Les frappes militaires contre la Syrie doivent être jugées par la Cour pénale internationale

par Eva Maria Barki*

Horizons et débats (Zeit Fragen)

Zurich, 23 mai 2108

 

«Seul le ministre des Affaires étrangères de la Suisse Ignazio Cassis a critiqué les Etats-Unis dans une interview accordée à la ‹Neue Zürcher Zeitung›. Il a souligné que l’on a déjà déclenché des guerres sous faux prétexte, comme par exemple contre l’Irak.»

 

Les frappes militaires des Etats-Unis, perpétrées de commun accord avec la France et la Grande-Bretagne, illustrent avec une clarté effarante l’obstination des Etats-Unis – depuis la chute de l’Union soviétique la seule superpuissance restante – à imposer leurs intérêts par la politique de force de manière conséquente et sans entraves aucunes. Cela est en complète contradiction avec l’article 2 de la Charte des Nations Unies exigeant l’obligation de respecter la souveraineté d’un Etat et l’interdiction de la menace et de l’application de la force.
Basée sur la nouvelle doctrine de l’OTAN de 1999 – l’usurpation du droit de conduire des opérations militaires en guise de «prévention» aux conflits et aux dangers même en dehors du territoire de l’OTAN et sans mandat des Nations Unies –, on déclare des interventions militaires contre des Etats souverains comme politiquement légitimes (R2P – Responsibility to Protect). La Yougoslavie en fut le précédent, puis suivirent l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, et actuellement la Syrie.
L’ancien commandant en chef de l’OTAN Wesley Clark informa en 2003 que la Syrie était déjà prévue comme cible d’une action militaire américaine, depuis la guerre contre l’Irak. Le président George W. Bush déclara en 2003: «En Irak, il ne s’agit pas que de l’Irak. Ce n’est qu’une partie du modèle». James Steinberg, expert des Affaires extérieures à Washington, le précisa: La Syrie cause des soucis aux USA, parce qu’elle est capable de déranger l’ordre d’après-guerre.
Alors voilà la vraie raison des frappes militaires: faire revivre l’accord de Sykes-Picot (répartition du Proche-Orient pendant la Première Guerre mondiale, par analogie de l’Allemagne et de la monarchie austro-hongroise, ndlr.), cette fois-ci sous la houlette des Etats-Unis. L’influence dans la région, mise en cause par la Russie, doit être rétablie. Les Américains semblent avoir oublié que l’objectif de guerre formulé par leur président de l’époque Wilson d’accorder aux peuples leur droit à l’autodétermination fut manqué, et demeure bafoué par la plupart des gouvernements – bien qu’entretemps, a eu lieu son inscription dans les deux pactes de l’ONU sur les droits de l’homme.
Ce bombardement par des missiles était visiblement un test – Gorbatchev appelait cela un «entrainement préparatoire». Les Etats-Unis se sont explicitement réservé le droit d’effectuer d’autres opérations militaires. Ils ont déjà menacé le président Assad de nouvelles frappes, car selon les dires du gouvernement français, l’arsenal d’armes chimiques «n’a pas entièrement été détruit». Il semble qu’on voulait tester la réaction de la communauté internationale des Etats. Seul le ministre des Affaires étrangères de la Suisse Ignazio Cassis a critiqué les Etats-Unis dans une interview accordée à la «Neue Zürcher Zeitung». Il a souligné que l’on a déjà déclenché des guerres sous faux prétexte, comme par exemple contre l’Irak. Auparavant, Cassis s’était déjà prononcé à l’ONU contre le droit du plus fort dans les relations internationales. L’Autriche, également neutre, rechigna devant la critique. Le droit international est l’arme des petits pays. En Autriche, Felix Ermacora avait encore utilisé cette arme avec succès et avait ainsi procuré à son pays un grand prestige. Maintenant, l’Autriche a déposé cette arme de manière inconsidérée.
Cependant, le vrai scandale est que l’Union européenne s’est déclarée «solidaire avec ses alliés» et a salué l’action militaire comme «plein succès». La chancelière allemande a caractérisé les frappes comme «nécessaires et équilibrées». Et ceci alors qu’on reproche à la Hongrie un manque démocratique sur la base de faits erronés et de fausses informations, qu’on réprimande le pays parce qu’il respecte les normes européennes, que l’UE ignore le droit à l’autodétermination du peuple des Catalans et que les agissements brutaux de l’Espagne en Catalogne sont tolérés, que le droit à l’autodétermination du peuple de la Crimée n’est pas respecté et que la Fédération de Russie est soumise à des sanctions illégales sur la base de la fausse accusation d’annexion. En même temps donc, le fait que les Etats-Unis soient coupables – à plusieurs reprises – d’agressions contraires au droit international n’est pas condamné, mais plus encore avalisé et loué!
Tant l’aide fournie aux milices terroristes en Syrie avec le but de renverser le gouvernement légitime ainsi que les frappes militaires répétées contre la Syrie représentent un crime d’agression qui devrait être soumis à la compétence de la Cour pénale internationale. Dans le droit international, il n’y a que deux normes correspondant au droit coercitif (ius cogens): l’interdiction de la violence et le droit des peuples à l’autodétermination. L’Union européenne a ignoré et donc violé les deux normes. Cela correspond à l’abrogation complète du droit international, à la fin de la sécurité juridique internationale et donc à un sérieux danger pour la paix mondiale!

 

*    Eva Maria Barki, docteur en droit et avocate, est née à Nikitsch (Autriche) en 1943. Elle a des origines hongroises, italiennes et croates. Après ses études de droit à Vienne, Mme Barki a acquis son diplôme d’avocat et dirige depuis son propre cabinet juridique à Vienne. Elle est spécialiste internationale pour les droits des nationalités et des communautés ethniques.

 

Source: Wegwarte. Folge 2, Mai 2018, Mitteilungen der Initiative Heimat & Umwelt, ihu(at)a1.net

 

Article 2 al. 4 de la Charte de l’ONU

[…]
4. Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

Why the UK, EU and US Gang-Up on Russia

James Petras
March 25, 2018
Source : Russia Insider
https://russia-insider.com/en/why-uk-eu-and-us-gang-russia/ri22869?ct=t(Russia_Insider_Daily_Headlines11_21_2014)&mc_cid=3792ec704c&mc_eid=db7da584e6
Original Source : The Unz Review

« As the entire US unipolar fantasy dissolved it provoked deep resentment, animosity and a systematic counter-attack. The US’s costly and failed war on terror became a dress rehearsal for the economic and ideological war against the Kremlin. »

 

Introduction
For the greater part of a decade the US, the UK and the EU have been carrying out a campaign to undermine and overthrow the Russia government and in particular to oust President Putin. Fundamental issues are at stake including the real possibility of a nuclear war.
The most recent western propaganda campaign and one of the most virulent is the charge launched by the UK regime of Prime Minister Theresa May. The Brits have claimed that Russian secret agents conspired to poison a former Russian double-agent and his daughter in England , threatening the sovereignty and safety of the British people. No evidence has ever been presented. Instead the UK expelled Russian diplomats and demands harsher sanctions, to increase tensions. The UK and its US and EU patrons are moving toward a break in relations and a military build-up.

A number of fundamental questions arise regarding the origins and growing intensity of this anti-Russian animus.

Why do the Western regimes now feel Russia is a greater threat then in the past? Do they believe Russia is more vulnerable to Western threats or attacks? Why do the Western military leaders seek to undermine Russia’s defenses? Do the US economic elites believe it is possible to provoke an economic crisis and the demise of President Putin’s government? What is the strategic goal of Western policymakers? Why has the UK regime taken the lead in the anti-Russian crusade via the fake toxin accusations at this time?
This paper is directed at providing key elements to address these questions.

The Historical Context for Western Aggression
Several fundamental historical factors dating back to the 1990’s account for the current surge in Western hostility to Russia.
First and foremost, during the 1990’s the US degraded Russia, reducing it to a vassal state, and imposing itself as a unipolar state.

Secondly, Western elites pillaged the Russian economy, seizing and laundering hundreds of billions of dollars. Wall Street and City of London banks and overseas tax havens were the main beneficiaries
Thirdly, the US seized and took control of the Russian electoral process, and secured the fraudulent “election” of Yeltsin.
Fourthly, the West degraded Russia’s military and scientific institutions and advanced their armed forces to Russia’s borders.
Fifthly, the West insured that Russia was unable to support its allies and independent governments throughout Europe, Asia, Africa and Latin America. Russia was unable to aid its allies in the Ukraine, Cuba, North Korea, Libya etc.

With the collapse of the Yeltsin regime and the election of President Putin, Russia regained its sovereignty, its economy recovered, its armed forces and scientific institutes were rebuilt and strengthened. Poverty was sharply reduced and Western backed gangster capitalists were constrained, jailed or fled mostly to the UK and the US.

Russia’s historic recovery under President Putin and its gradual international influence shattered US pretense to rule over unipolar world. Russia’s recovery and control of its economic resources lessened US dominance, especially of its oil and gas fields.
As Russia consolidated its sovereignty and advanced economically, socially, politically and militarily, the West increased its hostility in an effort to roll-back Russia to the Dark Ages of the 1990’s.
The US launched numerous coups and military interventions and fraudulent elections to surround and isolate Russia . The Ukraine, Iraq, Syria, Libya, Yemen and Russian allies in Central Asia were targeted. NATO military bases proliferated.
Russia’s economy was targeted: sanctions were directed at its imports and exports. President Putin was subject to a virulent Western media propaganda campaign. US NGO’s funded opposition parties and politicians.

The US-EU rollback campaign failed.

The encirclement campaign failed.
The Ukraine fragmented – Russia allies took control of the East; Crimea voted for unification with Russia. Syria joined with Russia to defeat armed US vassals. Russia turned to China’s multi-lateral trade, transport and financial networks.
As the entire US unipolar fantasy dissolved it provoked deep resentment, animosity and a systematic counter-attack. The US’s costly and failed war on terror became a dress rehearsal for the economic and ideological war against the Kremlin. Russia’s historical recovery and defeat of Western rollback intensified the ideological and economic war.
The UK poison plot was concocted to heighten economic tensions and prepare the western public for heightened military confrontations.

