Escalade du risque de confrontation entre les États-Unis et la Russie en Syrie

par Bill Van Auken

20 juin 2017

Source : http://arretsurinfo.ch/escalade-du-risque-de-confrontation-entre-les-etats-unis-et-la-russie-en-syrie/

Source originaire : https://www.wsws.org/fr/articles/2017/jui2017/syri-j21.shtml

 

Évoquant le spectre d’un conflit syrien qui évoluerait en une confrontation entre les deux puissances nucléaires majeures du monde, le ministère russe de la défense a émis lundi un avertissement selon lequel il traiterait comme une cible hostile tout avion américain ou allié opérant dans l’ouest de la Syrie, où sont installées les propres forces de Moscou, ainsi que celles du gouvernement.

L’avertissement russe était une réponse à la destruction en vol d’un avion de la force aérienne syrienne dimanche par un avion de chasse de la Marine américaine au-dessus du nord de la Syrie, où les forces de l’armée américaines soutenues par des milices kurdes avancent vers la ville de Raqqa tenue par l’ÉI.

L’incident de dimanche marque la première fois qu’un avion de guerre américain abat un avion syrien sur son propre territoire et représente une escalade majeure dans la guerre de six ans pour le changement de régime, orchestrée par les États-Unis. Le pilote syrien, qu’on a vu descendre en parachute dans une zone contrôlée par l’État islamique (ÉI), manque toujours.

« Dans les régions où la Force aérienne russe effectue des opérations au-dessus de la Syrie, tous les objets volants – y compris les avions et les drones de la coalition internationale – découverts à l’ouest du fleuve Euphrate seront traités comme des cibles aériennes et traqués par les systèmes de défense terrestres ou aériens », a averti le ministère russe de la défense.

Le vice-ministre des Affaires étrangères de Russie, Sergei Ryabkov, a qualifié l’attaque des États-Unis contre l’avion syrien d’« acte d’agression et une violation directe du droit international ».

Moscou a également indiqué qu’il avait coupé un téléphone rouge de « déconflixion » avec le Pentagone, utilisé pour prévenir les affrontements involontaires entre les avions de chasse américains et russes au-dessus de la Syrie.

Washington a émis une série de réponses contradictoires aux avertissements de la Russie. Le président des Chefs d’état-major de l’armée américaine, Joseph Dunford, a déclaré aux médias que le Pentagone œuvrerait « diplomatiquement et militairement dans les prochaines heures pour rétablir la déconflixion ». Quand on lui a demandé s’il était préoccupé pour la sécurité des pilotes américains volant au-dessus de la Syrie après l’avertissement russe, le général a répondu qu’il était confiant que « nos forces ont la capacité de se défendre ».

Lors d’une bizarre conférence de presse à la Maison Blanche lundi où les journalistes ont été empêchés de filmer ou d’enregistrer les réponses à leurs questions, le secrétaire de la Maison Blanche à la presse, Sean Spicer, a déclaré que Washington « fera tout [son] possible pour protéger [ses] intérêts » en Syrie, ajoutant : « Nous conserverons toujours le droit de légitime défense. »

Seule la logique perverse de la poussée impérialiste des États-Unis pour l’hégémonie au Moyen-Orient et dans le monde entier peut expliquer l’invocation de la « légitime défense » pour les actions prises par les forces militaires américaines en abattant un avion volant au-dessus de son propre territoire.

La destruction de l’avion syrien fait suite à une série d’actes d’agression américains contre les forces gouvernementales syriennes. En septembre dernier, les raids aériens menés par les États-Unis ont tué ou blessé jusqu’à 200 soldats syriens dans la province orientale de Deir el-Zour. Alors que le Pentagone a ensuite affirmé que l’attaque était une « erreur regrettable », il fournissait un soutien aérien aux combattants de l’ÉI pour envahir un poste du gouvernement syrien.

Puis, en avril, les États-Unis ont fait pleuvoir 50 missiles de croisière sur la base aérienne al-Shayrat de la Syrie, apparemment en réponse à une prétendue attaque au gaz qui avait toutes les marques d’une provocation de la CIA.

Au cours du mois dernier, le Pentagone a mené trois attaques aériennes distinctes sur des forces pro-gouvernementales qui se seraient approchées d’une base désertique près du passage frontalier syrien d’al-Tanf au sud-est avec l’Irak, où 150 soldats des forces spéciales américaines entraînent les soi-disant « rebelles » pour poursuivre la guerre pour un changement de régime contre le gouvernement à Damas.

À chaque nouvelle attaque, il devient de plus en plus clair que la prétendue campagne anti-ÉI menée par les forces dirigées par les États-Unis est une couverture pour une intervention militaire américaine visant à garantir les objectifs de la guerre qui dure depuis six ans pour obtenir le changement de régime en Syrie, le renversement du gouvernement Assad et l’imposition d’un régime fantoche américain. À cette fin, le Pentagone est déterminé à ce que le territoire arraché à l’ÉI reste sous son contrôle plutôt que sous celui du gouvernement syrien. Les affrontements qui ont mené à la destruction de l’avion syrien sont liés à cette ruée sur les territoires.

La campagne en Syrie fait partie d’une poussée des États-Unis vers la guerre avec l’Iran qui a été expliquée par le président américain Donald Trump lors de son voyage le mois dernier dans les deux principaux ennemis régionaux de Téhéran, l’Arabie Saoudite et Israël. Le tournant de l’administration Trump vers une attitude ouvertement agressive envers Téhéran a permis de déstabiliser davantage toute la région, où la monarchie saoudienne, soutenue par l’Égypte et les Émirats arabes unis, impose un blocus total qui équivaut à une guerre contre le Qatar. Ce dernier pays, abrite le siège du Commandement central avancé des États-Unis, alors qu’il dépend en même temps des recettes provenant d’un énorme champ gazier qu’il partage avec l’Iran.

La menace d’une guerre plus large a été soulignée par une attaque iranienne de missiles dirigée contre des cibles de l’ÉI dans la ville syrienne orientale de Deir el-Zour. Les missiles ont été lancés depuis l’ouest de l’Iran, à environ 595 kilomètres de là, sur le territoire de l’Irak, dont le gouvernement a autorisé l’attaque.

Alors que Téhéran a justifié les frappes des missiles comme des représailles aux attentats terroristes au début de ce mois, revendiqués par l’ÉI, où 18 Iraniens ont été tués et plus de 50 blessés, les autorités iraniennes ont clairement indiqué qu’elles avaient pour but d’envoyer un avertissement plus large.

« Les Saoudiens et les Américains sont en particulier les destinataires de ce message », a déclaré le général Ramazan Sharif, du Corps de la Garde révolutionnaire iranienne. « C’est évident et clair, certains pays réactionnaires de la région, en particulier l’Arabie saoudite, avaient annoncé qu’ils essayaient d’introduire de l’insécurité en Iran ». Téhéran a déclaré que les Saoudiens étaient derrière les attentats terroristes. La Maison-Blanche de Trump, quant à elle, a publié une déclaration accusant essentiellement le gouvernement iranien d’avoir attiré la terreur contre lui-même.

