L’OTAN menace notre sécurité

par Gabriel Galice, Daniele Ganser, Hans von Sponek

 

Si vis pacem, cole iusticiam (Si tu veux la paix, cultive la justice)

Devise de l’OIT (Organisation internationale du travail)

 

L’OTAN regroupe en masse des troupes et des armes aux marches de la Russie. Nous tenons à exprimer notre inquiétude devant la propagande déformant la réalité des menaces pesant sur la paix. Cette propagande insidieuse fabrique des ennemis imaginaires pour justifier le surdéveloppement de dépenses militaires, des conquêtes de territoires ou de «parts de marché», des prises de contrôle d’approvisionnement énergétique et pour cor- roder la démocratie.

Non, la Russie n’est pas l’ agresseur et ne menace aucunement les Pays baltes, la Pologne ou la Suède. A l’implosion de l’URSS et du Pacte de Varsovie, la bévue stratégique des Etats-Unis et de leurs alliés a été de ne pas refonder l’architecture internationale de sécurité. Oubliée la Charte de Paris (1990) qui promettait la paix à l’Europe! Dans son livre «Le Grand échiquier – l’Amérique et le reste du monde», Zbigniew Brzezinski posait en 1997 la question de savoir s’il fallait intégrer la Russie dans l’OTAN et dans l’UE. Il finissait par privilégier la sécurité tactique sur la paix stratégique, non sans prévoir que cela déclencherait des réactions russes. Il préconisait l’intégration de l’Ukraine, l’un des cinq «pivots géopolitiques» de l’Eurasie, dans l’OTAN et dans l’UE. En 2010, Charles A. Kupchan, professeur à la Georgetown University, proposait d’intégrer les Russes dans l’OTAN.1 Oubliant la promesse des USA aux Russes, lors de la réuni cation allemande, de ne pas étendre l’OTAN à l’Est, les Occidentaux n’ont eu de cesse de repousser, d’encercler et d’ humilier les dirigeants russes successifs. Quoi que nous pensions du régime russe, le principal défaut de Vladimir Poutine (et de bien d’autres pays du monde), aux yeux des Occidentaux, est de cesser d’acquiescer aux volontés hégémoniques occidentales.

Après l’illégale guerre d’Irak, l’extension du nombre de pays membres de l’OTAN et l’expansion tout azimut de son aire d’action, le renversement du régime de Kadha en Libye, puis le coup d’Etat en Ukraine, auront été les lignes rouges déclenchant les ripostes russes et chinoises ayant déjà constitué l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) après le premier élargissement de l’OTAN. Il aura fallu les opérations en Libye et en Ukraine et l’appui de l’Occident (dès 2006, selon Time Magazine du 19/12/06) aux «rebelles» résolus à renverser le régime syrien, pour que les Russes soutiennent l’autonomie de la Crimée et interviennent militairement en Syrie.

Tandis qu’il est avéré que la CIA a surveillé l’ élection présidentielle française de 2012, que la NSA, espionne partout entre- prises, organisations et particuliers, la mode est d’imputer aux dirigeants russes une ingérence directe dans les élections américaines, françaises, allemandes.

Les pays européens renforcent leur alignement sur la politique étrangère des USA, embargo contre la Russie inclusivement. Le président François Hollande parachève la réintégration de la France dans le commandement militaire de l’OTAN, entamée par Nicolas Sarkozy.

Et les pays neutres? La Suède rétablit la conscription, ce au moment de la diffusion sur Arte d’un reportage édifiant intitulé «Guerre froide dans le Grand Nord».2 L’état major suédois manœuvrait naguère de concert avec l’OTAN et les Etats-Unis, ce à l’insu du gouvernement d’ Olof Palme qui préconisait la détente avec Moscou … et qui en mourut assassiné. L’adhésion de la Suisse au Partenariat pour la Paix (ou PpP) de l’OTAN vaut-elle neutralité? Daniele Ganser cite l’ancien ministre américain de la Défense William Perry: «La différence entre l’adhésion à l’OTAN et au PpP est plus ténue qu’une feuille de papier.»3 Des avions suisses survolent la Baltique aux côtés de chasseurs de l’OTAN.

Non, l’OTAN, devenue une alliance offensive, n’assure pas notre sécurité. Misons sur l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dialoguons avec la Russie et mettons en œuvre les articles 46 et 47 de la Charte de l’ONU, stipulant un comité d’état-major auprès du Conseil de sécurité.

