La priorité immédiate, c’est de sauver des vies. Ensuite il faudra passer à la condamnation des sanctions

Alfred de Zayas *
Source : Horizons et débats,
Zurich, 14 avril 2020

Horizons et Débats: Depuis des années déjà, vous vous êtes opposé à l’application des sanctions. D’aucuns affirment à présent que les sanctions, dans les pays où elles sont appliquées, seraient également un obstacle de taille à la lutte contre la pandémie de coronavirus. Qu’en dites-vous?
Alfred de Zayas: Bien sûr, la guerre économique qui prévaut contre le Cuba, le Nicaragua, le Venezuela, la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord, ainsi que le blocus financier et les sanctions économiques asphyxiantes allant à l’en- contre de la Charte des Nations Unies et la Charte de l’Organisation des Etats Américains, enfreignent de nombreux traités internationaux, en particulier les accords relatifs aux droits de l’homme tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), le Pacte international relatif aux droits économiques (PIDESC), sociaux et culturels et la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). Elles vont également à l’encontre de l’interdiction mise par le droit international à l’interférence dans les affaires intérieures d’autres Etats et l’interdiction d’intervention (qui ne s’applique non seulement aux interventions militaires mais également aux guerres non conventionnelles et hybrides).
On a démontré que les sanctions tuaient – non seulement les mesures coercitives unilatérales, mais même les sanctions mal avisées de l’ONU, telles celles prises à l’encontre de l’Irak entre 1991 et 2003, et qui ont entraîné la mort de plus d’ un million d’ Irakiens, mort par malnutrition, par manque d’ accès à l’eau potable, aux médicaments, aux équipements médicaux, etc. Dès 1995, l’ Unicef estimait que les sanctions avaient causé la mort d’ environ 500 000 enfants irakiens – mais l’avertissement n’a pas été entendu. Ou pire encore, il a été rejeté par les tout-puissants Etats-Unis. Interrogée sur l’ utilité du maintien des sanctions contre l’ Irak malgré la mort de tant d’enfants, la secrétaire d’Etat américaine de l’époque, Madeleine Albright, a répondu par l’affirmative – comme on peut le voir sur YouTube. Denis Halliday, coordinateur humanitaire 1996-1998 de l’ONU pour l’Irak, a quand même démissionné en signe de protestation, qualifiant les sanctions de l’ONU comme «une forme de génocide». Son successeur Hans-Christof Graf von Sponeck (1998-2000), a également démissionné en signe de protestation et publié sur ce sujet un livre intitulé Ein anderer Krieg (Un autre genre de guerre).
L’Assemblée générale a adopté 27 résolutions demandant la levée de l’embargo américain contre Cuba, non seulement parce qu’il est contraire au droit international, mais aussi parce qu’ il a considérablement affaibli les infrastructures sanitaires cubaines et rendu presque impossible l’obtention de pièces de rechange pour les équipements médicaux, tels que les scanners et les appareils de dialyse. En 2019, les professeurs Jeffrey Sachs et Mark Weisbrot ont rédigé un rapport estimant que les sanctions contre le Venezuela étaient responsables de la mort de 40 000 Vénézuéliens en 2018. Depuis lors, la situation n’a cessé de se détériorer. Au fil des ans, les infrastructures sanitaires de nombreux pays visés par les sanctions ont été affaiblies, les laissant encore moins préparés à faire face à la pandémie de Covid-19.
Le 31 mars 2020, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, la professeur à l’Université de Californie, Hilal Elver, a demandé la levée immédiate des sanctions en raison de la pandémie. D’autres rapporteurs, comme le rapporteur sur les effets négatifs des mesures coercitives unilatérales, l’ Ambassadeur Idriss Jazairy, avaient déjà documenté le lien entre les sanctions et les décès. Hélàs, l’ Ambassadeur Jazaire est succombé le 27 février à un cancer. Nommé le 2 avril, la nouvelle rapporteur en charge de l’étude sur les mesures coercitives unilatérales, la Professeur Alena Douha, a plaidé pour la levée des sanctions et va probablement publier prochainement un rapport sur la question – mais le temps presse !
Le 1er avril 2020, le gouvernement cubain a protesté contre le «blocus criminel» des Etats-Unis après que l’ embargo américain ait bloqué la livraison des kits de tests de dépistage du Covid-19 et de respirateurs donnés par Jack Ma, le milliardaire chinois de l’ e-commerce et propriétaire d’ A libaba. Diaz-Canel, le président cubain, a tweeté: «Le blocus criminel du gouvernement impérialiste porte atteinte aux droits fondamentaux du peuple cubain». Le délégué de Cuba à Pékin, Carlos Miguel Pereira, a déclaré qu’une entreprise privée avait été engagée pour livrer les fournitures médicales nécessaires à la lutte contre le Covid-19. Cependant «à la dernière minute», cette société a refusé d’effectuer la livraison. Selon l’agence de presse Xinhua, la société avait expressé- ment invoqué le risque d’être pénalisée par le Département du Trésor des Nations unies pour avoir enfreint la loi américaine Helms- Burton de 1995.
Encore une fois, et il faut le répéter: les sanctions tuent. La responsabilité civile et pénale en incombe non seulement aux Etats- Unis, mais aussi à tous les Etats ayant imposé ou appliqué des sanctions.
Dans quelle mesure l’ONU préconise-t-elle la levée des sanctions ?
 En ce qui concerne les sanctions contre le Cuba, l’Assemblée générale a demandé leur levée à plusieurs reprises, mais les Etats-Unis considèrent qu’ils sont au-dessus du droit international imposant des sanctions illégales contre le Cuba depuis six décennies.
Tant que cela n’entraînera pas de conséquences pour l’ économie américaine, les choses ne changeront probablement pas. Mais, bien sûr, d’autres pays comme le Canada, le Royaume-Uni, etc. imposent également des sanctions ou appliquent les sanctions américaines contre le Cuba, le Venezuela, l’Iran, etc., fait qui relève de l’application extraterritoriale du droit américain et de l’imposition de pénalités pour «violation des sanctions». La responsabilité civile et pénale de l’imposition ou de la mise en œuvre des sanctions incombe en premier lieu aux Etats-Unis, mais aussi à tous les Etats qui ont imposé ou mis en œuvre des sanctions, même aux entreprises privées qui placent le profit au-dessus de la vie humaine.
Quelle est la position de la communauté internationale sur ce point? Comment, dans ce contexte, évaluez-vous l’International Solidarity Report (Rapport sur la solidarité internationale) ?
La «communauté internationale» n’agit pas en conformité avec la Charte des Nations unies, ni avec l’obligation de pratiquer la solidarité internationale. En 2017, Virginia Dandan, experte indépendante des Nations unies sur les droits de l’homme et la solidarité internationale, a publié la Draft Declaration on the Right to International Solidarity (Projet de déclaration sur le droit à la solidarité internationale) que l’Assemblée générale n’a toutefois jamais adoptée. Il est temps que le Secrétaire général rappelle au Conseil de sécurité, à l’Assemblée générale et au Conseil économique et social leurs responsabilités respectives et plaide pour l’adoption formelle de cette déclaration – et sa mise en œuvre concrète.
La semaine dernière, Michelle Bachelet, la Haut-commissaire aux droits de l’homme, a appelé à un assouplissement des sanctions afin de lutter contre la pandémie et de limiter ainsi sa propagation mondiale. Dans quelle mesure ses revendications sont-elles porteuses de promesses?
La Haut-commissaire aurait dû condamner les sanctions en raison de leur violation directe des droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux des populations qu’elles visent. Navi Pillay, qui a précédé Michelle Bachelet dans ses fonctions de Haut-commissaire, avait déjà condamné les
Alfred de Zayas: Bien sûr, la guerre économique qui prévaut contre le Cuba, le Nicaragua, le Venezuela, la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord, ainsi que le blocus financier et les sanctions économiques asphyxiantes allant à l’en- contre de la Charte des Nations Unies et la Charte de l’Organisation des Etats Américains, enfreignent de nombreux traités internationaux, en particulier les accords relatifs aux droits de l’homme tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), le Pacte international relatif aux droits économiques (PIDESC), sociaux et culturels et la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). Elles vont également à l’encontre de l’interdiction mise par le droit international à l’interférence dans les affaires intérieures
* Alfred de Zayas (USA, citoyen suisse depuis 2017) est un écrivain, historien et spécialiste des droits de l’homme et du droit international. En 2012, il a été nommé par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies en tant que premier Expert indé- pendant des Nations unies pour la promotion d’un ordre international démocratique et juste, haute fonction qu’il a accomplie jusqu’en 2018.

Syrie : la hargne et le dépit des Occidentaux

Pierre Lévy

20 mars 2020

Source : RT France

https://francais.rt.com/opinions/72744-syrie-la-hargne-et-le-depit-des-occidentaux
Sources primaires : Pierre Lévy est l’auteur de deux essais et un roman Syrie : La hargne et le dépit des Occidentaux, 20 mars 2020 https://francais.rt.com/opinions/72744-syrie-la-hargne-et-le-depit-des-occidentaux. © SANA / AFP Source: AFP Le président syrien Bachar Al est l’auteur de deux essais et un roman.Syrie : La hargne et le dépit des Occidentaux, 20 mars 2020 https://francais.rt.com/opinions/72744-syrie-la-hargne-et-le-depit-des-occidentaux. © SANA / AFP Source: AFP Le président syrien Bachar Al Assad.

 

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy dirige la rédaction du mensuel Ruptures. Précédemment, il a été journaliste au sein du quotidien L’Humanité, ingénieur et syndicaliste.

