La ferme volonté de créer la paix est une grande force

Interview de Daniele Ganser,

historien et irénologue suisse

par Jean-Paul Vuilleumier

Source : Horizons et débats

Zurich, 11 décembre 2017-12-14

https://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2017/n-31-11-decembre-2017/la-ferme-volonte-de-creer-la-paix-est-une-grande-force.html

 

Fin 2016, est parue en allemand la 1re édition du livre «Les guerres illégales de l’OTAN. Une chronique de Cuba à la Syrie.» de Daniele Ganser, historien suisse et spécialiste des sciences de la paix. Entretemps, cet ouvrage en est à sa 7e édition avec plus de 50000 exemplaires vendus. A l’occasion de la parution toute récente de l’édition française de ce bestseller, Horizons et débats s’est entretenu avec l’auteur sur quelques aspects de ses analyses concernant la guerre et la paix, l’ONU, le Conseil de sécurité et les médias.

Horizons et débats: M. Ganser, vous êtes un historien, spécialiste de l’Histoire contemporaine depuis 1945 et expert en politique internationale. Au sein de l’Institut SIPER que vous avez créé et que vous dirigez, vous vous intéressez à de très nombreux sujets comme l’énergie et la géostratégie, les conflits pour les ressources et la politique économique, les mises en œuvre de guerres secrètes. Vous vous engagez pour la paix. Vous êtes irénologue (spécialiste des sciences de la paix). Votre livre «Les Guerres illégales de l’OTAN» vient de paraître en français. Est-ce que toutes les guerres sont illégales?

Daniele Ganser: Oui, de manière générale, toutes les guerres sont illégales. La Charte de l’ONU, signée en 1945, énonce explicitement que les Etats doivent résoudre leurs différends sans avoir recours à la violence ou aux armes. Les guerres sont donc clairement illégales. Il existe toutefois deux exceptions à cette règle: premièrement, la légitime défense; si un pays est agressé, il a le droit de se défendre militairement. Deuxièmement, une guerre est légale si le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté un mandat explicite en ce sens.

L’exemple de la débâcle soviétique en Afghanistan aurait dû faire réfléchir les Etats-Unis en 2001; le fiasco de la soi-disant «exportation de la démocratie» en Irak aurait dû faire réfléchir à deux fois les Français et les Britanniques avant qu’ils n’interviennent en Libye en 2011, ou n’aident les djihadistes en Syrie. N’est-ce pas possible d’apprendre de l’Histoire? 

Moi, je pense que c’est tout à fait possible. La leçon la plus importante est que nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes par la violence. Cela a été essayé à de nombreuses reprises. Mais cela ne fait qu’ajouter des problèmes. C’est pourquoi, dans mon livre, je souligne l’importance d’adhérer aux principes fondateurs de l’ONU, ne pas bombarder ou envahir d’autres pays, ne pas armer en secret des groupes à l’étranger dans le but de renverser un gouvernement. Nous sommes bien sûr confrontés à de grands défis, mais la violence n’aidera en rien à leur résolution.

Et cependant, des hommes politiques tels Barack Obama et David Cameron ne sont pas critiqués par des instances officielles pour leurs guerres illégales. 

C’est vrai: le Président Obama et le Premier ministre britannique Cameron ont utilisé la force contre la Libye en 2011, et nous pouvons constater, encore maintenant, que le pays est toujours en proie à la violence. Les guerres créent de nouvelles difficultés. En Syrie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, en concert avec d’autres Etats, ont secrètement fourni des armes aux ennemis de Bachar el-Assad, comme je l’indique dans le livre. Là non plus, ce n’était pas une bonne idée: beaucoup de gens sont morts, beaucoup ont souffert.

En tant que spécialiste des sciences de la paix, vous semblez malgré tout rester résolument optimiste! Votre livre dresse en effet un constat terrible, mais il est factuel, humaniste, puissant et même parfois personnel. Qu’est-ce qui vous rend optimiste?

Je suis fermement convaincu que la volonté de créer la paix est une force primordiale pour le XXIe siècle. Quand nous avons le choix entre tuer et ne pas tuer, je suis convaincu que le second est toujours le meilleur. Milosevic n’était pas un nouvel Hitler. La vérité historique est que Hitler a fait bombarder Belgrade. Il est scandaleux qu’en 1999, l’Allemagne ait, avec d’autres pays, à nouveau bombardé la Yougoslavie. Cela est contraire à la Charte des Nations Unies. Je sais que des gens en France se sont opposés à la décision de Nicolas Sarkozy de bombarder la Libye en 2011. Je les soutiens, car ils avaient raison. Imaginez un instant que la situation ait été inversée, que la Libye ait bombardé Paris: n’aurait-il pas été juste de soutenir ceux qui parmi les Libyens se seraient opposés à ces bombardements?

Vous évoquez à plusieurs reprises Martin Luther King, Albert Einstein et Mahatma Gandhi. Que représentent-ils pour vous?

Ces trois personnalités ont eu, chacune à sa place, une grande importance. Gandhi donna ce conseil inspirant: «Sois toi-même le changement que tu veux voir dans le monde». Les gens cherchent de vrais leaders, et ils les cherchent parmi les chefs d’Etat ou de gouvernement; mais ce n’est pas parmi eux qu’il faut chercher, car les hommes politiques ont trop souvent mené des guerres. Et ce n’est certainement pas le type de valeurs que nous voulons inculquer à nos enfants, dans nos écoles! Nous n’allons pas leur conseiller l’usage de la violence, mais exactement le contraire: en cas de problème, gardez-vous de la violence, préférez le dialogue et surveillez vos propres émotions et pensées.

L’édition française de votre livre est annoncée comme «un réquisitoire contre l’OTAN et un plaidoyer en faveur de l’ONU». Beaucoup des gens qui sont très critiques, voire opposés, à l’OTAN sont également sceptiques, ou même suspicieux vis-à-vis de l’ONU. En quoi l’ONU est-elle importante?

Dans mon livre, je montre clairement à quel point la Charte de l’ONU est un document magnifique, parce qu’elle prescrit à tous les membres de l’organisation (193 Etats au total) l’interdiction du recours à la force dans les relations internationales. Ceci est le meilleur aspect de l’ONU, et cela ne m’empêche pas de voir ses failles et je comprends les voix critiques qui n’ont pas ou plus confiance en elle. Dans mon livre, je montre que le Conseil de Sécurité ne fonctionne pas de manière idéale. Si un membre permanent du Conseil viole la Charte, il ne sera pas puni, car il dispose d’un droit de veto lui permettant de bloquer une résolution. Clairement, cela n’est pas juste.

L’impuissance de l’ONU est-elle la conséquence du fait qu’elle ne dispose pas d’une réelle force armée? Comment faudrait-il transformer l’ONU pour qu’elle devienne plus efficace? 

Je ne pense pas que le problème principal de l’ONU soit qu’elle est dépourvue d’une armée puissante. Imaginons un instant l’inverse, qu’elle en soit dotée. Qui déciderait de son utilisation, de l’envoyer combattre? Ce serait le Conseil de Sécurité. Mon opinion personnelle, basée sur mes recherches, est que les 70 dernières années montrent que les membres permanents du Conseil de Sécurité – et notamment les Etats-Unis et les autres pays membres de l’OTAN – ont mené de trop nombreuses guerres illégales, tout en se protégeant de possibles sanctions grâce à leur droit de veto.

Le projet de l’ONU était d’établir un droit international dans le cadre duquel tous les pays seraient égaux. Cependant, l’existence de l’ONU n’a été acceptée par les grandes puissances que parce qu’elles ont pu s’arroger un pouvoir de blocage (droit de veto) contredisant l’égalité entre les Etats. Quels scénarios peut-on envisager pour le futur de l’ONU dans cette situation paradoxale? Comment l’Organisation pourrait-elle évoluer vers davantage d’égalité, de justice et de paix entre ses membres?

