Empoisonnement au Novitchok: Nouvelles sanctions américaines contre la Russie

Washington a déterminé que Moscou était derrière l’attaque…

Source : 20 Minutes avec AFP

https://www.20minutes.fr/monde/2319135-20180809-empoisonnement-novitchok-nouvelles-sanctions-americaines-contre-russie

Publié le 09/08/18 à 02h19 — Mis à jour le 09/08/18 à 02h19

 

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi leur intention d’imposer de nouvelles sanctions économiques à la Russie, après avoir déterminé que Moscou était derrière l’attaque à l’agent Novitchok au Royaume-Uni.

Après l’empoisonnement début mars à Salisbury de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, « les Etats-Unis ont déterminé le 6 août (…) que le gouvernement russe avait utilisé des armes chimiques ou biologiques en violation des lois internationales », a indiqué la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert, dans un communiqué.

 

Sanctions obligatoires

La loi américaine de 1991 sur l’élimination de l’usage des armes chimiques et biologiques oblige le président américain à imposer des sanctions contre toute personne étrangère s’il « détermine qu’elle a sciemment contribué aux efforts d’un pays pour acquérir ou faire l’usage d’armes chimiques ou biologiques ».

L’empoisonnement confirmé de l’ex-agent double et de sa fille par leur exposition au Novitchok, un agent neurotoxique mis au point par l’Union soviétique à la fin de la Guerre froide, avait été attribué par Londres au gouvernement russe, qui avait nié toute implication et demandé des preuves. Une Britannique de 44 ans, mère de trois enfants, est ensuite morte le 8 juillet après avoir été exposée à un poison contenu dans un flacon de parfum.

La police britannique a établi qu’elle avait été exposée au Novitchok et le Royaume-Uni a demandé à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) de « déterminer de manière indépendante la nature » de la substance. L’enquête de l’OIAC se poursuit. Dès mars, par solidarité avec les Britanniques, Washington avait expulsé 60 diplomates russes accusés d’être des « espions » et la Russie en a aussitôt fait autant.

 

Deuxième salve possible

« Nous avons toujours dit très clairement que nous étions d’accord avec la conclusion qu’il s’agissait de l’agent Novitchok et que le coupable était en fin de compte la Fédération de Russie », a déclaré mercredi à la presse un haut responsable du département d’Etat.

Les sanctions envisagées, qui portent sur l’exportation de certains produits technologiques, comme des appareils ou de l’équipement électroniques, pourraient coûter « des centaines de millions de dollars » à l’économie russe, a indiqué un autre haut responsable américain ayant requis l’anonymat.

A partir du moment où les sanctions entreront en vigueur, la Russie aura 90 jours pour déclarer qu’elle n’utilise plus d’armes chimiques ou biologiques, s’engager à ne plus le faire à l’avenir et permettre des inspections pour s’assurer de leur élimination, a-t-il ajouté.

En cas de non respect de ces exigences, une deuxième salve de sanctions « draconiennes » serait décrétée, a poursuivi le haut responsable américain, notant qu’elles pourraient aller jusqu’à interdire les aéroports américains aux compagnies aériennes russes ou même suspendre les relations diplomatiques entre les deux pays. Le Kremlin a été notifié de cette décision mercredi.

 

Commentaire critique.

Voici le genre d’actes d’hostilité fondés sur des accusations infondées que distillent les services secrets américains et ceux des pays de l’OTAN et que propage fidèlement une grande partie de la presse occidentale pour entretenir l’idée que la Fédération de Russie serait encore et toujours l’adversaire sinon l’ennemie que fut jadis l’URSS. On notera que les sanctions et les menaces de sanctions draconiennes à venir sont exemptes de toute trace de preuve de la culpabilité de la Russie et même de tout souci de plausibilité. S’il est vrai que le Novitchok a été inventé en URSS, sa formule a été depuis lors décryptée en Occident. Quel intérêt aurait eu Moscou à tenter d’éliminer en Angleterre un de ses anciens espions qu’elle avait démasqué comme agent double travaillant pour Londres et emprisonné en Russie puis échangé avec Londres contre un agent russe détenu par le Royaume-Uni ? Aucun ! Il n’y avait pour elle, dans pareille tentative de meurtre, que des risques diplomatiques et d’opprobre public.

Cela rappelle de nombreux précédents propagés par le bellicisme étatsunien et propagé servilement par la presse occidentale quasi-unanime, comme les armes de destruction massive de Sadam Hussein en 2003 et les intentions meurtrières de Mohamad Khadafi envers un groupe d’insurgés libyens en 2011. On apprit, par la suite seulement, que ces insurgés avaient été secrètement armés par la France. Et c’est cette dernière qui, avec le Royaume uni, fut chargée des opérations militaires qui aboutirent à la dislocation de l’Etat libyen, en violation flagrante d’une décision d’exclusion aérienne prise par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 17 mars 2011.

IR 10.08.2018.

Pourquoi la Russie ne réplique-t-elle pas ?

par Dmitry Orlov

Le 24 mai 2018

Source Club Orlov

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-la-russie-ne-repond-pas

Beaucoup de commentateurs ont remarqué un fait curieux : lors du défilé du 9 mai sur la Place Rouge à Moscou, Poutine est apparu en présence du Premier ministre israélien Netanyahou. À cette même époque, l’armée de l’air israélienne tirait des missiles sur des cibles syriennes et iraniennes en Syrie (Une grande partie des défenses aériennes syriennes ont été détruites [avec quelques réserves, NdT]) et les Syriens ont tiré sur des positions israéliennes sur les hauteurs du Golan (territoire syrien occupé, aussi cela n’a donc pas compté comme une attaque contre Israël à proprement dit). Pourquoi la Russie n’a-t-elle pas pris la défense de son allié syrien ? De plus, on parlait de vendre le très puissant système de défense antiaérien S-300 de la Russie à la Syrie, mais cette offre a été retirée par la suite. Est-ce vraiment là le comportement d’un allié ?