Gabriel Galice, Président de l’Institut international de recherches pour la paix à Genève (GIPRI), auteur de «Lettres helvètes 2010–2014»

Daniele Ganser, historien et irénologue, auteur de «Les armées secrètes de l’OTAN» et «Illegale Kriege – Wie die NATO-Länder die UNO sabotieren»

Hans von Sponeck, ancien Secrétaire général adjoint de l’ONU

1 http://www.foreignaffairs.com/articles/russian- federation/2010-05-01/natos-nal-frontier

2 http://www.youtube.com/watch?v=Tv6IdWT2P8Q
3 Ganser, Daniele. Illegale Kriege – Wie die Nato-Länder die Uno sabotieren. Zurich 2017, p. 28

 

Articles 46 et 47 de la Charte des Nations Unies

Article 46

Les plans pour l’emploi de la force armée sont établis par le Conseil de sécurité avec l’aide du Comité d’état-major.

Article 47

  1. Il est établi un Comité d’état-major chargé de conseiller et d’assister le Conseil de sécurité pour tout ce qui concerne les moyens d’ordre militaire nécessaires au Conseil pour maintenir la paix et la sécurité internationales, l’emploi et le commandement des forces mises à sa disposition, la réglementation des armements et le désarmement éventuel.
  2. Le Comité d’état-major se compose des chefs d’état-major des membres permanents du Conseil de sécurité 
ou de leurs représentants. Il convie tout Membre des Nations Unies qui n’est pas représenté au Comité d’une façon permanente à s’associer à lui, lorsque la participation de ce Membre à ses travaux lui est nécessaire pour la bonne exécution de sa tâche.
  3. Le Comité d’état-major est responsable, sous l’autorité du Conseil de sécurité, de la direction stratégique de toutes forces armées mises à la disposition du Conseil. Les questions relatives au commandement de ces forces seront réglées ultérieurement.
  4. Des sous-comités régionaux du Comité d’état-major peuvent être établis par lui avec l’autorisation du Conseil de sécurité et après consultation des organismes régionaux appropriés.

Adieu la Suisse !

par Roger Koeppel
Editorial de la Weltwoche
23 mars 2017
Source : http://lesobservateurs.ch/?p=222242&preview=true

(Nous n’avons pas d’affinités avec l’UDC  dont Roger Koeppel est un des responsables. Mais si dans cet éditorial de la Weltwoche il avait raison, il faudrait que les citoyens en soient informés et que, toutes affaires cessantes, le souverain soit appelé à trancher. IR)

Le conseiller fédéral Burkhalter va jusqu’au bout. Soumission aux juges de l’UE sur toute la ligne.