Les dirigeants européens versent des larmes de crocodile sur le drame des réfugiés, mais portent une écrasante responsabilité dans la guerre déclenchée il y a neuf ans, relève Pierre Lévy, du mensuel Ruptures. L’actualité médiatique est désormais phagocytée par la crise du coronavirus. Pourtant, sur le plan international, d’autres crises, au moins aussi explosives, n’ont pas disparu comme par enchantement. C’est le cas de la tragédie imposée à la Syrie depuis neuf ans. Il y a quelques jours encore, quatorze ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne – sur vingt-sept – livraient une tribune au Monde (27/02/2020) accusant «le régime syrien» de «persister dans une stratégie de reconquête militaire à n’importe quel prix», et sommaient Damas d’y mettre fin. Les mots ne sont jamais innocents. Ceux qui sont ici utilisés – et depuis des années ânonnés par les grands médias – méritent d’être relevés. Le «régime syrien» est en réalité l’Etat républicain de ce pays : son président, son gouvernement, son Parlement, issus du suffrage universel. Quant aux «troupes fidèles à Bachar el-Assad», autre formule banalisée, il s’agit de l’armée nationale du pays, qui, à l’instar de toutes ses consoeurs du monde entier, a comme premier devoir de veiller sur l’intégrité du territoire national – ici en l’occurrence de la reconquérir. Chacun est évidemment libre de détester le pouvoir syrien. Mais nul n’est fondé à contester de l’extérieur la légitimité de celui-ci. Que le président ne fasse pas l’unanimité dans son propre pays est certain. Mais, pour qui connaît un tant soit peu la Syrie, sa popularité est tout sauf marginale. Que cela plaise ou non, il dispose aujourd’hui d’une assise politique au sein de son peuple, que pourraient même lui envier nombre de dirigeants occidentaux – à commencer par le président français. Les quatorze ministres dénoncent le sort que vit actuellement la province d’Idlib, au nord-ouest du pays. Mais ils font – évidemment – l’impasse sur l’écrasante responsabilité des dirigeants occidentaux dans le martyre que vit depuis neuf années la Syrie. Peut-être un bref rappel, factuel, est-il à cet égard nécessaire. En décembre 2010 et janvier 2011, plusieurs pays du monde arabe venaient de connaître des soulèvements. Deux des hommes forts très liés à l’Occident avaient été contraints de déguerpir : le Tunisien Ben Ali, et l’Egyptien Moubarak, au grand dam de Washington, Paris, Londres, Berlin et Bruxelles. Et ce alors même que la Syrie restait calme. Ce n’est qu’à partir de mars que de premières manifestations se firent jour. Les Occidentaux tenaient leur revanche, du moins l’espéraient-ils. Ils se sont convaincus que le scénario tunisien ou égyptien allait se reproduire, mais cette fois dans un sens qui leur était agréable. Dès avril, les manifestations n’eurent plus rien de pacifique ; très vite de premiers morts étaient à relever du côté des forces de l’ordre – qui ne venaient pourtant pas en espadrilles et en T-shirt. Et très vite, en Occident, les voix autorisées ont de moins en moins discrètement fait savoir que le président syrien devait «dégager». Le Secrétaire d’Etat américain, c’était alors Hillary Clinton, proclama que «Bachar n’est plus nécessaire», ce qui, de son point de vue, valait lettre de licenciement. Certains proposèrent au président un exil doré «sans perdre la face». Les géostratèges prenaient leurs désirs pour des réalités en supposant que le chef d’Etat syrien était fait du même bois – souple, déférent, et avant tout attaché à son confort personnel – que ses homologues égyptien ou tunisien. Quand ils s’aperçurent de leur énorme erreur d’appréciation, ils basculèrent sur la méthode guerrière. De façon d’abord discrète, puis de plus en plus ouverte, ils aidèrent, financèrent et cornaquèrent une multitude de factions d’opposition, «modérée» ou radicale, salafiste ou «frériste», chaque capitale avait ses poulains, mais avec un même but rapidement avoué – et une conviction ancrée : «Bachar n’en n’a plus que pour quelques semaines». Ce sentiment de victoire imminente s’appuyait sur les dizaines de milliers de combattants étrangers qui convergèrent vers le pays, tous déterminés à faire mordre la poussière à ce pouvoir baasiste, c’est-à-dire national et laïque. Il convient d’y insister : si l’affaire était restée syro-syrienne, il y aurait sans doute eu une répression forte, mais sans commune mesure avec cette véritable guerre d’une décennie avec son cortège d’atrocités et de destructions de masse. En 2015, l’intervention militaire de Moscou a constitué un tournant majeur. Là aussi, un rappel s’impose : les forces russes ont été appelées dans le cadre d’un traité d’assistance russo-syrien existant. Aucune autre force étrangère n’est donc légitime à se trouver sur le sol syrien : pas plus les Américains (qui ne sont pas tous partis) que les Français ou bien sûr les Turcs. Un argument balayé par les puissances européennes au nom de la lutte contre «le boucher de Damas» (un titre appliqué de manière récurrente à tous les dirigeants ciblés par l’Occident, de Belgrade à Bagdad…), et ce alors même que l’Union européenne se veut le parangon de «l’Etat de droit». Depuis ce tournant, les forces «anti-Bachar», rivales ou coalisées, ont subi défaite sur défaite. Les «rebelles» cosmopolites armés ont été progressivement repoussés vers Idlib, au gré des accords forgés par le rapport de force politico-militaire. L’enclave est donc largement dominée par les djihadistes – ce qui explique au passage que ceux qui fuient cette ultime portion du territoire national non encore reconquise ne se précipitent pas vers les positions tenues par l’armée. La situation du pouvoir syrien est consolidée ; le président russe est désormais largement maître du jeu, de l’aveu même des Occidentaux ; quant à l’Union européenne, elle se désespère une nouvelle fois d’avoir été hors jeu, elle qui rêve pourtant chaque matin – un «rêve» heureusement impossible – de «jouer un rôle majeur dans le monde». Bref, rien n’est allé comme prévu. D’où la hargne et le dépit qui n’ont cessé de s’exprimer dans les médias favorables à l’idéologie dominante. En témoigne une récente chronique d’Alain Frachon, éditorialiste au Monde (06/03/2020). Prenant acte de l’échec des ambitions occidentales, il considère (en réalité, espère) que la Syrie n’est cependant pas près de retrouver la paix, du fait des rivalités et antagonismes des «trois ex-empires, russe, perse et ottoman» qui n’ont pas les mêmes visées sur le terrain. L’issue pour le peuple syrien est pourtant simple : que Paris (qui n’est toujours pas revenu sur sa reconnaissance du «Conseil national syrien» – un groupe de factions dites modérées désormais sans existence réelle – comme «seul représentant légitime du peuple syrien»), Washington, et Ankara cessent leur présence militaire illégale et/ou leur soutien à leurs protégés. Et qu’un plan d’aide international contribue à la reconstruction de ce pays martyrisé. Les puissances occidentales n’ont pas le pouvoir d’inverser le rapport de force. Mais elles gardent la capacité de faire durer le supplice encore et encore. Quitte à verser des larmes de crocodile sur le drame des réfugiés. Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/opinions/72744-syrie-la-hargne-et-le-depit-des-occidentaux

 

La prochaine agression étasunienne contre la Syrie est-elle déjà programmée ?

 

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L’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies Nikki Haley montre des photos de victimes de l’attaque syrienne au gaz lors de son intervention au Conseil de sécurité de l’ONU en avril 2017.

par le Saker

Source : http://lesakerfrancophone.fr/la-prochaine-agression-etasunienne-contre-la-syrie-est-elle-deja-programmee

31 août 2018 Source originaire :  The Saker

 

Les choses qui plaisent sont celles que l’on demande encore et encore 
Horace

Bombarder, bombarder, bombarder, bombarder, bombarder l’Iran
John McCain

Le président Poutine, la Russie et l’Iran sont responsables de soutenir cet animal d’Assad. Grosse mise à prix…
Donald Trump

Il est difficile de dialoguer avec des gens qui confondent l’Autriche et l’Australie
Vladimir Poutine

Bis repetita

Il semble que nous ayons accompli un tour complet : les Anglosionistes se préparent à nouveau, apparemment, à utiliser les mêmes Casques blancs (donc les « bons terroristes ») pour exécuter une nouvelle attaque chimique sous faux drapeau en Syrie et de nouveau en accuser les forces gouvernementales. De nouveau, les Russes avertissent le monde à l’avance et, comme la dernière fois, (presque) tout le monde s’en fout. Il y a même des rapports selon lesquels les États-Unis envisagent, une fois de plus, d’imposer une zone d’exclusion aérienne (totalement illégale) au-dessus de la Syrie. Et, exactement comme la dernière fois, il semble que le but des États-Unis soit de sauver les « bons terroristes » d’une victoire gouvernementale majeure.

Il semble malheureusement que ma prédiction que « chaque « clic » nous rapproche d’un pas du « bang » se réalise et alors que l’Empire semble avoir abandonné l’idée d’une reconquête totale de la Syrie, les néocons poussent clairement à ce qui pourrait se révéler une frappe de missiles majeure sur la Syrie. Tirer un grand nombre de missiles près des/sur les forces russes pourrait déclencher une contre-attaque russe qui, à son tour, pourrait mener à une guerre majeure, peut-être nucléaire, mais ce fait ne semble pas pris en compte dans les calculs des néocons. Il est vrai qu’ils sont pour la plupart des gens assez stupides (comme « focalisés sur le court-terme »), avec un fort sentiment de supériorité et une vision messianique de notre monde. Pourtant, cela me déconcerte que si peu de gens aux États-Unis et dans l’Union européenne s’en soucient. D’une certaine manière, une guerre nucléaire est devenue si inconcevable que beaucoup ont conclu qu’elle ne pourra jamais se produire.

L’autre chose que les néocons semblent oublier est qu’on ne peut pas changer la situation sur le terrain en Syrie au moyen de frappes de missiles ou de bombes. D’une part, la dernière attaque américaine a définitivement montré que les Tomahawks sont une cible facile pour les défenses aériennes syriennes (pour la plupart désuètes). Bien sûr, les Américains pourraient compter sur plus d’AGM-158 JASSM, beaucoup plus difficiles à intercepter, mais peu importe les missiles utilisés, ils n’affecteront pas efficacement les capacités militaires syriennes tout simplement parce que ce sont des cibles peu lucratives pour des frappes de missiles de croisière. Si on considère que les Étasuniens savent fort bien qu’il n’y aura pas d’attaque chimique (ni même qu’elle pourrait se produire, d’ailleurs, puisque même les États-Unis ont déclaré que la Syrie n’avait pas d’armes chimiques en 2013), la Maison Blanche pourrait décider de faire sauter quelques bâtiments vides et déclarer que « l’animal Assad » a été puni, je suppose. Mais même totalement sans opposition, une attaque de missile n’aurait aucun sens militaire. Cela pose donc la question de savoir à quoi servirait une attaque contre la Syrie. Malheureusement, la réponse évidente est que la frappe de missiles à venir a moins à voir avec la guerre en Syrie qu’avec la politique intérieure américaine.

Les options russes et syriennes

Il y a aussi quelques différences. La plus grande est que cette fois-ci, la force d’intervention navale russe en Méditerranée orientale est beaucoup plus grande que la dernière fois : 15 navires y compris deux frégates de pointe, l’Amiral Grigorovitch et l’Admiral Essen (ici, un article détaillé) et deux sous-marins d’attaque diesel évolués de classe 636.3. Cela représente beaucoup de puissance de feu anti-navire, anti-aérienne et anti-sous-marine et, plus important encore, beaucoup de capacités avancées d’alerte rapide. Comme les réseaux de défense aérienne russes et syriens ont été intégrés par un seul système de feu automatisé, cela signifie que les Syriens « verront » très précisément ce qui se passe dans l’espace aérien syrien et autour (c’est particulièrement vrai avec les Russes dont les Iliouchines A-50U patrouillent 24 h sur 24).