Russia is not a threat to the West: it is recovering its sovereignty in order to further a multi-polar world. President Putin is not an “aggressor” but he refuses to allow Russia to return to vassalage.

President Putin is immensely popular in Russia and is hated by the US precisely because he is the opposite of Yeltsin – he has created a flourishing economy; he resists sanctions and defends Russia’s borders and allies.

Conclusion
In a summary response to the opening questions.

1) The Western regimes recognize that Russia is a threat to their global dominance; they know that Russia is no threat to invade the EU, North America or their vassals.

2) Western regimes believe they can topple Russia via economic warfare including sanctions. In fact Russia has become more self-reliant and has diversified its trading partners, especially China, and even including Saudi Arabia and other Western allies.

The Western propaganda campaign has failed to turn Russian voters against Putin. In the March 19, 2018 Presidential election voter participation increased to 67%. Vladimir Putin secured a record 77% majority. President Putin is politically stronger than ever.
Russia’s display of advanced nuclear and other advanced weaponry has had a major deterrent effect especially among US military leaders, making it clear that Russia is not vulnerable to attack.
The UK has attempted to unify and gain importance with the EU and the US via the launch of its anti-Russia toxic conspiracy. Prime Minister May has failed. Brexit will force the UK to break with the EU.
President Trump will not replace the EU as a substitute trading partner. While the EU and Washington may back the UK crusade against Russia they will pursue their own trade agenda; which do not include the UK.
In a word, the UK, the EU and the US are ganging-up on Russia, for diverse historic and contemporary reasons. The UK exploitation of the anti-Russian conspiracy is a temporary ploy to join the gang but will not change its inevitable global decline and the break-up of the UK.
Russia will remain a global power. It will continue under the leadership of President Putin . The Western powers will divide and bugger their neighbors – and decide it is their better judgment to accept and work within a multi-polar world.

Les juifs russes en Amérique et les relations russo-américaines

par Dmitry Orlov
1er février 2018
Source Club Orlov
http://lesakerfrancophone.fr/les-juifs-russes-en-amerique-et-les-relations-russo-americaines

 

En essayant de démêler l’état tendu actuel des relations entre les États-Unis et la Russie, un groupe mérite un niveau d’attention plus élevé, ce sont les juifs américains. C’est le groupe de population le plus important que les deux pays ont en commun : sur les 5 ou 6 millions de juifs vivant actuellement aux États-Unis (les chiffres varient selon la façon dont on mesure la « judéité »), environ un million a immigré aux États-Unis depuis l’ancienne Union soviétique, soit directement, soit après un séjour en Israël. Le gouvernement des États-Unis les a acceptés volontiers, leur accordant le statut de réfugiés ; ainsi, ils sont entrés dans la société américaine avec une identité politisée, nettement anti-russe, et leurs attitudes anti-russes ont eu un effet sur l’opinion de nombreux juifs non-russes et aussi d’autres Américains.

