Escalade du risque de confrontation entre les États-Unis et la Russie en Syrie

par Bill Van Auken

20 juin 2017

Source : http://arretsurinfo.ch/escalade-du-risque-de-confrontation-entre-les-etats-unis-et-la-russie-en-syrie/

Source originaire : https://www.wsws.org/fr/articles/2017/jui2017/syri-j21.shtml

 

Évoquant le spectre d’un conflit syrien qui évoluerait en une confrontation entre les deux puissances nucléaires majeures du monde, le ministère russe de la défense a émis lundi un avertissement selon lequel il traiterait comme une cible hostile tout avion américain ou allié opérant dans l’ouest de la Syrie, où sont installées les propres forces de Moscou, ainsi que celles du gouvernement.

L’avertissement russe était une réponse à la destruction en vol d’un avion de la force aérienne syrienne dimanche par un avion de chasse de la Marine américaine au-dessus du nord de la Syrie, où les forces de l’armée américaines soutenues par des milices kurdes avancent vers la ville de Raqqa tenue par l’ÉI.

L’incident de dimanche marque la première fois qu’un avion de guerre américain abat un avion syrien sur son propre territoire et représente une escalade majeure dans la guerre de six ans pour le changement de régime, orchestrée par les États-Unis. Le pilote syrien, qu’on a vu descendre en parachute dans une zone contrôlée par l’État islamique (ÉI), manque toujours.

« Dans les régions où la Force aérienne russe effectue des opérations au-dessus de la Syrie, tous les objets volants – y compris les avions et les drones de la coalition internationale – découverts à l’ouest du fleuve Euphrate seront traités comme des cibles aériennes et traqués par les systèmes de défense terrestres ou aériens », a averti le ministère russe de la défense.

Le vice-ministre des Affaires étrangères de Russie, Sergei Ryabkov, a qualifié l’attaque des États-Unis contre l’avion syrien d’« acte d’agression et une violation directe du droit international ».

Moscou a également indiqué qu’il avait coupé un téléphone rouge de « déconflixion » avec le Pentagone, utilisé pour prévenir les affrontements involontaires entre les avions de chasse américains et russes au-dessus de la Syrie.

Washington a émis une série de réponses contradictoires aux avertissements de la Russie. Le président des Chefs d’état-major de l’armée américaine, Joseph Dunford, a déclaré aux médias que le Pentagone œuvrerait « diplomatiquement et militairement dans les prochaines heures pour rétablir la déconflixion ». Quand on lui a demandé s’il était préoccupé pour la sécurité des pilotes américains volant au-dessus de la Syrie après l’avertissement russe, le général a répondu qu’il était confiant que « nos forces ont la capacité de se défendre ».

Lors d’une bizarre conférence de presse à la Maison Blanche lundi où les journalistes ont été empêchés de filmer ou d’enregistrer les réponses à leurs questions, le secrétaire de la Maison Blanche à la presse, Sean Spicer, a déclaré que Washington « fera tout [son] possible pour protéger [ses] intérêts » en Syrie, ajoutant : « Nous conserverons toujours le droit de légitime défense. »

Seule la logique perverse de la poussée impérialiste des États-Unis pour l’hégémonie au Moyen-Orient et dans le monde entier peut expliquer l’invocation de la « légitime défense » pour les actions prises par les forces militaires américaines en abattant un avion volant au-dessus de son propre territoire.

La destruction de l’avion syrien fait suite à une série d’actes d’agression américains contre les forces gouvernementales syriennes. En septembre dernier, les raids aériens menés par les États-Unis ont tué ou blessé jusqu’à 200 soldats syriens dans la province orientale de Deir el-Zour. Alors que le Pentagone a ensuite affirmé que l’attaque était une « erreur regrettable », il fournissait un soutien aérien aux combattants de l’ÉI pour envahir un poste du gouvernement syrien.

Puis, en avril, les États-Unis ont fait pleuvoir 50 missiles de croisière sur la base aérienne al-Shayrat de la Syrie, apparemment en réponse à une prétendue attaque au gaz qui avait toutes les marques d’une provocation de la CIA.

Au cours du mois dernier, le Pentagone a mené trois attaques aériennes distinctes sur des forces pro-gouvernementales qui se seraient approchées d’une base désertique près du passage frontalier syrien d’al-Tanf au sud-est avec l’Irak, où 150 soldats des forces spéciales américaines entraînent les soi-disant « rebelles » pour poursuivre la guerre pour un changement de régime contre le gouvernement à Damas.

À chaque nouvelle attaque, il devient de plus en plus clair que la prétendue campagne anti-ÉI menée par les forces dirigées par les États-Unis est une couverture pour une intervention militaire américaine visant à garantir les objectifs de la guerre qui dure depuis six ans pour obtenir le changement de régime en Syrie, le renversement du gouvernement Assad et l’imposition d’un régime fantoche américain. À cette fin, le Pentagone est déterminé à ce que le territoire arraché à l’ÉI reste sous son contrôle plutôt que sous celui du gouvernement syrien. Les affrontements qui ont mené à la destruction de l’avion syrien sont liés à cette ruée sur les territoires.

La campagne en Syrie fait partie d’une poussée des États-Unis vers la guerre avec l’Iran qui a été expliquée par le président américain Donald Trump lors de son voyage le mois dernier dans les deux principaux ennemis régionaux de Téhéran, l’Arabie Saoudite et Israël. Le tournant de l’administration Trump vers une attitude ouvertement agressive envers Téhéran a permis de déstabiliser davantage toute la région, où la monarchie saoudienne, soutenue par l’Égypte et les Émirats arabes unis, impose un blocus total qui équivaut à une guerre contre le Qatar. Ce dernier pays, abrite le siège du Commandement central avancé des États-Unis, alors qu’il dépend en même temps des recettes provenant d’un énorme champ gazier qu’il partage avec l’Iran.

La menace d’une guerre plus large a été soulignée par une attaque iranienne de missiles dirigée contre des cibles de l’ÉI dans la ville syrienne orientale de Deir el-Zour. Les missiles ont été lancés depuis l’ouest de l’Iran, à environ 595 kilomètres de là, sur le territoire de l’Irak, dont le gouvernement a autorisé l’attaque.

Alors que Téhéran a justifié les frappes des missiles comme des représailles aux attentats terroristes au début de ce mois, revendiqués par l’ÉI, où 18 Iraniens ont été tués et plus de 50 blessés, les autorités iraniennes ont clairement indiqué qu’elles avaient pour but d’envoyer un avertissement plus large.

