Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie : Une erreur stratégique

par Moon of Alabama

6 août 2017

Source: http://arretsurinfo.ch/les-nouvelles-sanctions-americaines-contre-la-russie-une-erreur-strategique/

Source originaire : http://www.moonofalabama.org/2017/08/sanctions-against-russia-are-a-failure-of-us-strategy.html

 

 

Récemment, le congrès américain a voté des sanctions contre la Fédération de Russie au motif de son ingérence présumée, mais absolument pas prouvée, dans les élections présidentielles américaines. Le vote a été quasi unanime.

Le président Trump a signé le décret. C’est une grossière erreur. Il aurait dû opposer son veto, même si cela n’aurait probablement rien changé. En signant la loi, Trump a renoncé à sa position de relative neutralité envers la Russie. Sans aucun bénéfice.

Les sanctions du Congrès sont presque toujours éternelles. L’amendement de Jackson-Vanik de 1974 a limité le commerce avec le « bloc communiste ». Il était censé favoriser l’émigration des Juifs d’Union Soviétique vers Israël. Mais la loi et ses sanctions économiques ont été maintenues après l’effondrement de l’Union soviétique début 1990, après la disparition du « bloc communiste », et longtemps après la levée de toutes les limitations à l’émigration. L’amendement n’a été abrogé qu’en 2012 et seulement pour être immédiatement remplacé par la ridicule loi Magnitsky qui a immédiatement établi une nouvelle série de sanctions contre la Fédération de Russie et ses intérêts.

C’est pour des raisons de politique intérieure que des sanctions comme l’amendement Jackson-Vanik et la loi Magnitsky ont été votées. La Russie n’aurait rien pu faire pour les éviter, ni pour les faire lever.

Les nouvelles sanctions américaines ne sont pas seulement dirigées contre la Russie, mais contre toutesles entreprises et les nations qui coopèrent avec la Russie en matière d’énergie. C’est une tentative cousue de fil blanc pour obliger les pays européens à acheter le gaz naturel liquéfié américain, qui coûte cher, à la place du gaz russe bon marché livré par pipelines. L’objectif immédiat est le pipeline Nord Stream 2, entre la Russie et l’Allemagne, qui traverse la mer Baltique pour éviter les points de potentiels conflits en Europe de l’Est. Les sanctions constituent une menace pour l’indépendance de la politique énergétique allemande. (Les autres partenaires du pipeline sont l’Autriche, la France et les Pays-Bas.) En conséquence, pour 35% des Allemands les États-Unis sont devenus la « principale menace pour le pays ». La Russie est considérée comme telle par seulement 33% des Allemands. Cette vision correspond à la perception générale dans le monde.

Ces sanctions façonneront la relation entre les États-Unis et la Russie pour les 30 prochaines années et plus. Le 2 août, le Premier ministre russe Medvedev a dit que la faiblesse du président Trump était la principale cause de ces sanctions :

Le fait que le Président des États-Unis ait signé cette série de nouvelles sanctions contre la Russie ne sera pas sans conséquences. D’abord, il met fin à l’espoir d’améliorer nos relations avec la nouvelle administration américaine. Deuxièmement, c’est une déclaration de guerre économique totale contre la Russie. Troisièmement, l’administration Trump a montré sa grande faiblesse en remettant le pouvoir exécutif au Congrès de cette manière très humiliante. Cela modifie l’équilibre du pouvoir dans les milieux politiques américains.

Qu’est-ce que tout cela signifie pour eux ? L’établissement américain a complètement triomphé de Trump ; Le président ne voulait pas des nouvelles sanctions, mais il a été obligé de signer la loi. Les nouvelles sanctions ont pour objet principal de fragiliser Trump. Ce n’est qu’une étape, le but est de l’éliminer du pouvoir. Tout acteur qui ne joue pas le jeu du système doit être supprimé. Les intérêts du monde des affaires américain sont passés à la trappe, la politique prend le pas sur le pragmatisme. L’hystérie anti-russe est devenue un élément clé de la politique étrangère des États-Unis (ce n’est pas nouveau) et de la politique intérieure (ça, c’est nouveau).