La menace que l’intervention des États-Unis en Syrie puisse éclater en une guerre régionale et même mondiale est exacerbée par le fait que l’administration de Trump cède aux huiles de l’armée américaine pratiquement toutes les décisions concernant les multiples guerres de Washington, de l’Irak et la Syrie à l’Afghanistan et au-delà. Le nombre de soldats impliqués, les règles d’engagement et d’autres politiques essentielles sont fixés par une cabale de généraux en service actif et récemment retraités, y compris le secrétaire de la Défense James Mad Dog (chien enragé) Mattis et le conseiller de Trump à la sécurité nationale, le général H.R. McMaster, ainsi que les commandants sur le terrain.

Des sections de l’armée ont amèrement ressenti le fait que l’administration Obama se soit retirée d’une guerre planifiée contre la Syrie en 2013, alors que face à une hostilité populaire accablante à une autre guerre au Moyen-Orient et à des divisions profondes dans l’establishment de la politique étrangère, Washington s’est limité a un accord négocié par la Russie pour détruire les armes chimiques de la Syrie. Depuis lors, le soutien de la Russie et de l’Iran a permis au gouvernement syrien de repousser les milices islamistes soutenues par la CIA et de reprendre la quasi-totalité des principaux centres de population du pays.

Inverser ces avancées est essentiel pour que les États-Unis affirment sa position dominante sur le Moyen-Orient riche en pétrole. Il ne fait aucun doute qu’il y a des huiles de l’armée des États-Unis qui souhaiteraient une confrontation avec l’Iran et même la Russie pour atteindre cet objectif, quelle que soit la menace d’une guerre plus large et potentiellement catastrophique dans le monde.

Fait significatif, lorsque les journalistes ont demandé au général Dunford lundi qui avait donné l’autorisation à l’armée américaine de mener des actions armées contre le gouvernement de la Syrie, le président des Chefs d’état-major de l’armée américaine a cité la Loi sur l’autorisation de l’utilisation de la force militaire adoptée par le Congrès à la suite des attaques du onze septembre 2001, il y a près de 16 ans.

Il n’y a pas eu de débat, et encore moins de vote, au sein du Congrès des États-Unis autorisant une guerre contre la Syrie. Les démocrates n’ont pas soulevé d’opposition à Trump en donnant toute latitude aux généraux et ont poussé politiquement la campagne de propagande anti-Russie hystérique qui ouvre la voie à la confrontation militaire.

Pour la dénonciation par la France du traité de l’Atlantique Nord et le retrait de ses Armées du commandement intégré

Appel pluraliste (pétition)

Comité Valmy

mercredi 21 juin 2017

 

Le 21 mai 2015 à l’Assemblée Nationale, lors du colloque intitulé « La France peut-elle retrouver une diplomatie indépendante », un ancien ambassadeur de France et ancien secrétaire général du Quai d’Orsay a déclaré que l’OTAN n’aurait pas dû survivre à la disparition de l’URSS et à la dissolution du Pacte de Varsovie.

Les initiateurs du présent appel de sensibilités républicaines et patriotiques diverses, ayant dans le passé, approuvé ou non l’existence de l’OTAN affirment unanimement, qu’en effet aujourd’hui, cette organisation n’a plus de raison d’être.

L’OTAN s’est en réalité élargie en intégrant, contrairement aux engagements pris envers Gorbatchev, nombre de pays anciennement socialistes, avançant ainsi méthodiquement dans un processus d’encerclement de la Russie en multipliant les bases militaires étasuniennes dans ces pays.

Cette politique ouvertement agressive s’est accompagnée de l’installation d’un bouclier de missiles anti-missiles à proximité de la Russie éventuellement destiné à permettre une première frappe nucléaire sur ce pays, en stérilisant ou en limitant de façon drastique ses possibilités de réplique.

C’est dans ce contexte géopolitique que l’Ukraine a vécu la « révolution orange », téléguidée par les États-Unis et soutenue par l’UE, qui a permis la mise en place par la force d’un gouvernement hostile à la Russie avec la participation de néonazis notoires. Il est temps que la France se dissocie de cette politique antirusse provocatrice qui risque de déboucher sur une troisième guerre mondiale éventuellement nucléaire.

Organisation politique et militaire, l’OTAN est tout à la fois l’instrument diplomatique et le bras armé qu’utilisent les Etats-Unis avec la complicité des Etats vassaux au premier rang desquels se trouvent la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne.

Le gouvernement américain, fort d’une doctrine militaire incluant la guerre préventive et l’usage d’armement nucléaire en premier, doté de plus de 700 bases militaires réparties sur tout le globe, et décidé à combattre la menace terroriste sans la volonté d’en rechercher les causes, conduit l’OTAN et donc la France à participer, dans un chaos organisé, à une guerre permanente au mépris de nos intérêts et de notre propre sécurité. De la Yougoslavie à l’Irak, de la Syrie à la Libye, la France use son potentiel militaire et son crédit diplomatique et oublie les valeurs de son peuple, au profit d’une politique définie à Washington.

En réalité, les États-Unis mènent avec l’OTAN une politique d’agression et de guerre généralisée qui ne saurait demeurer plus longtemps celle de notre nation. Il est grand temps que la France recouvre la souveraineté de ses décisions et la liberté de choisir ses partenaires en conformité avec sa philosophie et les intérêts du peuple français.

Nous appelons à la dénonciation par la France de son appartenance au traité de l’Atlantique Nord et au retrait de ses armées du commandement intégré. La France en redevenant libre devra exiger la dissolution de l’OTAN qui n’a plus de raison d’être !

Paris le 1er juin 2015

***

Cet appel est ouvert à la signature des citoyens et organisations qui souhaitent contribuer à cette initiative. Il est initié par le Comité Valmy ainsi que par des militants, des personnalités et des organisations de sensibilités diverses de l’arc républicain.

Note Importante :

Le forum interactif de notre site est l’objet d’une attaque permanente et invasive de spams. En conséquence, il est souvent fermé et inaccessible afin de limiter les dégats. 
Utiliser pour signer, l’adresse courriel ci-dessous ainsi que pour les messages : merci de spécifier vos nom, prénom, lieu de résidence et si vous le souhaitez, votre sensibilité politique..

Contact et signatures :

Utiliser provisoirement cette adresse :

info@comite-valmy.org

Uranium appauvri en Serbie en 1999 : une équipe internationale d’avocats poursuit l’OTAN en justice

Encore une information que les médias occidentaux

passent sous silence

Nous étions alors désespérément seuls contre cette guerre criminelle qui frappait la Yougoslavie. Tous les journalistes, toutes les rédactions, étaient résolument pour. Tous nos amis de gauche étaient fanatiquement pour. Toutes les grosses ONG étaient pour. Tous les partis écologistes européens étaient fanatiquement pour. Ils n’ont  pas protesté quand il s’est avéré que les bombardiers des pays de l’OTAN pilonnaient un pays, un peuple qui ne se battait pas, avec des armes contenant de l’uranium appauvri, aux conséquences terribles…Il n’y avait pas internet. Il nous était alors impossible de publier un point de vue autre. Un seul journaliste, Jacques Merlino, parmi les journalistes envoyés sur le terrain [1], a résisté, en ne relayant pas la propagande de l’OTAN. Silvia Cattori

 

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Source : https://francais.rt.com/international/39714-serbie-uranium-appauvri-plainte-avocats-otan

14 juin 2017

 

18 ans après les opérations militaires en ex-Yougoslavie, la Serbie a décidé de poursuivre les pays de la coalition menée par les Etats-Unis. La population continue de souffrir des conséquences de l’utilisation de munitions à l’uranium appauvri.