« Les Saoudiens et les Américains sont en particulier les destinataires de ce message », a déclaré le général Ramazan Sharif, du Corps de la Garde révolutionnaire iranienne. « C’est évident et clair, certains pays réactionnaires de la région, en particulier l’Arabie saoudite, avaient annoncé qu’ils essayaient d’introduire de l’insécurité en Iran ». Téhéran a déclaré que les Saoudiens étaient derrière les attentats terroristes. La Maison-Blanche de Trump, quant à elle, a publié une déclaration accusant essentiellement le gouvernement iranien d’avoir attiré la terreur contre lui-même.

La menace que l’intervention des États-Unis en Syrie puisse éclater en une guerre régionale et même mondiale est exacerbée par le fait que l’administration de Trump cède aux huiles de l’armée américaine pratiquement toutes les décisions concernant les multiples guerres de Washington, de l’Irak et la Syrie à l’Afghanistan et au-delà. Le nombre de soldats impliqués, les règles d’engagement et d’autres politiques essentielles sont fixés par une cabale de généraux en service actif et récemment retraités, y compris le secrétaire de la Défense James Mad Dog (chien enragé) Mattis et le conseiller de Trump à la sécurité nationale, le général H.R. McMaster, ainsi que les commandants sur le terrain.

Des sections de l’armée ont amèrement ressenti le fait que l’administration Obama se soit retirée d’une guerre planifiée contre la Syrie en 2013, alors que face à une hostilité populaire accablante à une autre guerre au Moyen-Orient et à des divisions profondes dans l’establishment de la politique étrangère, Washington s’est limité a un accord négocié par la Russie pour détruire les armes chimiques de la Syrie. Depuis lors, le soutien de la Russie et de l’Iran a permis au gouvernement syrien de repousser les milices islamistes soutenues par la CIA et de reprendre la quasi-totalité des principaux centres de population du pays.

Inverser ces avancées est essentiel pour que les États-Unis affirment sa position dominante sur le Moyen-Orient riche en pétrole. Il ne fait aucun doute qu’il y a des huiles de l’armée des États-Unis qui souhaiteraient une confrontation avec l’Iran et même la Russie pour atteindre cet objectif, quelle que soit la menace d’une guerre plus large et potentiellement catastrophique dans le monde.

Fait significatif, lorsque les journalistes ont demandé au général Dunford lundi qui avait donné l’autorisation à l’armée américaine de mener des actions armées contre le gouvernement de la Syrie, le président des Chefs d’état-major de l’armée américaine a cité la Loi sur l’autorisation de l’utilisation de la force militaire adoptée par le Congrès à la suite des attaques du onze septembre 2001, il y a près de 16 ans.

Il n’y a pas eu de débat, et encore moins de vote, au sein du Congrès des États-Unis autorisant une guerre contre la Syrie. Les démocrates n’ont pas soulevé d’opposition à Trump en donnant toute latitude aux généraux et ont poussé politiquement la campagne de propagande anti-Russie hystérique qui ouvre la voie à la confrontation militaire.

The World Is Going Down With Trump

Paul Craig Roberts

June 23, 2017

Source :

http://www.paulcraigroberts.org/2017/06/23/world-going-trump/

On June 21 the editorial board of the Washington Post, long a propaganda instrument believed to be in cahoots with the CIA and the deep state, called for more sanctions and more pressure on Russia.

One second’s thought is sufficient to realize how bad this advice is. The orchestrated demonization of Russia and its president began in the late summer of 2013 when the British Parliament and Russian diplomacy blocked the neoconned Obama regime’s planned invasion of Syria. An example had to be made of Russia before other countries began standing up to Washington. While the Russians were focused on the Sochi Olympic Games, Washington staged a coup in Ukraine, replacing the elected democratic government with a gang of Banderite neo-nazi thugs whose forebears fought for Hitler in World War II. Washington claimed it had brought democracy to Ukraine by putting neo-nazi thugs in control of the government.

Washington’s thugs immediately began violent attacks on the Russian population in Ukraine. Soviet war memorials were destroyed. The Russian language was declared banned from official use. Instantly, separatist movements began in the Russian parts of Ukraine that had been administratively attached to Ukraine by Soviet leaders. Crimea, a Russian province since the 1700s, voted overwhelmingly to seperate from Ukraine and requested to be reunited with Russia. The same occurred in the Luhansk and Donetsk regions.

These independent actions were misrepresented by Washington and the presstitutes who whore for Washington as a “Russian invasion.” Despite all facts to the contrary, this misrepresentation continues today. In US foreign policy, facts are not part of the analysis.

The most important fact that is overlooked by the Washington Post and the Russophobic members of the US government is that it is an act of insanity to call for more punishment and more pressure on a country with a powerful military and strategic nuclear capability whose military high command and government have already concluded that Washington is preparing a surprise nuclear attack.

Are the Washington Post editors trying to bring on nuclear armageddon? If there was any intelligence present in the Washington Post, the newspaper would be urging that President Trump immediately call President Putin with reassurances and arrange the necessary meetings to defuse the situation. Instead the utterly stupid editors urge actions that can only raise the level of tension. It should be obvious even to the Washington Post morons that Russia is not going to sit there, shaking in its boots, and wait for Washington’s attack. Putin has issued many warnings about the West’s rising threat to Russian security. He has said that Russia “will never again fight a war on its own territory.” He has said that the lesson he has learned is that “if a fight is unavoidable, strike first.” He has also said that the fact that no one hears his warnings makes the situation even more dangerous.

What explains the deafness of the West? The answer is arrogance and hubris.

As the presstitute media is incapable of reason, I will do their job for them. I call for an immediate face-to-face meeting between Trump and Putin at Reykjavik. Cold War II, begun by Clinton, George W. Bush, and Obama, must be ended now.

So, where is President Trump? Why is the President of the United States unable to rise to the challenge? Why isn’t he the man Ronald Reagan was? Is it, as David Stockman says, that Trump is incapable of anything except tweeting?  http://www.informationclearinghouse.info/47310.htm 

Why hasn’t President Trump long ago ordered all intercepts of Russian chatter gathered, declassified, and made public? Why hasn’t Trump launched a criminal prosecution against John Brennan, Susan Rice, Comey, and the rest of the hit squad that is trying to destroy him?

Why has Trump disarmed himself with an administration chosen by Russiaphobes and Israel?