Effectivement, il y a un paradoxe. Les Nations Unies comprennent 193 pays membres, mais 5 seulement – les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni – bénéficient du droit de veto. De ce fait, ils détiennent chacun davantage de pouvoir que les 188 autres Etats réunis. Il s’agit donc d’un système à deux classes, l’une bénéficiant de privilèges, l’autre en étant dépourvu. Des réformes seraient les bienvenues. Le droit de veto pourrait, et devrait, être aboli; mais les Etats qui en disposent refuseront de se départir de ce pouvoir. D’un point de vue pratique, pragmatique, il est par conséquent de la plus haute importance de démontrer que les grandes puissances mènent des guerres illégales.

A quoi pourrait ressembler un monde sans l’OTAN? L’Europe ne serait-elle pas alors menacée par la Russie?

Non, il ne me semble pas réaliste de penser que la Russie envahirait et occuperait l’Europe si l’OTAN venait à être dissoute. La dissolution de l’Alliance atlantique a été souhaitée par beaucoup de monde au sein du mouvement pour la paix quand le mur de Berlin est tombé et que le Pacte de Varsovie a disparu. Mais les «dividendes de la paix» annoncés ne se sont jamais concrétisés. Bien au contraire, les dépenses militaires ont même augmenté. A tel point que nous nous retrouvons maintenant avec des records en la matière, et un arsenal hautement sophistiqué sans précédent. Ban Ki-moon, alors secrétaire général de l’ONU, a ainsi pu nous mettre en garde: «Le monde est surarmé, et la paix sous financée».

A la lecture de votre livre, on comprend vraiment que le recours à la force n’est jamais une solution; ou plutôt c’est toujours la pire. Pour ne prendre qu’un seul exemple, sans l’intervention militaire des Etats-Unis en Irak, l’EI n’existerait pas: la «guerre contre le terrorisme» engendre non seulement de la violence, mais également toujours davantage de terrorisme. Une fin de cette spirale de la violence n’est pas en vue. 

Vous résumez bien la situation dans laquelle nous nous trouvons. Aussi longtemps que les médias de masse donneront principalement la parole aux va-t’en-guerre et autres bellicistes, ces personnes qui croient en la violence et la promeuvent avec régularité à la télévision et dans la presse, nous ne cesseront jamais le cycle des guerres. Les médias fabriquent le consentement, l’opinion publique. Si les amis de la paix se voyaient offrir davantage de temps de parole, une plus large tribune dans les médias, qu’ils soient institutionnels ou alternatifs, alors de plus en plus de gens comprendraient que nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes par la violence.
Les médias jouent un rôle crucial, car ils peuvent réduire au silence certaines voix et opinions ou au contraire en amplifier d’autres. Il est illusoire de penser que dans nos sociétés démocratiques, toutes les voix ont la même signification. Le plus souvent, nous entendons le point de vue des bellicistes demandant l’augmentation des budgets et des opérations militaires – uniquement ce type de discours, et tout le temps. Et en même temps, les voix de ceux qui étudient les guerres et la violence, et qui avertissent en toute connaissance de cause que les guerres ne constituent en rien une solution, ces voix sont le plus souvent tues ou ignorées. Ainsi, bien peu connaissent le général américain Smedley Butler (1881–1940), à l’époque, le plus haut gradé du Corps des Marines et à sa mort le Marine le plus décoré de l’Histoire. Ce qu’il a déclaré est malheureusement toujours d’actualité, mais vous ne risquez pas de l’entendre à la télé. Je cite: «La guerre est un racket. Elle l’a toujours été. C’est peut-être le plus ancien, de loin le plus profitable et sûrement le plus vicieux. C’est le seul qui soit de portée internationale. C’est le seul où les gains se comptent en dollars, et les pertes en vies humaines.»

Alors que les populations dans n’importe quel pays aspirent simplement à vivre en paix, la propagande de guerre présente ceux qui s’opposent aux conflits comme des lâches ou des soutiens des «régimes autoritaires ou dictatoriaux».

Oui, c’est la règle du «jeu» sur le front intérieur. Par front intérieur, j’entends le (ou les) pays, où vivent les citoyens qui financent avec leurs impôts les navires et les avions de guerre, les missiles et les armes utilisés pour tuer, et où vivent également les mères des soldats qui sont envoyés combattre. Donc, le front intérieur doit être absolument convaincu que la guerre est à la fois juste et nécessaire. Comment y parvenir? Grâce aux médias de masse. C’est la seule manière, il n’y en a pas d’autre.
Contrairement au théâtre des opérations, la lutte sur le front intérieur ne se fait pas avec des bombes et autres munitions, mais à coup d’éditoriaux et d’articles, avec des photos et des images. Le plus frappant, et le plus consternant, c’est que la plupart des gens ne connaissent même pas le terme de «front intérieur», et ne sont pas non plus conscients de la propagande massive qu’on leur sert à chaque nouvelle guerre.
Albert Camus, écrivain, prix Nobel de littérature et philosophe, a souligné que nous pouvons toujours influencer l’Histoire: «Rien n’est plus impardonnable que la guerre et l’incitation à la haine raciale. Mais une fois la guerre déclenchée, il est futile et lâche de ne rien faire au prétexte que l’on n’en est pas responsable. […] Toute personne a une sphère d’influence de taille variable […] Ce sont des individus qui nous envoient à la mort aujourd’hui – pourquoi n’incomberait-il pas à d’autres individus de créer la paix dans le monde? […] Entre le moment de la naissance et celui de la mort, presque rien n’est prédéterminé: on peut tout changer et même mettre un terme à la guerre, et établir la paix si la volonté est suffisamment forte et durable.»

Quel rôle joueront les progrès technologiques dans les guerres futures? Les robots mèneront-ils la guerre?

Aujourd’hui, il existe des robots armés, capables de tuer. Etait-il avisé de mettre au point et de produire de tels robots tueurs? Les drones qui volent au-dessus de l’Afghanistan et du Pakistan sont des machines et ils tuent des gens. C’est déjà la réalité. Actuellement, la révolution numérique se met au service du complexe militaro-industriel. D’ici 10 à 20 ans, des films de science-fiction comme «Terminator» (1984) ou «Robocop» (1987) seront devenus la réalité dans le sens où des machines tueront des gens de manière quasi autonome.
La question de la violence est loin d’être résolue, elle se complexifie. Il faut en parler ouvertement. Mon rôle en tant qu’historien est de rappeler aux gens que la guerre et la violence ont été utilisées à de nombreuses reprises, et qu’il n’a jamais été possible de mettre un terme à la violence par la force. Il faut évoluer et trouver d’autres voies, d’autres solutions à nos problèmes.

Dans votre livre vous écrivez que «les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, par ailleurs responsables de la paix mondiale, sont les plus gros exportateurs d’armements» en soulignant que «dès qu’un conflit s’embrase, ces cinq Etats en profitent, car leurs exportations d’armement augmentent». 

C’est un des grands paradoxes du Conseil de Sécurité de l’ONU. Son but et sa responsabilité sont de promouvoir la paix. Et pourtant, ces cinq Etats membres sont les principaux pourvoyeurs d’armes, et leurs dépenses militaires sont énormes. Leur complexe militaro-industriel est très puissant. Mais chacun peut décider s’il veut utiliser la force, ou pas. En tant qu’êtres humains, nous devons renforcer la bienveillance et l’humanité.

Vous écrivez qu’au regard de l’Histoire humaine, l’interdiction de faire la guerre inscrite dans la Charte de l’ONU n’a que 72 ans. Dans votre perspective, elle est donc toute jeune. Est-ce une des raisons expliquant pourquoi le progrès qu’elle implique n’a pas encore été acquis, intégré par le genre humain? 