Les juifs russes sont de loin le groupe le plus éduqué qui a immigré aux États-Unis. Ils se sont très bien intégrés dans la société américaine et beaucoup d’entre eux, ainsi que leurs enfants, ont pu commencer une carrière professionnelle. Leur expérience directe de la vie en Russie leur a permis de se positionner en tant qu’experts sur tout ce qui concerne le russe et, dans une large mesure, a permis à ce groupe relativement restreint d’influer négativement sur l’attitude de 322 millions d’Américains envers 144 millions de Russes au sein de la Fédération de Russie ainsi que sur la trentaine de millions de Russes résidant à l’extérieur. C’est un accident malheureux de l’histoire qu’un groupe d’environ un million de personnes ait, plus ou moins par inadvertance, aigri les relations entre un demi-milliard de personnes.
Il y a beaucoup de morceaux compliqués dans cette histoire. Une partie de cet héritage est l’héritage de la guerre froide, qui a généré beaucoup d’inertie institutionnelle aux États-Unis, ce qui a amené ceux-ci à continuer à traiter la Russie comme un ennemi. Une partie de cette influence, spécifiquement des juifs israéliens, et des juifs en général, sur la politique américaine est étrangement disproportionnée. Une autre partie de l’énigme a trait aux avantages que les juifs russes émigrés aux États-Unis ont retiré en disant qu’ils ont été victimes du gouvernement soviétique ou de l’antisémitisme russe. Un dernier aspect, particulièrement délicat, a trait à la nature de l’identité juive et à la façon dont elle s’est historiquement heurtée et continue de se heurter à ce que signifie être un juif russe.
Je parlerai de chacun d’eux à tour de rôle, mais je veux d’abord divulguer ce qui me permet d’écrire sur ce sujet. Je suis né et j’ai grandi en Russie dans les années 1960 et 1970, puis j’ai émigré dans le cadre d’une vague d’émigration principalement juive, je suis entré aux États-Unis en tant que réfugié et j’ai été naturalisé cinq ans plus tard. Un parent israélien fictif ou deux ont figuré dans notre demande de visa de sortie, même si nous n’avions aucune intention de nous rendre en Israël. J’ai beaucoup de parents juifs, mais pas assez pour faire de moi un juif. Nous sommes tous des chrétiens orthodoxes russes, et nous le sommes depuis longtemps, de 3 à 40 générations (selon la branche généalogique). Chez nous, nous n’avons jamais rien parlé d’autre que le russe. Nous sommes retournés en Russie le plus tôt possible – en 1989, dès que les émigrés ont commencé à obtenir des visas – et nous faisons la navette depuis. Tout cela fait de moi un expert sur ce sujet.
Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur le sujet de l’inertie de la guerre froide américaine, alors je vais résumer cela en quelques phrases. Les États-Unis sont pris en otage par une bureaucratie militaire hypertrophiée, inefficace et généralement incompétente dont la seule supériorité écrasante est d’extorquer des sommes d’argent exorbitantes pour ses projets, dont beaucoup sont des échecs. Pour que cette extorsion fonctionne, il faut pouvoir argumenter qu’il y a un ennemi pour justifier la défense du pays. Pendant la guerre froide, l’ennemi était, très commodément, l’URSS. Après l’effondrement de l’URSS, il y eut une période d’hésitation, au cours de laquelle la « mafia russe » a été fortement mise en lumière, juste pour garder à jour une image de l’ennemi. Mais une nouvelle et « heureuse » occasion s’est présentée après les attentats terroristes du 11 septembre (qui, selon beaucoup, ont été perpétrés uniquement dans ce but) pour présenter le terrorisme international comme le nouvel ennemi. Cette ruse a maintenant perdu son utilité parce que les terroristes sont maintenant plus efficaces que jamais, et il est donc temps de se taire au sujet du terrorisme et de revenir au plan A : cultiver la russophobie (avec la Chine maintenant jetée en pâture pour faire bonne mesure). Il est vrai que la Russie, après s’être rétablie de la dévastation de l’effondrement soviétique, est un ennemi un peu plus redoutable qu’elle ne l’était à l’époque de la « mafia russe », mais la russophobie est toujours essentielle et nécessite un flux constant de nouvelles histoires et de commentaires négatifs sur la Russie. C’est ici que les juifs russes, certains vivant aux États-Unis, certains allant et venant entre les États-Unis et la Russie, sont heureux de donner un coup de main, puisqu’ils sont, sans aucun doute, des experts en la matière sur tout ce qui concerne le Russe.
L’influence étrangement disproportionnée des juifs israéliens, et des juifs en général, sur la politique américaine est aussi un sujet brûlant de discussion, et donc ici, je vais encore une fois résumer brièvement. D’abord l’évidence : Israël ne fait pas partie des États-Unis ; c’est une nation souveraine séparée et un membre de l’ONU. Et pourtant, les politiciens américains peuvent prêter allégeance à Israël sans être arrêtés et jugés pour trahison. Beaucoup de doubles citoyens américains et israéliens circulent à travers les institutions américaines et israéliennes, et personne ne s’inquiète jamais de savoir lesquels d’entre eux espionnent au nom de qui. Aux États-Unis, Israël et les juifs en général reçoivent un traitement spécial : quiconque ose critiquer Israël est plus ou moins automatiquement accusé d’antisémitisme et ostracisé. En outre, il a été interdit de boycotter des produits ou des entreprises israéliens, ce que certaines personnes veulent faire pour soutenir la cause palestinienne. Certains analystes vont même jusqu’à dire qu’Israël a colonisé les États-Unis, tout comme la Grande-Bretagne avait colonisé l’Inde, avec quelques milliers de Britanniques contrôlant tout le sous-continent à leur propre avantage.
Israël est le destinataire de plusieurs milliards d’aide militaire américaine, ce qui en fait une partie intégrante du racket militaro-industriel américain. Cela signifie que les juifs et/ou les Israéliens aux États-Unis (la distinction entre juifs et Israéliens n’est pas particulièrement utile, puisqu’il est facile pour un juif d’obtenir un passeport israélien) doivent parler de la « menace russe » pour s’en mettre plein les poches aux côtés de l’armée américaine, et c’est ce qu’ils font. Mais en Israël, la situation est un peu différente. Environ un tiers de la population juive d’Israël est composée de juifs russes. Beaucoup d’entre eux sont de véritables citoyens de la Fédération de Russie ; la plupart des autres peuvent revendiquer la citoyenneté russe comme droit de naissance. Beaucoup d’entre eux vont et viennent entre la Russie et Israël, pour travailler, pour des traitements médicaux, pour rendre visite à des parents, en vacances, etc. Un flux constant d’Israéliens retourne en Russie, principalement parce que la Russie est en quelque sorte plus prospère qu’Israël, où les possibilités de promotion sociale sont de plus en plus limitées. Les relations entre la Russie et Israël sont très amicales et coopératives. Quand le ministre de la Défense israélien s’envole vers Moscou pour des entretiens, il ne prend pas de traducteur parce qu’en fait, il est russe.
À l’heure actuelle, les relations entre les États-Unis et la Russie sont dans un état lamentable. Dans le même temps, les relations entre la Russie et Israël sont plus chaudes qu’elles ne l’ont jamais été. « La Russie et Israël peuvent être fiers de notre haut niveau de partenariat, de coopération fructueuse et de contacts commerciaux de grande envergure » a déclaré Vladimir Poutine en emmenant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou au Ballet du Bolchoï. Malgré toutes les complexités du Moyen-Orient – le conflit israélo-palestinien, la guerre en Syrie, l’influence grandissante de l’Iran, la trahison traditionnelle de la Turquie, les étranges événements en Arabie saoudite – les relations russo-israéliennes ne font que s’amplifier.
Si vous vouliez faire un tout petit peu dans la conspiration, vous pourriez peut-être imaginer qu’Israël est le cheval de Troie de la Russie aux États-Unis. Quel est son but ? Que les États-Unis continuent de gaspiller de l’argent emprunté dans des aventures militaires pourries ? Bien sûr, et jusqu’à ce que tout soit parti ! Pousser les États-Unis vers la même falaise où l’URSS a basculé en 1990 ? Évidemment ! Mais ne nous laissons pas tomber dans la théorie du complot et disons simplement que l’asymétrie entre les relations américano-russes, américano-israéliennes et israélo-russes est extrêmement importante et demande une explication. C’est un tabouret à trois pattes qui balance, un casse-tête géométrique.
La partie du puzzle qui a trait aux avantages que les juifs russes ont accumulés aux États-Unis et qui ont parlé de leur victimisation par le gouvernement soviétique ou de l’antisémitisme russe est également marquée par des contradictions. Prenez en compte le fait que les juifs russophones sont de loin le groupe le plus éduqué à avoir immigré aux États-Unis. En outre, la Russie est l’un des pays les moins antisémites, avec des juifs bien représentés dans toutes les professions et à tous les niveaux de gouvernement, avec un judaïsme florissant et respecté, sans problèmes sociaux touchant spécifiquement ou de façon disproportionnée les juifs.
La raison pour laquelle les juifs russes étaient bien éduqués et prêts à commencer une carrière prospère plus ou moins au moment où ils ont atterri aux États-Unis était qu’ils étaient extrêmement bien instruits et prospères avant de quitter la Russie. Très opprimés sous le régime pré-révolutionnaire, les juifs ont joué un rôle déterminant pendant la Révolution russe de 1917, et leurs enfants et eux-mêmes ont tiré énormément avantage de leur participation à la Révolution russe de 1917. En fait, les juifs ont si bien réussi en URSS qu’ils ont évincé les Russes de nombreux emplois de haut niveau : bien qu’ils n’aient plus représenté que 1,5% de la population dans les années 1950, plus de la moitié des directeurs des nombreux instituts, centres de recherche et laboratoires de l’Académie soviétique des sciences étaient juifs. Les juifs constituaient un tiers de l’Union des écrivains soviétiques ; un quart de tous les professeurs d’université ; etc.
Des membres de ma propre famille ont suivi cette trajectoire. Mon grand-père a grandi dans un shtetl, a parlé yiddish avec sa mère, a déménagé à Saint-Pétersbourg après la Révolution, a rejoint le Parti communiste et est devenu professeur de littérature russe avec un grand appartement donnant sur une place et un manoir rempli d’œuvres d’art et d’antiquités, une gouvernante, une nounou et une limousine privée avec chauffeur. Des juifs comme mon grand-père ont délogé la vieille aristocratie et sont devenus la crème de la crème de la société soviétique.
Voici une fascinante anecdote : reconnaissant que les juifs sont une nation sans territoire et désireux de résoudre ce problème, l’URSS est devenue le seul pays au monde à offrir librement aux juifs leur propre patrie – la Région autonome juive, stratégiquement située sur la frontière chinoise. La plupart de ses résidents juifs ont maintenant émigré en Israël, laissant derrière eux des bâtiments publics avec des plaques en deux langues : le russe et le yiddish.
Avec le temps, les Russes ont commencé à réagir violemment contre la présence massive des juifs dans les universités et les professions libérales. Quelques-unes des ruses employées pour repousser les assauts incessants de leurs enfants bien entraînés étaient, disons, moins que casher ; par exemple, un de mes parents juifs n’a pas été admis à l’Université d’État de Moscou en se voyant confier un problème insoluble à résoudre à l’examen d’entrée en mathématiques et, horreur des horreurs, il a fini par devenir architecte à la place. Beaucoup de juifs ont vu dans ce contrecoup un signe d’antisémitisme naissant, et certains d’entre eux ont décidé que les pâturages seraient plus verts de l’autre côté de l’océan.
Ceci explique de manière évidente pourquoi, à leur arrivée aux États-Unis, les juifs russes ont dépeint l’URSS et la Russie avec un large pinceau chargé de couleurs sombres : oppression, antisémitisme, pogroms, plus un retard mental, l’ivresse et l’horreur en général. S’ils avaient résisté à l’envie de jouer aux victimes, leur récit aurait pu, par défaut, devenir quelque chose comme ça : « Nous avons détruit la Russie, nous l’avons réarrangée à notre avantage, fait des affaires en or, puis coulé le navire, et maintenant nous sommes ici aux États-Unis, avec nos biens précieux, des parents âgés et nos animaux de compagnie, prétendant être des réfugiés, et prêts à recommencer. » Vous ne les voyez plus comme de pauvres migrants maintenant, n’est-ce pas ? Ajoutez à cela le fait qu’il y a beaucoup d’argent à faire aux États-Unis en s’attaquant à la Russie, et l’envie forte de se laisser aller au « Russian bashing » devient irrésistible.
L’aspect final, particulièrement délicat, de cette histoire a trait à la nature de l’identité juive et à la façon dont elle s’est historiquement heurtée, et continue de se heurter, à ce que signifie être russe. L’identité juive est plutôt étrange et différente, et pour éclaircir ce point, il est plus facile de comparer les juifs non pas à un groupe enraciné comme les Irlandais ou les Italiens mais à un autre groupe itinérant : les Tsiganes. J’ai connu quelques Gitans, et je les ai aussi beaucoup étudiés pour une étude de cas sur l’effondrement culturel (et la résistance à cela) dans mon livre « Les cinq étapes de l’effondrement ».
Le mot « tsigane » est dérivé du mot « égyptien » ce que les gitans ne sont définitivement pas, étant sortis du nord de l’Inde à un moment donné il y a plus de mille ans. (Incidemment, ce sont les juifs, selon leur mythologie biblique, qui sont sortis d’Égypte par un passage magique dans la mer Rouge, alors peut-être que ce sont les juifs qui devraient être appelés les « Tsiganes »). Ce que les Tsiganes sont, et c’est ainsi qu’ils se nomment eux-mêmes, ce sont des Roms, et leur langue est le romani.
Les Roms partagent un grand nombre de similarités avec les juifs. Les deux sont des nations organisées en diaspora, sans territoire (à l’exception d’un petit morceau de la Palestine reconnu internationalement); à la place, ils colonisent divers pays, migrant de pays en pays au fil du temps. Les juifs et les Roms sont traditionnellement xénophobes : le mot juif pour « non-juif » est « goy » (pluriel « goyim »). En romani, c’est « gadjo » (pluriel « gadje »). Les juifs comme les Roms ont des tabous et des rituels de purification spécifiques et plutôt curieux comme moyens de résister à la contamination ou à la corruption répandue par des étrangers, dont la plupart sont symboliques plutôt que physiques. Et tous deux ont été victimes de l’Holocauste ; un quart de la population rom d’Europe a été anéantie dans cet événement, mais avec une différence : alors que les juifs ont été remboursés après les atrocités nazies, cela n’a pas été le cas des Roms. Ce n’est qu’en 1979 que le Bundestag de l’Allemagne de l’Ouest a reconnu que la persécution des Roms par les nazis était raciste, ce qui les a rendu admissibles à une indemnisation, mais à ce moment-là, la plupart des victimes étaient déjà décédées.
Les identités rom et juive sont dans une certaine mesure secrètes. Les Roms se déguisent généralement en adoptant des noms à consonance locale ; dans les pays anglo-saxons, ils utilisent des noms à consonance anglaise comme Bob Jones ou Cathy Smith ; en privé, ils s’appellent par leurs noms roms exotiques, comme Ruslan ou Zemfira. Et puis chaque Rom a un nom secret connu seulement de cette personne et de sa mère.
À divers moments, les juifs ont également trouvé avantageux d’obscurcir leur identité derrière des noms à consonance locale. Mon autre grand-père est un exemple typique. Il est né à Jitomir, en Ukraine. Quand, à l’époque de la Révolution russe, ses parents et ses sœurs décampèrent pour Brooklyn, le laissant derrière eux, il vit qu’il était bon de changer son nom pour le très générique nom russe Alexander Orlov, laissant tout le monde croire qu’il était un orphelin russe. Il a vécu une bonne et longue vie, d’abord à Kiev, puis à Leningrad, sous une identité assumée, mais quelque temps après sa retraite, il a soudainement choqué ses enfants en leur apprenant qu’il était juif, que son nom n’était pas Alexander mais Abraham, et qu’il déménageait en Israël où il faisait plus chaud, avec plus de soleil. Il a aussi rencontré une de ses sœurs, mais celle-ci a ensuite été boudée par toute la famille, étant devenu témoin de Jehovah. Ce n’est pas que la sœur restante ou sa famille soient moins religieuses ; à un moment donné, ils ont essayé le rituel de Pessa’h, pour notre bénéfice, je suppose. Mais ça a été un tel travestissement que ça m’a fait pleurer. (J’étais jeune et impressionnable à l’époque, maintenant j’en rirai probablement).
Les identités rom et juive sont matrilinéaires : on ne peut pas être un Rom ou un juif, à moins que la mère soit rom, ou juive, respectivement. (À propos, je ne suis pas juif pour cette raison, entre autres : du côté de ma mère, le lignage est russe).  C’est tourné à leur avantage dans les sociétés qu’ils colonisent, qui sont toutes patrilinéaires. Les Roms ne semblent pas facilement se marier avec des locaux à cause de leur attitude très négative envers les « gadjes ». L’ampleur considérable des mariages mixtes juifs est facilité par leur apparence : les Roms ont souvent l’air de venir du nord de  l’Inde, alors que les juifs européens (ashkénazes) paraissent plus européens que les Arabes et les autres tribus du Moyen-Orient. Ils ne sont pas exactement une race ou un groupe ethnique : la moitié des chromosomes X (femelles) peuvent être d’origine juive, mais les chromosomes Y (mâles) peuvent avoir été empruntés à un autre groupe (et c’est très souvent le cas). Étant donné que le chromosome Y est un foyer d’évolution, cet emprunt génétique confère un avantage considérable en ce qui concerne la valeur sélective inclusive.
Ainsi, dans les mariages mixtes, les femmes juives fonctionnent un peu comme les oiseaux appelés « coucous » qui pondent leurs œufs dans d’autres nids d’oiseaux, obligeant d’autres oiseaux à élever des poussins de coucou à côté des leurs. Le « shiketz » (un mari « goy ») peut penser que ses enfants ajoutent au nombre de sa propre tribu, mais se trompe tristement. Les femmes juives peuvent aider à coloniser les sociétés en épousant des hommes locaux et en les faisant élever des juifs (en secret si nécessaire) à leurs frais. Ce détail saillant n’a pas été perdu pour tout le monde ; en particulier les cosaques, qui patrouillaient dans les marges de l’Empire russe et qui arrachaient et épousaient des femmes persanes, turques et caucasiennes puis les baptisaient et les russifiaient, ne voulaient rien avoir à faire avec les femmes juives. D’autre part, jusqu’à très récemment, ramener à la maison une « shiksa » (une femme « goy ») était fortement désapprouvé dans les familles juives, parce que les enfants d’une telle union ne pouvaient pas être considérés comme des juifs.
Si les juifs ne sont pas une race ni un groupe ethnique, sont-ils une religion ? De fait, il n’y a pas de liberté de religion parmi les juifs : selon la plupart des juifs, on ne peut être juif musulman ou juif chrétien et être encore juif. Mais plus de la moitié des juifs des États-Unis et d’Israël sont athées, et il y a beaucoup plus d’athées parmi les juifs américains que parmi la population générale. Le rituel de circoncision est généralement requis comme condition à l’inclusion sociale, mais il n’a pas beaucoup de signification religieuse dans une société qui (quelque peu inexplicablement) essaie de circoncire tous les bébés mâles indépendamment de la religion des parents.
Si les juifs ne sont ni une race/ethnie ni une religion, alors que sont-ils ? Par processus d’élimination, ils sont comme les Roms : une caste nomade. Beaucoup d’éléments qui signalent l’appartenance à une caste sont les mêmes : la xénophobie inhérente à des termes tels que « goy » / « gadjo » ; l’insistance sur la matrilinéarité même dans les sociétés généralement patrilinéaires ; la tendance à cultiver une identité secrète ; et la tendance à bouger et à coloniser de nouveaux pays lorsque les conditions le justifient.
Les juifs peuvent fonctionner comme une caste nomade aux États-Unis, qui sont  un pays plein de passions et de divisions sociales claniques, cultuelles, basées sur la notion de classe, de ségrégation par la race, le revenu et la religion et par beaucoup d’autres distinctions sociales autour de castes. Ils pouvaient fonctionner comme une caste dans la Russie pré-révolutionnaire en étant admis et tolérés, mais aussi séparés parce qu’ils ne louaient pas la Sainte Trinité et ne vénéreraient pas la Sainte Croix dans un pays où le christianisme orthodoxe était une condition préalable à la pleine citoyenneté. Mais la Russie post-révolutionnaire n’est pas si propice à la préservation de la caste juive.
Premièrement, un Russe a le droit de choisir la nationalité de chaque parent (la Fédération de Russie est composée de 160 nationalités, chacune avec sa propre langue), celle par défaut (qui est le russe) ou de ne pas en déclarer du tout. De plus, les lois religieuses ou autres qui interfèrent avec cette liberté de choix portent atteinte à ce droit. Deuxièmement, un Russe a le droit de pratiquer n’importe quelle religion, indépendamment du choix de sa nationalité. Ainsi, les lois religieuses ou autres qui lient une religion à sa nationalité enfreignent ce droit. Troisièmement, il est généralement admis que l’identité russe imprègne toutes les autres. Il existe une distinction linguistique entre « Rossiysky » (appartenant au pays) et « Russky » (qui concerne la nationalité), mais en pratique, les deux mots sont utilisés de manière interchangeable. Ainsi, un juif russe est d’abord un Russe (linguistiquement, culturellement, socialement, éventuellement religieusement) et un juif ensuite. Être juif, c’est comme tenir une rose entre les dents : un accessoire de mode intéressant et idiosyncratique.
Si vous pensez que ce sont de petits détails, vous devriez voir les réactions hystériques et xénophobes que je peux provoquer plus ou moins à volonté dans presque n’importe quel groupe de juifs simplement en disant que je suis juif du fait d’avoir deux grands-pères juifs. Bien sûr, ma mère est russe, mais je suis un juif russe, et en Russie la nationalité peut passer de père en fils, et c’est le cas habituellement. Oh, et d’ailleurs je suis chrétien, donc les lois juives ne s’appliquent pas à moi. La dissonance cognitive d’être confronté au fait que les juifs sont une caste doit être plus que pénible pour ses membres. Donc, bien, je ne suis pas un juif ; je n’ai pas non plus de rose entre les dents. En fait, il est fallacieux de ma part de provoquer les juifs avec désinvolture en disant que je pourrais être juif, parce que je ne ressens même pas le moindre petit atome de judaïté et que je suis parfaitement en paix avec le fait d’être russe.
Le but de tout ceci est que, pour toutes les raisons mentionnées ci-dessus, vous ne devriez jamais écouter de nouveau ce que les juifs américains ont à dire sur la Russie. Tout ce qu’ils ont à livrer dans ce domaine est frelaté, des produits contaminés. Il est absolument essentiel pour la sécurité de toute la planète que les États-Unis et la Russie entretiennent de bonnes relations de coopération, de professionnalisme et d’amitié fondées sur des faits actuels plutôt que sur des faussetés, des fanatismes, des insinuations ou des histoires périmées. Il est incroyablement autodestructeur d’utiliser les mensonges répandus sur la Russie comme une excuse pour continuer à nourrir le monstre militaire américano-israélien. Si les Américains ont besoin d’un parfait exemple de bonnes relations avec la Russie, en voici un : il s’appelle Israël.
Dmitry Orlov
Traduit par Hervé vérifié par Diane relu par Catherine pour le Saker Francophone