La Serbie a annoncé son intention de poursuivre en justice les pays de l’OTAN pour l’intervention de 1999 en ex-Yougoslavie. A l’initiative de l’Académie serbe des sciences et des arts, une équipe de juristes internationale se prépare à saisir les autorités judiciaires de chacun de ces pays, parmi lesquels les Etats-Unis et le Royaume-Uni. «Entre dix et 15 tonnes d’uranium appauvri ont été utilisés lors des bombardements de l’OTAN en Serbie en 1999», rappelle Srdjan Aleksic, l’un des avocats qui supervise la procédure légale. «A cause de cela, chaque année, 33 000 personnes tombent malades en Serbie. Cela représente un enfant par jour», a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’opportunité d’intenter des procès 18 ans après les faits, le juriste a mis en avant les conséquences terribles sur la population des opérations militaires de l’OTAN. «Il n’est jamais trop tard pour poursuivre les responsables d’une catastrophe environnementale, [ceux] qui ont bombardé la Serbie avec des armes quasi nucléaires, c’est-à-dire contenant de l’uranium appauvri.» Toujours selon l’avocat, l’utilisation d’armes interdite par la coalition en Serbie en 1999 constitue une violation de toutes les conventions internationales et des lois qui protègent les populations.

Dans un rapport rendu public en 2000, l’OTAN a reconnu avoir utilisé des munitions contenant de l’uranium appauvri non seulement dans les Balkans mais aussi lors de la guerre en Irak de 1991. «A proximité des impacts de munitions à uranium appauvri, il n’est pas exclu que des personnes ignorant les risques de contamination […] puissent avoir été exposées à des radiations ou absorbé des quantités d’uranium excédant les normes internationales», concède le document. Le tout, en cas de guerre avec l’OTAN, c’est en définitive d’être bien informé.

[1] Jacques Merlino – Les vérités yougoslaves ne sont pas …

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Michel Raimbaud : « En France, l’atlantisme et le sionisme sont les deux mamelles des néocons »

par Tigrane Yégavian

9 juin 2017

Source : http://arretsurinfo.ch/michel-raimbaud-en-france-latlantisme-et-le-sionisme-sont-les-deux-mamelles-des-neocons/

 Source originaire : http://www.afrique-asie.fr/michel-raimbaud-en-france-latlantisme-et-le-sionisme-sont-les-deux-mamelles-des-neocons/

 

 

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À l’occasion de la réédition actualisée de « Tempête sur le Grand Moyen-Orient » (1), nous avons rencontré Michel Raimbaud. L’ancien diplomate, qui écrit avec des convictions en s’appuyant sur des faits bien documentés, insiste sur le façonnement en cours du Moyen-Orient, et plus vastement du monde, entrepris par les néoconservateurs américains, avec la complicité des élites occidentales.

Propos recueillis par Tigrane Yégavian | 9 juin 2017

Pourquoi crier au « conspirationnisme » lorsque l’on est saisi par la clarté du grand dessein annoncé urbi et orbi par ses propres promoteurs ? Cela fait longtemps que Michel Raimbaud, écrivain habité par la passion de l’État, sincère, engagé et aux accents volontiers gaulliens, ne prête plus d’attention aux chiens de garde de l’establishment qui le snobent. Ancien ambassadeur de France en Mauritanie, au Soudan et au Zimbabwe, et bien connu des lecteurs d’Afrique Asie, ce fin connaisseur du monde arabe et de l’Afrique a servi comme diplomate dans de nombreux pays (avec un long passage au Brésil), avant de diriger l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Tout reste d’actualité dans Tempête au Moyen-Orient, ouvrage dans lequel il dénonce les funestes « policides » orchestrés par les néoconservateurs américains et occidentaux ayant débouché sur le démantèlement du Soudan, de la Somalie, de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye et, aujourd’hui, de la Syrie.

Revenons sur l’affaire des « bombardements chimiques » d’Idlib, en Syrie, en avril dernier. Pourquoi ne criez-vous pas avec les loups sur la responsabilité du régime syrien ?
Nous nous trouvons face à une redite de l’affaire Colin Powell de 2003 en Irak et de la séquence de l’été 2013 en Syrie (attaque de la Ghouta). Je n’entrevois que deux explications possibles : ou bien ce sont les rebelles qui ont utilisé les armes chimiques en appliquant la technique familière du false flag (faux pavillon), maquillant par la suite les photos des enfants. Ces enfants n’auraient-ils pas été tués puis « soignés » par ces escrocs de l’humanitaire que l’on nomme les « casques blancs », autrement dit des associés du Front Al-Nosra, la franchise syrienne d’Al-Qaïda ? Sinon, comment expliquer que les injections, à en croire certaines vidéos, semblent factices, le niveau du liquide demeurant inchangé du début à la fin de la piqûre de « réanimation » ? Si ces cadavres d’enfants morts, soigneusement alignés comme à une parade pour les besoins de la propagande, avaient été gazés, il eût été bien imprudent de s’exposer avec eux sans précaution.

Ou bien, s’il s’agit d’un bombardement de l’armée syrienne sur ce dépôt, cela veut dire que le gaz appartenait aux rebelles. Car on sait qu’en Syrie le démantèlement de l’arsenal des armes chimiques et bactériologiques a eu lieu sous contrôle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), après les inspections onusiennes.

Un mensonge de plus donc ?
La ficelle est bien grosse. Les mensonges sont légion dans le cas syrien, tellement nombreux qu’il s’avère difficile de les « traiter » tous. C’est une conséquence typique des théories que j’ai étudiées dans mon livre, à savoir les stratégies mises en œuvre par Washington : le chaos innovateur, la théorie du fou et le false flag, autant d’intox dont les mécanismes ont été démontés, notamment par Michel Collon. En définitive, si « complotisme » il y a, ce sont les comploteurs eux-mêmes qui aiment les complots puisqu’ils en sont les auteurs, et non pas ceux qui les dénoncent, systématiquement qualifiés de « complotistes » afin de les discréditer par avance. Dans un ordre d’idées proche, les régimes takfiristes qui financent les « révolutions » chez leurs voisins espèrent ainsi faire oublier leur nature profondément réactionnaire.