Rappelez-vous que Medvedev, en tant que leader russe, était depuis longtemps l’espoir de l’élite américaine qui le croyait plus influençable que le président russe Poutine. Medvedev pourrait bien redevenir à nouveau président. Mais aucun média américain, sauf le New York Post, n’a fait attention à sa déclaration. Cela est en soi étonnant et inquiétant. Personne aux États-Unis n’est-il capable de voir où tout cela mène ? Voilà les prédictions de Medvedev :

Le régime des sanctions a été codifié et restera en vigueur pendant des décennies, à moins d’un miracle. […] [Les relations entre la Russie et les États-Unis seront extrêmement tendues, indépendamment de la couleur politique du Congrès et quel que soit le président. Il va y avoir d’interminables arguties dans les organes et tribunaux internationaux, ainsi qu’une augmentation des tensions internationales et un refus de régler de graves problèmes internationaux.

Sur le plan économique et politique, la Russie a les capacités de faire face à ces sanctions, a dit Medvedev. Mais les États-Unis l’ont-ils ?

Pour maintenir leur suprématie sur la planète, les États-Unis doivent empêcher une alliance euro-asiatique, notamment entre la Russie et la Chine. Dans sa dernière contribution au « grand échiquier », Vers un réalignement mondial, le stratège américain Zbigniew Brzezinski – impitoyable, amoral et talentueux – affirme :

Il appartient aux États-Unis de mettre en place une politique dans laquelle au moins l’un des deux États potentiellement menaçants deviendrait un partenaire dans la quête d’une stabilité mondiale d’abord régionale puis plus large ; cela permettrait de contenir le rival le moins prévisible mais sans doute aussi le plus important à maîtriser. Actuellement le rival le plus important à contenir est la Russie, mais à plus long terme, ce pourrait être la Chine.

L’élite de la politique étrangère des États-Unis a déclaré la guerre à la Russie. La position de confrontation envers la Chine, qui était en vogue sous Obama, a clairement évolué. On ne parle plus du « pivot vers l’Asie » de Hillary Clinton / Barack Obama. L’accord anti-chinois de partenariat Trans Pacific a été annulé. Les provocations militaires contre la Chine au sud de la mer de la Chine ont été réduites et remplacées par des provocations continuelles contre la Russie en Europe de l’Est. Ces mesures sont conformes à la stratégie élaborée par Brzezinski.

La Russie a prouvé au cours de l’histoire qu’elle savait faire preuve d’imagination dans sa politique. Elle est extrêmement résistante à la pression. Avec les États-Unis dans une position moins hostile contre la Chine, Béhémoth va poursuivre sans relâche ses propres objectifs. La Russie sera bientôt l’une des principales sources chinoises d’énergie fossile et d’autres produits de base. Dans un tel contexte, il n’y a aucune raison majeure pour que la Chine et la Russie ne s’accordent pas. Il n’y aura pas de rupture russo-chinoise. Les principaux pays européens résisteront aux pressions qui mettent en danger leurs économies.

Brzezinski est aveuglé par sa haine de la Russie. (Il vient d’une famille galicio-polonaise de la petite noblesse). Sa stratégie est erronée car elle permet à la Chine d’établir sa suprématie. Même dans le cadre de la stratégie de Brzezinski, une alliance russo-européo-étatsunienne contre la poursuite chinoise de l’hégémonie aurait été ce qu’il y a de plus logique.

La stratégie d’Hillary Clinton d’accuser la Russie du fait qu’elle n’était pas populaire et qu’elle a échoué aux élections, aboutit maintenant à un échec majeur de la stratégie globale américaine. Si la Maison Blanche avait eu une vision et un projet politique, cela ne se serait pas passé comme ça, mais ce n’est pas le cas (pour l’instant) sous l’ère Trump.

Je ne vois pas comment cette stratégie, maintenant scellée dans le marbre par les sanctions du Congrès, pourra jamais apporter le moindre bénéfice aux États-Unis, au niveau mondial.