Ce qui m’inquiète le plus, ce sont les différents rapports (comme celui-ci) qui affirment que le secrétaire d’État Mike Pompeo a dit la semaine dernière au ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov que « Moscou serait tenu pour responsable » si une attaque chimique avait lieu. Si, par « Moscou sera responsable », les fous à Washington DC veulent dire « moralement responsable », ce n’est que le non-sens habituel. Mais je crains qu’avec des cinglés certifiés comme Bolton et Pompeo aux commandes, les Américains puissent envisager d’attaquer le personnel russe en Syrie (pas nécessairement dans les bases bien défendues de Khmeimin ou Tartous).  Ces types pourraient facilement viser diverses installations ou des unités militaires syriennes où on sait que du personnel russe est déployé et déclarer qu’ils ne visaient pas délibérément les Russes et que les Russes touchés étaient « clairement impliqués » avec les forces syriennes maniant les armes chimiques. Les États-Unis ont déjà pris pour cible des ressortissants russes pour les enlever et les mettre en détention, ils pourraient commencer à tuer bientôt des Russes puis faire porter la responsabilité de ces morts au Kremlin. Vous n’y croyez pas ? Pensez seulement « Skripal » et vous verrez que cette idée n’est pas si farfelue.

Les Russes ont des possibilités de choix, soit dit en passant. Une chose qu’ils pourraient faire est de placer 6 MiG-31 (modernisés) en alerte rapide dans le sud de la Russie (ou, mieux encore, en Iran) et en garder une paire en patrouille aérienne de combat au-dessus de la Syrie (ou de l’Iran). Combinée avec les « yeux » des A-50U, ces MiG-31 pourrait procurer aux russes une formidable capacité d’action en Syrie, spécialement contre les B-1B étasuniens basés au Qatar ou à Diego Garcia. Jusqu’à maintenant, on a vu peu de MiG-31 en action en Syrie mais si l’interception d’un grand nombre de missiles de croisière devenait leur mission, ils offriraient une force beaucoup plus souple et efficace que la très petite quantité de Su-35 et de Su-30 actuellement basée à Khmeimim.

Mais la clé pour protéger la Syrie est de renforcer les défenses aériennes syriennes et leurs capacités d’alerte précoce, en particulier avec des systèmes mobiles de défense aérienne, notamment beaucoup de systèmes à courte et moyenne portée comme le Tor-M2 et le Pantsir-S2.  Jusqu’à ce que cet objectif soit atteint, les États-Unis et la Russie resteront dans une très dangereuse « impasse mexicaine » où les deux parties sont engagées dans ce que j’appelle un « jeu de la poule mouillée nucléaire », chaque partie menaçant l’autre tout en comptant sur ses propres capacités nucléaires pour dissuader une contre-attaque significative ou des représailles. C’est extrêmement dangereux, mais il y a très peu que la Russie puisse faire pour arrêter les dirigeants étasuniens de revenir encore et encore à cette même stratégie. Jusqu’à présent, les Russes ont manifesté un degré de retenue vraiment remarquable, mais s’ils sont poussés trop loin, la prochaine étape pour eux sera de riposter aux Américains d’une manière qui leur fournisse ce que la CIA appelle « un déni plausible »(j’ai analysé cette option il y a plus d’un an dans cet article).  S’ils sont attaqués directement et ouvertement, les Russes n’auront évidemment pas d’autre choix que de frapper en retour. Et s’il est vrai que les forces russes en Syrie et à proximité sont largement inférieures en nombre par rapport aux forces US/OTAN/CENTCOM, les Russes ont un avantage massif sur les États-Unis en termes de missiles de croisière à longue portée (voir l’analyse d’Andrei Martyanov « Russia’s Stand-Off Capability: The 800 Pound Gorilla in Syria » pour une analyse détaillée à ce sujet).

Rien de ce qui précède n’est nouveau, le monde est bloqué dans cette situation depuis plus d’un an maintenant, et il ne semble toujours pas y avoir de fin en vue. Malheureusement, je ne peux qu’être d’accord avec Rouslan Ostachko : seule une défaite militaire massive ou un effondrement économique non moins massif arrêtera les gens qui « confondent l’Autriche et l’Australie » dans leur quête démente d’hégémonie mondiale par la violence.

 

The Saker

Cet article a été rédigé pour Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker francophone 367.

 

«Ne pas jouer avec le feu» en Syrie : Moscou annonce des manœuvres militaires en Méditerranée

Source : https://francais.rt.com/international/53632-ne-pas-jouer-avec-feu-moscou-annonce-manoeuvres-militaires-mediterranee

30 août 2018, 19:19

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La frégate russe Pytlivy dans le Bosphore en août 2018 (image d’illustration).

La Russie a annoncé de vastes manœuvres navales en Méditerranée, redoutant une provocation occidentale en Syrie, alors que l’armée syrienne s’apprête à reconquérir la province d’Idlib. Damas se dit prêt à «aller jusqu’au bout».

La Russie a annoncé ce 30 août des manœuvres militaires en Méditerranée, alors que l’offensive de Damas sur Idlib, ultime grand bastion syrien encore aux mains des rebelles et djihadistes, semble imminente et soulève les réticences de l’ONU et des Occidentaux.

«Nous prévoyons de déployer plus de 25 navires sous le commandement du croiseur lance-missiles Amiral Oustinov. Près de 30 avions participeront à ces exercices, dont des bombardiers stratégiques Tu-160», a fait savoir le ministère de la Défense russe dans un communiqué de presse. Les manœuvres devraient avoir lieu du 1er au 8 septembre.

Alors que l’ONU évoque la présence de quelque «10 000 terroristes» dans la province d’Idlib, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré : «Le foyer de terroristes qui s’est formé là-bas n’annonce rien de bon si l’inaction actuelle se prolonge.»

Les manœuvres navales engagées par la Russie, principale alliée de la Syrie, constituent donc selon lui une «hausse des mesures de précaution tout à fait fondée et justifiée.»

Cette annonce intervient alors que les médias russes rapportaient plus tôt cette semaine un renforcement de la présence militaire russe au large de la Syrie par crainte de frappes des Occidentaux contre l’armée syrienne. Moscou redoute en effet une fausse attaque chimique perpétrée par des rebelles afin de servir de prétexte à de nouvelles frappes occidentales contre la Syrie. Le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov s’était d’ailleurs inquiété que l’USS Ross, un destroyer américain, soit entré en Méditerranée le 25 août dernier, armé de 28 missiles de croisière Tomahawk capables de frapper n’importe quelle cible en Syrie.

 

Moscou met l’Occident en garde de ne pas «jouer avec le feu»

 Ces craintes ont conduit Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, à rappeler, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien tenue ce 30 août, la détermination de la Russie à aider la Syrie à mener à bien la reconquête intégrale de son territoire. «Nous avons des faits sous les yeux, et nous avons adressé une mise en garde forte à nos partenaires occidentaux de ne pas jouer avec le feu», a-t-il annoncé.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid al-Moualem, a annoncé que Damas était déterminé à «aller jusqu’au bout» dans sa lutte pour libérer la province d’Idlib, dont il estime qu’elle est principalement tenue par les djihadistes du Front al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda désormais connue sous le nom de Front Fatah al-Cham).

Alors que l’envoyé de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’inquiétait d’un usage d’armes chimiques par l’armée syrienne ainsi que par les combattants rebelles, le ministre syrien a martelé que son pays ne possédait pas d’armes chimiques. Il a en outre assuré que l’armée syrienne tenterait autant que possible d’éviter les pertes civiles lors de l’offensive à venir.

Alors que l’envoyé de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’inquiétait d’un usage d’armes chimiques par l’armée syrienne ainsi que par les combattants rebelles, le ministre syrien a martelé que son pays ne possédait pas d’armes chimiques. Il a en outre assuré que l’armée syrienne tenterait autant que possible d’éviter les pertes civiles lors de l’offensive à venir.

Les enjeux de la nouvelle base US en Syrie

Nezavissimaïa gazeta en août 2018

Source* : https://fr.sputniknews.com/presse/201808271037833166-base-militaire-americaine-syrie-frappe/

 

Les États-Unis menacent de lancer de nouvelles frappes de missiles contre les positions de l’armée syrienne depuis une nouvelle base aérienne américaine en construction dans la province de Hassaké, annoncent des médias arabes et russes citant l’expert libanais de la Syrie Nidal Sabi.

 

Selon des sources militaires et diplomatiques, il s’agirait de l’aérodrome militaire de la ville de Chaddadi, que les ingénieurs américains modernisent pour qu’il puisse accueillir des avions de transport lourds. Cette base aérienne pourrait devenir la plus importante de Syrie du point de vue des volumes de fret transportés et du nombre d’avions de combat et de transport stationnés, écrit le quotidien Nezavissimaïa gazeta.
Washington ne veut visiblement pas se limiter aux sanctions économiques contre Moscou et envisage de torpiller les positions russes en Syrie. Le prétexte invoqué sera visiblement tout sauf original: il s’agira de prétendues attaques chimiques des forces de Bachar el-Assad contre les positions des insurgés.

Les hostilités en Syrie se concentrent actuellement dans la province d’Idlib. Ce territoire de 3 millions d’habitants est contrôlé à 70% par les extrémistes, qui appellent déjà à lancer une offensive de grande envergure visant à nettoyer tout le nord de la Syrie des troupes de Bachar el-Assad et de ses alliés. Selon le Centre pour la réconciliation des belligérants, des propos en ce sens ont été tenus par Abou Mohammed al-Joulani, leader de la coalition terroriste Hayat Tahrir al-Cham.
Son appel à se préparer au combat, adressé aux groupes armés illégaux, a coïncidé avec une série de menaces occidentales concernant des frappes de missiles éventuelles sur des sites gouvernementaux syriens en raison de l’utilisation prétendument «possible» d’armes chimiques par Damas.

Le général Alexeï Tsygankov, chef du Centre pour la réconciliation des belligérants, pense que la mise en scène d’une attaque chimique à Idlib est actuellement préparée par les Casques blancs, qui ont déjà organisé des actions du même genre par le passé. Ces mises en scène avaient été suivies de frappes de la coalition menée par les États-Unis au printemps 2017 et 2018. Le ministère russe de la Défense est certain qu’une attaque similaire est actuellement en cours de préparation.

Le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère, indique que des «experts anglophones sont arrivés au sud de la zone de désescalade d’Idlib afin de mettre en scène une attaque chimique contre les civils». «Une frappe de munitions toxiques devrait être lancée dans les deux jours à venir à l’aide de vecteurs réactifs contre la localité de Kafer-Zaïta, située à 6 km au sud de Habit, estime le général. Ainsi, des forces extrarégionales intéressées organisent de nouvelles provocations importantes sur le territoire syrien en faisant usage de substances toxiques afin de déstabiliser rapidement la situation et de torpiller le progrès durable du processus de paix».