As David Stockman writes, Trump “is up against a Deep State/Dem/Neocon/mainstream media prosecution” and “has no chance of survival short of an aggressive offensive” against those working to destroy him. But there is no Trump offensive, “because the man is clueless about what he is doing in the White House and is being advised by a cacophonous coterie of amateurs and nincompoops. So he has no action plan except to impulsively reach for his Twitter account.”

Our president twitters while he and Earth itself are pushed toward destruction.

 

Ever Closer to War

BRIAN CLOUGHLEY

21.06.2017

Source :

https://www.strategic-culture.org/news/2017/06/21/ever-closer-war.html

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The Science and Security Board of the Bulletin of the Atomic Scientists has warned that the likelihood of a catastrophic nuclear war is closer than since 1953. As explained by the Bulletin, in 1947 it devised the Doomsday Clock «using the imagery of apocalypse (midnight) and the contemporary idiom of nuclear explosion (countdown to zero) to convey threats to humanity and the planet».

Each year «the decision to move (or to leave in place) the minute hand of the Doomsday Clock is made by the Bulletin’s Science and Security Board in consultation with its Board of Sponsors, which includes 15 Nobel laureates». In 1953 the Clock was at two minutes to midnight. In the worst years of the cold war it was at 3 minutes to midnight when, in 1984 it was recorded that «US-Soviet relations reach their iciest point in decades. Dialogue between the two superpowers virtually stops. Every channel of communications has been constricted or shut down; every form of contact has been attenuated or cut off…»

And now, in 2017, it is apparent that channels of communication with Russia are being deliberately cut off — and the hands of the Doomsday Clock have been placed at just two-and-a-half minutes from midnight. Disaster looms.

And as it looms, the United States Senate is heightening its global confrontational approach and announced that it intends to penalise Russia for a number of supposed misdemeanours.

Senator Lindsey Graham told CBS News that the Senate will «punish Russia for interfering in our elections» — concerning which allegation there has not been one shred of proof provided by anyone. All-embracing inquiries are under way, of course, but be assured that if there were the slightest, tiniest, most microscopic morsel of actual proof of any interference, it would by now have been leaked to the media and made headline news.

Senator Graham excelled himself by telling President Trump, via CBS News, that «You’re the commander in chief. You need to stand up to Russia. We’re never going to reset our relationship with Russia until we punish them for trying to destroy democracy. And that starts with more sanctions».

Then the CBS interviewer brought up the subject of the many inquiries into allegations of Trump-Russia plotting and mentioned that a Democrat had said the investigations were a «fishing expedition… What’s your response to that?»

The Senator replied «That’s not your, none of your business. We’re going to do what we think is best. The Russians interfered in our election. They’re doing it all over the world. No evidence yet that the Trump campaign colluded with the Russians. I don’t believe the president colluded with the Russians, just because of the way he behaves. There’s zero evidence that President Trump did anything wrong with the Russians. There’s overwhelming evidence that Russia is trying to destroy democracy here and abroad. And if you forgive and forget with Putin, you’re going to get more of the same and you’re going to entice Iran and China to come in 2018 and 2020».

The US Senate believes there is «zero evidence» that President Trump had help from Russia in his election campaign — which is true — but also thinks there is «overwhelming evidence» that Russia is trying to influence voting in America, although there is not a shred of proof to that effect.

The Senator spoke with the authority, force and majesty of the US Senate, and the world has to accept that his pronouncements represent the wishes of the legislators of his mighty nation which is intent on imposing harsher sanctions on Russia. As observed by Forbes, the new Bill «punishes Russian oil and gas firms even more than the current sanctions regime… Russia has no friends on Capitol Hill».

It is intriguing that the sanctions focus on oil and gas production, and Bloomberg reported that Germany and Austria consider «the measures sought to bolster US economic interests and included an unacceptable intervention in the region’s energy sector». In an unprecedented expression — indeed, explosion — of disapproval, Germany’s Foreign Minister Sigmar Gabriel and Austria’s Chancellor Christian Kern said in a joint statement that «Europe’s energy supply is a matter for Europe, not the United States of America… instruments for political sanctions should not be tied to economic interests» and that the Senate’s amendment heralded a »new and very negative quality in European-American relations».

As London’s Financial Times reported, «the Russia sanctions outline opposition to Nord Stream 2, a pipeline that will double capacity for Gazprom… to supply gas to Europe under the Baltic Sea. The measures could affect European energy companies, including Shell, Engie and OMV, which are financing the pipeline. Shares in all four companies tumbled on Thursday».

Washington’s mission of lucrative destruction was partly achieved, but that’s where we come to the essence of the matter. The part of the Sanctions Bill involving Russia was an add-on to a series of vindictive measures against Iran, but it seemed a good idea to also sanction Russia’s oil and gas production, because nobody would benefit more than the oil and gas companies of the United States.

Bloomberg explained that the Nord Stream pipeline «would compete with US exports of liquefied natural gas to Europe». And the Senate made it plain that the US government «should prioritize the export of United States energy resources in order to create American jobs, help United States allies and partners, and strengthen United States foreign policy».

It’s difficult to see how the Senate’s arrogant dabbling might «help allies and partners,» but those in America who own energy resources and want to continue making vast profits continue to help their allies and partners in the Senate and the House. Without their financial support, many legislators would never have got to Washington.

As recorded by Open Secrets, companies closely associated with oil and gas production gave US politicians over fifty million dollars in 2015-2016 to help their democratic election:

Top Contributors, 2015-2016

Contributor Amount
Koch Industries $9,501,803
Chevron Corp $5,116,216
Ariel Corp $4,809,612
Stewart & Stevenson $4,127,231
Western Refining $4,067,802
Petrodome Energy $3,000,000
Chief Oil & Gas $2,977,493
Hunt Companies $2,709,917
Marathon Petroleum $2,398,781
Edison Chouest Offshore $2,198,872
Energy Transfer Equity $2,164,853
Kinder Morgan Inc $2,112,160
American Petroleum Institute $2,085,345
Exxon Mobil $2,065,787
Occidental Petroleum $1,855,908
Devon Energy $1,811,364
Otis Eastern $1,733,017
Honeywell International $1,461,284
Anadarko Petroleum $1,343,741
Red Apple Group $1,218,312

Source: By kind permission of the Center for Responsive Politics

And Senator Lindsay Graham was given a bundle by many commercial organisations, headed by Nelson, Mullins, whose $254,247 in 1993-2016 no doubt helped him along the way. Nelson Mullins, incidentally, has attorneys who «have experience in advising electrical and pipeline providers on legal matters». Then he got $175,605 from SCANA, which is «a $9 billion energy-based holding company, based in Cayce, South Carolina… Its businesses include… natural gas utility operations and other energy-related businesses». Another of Senator Graham’s generous sponsors is the Fluor Corporation ($94,801) which «understands the critical success factors driving onshore oil and gas production and terminal businesses, providing practical solutions to maximize project investment».