Commençons par la triste réalité: le Conseil fédéral est sur le point de river la Suisse en parfaite santé à l’UE malade. Le projet semble tellement insensé qu’il ne viendrait à l’idée d’une personne raisonnable d’y croire. Et pourtant, c’est exact. Le Conseil fédéral veut arrimer la Suisse au navire-mère qui sombre, à la plaque continentale en état d’avarie politique qui pour une majorité des politiciens suisses signifie encore le monde. L’horizon de ces personnes qui se proclament «ouvertes au monde» commence et se termine avec l’UE. Leur ouverture au monde relève d’une étroitesse de vue limitée à un projet politique en passe d’échouer.
Non, ce n’est pas un mépris cynique envers l’énorme contribution à la paix de l’Union européenne. Nous les Suisses, nous reconnaissons le fait que les États européens après une guerre civile mondiale autodestructrice et dévastatrice, entre 1914 et 1945, ont pris par pur épuisement la décision raisonnable de mener sur un autre terrain leur concurrence politique que par l’anéantissement physique de leurs concurrents. Mais pour rester précis, ce n’est pas l’UE qui a rétabli la paix en Europe. Elle est au contraire le résultat d’une paix que les Alliés, en particulier les Américains sous la conduite du général Eisenhower, les Britanniques avec Churchill et les Russes sous le dictateur Staline, ont mis en œuvre au prix d’énormes sacrifices.
Mais tout le respect dû à l’UE n’est pas pour autant une raison pour la Suisse de se cacher. Lorsque je fais aujourd’hui une conférence devant des étudiants allemands à l’Université de Saint-Gall, je suis souvent sommé de dire en quoi la Suisse neutre et à l’écart, opportuniste et profiteuse, a contribué et contribue à la paix dans le monde. Ce reproche inclut l’affirmation implicite que seule la pleine adhésion à l’UE confère à un pays la consécration suprême d’œuvrer en faveur de la paix. Quiconque se tient à l’extérieur est immédiatement taxé de nationaliste, populiste, pervers avide de guerre, impatient de voir prochainement les États-nations libérés de l’UE recommencer à marcher au pas de l’oie les uns contre les autres.
Quelle est donc la contribution de la Suisse à la paix, chers amis allemands? Je vous le dis, l’énorme contribution à la paix de la Suisse réside dans le fait qu’elle n’a pas engagé une seule guerre depuis plus de 500 ans. En optant pour la voie de l’indépendance au cours de l’histoire, un chemin nécessairement ardu, nous avons plus fait pour la paix que tous les apôtres européens de la paix dont l’UE à l’époque de la politique économique de la dette, de la débâcle migratoire et d’un euro mal ficelé génère plus de conflits que de paix.
Revenons-en au Conseil fédéral et à son désir déraisonnable, je dirais presque contre nature, de rattacher la Suisse à l’UE. Nous avons souvent écrit dans ces colonnes sur les projets funestes de l’«accord-cadre». Les faits sont de notoriété publique: depuis 2008, l’UE souhaite que la Suisse signe un accord auquel la Suisse telle que nous la connaissons ne survivrait pas. La Suisse devrait à l’avenir reprendre automatiquement le futur droit communautaire dans toutes les relations contractuelles avec l’UE, c.-à-d. dans de nombreux domaines importants de la politique économique. En cas de conflit, la Cour de justice européenne (CJUE) trancherait. À la demande des juges européens, l’UE serait autorisée à sanctionner la Suisse en cas de non-respect des directives européennes. Ces sanctions s’appellent dans la novlangue du Conseil fédéral «mesures compensatoires», mais ce sont bien des sanctions. Cet accord serait un suicide pour la Suisse. Notre État est basé sur le principe fondamental de l’autodétermination des citoyens, sous l’autorité de ses propres juges. L’importation directe de lois étrangères, ainsi que de juges étrangers, nous ramènerait avant le Pacte fédéral de 1291, l’acte de naissance officieux de la Suisse.
Le Conseil fédéral a-t-il perdu la tête? Ou bien Burkhalter, notre ministre des Affaires étrangères, fervent promoteur de l’accord ne remarque-t-il pas à quoi il s’engage? La deuxième éventualité est probablement la bonne. Jusqu’à présent, la ligne éditoriale à Berne était: l’accord a été négocié à 80 pour cent, mais les 20 pour cent restants ne sont pas acquis. Pas de panique! N’écoutez pas la paranoïa des adversaires de l’UE! La Suisse reste ferme! Si c’est ainsi, pas d’accord! Burkhalter a assuré dans d’innombrables interviews qu’avec lui il n’y aurait pas d’accord avec des juges étrangers ni reprise automatique ni sanctions. Comme le montrent des documents internes et comme des diplomates de premier plan m’en ont personnellement assuré, tout ceci est maintenant lettre morte. Le Conseil fédéral est disposé à faire aboutir le pire accord de l’histoire de la Confédération.
Burkhalter s’est pratiquement soumis à l’UE: il dit oui au traité qui lie la Suisse. Il dit oui à la reprise du droit étranger. Et il dit oui à l’autorité suprême des juges européens. Adieu la Suisse! Le seul point controversé reste l’étendue des sanctions européennes si les Confédérés devaient s’opposer aux directives importées de l’UE. Métaphoriquement parlant, Burkhalter s’est ficelé, et la Suisse avec lui, au poteau de torture. Il ne reste plus maintenant qu’à convenir sur quelles parties du corps et avec quelle intensité s’abattra le fouet de l’UE. L’indépendance de la Suisse est réduite au dernier niveau masochiste de régression: participer à la décision de la peine que l’UE pourra infliger pour imposer sa volonté à la Suisse.
S’imaginer que Burkhalter, ce visionnaire européen neuchâtelois, est le seul au Palais fédéral à porter ces idées est une erreur. L’ambitieuse présidente de la Confédération, Doris Leuthard, fait actuellement la tournée des commissions indiquant que la Suisse devrait absolument conclure un accord énergétique avec l’UE – cet accord ouvrirait de fait la voie à l’automaticité institutionnelle de la reprise du droit européen. Étant donné que Leuthard a placé tout en haut de son agenda la résolution des «questions institutionnelles» lors de l’adresse de ses vœux en début de l’année présidentielle, on peut supposer qu’aujourd’hui une majorité au Conseil fédéral – Burkhalter, Leuthard et les deux socialistes – veut l’accord-cadre. La destruction de la Suisse en tant que forme de gouvernement par l’autodétermination du peuple suisse dans le cadre de son État de droit indépendant est scellée. Seul le peuple peut stopper ce Conseil fédéral au service de l’UE.
L’UE, quant à elle, exulte. Elle voit ses souhaits près de s’exaucer. Dans ses «conclusions» sur les relations entre l’UE et la Suisse, le Conseil de l’UE, l’organe législatif suprême, avec une arrogance typiquement enjouée dresse le bilan suivant: «Le Conseil souligne que l’UE et la Suisse partagent le point de vue que les négociations sur un cadre institutionnel doivent aboutir le plus rapidement possible. La conclusion de cet accord permettra au partenariat global entre l’UE et la Suisse de pleinement déployer son potentiel».
Nous attendons avec impatience le «plein déploiement du potentiel» du chômage européen des jeunes, des marchés du travail sabotés et de l’immigration sans limite qui cause déjà tant de difficultés à la Suisse. L’UE a publié dès le 28 février dernier l’avis de mise en œuvre. Le Conseil fédéral a-t-il au moins rejeté par courrier cette insolente mainmise ou y a-t-il réagi autrement? Jusqu’à présent, on n’a pas entendu Berne piper mot. Peut-être que Burkhalter, notre ministre du rattachement, sable déjà le champagne dans son bureau.