 

Ou prenons un autre exemple : les relations entre la Russie et l’Ukraine sont dans une spirale descendante depuis le putsch de Kiev en 2014 qui a renversé le gouvernement constitutionnel. La région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, souffre d’un affrontement militaire, et elle est en proie à des provocations ukrainiennes contre la Russie et des sanctions économiques et politiques de la part des États-Unis et de l’UE en réponse à l’annexion de la Crimée et au conflit instable dans le Donbass qui a fait près de dix mille morts. Et pourtant, le principal partenaire commercial de l’Ukraine reste… la Russie. Non seulement la Russie continue-t-elle à commercer avec l’Ukraine, mais elle a également absorbé un exode de réfugiés économiques, exportés par une économie ukrainienne effondrée, un exode qui se compte en millions de personnes. La Russie a réinstallé ces réfugiés, leur a permis de trouver du travail et leur permet d’envoyer de l’argent à leurs proches en Ukraine. En outre, la Russie a refusé de reconnaître politiquement les deux républiques séparatistes de l’Est de l’Ukraine. La seule réponse réelle de la Russie vis-à-vis de l’Ukraine a été de revendiquer la Crimée. Mais cela coule plus ou moins de source : la Crimée faisait partie de la Russie depuis 1783, et le transfert de la Crimée à la République socialiste soviétique d’Ukraine, sous Nikita Khrouchtchev en 1954, violait la Constitution de l’URSS qui était en vigueur en ce temps.

Encore un autre exemple : les États-Unis, avec l’Union européenne agissant comme un serviteur obéissant, ont imposé diverses sortes de sanctions à la Russie depuis la loi Magnitski en 2012 qui a été poussée par l’oligarque incroyablement corrompu William Browder. Ces sanctions ont parfois été quelque peu dommageables, parfois utiles (stimulant le remplacement des importations en Russie) et parfois tout simplement sans intérêt. La Russie est trop grande, trop importante et trop puissante pour quiconque, même une entité aussi grande que les États-Unis et l’UE réunis, pour l’isoler ou la faire plier en imposant des sanctions. Dans certains cas, il y a eu un puissant effet boomerang qui a causé plus de souffrances aux sanctionneurs qu’aux sanctionnés. Mais la Russie n’a pas vraiment fait grand-chose pour y remédier, si ce n’est de travailler au remplacement des importations et d’établir des relations commerciales avec d’autres nations plus amicales. Elle aurait pu nuire aux États-Unis, par exemple, en bloquant la vente de pièces en titane sans lesquelles Boeing ne serait plus en mesure de construire ses avions. Ou elle pourrait interdire la vente de moteurs de fusée aux États-Unis, et les États-Unis seraient alors incapables de lancer des satellites. Mais la Russie n’a rien fait de tout cela. Au lieu de cela, elle n’a cessé de répéter que ces sanctions sont improductives et inutiles.

Un autre : en violation des accords conclus entre la Russie et les pays de l’OTAN, l’OTAN s’est étendue jusqu’à la frontière russe et a récemment transformé les petits États baltes d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie en une sorte de parc militarisé juste à côté de la frontière russe. L’OTAN y stationne des milliers de soldats et les entraîne à… attaquer la Russie. La Russie s’est plainte de cela, mais a continué à commercer avec tous les pays concernés. En particulier, elle a continué à fournir de l’électricité aux pays baltes et à utiliser les ports de la Baltique pour expédier ses produits. Lorsque la Lettonie a récemment interdit l’utilisation du russe dans les écoles (un tiers de la population est russe) et a commencé à violer les droits des Russes lituaniens qui tentaient de lutter contre cet affront, les Russes eux-mêmes ont avalé cet acte flagrant de discrimination anti-russe sans broncher. En Lettonie, les lumières sont toujours allumées et les trains de marchandises russes chargés roulent encore de l’autre côté de la frontière.

« Pourquoi cela ? », pourriez-vous me demander. « Pourquoi une telle attitude passive contre ces nombreux délits, magouilles et blessures ? » On ne peut pas dire que la Russie est trop grande pour être touchée. Les sanctions en 2012 ont été un fléau, puis en 2014 l’économie russe a pris un sérieux coup (mais la plupart du temps à cause des prix plus bas de l’énergie, pas de sanctions). Le rouble a perdu la moitié de sa valeur et le taux de pauvreté de la Russie a grimpé. Que se passe-t-il alors ?

Pour comprendre cela, vous devez prendre du recul et regarder le contexte global.

  • La Russie est le plus grand pays du monde en taille, mais certainement pas en termes de population. Ses frontières sont très bien défendues, mais elles s’étendent sur 61 000 kilomètres.
  • La Fédération de Russie est russe de nom, mais elle comprend plus d’une centaine de nations différentes, les Russes ethniques représentant un peu plus de 80% et six autres nations ayant plus d’un million de membres.
  • Elle est bordée par 16 États souverains, plus que tout autre pays, y compris deux frontières maritimes (avec le Japon et les États-Unis) et deux autres États non reconnus à l’échelle internationale (Abkhazie et Ossétie du Sud).
  • Elle a la plus grande diaspora au monde, avec entre 20 et 40 millions de Russes (selon la façon dont vous les comptez) vivant en dehors de la Russie proprement dite. La plus grande communauté russe à l’étranger est aux États-Unis et compte environ 3 millions de personnes.
  • Les troupes de maintien de la paix russes ont servi dans de nombreux pays autour de la Russie et dans le monde entier − Abkhazie ; Ossétie du Sud ; Arménie ; Transnistrie ; Tadjikistan ; Bosnie ; Kosovo ; Angola ; Tchad ; Sierra Leone ; Soudan − et continuent d’empêcher les conflits latents de se transformer en guerre ouverte.
  • L’immensité de la Russie et sa richesse en ressources naturelles en font l’un des principaux fournisseurs de produits économiquement essentiels dans le monde, notamment le pétrole, le gaz, l’uranium et le charbon qui empêchent les lampes de geler dans des dizaines de pays. Peu importe ce qui ne va pas dans les relations internationales, elle doit rester un fournisseur stable et fiable.