 

Contre l’unilatéralisme US : une lueur d’espoir

par Paul Craig Roberts

Le 28 juillet 2017

Source:http : //lesakerfrancophone.fr/contre-lunilateralisme-us-une-lueur-despoir

Source originaire : katheon

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L’Amérique présente  un visage décourageant depuis que, d’une part, les néoconservateurs ont dirigé la politique étrangère des États-Unis pendant le régime de Clinton et ont  amorcé deux décennies de crimes de guerre qui définissent l’Amérique du XXIe siècle et, d’autre part, depuis que les entreprises américaines ont trahi la main-d’œuvre de leur pays en déplaçant les emplois américains en Asie.

La perspective est devenue plus sombre lorsque le régime d’Obama a ressuscité la menace russe et a élevé la perspective d’un conflit militaire entre les puissances nucléaires.
Comme l’Europe est prise entre les deux, dans des circonstances normales, les pays européens auraient insisté pour que Washington cesse les provocations gratuites contre la Russie. Mais les circonstances normales n’ont jamais existé. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les pays européens ont été des vassaux sans politiques économique et étrangère indépendantes.
L’Europe accueille des bases militaires américaines qui menacent la Russie. L’Europe a soutenu les guerres d’agression de Washington contre la Serbie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie, les attaques aériennes de Washington contre les provinces du Pakistan et l’utilisation, par Washington, de l’Arabie saoudite pour mener sa guerre par procuration contre le Yémen.
L’Europe a soutenu les sanctions économiques gratuites de Washington contre l’Iran et la Russie, des sanctions qui ont coûté beaucoup à l’Europe et peu à Washington.
Habitué à être obéi par l’Europe, Washington engage celle-ci sans même consulter leurs gouvernements vassaux. Maintenant, il semble que l’extraordinaire arrogance et l’hubris de Washington ont passé les bornes. Confronté à une nouvelle série de sanctions contre la Russie, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a déclaré que le temps était révolu où Washington pouvait faire primer ses intérêts sur ceux de l’Europe.
Les nouvelles sanctions ont des conséquences économiques et politiques dévastatrices pour l’Europe. Juncker a déclaré : « Si les préoccupations de l’Europe ne sont pas suffisamment prises en compte, nous sommes prêts à agir de manière appropriée en quelques jours. »
Les ministères des Affaires étrangères allemand et français ont apporté leur soutien à Juncker. Le ministère allemand des Affaires étrangères a déclaré : « Ce n’est pas aux Américains que revient le droit de juger ou de préciser de quelle manière les entreprises européennes peuvent engager une coopération avec des tiers, en particulier avec les entreprises énergétiques russes. »
Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré : « les sanctions contredisent le droit international  en raison de leur portée extraterritoriale ».
L’Europe considère les sanctions comme un outil de la politique industrielle américaine qui met les intérêts commerciaux des États-Unis avant les intérêts commerciaux de l’Europe.
Espérons que l’arrogance de Washington ne lui permettra pas de faire reculer l’Europe et que celle-ci lui fera un bras d’honneur et se désengagera de l’Empire américain. Sans une Europe qui accepte de loger ses bases militaires et qui ânonne sa propagande, la capacité de Washington de menacer la Russie diminuerait considérablement. En effet, une continuation de l’attitude hostile menaçante envers la Russie laisserait Washington isolé dans le monde. Aucun pays ne veut courir le risque de subir une guerre nucléaire uniquement pour le bien-être de l’unilatéralisme américain.
Paul Craig Roberts
Traduit par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone

Dégâts collatéraux. Les sanctions US visent la Russie, et frappent l’Europe

par Diana Johnstone
Source : http://arretsurinfo.ch/degats-collateraux-les-sanctions-us-visent-la-russie-et-frappent-leurope/
Source originaire : http://www.unz.com/article/collateral-damage/
28 juillet 2017