Il y avait déjà un certain cynisme de la part des intellectuels américains au temps où l’on pérorait sur le contenu de la fiole qu’avait brandie Colin Powell au Conseil de sécurité de l’Onu en 2003. Ils disaient : « L’Amérique est le plus grand empire qui ait jamais existé sur Terre, discutez et critiquez telle ou telle de nos actions si vous voulez, nous, pendant ce temps, nous créons des réalités nouvelles et nous faisons l’Histoire ! » Effectivement, pendant que tout le monde disserte : les idiots utiles, les médias, les universitaires et la classe politique rivalisant en bêtise tout en maintenant une omerta faramineuse sur les faits, les neocons façonnent effectivement cette Histoire dont nous sommes les témoins. Cela participe à un enfumage qui ne nous donne pas le loisir d’anticiper les mauvais coups que préparent ces néocons.
Que répondez-vous aux accusations de connivence entre Moscou et Washington ?

Il n’y a pas de connivence entre la Russie et les États-Unis. Si les Russes jouent la carte de la diplomatie, c’est pour trouver une solution politique. Je m’étonne également que le communiqué tripartite publié par Damas, Moscou et Téhéran au lendemain de l’attaque américaine du 4 avril sur la base aérienne de Shayrat, en Syrie, n’ait pas été divulgué dans les médias mainstream. Ce communiqué se voulait un cinglant avertissement adressé à l’administration Trump, rappelant les fondamentaux : respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité de la Syrie, et son droit de reprendre le contrôle de l’ensemble de son territoire.
Concernant l’hésitation du président Obama en 2013 qui, finalement n’a pas donné l’ordre d’attaquer, je me souviens avoir été parmi les rares personnes à être persuadées qu’il n’y aurait pas de frappes…

Qu’est-ce qui a freiné Obama ?
Obama n’est pas un personnage limpide. C’était sa façon à lui de s’affirmer en ne bombardant pas. Non pas qu’il soit revenu à de meilleurs sentiments, car il était suffisamment bien informé par ses renseignements pour connaître la vérité, mais parce qu’il voulait marquer son pouvoir présidentiel face au think tank collectif qui l’entourait – c’est ce qu’il affirme dans une interview en forme de testament.

J’évoque souvent « l’État profond néoconservateur » pour « expliquer » ce qui, sinon, pourrait paraître inexplicable. À mes yeux, ce concept est d’une importance fondamentale. Devenu populaire, il est une réalité visible, voire très voyante, depuis la fin de la guerre froide. Il se réfère à la doctrine dominante qui crée une symbiose idéologique entre les décideurs, les acteurs, les faiseurs d’opinions dans tous les secteurs de la vie publique et tous les cercles de pouvoir (politiques, diplomates, hiérarchie judiciaire, élites intellectuelles, journalistes, milieux d’affaires, communautés diverses, lobbies, etc.).

Né dans le camp républicain qui est son berceau et ancré sur le double messianisme religieux du judaïsme et des Églises protestantes dites « Églises d’éveil », l’État profond néoconservateur s’est solidement implanté dans les rangs démocrates, avant de trouver des terreaux favorables dans toutes les terres d’Occident et dans les États les plus improbables. La France est loin d’échapper à la règle, tant est grande l’idolâtrie des élites vis-à-vis de tout ce qui vient d’Amérique et le lien de vassalité que celles-ci ont intériorisé durant les décennies passées.

À Paris, les quartiers généraux et/ou les bastions de cet « État profond » sont divers et variés : non seulement au Quai d’Orsay où sévit la « secte » ou la « meute » néocon, mais aussi à Matignon, à l’Élysée et dans les rouages de la société et les arcanes du pouvoir. Les élites parisiennes sont depuis des années cooptées dans le fameux programme des « Young Leaders » de la fondation franco-américaine. On chercherait en vain un clivage entre droite et gauche « de gouvernement ».

Comment avez-vous observé l’évolution de la trajectoire des néoconservateurs français depuis le Quai d’Orsay ? Comment et quand ont-ils essaimé ?
Historiquement, les origines du néoconservatisme remontent à la création des États-Unis, à l’arrivée des « Pilgrim Fathers », ces Pères fondateurs, pour l’essentiel des protestants fuyant l’Europe pour des raisons religieuses et se référant à la Bible plutôt qu’au Nouveau Testament. En vertu du messianisme qui les inspirait, ils pensaient que Dieu les avait guidés vers l’Amérique afin qu’ils deviennent le nouveau peuple élu. Notez le parallèle avec le sionisme… Du reste, les groupes ou lobbies chrétiens sionistes s’inscrivent dans cette tradition. Les premiers migrants en Amérique se référaient à la pensée de Cromwell, imprégnée de mystique sioniste. Mais il faut attendre l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan dans les années 1980 pour que cette mystique trouve sa traduction politique dans le néoconservatisme, une traduction associée à la promotion du néolibéralisme et à la fin de la détente.

C’est sous le mandat de Reagan que l’on assiste au retour de la confrontation contre l’URSS, encouragé par la Britannique Margareth Thatcher et le pape Jean-Paul II. Si l’équilibre de la terreur les empêche alors d’agir en transgressant les règles du jeu, les neocons (on ne les connaît pas encore sous cette appellation) ont les coudées franches à partir des années 1990-1991, après l’implosion de l’URSS et la disparition du « bloc communiste ». À noter que Donald Trump est le produit plus ou moins inavoué de cet establishment (malgré ses affirmations) puisqu’il semble considérer Reagan comme un père spirituel et se réfère volontiers aux Pères fondateurs de l’Amérique.

Trump a pourtant fondé son discours de campagne en s’opposant aux élites de Wall Street afin d’engranger des soutiens dans l’Amérique profonde…
S’il a été élu par le « petit peuple » et par « l’Amérique profonde » contre l’establishment, il ne pourra pas résister longtemps aux pulsions de l’État profond. Très isolé face aux élites, il en a bien eu besoin sitôt élu. Au passage, le fait qu’il bombarde la Syrie dès son début de mandat fait de lui un « président normal », et cela deux jours à peine après avoir fait une proposition de reprise de contact à Bachar al-Assad par l’intermédiaire d’une congressiste américaine (démocrate) chargée par Trump lui-même de transmettre un message en ce sens au président syrien. Voilà la théorie du chaos remise en application : elle correspond à dire tout et son contraire.

Il n’est pas évident pour les Américains de gérer cette théorie du chaos, qui paraît très anglo-saxonne, en ce sens qu’elle permet d’associer toutes les ambiguïtés, selon une méthode que l’on retrouve dans le langage des ONG, dans les discours du FMI, dans le style des politiques et diplomates américains : mélanger le passé et le présent, les affaires importantes et les détails, la réalité et la fiction. Cela ouvre beaucoup de possibilités aux prestidigitateurs du droit, aux manipulateurs de valeurs, aux magiciens maîtres de l’Univers. C’est également une illustration de la « théorie du fou » inventée par Kissinger au temps de Nixon : les États-Unis ont vocation à être les maîtres du monde et entendent le rester ; pour effrayer leurs ennemis, ils doivent projeter l’impression que l’Amérique est, en partie du moins, gouvernée par des dirigeants cinglés ou imprévisibles.