Dans cet environnement, contrer les gestes hostiles (et surtout futiles) émanant de l’autre côté de l’océan avec d’autres gestes hostiles (et généralement futiles) serait contre-productif : certaines personnes seraient touchées, et il est probable qu’elles seraient Russes.

Ainsi, une partie de l’approche gagnante consiste à se débrouiller, en maintenant les meilleures relations possibles avec autant de pays que possible, les voisins en particulier, parlant à tous dans chaque conflit et essayant de désamorcer et d’équilibrer soigneusement les intérêts disparates de tous. La Russie entretient de bonnes relations avec l’Iran et l’Arabie saoudite, qui sont des ennemis jurés, et avec la Syrie et Israël, qui se tirent dessus.

L’autre partie de l’approche gagnante pour affronter un monde extérieur de plus en plus hostile est de s’organiser doucement pour une autarcie limitée ; ne pas se fermer au monde, mais prendre des mesures pondérées pour devenir relativement invulnérable à ses vicissitudes. La Russie est déjà autosuffisante en énergie, fait des progrès dans son autosuffisance alimentaire, et le prochain défi est d’atteindre l’autosuffisance en matière de technologie et de finance.

Vu dans ce contexte, les échecs apparents de la Russie à agir avec force se révèlent être des étapes d’un équilibre prudent :

  • Les Israéliens bombardent la Syrie tandis que Netanyahou est à une place d’honneur lors du défilé à Moscou. La Syrie riposte en bombardant son propre territoire sur les hauteurs du Golan. Puis la Russie décide de ne pas vendre le système S-300 à la Syrie. Qu’est-ce qui vient de se passer ? Eh bien, Israël vient de reconnaître le Jour de la Victoire, le 9 mai, comme sa propre fête nationale. Un tiers des Israéliens sont en fait russes, et beaucoup d’entre eux se sont sentis très fiers d’être Russes ce jour-là, et ont participé à de grandes parades qui ont été diffusées à la télévision russe. Face à la montée de l’antisémitisme en Europe et aux néo-nazis incontrôlables en Ukraine, la Russie et Israël sont unis. Ensuite, il y a le fait qu’Israël n’aime pas qu’il y ait des Iraniens en Syrie. Ils ont certainement le droit de le faire, étant donné que les Iraniens continuent de parler de la façon dont Israël devrait être détruit[C’est l’avis de l’auteur, NdT]. Mais la présence iranienne en Syrie est sur invitation, ce n’est donc pas la préoccupation de la Russie. Voir Israël bombarder la Syrie n’aide pas la Russie, mais ce n’était pas la première fois et ce ne sera pas la dernière. La Syrie a réussi à abattre des missiles israéliens et à tirer sur des Israéliens sur les hauteurs du Golan. C’était une nouvelle évolution, une escalade et les escalades sont toujours mauvaises. Vendre le système S-300 aux Syriens aurait permis à la Syrie d’abattre n’importe quoi en l’air venant d’Israël, et comme la situation vient juste de s’envenimer, leur donner la possibilité d’augmenter le niveau d’escalade pouvait sembler une mauvaise idée.
  • L’Ukraine provoque continuellement la Russie et viole les droits des huit millions de Russes qui y vivent, et pourtant la Russie reste le plus grand partenaire commercial de l’Ukraine. Qu’est-ce que cela donne ? Eh bien, il y a le fait désagréable que l’Ukraine est actuellement gouvernée par des gens qui, pour employer un terme russe très spécifique, sont« inadéquats ». C’est un régime illégal, immensément corrompu, soutenu par un autre régime qui par delà l’océan est, en passant, aussi plutôt « inadéquat », dirigé par un bouffon ridicule qui est à son tour contrarié à tout instant par un « État profond » immensément corrompu. Mais ce sont des faits temporaires, et en aucun cas, ils ne l’emportent sur le fait intemporel que les Russes et les Ukrainiens sont essentiellement les mêmes personnes (à l’exception de quelques tribus qui habitent principalement à l’ouest du pays qui fut pendant des siècles un no man’s land au cœur de l’Europe centrale, juste à côté de la Transylvanie, d’où viennent les vampires). Les Russes et les Ukrainiens sont génétiquement indissociables, et il y a de nombreuses nations en Russie qui sont beaucoup plus différentes culturellement des Russes que les Ukrainiens. La stratégie gagnante dans ce cas est d’éviter de faire du mal à l’Ukraine, car elle se blesse déjà assez elle-même et parce que cela ne ferait que blesser d’autres Russes. Au lieu de cela, il est plus logique d’être patient et d’attendre. En fin de compte, les Ukrainiens en auront assez et prendront les choses en main, se débarrasseront de ces bons-à-rien et de leurs donneurs d’ordre outre-mer et la relation deviendra finalement plus normale
  • En ce qui concerne les sanctions occidentales, la Russie a imposé des contre-sanctions et elles étaient intelligentes. La Russie a interdit diverses catégories d’importations alimentaires en provenance de l’UE. Cela a permis d’augmenter la production alimentaire en Russie et d’amener la Russie vers l’autosuffisance. Étant donné que les agriculteurs dans l’UE sont politiquement assez puissants, cela a rendu les sanctions américaines impopulaires en Europe. Ajoutez à cela le fait que les États-Unis veulent maintenant sanctionner les importations d’énergie russe en Europe, forçant les Européens à acheter cette énergie aux États-Unis, dont les approvisionnements sont beaucoup plus chers et moins fiables, et vous pouvez voir pourquoi les Européens en ont déjà assez de l’ingérence de Washington. Bien sûr, après avoir abandonné une grande partie de leur souveraineté, il y a longtemps, les Européens font face à de grandes difficultés pour essayer de la récupérer, mais au moins ils commencent à y penser. C’est déjà une victoire pour la Russie : elle a besoin de pays indépendants et souverains comme voisins, et non pas d’une bande de vassaux irresponsables aux ordres de Washington. En ce qui concerne l’imposition de contre-mesures envers les États-Unis eux-mêmes, cela causerait plus de dommages économiques sans obtenir d’avantages politiques.
  • Sur l’empiètement de l’OTAN sur les frontières russes, les slogans anti-russes des milices baltes et les troupes de l’OTAN s’entraînant à« attaquer la Russie », pour être franc, les Russes se sentent un peu insultés, mais ils n’ont pas vraiment peur. Tout le monde sait que l’OTAN fait partie du racket des institutions de défense américaines. Son but est de voler des cargaisons d’argent, pas de faire des armes qui fonctionnent ou de former des armées qui peuvent se battre. Il y a maintenant un peu de blindage et de main-d’œuvre de l’OTAN prépositionnés dans les pays baltes, mais pas assez pour envahir réellement la Russie d’une manière significative. Et s’ils le font, ils se sentiront très vite très seuls. Vous voyez, les blindés de l’OTAN ne passent pas sous la plupart des ponts et ne peuvent pas parcourir de grandes distances sur des terrains accidentés comme les blindés russes. Ils doivent être transportés sur le champ de bataille en train ou sur des camions à plate-forme sur les routes fédérales. Ou ils doivent être expédiés via des ports en eau profonde. Donc, tout ce que la Russie a à faire, c’est de frapper des ponts et des installations portuaires en lançant des missiles d’à peu près n’importe où, puis de détruire le relativement petit contingent d’envahisseurs, et ce sera fini. L’OTAN le sait, et donc toute cette activité dans les pays baltes n’est qu’un moyen d’acheminer de l’argent vers les États baltes économiquement anémiques et en cours rapide de dépeuplement. Ils souffrent déjà; pourquoi les blesser plus. En ce qui concerne les droits des Russes en Lettonie, on pourrait penser qu’ils ne voient pas d’inconvénient à ce qu’ils soient violés, sinon ils déménageraient en Russie où il y a beaucoup de place pour eux. Ils méritent un fort soutien moral, bien sûr, mais c’est vraiment leur combat, pas celui de la Russie.