Le ministère russe de la Défense considère ce scénario comme très plausible pour une autre raison: le destroyer américain The Sullivans transportant 56 missiles de croisière est arrivé dans le Golfe il y a quelques jours, pendant que la base aérienne d’Al-Udeid (Qatar) accueillait un bombardier stratégique américain B-1B muni de 24 missiles de croisière air-surface AGM-158 JASSM. Selon les médias occidentaux, la possibilité de frappes de missiles de la coalition en cas d’utilisation d’armes chimiques par Bachar el-Assad a été évoquée par John Bolton, conseiller du Président américain à la sécurité nationale, lors de son entretien avec Nikolaï Patrouchev, secrétaire du Conseil de sécurité de la Russie.

La volonté des États-Unis et de leurs alliés de lancer les hostilités contre le pouvoir de Damas est assez évidente. Ce n’est pas par hasard que le groupe naval russe en Méditerranée a été renforcé samedi par les frégates Amiral Essen et Amiral Grigorovitch, chargées des missiles de croisière Kalibr-NK. Ces navires modernes sont destinés à des missions lointaines en mer, à la lutte contre les bâtiments de surface et les sous-marins de l’ennemi potentiel, à la protection contre des attaques aériennes ainsi qu’aux frappes de missiles contre des cibles terrestres. Ils ont ainsi déjà tiré à plusieurs reprises des Kalibr contre les positions des extrémistes en Syrie.

L’expert libanais Nidal Sabi considère que «les États-Unis et leurs alliés veulent utiliser une provocation chimique dans la province d’Idlib afin de créer une zone d’exclusion aérienne dans tout le nord de la Syrie». Selon lui, les Américains, les Britanniques et les Français pourraient lancer une intervention militaire en Syrie en prenant pour prétexte la mise en scène d’une attaque chimique par l’armée gouvernementale, «si Damas intensifiait ses opérations et organisait une offensive contre les positions des insurgés à Idlib».

 

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

  • Malheureusement la source ne précise pas le nom de l’auteur de l’article non plus que la date de parution de ce dernier. IR

 

Les critiques formelles d’Israël par l’UE ne sont qu’un écran de fumée

par Stephen Lendman

Source : http://lesakerfrancophone.fr/les-critiques-formelles-disrael-par-lue-ne-sont-quun-ecran-de-fumee

Source originaire : https://stephenlendman.org/2018/08/hollow-eu-criticism-of-israel/

3 août 2018

Traduction : Dominique Muselet

StephenLindmanBW

L’UE entretient des relations normales avec Israël sur les plans politique, économique, financier, technologique et culturel.

La critique, lorsqu’elle est formulée, exclut tout ce qui pourrait donner lieu à des démarches concrètes pour obliger l’État juif à rendre compte de ses actes criminels.

Bruxelles n’a jamais rien fait pour s’opposer à ses décennies d’occupation illégale, sa violation des lois, normes et standards internationaux fondamentaux, son blocus suffoquant de Gaza, ses trois guerres d’agression sur la bande de Gaza, quantités d’autres violations des droits de l’homme et des droits civils, sa guerre non déclarée contre la Syrie, son soutien à EI et à d’autres terroristes, ainsi que quantités d’autres crimes trop graves pour qu’on puisse les ignorer.

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, soutient les agendas impérialistes américains et israéliens, leur militarisme et leur belligérance, leur mépris pour la paix et la stabilité du monde.

Ses médias ont rapporté les critiques creuses qu’elle a adressées au ministre d’extrême-droite israélien de la sécurité publique, Gilad Erdan :

« L’UE rejette fermement les accusations selon lesquelles elle est impliquée dans le financement d’activités qui soutiennent le terrorisme ou les terroristes. »

ajoutant :

« Les accusations israéliennes sont ‘sans fondement et inacceptables, vagues et non étayées’. » Mogherini répondait à Erdan qui avait accusé l’UE et ses partenaires de soutenir des groupes qu’Israël qualifie faussement de terroristes, et de boycotter Israël.

Le régime de Netanyahou accusait les groupes palestiniens de défense des droits de l’homme d’avoir des liens avec le Front populaire de libération de la Palestine qu’il qualifie mensongèrement d’organisation terroriste comme le Hamas, le Hezbollah et tous les groupes qui résistent au terrorisme d’État israélien.

Par ailleurs, jeudi, les chefs de mission de l’UE à Jérusalem et à Ramallah ont déclaré qu’ils « expriment leur vive inquiétude devant l’inauguration officielle, le 1er août, d’un centre touristique, géré par une organisation de colons, dans le quartier Batn al-Hawa/Silwan de Jérusalem-Est occupée, dans un bâtiment d’où cinq ménages appartenant à la famille palestinienne Abu Nab ont été expulsés en 2015 ».

ajoutant :

« Environ 180 ménages palestiniens à Jérusalem-Est, dont une centaine dans la seule ville de Batn al-Hawa, risquent d’être expulsés de leurs maisons, ce qui favorisera la poursuite de la colonisation de la ville, comme dans le cas présent.

 Les missions de l’UE à Jérusalem et à Ramallah rappellent les conclusions et déclarations successives du Conseil des affaires étrangères dans lesquelles l’UE a réitéré sa forte opposition à la politique de colonisation d’Israël et aux mesures prises dans ce contexte, y compris les expulsions et les démolitions. 

Les activités de colonisation à Jérusalem-Est compromettent sérieusement la possibilité que Jérusalem serve de future capitale des deux États, elles sont illégales en vertu du droit international et compromettent la solution à deux États et la perspective d’une paix durable. »

Ni l’UE, ni les États-Unis, ni l’ONU, ni les dirigeants du monde n’ont fait quoi que ce soit pour contraindre Israël à répondre de plus d’un demi-siècle de développement illégal de colonies de peuplement sur des terres palestiniennes volées.

Ils n’ont jamais rien fait de concret pour s’opposer aux crimes d’Israël dont la liste est trop longue et l’horreur trop grande  pour qu’on puisse les ignorer.

La critique purement formelle et non-accompagnée de démarches concrètes pour obtenir qu’Israël rende des comptes est vide de sens, cela revient à donner un feu-vert à l’État hébreu pour faire ce qui lui plaît.

La dernière fois que l’UE a formulé un de ses vaines critiques à l’encontre du régime de Netanyahou, c’est quand il a alloué 4,5 millions de shekels au Centre du patrimoine juif yéménite pour mettre en place un projet illégal d’implantation près de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée.

Cela fait partie du projet de longue date d’Israël de coloniser toutes les terres de Judée et de Samarie qui ont quelque valeur, de déposséder les habitants autochtones de la Palestine, de voler tout ce qui leur appartient.

 

Stephen Lendman est né en 1934 à Boston, Massachussets. Après avoir travaillé pendant sept ans comme analyste en recherche marketing, il a rejoint l’entreprise familiale où il est resté jusqu’à sa retraite à la fin de l’année 1999. Il a commencé à écrire sur les grands enjeux mondiaux et nationaux à l’été 2005, et participe à des émissions de radio sur le Progressive Radio Network trois fois par semaine, où sont débattues les grandes questions mondiales et nationales. Lendman est lauréat du Project Censored 2008 et lauréat du prix international de journalisme 2011 du Club des journalistes mexicains.

Vente d’armes : la France participe-t-elle à la guerre au Yémen ?

Source : France culture, Production, Olivia Gesbert et Julie Gacon

https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins-dete-1ere-partie/vente-darmes-la-france-participe-t-elle-a-la-guerre-au-yemen

16/08/2018

Selon un rapport du ministère des Armées paru le 5 juillet, la France a continué à vendre des armes en 2017 à l’Arabie Saoudite et à ses alliés engagés dans la guerre au Yémen depuis 2015. Plusieurs ONG et députés réclament l’ouverture d’une commission d’enquête autour de ces exportations.

Selon un rapport du ministère des Armées paru le 5 juillet, la France a continué à vendre des armes en 2017 à l’Arabie Saoudite et à ses alliés engagés dans la guerre au Yémen depuis 2015. Plusieurs ONG et députés réclament l’ouverture d’une commission d’enquête autour de ces exportations.

Tandis que, depuis 2015, le Yémen s’enlise dans un conflit ayant causé la mort de milliers de civils et provoqué une très grave crise humanitaire, la France a continué à vendre des armes à l’Arabie Saoudite et à ses alliés engagés dans cette guerre. Plusieurs ONG et députés réclament la création d’une commission d’enquête sur ces exportations de défense à la coalition saoudienne, des armes susceptibles d’avoir été utilisées contre les civils dans le cadre de ce conflit.

La France est désormais le troisième exportateur mondial d’armes, derrière les Etats-Unis et la Russie. Selon le rapport annuel du Ministère des armées dévoilé le 5 juillet, le Proche et le Moyen Orient ont représenté environ 60% des commandes d’armement français en 2017, soit 3,9 milliards d’euros sur un total de 6,9 milliards – 1,1 milliard pour le Koweït, 1,08 milliard pour le Qatar, 701 millions pour les Emirats arabes unis et 626 millions pour l’Arabie Saoudite.

Tandis que plusieurs pays d’Europe ont choisi de restreindre voire de cesser définitivement leurs exportations vers les pays engagés dans le conflit au Yémen, comment expliquer que la France continue d’enregistrer des commandes ? Quels sont les outils de contrôle actuels concernant les ventes d’armes ? Comment renforcer davantage la transparence en matière d’exportations militaires ?

 

Empoisonnement au Novitchok: Nouvelles sanctions américaines contre la Russie

Washington a déterminé que Moscou était derrière l’attaque…

Source : 20 Minutes avec AFP

https://www.20minutes.fr/monde/2319135-20180809-empoisonnement-novitchok-nouvelles-sanctions-americaines-contre-russie

Publié le 09/08/18 à 02h19 — Mis à jour le 09/08/18 à 02h19

 

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi leur intention d’imposer de nouvelles sanctions économiques à la Russie, après avoir déterminé que Moscou était derrière l’attaque à l’agent Novitchok au Royaume-Uni.

Après l’empoisonnement début mars à Salisbury de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, « les Etats-Unis ont déterminé le 6 août (…) que le gouvernement russe avait utilisé des armes chimiques ou biologiques en violation des lois internationales », a indiqué la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert, dans un communiqué.

 

Sanctions obligatoires

La loi américaine de 1991 sur l’élimination de l’usage des armes chimiques et biologiques oblige le président américain à imposer des sanctions contre toute personne étrangère s’il « détermine qu’elle a sciemment contribué aux efforts d’un pays pour acquérir ou faire l’usage d’armes chimiques ou biologiques ».

L’empoisonnement confirmé de l’ex-agent double et de sa fille par leur exposition au Novitchok, un agent neurotoxique mis au point par l’Union soviétique à la fin de la Guerre froide, avait été attribué par Londres au gouvernement russe, qui avait nié toute implication et demandé des preuves. Une Britannique de 44 ans, mère de trois enfants, est ensuite morte le 8 juillet après avoir été exposée à un poison contenu dans un flacon de parfum.