La ligne Trump représente un archétype de la « théorie du chaos innovateur » mise en œuvre selon les normes de la théorie du fou. Le président « flexible » est un pur produit de l’école néoconservatrice, fondée sur le double messianisme protestant et juif, évoqué précédemment. Dans ce contexte, notons que l’alliance avec les islamistes djihadistes n’est pas circonstancielle, mais naturelle, les islamistes radicaux se réclamant également d’une mission divine, afin d’éradiquer tout ce qui s’écarte de leur conception de l’islam et recréer in fine un califat, un État islamique fondé sur la charia (la loi coranique interprétée à leur façon).

Vous ne m’avez toujours pas dit à quand remonte la pénétration du néoconservatisme dans les arcanes du pouvoir français.
La première manifestation de leur apparition en France remonte, me semble-t-il, au lendemain de la chute de l’URSS et à la signature du traité de Maastricht en 1992. François Mitterrand n’était pas néoconservateur, mais son entourage l’était en bonne partie, ou faisait du néoconservatisme sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir.
La seconde manifestation intervient à mon sens avec la crise affectant les relations franco-africaines en 1994, marquée par la dévaluation inopinée du franc CFA de 50 % sous la pression conjointe de la Banque Mondiale et du FMI. L’héritage gaullien, déjà ébréché, va dès lors être dilapidé de plus en plus ouvertement, la France renonçant de facto – en le niant – aux attributs de sa souveraineté. Dans la foulée du baroud d’honneur du duo Chirac-Villepin en 2003 concernant l’opposition de la France à la guerre en Irak, le président Chirac va s’affoler et multiplier des concessions inutiles, allant au-devant des sollicitations de Washington. Le retour au commandement intégré de l’Otan se fera en douce ; il ne restera plus qu’à l’afficher politiquement, ce qui sera chose faite dès le début du mandat de Sarkozy.

Paris appuiera ainsi les sanctions contre la Syrie promulguées par le Congrès américain par le biais du Syrian Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act en décembre 2003. La France sera en quelque sorte chargée de « gérer » pour le compte de Washington le dossier de la détérioration programmée des relations avec Damas. Le levier libanais (à la suite à l’assassinat du premier ministre Rafiq Hariri, ami de Chirac) sera utilisé pour convaincre Paris d’assurer cette mission : jusque-là assez bonnes, les relations franco-syriennes vont dès lors se dégrader brutalement. Elles ne s’en remettront pas, malgré une brève embellie sous l’ère Sarkozy.

La pénétration du courant néocon s’accompagne d’une opération de casse menée contre les diplomates du Quai d’Orsay, tenu pour pro-arabe : le cadre d’Orient, les arabisants et les islamisants en premier lieu sont ciblés. Cette offensive qui ne dit pas son nom emprunte deux biais : on disperse les experts de la région dans des zones géographiques éloignées du monde arabe, et on recrute pour les postes clés des énarques et technocrates formatés. À cela s’ajoute les saignées budgétaires consécutives et incessantes, le recours à des contractuels, l’ubérisation, autant d’éléments qui ont définitivement sapé notre action diplomatique et notre rayonnement à l’international. Au vu de l’ampleur des missions d’un « Département » (comme on l’appelle), régalien par excellence, le budget du ministère des Affaires étrangères a toujours été relativement modeste, ne dépassant pas 1 % du PIB. Depuis un quart de siècle, on ne parle plus que d’austérité !

Qu’est-ce qui motive les diplomates néocons de la « secte » du Quai d’Orsay à poursuivre cette politique, selon vous ?
Le suivisme, l’atlantisme et le sionisme, qui sont pour ainsi dire synonymes.

Dans le cas du dossier nucléaire iranien, l’équipe de Laurent Fabius n’était-elle pas motivée par la défense de l’intérêt national en freinant des quatre fers l’acquisition de la bombe par Téhéran qui affaiblirait les positions de la France dans la région ?
Non. Cela faisait partie des rôles délégués à la France et aux Européens par Washington. Le dossier du nucléaire iranien, dont le programme remonte à l’époque du chah, a été fabriqué par les ancêtres des neocons américains dans le cadre du projet « Atome pour la paix ». Il avait toujours fait l’objet de l’unanimité nationale en Iran ; tout le monde trouve ça très bien et personne en Occident n’y a trouvé à redire jusqu’à la révolution islamique. Le dossier a ressurgi dans la foulée de l’occupation de l’Irak. Après la guerre irano-irakienne (politique du double endiguement), puis la première et la seconde guerre d’Irak qui ont mis ce pays à terre, les États-Unis ont délégué à la France, au Royaume-Uni et à l’Allemagne la gestion du dossier. En cela, il me semble que l’ancien président Khatami s’est engouffré dans un piège, d’où la rupture actée par son successeur Ahmadjinehad.

En 2006, le dossier est transféré de l’Agence internationale de l’énergie atomique au Conseil de sécurité des Nations unies, dont les cinq membres permanents sont des « puissances nucléaires légales ». Ce qui va accentuer la pression sur Téhéran et dévoiler les objectifs cachés de la « négociation nucléaire ». La signature de l’accord « historique » en juillet 2014 n’a pas réglé le différend de fond entre l’Iran et ses quatre interlocuteurs occidentaux (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne).

Les néoconservateurs sortent-ils fragilisés par l’élection de Donald Trump ?
Non, au contraire, car il est leur meilleur représentant. Trump s’est fait élire sans le soutien des élites. Mais une fois au pouvoir, il ne peut se contenter de l’appui des cowboys ou des mormons. Or, depuis des lustres, les élites américaines, tous partis confondus, sont néoconservatrices. Trump a dû aller puiser dans le même réservoir où aurait pioché Hillary Clinton (État profond, Goldman Sachs…) si elle avait été élue. Trump n’a pas d’autres choix que d’obtempérer aux desiderata de l’État profond américain. Il suffit de voir ses choix en ce qui concerne ses ministres et collaborateurs (au sein de l’establishment) et ses décisions, notamment en politique étrangère. En Syrie et Russie, par exemple.

En France, l’atlantisme et le sionisme sont désormais les deux mamelles des néocons. Cette adhésion a commencé avec Chirac, puis s’est finalisée avec Sarkozy qui parlait de « retour au bercail » pour justifier la réintégration pleine et entière de nos forces au sein du commandement intégré de l’Otan. Pour ce qui est de Hollande, je ne vous apprends rien en vous disant que les socialistes ont un ADN européiste, sioniste et colonialiste qui remonte au minimum à Guy Mollet (sous la IVe République). Ce n’est nullement une légende. Durant son deuxième mandat, Mitterrand aura cette déclaration de fossoyeur : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir. » Petit à petit, cette idée a gagné du terrain au Quai d’Orsay et dans « l’État profond », y compris à l’Université, sensible aux sirènes de l’Amérique, de l’Europe, de l’Otan, de la globalisation et de ses succursales diverses.