It doesn’t matter to these people, or to the legislators they’ve bought with their donations, that the Doomsday Clock has ticked closer to the midnight of Armageddon, and that the hostile approach of the United States is alienating a proud nation that can take only so much before it reacts against Washington’s aggressive confrontation. The sleazy hypocrisy of US legislators is legendary, but it is their ignorance greed and arrogance that are worrying.

While Senator Graham was dancing to the tune of his oil angels, the Washington Post reported that seven percent of American adults believe chocolate milk comes from brown cows. That is «16.4 million misinformed, milk-drinking people». The representative of FoodCorps which encourages sensible nourishment said this was unfortunate, and «We still get kids who are surprised that a French fry comes from a potato, or that a pickle is a cucumber. Knowledge is power. Without it, we can’t make informed decisions».

Just like the US Senate.

Tags: Doomsday Clock

Pour la dénonciation par la France du traité de l’Atlantique Nord et le retrait de ses Armées du commandement intégré

Appel pluraliste (pétition)

Comité Valmy

mercredi 21 juin 2017

 

Le 21 mai 2015 à l’Assemblée Nationale, lors du colloque intitulé « La France peut-elle retrouver une diplomatie indépendante », un ancien ambassadeur de France et ancien secrétaire général du Quai d’Orsay a déclaré que l’OTAN n’aurait pas dû survivre à la disparition de l’URSS et à la dissolution du Pacte de Varsovie.

Les initiateurs du présent appel de sensibilités républicaines et patriotiques diverses, ayant dans le passé, approuvé ou non l’existence de l’OTAN affirment unanimement, qu’en effet aujourd’hui, cette organisation n’a plus de raison d’être.

L’OTAN s’est en réalité élargie en intégrant, contrairement aux engagements pris envers Gorbatchev, nombre de pays anciennement socialistes, avançant ainsi méthodiquement dans un processus d’encerclement de la Russie en multipliant les bases militaires étasuniennes dans ces pays.

Cette politique ouvertement agressive s’est accompagnée de l’installation d’un bouclier de missiles anti-missiles à proximité de la Russie éventuellement destiné à permettre une première frappe nucléaire sur ce pays, en stérilisant ou en limitant de façon drastique ses possibilités de réplique.

C’est dans ce contexte géopolitique que l’Ukraine a vécu la « révolution orange », téléguidée par les États-Unis et soutenue par l’UE, qui a permis la mise en place par la force d’un gouvernement hostile à la Russie avec la participation de néonazis notoires. Il est temps que la France se dissocie de cette politique antirusse provocatrice qui risque de déboucher sur une troisième guerre mondiale éventuellement nucléaire.

Organisation politique et militaire, l’OTAN est tout à la fois l’instrument diplomatique et le bras armé qu’utilisent les Etats-Unis avec la complicité des Etats vassaux au premier rang desquels se trouvent la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne.

Le gouvernement américain, fort d’une doctrine militaire incluant la guerre préventive et l’usage d’armement nucléaire en premier, doté de plus de 700 bases militaires réparties sur tout le globe, et décidé à combattre la menace terroriste sans la volonté d’en rechercher les causes, conduit l’OTAN et donc la France à participer, dans un chaos organisé, à une guerre permanente au mépris de nos intérêts et de notre propre sécurité. De la Yougoslavie à l’Irak, de la Syrie à la Libye, la France use son potentiel militaire et son crédit diplomatique et oublie les valeurs de son peuple, au profit d’une politique définie à Washington.

En réalité, les États-Unis mènent avec l’OTAN une politique d’agression et de guerre généralisée qui ne saurait demeurer plus longtemps celle de notre nation. Il est grand temps que la France recouvre la souveraineté de ses décisions et la liberté de choisir ses partenaires en conformité avec sa philosophie et les intérêts du peuple français.

Nous appelons à la dénonciation par la France de son appartenance au traité de l’Atlantique Nord et au retrait de ses armées du commandement intégré. La France en redevenant libre devra exiger la dissolution de l’OTAN qui n’a plus de raison d’être !

Paris le 1er juin 2015

***

Cet appel est ouvert à la signature des citoyens et organisations qui souhaitent contribuer à cette initiative. Il est initié par le Comité Valmy ainsi que par des militants, des personnalités et des organisations de sensibilités diverses de l’arc républicain.

Note Importante :

Le forum interactif de notre site est l’objet d’une attaque permanente et invasive de spams. En conséquence, il est souvent fermé et inaccessible afin de limiter les dégats. 
Utiliser pour signer, l’adresse courriel ci-dessous ainsi que pour les messages : merci de spécifier vos nom, prénom, lieu de résidence et si vous le souhaitez, votre sensibilité politique..

Contact et signatures :

Utiliser provisoirement cette adresse :

info@comite-valmy.org

Uranium appauvri en Serbie en 1999 : une équipe internationale d’avocats poursuit l’OTAN en justice

Encore une information que les médias occidentaux

passent sous silence

Nous étions alors désespérément seuls contre cette guerre criminelle qui frappait la Yougoslavie. Tous les journalistes, toutes les rédactions, étaient résolument pour. Tous nos amis de gauche étaient fanatiquement pour. Toutes les grosses ONG étaient pour. Tous les partis écologistes européens étaient fanatiquement pour. Ils n’ont  pas protesté quand il s’est avéré que les bombardiers des pays de l’OTAN pilonnaient un pays, un peuple qui ne se battait pas, avec des armes contenant de l’uranium appauvri, aux conséquences terribles…Il n’y avait pas internet. Il nous était alors impossible de publier un point de vue autre. Un seul journaliste, Jacques Merlino, parmi les journalistes envoyés sur le terrain [1], a résisté, en ne relayant pas la propagande de l’OTAN. Silvia Cattori

 

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Source : https://francais.rt.com/international/39714-serbie-uranium-appauvri-plainte-avocats-otan

14 juin 2017

 

18 ans après les opérations militaires en ex-Yougoslavie, la Serbie a décidé de poursuivre les pays de la coalition menée par les Etats-Unis. La population continue de souffrir des conséquences de l’utilisation de munitions à l’uranium appauvri.