La police britannique a établi qu’elle avait été exposée au Novitchok et le Royaume-Uni a demandé à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) de « déterminer de manière indépendante la nature » de la substance. L’enquête de l’OIAC se poursuit. Dès mars, par solidarité avec les Britanniques, Washington avait expulsé 60 diplomates russes accusés d’être des « espions » et la Russie en a aussitôt fait autant.

 

Deuxième salve possible

« Nous avons toujours dit très clairement que nous étions d’accord avec la conclusion qu’il s’agissait de l’agent Novitchok et que le coupable était en fin de compte la Fédération de Russie », a déclaré mercredi à la presse un haut responsable du département d’Etat.

Les sanctions envisagées, qui portent sur l’exportation de certains produits technologiques, comme des appareils ou de l’équipement électroniques, pourraient coûter « des centaines de millions de dollars » à l’économie russe, a indiqué un autre haut responsable américain ayant requis l’anonymat.

A partir du moment où les sanctions entreront en vigueur, la Russie aura 90 jours pour déclarer qu’elle n’utilise plus d’armes chimiques ou biologiques, s’engager à ne plus le faire à l’avenir et permettre des inspections pour s’assurer de leur élimination, a-t-il ajouté.

En cas de non respect de ces exigences, une deuxième salve de sanctions « draconiennes » serait décrétée, a poursuivi le haut responsable américain, notant qu’elles pourraient aller jusqu’à interdire les aéroports américains aux compagnies aériennes russes ou même suspendre les relations diplomatiques entre les deux pays. Le Kremlin a été notifié de cette décision mercredi.

 

Commentaire critique.

Voici le genre d’actes d’hostilité fondés sur des accusations infondées que distillent les services secrets américains et ceux des pays de l’OTAN et que propage fidèlement une grande partie de la presse occidentale pour entretenir l’idée que la Fédération de Russie serait encore et toujours l’adversaire sinon l’ennemie que fut jadis l’URSS. On notera que les sanctions et les menaces de sanctions draconiennes à venir sont exemptes de toute trace de preuve de la culpabilité de la Russie et même de tout souci de plausibilité. S’il est vrai que le Novitchok a été inventé en URSS, sa formule a été depuis lors décryptée en Occident. Quel intérêt aurait eu Moscou à tenter d’éliminer en Angleterre un de ses anciens espions qu’elle avait démasqué comme agent double travaillant pour Londres et emprisonné en Russie puis échangé avec Londres contre un agent russe détenu par le Royaume-Uni ? Aucun ! Il n’y avait pour elle, dans pareille tentative de meurtre, que des risques diplomatiques et d’opprobre public.

Cela rappelle de nombreux précédents propagés par le bellicisme étatsunien et propagé servilement par la presse occidentale quasi-unanime, comme les armes de destruction massive de Sadam Hussein en 2003 et les intentions meurtrières de Mohamad Khadafi envers un groupe d’insurgés libyens en 2011. On apprit, par la suite seulement, que ces insurgés avaient été secrètement armés par la France. Et c’est cette dernière qui, avec le Royaume uni, fut chargée des opérations militaires qui aboutirent à la dislocation de l’Etat libyen, en violation flagrante d’une décision d’exclusion aérienne prise par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 17 mars 2011.

IR 10.08.2018.

Syrie : Paris et Washington jouent les prolongations !

par Richard Labévière

Source : https://www.les-crises.fr/syrie-paris-et-washington-jouent-les-prolongations-par-richard-labeviere/16-07-2018

 

Beyrouth, 14 juillet 2018.

L’armée gouvernementale syrienne vient de hisser le drapeau national dans les quartiers de Deraa, jusqu’à présent aux mains des jihadistes. Située à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Damas, Deraa est d’autant plus symbolique que c’est là – en mars 2011 – qu’a commencé la révolte anti-gouvernementale. Hâtivement présenté, comme une « révolution pacifique » par la presse occidentale, ce mouvement a, dès le départ généré une « mobilisation de confrontation », tournant vite à la lutte armée contre les forces de l’ordre. Aidés par leurs homologues jordaniens, les Frères musulmans syriens y ont introduit des armes de guerres (M-16 américains et RPG) en proclamant que l’heure de la vengeance avait sonné, faisant allusion à leur tentative de coup d’Etat avortée à Hama en 19821.

Toujours à la pointe de la propagande, le quotidien Le Monde titre : « Deraa, l’étincelle de la révolution syrienne s’est éteinte… »2 S’ensuit une hallucinante diatribe anti-russe et anti-Bachar relevant davantage du parti-pris idéologique que d’une information maîtrisée, recoupée et responsable. Depuis mars 2011, Le Monde nous annonce le renversement imminent du « boucher de Damas ». La libération de Deraa constitue pour le quotidien, qui n’est plus que l’ombre de lui-même, un cinglant démenti, sinon un cruel retour du réel signifiant que depuis le début de la crise syrienne, Le Monde nous désinforme et nous ment.

Les membres de la rédaction de prochetmoyen-orient.ch boycottent le quotidien depuis le milieu des années 1980, lorsque le triumvirat de l’imposture – Colombani, Minc et Plenel – a mis la main sur la prestigieuse entreprise d’Hubert Beuve-Méry pour en faire une plate-forme d’humeurs, de trafics d’influences et de propagande… A ce sujet, on peut lire et relire l’enquête définitive de Pierre Péan et Philippe Cohen parue en 20033.

Dans tous les cas de figures, il est assez piquant de voir en ce moment les « journalistes » du Monde rétropédaler pour essayer de justifier leurs mensonges syriens imposés aux lecteurs depuis plus de sept ans… Ne leur en déplaise, toujours est-il que l’armée syrienne a, désormais libéré plus de 80% du territoire national. Mais, la fin de partie est loin d’être sifflée, d’autant que Washington, Londres et Paris jouent les prolongations.

 

LE BUNDESTAG A AMPLEMENT RAISON

Dirigée par Alexander Neu, député Die Linke4, la Commission de défense du parlement allemand, vient d’affirmer que la présence militaire de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah libanais en Syrie est conforme au droit international, « le gouvernement syrien ayant formellement demandé l’aide de Moscou, de Téhéran et du Hezbollah tandis que l’ingérence de la coalition dirigée par les États-Unis est jugée plus « complexe », la fourniture d’armes aux jihadistes engagés en Syrie constituant une flagrante violation du droit international.

La Commission du Bundestag a, aussi relevé que l’armée syrienne lutte – depuis des années – contre différents groupes terroristes, dont certains ont bénéficié d’un soutien militaire et financier (désormais prouvé) des Etats-Unis et d’autres pays européens dont la Grande Bretagne et la France. Par conséquent, plusieurs des meilleurs experts en droit international estiment que, non seulement l’intervention américaine n’est plus justifiable, mais qu’elle pourrait être attaquable devant la Cour pénale internationale (CPI) comme « crime de guerre ». Sur le terrain, les sanctuaires de Dae’ch sont, désormais démantelés. De fait, la « loi d’autodéfense » de la coalition dirigée par Washington est devenue caduque, les Etats-Unis devant envisager de cesser leur campagne militaire en Syrie et de plier bagages !

Selon plusieurs sources diplomatiques, ce dossier doit être l’un des points à l’ordre du jour de la rencontre Trump/Poutine à Helsinki ce lundi 16 juillet. Le président russe devrait demander à son homologue américain le démantèlement de la dizaine de bases militaires que les Etats-Unis maintiennent dans le nord-est de la Syrie. A n’en pas douter, l’homme d’affaires Trump devrait marchander ce retrait contre deux contreparties : Money first, des garanties permettant aux entreprises américaines de pouvoir participer à la reconstruction économique à venir de la Syrie qui s’annonce déjà comme l’un des marchés du siècle. De plus, le président américain se fera aussi porte-parole de son allié et ami israélien Benjamin Netanyahou, qui a déjà demandé à Vladimir Poutine – et ce, à plusieurs reprises – l’évacuation du Hezbollah et des Pasdarans iraniens du sud du pays, particulièrement du plateau du Golan occupé par la soldatesque de Tel-Aviv depuis juin 1967.

Dans le même ordre d’idées, Vladimir Poutine pourrait exiger le retrait de plusieurs centaines de soldats des forces spéciales britanniques et françaises, également déployées dans le nord-est, officiellement en appui de plusieurs formations kurdes. Damas est d’autant plus remonté contre Paris, que la libération de Deraa a permis de découvrir – dans les stocks d’armes des jihadistes – différents types de matériels militaires français.

L’armée syrienne se serait ainsi emparée de plusieurs systèmes antichars APILAS fabriqués en France. L’APILAS est un système antichar sans recul tirant des roquettes à charge creuse d’un calibre de 112 mm, utilisé pour la destruction de chars de combat, de fortifications et d’abris. La portée des roquettes varie de 25 à 600 mètres, en fonction de la cible. Fabriquées par le groupe Nexter, ces armes auraient été acheminées depuis la Jordanie où des commandos français formaient différentes unités jihadistes depuis plusieurs années. Et différents officiels syriens ne cachent pas par leur ressentiment à l’égard de la France affirmant « qu’aucune entreprise française ne participera à la reconstruction économique du pays. Si l’on pourrait même envisager d’associer même des Américains, des Maltais ou des Papous… une chose est sûre : les Français ne remettront pas un pied en Syrie avant longtemps, très longtemps… »

En diplomatie, on finit toujours par récolter ce qu’on a semé. Encore bravo aux politiques proche et moyen-orientales de Messieurs Sarkozy, Juppé, Hollande, Fabius, Macron et Le Drian. Que par cynisme ou « réalisme » affairiste, l’Elysée et le Quai d’Orsay aient décidé de coller aux orientations décidées par Washington pour, notamment, signer des contrats d’armements avec l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (EAU) est une chose. Invoquer en même temps les droits de l’homme si chers à la France éternelle et continuer à donner (en la matière) des leçons au monde entier en est une autre… Nos voisins allemands font preuve d’un cynisme commercial identique, voire encore plus offensif, mais au moins ont-ils la pudeur de se taire !

 

DANS LE SUD, TEL-AVIV AIDE LA QAÏDA

On l’a compris, la libération de Deraa ne siffle pas la fin de partie. Malgré des accords de « réconciliation » avec les jihadistes, la totalité des groupes terroristes est loin d’être totalement éradiquée. Dans la province de Deraa, le réduit terroriste concerne un carré d’une quinzaine de kilomètres par quinze. Et, c’est à partir de cette enclave – adossée au plateau du Golan annexé par Israël – que les dernières katibas jihadistes poursuivent leur « guerre sainte ».