Oui, la Charte de l’ONU, qui proscrit les guerres et les a rendues illégales, fut signée en 1945. C’est donc un document jeune. A l’échelle d’un historien, 70 ans représentent une période brève. Mais on peut constater que nous avons progressé: au cours des siècles précédents, jamais un tel document n’a existé. C’est une première. La prochaine étape sera de respecter La Charte de l’ONU et de faire en sorte que les médias parlent de l’illégalité des guerres et expliquent comment fonctionne la propagande de guerre (plutôt que de la propager). Je pense vraiment que nous avons tous un intérêt commun pour la paix, indépendamment de notre sexe, de notre religion, de notre éducation ou de notre richesse. J’ai écrit ce livre en espérant pouvoir renforcer le mouvement pour la paix, et je suis très heureux qu’il soit maintenant disponible en français.

Merci beaucoup pour cet entretien.

(Propos recueillis par Jean-Paul Vuilleumier)

 

Il est nécessaire de réduire les souffrances humaines en Syrie

Horizons et débats (Zeit-Fragen) Zurich

27 novembre 2017

Source originaire : Site officiel du Président de la Fédération de Russie kremlin.ru du 14/11/17

Déclaration des présidents de la Fédération de Russie et des Etats-Unis d’Amérique du 11 novembre 2017 à Da Nang (Vietnam)
Aujourd’hui pendant leur entretien en marge de la conférence des pays membres de l’APEC à Da Nang (Vietnam), le Président russe Vladimir Poutine et le Président américain Donald Trump ont réaffirmé leurs dispositions à anéantir l’organisation terroriste Daech en Syrie. Ils ont exprimé leur satisfaction concernant l’efficacité des efforts réalisés par les Etats-Unis et la Russie, prévenant ainsi plus concrètement les incidents dangereux entre militaires américains et russes. Cela a permis d’accroître considérablement les pertes de Daech sur le champ de bataille au cours de ces derniers mois. Les présidents ont convenu de maintenir les canaux de communication militaires actuels pour garantir la sécurité des forces armées russes et américaines, ainsi que pour prévenir les incidents dangereux impliquant les forces des partenaires combattant Daech. Ils ont réaffirmé que ces efforts se poursuivraient jusqu’à la défaite définitive de Daech.
Les présidents sont d’accord sur le fait que le conflit en Syrie ne peut être résolu par des moyens militaires. Ils ont réaffirmé que le règlement politique définitif du conflit devait être trouvé dans le cadre du processus de Genève en conformité avec la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ils ont également noté la récente déclaration du Président syrien Bachar al-Assad confirmant son attachement au processus de Genève, à la réforme constitutionnelle et aux élections conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les deux présidents ont déclaré à nouveau que ces démarches supposaient une mise en œuvre complète de la résolution 2254 du Conseil de sécurité incluant notamment la réforme constitutionnelle et l’organisation d’élections libres et justes sous la surveillance de l’ONU en respectant les plus hautes normes de transparence et de responsabilité et en accordant à tous les Syriens, membres de la diaspora y compris, le droit d’y participer. Les présidents ont réaffirmé leur attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité, à l’intégrité territoriale et au caractère laïc de la Syrie, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ils ont également appelé toutes les parties syriennes à participer activement au processus de paix de Genève et à soutenir les efforts visant à garantir son succès.
Enfin, les présidents Vladimir Poutine et Donald Trump ont confirmé l’importance des zones de désescalade à titre de mesure provisoire visant à réduire la violence en Syrie, à remplir les accords sur le cessez-le-feu, à améliorer l’accès humanitaire sans obstacles et à créer les conditions pour un règlement politique définitif du conflit. Ils ont évoqué la mise en œuvre actuelle de la décision de mettre en place une zone de désescalade au sud-est du pays, qui avait été prise durant leur rencontre précédente le 7 juillet à Hambourg (Allemagne). Aujourd’hui, les deux présidents ont également salué le Mémorandum sur les principes signé entre la Jordanie, la Russie et les Etats-Unis à Amman (Jordanie) mercredi 8 novembre. Ce Mémorandum renforce le succès de l’initiative sur le cessez-le-feu, y compris la réduction et au final la suppression des forces étrangères et des combattants étrangers de cette région afin d’assurer une paix plus durable. Le Centre d’observation d’Amman continuera de veiller au respect de l’accord sur le cessez-le-feu avec la participation des experts jordaniens, russes et américains.
Les deux présidents ont évoqué la nécessité de réduire les souffrances humaines en Syrie et ont appelé tous les Etats membres de l’ONU à accroître leur contribution pour satisfaire les besoins humanitaires dans les mois à venir.
Source: Site officiel du Président de la Fédération de Russie kremlin.ru du 14/11/17

Les Etats-Unis renforcent la présence des forces d’opérations spéciales à la frontière de la Russie

par Peter Korzun

3 novembre 2017

Horizons et débats (Zeit-Fragen) 27 novembre 2017

Source: http://www.strategic-culture.org/news/2017/11/03/us-boosts-special-operations-forces-presence-at-russia-border.html  (Traduction Horizons et débats)