On a bien vu dans la campagne présidentielle française que l’Europe était relayée à un rang subalterne. Un grand nombre de candidats ont rivalisé dans leurs discours prosouverainistes. Cet idéal vend-il encore ?
L’Europe n’est pas une idée populaire, contrairement à ce qu’affirment les illusionnistes du « rêve européen ». Les candidats ont souvent promis de « renégocier » les traités européens, ce qui est un leurre à usage électoral. À toutes les élections, on nous a fait la même promesse. De mon point de vue, l’Europe est la prison de la France. Ce n’est pas nous qui décidons. Allons même plus loin : nous nous indignons que les décisions nous concernant soient prises à Bruxelles, alors qu’en réalité c’est en Amérique que tout se décide. Nos élites du mainstream se satisfont de ce statut de « territoire » à la Massachusetts, auquel la France a été réduite. Mais alors, à quoi bon payer et entretenir cette administration bruxelloise tentaculaire et si onéreuse qui prend ses ordres à Washington ?

La réédition de votre livre connaît un vif succès. Pourtant, vos détracteurs ne vous épargnent pas dans la véhémence de leurs attaques…
Je reprends à mon compte ce proverbe chinois : « Quand le sage montre la Lune, l’imbécile montre le doigt. » J’écris en fonction de mes convictions. La thèse que je développe est bien documentée et rend compte des réalités, de l’enchaînement d’événements qui autrement resteraient incompréhensibles. Elle me semble beaucoup mieux acceptée et comprise en cet an VII de la « tempête sur le Grand Moyen-Orient » qu’il y a deux ans. En effet, rien dans les évolutions constatées n’est venu démentir ce qui était inscrit dans la première édition, au niveau du Moyen-Orient, du Grand Moyen-Orient de George W. Bush, au sein de l’islam et en ce qui concerne l’ordre du monde dont la mutation se dessine sous nos yeux. Autant de sujets qui font l’objet de mon ouvrage.

 

(1) Tempête sur le Grand Moyen-Orient, Michel Raimbaud, 2e édition enrichie et remise à jour, Éd. Ellipses, 716 p., 28 euros.

 

Le Royaume-Uni prêt à employer l’arme nucléaire en frappe préemptive, selon la Défense britannique

Source RT en français

24 mai 2017

https://francais.rt.com/international/37553-royaume-uni-pret-employer-arme-nucleaire-preemptive-selon-defense-britannique

 

Note liminaire du responsable du blog

La paix mondiale menacée

 

L’équilibre de la terreur a régné pendant la plus grande partie de la Guerre froide entre l’OTAN et le Pacte de Varsovie, en tout cas de 1962 à 1989. Il a été théorisé par les stratèges américains et baptisé MAD (Mutual Assured Destruction) par John von Neumann, mathématicien et physicien américano-hongrois qui aimait inventer des acronymes polysémiques. En effet, en anglais mad veut dire “fou”.

Dès l’origine, certains stratèges du Pentagone ont entrepris d’interminables simulations sur ordinateurs pour, sinon dépasser, du moins contourner cet équilibre de la terreur et pour conjurer le MAD qu’ils tenaient pour une malédiction. Après l’effondrement de l’URSS, ou plus précisément, depuis le  début des années 2000, les stratèges américains considèrent désormais le MAD comme dépassé car ils estiment qu’une attaque nucléaire préemptive (donc préventive) des sites nucléaires ennemis permettrait de “neutraliser” ce dernier. Cette perspective est au centre des prétentions hégémoniques mondiales chères aux néo-conservateurs américains tant démocrates que républicains. L’article ci-dessous montre que la démangeaison nucléaire n’affecte pas que les stratèges et les néo-cons américains.

               Ivo Rens

 

 

D’après Michael Fallon, le feu nucléaire pourrait être employé sans attendre que le Royaume-Uni ne soit attaqué. Le ministre de la Défense a tenu ces propos au moment où les travaillistes discutaient du maintien de la dissuasion nucléaire.

 

Le Royaume-Uni est prêt à effectuer une frappe nucléaire préemptive, a rapporté le 24 avril le journal The Independent, citant le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon.

«Nous avons clairement exprimé qu’il n’était pas envisageable d’écarter l’utilisation des armes nucléaires en tant que frappe initiale dans les cas de figure les plus extrêmes», a également expliqué le ministre de la Défense à la BBC. Il a néanmoins refusé d’expliciter ce qu’il entendait par situations «extrêmes».

Le porte-parole du Premier ministre britannique a, par la suite, souligné, qu’il n’y avait «pas lieu d’être en désaccord avec ce que le ministre de la Défense avait déclaré». Une opération préemptive consiste en une action immédiate sur la base de preuves indiquant qu’un ennemi est sur le point de vous frapper.

Les propos de Michael Fallon ont été tenus alors qu’au même moment le  Parti travailliste britannique, l’opposition au sein de la Chambre de communes, se divisait sur l’avenir du système britannique de dissuasion nucléaire. Son leader, Jeremy Corbin, a par exemple déclaré le 23 avril qu’il n’autoriserait jamais l’utilisation des armes nucléaires, raison pour laquelle il ne souhaite pas inclure le renouvellement du système de dissuasion Trident dans le programme électoral du parti.

 

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Lire aussi : Londres aurait couvert l’échec d’un essai de missile balistique Trident près de la côte américaine

 

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La prise de position de Jeremy Corbynn a immédiatement suscité une levée de boucliers de la part de certains responsables travaillistes, à quelques semaines des élections législatives anticipées.

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Lire aussi : Deux tiers des Britanniques prêts au lancement d’une frappe nucléaire qui tuerait 100 000 civils

 

 

 

 

 

Investir dans la paix, pas dans la guerre

(Communiqué de STOPNATO.ORG )

Toute la semaine du 21 au 26 mai 2017, le mouvement de la paix organise

son contre-sommet de l’OTAN

Ce 25 mai 2017, les dirigeants de l’OTAN seront à Bruxelles pour le sommet de l’OTAN et l’inauguration du nouveau siège de l’alliance. Le mouvement de la paix national et international organise un contre-sommet toute cette semaine. Il appelle à participer à la manifestation #TrumpNotWelcome du 24 mai, à la conférence internationale pour la paix le 25 mai, aux différentes actions directes non-violentes et aux activités organisées en marge du « Peace camp ».
Le président américain Donald Trump a annoncé des investissements publics à hauteur de 54 milliards $ dans l’équipement militaire américain. Il met les États européens sous pression pour qu’ils fassent de même. L’augmentation du budget de la défense à 2% du produit intérieur brut sera sans aucun doute l’un des principaux points à l’ordre du jour du sommet. Des dépenses qui représentent environ 130 milliards d’euros pour les années à venir.

Le mouvement de la paix veut montrer son opposition à cette militarisation sans cesse grandissante. Il veut rappeler que la paix se construit en investissant massivement dans l’éducation, les soins de santé, la justice, la solidarité, la préservation de l’environnement.