La Serbie a annoncé son intention de poursuivre en justice les pays de l’OTAN pour l’intervention de 1999 en ex-Yougoslavie. A l’initiative de l’Académie serbe des sciences et des arts, une équipe de juristes internationale se prépare à saisir les autorités judiciaires de chacun de ces pays, parmi lesquels les Etats-Unis et le Royaume-Uni. «Entre dix et 15 tonnes d’uranium appauvri ont été utilisés lors des bombardements de l’OTAN en Serbie en 1999», rappelle Srdjan Aleksic, l’un des avocats qui supervise la procédure légale. «A cause de cela, chaque année, 33 000 personnes tombent malades en Serbie. Cela représente un enfant par jour», a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’opportunité d’intenter des procès 18 ans après les faits, le juriste a mis en avant les conséquences terribles sur la population des opérations militaires de l’OTAN. «Il n’est jamais trop tard pour poursuivre les responsables d’une catastrophe environnementale, [ceux] qui ont bombardé la Serbie avec des armes quasi nucléaires, c’est-à-dire contenant de l’uranium appauvri.» Toujours selon l’avocat, l’utilisation d’armes interdite par la coalition en Serbie en 1999 constitue une violation de toutes les conventions internationales et des lois qui protègent les populations.

Dans un rapport rendu public en 2000, l’OTAN a reconnu avoir utilisé des munitions contenant de l’uranium appauvri non seulement dans les Balkans mais aussi lors de la guerre en Irak de 1991. «A proximité des impacts de munitions à uranium appauvri, il n’est pas exclu que des personnes ignorant les risques de contamination […] puissent avoir été exposées à des radiations ou absorbé des quantités d’uranium excédant les normes internationales», concède le document. Le tout, en cas de guerre avec l’OTAN, c’est en définitive d’être bien informé.

[1] Jacques Merlino – Les vérités yougoslaves ne sont pas …

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Michel Raimbaud : « En France, l’atlantisme et le sionisme sont les deux mamelles des néocons »

par Tigrane Yégavian

9 juin 2017

Source : http://arretsurinfo.ch/michel-raimbaud-en-france-latlantisme-et-le-sionisme-sont-les-deux-mamelles-des-neocons/

 Source originaire : http://www.afrique-asie.fr/michel-raimbaud-en-france-latlantisme-et-le-sionisme-sont-les-deux-mamelles-des-neocons/

 

 

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À l’occasion de la réédition actualisée de « Tempête sur le Grand Moyen-Orient » (1), nous avons rencontré Michel Raimbaud. L’ancien diplomate, qui écrit avec des convictions en s’appuyant sur des faits bien documentés, insiste sur le façonnement en cours du Moyen-Orient, et plus vastement du monde, entrepris par les néoconservateurs américains, avec la complicité des élites occidentales.

Propos recueillis par Tigrane Yégavian | 9 juin 2017

Pourquoi crier au « conspirationnisme » lorsque l’on est saisi par la clarté du grand dessein annoncé urbi et orbi par ses propres promoteurs ? Cela fait longtemps que Michel Raimbaud, écrivain habité par la passion de l’État, sincère, engagé et aux accents volontiers gaulliens, ne prête plus d’attention aux chiens de garde de l’establishment qui le snobent. Ancien ambassadeur de France en Mauritanie, au Soudan et au Zimbabwe, et bien connu des lecteurs d’Afrique Asie, ce fin connaisseur du monde arabe et de l’Afrique a servi comme diplomate dans de nombreux pays (avec un long passage au Brésil), avant de diriger l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Tout reste d’actualité dans Tempête au Moyen-Orient, ouvrage dans lequel il dénonce les funestes « policides » orchestrés par les néoconservateurs américains et occidentaux ayant débouché sur le démantèlement du Soudan, de la Somalie, de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye et, aujourd’hui, de la Syrie.

Revenons sur l’affaire des « bombardements chimiques » d’Idlib, en Syrie, en avril dernier. Pourquoi ne criez-vous pas avec les loups sur la responsabilité du régime syrien ?
Nous nous trouvons face à une redite de l’affaire Colin Powell de 2003 en Irak et de la séquence de l’été 2013 en Syrie (attaque de la Ghouta). Je n’entrevois que deux explications possibles : ou bien ce sont les rebelles qui ont utilisé les armes chimiques en appliquant la technique familière du false flag (faux pavillon), maquillant par la suite les photos des enfants. Ces enfants n’auraient-ils pas été tués puis « soignés » par ces escrocs de l’humanitaire que l’on nomme les « casques blancs », autrement dit des associés du Front Al-Nosra, la franchise syrienne d’Al-Qaïda ? Sinon, comment expliquer que les injections, à en croire certaines vidéos, semblent factices, le niveau du liquide demeurant inchangé du début à la fin de la piqûre de « réanimation » ? Si ces cadavres d’enfants morts, soigneusement alignés comme à une parade pour les besoins de la propagande, avaient été gazés, il eût été bien imprudent de s’exposer avec eux sans précaution.

Ou bien, s’il s’agit d’un bombardement de l’armée syrienne sur ce dépôt, cela veut dire que le gaz appartenait aux rebelles. Car on sait qu’en Syrie le démantèlement de l’arsenal des armes chimiques et bactériologiques a eu lieu sous contrôle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), après les inspections onusiennes.

Un mensonge de plus donc ?
La ficelle est bien grosse. Les mensonges sont légion dans le cas syrien, tellement nombreux qu’il s’avère difficile de les « traiter » tous. C’est une conséquence typique des théories que j’ai étudiées dans mon livre, à savoir les stratégies mises en œuvre par Washington : le chaos innovateur, la théorie du fou et le false flag, autant d’intox dont les mécanismes ont été démontés, notamment par Michel Collon. En définitive, si « complotisme » il y a, ce sont les comploteurs eux-mêmes qui aiment les complots puisqu’ils en sont les auteurs, et non pas ceux qui les dénoncent, systématiquement qualifiés de « complotistes » afin de les discréditer par avance. Dans un ordre d’idées proche, les régimes takfiristes qui financent les « révolutions » chez leurs voisins espèrent ainsi faire oublier leur nature profondément réactionnaire.