Le Temps dans la guerre contre la “désinformation russe”

par

Ivo Rens

5 janvier 2017

 

L’OTAN et l’Union européenne s’inquiètent toujours plus de l’influence croissante de la Russie dans le monde de l’information. Mais jusqu’ici, ces instances ont été impuissantes à remédier à ce que les dirigeants occidentaux tiennent pour une fâcheuse dégradation de l’opinion publique.

 

“Tandis que le modèle journalistique traditionnel des pays d’Europe occidentale traverse de graves difficultés économiques, les médias russes gagnent toujours plus de terrain. A la botte du Kremlin et régis par une organisation verticale quasi militaire, ils proposent un nouveau type de journalisme qui s’inscrit dans une stratégie générale de désinformation de l’opinion publique.” C’est par cette mise en contexte que débute un article intitulé “la nouvelle désinformation russe” paru dans Le Temps du 17 juin 2016, et dû au talent de Luc Maffre, politologue.

Pour cet auteur, il est évident que l’ennemi russe a succédé à l’ennemi soviétique auquel il emprunte ses méthodes de désinformation, mutatis mutandis. Le succès des nouveaux médias russes s’expliquerait par leur habile utilisation de fausses rumeurs, par la dérégulation du marché de l’information due à la Toile et par le recours à des personnalités charismatiques comme Julian Assange et Edward Snowden.

Dans un Editorial et un article de fond parus dans Le Temps du 28 décembre 2016, Frédéric Koller surenchérit sur cette thématique. Citant un responsable de l’OTAN, il affirme que, “avec des médias traditionnels, les réseaux sociaux, des SMS et des trolls, la Russie, comme l’Etat islamique, tente de décrédibiliser les processus démocratiques.” Selon Frédéricc Koller, il ne s’agirait pas seulement de désinformation, mais d’une guerre hybride, “mélange d’opérations de terrain, de piratage informatique et de désinformation” en partie pilotée par le Kremlin, dans le but d’affaiblir l’Union européenne et l’OTAN en divisant leurs membres afin d’avantager les intérêts de la Russie. On serait donc bien en présence d’une stratégie militaire.

Les médias russes nommément visés sont Russia Today (RT) et Sputnik. Selon Koller et Maffre le Kremlin miserait, en Occident, sur le concours des partis et mouvances d’extrême droite et pourrait être intervenu aux Etats-Unis dans l’élection inattendue de Donald Trump. L’OTAN et l’Union européenne auraient bien tenté d’amorcer des stratégies de résistance, mais sans grand succès en raison des pièges inhérents à la contre-propagande. En définitive, conclut Frédéric Koller, “face à la propagande pilotée par le Kremlin avec de très gros moyens, on doit s’en remettre à la presse libre. C’est notre force et notre faiblesse”…

 

La faiblesse à laquelle songe l’auteur serait due à la crise du “modèle journalistique traditionnel” pour reprendre l’expression de Luc Maffre. Mais en réalité, elle est autrement plus profonde qu’il le croit car elle réside dans la servilité des Etats membres tant de l’UE que de l’OTAN et de nombre de journalistes occidentaux envers la ligne du politiquement correct que définissent les Etats-Unis et que propagent notamment les grandes agences de presse occidentales.

Frédéric Koller et Le Temps en sont des exemples frappants. Voilà un journaliste suisse s’exprimant dans un quotidien suisse qui, à aucun moment, ne songe à tirer avantage de sa situation de ressortissant d’un pays neutre n’appartenant ni à l’OTAN, ni à l’UE, bien qu’enclavé dans l’une et l’autre, pour prendre du champ par rapport au politiquement correct de ces deux instances.

Comme Luc Maffre, Frédéric Koller identifie implicitement la Russie à la défunte Union soviétique et fait l’impasse sur l’histoire des relations internationales intervenue depuis 1991. Or, n’est-ce pas les Etats-Unis et l’OTAN qui ont violé la Charte des Nations Unies et le droit international en entrant en guerre contre la Yougoslavie en 1999 ? Les Etats-Unis n’ont-il pas violé le droit international dans pratiquement tous les conflits qu’ils ont déclenchés depuis lors, notamment contre l’Irak en 2003 et contre la Lybie en 2011 ? Avec d’autres Etats membres de l’OTAN et du Golfe persique, n’ont-ils pas contrevenu au droit international dans les événements de Syrie en appuyant les “rebelles” et en les armant ? N’ont-ils pas fomenté le coup d’Etat en Ukraine en février 2014 ? N’ont-ils pas invoqué leur vocation exceptionnelle à diriger un monde unipolaire ? Pourquoi donc faire de la Russie le bouc émissaire ?