Le texte de l’appel du mouvement de la paix, est consultable ici.
Manifestation #TrumpNotWelcome – #NatoNotWelcome – mercredi 24 mai à 17h
Ce mercredi 24 mai à 17h, une large plateforme d’organisations appelle à manifester pour la paix, contre la guerre et la militarisation, contre l’OTAN, pour la préservation de notre planète et de notre environnement, pour la défense des droits des 99%, pour la lutte contre le sexisme, le racisme et les discriminations.
Le « bloc » StopNAT02017 pour la paix se rassemblera à 17 h au coin de la Tour Proximus (angle bd Simon Bolivar et bd Albert II)
Conférence internationale pour la paix: Stop NATO – jeudi 25 mai à partir de 09h
Ce 25 mai, parallèlement au sommet de l’OTAN qui aura lieu à Bruxelles, une journée de conférence est organisée au cours de laquelle des experts et militants nous immergeront dans les problématiques et les enjeux charriés par l’alliance transatlantique.

Ce « contre-sommet » débutera par une session plénière dans laquelle cinq experts aborderont certaines thématiques essentielles des agissements de l’OTAN : ses interventions militaires, les dépenses en armement, les tensions avec la Russie, les armes nucléaires et la lutte contre le terrorisme.

Différents ateliers seront proposés ensuite. Ceux-ci permettront des échanges plus fournis entre participants autour de thématiques comme les médias et la guerre, l’élargissement de l’OTAN à l’Est, le commerce des armes et l’industrie militaire ou encore la militarisation de la Méditerranée. Deux « sessions spéciales » approfondiront deux thématiques particulières : les armes nucléaires en Europe et la norme OTAN des 2% du PIB dans la défense et l’armement. Une troisième « session spéciale » proposera la diffusion du film « Shadow world » sur le commerce des armes, suivie d’un débat avec le réalisateur et l’auteur du livre à la base du documentaire.

La conférence aura lieu à l’Institut Libre Marie Haps, rue d’Arlon 11, 1050 Bruxelles.

 

« Peace Camp », « Peace rally », actions directes non-violentes et activités culturelles – 21 au 26 mai
Le sommet de l’OTAN représente une occasion unique d’échanges et d’actions. Du dimanche 21 au vendredi 26 mai, des infrastructures sont mises à la disposition des participants nationaux et internationaux au contre-sommet pour séjourner, se rencontrer, participer à des échanges et débats (notamment avec des représentants du mouvement américain « Standing Rock »), se former à la désobéissance civile et prendre part à des actions directes non-violentes (des informations sont disponibles ici, pour le peace camp. Et ici, pour l’appel à actions).

En outre, le jeudi 25 mai dès 11h, un « Peace Rally » (rassemblement pacifique), sera organisé rue de la Fusée, à deux pas des nouveaux bâtiments de l’OTAN. Celui-ci se veut un espace de libre expression sur le refus de l’OTAN, des guerres, des armes nucléaires, du commerce des armes, des conséquences désastreuses qu’ils occasionnent sur les populations, l’environnement,… Au programme : ateliers informatifs, concert du groupe « Comme un Lundi », nouvelles en direct, workshops,…

Contact presse Samuel Legros (CNAPD)

Samuel.legros@cnapd.be

0484/64.57.92

 

 

A nouveau, la guerre se profile

par Eberhard Hamer

professeur d’économie politique

Source : Arrêt sur info du 16 mai 2017-05-16 http://arretsurinfo.ch/a-nouveau-la-guerre-se-profile/

Source originale : Horizons et Débats, Zurich, 15 mai 2017

http://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2017/no-11-15-mai-2017/a-nouveau-la-guerre-se-profile.html

 

Nous sommes dans une situation de danger de guerre la plus élevée depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi n’y a-t-il actuellement pas de marches pour la paix, d’appels pour la paix dans les médias comme dans les années cinquante et soixante? Les réseaux américains qui ont fait chanter Trump et qui ont provoqué ou exploité un incident de guerre, pourraient être assez forts pour provoquer une troisième guerre mondiale. 70 ans de paix semblent nous avoir rendus insouciants. Mais entre-temps, je suis davantage préoccupé par la menace de guerre que par un crash financier.

 

L’ordre donné par le président américain Donald Trump à la flotte méditerranéenne américaine d’attaquer un aéroport syrien a surpris le monde. Jusqu’à présent, Trump était – à l’inverse d’Hillary Clinton ayant annoncé, lors de sa campagne électorale, vouloir entrer ouvertement en guerre en Syrie et en Ukraine – un garant pour la paix. Le fait qu’il ait si soudainement changé de position réside en des raisons de politique intérieure:

 

  • La haute-finance américaine et son industrie de pétrole veulent – ensemble avec le Qatar – exclure les Russes (Gazprom) du transfert de pétrole par la Syrie vers la Méditerranée et exploiter elles-mêmes un gazoduc menant du Qatar à la Méditerranée. Cela n’est possible que sans Bachar el-Assad. Mais ce dernier s’est arrangé avec les Russes pour conserver la priorité de Gazprom, mais aussi en leur offrant la possibilité d’installer une base militaire sur la côte méditerranéenne. La puissante haute finance n’abandonne donc pas ses projets, même sous Trump, et ne peut les imposer qu’en éliminant Assad.
  • L’industrie d’armement américaine a financé la campagne électorale de Clinton avec 7,5 milliards de dollars en échange de son accord à se soucier des ventes de matériaux d’armement par une guerre contre la Russie. Aucun président ne peut résister à la pression de la toute puissante industrie d’armement, car elle représente 70% du stock de capitaux de l’économie nationale américaine. Quiconque veut créer un boom économique aux Etats-Unis doit s’occuper à créer des commandes pour l’industrie d’armement, donc provoquer la guerre entre ceux qui utilisent des armements américains.
  • Certaines parties de l’armée américaine croient à l’obligation de confrontations militaires avec la Russie et la Chine pour que les Etats-Unis puissent sauvegarder leur empire du dollar. Après l’élection présidentielle, elles ont traqué tous les collaborateurs de Trump ayant eu des contacts avec la Russie, pour ainsi pouvoir à nouveau présenter la Russie comme l’ennemie principale des Etats-Unis. Par l’attaque contre un allié de la Russie, ils veulent – tant que les Etats-Unis sont encore les plus forts – provoquer une confrontation avec la Russie.
  • La guerre pourrait également représenter la dernière issue pour les Etats-Unis afin d’empêcher le crash financier imminent. Les Etats-Unis sont endettés à hauteur de plus de 20 billions de dollars, ont chaque année plus de 600 milliards de dépenses militaires et des déficits permanents de commerce extérieur. Ils se trouvent donc avec leur empire mondial du dollar devant l’effondrement.
  • Deux fois déjà, les Etats-Unis ont utilisé une crise économique par un boom de l’armement dans deux guerres mondiales pour la montée à l’hégémonie mondiale. Cette fois aussi la direction américaine pourrait tenter de prévenir le crash imminent par une guerre, la guerre employée comme dernière issue de secours pour tenter de prévenir le crash garanti.

Après la victoire de Trump, nous croyions être protégés d’une aventure militaire des Etats-Unis. Cependant au cours des dernières semaines, tout a changé. Les agressions des va-t’en-guerre en politique intérieure semblent si puissantes, que le président est obligé de s’y soumettre – c’est-à-dire que les Etats-Unis et leur OTAN menacent le monde d’une guerre imminente.