Another Step Toward Armageddon

Paul Craig Roberts
January 11, 2018
https://www.paulcraigroberts.org/2018/01/11/another-step-toward-armageddon/

The US military/security complex has taken another step toward Armageddon. The Pentagon has prepared a nuclear posture review (NPR) that gives the OK to development of smaller “useable” nuclear weapons and permits their use in response to a non-nuclear attack.
As Reagan and Gorbachev understood, but the warmongers who have taken over America do not, there are far too many nuclear weapons already. Some scientists have concluded that even the use of 10 percent of either the US or Russian arsenal would suffice to destroy life on earth.
It is reckless and irresponsible for Washington to make such a decision in the wake of years of aggressive actions taken against Russia. The Clinton criminal regime broke Washington’s promise that NATO would not move one inch to the East. The George W. Bush criminal regime pulled out of the ABM Treaty and changed US war doctrine to elevate the use of nuclear weapons from retaliation to first strike. The Obama criminal regime launched a frontal propaganda attack on Russia with crazed Hillary’s denunciation of President Putin as “the new Hitler.” In an effort to evict Russia from its naval base in Crimea, the criminal Obama regime overthrew the Ukrainian government during the Sochi Olympics and installed a Washington puppet. US missile bases have been established on Russia’s border, and NATO conducts war games against Russia on Russian borders.
This is insanity. These and other gratuitous provocations have convinced the Russian military’s Operation Command that Washington is planning a surprise nuclear attack on Russia. The Russian government has replied to these provocations with the statement that Russia will never again fight a war on its own territory.
Those such as myself and Stephen Cohen, who point out that Washington’s reckless and irresponsible behavior has created an enemy out of a country that very much wanted to be friends, do not get much attention from the presstitute media. The US military/security complex needs an enemy sufficient to justify its vast budget and power, and the Western media has accommodated that selfish and dangerous need.
Russia today is far stronger and better armed than the Soviet Union ever was. Russia also has an alliance with China, an economic and military power. This alliance was created by Washington’s threats against both countries.
Europe and Japan need to understand that they have responsibility for the resurrection of the Cold War in a far more dangerous form than existed in the 20th century. Europe and Japan, whose political leaders are owned by Washington, have taken money from Washington and sold out their peoples along with the rest of humanity.
The entirety of the Western World is devoid of intelligent political leadership. This leaves countries such as Russia, China and Iran with the challenge of preserving life on earth as the Western World pushes humanity toward Armageddon.

