir prendre un rôle pour aller sauver le peuple syrien, ça me paraît de l’humour noir», glisse-t-il encore.

Selon lui, la France a fait le choix de se placer dans «le camp de la guerre» en Syrie, aux côtés des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Turquie, mais aussi d’Israël et de ses alliés islamistes, l’Arabie Saoudite et le Qatar. «Il faut se réveiller parce que le monde est au bord de la guerre», prévient-il.

«Le néoconservatisme a investi l’Etat profond français»

L’ancien ambassadeur déplore par ailleurs le traitement médiatique de la crise en Occident. «Les médias occidentaux, c’est la ruine. Ils ont discrédité la profession dans leur grande majorité. Au bout de sept ans, ils font mine de ne rien avoir compris», lance-il sans ambages. Pourtant ils ne sont pas les seuls responsables de cette ruine dans le domaine public, selon lui : «Il y a les intellectuels aussi, à droite à gauche ils pensent la même chose. On a jamais vu un pareil unanimisme.»

Un phénomène qu’il attribut au néoconservatisme, importé des Etats-Unis. Né sous Reagan, le courant partagé autant par les Démocrates que les Républicains s’est accentué depuis la chute de l’Union soviétique et plus encore depuis les attentats du 11 septembre et la guerre contre le terrorisme, remarque Michel Raimbaud.

«Le néoconservatisme a investi l’Etat profond non seulement en Amérique, mais aussi en France, au Royaume-Uni, dans tous les pays occidentaux où ils ont des succursales, et en Israel évidemment, qui est un pilier du pouvoir néoconservateur», analyse l’ancien ambassadeur.

Une influence américaine d’autant plus problématique que les Etats-Unis ne sont pas un allié de Paris : «François Mitterrand disait que les Etats-Unis mènent une guerre perpétuelle à la France et que les Français ne le savent pas. C’est une guerre impitoyable, de tous les instants, dans tous les domaines. Il s’agit de la mettre au pas.»