Cela ne fait pas de cet article la lecture la plus excitante au monde, mais qu’il en soit ainsi. Les gens recherchent sur Internet des histoires sur des tournants dramatiques, surtout parce qu’ils s’ennuient. Il arrive souvent que les développements les plus importants manquent de sensations, mais cela ne les rend pas moins importants. Par exemple, la Russie réduit ses dépenses de défense, car elle sera bientôt complètement réarmée. Les États-Unis et l’OTAN peuvent-ils faire de même ? Non ! Si jamais ils essayaient, l’establishment américain de la Défense corromprait une nouvelle série de membres du Congrès et de sénateurs, et les dépenses prodigues reprendraient immédiatement. Les Russes peuvent donc rester tranquillement assis, les bras croisés, et regarder la faillite des États-Unis. Ce sera certainement un tournant dramatique des événements ; vous devrez juste attendre.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

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Retrouvez Dmitry Orlov sur Arte TV pour quelques jours (à partir de 14′), une interview assez honnête, juste un peu caricaturale avec un peu de pub pour le Salon de la Collapsologie.

Traduit par Hervé, relu par Catherine pour le Saker Francophone

Moscou détient des «preuves irréfutables» de la mise en scène de l’attaque chimique de la Ghouta

Source : Arrêt sur info du 13 avril 2108

Source originaire : RT com 13 avril https://francais.rt.com/international/49727-moscou-detient-preuves-irrefutables-que-attaque-chimique-ghouta-mise-en-scene

 

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a accusé les services spéciaux d’un Etat «en première ligne dans la campagne russophobe» d’être impliqués dans la mise en scène de l’attaque chimique présumée dans la Ghouta.

«Nous avons des preuves irréfutables qu’il s’agissait d’une autre mise en scène, et que les services spéciaux d’un Etat qui est en première ligne de la campagne russophobe ont participé à la mise en scène», a déclaré Sergueï Lavrov lors d’une conférence de presse avec son homologue hollandais Stef Blok, le 13 avril.

Le chef de la diplomatie russe a ainsi adressé un message fort aux occidentaux, qui envisagent depuis plusieurs jours de «riposter» à l’attaque chimique présumée dans la Ghouta, qu’ils attribuent au gouvernement syrien. Des menaces et ultimatums qui créent une atmosphère «très alarmante» autour de la Syrie, selon Sergueï Lavrov, qui a réitéré que les canaux de communication avec les Etats-Unis étaient actifs.

«Dieu nous garde d’une nouvelle aventure à la libyenne», a en outre lancé le diplomate en référence aux conséquences désastreuses de l’intervention occidentale dans la Libye de Mouammar Kadhafi. Le ministre des Affaires étrangères russe a d’ailleurs noté que la plus petite erreur de calcul en Syrie pourrait mener à une nouvelle vague de migrants, comme se fut le cas après la guerre en Libye.

Si la France se place en première ligne aux côtés des Etats-unis en faveur d’une intervention en Syrie, de nombreux autres pays, même occidentaux, ont fait part de leurs réserves. Tiraillée entre son soutien indéfectible à Washington et la pression que lui mettent ses députés, le Premier ministre britannique Theresa May souhaiterait disposer de davantage de preuves de la culpabilité de Bachar el-Assad avant de s’engager. L’Allemagne d’Angela Merkel a de son côté d’ores et déjà annoncé qu’elle ne participerait pas à une opération militaire, tout comme le Canada et l’Italie.