Il y avait déjà un certain cynisme de la part des intellectuels américains au temps où l’on pérorait sur le contenu de la fiole qu’avait brandie Colin Powell au Conseil de sécurité de l’Onu en 2003. Ils disaient : « L’Amérique est le plus grand empire qui ait jamais existé sur Terre, discutez et critiquez telle ou telle de nos actions si vous voulez, nous, pendant ce temps, nous créons des réalités nouvelles et nous faisons l’Histoire ! » Effectivement, pendant que tout le monde disserte : les idiots utiles, les médias, les universitaires et la classe politique rivalisant en bêtise tout en maintenant une omerta faramineuse sur les faits, les neocons façonnent effectivement cette Histoire dont nous sommes les témoins. Cela participe à un enfumage qui ne nous donne pas le loisir d’anticiper les mauvais coups que préparent ces néocons.
Que répondez-vous aux accusations de connivence entre Moscou et Washington ?

Il n’y a pas de connivence entre la Russie et les États-Unis. Si les Russes jouent la carte de la diplomatie, c’est pour trouver une solution politique. Je m’étonne également que le communiqué tripartite publié par Damas, Moscou et Téhéran au lendemain de l’attaque américaine du 4 avril sur la base aérienne de Shayrat, en Syrie, n’ait pas été divulgué dans les médias mainstream. Ce communiqué se voulait un cinglant avertissement adressé à l’administration Trump, rappelant les fondamentaux : respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité de la Syrie, et son droit de reprendre le contrôle de l’ensemble de son territoire.
Concernant l’hésitation du président Obama en 2013 qui, finalement n’a pas donné l’ordre d’attaquer, je me souviens avoir été parmi les rares personnes à être persuadées qu’il n’y aurait pas de frappes…

Qu’est-ce qui a freiné Obama ?
Obama n’est pas un personnage limpide. C’était sa façon à lui de s’affirmer en ne bombardant pas. Non pas qu’il soit revenu à de meilleurs sentiments, car il était suffisamment bien informé par ses renseignements pour connaître la vérité, mais parce qu’il voulait marquer son pouvoir présidentiel face au think tank collectif qui l’entourait – c’est ce qu’il affirme dans une interview en forme de testament.

J’évoque souvent « l’État profond néoconservateur » pour « expliquer » ce qui, sinon, pourrait paraître inexplicable. À mes yeux, ce concept est d’une importance fondamentale. Devenu populaire, il est une réalité visible, voire très voyante, depuis la fin de la guerre froide. Il se réfère à la doctrine dominante qui crée une symbiose idéologique entre les décideurs, les acteurs, les faiseurs d’opinions dans tous les secteurs de la vie publique et tous les cercles de pouvoir (politiques, diplomates, hiérarchie judiciaire, élites intellectuelles, journalistes, milieux d’affaires, communautés diverses, lobbies, etc.).

Né dans le camp républicain qui est son berceau et ancré sur le double messianisme religieux du judaïsme et des Églises protestantes dites « Églises d’éveil », l’État profond néoconservateur s’est solidement implanté dans les rangs démocrates, avant de trouver des terreaux favorables dans toutes les terres d’Occident et dans les États les plus improbables. La France est loin d’échapper à la règle, tant est grande l’idolâtrie des élites vis-à-vis de tout ce qui vient d’Amérique et le lien de vassalité que celles-ci ont intériorisé durant les décennies passées.

À Paris, les quartiers généraux et/ou les bastions de cet « État profond » sont divers et variés : non seulement au Quai d’Orsay où sévit la « secte » ou la « meute » néocon, mais aussi à Matignon, à l’Élysée et dans les rouages de la société et les arcanes du pouvoir. Les élites parisiennes sont depuis des années cooptées dans le fameux programme des « Young Leaders » de la fondation franco-américaine. On chercherait en vain un clivage entre droite et gauche « de gouvernement ».

Comment avez-vous observé l’évolution de la trajectoire des néoconservateurs français depuis le Quai d’Orsay ? Comment et quand ont-ils essaimé ?
Historiquement, les origines du néoconservatisme remontent à la création des États-Unis, à l’arrivée des « Pilgrim Fathers », ces Pères fondateurs, pour l’essentiel des protestants fuyant l’Europe pour des raisons religieuses et se référant à la Bible plutôt qu’au Nouveau Testament. En vertu du messianisme qui les inspirait, ils pensaient que Dieu les avait guidés vers l’Amérique afin qu’ils deviennent le nouveau peuple élu. Notez le parallèle avec le sionisme… Du reste, les groupes ou lobbies chrétiens sionistes s’inscrivent dans cette tradition. Les premiers migrants en Amérique se référaient à la pensée de Cromwell, imprégnée de mystique sioniste. Mais il faut attendre l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan dans les années 1980 pour que cette mystique trouve sa traduction politique dans le néoconservatisme, une traduction associée à la promotion du néolibéralisme et à la fin de la détente.

C’est sous le mandat de Reagan que l’on assiste au retour de la confrontation contre l’URSS, encouragé par la Britannique Margareth Thatcher et le pape Jean-Paul II. Si l’équilibre de la terreur les empêche alors d’agir en transgressant les règles du jeu, les neocons (on ne les connaît pas encore sous cette appellation) ont les coudées franches à partir des années 1990-1991, après l’implosion de l’URSS et la disparition du « bloc communiste ». À noter que Donald Trump est le produit plus ou moins inavoué de cet establishment (malgré ses affirmations) puisqu’il semble considérer Reagan comme un père spirituel et se réfère volontiers aux Pères fondateurs de l’Amérique.

Trump a pourtant fondé son discours de campagne en s’opposant aux élites de Wall Street afin d’engranger des soutiens dans l’Amérique profonde…
S’il a été élu par le « petit peuple » et par « l’Amérique profonde » contre l’establishment, il ne pourra pas résister longtemps aux pulsions de l’État profond. Très isolé face aux élites, il en a bien eu besoin sitôt élu. Au passage, le fait qu’il bombarde la Syrie dès son début de mandat fait de lui un « président normal », et cela deux jours à peine après avoir fait une proposition de reprise de contact à Bachar al-Assad par l’intermédiaire d’une congressiste américaine (démocrate) chargée par Trump lui-même de transmettre un message en ce sens au président syrien. Voilà la théorie du chaos remise en application : elle correspond à dire tout et son contraire.