Le déploiement en Europe des forces d’opérations spéciales américaines n’est jamais à l’ordre du jour dans les médias, mais sur le terrain, il s’accélère. Il ne peut avoir d’autre but que l’acquisition d’une capacité à lancer des attaques en profondeur sur le territoire russe.
L’administration Trump compte beaucoup sur ses Special Operation Forces (SOF). Elles sont déployées dans 137 pays c’est à dire près de trois pays sur quatre dans le monde. Au moins 8000 membres des SOF opèrent dans environ 80 pays à un moment donné. Les chiffres ont grimpé de quelques milliers dans les années 1980 à 70 000 à l’heure actuelle. En 2016, les Etats-Unis ont déployé ces forces spéciales à Taïwan, en Mongolie, au Kazakhstan, au Tadjikistan, en Afghanistan, au Népal, en Inde, au Laos, aux Philippines, en Corée du Sud et au Japon. En 2006, 3% de ces forces déployées à l’étranger se trouvaient en Europe. En 2016, ce nombre a dépassé 12%.
Beaucoup de choses ont été dites récemment sur les opérations des SOF en Afrique. Elles vont se développer et s’intensifier. Officiellement, elles participent à des missions de formation et d’assistance pour contrer les menaces terroristes. Mais on peut difficilement imaginer la nécessité de déployer des forces spéciales venant d’outre-mer pour combattre le terrorisme dans le Vieux Continent.
Les Etats-Unis ont augmenté la présence de SOF en Europe d’un facteur quatre l’année dernière. Elles sont principalement déployées près des frontières de la Russie, y compris dans les pays tels que les Etats baltes, la Roumanie, la Pologne, l’Ukraine et la Géorgie. En 2017, les SOF ont été déployées dans plus de 20 pays européens.
En mars, des SOF [les bérets verts de l’armée: Army Green Berets] se sont entraînés avec des troupes locales en Laponie (Finlande), à l’occasion de l’exercice Northern Griffin 2017. En mai, les Navy SEAL faisaient partie de l’exercice Flaming Sword 17 en Lituanie. En juin, des membres du 10e groupe de forces spéciales américaines se sont entraînés près de Lubliniec, en Pologne. En juillet, des forces spéciales navales ont pris part à l’exercice militaire annuel Sea Breeze en Ukraine. En août, des forces de combat du 321e Special Tactics Squadron [Escadron tactiques spéciales] ont contrôlé l’autoroute à deux voies, désamorcé l’espace aérien et exercé le commandement et le contrôle au sol et dans les airs pour l’atterrissage des avions d’attaques au sol A-10 du 104e escadron de chasse de la Maryland Air National Guard et ceci sur l’autoroute Jägala–Käravete, en Estonie. En août également, les SOF ont participé à l’exercice Noble Partner en Géorgie.
Le Major Michael Weisman, porte-parole du Commandement des opérations spéciales des Etats-Unis en Europe, précise: «Mis à part la Russie et la Biélorussie, nous nous entraînons avec pratiquement tous les pays d’Europe, bilatéralement ou par le biais de divers événements multinationaux.»
En avril et en mai 2017, des membres des Forces spéciales de la Marine du Commandement des opérations spéciales des Etats-Unis et des forces spéciales de l’OTAN venant d’Albanie, de Bulgarie et de Lituanie ont pris part à l’exercice Saber Junction 17 ayant eu lieu au Joint Multinational Readiness Center en Allemagne. L’Ukraine et la Géorgie étaient parmi les pays participants. En plus de l’intégration des SOF américaines, une force de résistance simulée a participé à l’exercice avec la participation de la Force nationale de défense volontaire lituanienne.
Des commandos américains se sont déployés discrètement dans les Etats baltes. Des dizaines de membres des forces d’opérations spéciales des Etats-Unis y stationnent «en permanence» pour former des opérateurs spéciaux.
Cette année, un groupe des forces spéciales de la Garde nationale américaine basé à Birmingham, en Alabama, a été chargé d’apprendre la langue russe, y compris la terminologie militaire, ainsi que l’histoire, la culture et les traditions dans ce qui semble être une phase préliminaire d’une éventuelle opération en outre-mer. C’est le début d’un programme quinquennal de préparation des SOF de la Garde nationale. Les cours de langue devraient durer de trois à six semaines. Ils comprennent la terminologie militaire et l’utilisation pratique des termes de commandement. En outre, les instructeurs sont censés présenter la culture régionale avec les dates d’événements importants et les données concernant des personnalités.
Les SOF sont déployées à proximité des frontières de la Russie sous le prétexte de défendre nos alliés effrayés par une éventuelle «agression russe». Si tel était le cas, ils demanderaient des forces à usage plus général, comme des unités de l’armée, équipées de systèmes d’armes défensives pour protéger leurs frontières. Ils n’auraient pas besoin des SOF, qui représentent des unités de frappe offensives comme les US Marines en Norvège. Des instructeurs spécialisés dans les opérations défensives, et non des forces d’opérations spéciales sont nécessaires pour repousser les attaques de l’adversaire. Ce que les SOF et les Marines peuvent enseigner, c’est l’art des premières frappes. Ce déploiement en Europe n’est jamais médiatisé mais il augmente rapidement. Il ne peut y avoir d’autre but que l’acquisition de la capacité de lancer des opérations en profondeur sur le territoire russe.

Yémen: Après avoir perdu la guerre, les Saoudiens tentent le génocide – les médias complices

par Moon of Alabama
13 novembre 2017
Source : http://arretsurinfo.ch/yemen-apres-avoir-perdu-la-guerre-les-saoudiens-tentent-le-genocide-les-medias-complices/
Source originaire : http://www.entelekheia.fr/yemen-apres-perdu-guerre-saoudiens-tentent-genocide-medias-complices/

Les accusations de complicité active de l’Occident dans le désastre humanitaire causé par Ben Salmane au Yémen de Moon of Alabama peuvent sembler un peu exagérées. Elles sont néanmoins amplement corroborées par de multiples autres observateurs, par exemple l’historien et analyste britannique spécialisé dans les Affaires étrangères du Royaume-Uni Mark Curtis. Selon lui aussi, il semble que tous leurs caprices, même les plus meurtriers, soient passés au Saoudiens par un Occident avide de leur vendre toutes les breloques guerrières les plus nombreuses et chères possibles. Et tant que l’Arabie Saoudite achète, elle est protégée d’accusations de crimes de guerre.
Paru le 13 nov. sur Moon of Alabama sous le titre Yemen – Having Lost The War Saudis Try Genocide – Media Complicit

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Photo PressTV : Yémen, « le marché bombardé était une cible légitime », selon les Saoudiens.

Fausses nouvelles :
L’Arabie Saoudite met fin à son blocus des ports et des aéroports du Yémen – Daily Mail
La coalition menée par l’Arabie Saoudite dit qu’elle va rouvrir les ports du Yémen – Anadolu
Les ports yéménites rouverts à l’aide humanitaire, selon l’Arabie Saoudite – Deutsche Welle
Du dernier lien :
L’Arabie Saoudite, en réaction aux avertissements sur la famine imminente au Yémen de l’ONU, dit que les ports qu’elle contrôle seront rouverts à l’aide humanitaire. Riyad les a fermés la semaine dernière après une attaque de missiles reprochée aux rebelles houthis soutenus par l’Iran.
Les titres ci-dessus sont faux. Le gouvernement saoudien a annoncé la réouverture de quelques-uns des ports et aéroports. Ces derniers sont dans le sud et sous contrôle des forces par procuration des Saoudiens engagées dans la lutte contre l’alliance Houthi-Saleh du nord-est du Yémen. Quelques 70% de la population vivent dans les zones du nord-est qui continueront à être soumises à un blocus total. Le principale port de leur zone est Hodeida, qui restera fermé. En mars dernier, le Pentagone a tenté de prendre le contrôle du port. Mais combattre pour le prendre aurait détruit les embarcadères, et par conséquent la voie d’approvisionnement de quelques vingt millions de personnes. L’aéroport le plus important se trouve à Sanaa. L’alliance Saudo-Américano-britannique empêche même les vols de l’ONU avec des fournitures médicales à bord d’y atterrir.
Les Saoudiens « requièrent » désormais que l’ONU envoie une commission d’experts à Riyad pour « discuter » des procédures des futurs contrôles des ports non détenus par leurs forces par procuration. Un processus de ce type prendra des semaines, voire des mois. Comme le Pentagone avant eux, les Saoudiens demanderont le plein et entier contrôle des ports, ce que leurs opposants n’accorderont bien sûr pas. Ce type de palabre oiseuse ne fera qu’envenimer la situation.
Grâce aux contrebandiers locaux, un peu de nourriture et d’autres biens arriveront toutefois à passer le blocus. Mais ce sera très insuffisant et beaucoup trop cher pour la majorité des Yéménites. Quand le blocus récent a été annoncé, les prix de la nourriture et du gaz ont instantanément doublé au Yémen. Les employés du service public n’ont pas été payés depuis 15 mois. Les gens ne peuvent tout simplement plus se permettre de garder leurs enfants en vie :
A Sanaa, Nor Rashid a vendu la vache de sa famille pour payer les frais de transport de sa fille de quatre ans, qui pèse 7 kilos, au centre d’alimentation de l’hôpital d’ Al-Sabaeen. Elle a d’autres enfants qui sont également malades, mais elle ne peut pas payer les soins médicaux si elle les emmène à l’hôpital aussi. « C’est à cause de l’absence des salaires du gouvernement », a-t-elle dit. « Normalement, nous allons voir la personne du village qui perçoit un salaire pour lui demander de l’aide et lui emprunter de l’argent, si quelqu’un doit aller à l’hôpital. Mais comme les salaires ne sont plus versés, nous n’avons plus de soutien. »
L’ONU prévient, à juste titre, que le blocus cause une famine de masse. Cette famine n’est pas un effetmalencontreux de la guerre – c’est une arme :
Affamer les civils du Yémen est un acte délibéré de Riyad, qui est furieux de son humiliante incapacité à remporter une victoire militaire saoudienne.
Selon les médias, seuls 10 000 civils saoudiens ont été tués en deux ans et demi de guerre. Le nombre est risible. Ni l’ONU, ni d’autres n’ont publié le moindre rapport détaillé. Le nombre de 10 000 victimes sort de nulle part. Comparons, par exemple, les dates et contenus de ces deux rapports :
Al Jazeera – 31 août 2016 : ONU, au moins 10 000 civils tués dans le conflit au Yémen
Les Nations-Unies ont significativement révisé le nombre des victimes tuées de la guerre civile qui dure depuis 18 mois, aujourd’hui porté à 10 000 personnes.