L’armée russe prévient qu’une guerre majeure en Syrie est imminente

par Arkady Savitsky *

Source : Arrêt sur info du 11 avril 2018

Source originaire :

Strategic Culture du 21 mars 2018

https://www.strategic-culture.org/news/2018/03/21/russian-military-warns-major-war-in-syria-imminent.html

Traduit d’anglais en français par

La gazette du citoyen

 

 

On comprend, à la lecture du récit d’Arkady Savitsky, qu’une attaque contre la Syrie était en préparation plusieurs semaines avant l’attaque chimique attribuée à Damas; donc avant la demande par la France d’une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies. Ceci explique cela… SC

 

 

Le 17 mars, l’état-major russe a mis en garde contre une attaque imminente contre la Syrie. La déclaration n’a pas élaboré. Bien sûr, certaines informations sont classées, mais une analyse indépendante et impartiale des informations accessibles au public mène à la même conclusion. Regardons les faits.

 

Il y a des navires de guerre déployés par la marine américaine dans la mer Rouge, la Méditerranée et le golfe Persique. Ils sont prêts à lancer, n’importe quel jour, environ 400 Tomahawks à longue portée contre une cible au Moyen-Orient. Des missiles de croisière lancés en mer ont été utilisés pour frapper la Syrie en avril. Tout ce qui est en rapport avec les opérations militaires sur l’île de Diego Garcia dans l’océan Indien est une information secrète, mais on sait que les bombardiers stratégiques basés à cet endroit peuvent lancer au moins une centaine de missiles de croisière et utiliser d’autres munitions de précision dans une attaque de suivi. En moyenne, un bombardier transporte 20 AGM-86 ALCM. Cinq bombardiers seraient normalement stationnés sur cette île inaccessible aux étrangers curieux. Cela signifie qu’au moins 500 missiles de croisière peuvent être tirés dans un court délai.

Face à face en Méditerranée orientale entre la flotte russe et les navires de l’OTAN

Le 17 mars, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que, outre les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et quelques autres pays avaient des forces spéciales en Syrie opérant directement contre l’armée syrienne. Mais ce ne sont pas seulement des commandos.

 

Le 16 mars, le Royaume-Uni aurait déployé un nombre important de troupes sur la base militaire d’Al-Tanf, contrôlée par les États-Unis, à proximité de la frontière irakienne. Cette installation est largement utilisée dans la planification de la guerre de l’OTAN en Syrie. Elle bloque le corridor reliant l’Iran au Liban via la Syrie et l’Irak. L’ampleur du déploiement – environ 2 300 soldats accompagnés de chars et d’hélicoptères – est trop importante pour être destinée à combattre les militants de l’État islamique qui sont déjà en fuite.

 

Avant cela, les États-Unis avaient déjà envoyé 600 soldats avec des véhicules blindés à la base. Des renforts américains ont également été envoyés sur le champ pétrolifère d’Omar.

 

Le 12 mars, l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, a menacé de mener une action militaire contre la Syrie. L’expérience a montré que les États-Unis frapperaient en premier et réfléchiraient aux explications plus tard. Ils vont sans doute « inventer » un prétexte pour justifier leurs actions.

 

Les tensions ont augmenté depuis la semaine dernière. Par exemple, certains médias traditionnels ont raconté une histoire sur une soi-disant grande base militaire nord-coréenne cachée en Syrie! Cette légende sur Pyongyang aidant la Syrie à reconstruire ses stocks de produits chimiques et d’autres histoires imaginaires sont largement diffusées.

 

L’escalade a coïncidé avec la réunion du 16 mars entre les ministres des Affaires étrangères russe, iranien et turc à Astana pour discuter de nouveaux projets visant à ramener la paix en Syrie, notamment en élargissant le concept des zones de désescalade. Cette réunion a préparé le terrain pour un sommet à Istanbul le 4 avril. Il reste environ deux semaines à attendre. Cet événement de haut niveau risquerait de prendre des décisions historiques qui pourraient contrecarrer les plans de l’Occident en Syrie. Il ne reste pas beaucoup de temps. Du point de vue américain, cela nécessite une action urgente pour saboter ce processus.

 

Le plan de Washington inclut l’objectif de partitionner la Syrie de telle sorte qu’une grande partie de celle-ci reste sous le contrôle de la coalition dirigée par les Etats-Unis. Les Américains mettent déjà en place des conseils municipaux sur les terres à l’est de l’Euphrate. Cette zone doit être conservée à tout prix afin de garantir que Washington ait son mot à dire dans le futur règlement de ce pays déchiré par la guerre, sinon tout le dur labeur mis en place jusqu’ici s’épuiserait, compromettant la position mondiale de l’Amérique et diminuant son influence au Moyen-Orient. Perdre la Syrie équivaudrait à subir une défaite majeure dans sa confrontation avec l’Iran, qu’elle considère comme son ennemi juré. Les plans comprennent un recul des forces russes. La Syrie est le bon endroit pour le faire. Si les militaires russes alertent ouvertement le monde sur les risques d’une frappe imminente, c’est une menace sérieuse. Et ça ne ressemble pas à une opération ne comprenant qu’une seule frappe. Cette fois-ci, nous aurons quelque chose de beaucoup plus sérieux – une opération à grande échelle pour « contenir » la Russie, repousser l’Iran, gagner le soutien des riches pays arabes exportateurs de pétrole et leur faire payer des sommes énormes pour des achats d’armes américaines et montrer au monde que l’Amérique est omniprésente et inflexible dans son désir de dicter sa volonté.

*   Arkady Savitsky est un analyste militaire basé à Saint-Pétersbourg, en Russie.