Prépare-t-on la guerre contre la Russie?

par Karl Müller

Horizons et débats (Zeit-Fragen) Zurich, 27 novembre 2017

Dans son édition du 13 novembre 2017, la «Neue Zürcher Zeitung» a publié, en discours indirect, le dernier message de Donald Trump sur Twitter. Le 12 novembre, le président aurait écrit que «seuls les personnes haineuses et idiotes n’ont pas encore compris que de bonnes relations avec la Russie sont une excellente chose, car avec la Corée du Nord, la Syrie, l’Ukraine et le terrorisme, il y a suffisamment de problèmes à résoudre et l’aide de la Russie pourrait être ‹extrêmement utile›». En effet, au cours du sommet de l’APEC [Coopération économique pour l’Asie-Pacifique] au Vietnam, les présidents américain et russe se sont rencontrés et ont convenu d’importants pas à faire en direction de la fin de la guerre en Syrie (cf. encadré ci-dessous). Donc, tout irait-il pour le mieux?
Quelle direction la politique des Etats-Unis prend-elle?
Il y a des événements qui nourrissent le doute. Puis, il faut se poser une question décisive: à quel point de tels messages Twitter du président américain sont-ils honnêtes et fiables et sera-t-il en mesure d’imposer de telles positions dans les futures relations américano-russes? En opposition aux nombreux va-t-en-guerre dans les rangs des deux partis et dans les médias? En opposition au complexe militaro-industriel? En opposition aux forces de l’«Etat profond» misant sur la guerre? En opposition à la partie des banques, des fonds spéculatifs etc. qui – comme malheureusement très souvent au cours de l’Histoire – profitent des conflits et des guerres?
Parfois, on est tenté de croire que la politique américaine se réserve toutes les options. Y compris les préparatifs de guerre, option, dont on ne parle pas ouvertement, notamment en Europe. Les grands médias alignés de langue allemande ont donc caché qu’actuellement, les Etats-Unis ont énormément augmenté les effectifs de leurs Forces d’opération spéciales [Special Operation Forces] en Europe. Les lecteurs de langue allemande ont pu s’en informer en lisant les nouvelles du 8 novembre sur le site RT Deutsch. Cette chaîne internet avait repris et commenté cette information d’un site américain (cf. article ci-dessus) du 3 novembre. Selon cette source, un nombre grandissant de ces forces spéciales américaines sont stationnées dans les pays limitrophes de la Russie. Au cours de l’année 2017, elles auraient déjà participé à de nombreuses manœuvres militaires. Leur leitmotiv était la lutte «contre l’ennemi à l’Est».
Le seul objectif: des frappes militaires jusqu’au cœur de la Russie …
De côté officiel, on affirme que la présence accrue de troupes a comme seul but la protection des pays d’Europe de l’Est contre «une agression russe». Cependant, l’analyse de RT Deutsch laisse songeur: «[…] si le but principal était réellement la défense, les Etats baltes auraient besoin d’une formation classique pour les systèmes de défense, afin d’être en mesure de protéger leurs frontières. Les Forces d’opération spéciales ne dispensent cependant pas de telles formations. Toutes les formations spéciales engagées en Europe sont pratiquement sans exception des unités de commandos à caractère offensif telles les Navy SEALs, les US-Marines ou les Green Berets.» L’analyste américain lui-même écrit déjà dans la deuxième phrase de son texte: «Il ne peut y avoir d’autre but que celui de se donner les capacités de réaliser des frappes militaires jusqu’au cœur du territoire russe.»
… parce que la Russie dérange
RT Deutsch entretient de bons rapports avec la Russie, ce qui fera dire à certains: Voilà donc un nouveau cas de propagande russe (= «fake news»). Cependant, quiconque le désire peut vérifier les faits. Un regard dans les livres d’histoire pourrait également être bien utile. Il n’est pas même nécessaire de consulter Halford Mackinder et sa «théorie du Heartland» pour réaliser que l’image répandue en Occident de «L’ennemi Russie» [«Feindbild Russland», titre d’un excellent livre du journaliste autrichien Hannes Hofbauer] n’a pas commencé avec le communisme soviétique et n’a pas trouvé son terme avec sa disparition. Une grande Russie unie, riche en ressources naturelles et indépendante dérange les plans hégémonistes, toujours et encore maintenus, des va-t’en-guerre anglo-saxons et de leurs alliés. Même quand ces alliés sont traités comme des vassaux. Mais ils semblent toujours prêts, le cas échéant, à sacrifier leurs peuples et leurs Etats de manière insensée.
Détourner les yeux ne sert à rien
La conclusion est donc la suivante: malgré les nombreux messages Twitter du président américain, le gouvernement actuel permet de continuer à préparer la guerre contre la Russie, petit à petit et de belle lurette – cela ne date pas de 2014. Cette guerre est prévue d’être menée également avec des soldats, des bombes et des missiles – au cas où les agresseurs ne réussiraient pas à mettre la Russie à genoux ou à la détruire de l’intérieur. Ne nous berçons pas en illusions: une guerre «moderne» contre la Russie demanderait des millions de victimes. Détourner les yeux ne sert à rien. Ce ne sont que les petits enfants qui croient qu’on ne les voit pas quand ils se couvrent les yeux. Personne ne sait ce qu’il va réellement se passer. Mais il n’est sûrement pas erroné de prendre connaissance de la réalité des préparatifs de guerre occidentaux et de les dénoncer publiquement, tout en prenant aux sérieux les messages Twitter du président américain disant: non à la guerre. «War is obsolete!»

Un monde en péril

Noam Chomsky interviewé par David Barsamian

3 octobre 2017-10-20

Source : http://lesakerfrancophone.fr/un-monde-en-peril-une-interview-de-noam-chomsky

Source originaire :

http://www.tomdispatch.com/post/176333/tomgram%3A_noam_chomsky_and_david_barsamian%2C_a_world_in_peril/

Donald Trump Hosts Nevada Caucus Night Watch Party In Las Vegas
LAS VEGAS, NV – FEBRUARY 23: Republican presidential candidate Donald Trump speaks at a caucus night watch party at the Treasure Island Hotel & Casino on February 23, 2016 in Las Vegas, Nevada. The New York businessman won his third state victory in a row in the « first in the West » caucuses. (Photo by Ethan Miller/Getty Images)

 

David Barsamian : – Vous avez  déjà parlé de la différence entre la bouffonnerie de Trump, qui est sans cesse couverte par les médias, et les politiques qu’il s’efforce d’adopter, qui reçoivent moins d’attention. Pensez-vous qu’il a des objectifs de politique économique ou internationale cohérents ?  Qu’est-ce que Trump a réussi à accomplir dans ses premiers mois au pouvoir ?

Noam Chomsky : –  Il y a un processus de diversion en cours, peut-être juste un résultat naturel dû aux caractéristiques du personnage central et à ceux qui font le travail en arrière plan.

À un certain niveau, les pitreries de Trump font en sorte que l’attention se concentre sur lui, et peu importe la manière. Qui se souvient encore de l’accusation selon laquelle des millions d’immigrants clandestins auraient voté pour Clinton, privant le pathétique petit homme de sa grande victoire ? Ou l’accusation selon laquelle Obama aurait mis sur écoute la Trump Tower ? Les affirmations en elles-mêmes n’ont pas vraiment d’importance. Il suffit que l’attention soit détournée de ce qui se passe en arrière-plan. Là, hors de portée des projecteurs, la frange la plus sauvage du Parti républicain avance avec soin les politiques destinées à enrichir sa véritable circonscription : la circonscription du pouvoir privé et de la richesse, « les maîtres de l’humanité », pour reprendre la phrase d’Adam Smith.

Ces politiques vont nuire à la population générale et dévaster les générations futures, mais cela ne préoccupe guère les Républicains. Ils ont essayé de faire adopter des lois toutes aussi destructrices pendant des années. Paul Ryan, par exemple, a longtemps annoncé son idéal d’éliminer virtuellement le gouvernement fédéral, à l’exception du service militaire – bien que dans le passé, il ait emballé ses propositions dans des feuilles de calcul afin qu’elles aient l’air sérieuses pour les commentateurs. Maintenant, alors que l’attention est concentrée sur les dernières folies de Trump, le gang Ryan et la branche exécutive verrouillent la législation pour saper les droits des travailleurs, paralyser la protection des consommateurs et nuire gravement aux communautés rurales. Ils cherchent à dévaster les programmes de santé, à diminuer les impôts qui permettent de les financer de manière à continuer à enrichir leurs soutiens politiques et à éviscérer la loi Dodd-Frank, qui impose des contraintes bien nécessaires au système financier prédateur qui s’est développé pendant la période néolibérale.

Ce n’est qu’un exemple de la façon dont la massue de démolition est brandie par le Parti républicain qui est de nouveau au pouvoir. En effet, ce n’est plus un parti politique au sens traditionnel du terme. Les analystes politiques conservateurs, Thomas Mann et Norman Ornstein, l’ont décrit plus précisément comme une « insurrection radicale », qui a abandonné la politique parlementaire normale.

Une grande partie de ce travail se déroule furtivement, en séances à huis clos, avec le moins de publicité possible. D’autres politiques républicaines sont plus ouvertes, comme se retirer de l’accord de Paris sur le climat, isolant ainsi les États-Unis et en faisant un État paria qui refuse de participer aux efforts internationaux pour faire face à la catastrophe environnementale imminente. Pire encore, ils ont l’intention de maximiser l’utilisation des combustibles fossiles, y compris les plus dangereux ; de démanteler tous les règlements ; de réduire fortement la recherche et le développement de sources d’énergie alternatives, qui seront bientôt nécessaires pour une survie décente.

Les raisons qui animent ces politiques sont multiples. Certaines sont simplement un retour d’ascenseur aux soutiens financier. D’autres, qui ne préoccupent guère les « maîtres de l’humanité », sont faites pour conserver la confiance du groupe électoral que les Républicains ont rassemblé à la hâte, car les politiques républicaines s’étaient déplacées si loin vers la droite qu’elles n’attiraient plus les électeurs. Par exemple, mettre fin à l’aide à la planification familiale n’est pas un service aux financiers. En effet, ce groupe aurait plutôt tendance à soutenir le planning familial. Mais mettre fin à ce soutien contente la base chrétienne évangélique – des électeurs qui ferment les yeux sur le fait qu’ils préconisent effectivement plus de grossesses non désirées et, par conséquent, augmentent la fréquence de recours à l’avortement, dans des conditions dangereuses et même mortelles.