Depuis la capitale Sanaa mardi, Jamie McGoldrick, le coordinateur de l’aide humanitaire de l’ONU, a dit que la nouvelle estimation se fonde sur les informations officielle des centres de soins médicaux du Yémen.
Al Jazeera – 17 janvier 2017 : Le nombre des morts du conflit au Yémen dépasse les 10 000
L’officiel de l’aide humanitaire des Nations-Unies au Yémen a dit que le bilan des victimes au cours du conflit au Yémen, qui dure depuis presque deux ans, a atteint 10 000 tués et 40 000 blessés.
Jamie McGoldrick, du bureau pour la coordination des affaires humanitaires, a dit que les chiffres sont basés sur la liste des victimes compilées par les centres de soins médicaux…
Le même faible nombre de victimes est affirmé par le même officiel en août et en janvier, alors qu’une guerre dévastatrice continuait dans l’intervalle. Cela ne tient pas debout. Pour faire rire les cyniques aux éclats, ou par stupidité, le deuxième reportage d’Al Jazeera continue :
L’annonce marque la première fois qu’un officiel de l’ONU confirme un bilan des victimes aussi élevé au Yémen.
Jusqu’à juillet 2017, la coalition saoudo-américaine a opéré plus de 90 000 sorties aériennes au-dessus du Yémen, dont la plupart dans le but de larguer des bombes. Sommes-nous censés croire que seuls 10 000 civils ont été tués par ces bombes et par l’artillerie supplémentaire, les snipers et les attaques suicides ? Cela ne collerait même pas aux rapports occidentaux sur les incidents de masse recensés au cours de la guerre. 100 000 civils tués par la guerre est un nombre bien plus probable que les invariables 10 000 cités.
Le 1er novembre, un bombardement saoudien a tué au moins 29 personnes dans un marché fréquenté de Saada. Les missiles lancés depuis le Yémen contre l’aéroport de Riyad le 4 novembre dernier était une réponse à cette attaque meurtrière saoudienne. Les Saoudiens affirment que ces missiles yéménites proviennent d’Iran et l’armée américaine, sans fournir la moindre preuve, confirme cette fable.
Les restes des missiles portaient des marques iraniennes, a déclaré l’officiel le plus haut gradé des forces aériennes des USA au Moyen-Orient.
C’est aussi farfelu que s’il avait dit : « Les Saoudiens ont trouvé une étiquette sur les débris. Elle disait Made in Iran ».
Dans un message vidéo, l’ancien président du Yémen a expliqué que ces missiles provenaient d’un important stock qu’il avait apporté avant que le pays n’entre dans la guerre actuelle. Selon la publication britannique spécialisée dans la défense IHS Jane’s, ces missiles sont d’origine nord-coréenne (pdf) et ont été modifiés par les forces armées expérimentées yéménites.
De concert avec la propagande saoudienne, des affirmations bizarres émergent dans les médias US. Soudainement, des combattants afghans chiites (la Brigade des Fatimides) ou le Hezbollah du Liban combattraient au Yémen. Ces affirmations ne tiennent pas debout. Tentez d’expliquer, par exemple, la géographie dans cet article du New York Times.
Non seulement l’Iran a envoyé des unités légères de la Brigade des Fatimides à travers la frontière syrienne pour combattre au Yémen…
Comment et pourquoi des chiites afghans, qui ne parlent pas arabe, entreraient-ils au Yémen ? Il y a des millions de Yéménites sans emploi dans les zones assiégées. Ils haïssent les Saoudiens. Les Houthis ne manquent sûrement pas de fantassins.
Dans une récente interview télévisée, le Premier ministre libanais kidnappé Saad Hariri a suggéré qu’il serait libéré par les Saoudiens si le Hezbollah cessait ses opérations au Yémen. L’AP l’a résumé :
Hariri a mentionné la présence du Hezbollah au Yémen comme cause principale de l’ire du royaume.
Mais il n’y a aucune preuve d’une quelconque présence du Hezbollah au Yémen. En 2015, un diplomate saoudien a affirmé avoir eu vent de « rapports » de formateurs du Hezbollah au Yémen, sans en donner la preuve ou en nommer l’origine. En 2016, la chaîne de télévision d’État de l’Arabie Saoudite Al Arabiya a posté une courte vidéodont elle affirmait qu’elle montrait un formateur du Hezbollah entraînant des Houthis. Ni lieu, ni date, ni autre information sur le tournage n’ont été publiés. En deux ans et demi de guerre contre le Yémen, aucun rapport de terrain n’a émergé selon lequel le Hezbollah y serait engagé, non plus que de soldats libanais, iraniens ou afghans blessés.
Les Houthis ne sont pas le Hezbollah et pas non plus des agents du gouvernement iranien. Leur alliance avec des troupes de l’armée du Yémen loyales à l’ancien président Saleh leur donne de bonnes capacités tactiques et techniques. Leurs armes proviennent d’ancien stocks ou sont achetées sur les grand marchés d’armes du Yémen. Les vendeurs achètent ces armes aux groupes employés et généreusement équipés par les Saoudiens. Ces forces contrôlées par les Saoudiens sont les principaux fournisseurs de leurs ennemis désignés.
Les Saoudiens affament tout un pays – avec le soutien avide du monde occidental « humanitaire ». La bureaucratie et les leaders de l’ONU ont été achetés et sont complices. Le tyran saoudien kidnappe et fait chanter le Premier ministre d’un pays tiers. Tout cela parce qu’il n’arrive pas à vaincre les combattants va-nu-pieds houthis du Yémen, contre qui il s’est engagé dans une guerre absurde. Les Saoudiens inventent une implication iranienne et les médias répètent avidement leurs affirmations sans aucune preuve pour les corroborer.
Des millions de civils sont en danger imminent de mort. Pendant ce temps, des politiciens occidentaux cupides déroulent le tapis rouge au dingue de Riyad, le « prince héritier » et à son père sénile. Ils soutiennent toutes les affirmations les plus délirantes des Saoudiens sur ceux qu’ils perçoivent comme leurs ennemis.
La prochaine fois que vous croiserez ce genre de créature, s’il vous plaît, mettez-lui votre poing dans la figure.

Par Moon of Alabama | 13 novembre 2017
Traduction et note d’introduction Entelekheia
Photo PressTV : Yémen, « le marché bombardé était une cible légitime », selon les Saoudiens.

Un expert de l’ONU appelle à la démocratisation des médias

Alfred de Zayas

Source : Horizons et débats, Case postale 729, CH-8044 Zurich, 16 novembre 2017. http://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2017/no-2728-14-novembre-2017/un-expert-de-lonu-appelle-a-la-democratisation-des-medias.html

Source originaire : www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22074&LangID=F

 

 

La démocratie et l’autodétermination sont cruciales pour la prévention des conflits nationaux, régionaux et internationaux, mais elles sont menacées par de «fausses nouvelles», des informations incomplètes et le «politiquement correct», a déclaré Alfred de Zayas, expert indépendant pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable dans un communiqué à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie le 15 septembre.