L’Aman, les services de l’armée israélienne continuent à livrer des armes aux terroristes de Jabhat al-Nosra, c’est-à-dire la Qaïda en Syrie. Sur plusieurs documents d’observation aérienne en provenance de drones d’une armée occidentale, on peut distinguer des camions israéliens – stationnés sur la frontière syrienne – d’où sont déchargées des caisses de vivres et de matériels militaires à destination de plusieurs positions aux mains de Jabhat al-Nosra. D’autres clichés attestent de la prise en charge de terroristes blessés par des ambulances israéliennes, acheminés à destination des hôpitaux militaires des forces israéliennes d’occupation de la région de Quneitra.

Différentes organisations israéliennes, présentées comme « ONGs » médiatisent leurs engagements à vocation « humanitaire » dans cette même région du plateau du Golan qui abritent plusieurs bases d’écoutes et d’observations électroniques de l’armée israélienne. Afin de faciliter les négociations à venir qui concerne ce territoire occupé, les Russes auraient demandé au Hezbollah et aux Pasdarans iraniens d’évacuer leurs positions pour les remettre à l’armée gouvernementale syrienne. C’est du moins ce que ne cesse d’affirmer la presse américaine depuis plus d’un mois, espérant ainsi enfoncer des coins dans l’alliance pro-syrienne.

En fait, ni le Hezbollah, ni les Iraniens ne disposent de positions militaires, ni d’unités compactes à proprement parler dans le sud de la Syrie, leurs combattants étant intégrés à des unités de l’armée gouvernementale. Et les uns comme les autres répondent qu’ils agissent conformément au commandement de l’armée gouvernementale. En fait, la grande crainte de Tel-Aviv est moins de voir s’installer leurs ennemis historiques (Hezbollah libanais et troupes iraniennes) aux portes de leurs colonies du nord que de se voir contraindre à une reprise des négociation pour un retrait pur et simple du plateau du Golan, annexé par la force en juin 1967. Amorcées lors du sommet Clinton/Hafez al-Assad de Genève en 1994, la négociation avait tourné court face à l’intransigeance israélienne, Tel-Aviv ne voulant pas céder un pouce de terrain jusqu’aux rives du lac de Tibériade. En juin 2000, un deuxième sommet avait échoué pour les mêmes raisons.

Dans ce contexte, on pourrait imaginer que l’éradication finale des groupes terroristes engagés dans le sud de la Syrie pourrait permettre de relancer cette négociation pour mettre fin à l’occupation israélienne du Golan syrien. En relation permanente avec Tel-Aviv, Donald Trump et Vladimir Poutine pourraient ainsi saisir la perspective de la reconstruction de la Syrie pour mettre un terme à l’occupation israélienne du Golan, ainsi qu’à la répression qui s’exerce quotidiennement à l’encontre des populations civiles de cette région.

 

EN ATTENDANT LA BATAILLE OU LA NEGOCIATION D’IDLIB

Le troisième volet ouvert par la libération de Deraa concerne l’éradication finale des groupes terroristes en Syrie, et pas seulement ceux de Dae’ch et Jabhat al-Nosra. Les jihadistes, qui n’ont pas accepté les promesses de « réconciliation » de Damas, refusent d’abandonner le combat contre l’armée gouvernementale. Comme lors de chacune des reconquêtes du territoire nationale (Alep, la Ghouta, Deir ez-Zor, etc.), une médiation russe a permis à ces « irréductibles » d’être transférés dans la province d’Idlib – au nord-ouest du pays, à l’ouest d’Alep – le dernier sanctuaire terroriste. Celui-ci abriterait quelque 25 à 30 000 jihadistes armés selon différentes sources militaires, dont plusieurs milliers des fameux Ouïghours (Musulmans du Xinxiang du nord-ouest de la Chine).

Les services spéciaux de l’armée turque continuent à entretenir plusieurs de ces groupes afin de faire pression sur Damas dans le cadre de la question kurde. « En effet, Idlib est le fer au feu d’Ankara pour contraindre le gouvernement syrien à ne rien lâcher aux Kurdes, du moins pour empêcher la formation de toute espèce d’entité kurde, plus ou moins autonome sur la frontière turque », explique un officier européen de renseignement engagé dans la région ; « Ankara craint par-dessus tout que le nord de la Syrie ne constitue un espace de profondeur stratégique pour le PKK (parti des travailleurs kurdes) de Turquie ». Et l’armée turque est particulièrement attentive à l’évolution de Manbij, ville du gouvernorat d’Alep à trente kilomètres à l’ouest de l’Euphrate.

Début juillet, le Conseil militaire de Manbij, installé par les Forces démocratiques syriennes (FDS/majoritairement kurdes) a annoncé sa détermination à résister à toute tentative turque de contrôler la région. Le même conseil a affirmé qu’il avait reçu des assurances de la coalition américaine. « Dans le cadre d’un accord signé avec les Etats-Unis, la Turquie peut patrouiller le long de la frontière de la ville (du côté opposé à Manbij, le long de la rivière Sajur). Pour sa part, les unités de la coalition pro-américaine restent déployées dans la totalité de l’agglomération de Manbij », explique un officier supérieur américain en poste à Ankara.

Plusieurs autres sources militaires estiment que la question d’Idlib constitue l’ultime nœud de la guerre civilo-globale de Syrie. « De deux choses l’une, soit une nouvelle négociation tripartite – Russie/Turquie/Syrie – similaire à celle qui a permis le dénouement de la bataille d’Alep en décembre 2016, permettra l’évacuation des quelques 30 000 jihadistes, dont une bonne partie devrait regagner leur pays d’origine, soit la poche d’Idlib sera bombardée avant d’être réinvestie par l’armée syrienne et ses alliés… Dans ce dernier cas de figure, la bataille d’Idlib sonnera le glas de la rébellion armée syrienne et fera énormément de nouvelles victimes », assure un attaché européen de défense à Ankara. La situation d’Idlib sera, vraisemblablement aussi à l’ordre du jour de la rencontre Trump/Poutine, ce lundi à Helsinki.

 

EXTENSION DU DOMAINE DE LA GUERRE

Conformément à la réunion du Small Group (Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Arabie saoudite et Jordanie) du 11 janvier 2018 à Washington, révélée par prochetmoyen-orien.ch5, les pays occidentaux jouent les prolongations pour trois raisons : 1) ils considèrent que le maintien de différentes forces militaires leur garantit une meilleure position dans les négociations à venir qui porteront sur la reconstruction de la Syrie ; 2) soutenant Israël, ils poursuivent ainsi une « guerre interposée » contre l’Iran et le Hezbollah libanais ; 3) ils misent sur l’extension de la guerre en mer Rouge et tout particulièrement sur une nouvelle partition du Yémen.

Le télégramme diplomatique britannique insistait sur la « poursuite d’une guerre élargie » justifiée par une « campagne de communication humanitaire ». Rien de très surprenant, si ce n’est que Washington, Londres et Paris ne sont pas prêts à reconnaître la « victoire de terrain » de l’armée gouvernementale syrienne et de ses alliés russe, iraniens et du Hezbollah libanais.

Les pays occidentaux se sont engagés à continuer à soutenir – conjointement – les monarchies pétrolières du Golfe et Israël en cherchant à prendre leur revanche, non seulement au Yémen, mais dans toute la sous-région entre le détroit d’Ormuz et la mer Rouge où se livre, d’ores et déjà une autre guerre tout aussi vitale : celle des zones portuaires. Nous y reviendrons.

Bonne lecture et bonne semaine.

Richard Labévière
16 juillet 2018

 
1 Dans la nuit du 2 au 3 février 1982, un commando des Frères musulmans composé de 200 hommes armés investit la ville de Hama, assassinant une centaine de personnes. À l’aube, l’état-major de l’organisation islamiste déclare dans un communiqué que Hama est considérée comme « ville libérée » et exhorte la population à se soulever contre les « infidèles ». Le président Hafez al-Assad décrète l’état de siège et mobilise l’armée, en premier lieu les forces spéciales et la 47e brigade blindée, afin de reprendre le contrôle de la ville. Le 15 février 1982, le ministre de la Défense, Mustafa Tlass, déclare que les groupes armés des Frères musulmans sont neutralisés. La ville de Hama reste néanmoins assiégée pendant 27 jours afin de réduire les derniers insurgés. Le bilan des victimes donne lieu à une guerre de communication variant entre 2000 et 25 000 victimes.
2 Le Monde, 13 juillet 2018.
3 Pierre Péan et Philippe Cohen : La Face cachée du Monde. Editions Fayard, 2003.
4 Die Linke (en français : « La Gauche ») est un parti politique allemand né de la fusion, le 16 juin 2007, du Parti du socialisme démocratique (ex-Parti socialiste unifié d’Allemagne), qui fut le parti officiel de la République démocratique allemande, et de l’Alternative électorale travail et justice sociale.
5 « Syrieleaks : un câble diplomatique britannique dévoile la stratégie occidentale » – prochetmoyen-orient.ch, 17 février 2018.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Proche & Moyen-Orient, 16-07-2018

 

Preuve concluante : Hitler voulait exterminer tous les juifs du monde

par Eric Zuesse

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

14 juillet 2018

 

Source : http://lesakerfrancophone.fr/preuve-concluante-hitler-voulait-exterminer-tous-les-juifs-du-monde

Source originaire : https://www.strategic-culture.org/news/2018/07/14/conclusive-proof-hitler-intended-exterminating-all-the-world-jews.html

 

Voici, pour la première fois, la publication sur le Web du compte-rendu officiel complet de la réunion de Hitler avec le Mufti de Jérusalem et les promesses échangées

(Photo disponible dans les sources)

Le Führer, en présence du Ministre des Affaires étrangères du Reich Von Ribbentrop, a reçu le Grand Mufti de Palestine, Sayid Amin al Husseini, pour une conversation cordiale et importante pour l’avenir des pays arabes, le 28 novembre 1941. Presse Hoffman©

 

Par Eric Zuesse – Le 14 juillet 2018 – Source Strategic Culture

La rencontre privée et confidentielle d’Adolf Hitler avec le Grand Mufti de Jérusalem, le 28 novembre 1941, au tout début de son Holocauste pour se débarrasser « des juifs », fut historiquement très importante, car le Führer a informé secrètement le chef de la Palestine, de son plan pour éliminer les juifs d’Europe. C’est l’un des rares documents clés qui prouvent, sans équivoque, la détermination de Hitler à éliminer tous les juifs de la planète – et pas seulement tous les juifs d’Europe (ce qu’il a publiquement menacé de faire).

Comme cela sera documenté ici, en ligne pour la première fois, et avec des liens vers les seules sources en ligne existantes en langue anglaise : Hitler a exprimé en privé son intention explicite de nettoyer les juifs de Palestine et de faire du Grand Mufti de Jérusalem le « libérateur » de tous les Arabes, et pas seulement le dirigeant palestinien. Hitler a dit que, dès qu’il aurait terminé d’éliminer tous les juifs d’Europe, il autoriserait, armerait et assisterait publiquement le Mufti, pour superviser leur extermination en Palestine et dans toutes les régions arabes ; et c’est ce que voulait le mufti, afin de devenir le « libérateur » de tous les Arabes et  gouverner ensuite, sous l’emprise d’Hitler, un vaste royaume arabe.