Il n’est pas évident pour les Américains de gérer cette théorie du chaos, qui paraît très anglo-saxonne, en ce sens qu’elle permet d’associer toutes les ambiguïtés, selon une méthode que l’on retrouve dans le langage des ONG, dans les discours du FMI, dans le style des politiques et diplomates américains : mélanger le passé et le présent, les affaires importantes et les détails, la réalité et la fiction. Cela ouvre beaucoup de possibilités aux prestidigitateurs du droit, aux manipulateurs de valeurs, aux magiciens maîtres de l’Univers. C’est également une illustration de la « théorie du fou » inventée par Kissinger au temps de Nixon : les États-Unis ont vocation à être les maîtres du monde et entendent le rester ; pour effrayer leurs ennemis, ils doivent projeter l’impression que l’Amérique est, en partie du moins, gouvernée par des dirigeants cinglés ou imprévisibles.

La ligne Trump représente un archétype de la « théorie du chaos innovateur » mise en œuvre selon les normes de la théorie du fou. Le président « flexible » est un pur produit de l’école néoconservatrice, fondée sur le double messianisme protestant et juif, évoqué précédemment. Dans ce contexte, notons que l’alliance avec les islamistes djihadistes n’est pas circonstancielle, mais naturelle, les islamistes radicaux se réclamant également d’une mission divine, afin d’éradiquer tout ce qui s’écarte de leur conception de l’islam et recréer in fine un califat, un État islamique fondé sur la charia (la loi coranique interprétée à leur façon).

Vous ne m’avez toujours pas dit à quand remonte la pénétration du néoconservatisme dans les arcanes du pouvoir français.
La première manifestation de leur apparition en France remonte, me semble-t-il, au lendemain de la chute de l’URSS et à la signature du traité de Maastricht en 1992. François Mitterrand n’était pas néoconservateur, mais son entourage l’était en bonne partie, ou faisait du néoconservatisme sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir.
La seconde manifestation intervient à mon sens avec la crise affectant les relations franco-africaines en 1994, marquée par la dévaluation inopinée du franc CFA de 50 % sous la pression conjointe de la Banque Mondiale et du FMI. L’héritage gaullien, déjà ébréché, va dès lors être dilapidé de plus en plus ouvertement, la France renonçant de facto – en le niant – aux attributs de sa souveraineté. Dans la foulée du baroud d’honneur du duo Chirac-Villepin en 2003 concernant l’opposition de la France à la guerre en Irak, le président Chirac va s’affoler et multiplier des concessions inutiles, allant au-devant des sollicitations de Washington. Le retour au commandement intégré de l’Otan se fera en douce ; il ne restera plus qu’à l’afficher politiquement, ce qui sera chose faite dès le début du mandat de Sarkozy.

Paris appuiera ainsi les sanctions contre la Syrie promulguées par le Congrès américain par le biais du Syrian Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act en décembre 2003. La France sera en quelque sorte chargée de « gérer » pour le compte de Washington le dossier de la détérioration programmée des relations avec Damas. Le levier libanais (à la suite à l’assassinat du premier ministre Rafiq Hariri, ami de Chirac) sera utilisé pour convaincre Paris d’assurer cette mission : jusque-là assez bonnes, les relations franco-syriennes vont dès lors se dégrader brutalement. Elles ne s’en remettront pas, malgré une brève embellie sous l’ère Sarkozy.

La pénétration du courant néocon s’accompagne d’une opération de casse menée contre les diplomates du Quai d’Orsay, tenu pour pro-arabe : le cadre d’Orient, les arabisants et les islamisants en premier lieu sont ciblés. Cette offensive qui ne dit pas son nom emprunte deux biais : on disperse les experts de la région dans des zones géographiques éloignées du monde arabe, et on recrute pour les postes clés des énarques et technocrates formatés. À cela s’ajoute les saignées budgétaires consécutives et incessantes, le recours à des contractuels, l’ubérisation, autant d’éléments qui ont définitivement sapé notre action diplomatique et notre rayonnement à l’international. Au vu de l’ampleur des missions d’un « Département » (comme on l’appelle), régalien par excellence, le budget du ministère des Affaires étrangères a toujours été relativement modeste, ne dépassant pas 1 % du PIB. Depuis un quart de siècle, on ne parle plus que d’austérité !

Qu’est-ce qui motive les diplomates néocons de la « secte » du Quai d’Orsay à poursuivre cette politique, selon vous ?
Le suivisme, l’atlantisme et le sionisme, qui sont pour ainsi dire synonymes.

Dans le cas du dossier nucléaire iranien, l’équipe de Laurent Fabius n’était-elle pas motivée par la défense de l’intérêt national en freinant des quatre fers l’acquisition de la bombe par Téhéran qui affaiblirait les positions de la France dans la région ?
Non. Cela faisait partie des rôles délégués à la France et aux Européens par Washington. Le dossier du nucléaire iranien, dont le programme remonte à l’époque du chah, a été fabriqué par les ancêtres des neocons américains dans le cadre du projet « Atome pour la paix ». Il avait toujours fait l’objet de l’unanimité nationale en Iran ; tout le monde trouve ça très bien et personne en Occident n’y a trouvé à redire jusqu’à la révolution islamique. Le dossier a ressurgi dans la foulée de l’occupation de l’Irak. Après la guerre irano-irakienne (politique du double endiguement), puis la première et la seconde guerre d’Irak qui ont mis ce pays à terre, les États-Unis ont délégué à la France, au Royaume-Uni et à l’Allemagne la gestion du dossier. En cela, il me semble que l’ancien président Khatami s’est engouffré dans un piège, d’où la rupture actée par son successeur Ahmadjinehad.

En 2006, le dossier est transféré de l’Agence internationale de l’énergie atomique au Conseil de sécurité des Nations unies, dont les cinq membres permanents sont des « puissances nucléaires légales ». Ce qui va accentuer la pression sur Téhéran et dévoiler les objectifs cachés de la « négociation nucléaire ». La signature de l’accord « historique » en juillet 2014 n’a pas réglé le différend de fond entre l’Iran et ses quatre interlocuteurs occidentaux (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne).