«La démocratie est essentielle pour parvenir à un ordre mondial plus juste. Ce n’est qu’en réfléchissant vraiment aux intérêts des gens que les gouvernements pourront endiguer le désenchantement, l’exploitation et les conflits qui affligent le monde d’aujourd’hui.
La vraie démocratie exige de l’éducation, l’accès à des sources d’information et à des opinions multiples et fiables, une consultation de bonne foi avec toutes les personnes affectées par les décisions et un débat ouvert, hors de toute intimidation, ostracisme et contraintes du ‹politiquement correct›.
Cela signifie combiner la règle de la majorité avec le respect des opinions minoritaires et la dignité humaine de tous.
La vraie démocratie ne peut pas fonctionner correctement sans une presse libre et pluraliste, mais les ‹fausses nouvelles›, la ‹manipulation des informations› et les campagnes axées étroitement sur les questions à la mode portent à confusion et corrompent le processus démocratique.
Il ne s’agit pas seulement des gouvernements qui se livrent à la diffusion de fausses nouvelles – des informations fausses ou délibérément partisanes – mais aussi du secteur privé, des médias d’entreprise et d’autres conglomérats qui tentent de créer ce que Noam Chomsky appelait la «fabrication du consentement».
Bien que la liberté d’opinion et d’expression soient indispensables à la société démocratique, ces libertés doivent servir – non pas manipuler – la démocratie. Ce qui est nécessaire, c’est un accès libre à l’information et aux opinions pluralistes – plutôt que des services de presse homologués qui se font écho les uns aux autres et tentent d’imposer une version ‹politiquement correcte› de la réalité.
Les médias ont la responsabilité de diffuser de l’information, sans supprimer de façon sélective les faits pertinents, ou forcer les faits dans une seule interprétation possible. La démocratie a besoin de services d’information alternatifs et d’une démocratisation générale des médias.
On parle de démocratie lorsqu’il existe une corrélation directe entre la volonté des gens et les politiques qui les affectent. Cela exige plus qu’un vote périodique pour la forme, en particulier étant donné que de tels exercices démontrent un manque de choix réel en termes de candidats et entraînent rarement un changement de politique.
La démocratie directe, participative et réactive, sous toutes ses formes, est primordiale et doit être utilisée pour permettre aux individus de donner un consentement authentique, libre, préalable et éclairé avant que les gouvernements ne promulguent des décisions législatives et autres qui ont un impact sur leur vie.
Les Etats membres des Nations Unies ont affirmé en 2005 lors d’un sommet mondial sans précédent que la démocratie, le développement et le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales étaient interdépendants et se renforçaient mutuellement.
Ils ont également observé que, bien que les démocraties partagent des caractéristiques communes, il n’existe pas de modèle unique de démocratie. Tous les peuples et toutes les nations ont le droit de trouver leur propre formule de la démocratie. En effet, la démocratie est une expression de l’autodétermination.»    •

Au cours d’une interview, le Qatar confie des secrets concernant la guerre en Syrie

par Tyler Durden

30 octobre 2017

Source : http://arretsurinfo.ch/au-cours-dune-interview-le-qatar-confie-des-secrets-concernant-la-guerre-en-syrie/

Sources originaires : http://www.zerohedge.com/news/2017-10-28/shocking-viral-interview-qatar-confesses-secrets-behind-syrian-war

http://lesakerfrancophone.fr/au-cours-dune-interview-le-qatar-confie-des-secrets-concernant-la-guerre-en-syrie

Tout cela les gens bien informés via nos médias non alignés le savaient depuis le début de la guerre. Cette confirmation officielle a le mérite d’enfoncer le clou quant au rôle complice des médias officiels dans cette guerre terroriste contre l’Etat syrien voulue au départ avant tout par la France de Sarkozy et ses acolytes Kouchner, Fabius, BHL. Une guerre « pour Israël » et non pour le pétrole…[ASI]

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L’interview télévisée d’un haut responsable qatari avouant la vérité sur les origines de la guerre en Syrie est en train de devenir virale dans le monde des médias sociaux arabes. La même semaine, un document secret de la NSA a été divulgué, confirmant que l’opposition armée en Syrie était sous le commandement direct de gouvernements étrangers, dès les premières années du conflit.

Par Tyler Durden | 28 octobre 2017 | Zero Hedge

Et selon un analyste syrien bien connu et un conseiller économique ayant des contacts étroits avec le gouvernement syrien, l’interview explosive constitue « l’aveu public » par quelqu’un de haut placé « de la collusion et de la coordination entre quatre pays pour déstabiliser un État indépendant, y compris par un soutien possible à Nusra /al-Qaïda ». Il est important de noter que « cet aveu aidera à justifier ce que Damas considère comme une atteinte à sa sécurité et à sa souveraineté et constituera une base pour des demandes d’indemnisation ».

Alors que la guerre en Syrie ralentit doucement, il semble que de nouvelles fuitesapparaissent presque chaque semaine sous la forme de témoignages de hauts responsables impliqués dans la déstabilisation de la Syrie et même de courriels et documents occasionnels qui détaillent les opérations secrètes de changement de régime contre le gouvernement Assad. Bien qu’une grande partie de ce contenu serve à confirmer ce qui était déjà connu par ceux qui n’ont jamais accepté la propagande simpliste qui a dominé les médias traditionnels, les détails continuent à se mettre en place, fournissant aux futurs historiens une image plus claire de la vraie nature de cette guerre.

Ce processus de clarté a été favorisé, comme prévu, par les luttes intestines entre les anciens alliés du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l’Arabie saoudite et le Qatar, chaque partie accusant l’autre de financer les terroristes islamiques et al-Qaïda. Le monde observe, pendant que de plus en plus de linge sale est lavé publiquement à cause de l’implosion du CCG, qui, pendant des années, en accord avec presque toutes les monarchies du Golfe, a financé les mouvements djihadistes dans des endroits comme la Syrie, l’Irak et la Libye.

 

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Julian Assange  @JulianAssange

Depuis 2013, Intercept (+ WaPo ?) cache des documents de la NSA montrant que les Saoudiens ordonnaient des attaques « rebelles » contre Damas. Maintenant libérée. https://theintercept.com/2017/10/24/syria-rebels-nsa-saudi-prince-assad/

02h49 – 25 octobre 2017

Un document de la NSA confirme que le prince saoudien a directement ordonné des attaques coordonnées, menées par des rebelles syriens, contre Damas.

« Incendiez Damas », a déclaré le prince saoudien aux rebelles syriens, de plus en plus dépendants des soutiens étrangers.

theintercept.com

Ce haut responsable qatari n’est autre que l’ancien Premier ministre, Hamad ben Jassim bin Jaber al-Thani, qui a supervisé les opérations syriennes au nom du Qatar jusqu’en 2013 (également en tant que ministre des Affaires étrangères), photographié avec la secrétaire d’État Hillary Clinton, le janvier 2010 (pour rappel, le Comité de la Coupe du monde 2022 du Qatar a fait un don de 500 000 dollars à la Fondation Clinton en 2014).

Mercredi, au cours d’une interview à Qatari TV, bin Jaber al-Thani a révélé que son pays, aux côtés de l’Arabie saoudite, de la Turquie et des États-Unis, a commencé à expédier des armes aux djihadistes dès le début des événements (en 2011).

Al-Thani a même comparé l’opération secrète à une « chasse à courre » – la proie étant le président Assad et ses partisans – une « proie » qui, l’admet-il, a pu s’échapper (comme Assad est toujours au pouvoir, il a utilisé un mot arabe « al-sayda », qui veut dire la chasse aux animaux ou aux proies, pour le sport). Bien que Thani ait nié des allégations crédiblesde soutien à Daech, les paroles de l’ancien premier ministre impliquent le soutien direct du Golfe et des États-Unis à al-Qaïda en Syrie (Front al-Nusra), dès les premières années de la guerre. Le Qatar a même dit posséder des documents prouvant que la guerre avait pour objectif un changement de régime.