Quand des journaux se permettent, dans toutes circonstances, de ne présenter à leurs lecteurs qu’une version des événements, celle des puissances dominantes du moment, et de la ressasser nonobstant les témoignages concordants qui la contredisent, il n’est pas étonnant que leurs lecteurs les abandonnent progressivement. Et l’on ne prend pas grand risque en pronostiquant que leurs annonceurs les suivront tôt ou tard !

Au surplus, il y a, nous semble-t-il, à tout le moins une coupable légèreté à invoquer la stratégie militaire et la guerre de la désinformation prétendument menée par la Russie dans un contexte de relations internationales tendues au point que, depuis les présidences de G.W Bush et de Barack Obama, un conflit nucléaire apparaît malheureusement de moins en moins “impensable”.

 

 

 

 

 

 

 

Reconnaître les signes du temps

Allemagne: nouvelle stratégie de protection civile
L’Allemagne se prépare-t-elle à la guerre?

Conséquences pour la Suisse

Horizons et débats /Zeit-Fragen, Zurich
6 septembre 2016

rl./me. Le 24 août, Mr Thomas de Maizière, ministre des Affaires intérieures de la République fédérale a proposé au Cabinet un plan d’action qui, depuis 2012, a été élaboré dans le cadre d’une «Conception de défense civile». Ces propositions ont été acceptées par le Cabinet. C’est très tard que le gouvernement allemand assume sa responsabilité de mettre en route une stratégie de protection civile. Cette stratégie fait partie d’une stratégie de défense globale («Rahmenrichtlinien für die Gesamtverteidigung» {RRGV}), dans laquelle est intégrée également la «Konzeption der Bundeswehr» (KdB).
L’Allemagne se prépare-t-elle à une guerre future? Depuis la fin de la guerre froide, c’est la première fois qu’officiellement, on ne prend en considération pas seulement des attaques terroristes et électroniques, mais aussi une situation de guerre. Mais il faut voir la publication actuelle aussi comme un élément des préparatifs psychologiques à grande échelle pour une future guerre. Cette démarche de politique intérieure s’inscrit dans la politique d’alliance de l’Allemagne en tant que «vassal fidèle» de Washington.
Ceci a des conséquences sur la politique actuelle de la Suisse.
Propositions concrètes
Dans la «Conception de défense civile», du Ministère des affaires intérieures du 24 août, on lit en détail, sur 70 pages, des mesures de préparation civile pour le cas d’une guerre (cf. http://www.bmi.bund.de/SharedDocs/Downloads/DE/Broschueren/2016/konzeption-zivile-verteidigung.pdf?__blob=publicationFile). Dans ce volumineux document, on trouve aussi des mesures à prendre en cas de contamination radioactive, biologique et chimique (p. 28) en cas de manque de main d’œuvre (p. 59) et de mesures de soutien aux forces armées (p. 60). Entre autres, il est proposé de
•    alerter la population avec un «effet réveil» en cas de danger en utilisant radio, télévision, sirènes, systèmes d’haut-parleurs, SMS et Internet – également dans les chemins de fer;
•    contrôler si les réserves en vaccins contre la variole et les réserves d’antibiotiques doivent être augmentées;
•    préparer l’installation de «centres de décontamination» devant les hôpitaux en cas d’attaques nucléaires, biologiques ou chimiques, pour traiter les blessés en dehors des hôpitaux;
•    préparer la mobilisation, dans un délai de 24 heures, d’un tiers des forces de l’Organisation de protection civile fédérale («Technisches Hilfswerk THW»), à la fois et sur tout le territoire;
•    établir une stratégie «Conception globale courant d’urgence» pour la République fédérale et pour les Länder, de sorte que l’agence fédérale du réseau électrique puisse, en cas de crise, décider de «l’interruption ou l’établissement en priorité d’installations vitales»;
•    instaurer des entrepôts de pétrole et d’essence à 140 endroits pour garantir un plein approvisionnement pendant 90 jours;
•    iscuter d’une «réserve de denrées alimentaires» au niveau fédéral et, en outre, miser sur la «responsabilité personnelle et les capacités de se protéger» de la population;
•    demander que tous les ménages, disposent d’une pharmacie d’urgence, de couvertures chaudes, de charbon, de bois, de bougies, de torches, de piles, d’allumettes, d’accumulateurs chargés et de réserves d’argent liquide (cf. Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung du 21 août).
Penser à des attaques par armes ABC
Une guerre avec l’utilisation d’armes atomiques, biologiques ou chimiques doit, à nouveau, être prise en considération. Concernant le nouveau rapport gouvernemental, Spiegel online déclare que «dans le document, une attaque contre le territoire de l’Etat n’est, indirectement, plus exclue». (21 août)
Depuis un certain temps, un conflit guerrier se dessine à l’horizon. Les Américains provoquent à outrance la Fédération de Russie. Au cours des derniers 25 ans, les Russes n’ont violé le droit international qu’une fois. Les Etats membres de l’OTAN l’ont fait souvent, notamment en Yougoslavie, en Irak, en Libye, en Syrie. Les révolutions de couleur, dirigées par l’OTAN, relèvent du répertoire standard. Les flux migratoires de ces derniers mois sont des opérations dirigées – et ne sont pas un hasard.