Jusqu’à présent, il n’est pas prouvé qui a perpétré l’attaque au gaz toxique en Syrie: Assad – comme l’affirment les Américains – ou les rebelles dirigés par les Etats-Unis – comme l’affirment les Russes. Le fait que les réels dirigeants du pays aient immédiatement forcé le président à agir et que les gouvernements satellites européens, sous la conduite de Mme Merkel, aient émis des serments de fidélité et aient condamné Assad avant qu’une quelconque preuve soit établie, ressemble étrangement au début de la guerre contre l’Irak (action sous fausse bannière ou False Flag Operation).

Nous sommes dans une situation de danger de guerre la plus élevée depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi n’y a-t-il actuellement pas de marches pour la paix, d’appels pour la paix dans les médias comme dans les années cinquante et soixante? Les réseaux américains qui ont fait chanter Trump et qui ont provoqué ou exploité un incident de guerre, pourraient être assez forts pour provoquer une troisième guerre mondiale.

70 ans de paix semblent nous avoir rendus insouciants. Mais entre-temps, je suis davantage préoccupé par la menace de guerre que par un crash financier.

Sur la même page de Horizons et débats du 15 mai 2017 on peut lire aussi.

Les négociations pour l’interdiction des armes nucléaires doivent être renforcées 

Le danger d’une guerre nucléaire en Europe augmente

  1. rt. C’est un secret de Polichinelle que le risque de l’engagement d’armes atomiques et donc d’une guerre nucléaire augmente depuis quelques années de mois en mois. Un déclencheur possible pourrait être des «événements» en Corée du Nord, en Syrie ou en Ukraine.
    Depuis plusieurs mois, on peut observer des déplacements continuels d’armes, de matériaux de guerre et de soldats dans les pays limitrophes de la Russie. Régulièrement l’OTAN effectue des manœuvres à la frontière de la puissance atomique qu’est la Russie, le réarmement militaire est ostensible. Les tensions sont intensifiées sciemment. Ce développement correspond entièrement avec l’annonce récente du vice-ministre polonais de la Défense Michal Dworczyk, déclarant vouloir former militairement les élèves du pays et créer dans ce but 300 nouvelles écoles militaires. En outre, on prévoit d’augmenter massivement les forces armées et le budget de la défense (cf. dpa du 26/4/17). Des développements similaires ont lieu tant dans les Etats baltes que dans les Etats scandinaves. L’invitation du vice-président américain Mike Pence, lors de la Conférence de sécurité de Munich en février, demandant à tous les membres de l’OTAN d’augmenter leurs dépenses pour la défense était catégorique.
    Une source de tension demeure dans le conflit toujours irrésolu entre l’Ukraine et la région du Donbass. Depuis son début en février 2014, ce conflit est constamment attisé de l’extérieur. Apparemment, on veut empêcher une solution politique, malgré l’intervention de OSCE et les négociations du Format Normandie. Aucun pays européen n’est intéressé à ce que la situation s’aggrave davantage.
    Si l’on s’imagine une soudaine aggravation d’un conflit dans cette région ou une première frappe préventive d’une puissance nucléaire, alors l’engagement d’armes nucléaires tactiques et stratégiques est probable. Le pas vers une rétorsion nucléaire pourrait en être la conséquence. En Europe, il y a des armes atomiques prêtes à l’usage stationnées en Russie, en France, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique, en Turquie et en Italie. 90% des armes atomiques du monde entier se trouvent sous commandement russe ou américain.
    Les effets globaux d’un engagement de bombes nucléaires sont connus depuis longtemps: retombée radioactive sur le globe entier, hiver atomique, contamination pour plusieurs millénaires, transformations du matériel génétique et finalement destruction de toute vie humaine sur terre. Depuis 1945, l’humanité lutte, à cause de ces terribles conséquences, pour le bannissement et l’abolition des armes nucléaires.
    Les effets d’une guerre nucléaire – même «locale» – frapperont tous les êtres humains partout au monde.
    Face à cette situation toute personne de bonne volonté – chaque citoyen américain, chaque détenteur de titres de multinationales de l’armement, chaque collaborateur dans le domaine militaire ou chaque politicien – est appelée à avoir le courage de se servir de sa propre raison et d’en tirer les conséquences logiques.
    Etant donné qu’une guerre nucléaire concerne tout être humain dans son existence, il faut trouver des solutions de toute urgence. Un conflit comme en Ukraine doit être résolu, soit par des négociations bilatérales ou multilatérales, soit par diverses mesures de rétablissement de la paix ou par l’intervention des casques bleus de l’ONU.
    La Suisse peut utiliser sa neutralité, pour renforcer sa politique fort utile de médiation et de négociation et d’offrir ses bons offices. Pendant sa présidence de l’OSCE, la Suisse a agi de manière crédible et constructive dans le conflit de l’Ukraine.    •

Préparations pour un champ de bataille nucléaire en Europe?

  1. rt. Lors du Sommet de l’OTAN de 1997 à Madrid, les Etats de l’ancien Pacte de Varsovie, dont la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie ont été invités à des négociations d’adhésion. En 1999, la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie ont adhéré à l’OTAN.
    Lors du Sommet de Prague en novembre 2002, l’OTAN a invité la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie à entamer des négociations d’adhésion. En 2004, ces pays ont adhéré à l’OTAN.
    Lors du Sommet de Bucarest en avril 2009, l’adhésion de l’Albanie et de la Croatie fut officiellement décidée. Les candidats, auxquels on a offert des négociations d’adhésion sont entre autres la Géorgie et l’Ukraine.
    En 2010, les Etats-Unis ont annoncé l’in­stallation en Pologne, en Roumanie et en Turquie d’un bouclier antimissile contre l’Iran. Malgré tous les démentis, on savait que l’in­stallation de ce bouclier ne se dirigeait guère contre l’Iran, mais qu’il sert uniquement à mettre hors fonction la dissuasion nucléaire de la Russie.
    Une ligne géostratégique avec un champ de bataille potentiel en Europe se profile.

Des faits nucléaires

  1. Il y a quelques faits très simples à prendre en considération depuis 1945:
    –    une guerre nucléaire ne peut être ni menée, ni gagnée,
    –    la contamination radioactive s’étend dans le monde entier,
    –    une partie de la radioactivité ne disparait qu’après plusieurs millénaires,
    –    la radioactivité touche chacun partout – mères, enfants, pères,
    –    Les Etats-Unis seront également affectés par une guerre nucléaire localement limitée,
    –    l’hémisphère Sud de la terre sera également contaminé.

Retrait de toutes les armes nucléaires de l’Allemagne

  1. rt. Un point dans l’accord de coalition pour la constitution du gouvernement allemand d’octobre 2009 (Merkel/Westerwelle) est la revendication d’un retrait des armes nucléaires de l’Allemagne:
    «[…] au cours de l’élaboration d’une conception stratégique de l’OTAN, nous allons nous employer au sein de l’alliance ainsi qu’envers nos alliés américains, du retrait des armes nucléaires se trouvant encore sur territoire allemand.»
    Cette promesse n’est pas encore remplie.