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EHSANI2 @ EHSANI22

« Nous avons discuté de la proie et du fait que cette proie s’était enfuie ». Mesdames et messieurs : pour ces personnes #Syria #Assad n’étaient rien d’autre qu’une p…n de partie de chasse. https://twitter.com/walid970721/status/923825448324345858

07h26 – 28 octobre 2017

Selon la traduction de Zero Hedge, tout en reconnaissant que les pays du Golfe armaient les djihadistes en Syrie avec l’approbation et le soutien des États-Unis et de la Turquie, al-Thani déclare : « Je ne veux pas entrer dans les détails mais nous avons plein de documents montrant ce que nous y avons fait [en Syrie]. » Il a affirmé que le roi Abdallah d’Arabie saoudite (qui a régné jusqu’à sa mort en 2015) et les États-Unis ont décidé que le Qatar aurait un rôle de premier plan concernant les opérations secrètes dans cette guerre par procuration.

Bien que très révélateurs, les commentaires de l’ancien Premier ministre visaient à défendre et à excuser le soutien du Qatar au terrorisme et à critiquer les États-Unis et l’Arabie saoudite pour avoir laissé le Qatar « se mouiller » seul dans cette guerre contre Assad. M. Al-Thani a expliqué que le Qatar continuait à financer des insurgés armés en Syrie alors que d’autres pays commençaient à diminuer leurs soutiens massifs, raison pour laquelle il s’en prenait aux États-Unis et aux Saoudiens qui « étaient avec nous dans la même tranchée ».

Dans une précédente interview télévisée américaine largement sous-diffusée, al-Thani a confié à Charlie Rose, qui l’interrogeait sur les allégations de soutien du Qatar au terrorisme, que « en Syrie, tout le monde a fait des erreurs, y compris votre pays ». Il a rajouté que lorsque la guerre a commencé en Syrie, « nous tous travaillions à partir de deux centres de commandement : un en Jordanie et un en Turquie ».

 

Voici la partie clé de l’interview de mercredi, traduite et sous-titrée par @ Walid970721. Zero Hedge a examiné et confirmé cette traduction, cependant, comme l’a reconnu le traducteur de la bande originale, al-Thani ne dit pas « dame » mais « proie » [« al-sayda »] – comme si Assad et les Syriens étaient pourchassés par des pays extérieurs.

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Walid @ walid970721

# L’ex-Premier ministre du Qatar dit que le soutien qatari aux djihadistes, y compris Nusra en #Syrie, était fait en coordination avec la KSA, la Turquie et les États-Unis via @ BBassem7

16h15 – 27 octobre 2017

La transcription partielle en français est la suivante :

« Quand les événements ont commencé en Syrie, je suis allé en Arabie saoudite pour y rencontrer le roi Abdallah, sur l’ordre de Son Altesse le prince, mon père, il [Abdallah] a dit qu’il nous soutenait. Vous continuez avec ce plan et nous vous coordonnerons mais c’est vous qui prenez les opérations en charge. Je ne vais pas entrer dans les détails mais nous avons des documents complets sur tout ce qui a été envoyé en Syrie, par la Turquie et en coordination avec les forces américaines et tout a été distribué par les Turcs et les forces étasuniennes. Il y a peut-être eu des erreurs et un soutien a été donné à la mauvaise faction … Peut-être qu’il y avait une relation avec Nusra, c’est possible, mais moi-même je ne sais pas… nous étions en train de nous battre pour la proie [al-sayda] et maintenant la proie s’est enfuie mais nous combattons encore … et maintenant Bachar est toujours là, vous [les États-Unis et l’Arabie saoudite] étiez avec nous dans la même tranchée … Je n’ai pas d’objection à ce que quelqu’un change d’avis s’il considère qu’il avait tort, mais au moins informez votre partenaire … par exemple, laissez tomber Bachar [al-Assad] ou faites ceci ou cela, mais la situation qui a été créée ne permettra jamais de progrès au sein du Conseil de coopération du Golfe, ni aucun progrès si nous continuons à nous disputer ouvertement. »

Comme on le sait maintenant, la CIA a été directement impliquée dans les tentatives de changement de régime en Syrie, avec les alliés du Golfe, comme le confirment les notes d’information américaines divulguées et déclassifiées. Le gouvernement américain a compris en temps réel que les armements sophistiqués du Golfe et de l’Occident finissaient entre les mains d’al-Qaïda et de Daech, en dépit des déclarations officielles disant armer des rebelles soi-disant « modérés ». Par exemple, une note de renseignementde 2014 envoyée à Hillary Clinton reconnaissait le soutien qatari et saoudien à État islamique.

Le courriel annonçait, dans un langage direct et sans ambiguïtés que :

« Les gouvernements du Qatar et de l’Arabie saoudite fournissent un soutien financier et logistique clandestin à EI et à d’autres groupes sunnites radicaux de la région. »

En outre, un jour avant l’interview du Premier ministre Thani, The Intercept publiait un nouveau document secret de la NSA, tiré des fichiers de renseignements fournis par Edward Snowden, qui montre clairement que l’opposition armée en Syrie était sous le contrôle direct de gouvernements étrangers, depuis les premières années de cette guerre qui a maintenant enlevé un demi-million de vies.

Ce document de la NSA récemment publié confirme qu’une attaque des insurgés de 2013, avec des lanceurs de roquettes sophistiqués, sur les zones civiles de Damas, y compris l’aéroport international de Damas, a été directement approvisionnée et commandée par l’Arabie saoudite, avec la bénédiction des renseignements américains. Comme le confirme également l’ancien Premier ministre qatari, les Saoudiens et le gouvernement américain ont mis en place des « centres de commandement » pour superviser ces odieuses attaques, pendant la même période que celle de l’attaque de l’aéroport de Damas en 2013.

Il ne fait aucun doute qu’il reste une mine de preuves documentaires accablantes qui continueront à fuiter dans les mois et les années à venir. Au moins, la guerre diplomatique entre le Qatar et l’Arabie saoudite apportera encore plus de fruits, car chaque partie s’en prend à l’autre en l’accusant de soutenir le terrorisme. Et comme on peut le voir dans cette dernière interview télévisée qatarie, les États-Unis eux-mêmes ne seront pas épargnés par cette saison de lavage de linge sale en public, par d’anciens alliés qui se retournent les uns contre les autres.

Par Tyler Durden – 28 octobre 2017 – Zero Hedge

Traduit par Wayan pour le Saker francophone

 

Que peut faire Trump ?

par Paul Craig Roberts

4 août 2017

Source : http://lesakerfrancophone.fr/que-peut-faire-trump

Source originaire : katehon

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Donald Trump, en tant que président des États-Unis, était l’espoir de l’humanité, ou bien, devrais-je dire, l’espoir de cette partie de l’humanité consciente du danger inhérent à la provocation de conflits entre puissances nucléaires.

 

Pendant deux décennies, les régimes Clinton, George W. Bush et Obama ont jeté des bâtons, des pierres et des injures à l’ours russe. Les États-Unis ont rompu l’accord de sécurité en aggravant la menace que la Russie perçoit, en menant des jeux de guerre aux frontières de ce pays, en organisant un coup d’État en Ukraine – une province qui a appartenu à la Russie pendant des siècles – et en entretenant un flot ininterrompu d’accusations fallacieuses.

Le résultat de cette politique irresponsable, inconsidérée et imprudente envers la Russie a été l’annonce par le haut commandement russe, il y a quelques semaines – ignorée par les médias américains – qu’il avait conclu que Washington préparait une attaque nucléaire surprise contre la Russie.

C’est l’événement le plus alarmant de ma vie. Maintenant que les criminels insensés de Washington ont convaincu la Russie que celle-ci est dans les plans de guerre de Washington, la Russie n’a d’autre alternative que de se préparer à frapper la première.