Tous les dommages ne peuvent être imputés au charlatan qui est théoriquement responsable, à ses nominations extravagantes ou aux forces du Congrès qu’il a déchaînées. Certains des développements les plus dangereux sous Trump remontent aux décisions d’Obama, décisions prises, bien sûr, sous la pression du Congrès républicain.

Le plus dangereux de tout cela a à peine été signalé. Une étude très importante publiée en mars 2017 dans le Bulletin of the Atomic Scientists révèle que le programme de modernisation des armes nucléaires d’Obama a augmenté « d’un facteur d’environ trois le pouvoir destructeur des missiles balistiques étasuniens existants et cela correspond exactement ce que l’on pourrait attendre d’un État doté d’armes nucléaires qui prévoirait d’avoir la capacité de combattre et de gagner une guerre nucléaire en désarmant ses ennemis par une première frappe surprise ». Comme le soulignent les analystes, cette nouvelle capacité compromet la stabilité stratégique dont dépend la survie humaine. Et le bilan effrayant des catastrophes et du comportement imprudent des dirigeants au cours des dernières années montre bien à quel point notre survie est fragile. Ce programme est perpétué par Trump. Ces développements, associés à la menace d’un désastre environnemental, jettent une ombre sur tout le reste – et sont à peine discutés car l’attention est attirée par les performances de l’acteur au centre de la scène.

Il n’est pas facile de discerner si Trump a une idée de ce que lui et ses acolytes font. Peut-être est-il tout à fait authentique : un mégalomane ignorant et fragile, dont la seule idéologie est lui-même. Mais ce qui se passe sous la domination de l’aile extrémiste des Républicains est bien visible.

– Voyez-vous une activité encourageante du côté des Démocrates ? Ou est-il temps de commencer à penser à un troisième parti ?

– Il faut d’abord bien y réfléchir. La caractéristique la plus remarquable de l’élection de 2016 a été la campagne de Bernie Sanders, qui a brisé l’ordre établi aux États-Unis par plus d’un siècle d’histoire politique. Un corpus substantiel de recherches en science politique établit de façon convaincante que les élections sont à peu près acquises ; le financement de la campagne est à lui seul un indicateur remarquable de réussite, tant pour le Congrès que pour la présidence. Il indique également les futures décisions des élus. Par conséquent, une majorité considérable de l’électorat – ceux au bas de l’échelle des revenus – est effectivement privée de ses droits, dans la mesure où ses représentants ne tiennent pas compte de ses préférences. Dans cette optique, la victoire d’une star de la télévision milliardaire avec un soutien médiatique important est peu surprenante : soutien direct de la chaîne câblée de premier plan, Fox News, de Rupert Murdoch, et de la très influente radio de droite ; soutien indirect mais conséquent du reste des grands médias, qui est resté fasciné par les pitreries de Trump et les recettes publicitaires qu’elles ont entraînées.

La campagne Sanders, par contre, a fortement rompu avec ce modèle en vigueur. Sanders était à peine connu. Il n’a pratiquement obtenu aucun soutien des principales sources de financement, a été ignoré ou tourné en dérision par les médias, étiqueté avec le mot effrayant de « socialiste ». Pourtant il est maintenant, et de loin,  la figure politique la plus populaire dans le pays.

Le succès de la campagne Sanders montre au moins que de nombreuses options peuvent être mises en œuvre malgré le cadre biparti institutionnel, malgré toutes les barrières institutionnelles qui s’y opposent. Pendant les années Obama, le Parti démocrate s’est désintégré aux niveaux local et étatique. Le parti avait déjà abandonné en grande partie la classe ouvrière, et même fait pire avec les politiques commerciales et fiscales de Clinton qui ont sapé le secteur manufacturier américain et l’emploi relativement stable qu’il fournissait.

Les propositions politiques progressives ne manquent pas. Le programme développé par Robert Pollin dans son livre Greening the Global Economy est une approche très prometteuse. Le travail de Gar Alperovitz sur la construction d’une démocratie authentique basée sur l’autogestion des travailleurs en est une autre. Des mises en œuvre pratiques de ces approches et des idées associées se concrétisent de différentes manières. Les organisations populaires, dont certaines sont issues de la campagne Sanders, sont activement engagées pour profiter des nombreuses occasions qui s’offrent à elles.

Parallèlement, le cadre biparti établi, bien que vénérable, n’est nullement gravé dans la pierre. Que ces dernières années les institutions politiques traditionnelles déclinent dans les démocraties industrielles sous l’effet de ce qu’on appelle le « populisme » n’est pas un secret. Ce terme est plutôt utilisé pour parler de la vague de mécontentement, de colère et de mépris des institutions qui a accompagné l’assaut néolibéral de la génération précédente qui a conduit à la stagnation de la majorité d’un côté et à la concentration spectaculaire de la richesse dans les mains de quelques-uns de l’autre.

Le fonctionnement démocratique s’érode sous l’effet naturel de la concentration du pouvoir économique, qui se transforme en pouvoir politique par des moyens que l’on connaît bien, mais aussi par des raisons plus profondes et de principe. La doctrine en cours veut que le transfert de la prise de décision du secteur public vers le « marché » contribue à la liberté individuelle, mais la réalité est différente. Le transfert va d’institutions publiques, dans lesquelles les électeurs ont leur mot à dire, dans la mesure où la démocratie fonctionne, aux tyrannies privées – les entreprises qui dominent l’économie – sur lesquelles les électeurs n’ont aucun mot à dire. En Europe, il existe une méthode encore plus directe pour ébranler la menace de la démocratie : faire prendre des décisions cruciales par une troïka non élue – le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et la Commission européenne – qui tient compte des vœux des banques du nord de l’Europe et de la communauté des créanciers, et non pas des électeurs.

Ces politiques sont faites de sorte que la société n’existe plus, la célèbre description de Margaret Thatcher du monde tel qu’elle le perçoit ou, plus précisément, espère le créer : un monde où il n’y a pas de société, seulement des individus. C’était la paraphrase involontaire par Thatcher de la condamnation amère de Marx de la répression en France, qui a laissé la société comme un « sac de pommes de terre », une masse amorphe qui ne peut pas fonctionner. Dans le cas présent, le tyran n’est pas un dirigeant autocratique – au moins en Occident – mais une concentration de pouvoirs privés.

L’effondrement des institutions dirigeantes centristes a été évidente lors des dernières élections : en France, mi-2017, et aux États-Unis quelques mois plus tôt où les deux candidats qui ont mobilisé les forces populaires étaient Sanders et Trump − même si Trump n’a pas tardé à démontrer la fraude de son « populisme » en s’assurant rapidement que les éléments les plus durs de l’ancien établissement seraient solidement installés au pouvoir du luxuriant « marécage ».

Ces processus pourraient conduire à la rupture du monolithique système américain basé sur un parti unique, celui du monde des affaires, divisé en deux factions concurrentes, avec les électeurs passant de l’un à l’autre au fil du temps. C’est l’occasion pour un véritable « parti populaire » d’émerger, un parti dont la base électorale serait réellement les électeurs, et dont les valeurs directrices mériteraient le respect.

– Le premier voyage à l’étranger de Trump a été pour l’Arabie saoudite. Quelle signification y voyez-vous et qu’est-ce que cela signifie pour les politiques moyen-orientales ? Et que pensez-vous de l’agressivité de Trump envers l’Iran ?

– L’Arabie saoudite est le genre d’endroit où Trump se sent chez lui : une dictature brutale, misérablement répressive (notoirement pour les droits des femmes, mais dans beaucoup d’autres domaines aussi), le premier producteur de pétrole (maintenant dépassé par les États-Unis), et beaucoup d’argent. Le voyage a généré de massives promesses de vente d’armes – ce qui a beaucoup plu à son électorat – et de vagues annonces d’autres dons saoudiens. L’une des conséquences de ce voyage est que les amis saoudiens de Trump ont reçu le feu vert pour intensifier leurs atrocités honteuses au Yémen et pour discipliner le Qatar, qui a été une ombre trop indépendante des maîtres saoudiens. L’Iran a aussi été un facteur. Le Qatar partage un champ de gaz naturel avec l’Iran et entretient des relations commerciales et culturelles, désapprouvées par les Saoudiens et leurs associés, avec ce pays.

L’Iran est depuis longtemps considéré par les dirigeants et les médias américains comme un pays extrêmement dangereux, peut-être le plus dangereux de la planète. Cela remonte à bien avant Trump. Dans ce système doctrinal, l’Iran est une double menace : il est le principal partisan du terrorisme, et ses programmes nucléaires constituent une menace existentielle pour Israël, sinon pour le monde entier. Il est si dangereux qu’Obama a dû installer un système avancé de défense aérienne près de la frontière russe pour protéger l’Europe des armes nucléaires iraniennes – qui n’existent pas et que, de toute façon, les dirigeants iraniens n’utiliseraient que s’ils étaient possédés par le désir d’être, en retour, instantanément incinérés.

C’est cela le système doctrinal. Dans le monde réel, le soutien iranien au terrorisme se traduit par un soutien au Hezbollah, dont le crime majeur est qu’il est le seul moyen de dissuasion contre une autre invasion israélienne destructrice du Liban, et au Hamas, qui a remporté des élections libres dans la bande de Gaza, crime qui a instantanément suscité des sanctions sévères et a conduit le gouvernement américain à préparer un coup d’État militaire. Il est vrai que les deux organisations peuvent être accusées d’actes terroristes, bien que complètement différents de ceux qui découlent de l’implication de l’Arabie saoudite dans la formation et les actions des réseaux djihadistes.

En ce qui concerne les programmes d’armement nucléaire de l’Iran, les services de renseignement américains ont confirmé ce que chacun peut facilement savoir : s’ils existent, ils font partie de la stratégie de dissuasion de l’Iran. Il y a aussi le fait inacceptable que toute préoccupation concernant les armes de destruction massive (ADM) iraniennes puisse être atténuée en répondant simplement à l’appel iranien pour établir une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient. Une telle zone est fortement soutenue par les États arabes et la majeure partie du reste du monde mais est bloquée, principalement par les États-Unis qui souhaitent protéger les capacités en ADM d’Israël.