Depuis que la situation en Ukraine s’est aggravée suite à des interférences de l’extérieure (activités de diverses fondations américaines, tireurs embusqués «inconnus» puis un coup d’Etat), il y a des préparatifs, directement à la frontière russe, pour un conflit armé avec la Russie. Washington et l’OTAN ont fait avorter toutes tentatives d’une solution pacifique (Steinmeier, Hollande).
Le gouvernement allemand est fermement intégré à l’OTAN et continue de suivre les directives d’outre-Atlantique. Contrairement à la Loi fondamentale allemande, il est intégré depuis longue date dans des activités bellicistes. Lors du dernier sommet de l’OTAN à Varsovie, les Etats-membres ont été obligés de «renforcer leur résistance civile contre des menaces non conventionnelles» (Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, du 21 août). L’escalade est en cours.
Des années de préparatifs de guerre
Les grands médias allemands se sont alliés, depuis des années, à la stratégie de guerre des «atlantistes». Selon eux, la Russie, et en particulier le président russe, sont dotés, exclusivement, de caractéristiques négatives. On utilise les poncifs les plus primitifs pour créer et ancrer des préjugés. Ainsi, on saborde les solutions diplomatiques et pacifiques. Tout le monde sait que la propagande est un élément important de la préparation psychologique de toute guerre. Et cette propagande est devenue de plus en plus intense, ces dernières années.
Jouer avec le feu
Certains milieux, aux Etats-Unis, conduisent le monde vers une guerre, avec le but de rester l’«unique puissance mondiale», malgré un endettement impossible à rembourser. Pour commencer, le champ de bataille pourrait bien se situer en Europe. Les Etats-Unis eux-mêmes se trouvent devant des défis intérieurs difficiles (dettes de l’Etat, hélicoptère monétaire, appauvrissement des populations). En outre, une campagne électorale malpropre rend l’impossible possible. Le candidat Trump est opposé au «modèle d’affaire» basé sur la guerre. Donc, il est diabolisé. Hillary Clinton représente la combinaison de Wallstreet et du complexe militaro-industriel.
La Suisse rêve encore de l’UE et du PPP
La Suisse, encore obnubilée par de nombreux avantages imaginaires, se réveillera doucement de ses rêveries portant sur l’UE et le PPP (Partenariat pour la Paix). La portée des accords signés par une Suisse étourdie, devient évidente, devant le scénario d’une possible guerre. Notre pays est trop impliqué dans l’une des futures alliances bellicistes.
La Suisse doit se refuser aux factions bellicistes
En Suisse, des mesures politiques, économiques et de droit public doivent être entreprises. Sinon, le réveil sera terrible. Pour la politique, cela signifie d’adopter les mesures nécessaires pour que le pays puisse maintenir la neutralité dans le contexte international. Quels accords politiques et économiques avec d’autres Etats doivent être conclus pour garantir notre neutralité? Avec quelles mesures la sécurité des civils peut-elle être garantie en cas d’actes de guerre? Quelles mesures militaires sont nécessaires pour rendre crédible la neutralité? Mais, face à d’autres Etats, Didier Burkhalter doit parler franchement: la Suisse se refuse à la faction belliciste. La Suisse reste fidèle à la stratégie de la paix et du commerce.
Renforcer les forces politiques positives
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le conseiller fédéral Giuseppe Motta a fait sortir la Suisse de plusieurs obligations politiques ayant pu s’avérer dangereuses pour le pays. En politique intérieure, un accord entre les différentes tendances politiques au sein du Conseil national rendit possible la préparation à la guerre.
Aujourd’hui également, il est nécessaire de chercher des voies pour assurer notre avenir en cas d’un possible conflit armé tout en créant l’espace libre nécessaire pour une diplomatie de paix et d’éventuels bons services pour autrui. Ce ne sont pas uniquement les politiciens des différents camps politiques qui sont sollicités mais également toutes les personnes civiles. La Suisse a de la latitude, elle a un héritage et une mission. Des suiveurs, il y en a assez. Etre un modèle oblige.    •
Penser aux provisions domestiques
rl. Etes-vous préparés? Vos proches et vos voisins sont-ils préparés? Des provisions domestiques peuvent vous aider de surmonter des temps difficiles. A l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE), vous pouvez commander gratuitement diverses publications, par exemple le dépliant «Des provisions … providentielles» pour surmonter une pénurie de 7 jours (www.bwl.admin.ch) ou des informations comment réagir lors d’une panne d’électricité (www.bwl.admin.ch/dienstleistungen).
Outre les informations actuelles de l’OFAE – actualisées dernièrement et disponibles également sur les médias sociaux (cf. encadré) –, il vaut la peine d’étudier également les informations plus anciennes. Nous vous recommandons par exemple la liste des aliments contenue dans la brochure «Provision de ménage – Pour que l’éventualité ne devienne pas la fatalité» de l’OFAE parue en 1997. Cette liste contient les quantités nécessaires pour 15 jours. Dans cette brochure, vous trouverez également des informations concernant la gestion sensée des provisions.
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Alertswiss – un application pour réaliser son propre plan d’urgence