Pendant la Guerre froide, les deux côtés ont reçu de nombreuses fausses alarmes sur des missiles balistiques ICBM entrants, mais parce que les deux parties travaillaient à réduire les tensions, les alarmes sont restées lettres mortes. Mais aujourd’hui, alors que Washington a élevé les tensions à un tel niveau, les deux parties risquent de croire à la fausse alarme. La prochaine fausse alarme pourrait entraîner la fin de la vie sur terre, et pour cela il n’y a personne d’autre à blâmer que Washington.

L’accent que Trump a mis sur la normalisation des relations avec la Russie a été un grand soulagement pour les personnes suffisamment intelligentes pour comprendre les conséquences de la guerre nucléaire. Mais aucune de ces personnes n’est à Washington, au Parti démocrate, au Parti républicain, dans le complexe militaro-sécuritaire, ou parmi les organes de presse prostitués qui se font passer pour des médias en Amérique. Toutes ces personnes veulent détruire Trump parce qu’il veut faire la paix avec la Russie.

Sur les 535 membres de la Chambre des représentants et du Sénat, 530 ont voté à l’appui d’un projet de loi qui viole la séparation des pouvoirs et empêche le président Trump de mettre son veto aux sanctions contre la Russie. Comme le vote est tellement massif qu’il se protège du veto de la Maison Blanche [par plus des deux-tiers des votants], celle-ci a annoncé que Trump signera le projet de loi, renonçant ainsi à son objectif de restaurer des relations normales avec la Russie.

La Maison Blanche croit que, dans la mesure où le projet de loi est immunisé contre un veto, tout ce que Trump pourrait attendre, suite à un veto, est de se voir accusé d’être un agent russe qui exploite sa position pour protéger la Russie, ce qui pourrait facilement le conduire vers une procédure de destitution.

Cependant, il y a des choses que Trump pourrait faire, dans la mesure où le désamorçage de la menace que la Russie perçoit est essentiel pour éviter la guerre, il est impératif qu’il fasse tout son possible pour empêcher le complexe militaro-sécuritaire et ses larbins au Congrès et dans les médias de bloquer l’Amérique dans une impasse mortelle avec la Russie.

Comme je l’ai écrit hier, Trump pourrait porter sa cause devant le peuple américain dans un discours majeur en soulignant que le Congrès viole la séparation des pouvoirs, isole la présidence et lui interdit de réduire les tensions dangereuses que les administrations précédentes ont créées avec une puissance nucléaire de premier rang.

Trump pourrait également dire au Congrès que sa loi est inconstitutionnelle, qu’il ne signera pas et ne mettra pas son veto et, si le Congrès persiste, il le conduira à la Cour suprême.

Trump pourrait également téléphoner aux politiciens allemands et aux PDG des  entreprises qui ont dénoncé les sanctions comme illégales et destinées à servir les intérêts commerciaux américains au détriment de l’Allemagne. Il devrait leur dire de forcer Merkel à annoncer que l’Allemagne n’acceptera pas les sanctions. Les dirigeants de l’UE dénoncent également les sanctions. Trump, avec un peu d’effort, peut organiser l’opposition européenne jusqu’au point où il pourrait dire au Congrès que, en tant que président des États-Unis, il ne peut pas permettre à une collection d’imbéciles stupides – ce qu’est le Congrès – de détruire l’empire de Washington en expulsant les Européens. Si Trump peut amener les Européens à agir, il peut défaire le projet de loi, qui n’est réellement rien d’autre que le service rendu par le Congrès aux contributeurs du complexe militaro-sécuritaire et du lobby industriel de l’énergie à ses campagnes politiques.

Trump est un lutteur. Et c’est là le combat de Trump. Il a tout à gagner en relevant le défi, de même que le reste d’entre nous. Le monde entier devrait être derrière Trump car il n’y a personne d’autre pour désamorcer les tensions qui menacent d’une guerre nucléaire.

J’ai été émerveillé par la bêtise et les mensonges éhontés de la gauche progressiste libérale américaine, qui s’est rangée en bon ordre derrière les efforts du complexe militaro-sécuritaire pour abattre Trump, parce que la paix avec la Russie supprime la justification essentielle si nécessaire au gargantuesque budget et au pouvoir du complexe militaro-sécuritaire. Bien sûr, l’Amérique n’a plus de gauche. Elle a été remplacée par la politique identitaire, une création sioniste, comme l’explique Gilad Atzmon dans ses livres, qui s’avère efficace pour détruire les goyims en leur apprenant à se haïr les uns les autres. Dans la politique identitaire, tout le monde est victime des mâles hétérosexuels blancs, que les identitaires définissent comme un groupe de tarés accrocs aux armes à feu, misogynes, racistes et homophobes. Alors que les « déplorables » de Hillary ont voté pour Trump, la gauche libérale-progressiste hait Trump et apporte son aide au complexe militaro-sécuritaire pour le détruire, même au prix d’une guerre nucléaire.

Comme je l’avais prévu, Trump n’avait aucune idée de la façon de former un gouvernement qui serait à ses côtés et a évidemment complètement échoué. Il est continuellement contredit par son ambassadrice à l’ONU, son secrétaire au Département d’État, son conseiller de sécurité nationale, et son secrétaire à la Défense. Trump est seul dans son gouvernement.

Mais, il pourrait quand même se battre. S’adresser au peuple américain. Organiser les Européens en colère. Attaquer les criminels de Washington avant qu’ils ne détruisent le monde par la guerre.

Déjà au XXIe siècle, Washington a détruit tout ou partie de sept pays, envoyant des millions de réfugiés sur les routes qui, avec les immigrants revendiquant le statut de réfugié, modifient la population de l’Europe en l’effaçant de la surface du globe.

Voilà la récompense de l’Europe pour sa soumission à Washington.

Trump devrait dire à l’Europe : « Il est temps de faire savoir à Washington que vous en avez assez ! »

S’il ne se bat pas et se trouve éconduit par les imbéciles qui le conseillent dans le camp des oligarques dirigeants, Trump, afin de jouer son rôle de leadership, mènera les guerres américaines contre le monde. En tant que chef de guerre, il sera soutenu par l’oligarchie dirigeante, et la racaille des libéraux progressistes – qui auront aidé le complexe militaro-sécuritaire à vaincre l’initiative de Trump pour faire la paix avec la Russie – mais ne pourra plus s’appuyer sur rien.

Voici ma prédiction. La personnalité de Trump le pousse à être un leader. Après avoir été vaincu dans son initiative de paix par le complexe militaro-sécuritaire, les libéraux-progressistes, les démocrates corrompus, les républicains corrompus et les prostitués qui se font passer pour des médias, reprendront leur leadership par des guerres et des agressions contre des ennemis étrangers.

Trump a déjà imposé des sanctions illégales au Venezuela, dans l’espoir de renverser la démocratie vénézuélienne et de restaurer le règne de Washington à travers le petit groupe d’Espagnols de droite qui a traditionnellement dominé le pays.

La Russie et la Chine auraient eu la possibilité de venir en aide au Venezuela et empêcher le renversement du gouvernement démocratiquement élu par Washington, mais les deux pays manquaient de la vision nécessaire. Une fois que Washington aura renversé le gouvernement vénézuélien, il renversera le gouvernement en Équateur et retirera l’asile diplomatique à Julian Assange. Après que Assange, sous la torture, prétendra que WikiLeaks est une organisation russo-américaine financée par Donald Trump et Vladimir Poutine, il sera mis à mort, et la racaille américaine jubilera. Ensuite, Washington renversera la Bolivie et purgera le Brésil de tous ses dirigeants politiques qui n’émargent pas sur les fiches de paies de la CIA.

Ensuite, Washington va stigmatiser la Russie et la Chine comme des « nations hors-la-loi » et, entourées comme elles le sont par les sites de missiles nucléaires américains, Washington exigera la capitulation ou la destruction.

Tout cela semble être un fantasme, n’est-ce pas ? Mais c’est bien réel.