Si on l’observe bien, on voit que ce système doctrinal s’effondre, il nous reste donc à trouver les vraies raisons de l’agressivité américaine envers l’Iran. Les possibilités viennent facilement à l’esprit. Les États-Unis et Israël ne peuvent pas tolérer une force indépendante dans une région qu’ils considèrent comme la leur. Un Iran avec une dissuasion nucléaire est inacceptable pour les États voyous qui veulent se déchaîner comme ils le souhaitent dans tout le Moyen-Orient. Mais il y a plus que cela. Washington  ne pardonne pas à l’Iran d’avoir renversé le dictateur qu’elle avait installé lors d’un coup d’État militaire en 1953, un coup qui a détruit le régime parlementaire iranien et son espoir de pouvoir bénéficier de ses propres ressources naturelles. Le monde est trop complexe pour toute simple description, mais cela me semble être le centre de l’histoire.

Cela ne ferait non plus pas de mal de rappeler qu’au cours des six dernières décennies, à peine un jour ne s’est passé sans que Washington ne tourmente les Iraniens. Après le coup d’État militaire de 1953, les États-Unis ont appuyé un dictateur décrit par Amnesty International comme un des principaux violeurs des droits humains. Immédiatement après son renversement, l’invasion de l’Iran par Saddam Hussein, soutenue par les États-Unis, ne fut pas une mince affaire. Des centaines de milliers d’Iraniens ont été tués, beaucoup par des armes chimiques. Le soutien de Reagan à son ami Saddam était si extrême que lorsque l’Irak a attaqué un navire américain, l’USS Stark, tuant 37 marins américains, il n’a reçu, en réponse, qu’une légère tape sur les doigts. Reagan a également cherché à accuser l’Iran d’avoir perpétré des attaques chimique horribles sur les Kurdes irakiens, en réalité lancées par Saddam.

Finalement, les États-Unis sont intervenus directement dans la guerre Iran-Irak, conduisant à la capitulation amère de l’Iran. Par la suite, George W. Bush a invité les ingénieurs nucléaires irakiens aux États-Unis pour une formation avancée sur la production d’armes nucléaires – une menace extraordinaire pour l’Iran, indépendamment de ses autres implications. Et, bien sûr, Washington a été le moteur des sévères sanctions contre l’Iran qui continuent à ce jour.

Trump, de son côté, a rejoint les dictateurs les plus durs et les plus répressifs en criant des imprécations contre l’Iran. De plus, l’Iran organisait des élections lors du voyage de Trump au Moyen-Orient, une élection qui, même si elle n’était pas parfaite, serait impensable sur la terre de ses hôtes saoudiens, qui sont également la source de l’islamisme radical qui empoisonne la région. Mais l’agressivité étasunienne contre l’Iran va bien au-delà de Trump lui-même. Elle touche aussi ceux considérés comme les « adultes » de l’administration Trump, comme James « Mad Dog » Mattis, le secrétaire à la Défense. Et elle remonte à loin.

– Quels sont les enjeux stratégiques pour la Corée ? Peut-on faire quelque chose pour désamorcer ce conflit qui prend de l’ampleur ?

– La Corée est un problème qui persiste depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les espoirs des Coréens pour l’unification de la péninsule ont été bloqués par l’intervention des grandes puissances, les États-Unis en portant la responsabilité première.

La dictature nord-coréenne pourrait bien gagner le prix de la brutalité et de la répression, mais elle cherche, et dans une certaine mesure atteint, un certain niveau de développement économique, malgré le fardeau écrasant d’un énorme système militaire. Ce système comprend bien entendu un arsenal croissant d’armes nucléaires et de missiles, qui constituent une menace pour la région et, à plus long terme, pour des pays au-delà – mais sa fonction étant de dissuader, il est peu probable que le régime nord-coréen l’abandonne tant qu’il est sous la menace d’une destruction.

Aujourd’hui, on nous dit que le grand défi auquel le monde est confronté est de savoir comment contraindre la Corée du Nord à geler ses programmes nucléaires et balistiques. Ainsi, on devrait peut être recourir à plus de sanctions, à la cyberguerre, à l’intimidation ; au déploiement du système antimissile de la Défense terrestre à haute altitude (THAAD), que la Chine considère comme une menace sérieuse pour ses propres intérêts ; peut-être même attaquer directement la Corée du Nord, ce qui entraînerait des bombardements massifs en représailles, dévastant Séoul et une grande partie de la Corée du Sud, sans même utiliser d’armes nucléaires.

Mais il y a une autre option qui semble être ignorée : nous pourrions simplement accepter l’offre de la Corée du Nord de faire ce que nous demandons. La Chine et la Corée du Nord ont déjà proposé que la Corée du Nord gèle ses programmes nucléaires et de missiles. La proposition, pourtant, a été rejetée immédiatement par Washington, tout comme elle l’avait été deux ans plus tôt, car elle comprend une contrepartie : elle appelle les États-Unis à mettre fin à leurs exercices militaires menaçants aux frontières de la Corée du Nord, dont les simulations d’attaque nucléaires par des B-52.

La proposition sino-nord-coréenne n’est guère déraisonnable. Les Nord-Coréens se souviennent bien que leur pays a été littéralement écrasé par les bombardements américains, et beaucoup se souviennent peut-être de la façon dont les forces américaines ont bombardé de grands barrages quand il n’y avait plus d’autres cibles. Il y avait des rapports joyeux dans les publications militaires américaines au sujet du spectacle passionnant d’un énorme flot d’eau anéantissant les cultures de riz dont dépend l’« Asie » pour sa survie. Ils valent vraiment la peine d’être lus, une partie utile de la mémoire historique.

L’offre de geler les programmes nucléaires et balistiques de la Corée du Nord en échange de l’arrêt des actes provocateurs sur la frontière nord-coréenne pourrait être la base de négociations plus approfondies qui pourraient réduire radicalement la menace nucléaire et même résoudre la crise nord-coréenne. Contrairement à beaucoup de commentaires enflammés, il y a de bonnes raisons de penser que de telles négociations pourraient réussir. Pourtant, même si les programmes nord-coréens sont constamment décrits comme étant peut-être la plus grande menace à laquelle nous sommes confrontés, la proposition sino-nord-coréenne est inacceptable pour Washington et rejetée par les observateurs américains avec une unanimité impressionnante. C’est une autre entrée dans le dossier honteux et déprimant de cette préférence quasi-automatique pour la force alors que des options pacifiques sont disponibles.

Les élections sud-coréennes de 2017 pourraient offrir une lueur d’espoir. Le président qui vient d’être élu, Moon Jae-in, semble vouloir inverser la politique de dure confrontation de son prédécesseur. Il a appelé à explorer les options diplomatiques et à prendre des mesures pour la réconciliation, ce qui est certainement une amélioration par rapport à ces agitations de colère qui pourraient conduire à un vrai désastre.

– Vous avez par le passé exprimé des inquiétudes au sujet de l’Union européenne. Que pensez-vous qu’il adviendra alors que l’Europe devient moins liée aux États-Unis et au Royaume-Uni?

– L’UE est confrontée à des problèmes fondamentaux, notamment une monnaie unique sans union politique. Mais elle a également de nombreuses caractéristiques positives. Il y a quelques idées sensées visant à sauver ce qui est bon et à améliorer ce qui ne l’est pas. L’initiative DiEM25 de Yanis Varoufakis pour une Europe démocratique est une approche prometteuse.

Le Royaume-Uni a souvent été un substitut des États-Unis dans la politique européenne. Le Brexit pourrait encourager l’Europe à adopter un rôle plus indépendant dans les affaires mondiales, cela pourrait être accéléré par les politiques de Trump qui nous isolent de plus en plus du reste du monde. Pendant qu’il crie fort et brandit son énorme bâton, la Chine prend les devants au niveau des politiques énergétiques mondiales tout en étendant son influence vers l’ouest et, finalement, jusqu’à l’Europe, par le biais de l’Organisation de coopération de Shanghai et la Nouvelle Route de la Soie.

Que l’Europe puisse devenir une « troisième force » indépendante est un sujet de préoccupation pour les planificateurs américains depuis la Seconde Guerre mondiale. Il y a eu de longues discussions sur la conception gaulliste d’une Europe allant de l’Atlantique à l’Oural ou, plus récemment, sur la vision de Gorbatchev d’une Europe commune de Bruxelles à Vladivostok.

Quoi qu’il arrive, l’Allemagne est sûre de conserver un rôle dominant dans les affaires européennes. Il est plutôt surprenant d’entendre une chancelière allemande conservatrice, Angela Merkel, faisant la leçon à son homologue américaine sur les droits de l’homme et prendre l’initiative, au moins pour un temps, de se confronter à la question des réfugiés qui montre la profonde crise morale de l’Europe. D’autre part, l’insistance de l’Allemagne pour l’austérité, sa paranoïa envers l’inflation et sa politique de promotion des exportations tout en limitant la consommation intérieure ne portent pas une mince responsabilité dans la détresse économique de l’Europe, en particulier dans la situation désastreuse des économies périphériques. Cependant, dans le meilleur des cas et sans aller trop loin dans l’imagination, l’Allemagne pourrait influencer l’Europe afin qu’elle devienne une force généralement positive dans les affaires mondiales.

– Que pensez-vous du conflit entre l’administration Trump et les services de renseignement états-uniens ? Croyez-vous en « l’État profond » ?