Article original en anglais: https://www.strategic-culture.org/news/2018/03/21/russian-military-warns-major-war-in-syria-imminent.html

Traduit par La gazette du citoyen

 

 

Why the UK, EU and US Gang-Up on Russia

James Petras
March 25, 2018
Source : Russia Insider
https://russia-insider.com/en/why-uk-eu-and-us-gang-russia/ri22869?ct=t(Russia_Insider_Daily_Headlines11_21_2014)&mc_cid=3792ec704c&mc_eid=db7da584e6
Original Source : The Unz Review

« As the entire US unipolar fantasy dissolved it provoked deep resentment, animosity and a systematic counter-attack. The US’s costly and failed war on terror became a dress rehearsal for the economic and ideological war against the Kremlin. »

 

Introduction
For the greater part of a decade the US, the UK and the EU have been carrying out a campaign to undermine and overthrow the Russia government and in particular to oust President Putin. Fundamental issues are at stake including the real possibility of a nuclear war.
The most recent western propaganda campaign and one of the most virulent is the charge launched by the UK regime of Prime Minister Theresa May. The Brits have claimed that Russian secret agents conspired to poison a former Russian double-agent and his daughter in England , threatening the sovereignty and safety of the British people. No evidence has ever been presented. Instead the UK expelled Russian diplomats and demands harsher sanctions, to increase tensions. The UK and its US and EU patrons are moving toward a break in relations and a military build-up.

A number of fundamental questions arise regarding the origins and growing intensity of this anti-Russian animus.

Why do the Western regimes now feel Russia is a greater threat then in the past? Do they believe Russia is more vulnerable to Western threats or attacks? Why do the Western military leaders seek to undermine Russia’s defenses? Do the US economic elites believe it is possible to provoke an economic crisis and the demise of President Putin’s government? What is the strategic goal of Western policymakers? Why has the UK regime taken the lead in the anti-Russian crusade via the fake toxin accusations at this time?
This paper is directed at providing key elements to address these questions.

The Historical Context for Western Aggression
Several fundamental historical factors dating back to the 1990’s account for the current surge in Western hostility to Russia.
First and foremost, during the 1990’s the US degraded Russia, reducing it to a vassal state, and imposing itself as a unipolar state.

Secondly, Western elites pillaged the Russian economy, seizing and laundering hundreds of billions of dollars. Wall Street and City of London banks and overseas tax havens were the main beneficiaries
Thirdly, the US seized and took control of the Russian electoral process, and secured the fraudulent “election” of Yeltsin.
Fourthly, the West degraded Russia’s military and scientific institutions and advanced their armed forces to Russia’s borders.
Fifthly, the West insured that Russia was unable to support its allies and independent governments throughout Europe, Asia, Africa and Latin America. Russia was unable to aid its allies in the Ukraine, Cuba, North Korea, Libya etc.

With the collapse of the Yeltsin regime and the election of President Putin, Russia regained its sovereignty, its economy recovered, its armed forces and scientific institutes were rebuilt and strengthened. Poverty was sharply reduced and Western backed gangster capitalists were constrained, jailed or fled mostly to the UK and the US.

Russia’s historic recovery under President Putin and its gradual international influence shattered US pretense to rule over unipolar world. Russia’s recovery and control of its economic resources lessened US dominance, especially of its oil and gas fields.
As Russia consolidated its sovereignty and advanced economically, socially, politically and militarily, the West increased its hostility in an effort to roll-back Russia to the Dark Ages of the 1990’s.
The US launched numerous coups and military interventions and fraudulent elections to surround and isolate Russia . The Ukraine, Iraq, Syria, Libya, Yemen and Russian allies in Central Asia were targeted. NATO military bases proliferated.
Russia’s economy was targeted: sanctions were directed at its imports and exports. President Putin was subject to a virulent Western media propaganda campaign. US NGO’s funded opposition parties and politicians.

The US-EU rollback campaign failed.

The encirclement campaign failed.
The Ukraine fragmented – Russia allies took control of the East; Crimea voted for unification with Russia. Syria joined with Russia to defeat armed US vassals. Russia turned to China’s multi-lateral trade, transport and financial networks.
As the entire US unipolar fantasy dissolved it provoked deep resentment, animosity and a systematic counter-attack. The US’s costly and failed war on terror became a dress rehearsal for the economic and ideological war against the Kremlin. Russia’s historical recovery and defeat of Western rollback intensified the ideological and economic war.
The UK poison plot was concocted to heighten economic tensions and prepare the western public for heightened military confrontations.

Russia is not a threat to the West: it is recovering its sovereignty in order to further a multi-polar world. President Putin is not an “aggressor” but he refuses to allow Russia to return to vassalage.

President Putin is immensely popular in Russia and is hated by the US precisely because he is the opposite of Yeltsin – he has created a flourishing economy; he resists sanctions and defends Russia’s borders and allies.

Conclusion
In a summary response to the opening questions.

1) The Western regimes recognize that Russia is a threat to their global dominance; they know that Russia is no threat to invade the EU, North America or their vassals.

2) Western regimes believe they can topple Russia via economic warfare including sanctions. In fact Russia has become more self-reliant and has diversified its trading partners, especially China, and even including Saudi Arabia and other Western allies.

The Western propaganda campaign has failed to turn Russian voters against Putin. In the March 19, 2018 Presidential election voter participation increased to 67%. Vladimir Putin secured a record 77% majority. President Putin is politically stronger than ever.
Russia’s display of advanced nuclear and other advanced weaponry has had a major deterrent effect especially among US military leaders, making it clear that Russia is not vulnerable to attack.
The UK has attempted to unify and gain importance with the EU and the US via the launch of its anti-Russia toxic conspiracy. Prime Minister May has failed. Brexit will force the UK to break with the EU.
President Trump will not replace the EU as a substitute trading partner. While the EU and Washington may back the UK crusade against Russia they will pursue their own trade agenda; which do not include the UK.
In a word, the UK, the EU and the US are ganging-up on Russia, for diverse historic and contemporary reasons. The UK exploitation of the anti-Russian conspiracy is a temporary ploy to join the gang but will not change its inevitable global decline and the break-up of the UK.
Russia will remain a global power. It will continue under the leadership of President Putin . The Western powers will divide and bugger their neighbors – and decide it is their better judgment to accept and work within a multi-polar world.