Les néoconservateurs sortent-ils fragilisés par l’élection de Donald Trump ?
Non, au contraire, car il est leur meilleur représentant. Trump s’est fait élire sans le soutien des élites. Mais une fois au pouvoir, il ne peut se contenter de l’appui des cowboys ou des mormons. Or, depuis des lustres, les élites américaines, tous partis confondus, sont néoconservatrices. Trump a dû aller puiser dans le même réservoir où aurait pioché Hillary Clinton (État profond, Goldman Sachs…) si elle avait été élue. Trump n’a pas d’autres choix que d’obtempérer aux desiderata de l’État profond américain. Il suffit de voir ses choix en ce qui concerne ses ministres et collaborateurs (au sein de l’establishment) et ses décisions, notamment en politique étrangère. En Syrie et Russie, par exemple.

En France, l’atlantisme et le sionisme sont désormais les deux mamelles des néocons. Cette adhésion a commencé avec Chirac, puis s’est finalisée avec Sarkozy qui parlait de « retour au bercail » pour justifier la réintégration pleine et entière de nos forces au sein du commandement intégré de l’Otan. Pour ce qui est de Hollande, je ne vous apprends rien en vous disant que les socialistes ont un ADN européiste, sioniste et colonialiste qui remonte au minimum à Guy Mollet (sous la IVe République). Ce n’est nullement une légende. Durant son deuxième mandat, Mitterrand aura cette déclaration de fossoyeur : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir. » Petit à petit, cette idée a gagné du terrain au Quai d’Orsay et dans « l’État profond », y compris à l’Université, sensible aux sirènes de l’Amérique, de l’Europe, de l’Otan, de la globalisation et de ses succursales diverses.

On a bien vu dans la campagne présidentielle française que l’Europe était relayée à un rang subalterne. Un grand nombre de candidats ont rivalisé dans leurs discours prosouverainistes. Cet idéal vend-il encore ?
L’Europe n’est pas une idée populaire, contrairement à ce qu’affirment les illusionnistes du « rêve européen ». Les candidats ont souvent promis de « renégocier » les traités européens, ce qui est un leurre à usage électoral. À toutes les élections, on nous a fait la même promesse. De mon point de vue, l’Europe est la prison de la France. Ce n’est pas nous qui décidons. Allons même plus loin : nous nous indignons que les décisions nous concernant soient prises à Bruxelles, alors qu’en réalité c’est en Amérique que tout se décide. Nos élites du mainstream se satisfont de ce statut de « territoire » à la Massachusetts, auquel la France a été réduite. Mais alors, à quoi bon payer et entretenir cette administration bruxelloise tentaculaire et si onéreuse qui prend ses ordres à Washington ?

La réédition de votre livre connaît un vif succès. Pourtant, vos détracteurs ne vous épargnent pas dans la véhémence de leurs attaques…
Je reprends à mon compte ce proverbe chinois : « Quand le sage montre la Lune, l’imbécile montre le doigt. » J’écris en fonction de mes convictions. La thèse que je développe est bien documentée et rend compte des réalités, de l’enchaînement d’événements qui autrement resteraient incompréhensibles. Elle me semble beaucoup mieux acceptée et comprise en cet an VII de la « tempête sur le Grand Moyen-Orient » qu’il y a deux ans. En effet, rien dans les évolutions constatées n’est venu démentir ce qui était inscrit dans la première édition, au niveau du Moyen-Orient, du Grand Moyen-Orient de George W. Bush, au sein de l’islam et en ce qui concerne l’ordre du monde dont la mutation se dessine sous nos yeux. Autant de sujets qui font l’objet de mon ouvrage.

 

(1) Tempête sur le Grand Moyen-Orient, Michel Raimbaud, 2e édition enrichie et remise à jour, Éd. Ellipses, 716 p., 28 euros.

 

NATO-Montenegro-OTAN

This appeal was proposed at the NATO Counter-summit on 25th May in Brussels by Marko Milacic, representative of the Movement for the Neutrality of Montenegro

Appel présenté à Bruxelles, le 25 mai 2017, lors de la conférence du Contre-Sommet Otan

par Marko Milacic, responsable du Mouvement pour la Neutralité du Monténégro

ENG.- APPEAL TO THE PEACE MOVEMENT TO SUPPORT MONTENEGRO

Montenegro is facing a dangerous situation. The parliament recently took the decision, against the will of the majority of citizens, to join NATO, although 84% of the population of Montenegro, according to government sources, is in favour of a referendum.

It should be understood that forcing Montenegro into NATO, by NATO and its partners, the mafia style clique in power in the country, can only destabilize the society, and more importantly that is happening right now. This is political aggression by NATO against Montenegro.

The decision about Montenegro entering NATO is not valid, because it is not backed by the people of Montenegro. It is backed by an undemocratic regime that hasn’t change for almost three decades.

We call on progressive forces in NATO and non-NATO member states to support the Montenegrin people in their struggle against this illegitimate and illegal process.

We call on the government of Montenegro to respect the will of the people.

 

FR – APPEL AU MOUVEMENT DE LA PAIX POUR SOUTENIR LE MONTENEGRO

Le Monténégro affronte une situation dangereuse. Récemment, le parlement monténégrin a pris la décision d’adhérer à l’OTAN, alors que la majorité des citoyens s’y opposent et que, selon les propres sources gouvernementales, 84% de la population est favorable à l’organisation d’un referendum.

Par cette adhésion imposée par l’OTAN et ses partenaires, la clique mafieuse actuellement au pouvoir au Monténégro ne fera que déstabiliser gravement la société, comme cela est en train de se produire actuellement. C’est une agression politique de l’OTAN envers le Monténégro.

Cette décision d’adhésion du Monténégro à l’OTAN n’est pas légitime, car elle n’est pas acceptée par sa population. Elle a été imposée par un régime anti-démocratique au pouvoir depuis près de trente ans.

Nous appelons les forces progressistes des pays membres et non-membres de l’Otan à soutenir le peuple monténégrin dans sa lutte contre ce processus illégal et illégitime.

Nous appelons le gouvernement du Monténégro à respecter la volonté du peuple.

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Please sign and make this appeal widely known!

Please send this document back, mentioning your individual and/or organization name, country, e-mail address to milacici2007@gmail.com .

This action is urgent: opponents to the integration of Montenegro into NATO will organize actions and demonstrations on 5th June, the official day of the membership.

Signer et diffuser largement cet Appel !

Renvoyez cette page avec votre signature, en précisant votre nom, adresse mail, nom éventuel de votre organisation à milacici2007@gmail.com .

Cette action est urgente : les mouvements qui s’opposent à l’intégration du Monténégro à l’Otan feront une mobilisation à Podgorica le 5 juin 2017, jour de l’adhésion officielle.