Une bureaucratie de la sécurité nationale existe depuis la Seconde Guerre mondiale. Et les analystes de la sécurité nationale, au sein et en dehors du gouvernement, ont été consternés par les nombreux et sauvages dérapages de Trump. Leur consternation est partagée par les crédibles experts qui ont mis en place l’Horloge de Fin du monde, puisqu’ils l’ont avancée à deux minutes et demie avant minuit sitôt que Trump a pris ses fonctions ; le plus proche du désastre terminal depuis 1953, lorsque les États-Unis et l’URSS ont fait exploser des bombes thermonucléaires. Mais je vois peu de signes que cela aille plus profond que cela, qu’il y aurait une conspiration secrète par un « État profond ».

– En conclusion, à l’approche de votre 89e anniversaire, je me demandais : avez-vous une théorie à propos de la longévité ?

– Oui et elle est simple, vraiment. Si vous roulez à vélo et que vous ne voulez pas tomber, vous devez continuer à rouler, et vite.

Noam Chomsky 

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

 

Que peut faire Trump ?

par Paul Craig Roberts

4 août 2017

Source : http://lesakerfrancophone.fr/que-peut-faire-trump

Source originaire : katehon

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Donald Trump, en tant que président des États-Unis, était l’espoir de l’humanité, ou bien, devrais-je dire, l’espoir de cette partie de l’humanité consciente du danger inhérent à la provocation de conflits entre puissances nucléaires.

 

Pendant deux décennies, les régimes Clinton, George W. Bush et Obama ont jeté des bâtons, des pierres et des injures à l’ours russe. Les États-Unis ont rompu l’accord de sécurité en aggravant la menace que la Russie perçoit, en menant des jeux de guerre aux frontières de ce pays, en organisant un coup d’État en Ukraine – une province qui a appartenu à la Russie pendant des siècles – et en entretenant un flot ininterrompu d’accusations fallacieuses.

Le résultat de cette politique irresponsable, inconsidérée et imprudente envers la Russie a été l’annonce par le haut commandement russe, il y a quelques semaines – ignorée par les médias américains – qu’il avait conclu que Washington préparait une attaque nucléaire surprise contre la Russie.

C’est l’événement le plus alarmant de ma vie. Maintenant que les criminels insensés de Washington ont convaincu la Russie que celle-ci est dans les plans de guerre de Washington, la Russie n’a d’autre alternative que de se préparer à frapper la première.

Pendant la Guerre froide, les deux côtés ont reçu de nombreuses fausses alarmes sur des missiles balistiques ICBM entrants, mais parce que les deux parties travaillaient à réduire les tensions, les alarmes sont restées lettres mortes. Mais aujourd’hui, alors que Washington a élevé les tensions à un tel niveau, les deux parties risquent de croire à la fausse alarme. La prochaine fausse alarme pourrait entraîner la fin de la vie sur terre, et pour cela il n’y a personne d’autre à blâmer que Washington.

L’accent que Trump a mis sur la normalisation des relations avec la Russie a été un grand soulagement pour les personnes suffisamment intelligentes pour comprendre les conséquences de la guerre nucléaire. Mais aucune de ces personnes n’est à Washington, au Parti démocrate, au Parti républicain, dans le complexe militaro-sécuritaire, ou parmi les organes de presse prostitués qui se font passer pour des médias en Amérique. Toutes ces personnes veulent détruire Trump parce qu’il veut faire la paix avec la Russie.

Sur les 535 membres de la Chambre des représentants et du Sénat, 530 ont voté à l’appui d’un projet de loi qui viole la séparation des pouvoirs et empêche le président Trump de mettre son veto aux sanctions contre la Russie. Comme le vote est tellement massif qu’il se protège du veto de la Maison Blanche [par plus des deux-tiers des votants], celle-ci a annoncé que Trump signera le projet de loi, renonçant ainsi à son objectif de restaurer des relations normales avec la Russie.

La Maison Blanche croit que, dans la mesure où le projet de loi est immunisé contre un veto, tout ce que Trump pourrait attendre, suite à un veto, est de se voir accusé d’être un agent russe qui exploite sa position pour protéger la Russie, ce qui pourrait facilement le conduire vers une procédure de destitution.

Cependant, il y a des choses que Trump pourrait faire, dans la mesure où le désamorçage de la menace que la Russie perçoit est essentiel pour éviter la guerre, il est impératif qu’il fasse tout son possible pour empêcher le complexe militaro-sécuritaire et ses larbins au Congrès et dans les médias de bloquer l’Amérique dans une impasse mortelle avec la Russie.

Comme je l’ai écrit hier, Trump pourrait porter sa cause devant le peuple américain dans un discours majeur en soulignant que le Congrès viole la séparation des pouvoirs, isole la présidence et lui interdit de réduire les tensions dangereuses que les administrations précédentes ont créées avec une puissance nucléaire de premier rang.

Trump pourrait également dire au Congrès que sa loi est inconstitutionnelle, qu’il ne signera pas et ne mettra pas son veto et, si le Congrès persiste, il le conduira à la Cour suprême.

Trump pourrait également téléphoner aux politiciens allemands et aux PDG des  entreprises qui ont dénoncé les sanctions comme illégales et destinées à servir les intérêts commerciaux américains au détriment de l’Allemagne. Il devrait leur dire de forcer Merkel à annoncer que l’Allemagne n’acceptera pas les sanctions. Les dirigeants de l’UE dénoncent également les sanctions. Trump, avec un peu d’effort, peut organiser l’opposition européenne jusqu’au point où il pourrait dire au Congrès que, en tant que président des États-Unis, il ne peut pas permettre à une collection d’imbéciles stupides – ce qu’est le Congrès – de détruire l’empire de Washington en expulsant les Européens. Si Trump peut amener les Européens à agir, il peut défaire le projet de loi, qui n’est réellement rien d’autre que le service rendu par le Congrès aux contributeurs du complexe militaro-sécuritaire et du lobby industriel de l’énergie à ses campagnes politiques.

Trump est un lutteur. Et c’est là le combat de Trump. Il a tout à gagner en relevant le défi, de même que le reste d’entre nous. Le monde entier devrait être derrière Trump car il n’y a personne d’autre pour désamorcer les tensions qui menacent d’une guerre nucléaire.

J’ai été émerveillé par la bêtise et les mensonges éhontés de la gauche progressiste libérale américaine, qui s’est rangée en bon ordre derrière les efforts du complexe militaro-sécuritaire pour abattre Trump, parce que la paix avec la Russie supprime la justification essentielle si nécessaire au gargantuesque budget et au pouvoir du complexe militaro-sécuritaire. Bien sûr, l’Amérique n’a plus de gauche. Elle a été remplacée par la politique identitaire, une création sioniste, comme l’explique Gilad Atzmon dans ses livres, qui s’avère efficace pour détruire les goyims en leur apprenant à se haïr les uns les autres. Dans la politique identitaire, tout le monde est victime des mâles hétérosexuels blancs, que les identitaires définissent comme un groupe de tarés accrocs aux armes à feu, misogynes, racistes et homophobes. Alors que les « déplorables » de Hillary ont voté pour Trump, la gauche libérale-progressiste hait Trump et apporte son aide au complexe militaro-sécuritaire pour le détruire, même au prix d’une guerre nucléaire.

Comme je l’avais prévu, Trump n’avait aucune idée de la façon de former un gouvernement qui serait à ses côtés et a évidemment complètement échoué. Il est continuellement contredit par son ambassadrice à l’ONU, son secrétaire au Département d’État, son conseiller de sécurité nationale, et son secrétaire à la Défense. Trump est seul dans son gouvernement.

Mais, il pourrait quand même se battre. S’adresser au peuple américain. Organiser les Européens en colère. Attaquer les criminels de Washington avant qu’ils ne détruisent le monde par la guerre.

Déjà au XXIe siècle, Washington a détruit tout ou partie de sept pays, envoyant des millions de réfugiés sur les routes qui, avec les immigrants revendiquant le statut de réfugié, modifient la population de l’Europe en l’effaçant de la surface du globe.

Voilà la récompense de l’Europe pour sa soumission à Washington.

Trump devrait dire à l’Europe : « Il est temps de faire savoir à Washington que vous en avez assez ! »

S’il ne se bat pas et se trouve éconduit par les imbéciles qui le conseillent dans le camp des oligarques dirigeants, Trump, afin de jouer son rôle de leadership, mènera les guerres américaines contre le monde. En tant que chef de guerre, il sera soutenu par l’oligarchie dirigeante, et la racaille des libéraux progressistes – qui auront aidé le complexe militaro-sécuritaire à vaincre l’initiative de Trump pour faire la paix avec la Russie – mais ne pourra plus s’appuyer sur rien.

Voici ma prédiction. La personnalité de Trump le pousse à être un leader. Après avoir été vaincu dans son initiative de paix par le complexe militaro-sécuritaire, les libéraux-progressistes, les démocrates corrompus, les républicains corrompus et les prostitués qui se font passer pour des médias, reprendront leur leadership par des guerres et des agressions contre des ennemis étrangers.

Trump a déjà imposé des sanctions illégales au Venezuela, dans l’espoir de renverser la démocratie vénézuélienne et de restaurer le règne de Washington à travers le petit groupe d’Espagnols de droite qui a traditionnellement dominé le pays.

La Russie et la Chine auraient eu la possibilité de venir en aide au Venezuela et empêcher le renversement du gouvernement démocratiquement élu par Washington, mais les deux pays manquaient de la vision nécessaire. Une fois que Washington aura renversé le gouvernement vénézuélien, il renversera le gouvernement en Équateur et retirera l’asile diplomatique à Julian Assange. Après que Assange, sous la torture, prétendra que WikiLeaks est une organisation russo-américaine financée par Donald Trump et Vladimir Poutine, il sera mis à mort, et la racaille américaine jubilera. Ensuite, Washington renversera la Bolivie et purgera le Brésil de tous ses dirigeants politiques qui n’émargent pas sur les fiches de paies de la CIA.

Ensuite, Washington va stigmatiser la Russie et la Chine comme des « nations hors-la-loi » et, entourées comme elles le sont par les sites de missiles nucléaires américains, Washington exigera la capitulation ou la destruction.

Tout cela semble être un fantasme, n’est-ce pas ? Mais c’est bien réel.