Le seul désaccord initial entre Hitler et le Mufti, était que le premier voulait que Hitler annonce immédiatement cette intention au monde, mais celui-ci a dit que l’annonce publique, à ce moment-là, était prématurée – et que son intention était de l’annoncer seulement (et dès que) tous les juifs auraient déjà été éliminés en Europe. À la fin de la réunion, le Mufti a dit qu’il était totalement en accord avec le raisonnement d’Hitler et a abandonné l’idée de l’annonce immédiate. À la fin de la réunion, ils ont convenu du moment de l’annonce publique. Ils se sont séparés à 100% d’accord sur ce qui devrait être fait, et dans quel ordre.

En bref : ce document est parmi ceux (il y en a d’autres) qui exposent la totale fraude des « historiens » qui prétendent soit qu’Hitler était un « dictateur faible », soit qu’il n’avait pas l’intention d’exterminer tous les juifs, partout, et qu’il n’a pas tenu fermement, avec conviction à cette intention génocidaire. Et ceci (dans le cas du présent document) bien avant que l’Holocauste ne soit à un stade avancé en Europe, ou ailleurs.

Dans ce document, Hitler dit clairement (comme il l’a fait aussi à d’autres occasions, donc, ce n’est pas la seule preuve) qu’il ne considérerait pas vraiment que le « Reich de mille ans » pouvait même commencer tant que l’extermination des juifs ne serait pas achevée partout. En d’autres termes : pour Hitler, la « victoire » dans la Seconde Guerre mondiale ne pourrait être réalisée que s’il arrivait à éliminer tous les juifs. (Dans mon livre de 2000 WHY the Holocaust Happened, j’avais argumenté l’hypothèse qu’il avait d’abord eu cette intention en septembre 1919, mais savait que s’il en informait le public, celui-ci penserait que c’était pour cela qu’il entrait en politique, et qu’il ne serait alors jamais capable d’atteindre la direction de l’Allemagne et manquerait donc son but. Mais je crois maintenant que le projet d’éliminer les juifs était la raison de son entrée en politique à cette époque, et il l’a fait.)

En d’autres termes, l’achèvement de l’Holocauste était, dans l’esprit de Hitler, le véritable but de la Seconde Guerre mondiale. L’Holocauste n’était pas accessoire aux objectifs de guerre d’Hitler, c’était son but de guerre. Pour lui, la guerre existait avant tout pour rendre possible et achever l’anéantissement des « juifs » tels que définis par Hitler, dans les lois de Nuremberg (1935), non par la croyance d’une personne, mais par celle de ses ancêtres – transformant ainsi un fait religieux en fait « racial » fondé sur la religion des ancêtres et non sur la génétique. Hitler rejetait la génétique, il condamnait même Darwin, Hitler était un créationniste biblique et définissait l’Aryen comme un descendant pur sang d’Adam et Ève, alors qu’il pensait que les juifs descendaient du serpent dans Genèse 3 (ces matières sont documentées dans WHY the Holocaust Happened).

Pour Hitler, la victoire consisterait à exterminer tous les juifs partout ; comme il l’écrivait lui-même avant son suicide – la dernière déclaration suprême de ses buts de guerre – il exhortait son peuple à continuer la guerre, jusqu’à la victoire, contre ce qu’il considérait comme le seul véritable ennemi, ses derniers mots étaient :

« Je charge les dirigeants de la nation et ceux qui sont sous leur contrôle de l’observance scrupuleuse des lois sur la race et de l’opposition impitoyable à l’empoisonneur universel de tous les peuples, la juiverie internationale. »

Cette expression « juiverie internationale » était un code qu’il utilisait souvent pour désigner tous les juifs, partout. Cependant, comme il l’a précisé dans ce document – qui sera, un peu plus loin, présenté en entier, avec des annotations explicatives – son intention claire et explicite était de cacher au public que c’était bien son but, et de ne pas le révéler avant que tous les juifs ne soient exterminés en Europe.

En outre, à la lumière de ce document unique et crucial : tout « historien » – ou même le premier ministre israélien, raciste-fasciste et apologue hitlérien, Benjamin Netanyahou – qui prétend qu’Hitler avait en réalité (stratégiquement, et non tactiquement), seulement préconisé l’expulsion des juifs (vers Madagascar, la Palestine ou ailleurs), cette affirmation est tout simplement frauduleuse. Le dossier est clair et sans équivoque sur cette question historique centrale : Hitler n’a jamais eu réellement l’intention de simplement expulser les juifs – comme ce document (et plusieurs autres) le montre clairementEt Hitler a expliqué dans ce document pourquoi la séquence des événements allait être cruciale pour atteindre l’objectif d’un monde sans Juifs. Hitler a expliqué au Mufti la séquence nécessaire, celui-ci l’a acceptée.

Il y a beaucoup de présentations abrégées sur le Web du dossier officiel nazi (le seul document qui existe) de la rencontre d’Hitler avec le Grand Mufti de Jérusalem, et certaines de ces présentations s’intitulent, par exemple : « Verbatim : ce que le Mufti a dit à Hitler », mais aucune n’est même proche d’être complète – à part les autres sources qui seront mises en lien dans cet article. La plupart omettent des parties cruciales du document, et la version qui est présentée ici sera donc la première à être vraiment complète, et elle est aussi présentée de manière à être compréhensible, entièrement contextualisée, et donc parfaitement logique, comme l’a fait le document en son temps et dans ces circonstances.

Les parties du document que je considère comme les plus importantes sont repérées en gras dans ma présentation ci-dessous, et les quelques passages qui sont à la fois en gras et en italique sont ceux que je considère comme les plus importants des plus importants. Même en ne lisant que les parties mises en exergue, vous disposerez d’un résumé précis du document. Mais le document complet est présenté ici afin que le lecteur puisse décider, par lui-même, quels passages le résument le mieux. Des personnes différentes peuvent avoir des opinions différentes sur ce qui est important et ce qui ne l’est pas, c’est pourquoi l’ensemble du document est présenté ici.

Rien ici ne sera paraphrasé : dans tout document, les paraphrases ne possèdent jamais l’autorité épistémologique (la crédibilité scientifique) apportée par les citations directes ; et lorsque des citations directes sont présentées dans le contexte du document complet, comme cela sera fait ici, le lecteur connaît le contexte duquel les citations ont été extraites, et se trouve ainsi dans la meilleure des positions pour interpréter, par lui-même, ce que voulait dire le document, du moins pour Hitler (et vraisemblablement aussi pour le Mufti).

Cette présentation est tirée de la publication officielle du document par le gouvernement des États-Unis, pages 881-885, document N° 515 dans Documents on German Foreign Policy, 1918-1945, Series D (1937-1945), Volume XII, THE WAR YEARS, June 23-December 11, 1941. Il n’y a pas d’annotations ou de clarifications pour faciliter la compréhension du lecteur. Ce manque d’explication ou de contexte essentiel pourrait être une des raison pour lesquelles ce document a malheureusement été largement ignoré, sauf par des gens comme Netanyahou, qui mentent librement et calmement au sujet de ce que le document dit, et à propos des projets d’Hitler concernant tous les juifs.

Le document complet de base, non annoté, peut être consulté en ligne en .pdf, et en .txt (ou ici, mais avec beaucoup d’erreurs typographiques du lecteur de texte automatisé). J’ai pu archiverle plus récent – la version .txt mais pas la version .pdf – donc c’est une copie alternative, juste au cas où une personne pourrait rencontrer des problèmes pour accéder à la version .pdf ou si celle-ci était éliminée entièrement. Une autre version de ce document, également sans annotations, a été mise en ligne à partir de la publication officielle britannique du document, c’est ici.

Ma présentation de ce document a été copiée à partir de la version .txt de la publication du gouvernement américain, parce que la version .pdf est malheureusement non-copiable, mais j’ai corrigé ici les nombreuses fautes de frappe, afin de restaurer la lisibilité perdue par le lecteur de texte automatisé. Dans cette présentation, à partir du texte du gouvernement américain, il y a (comme je le noterai dans le texte) une correction qui a été apportée par l’éditeur : où l’original allemand avait noté le chiffre 1 700 000, mais le nombre réel était 17 000 000. À part cette correction factuelle de ce qui était probablement une faute de frappe dans la transcription officielle nazie, il n’y avait aucune annotation dans aucune version.

Et le contraste frappant contredisant la déclaration de Netanyahou au sujet de cette rencontre entre le Führer et le Mufti est claire et même évidente – et Netanyahou se présente donc clairement ici comme ayant voulu placer le blâme central de l’Holocauste sur le Mufti, plutôt que sur Hitler. Le nazi Netanyahou (anti-palestinien) a donc présenté le nazi Hitler (anti-juif) comme étant l’idiot utile du Mufti, au lieu d’avoir été son commanditaire et son guide – comme c’était clairement le cas (avéré abondamment dans ce document ). De plus, Netanyahou est réputé pour être un menteur psychopathe (comme les nazis – les fascistes racistes – le sont habituellement) et on peut le constater encore une fois dans ce cas, toutes les preuves sont maintenant facilement disponibles sur le Web, présentées ici, avec des informations complètes.

Voici donc ce qui exposera les mensonges largement répandus tels ceux de Netanyahou – à savoir, dans son cas, que le Mufti aurait ordonné à un Hitler récalcitrant de « brûler les juifs », et n’aurait pas, au contraire, suivi les instructions de Hitler, sur ce que le Mufti doit faire concernant les juifs. Mensonges qui visent à transmettre la fausse impression que Hitler ne savait pas réellement ce qu’il faisait, ou qu’il ne savait pas ce que les gens sous son commandement faisaient aux juifs, et qui suggèrent que Hitler était manipulé par d’autres (comme le Mufti), concernant les juifs, et n’était pas lui-même l’instigateur et superviseur de la politique de son propre régime concernant les juifs.

Voici le « Grand exposé », de ce qui concerne simultanément une histoire passée, et une réalité présente, importantes :

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N°. 515
F1 / 0018-24 Mémorandum, par un fonctionnaire du Secrétariat du Ministre des Affaires étrangères
Füh. 57a. g Rs. Berlin, le 30 novembre 1941.

Compte-rendu de la conversation entre le Führer et le Grand Mufti de Jérusalem le 28 novembre 1941, en présence du ministre des Affaires étrangères du Reich [von Ribbentrop] et du ministre Grobba à Berlin.