hd. En 2015, l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP) a lancé le système Alertswiss en collaboration avec diverses organisations partenaires. Il est accessible par le biais du site web (alertswiss.ch), d’une application gratuite, du compte Twitter (@alertswiss) et de YouTube pour informer toute personne intéressée sur la protection en cas de catastrophe ou de situation d’urgence. La principale mesure consiste à réaliser soi-même un plan d’urgence pour son propre ménage. On peut, par exemple, y noter les lieux de rendez-vous pour les membres de la famille, des informations importantes ou une liste des provisions de ménage. L’application est très bien faite. «En situation d’urgence, il est décisif que les autorités et la population sachent réagir correctement et rapidement», a déclaré Benno Bühlmann, le directeur de l’Office fédéral de la protection de la population.

Gardons notre neutralité !

Des soldats suisses s’entraînent à la frontière russe

Source: http://www.zeit-fragen.ch/fr/ausgaben/2016/nr-18-16-august-2016/neutralitaet-wahren.html

Horizons et débats

Case postale 729

CH-8044 Zurich

 

Depuis deux ans, dans le cadre de la crise ukrainienne, l’OTAN sous tutelle américaine, cherche à envenimer le conflit avec la Russie.

Des manœuvres militaires permanentes à la frontière russe ne cessent d’aggraver la crise. Au cours des derniers 6 mois, l’OTAN a lancé pas moins de 12 manœuvres en Europe de l’Est.

Le gouvernement russe a de son côté également entrepris des opérations le long de sa frontière occidentale. Les champs de bataille d’une éventuelle escalade du conflit se trouveront en Europe. Non pas aux Etats-Unis d’où cette escalade est fomentée. Cela n’est ni dans l’intérêt des pays européens ni dans celui de la Suisse neutre.

Il est donc indispensable pour notre pays de remettre en question la coopération avec l’organisation Partenariat pour la paix (PpP), organisation étroitement liée à l’OTAN, et de tirer les conséquences nécessaires de la situation politique actuelle.

Les exercices de nos Forces aériennes en Pologne – un Etat membre de l’OTAN – près de la frontière russe (Kaliningrad) paraissent, il faut le dire, plus que problématiques (cf. www.admin.ch/gov/de/start/dokumentation/medienmitteilungen.msg-id-62726.html). Et ceci peu de temps après des grandes manœuvres de l’OTAN (Anakonda).

En tant qu’Etat dépositaire de la Croix-Rouge et intermédiaire de bons offices entre deux Etats ennemis, notre pays ne peut pas se permettre d’être impliqué dans des conflits militaires – ne serait-ce par insouciance ou par manque de circonspection politique. C’est maintenant, plus que jamais, qu’il faut une Suisse neutre prête à agir et qui soit crédible afin de servir d’intermédiaire entre deux blocs.

Mettre un terme à l’adhésion au PpP, que ce soit par le Conseil fédéral ou par une initiative populaire, permettrait à la Suisse de se préparer aux temps futurs.

Dans de telles périodes de conflits, notre armée peut choisir des endroits dans le monde pour ses manœuvres militaires, ses essais de nouvelles armes et ses entraînements autres que Deblin en Pologne ou l’Etat membre de l’OTAN qu’est la Turquie.

L’impossible fête nationale

par Guy Mettan

3 août 2016

Source: http://guymettan.blog.tdg.ch/archive/2016/08/03/l-impossible-fete-nationale-277994.html

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Osons le dire, célébrer la fête nationale est devenu un activité parfaitement schizophrénique. D’un côté, l’élu qui refuserait de se soumettre au rituel bien rôdé de la tradition patriotique signerait son arrêt de mort politique. On considérerait à juste titre comme scandaleux le fait de se dérober à ce moment de haute liturgie civique.

Mais d’un autre côté, on considérerait avec une égale défiance celui ou celle qui voudrait dépasser les habituels clichés et les phrases creuses pour interroger la vraie et authentique signification de la fête nationale, à savoir la célébration de la nation conçue comme une communauté de destin (et non comme une addition d’individus et d’intérêts particuliers) habitant un territoire propre (et non un vague ensemble supranational à l’idéologie et aux contours flous).