Of A Type Developed By Liars

 

by Craig Murray
16 March, 2018
Source : https://www.craigmurray.org.uk/archives/2018/03/of-a-type-developed-by-liars/

(Craig Murray is a Former British Ambassador, Historian and Human Rights Activist)

I have now received confirmation from a well placed FCO(*) source that Porton Down scientists are not able to identify the nerve gas as being of Russian manufacture, and have been resentful of the pressure being placed on them to do so. Porton Down would only sign up to the formulation “of a type developed by Russia” after a rather difficult meeting where this was agreed as a compromise formulation. The Russians were allegedly researching, in the “Novichok” programme a generation of nerve agents which could be produced from commercially available precursors such as insecticides and fertilisers. This substance is a “novichok” in that sense. It is of that type. Just as I am typing on a laptop of a type developed by the United States, though this one was made in China.
To anybody with a Whitehall background this has been obvious for several days. The government has never said the nerve agent was made in Russia, or that it can only be made in Russia. The exact formulation “of a type developed by Russia” was used by Theresa May in parliament, used by the UK at the UN Security Council, used by Boris Johnson on the BBC yesterday and, most tellingly of all, “of a type developed by Russia” is the precise phrase used in the joint communique issued by the UK, USA, France and Germany yesterday:
This use of a military-grade nerve agent, of a type developed by Russia, constitutes the first offensive use of a nerve agent in Europe since the Second World War.
When the same extremely careful phrasing is never deviated from, you know it is the result of a very delicate Whitehall compromise. My FCO source, like me, remembers the extreme pressure put on FCO staff and other civil servants to sign off the dirty dossier on Iraqi WMD, some of which pressure I recount in my memoir Murder in Samarkand. She volunteered the comparison to what is happening now, particularly at Porton Down, with no prompting from me.
Separately I have written to the media office at OPCW (**) to ask them to confirm that there has never been any physical evidence of the existence of Russian Novichoks, and the programme of inspection and destruction of Russian chemical weapons was completed last year.
Did you know these interesting facts?
OPCW inspectors have had full access to all known Russian chemical weapons facilities for over a decade – including those identified by the “Novichok” alleged whistleblower Mirzayanov – and last year OPCW inspectors completed the destruction of the last of 40,000 tonnes of Russian chemical weapons
By contrast the programme of destruction of US chemical weapons stocks still has five years to run
Israel has extensive stocks of chemical weapons but has always refused to declare any of them to the OPCW. Israel is not a state party to the Chemical Weapons Convention nor a member of the OPCW. Israel signed in 1993 but refused to ratify as this would mean inspection and destruction of its chemical weapons. Israel undoubtedly has as much technical capacity as any state to synthesise “Novichoks”.
Until this week, the near universal belief among chemical weapons experts, and the official position of the OPCW, was that “Novichoks” were at most a theoretical research programme which the Russians had never succeeded in actually synthesising and manufacturing. That is why they are not on the OPCW list of banned chemical weapons.
Porton Down is still not certain it is the Russians who have apparently synthesised a “Novichok”. Hence “Of a type developed by Russia”. Note developed, not made, produced or manufactured.
It is very carefully worded propaganda. Of a type developed by liars.
UPDATE
This post prompted another old colleague to get in touch. On the bright side, the FCO have persuaded Boris he has to let the OPCW investigate a sample. But not just yet. The expectation is the inquiry committee will be chaired by a Chinese delegate. The Boris plan is to get the OPCW also to sign up to the “as developed by Russia” formula, and diplomacy to this end is being undertaken in Beijing right now.
I don’t suppose there is any sign of the BBC doing any actual journalism on this?

(*) Foreign & Commonwealth Office.
(**) Organisation for the Prohibition of Chemical Weapons.

C’est confirmé: avec son expansion à l’Est, l’OTAN a bafoué toutes ses promesses. Les pires craintes de la Russie se réalisent