Le Grand Mufti commence par remercier le Führer du grand honneur qu’il lui avait accordé en le recevant. Il voulait saisir l’occasion de transmettre au Führer du Grand Reich allemand, admiré par tout le monde arabe, ses remerciements pour la sympathie qu’il avait toujours manifestée pour la cause arabe et surtout palestinienne, et qu’il avait clairement exprimée dans ses discours publics. Les pays arabes étaient fermement convaincus que l’Allemagne gagnerait la guerre et que la cause arabe prospérerait ensuite. Les Arabes étaient les amis naturels de l’Allemagne parce qu’ils avaient les mêmes ennemis, à savoir les Anglais, les juifs et les communistes. Ils étaient donc disposés à coopérer avec l’Allemagne de tout leur cœur et se tenaient prêts à participer à la guerre, non seulement par la commission d’actes de sabotage et l’instigation de révolutions, mais aussi positivement par la formation d’une légion arabe. Les Arabes pourraient être plus utiles à l’Allemagne en tant qu’alliés que ce qui apparaît à première vue, à la fois pour des raisons géographiques et à cause des souffrances infligées par les Anglais et les juifs. En outre, ils entretenaient des relations étroites avec toutes les nations musulmanes, dont ils pourraient se servir pour la cause commune. La légion arabe serait assez facile à créer. Un appel du Mufti aux pays arabes et aux prisonniers de nationalité arabe, algérienne, tunisienne et marocaine en Allemagne fournirait un grand nombre de volontaires désireux de se battre. Le monde arabe était fermement convaincu de la victoire de l’Allemagne, non seulement parce que le Reich possédait une armée nombreuse, des soldats courageux et des chefs militaires de génie, mais aussi parce que le Tout-Puissant ne pouvait jamais attribuer la victoire à une cause injuste.

Dans cette lutte, les Arabes luttaient pour l’indépendance et l’unité de la Palestine, de la Syrie et de l’Irak. Ils avaient la plus grande confiance dans le Führer et attendaient de sa main le baume sur les blessures qui leur avaient été infligées par les ennemis de l’Allemagne.

Le Mufti a ensuite mentionné la lettre qu’il avait reçue de l’Allemagne, qui affirmait que l’Allemagne ne détenait aucun territoire arabe et comprenait et reconnaissait les aspirations à l’indépendance et à la liberté des Arabes, tout comme elle soutenait l’élimination de la patrie nationale juive. 

Une déclaration publique dans ce sens serait très utile pour son effet propagandiste sur les peuples arabes en ce moment. Cela les réveillerait de leur léthargie momentanée et leur donnerait un nouveau courage. Cela faciliterait aussi le travail du Mufti pour organiser secrètement les Arabes jusqu’au moment où ils pourraient frapper. En même temps, il pouvait donner l’assurance que les Arabes, avec une discipline stricte, attendraient patiemment le bon moment et ne frapperaient que sur un ordre de Berlin. 

En ce qui concerne les événements en Irak, le Mufti a fait observer que les Arabes de ce pays n’avaient nullement été incités par l’Allemagne à attaquer l’Angleterre, mais ils avaient agi uniquement en réaction à une attaque anglaise directe contre leur honneur.

Les Turcs, croyait-il, souhaiteraient la bienvenue à la mise en place
d’un gouvernement arabe dans les territoires voisins parce qu’ils préféreraient des gouvernements arabes faibles à des gouvernements européens forts dans les pays voisins, et étant eux-mêmes une nation de 7 millions d’habitants, ils n’avaient d’ailleurs rien à craindre des 1 700 000 [corrigé dans une note en 17 000 000] Arabes vivant en Syrie, en Transjordanie, en Irak et en Palestine.

La France ne s’opposerait pas non plus au plan d’unification parce qu’elle avait concédé l’indépendance à la Syrie dès 1936 et avait donné dès 1933 son approbation à l’unification de l’Irak et de la Syrie sous le roi Fayçal.

Dans ces circonstances, il renouvelait sa demande au Führer de faire une déclaration publiquepour que les Arabes ne perdent pas l’espoir, qui est une force si puissante dans la vie des nations. Avec un tel espoir dans leur cœur, les Arabes, comme il l’avait dit, étaient prêts à attendre. Ils ne demandaient pas la réalisation immédiate de leurs aspirations ; ils pourraient facilement attendre une demi-année ou une année entière. Mais s’ils n’étaient pas emplis d’un tel espoir par une déclaration de ce genre, on pouvait s’attendre à ce que les Anglais soient les gagnants.

Le Führer a répondu que l’attitude fondamentale de l’Allemagne sur ces questions, comme le Mufti lui-même l’avait déjà déclaré, était claire. L’Allemagne a défendu une guerre intransigeante contre les juifs. Cela incluait naturellement une opposition active à la patrie nationale juive en Palestine, qui n’était rien d’autre qu’un centre, sous la forme d’un État, pour l’exercice d’une influence destructrice des intérêts juifs. L’Allemagne était également consciente que l’affirmation que les juifs exerçaient la fonction de pionniers économiques en Palestine était un mensonge. Le travail était fait seulement par les Arabes, pas par les juifs. L’Allemagne était résolue, étape par étape, à demander aux nations européennes, l’une après l’autre, de résoudre son problème juif et, le moment venu, d’adresser un appel similaire aux nations non européennes. 

L’Allemagne était à l’heure actuelle engagée dans une lutte à mort, pour sa survie, contre deux citadelles du pouvoir juif : la Grande-Bretagne et la Russie soviétique. Théoriquement, il y avait une différence entre le capitalisme anglais et le communisme russe soviétique ; en réalité, cependant, les juifs des deux pays poursuivaient un but commun. C’était la lutte décisive sur le plan politique, elle se présentait essentiellement comme un conflit entre l’Allemagne et l’Angleterre, mais idéologiquement c’était une bataille entre le national-socialisme et les juifs. 

Il va de soi que l’Allemagne fournira une aide positive et pratique aux Arabes engagés dans la même lutte, car les promesses platoniques sont inutiles dans une guerre de survie ou de destruction où les juifs parviennent à mobiliser toute la puissance de l’Angleterre pour leurs fins.

L’aide aux Arabes devrait être une aide matérielle. L’opération en Irak a manifestement démontré à quel point les sympathies seules sont de peu d’effet  dans une telle bataille où les circonstances n’avaient pas permis de fournir une aide réellement efficace et pratique. En dépit de toutes les sympathies, l’aide allemande n’avait pas été suffisante et l’Irak fut vaincu par le pouvoir de la Grande-Bretagne, c’est-à-dire le protecteur des juifs.

Le Mufti ne pouvait cependant que se rendre compte que le résultat de la lutte en cours déciderait aussi du sort du monde arabe. Le Führer devait donc penser et parler froidement et délibérément, en tant qu’homme rationnel et principalement en tant que soldat, en tant que chef des armées allemandes et alliées. Tout ce qui est de nature à aider dans cette bataille titanesque pour la cause commune, et donc aussi pour les Arabes, devrait être fait. Cependant, toute action qui pourrait contribuer à affaiblir la situation militaire doit être mise de côté, aussi impopulaire que soit la décision.

L’Allemagne est maintenant engagée dans de très violents combats pour forcer la porte d’entrée de la région du nord du Caucase. Les difficultés sont principalement le maintien de l’approvisionnement, qui est le plus difficile à cause de la destruction des voies ferrées et des autoroutes, et de l’hiver imminent. Si, à ce moment, le Führer soulevait dans une déclaration le problème de la Syrie, les éléments de la France qui étaient sous l’influence de de Gaulle recevraient de nouvelles forces. Ils interpréteraient la déclaration du Führer comme une intention de briser l’empire colonial de la France et appelleraient leurs compatriotes à préférer faire cause commune avec les Anglais pour tenter de sauver ce qui pouvait encore être sauvé. Une déclaration allemande concernant la Syrie serait interprétée en France comme désignant les colonies françaises en général, ce qui créerait de nouveaux problèmes en Europe occidentale, ce qui signifie qu’une partie des forces armées allemandes seraient immobilisées à l’ouest et ne serait plus disponible pour la campagne dans l’est.

Le Führer fit alors la déclaration suivante au Mufti, lui enjoignant de l’enfermer au plus profond de son cœur : 

  1. Il (le Führer) poursuivrait la bataille pour la destruction totale de l’empire judéo-communiste en Europe. 
  2. À un moment qui était impossible à définir exactement aujourd’hui mais qui, de toute façon, n’était pas loin, les armées allemandes allaient, au cours de cette lutte, atteindre la sortie sud du Caucase. 
  3. Dès que cela se serait produit, le Führer donnerait, lui-même, l’assurance au monde arabe que son heure de libération était arrivée. L’objectif de l’Allemagne serait alors uniquement la destruction de l’élément juif résidant dans la sphère arabe sous la protection du pouvoir britannique. Àce moment là, le Mufti serait le porte-parole le plus autorisé du monde arabe. Ce serait alors sa tâche de déclencher les opérations arabes qu’il avait secrètement préparées.Quand ce moment sera venu, l’Allemagne pourra aussi être indifférente à la réaction française à une telle déclaration.

Une fois que l’Allemagne aura forcé l’ouverture de la route vers l’Iran et l’Irak à travers Rostov, ce sera aussi le début de la fin de l’empire mondial britannique. Il (le Führer) espérait que l’année à venir permettrait à l’Allemagne d’ouvrir la porte du Caucase au Moyen-Orient. Pour le bien de leur cause commune, il vaudrait mieux repousser la proclamation arabe de quelques mois de plus, sinon l’Allemagne se créerait des difficultés sans pouvoir, de ce fait, aider les Arabes.

Il (le Führer) a pleinement apprécié l’empressement des Arabes pour une déclaration publique du genre demandée par le Grand Mufti. Mais il les prierait de considérer que (le Führer) lui-même était le chef d’État du Reich allemand depuis cinq longues années pendant lesquelles il fut incapable de faire à sa propre patrie l’annonce de sa libération. Il a dû attendre pour cela que l’annonce puisse être faite sur la base d’une situation provoquée par la force des armes, que l’Anschluss avait réalisée.

Au moment où les divisions de chars et les escadrilles de l’Allemagne feraient leur apparition au sud du Caucase, l’appel public demandé par le Grand Mufti pourrait être diffusé dans le monde arabe. 

Le Grand Mufti répondit qu’il était d’avis que tout se passerait comme l’avait indiqué le Führer. Il était pleinement rassuré et satisfait des paroles qu’il avait entendues du chef de l’État allemand. Il demande cependant s’il ne serait pas possible, au moins secrètement, de conclure un accord avec l’Allemagne du type de celui qu’il vient d’esquisser avec le Führer.

Le Führer répondit qu’il venait de donner précisément au Grand Mufti cette déclaration confidentielle.

Le Grand Mufti le remercia et déclara en conclusion qu’il prenait congé du Führer en toute confiance et le remercia de nouveau pour l’intérêt manifesté à la cause arabe.

Schmidt [le transcripteur autorisé]