Le défi est en effet impossible à relever: comment fêter la nation, ou le pays qui nous a vu naître et qui nous permet de vivre, alors qu’à longueur de discours les médias et les dirigeants politiques nous présentent ces derniers comme des concepts obsolètes et qu’ils vantent sans cesse les mérites de la globalisation économique, de l’effacement des frontières, du dépassement de la nation comme le seul horizon souhaitable de notre avenir? Comment fêter la nation comme communauté de valeurs et de destin alors que la majeure partie de l’activité politique consiste à promouvoir les intérêts particuliers de telle ou telle minorité bruyante au détriment de la majorité silencieuse ? Le sens de l’intérêt collectif, du bien commun, s’est dilué dans les revendications catégorielles – défense des fonctionnaires, des handicapés, des LGBT, des malades du sida, des surdoués, des victimes de viols ou de pédophiles – toutes activités fort louables au demeurant mais qui finissent par occuper la totalité de l’espace public disponible.

Si la lutte contre les discriminations de toutes sortes est une condition nécessaire du vivre ensemble, ce n’est pas une condition suffisante. La nation, le pays, exigent un supplément d’âme, une volonté commune, une espérance eschatologique, une dimension sacrée devait-on dire si ce mot avait encore un sens. Or de tout cela il ne peut être question dans les discours du Premier Août. Évoquer la Suisse comme une valeur sacrée vous classe immédiatement dans la catégorie des ringards bons pour la poubelle.

Comment s’étonner dès lors que la commémoration de la fête nationale soit de plus en plus fade et privée de grâce et d’émotion? Comment se projeter dans l’avenir si le passé est oublié et le présent tronqué par l’absence d’une terre identifiable et bien délimitée, qui est le seul et unique fondement de la souveraineté et de la démocratie. A force de vouloir concilier l’inconciliable, les discours sont condamnés à surfer sur la surface des choses et à célébrer le particulier au détriment du général.

La substance perdue, ne subsiste plus que le rite. Ce qui est sans doute mieux que rien. Mais comment s’en contenter?

 

La neutralité est un aspect essentiel de la Confédération

par † Wolfgang von Wartburg

Source: http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=4918

18 avril 2016

 

«La neutralité suisse n’est ni imposée de l’extérieur, ni un simple moyen pour assurer l’indépendance du pays. Elle est une expression, un aspect essentiel de la Confédération elle-même. Le devoir suprême de l’Etat est de garantir le droit et la paix. Tout ce qui sort de ce cadre est problématique. Si l’on respecte ce principe également à l’extérieur, il en résulte la nécessité de renoncer à toute politique de force et donc à toutes alliances poursuivant de tels objectifs.

La politique étrangère d’un Etat, ne voulant être expressément qu’un Etat de droit, doit être la neutralité. Cela n’exclut pas que l’Etat neutre entreprend tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir et garantir la paix dans le monde, aussi longtemps qu’il ne se perd pas dans le tourbillon de la politique de force. L’exemple principal pour la Suisse est l’hébergement du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont les membres sont exclusivement suisses. De nombreux Suisses sont mandatés par l’ONU […] pour entreprendre des actions de médiation difficiles, demandant une impartialité absolue. Seul un pays neutre peut représenter les droits de l’homme sans prendre en considération les rapports de force politique. La neutralité suisse est «perpétuelle» tout comme la Confédération elle-même. La prévisibilité de sa politique étrangère est la meilleure contribution de la Suisse à la paix générale. La neutralité est une alternative à la sécurité collective. Dans une organisation collective (ONU, UE, OTAN, Partenariat pour la paix), il ne se passe rien, car personne n’est responsable, ou alors, elle se transforme en outil du partenaire le plus puissant. L’adhésion à une organisation de sécurité collective ferait de la Suisse indéniablement un complice de la politique du pouvoir. Elle serait coresponsable de toute activité sans pouvoir changer quoi que ce soit aux rapports de force. La crédibilité de la neutralité serait donc éliminée.

Ce qui correspond à la Suisse, c’est la renonciation à toute politique du pouvoir et la limitation volontaire à une armée défensive qui, vu la «malice des temps» – à tout moment – est indispensable pour l’indépendance du pays. Remarque complémentaire: actuellement on discute le projet de transformer l’armée suisse en une armée de métier.

Pour la Confédération suisse, il n’y a que l’armée du peuple, dans laquelle l’engagement est une obligation générale. Elle ne peut et ne doit être engagée qu’en cas de mise en danger du pays. Une armée de métier pourrait devenir un instrument du pouvoir du Conseil fédéral pouvant même aboutir en des aventures non désirées.»

 

(Traduction Horizons et débats)

Extrait tiré de: Wolfgang von Wartburg. Die europäische Dimension der Schweiz. Zur Geschichte der Schweiz und ihrer Stellung in Europa, 1996, p. 125 et seq.