par Eric Margolis*

Horizons et débats

Zurich, 5 février 2018

Au moment où les Etats-Unis convulsent d’hystérie antirusse et de diabolisation de Vladimir Poutine, un recueil de documents récemment déclassifié de la guerre froide révèle l’étendue stupéfiante des mensonges, de la duplicité et du double jeu pratiqués par les puissances occidentales lors de l’effondrement de l’Union soviétique en 1990.
Je couvrais Moscou ces jours-là et j’ai rencontré certains des acteurs essentiels dans ce drame sordide. Depuis, j’ai écrit que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et leur appendice, l’OTAN, ont scandaleusement menti et au dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, et au ministre des Affaires étrangères Edouard Chevardnadze et les ont trompés.
Toutes les puissances occidentales ont promis à Gorbatchev et à Chevardnadze que l’OTAN ne s’étendrait pas «d’un pouce» à l’Est si Moscou retirait l’Armée rouge de l’Allemagne de l’Est et autorisait cette dernière à se réunir pacifiquement à l’Allemagne de l’Ouest. C’était une concession immense de Gorbatchev: elle a mené à un coup d’Etat manqué des communistes purs et durs contre lui en 1991.
Les documents publiés par l’Université George Washington de Washington DC, que j’ai fréquentée pendant un semestre, sont d’une lecture écœurante.1 Toutes les puissances et les hommes d’Etat occidentaux ont certifié aux Russes que l’OTAN ne profiterait pas du retrait soviétique et qu’une nouvelle ère d’amitié et de coopération se lèverait sur l’Europe d’après la guerre froide. Le secrétaire d’Etat américain James Baker a assuré des «garanties absolues» qu’il n’y aurait pas d’expansion de l’OTAN. Mensonges, que des mensonges!
Gorbatchev était un humaniste, un homme très correct et intelligent espérant pouvoir mettre fin à la guerre froide et à la course aux armes nucléaires. Il a ordonné à l’Armée rouge de se retirer d’Europe de l’Est. J’étais à Wunsdorf − en Allemagne de l’Est, quartier général du groupe des forces soviétiques en Allemagne − et au quartier de la Stasi, la police secrète, à Berlin-Est juste après que l’ordre de retrait eût été donné. Les Soviétiques retirèrent leurs 338 000 soldats et leurs 4200 chars et les expédièrent chez eux à la vitesse de l’éclair.
Les promesses occidentales faites aux dirigeants soviétiques par le président George W. H. Bush et James Baker ont rapidement révélé leur vacuité. C’étaient des hommes honorables mais leurs successeurs ne l’étaient pas. Les présidents Bill Clinton et George W. Bush ont rapidement commencé à déplacer l’OTAN en Europe de l’Est, bafouant ainsi toutes les promesses faites à Moscou.
Les Polonais, les Hongrois et les Tchèques ont été intégrés à l’OTAN, puis la Roumanie et la Bulgarie, les Etats baltes, l’Albanie et le Monténégro. Washington a essayé de faire entrer les anciennes républiques soviétiques de Géorgie et d’Ukraine dans l’OTAN. Le gouvernement ukrainien aligné sur Moscou a été renversé par un coup d’Etat fomenté par les Etats-Unis. La route vers Moscou était ouverte.
Tout ce que les Russes désorientés et en faillite ont pu faire a été de dénoncer ces mouvements vers l’Est des Etats-Unis et de l’OTAN. La meilleure réponse formulée par l’OTAN et les Etats-Unis a été la suivante: «Eh bien, il n’y a pas eu de promesse écrite». Cela est digne d’un camelot vendant des montres contrefaites dans la rue! Les dirigeants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Belgique et de l’Italie ont tous menti. L’Allemagne était prise entre son honneur et sa réunification imminente. Donc même son chancelier Helmut Kohl a dû se rallier aux prévarications de l’Occident.
A l’époque, j’avais écrit que la meilleure solution serait la démilitarisation de l’ancienne Europe de l’Est sous contrôle soviétique. L’OTAN n’avait ni besoin ni raison de s’étendre à l’Est. Le faire serait une provocation permanente à l’égard de la Russie, qui considérait l’Europe de l’Est comme un glacis défensif essentiel contre les invasions de l’Ouest.
Maintenant, avec les forces de l’OTAN sur ses frontières occidentales, les pires craintes de la Russie se réalisent.
Aujourd’hui, des avions militaires américains basés sur les côtes de Roumanie et de Bulgarie, des anciens membres du Pacte de Varsovie, sondent l’espace aérien russe au-dessus de la mer Noire et le port de Sébastopol, stratégiquement vital. Washington parle d’armer l’Ukraine plongée dans le chaos. Les troupes américaines et de l’OTAN sont dans les Pays baltes, aux frontières nord-ouest de la Russie. Des Polonais d’extrême-droite battent les tambours de guerre contre la Russie.
En 1990, le KGB et la CIA s’étaient mis d’accord sur le principe de «pas un pouce» à l’Est pour l’OTAN. L’ancien ambassadeur américain à Moscou Jack Matlock confirme le même accord. Gorbatchev, dénoncé comme un idéaliste stupide par de nombreux Russes, a fait confiance aux puissances occidentales. Il aurait dû avoir un bataillon d’avocats véreux couvrant le district de New York pour prouver ses accords en 1990. Il a pensé qu’il avait à faire à des hommes honnêtes, honorables, comme lui.
Faut-il s’étonner, après ce leurre et ce changement de diplomatie, de la méfiance de la Russie envers les puissances occidentales? Moscou observe que l’OTAN dirigée par les Etats-Unis s’insinue toujours vers l’Est. Aujourd’hui, les dirigeants russes croient fermement que le dernier plan de Washington est de mettre en pièces la Russie et de la réduire à un pays impuissant et pauvre. Deux anciens dirigeants occidentaux, Napoléon et Hitler, ont eu des plans semblables.
Au lieu de gloser sur la duplicité d’Hitler après Munich, nous devrions examiner notre propre comportement éhonté après 1990.    •
*    Eric S. Margolis est un chroniqueur primé internationalement. Ses articles sont parus dans le «New York Times», l’«International Herald Tribune», le «Los Angeles Times», le «London Times», le «Gulf Times», le «Khaleej Times», le «Nation» du Pakistan, le «Hurriyet» de Turquie, le «Sun Times» de Malaisie, et d’autres sites d’information en Asie. Il publie régulièrement des contributions dans le Huffington Post, chez Lew Rockwell. Il s’exprime sur CNN, BBC, France 2, France 24, Fox News, CTV et CBC en tant expert de politique étrangère. Ses chroniques sur http://www.ericmargolis.com sont lues quotidiennement par des personnes dans le monde entier. En tant que correspondant de guerre, Eric Margolis a couvert les conflits en Angola, en Namibie, en Afrique du Sud, au Mozambique, au Sinaï, en Afghanistan, au Cachemire, en Inde, au Pakistan, en El Salvador et au Nicaragua. Il a été l’un des premiers journalistes ayant interviewé Mouammar Kadhafi et à avoir obtenu l’accès aux quartiers généraux du KGB à Moscou. Né à New York, il vit à Toronto et New York et se rend souvent à Paris.
Source: ericmargolis.com, 16/12/17
(Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour «Le Saker francophone»)
1    https://nsarchive.gwu.edu/briefing-book/russia-programs/2017-12-12/nato-expansion-what-gorbachev-heard-western-leaders-early