Savent-ils ce qu’ils font? Lorsque les représentants au Congrès américain adoptent des sanctions qui visent surtout à affaiblir le Président Trump et à exclure tout effort d’améliorer les relations avec la Russie, savent-ils que ces mesures reviennent à une déclaration de guerre économique contre leur chers « amis » européens ?
Qu’ils le sachent ou non, ils s’en fichent. Les politiciens outre-Atlantique voient le reste du monde comme un grand arrière-pays, à exploiter, punir ou ignorer avec impunité.
La Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (l’Acte de sanctions pour lutter contre les adversaires de l’Amérique) fut adoptée le 25 juillet par 419 députés de la Chambre contre trois. Une version précédente fut adoptée par tous les Sénateurs sauf deux. Le passage final est certain, dans des proportions telles qu’il puisse passer outre à un éventuel véto présidentiel.
Cette crise de colère du Congrès frappe dans tous les sens. Les victimes principales seront sans doute les chers alliés européens, en particulier l’Allemagne et la France – qui, soit dit en passant, peuvent parfois être des concurrents économiques des Etats-Unis. Mais de telles considérations ne frôlent pas l’esprit des nobles élus du peuple américain, tous dévoués à l’avancement de la moralité universelle.
La “puissance douce” américaine frappe dur
Sous le régime des sanctions U.S., chaque nation qui fait des affaires avec la Russie (ou avec les autres pays cités) peut se trouver dans le pétrin. En particulier, cette loi vise toute entreprise engagée dans la construction du gazoduc Nord Stream 2, destiné à provisionner l’Allemagne en gaz naturel de la Russie.
Petit détail : les sociétés américaines sont prêtes à donner un coup de main à leurs amis allemands en leur vendant leur propre gaz naturel, obtenu par fracturation, beaucoup plus cher.
Ce n’est qu’un des moyens par lesquels cette loi soumettrait les banques et sociétés européennes à des restrictions, poursuites judiciaires et amendes gigantesques. Tout en prêchant la « libre compétition » au monde entier, les Etats-Unis prennent constamment des mesures pour l’entraver.
Depuis l’accord de juillet 2015 qui garantissait le non-développement d’armes nucléaires par l’Iran, les sanctions internationales contre ce pays furent levées, mais les Etats-Unis en a gardées d’autres, plus anciennes. Ainsi, toute entreprise européenne qui envisage de faire des investissements ou de commerce avec l’Iran a toutes les chances de recevoir une lettre d’une entité basée à New York, s’appelant United Against Nuclear Iran (Unis contre l’Iran nucléaire) qui prévient qu’il reste « de sérieux risques légaux, politiques, financiers et de ternir sa réputation, associés au commerce avec l’Iran, surtout dans les secteurs de l’économie iranienne tels que le pétrole et le gaz. » Parmi les risques cités on trouve des milliards de dollars d’amendes, la surveillance par un grand nombre d’organismes de régulation, des dangers personnels, la cyber-insécurité, la perte de bonnes affaires, une mauvaise réputation et un déclin de la valeur boursière.
Les Etats-Unis se comportent en gangster en toute impunité parce que pendant de longues années ils ont crée un vaste labyrinthe juridique, impénétrable et capable de s’imposer à la vie économique du « Monde Libre » grâce à l’omniprésence du dollar, des capacités de renseignement sans pareil et l’intimidation pure et simple.
Les dirigeants européens ont réagi avec indignation à cette dernière rafale de sanctions. Le ministère des affaires étrangères allemand jugeait « inacceptable d’utiliser les sanctions comme un instrument pour servir les intérêts de l’industrie des Etats-Unis ».
Le Quai d’Orsay a dénoncé comme illégale « l’extraterritorialité » de la législation américaine, annonçant que «pour nous protéger des effets extraterritoriaux de cette législation, il faut adapter nos lois françaises et européennes ».
En effet, l’imposition arrogante des Etats-Unis de leurs propres lois aux autres pays inspire une croissante amertume en France. Déjà le 5 octobre dernier, un rapport sérieux sur « l’extraterritorialité de la législation américaine » fut présenté aux commissions des affaires étrangères et de la finance de l’Assemblée nationale.
L’extraterritorialité
Le président de la commission d’enquête qui a produit ce rapport, Pierre Lellouche, a résumé la situation ainsi:
“Les faits sont très simples. Nous sommes devant un mur de législations américaines extrêmement touffues avec une intention précise qui est d’utiliser le droit à des fins d’imperium économique et politique dans l’idée d’obtenir des avantages économiques et stratégiques. Comme toujours aux Etats-Unis, cet imperium, ce rouleau compresseur normatif se déroule au nom des meilleures intentions du monde puisque les Etats-Unis se définissent comme un benevolent power, c’est-à-dire un pays qui ne peut faire que le bien. »
Toujours au nom de la « lutte contre la corruption » ou la « lutte contre le terrorisme », les Etats-Unis entament les poursuites contre tout ce qui peut être appelé une « U.S. person », ce qui selon le droit bizarre du pays peut désigner n’importe quelle entreprise liée au pays par une filiale américaine, ou qui est côté en bourse à New York, ou qui utilise un serveur basé aux Etats-Unis, ou qui tout simplement fait du commerce en dollars, ce qu’aucune entreprise internationale ne peut éviter.
En 2014, la plus grande banque française, BNP-Paribas, s’est résignée à payer aux Américains des amendes de presque neuf milliards de dollars, rien que pour avoir utilisé des transferts en dollars au cours de transactions avec des pays sous sanctions américaines. Ce commerce était parfaitement légal en droit français. Mais parce que les échanges étaient en dollars, elles transitaient par les Etats-Unis, où elles étaient repérées par les régulateurs.
Dans ces cas, les banques européennes ont le choix entre se faire traîner devant les tribunaux hostiles pour des procès interminables, ce qui entraînerait divers ennuis et punitions même avant le verdict, ou bien, suivre le conseil des avocats d’affaires américains bien rémunérés et accepter d’entrer dans l’obscure culture judiciaire américaine du  plea bargaining , du « plaider coupable », pour y échapper.  Tout comme le misérable accusé de piquer des pommes, les entreprises européennes sont incitées à se confesser pour échapper à des conséquences bien pires.
Alstom, joyau de l’industrie française, a cédé sa branche énergie au géant américain General Electric en 2014, au moment où Alstom était sous pression américaine suivant des accusations de corruption (probablement liées à des dessous-de-table versés aux intermédiaires de certains pays du Sud).
Selon le rapport parlementaire déjà cité :
« Le rachat de la branche énergie d’Alstom par General Electric a également suscité des interrogations sur une éventuelle instrumentalisation des procédures pour corruption engagées contre Alstom en vue de convaincre ses dirigeants de choisir l’offre américaine plutôt que celle de Siemens et de Mitsubishi. … Selon Le Figaro du 17 décembre : « les avocats de GE auraient joué un rôle clé : leur intervention aurait permis de faire baisser le montant en échange d’une promesse d’appliquer le code de bonne conduite du groupe américain chez le français. L’accord ne devait toutefois être révélé qu’après la finalisation de l’opération pour que l’amende n’apparaisse pas comme un élément qui aurait fait pencher la balance du côté américain plutôt qu’en faveur de Siemens-Mitsubishi » ».
« À propos de cette amende, qui s’est tout de même élevée à 772 millions de dollars, il faut ajouter qu’au nom de la continuité juridique de la société Alstom, c’est ce qui reste de celle-ci, c’est-à-dire essentiellement l’ex-branche transport, laquelle ne représentait qu’un tiers du chiffre d’affaires du groupe avant son démantèlement, qui l’a réglée, alors même que les manquements à l’origine de cette sanction concernaient les activités énergie reprises par General Electric ! »
L’hypothèse sous-jacente à ces poursuites est que la supposée corruption enlève des marchés aux firmes américaines plus vertueuses. Cela peut bien être le cas, mais ce qui manque est la moindre réciprocité. Toute une panoplie d’agences américaines, avec les moyens d’espionner n’importe quelle communication, est consacrée à la tâche de traquer les méfaits de leurs concurrents partout dans le monde. Par exemple, l’Office of Foreign Assets Control, travaille à cette tâche avec 200 employés et un budget de plus de $30 million. Son homologue à Paris emploie cinq personnes.
Le dernier volet de sanctions est destiné à exposer les banques et les entreprises européennes à des conséquences encore plus sévères, surtout en ce qui concerne le gazoduc Nord Stream.
Il faut noter que les sanctions font partie de toute une série de mesures législatives qui visent à miner la souveraineté nationale en créant une juridiction globale où n’importe qui peut poursuivre n’importe qui d’autre pour n’importe quoi, mais où la capacité ultime d’enquêter et d’imposer la loi reste chez les Américains.
Sabotant l’économie européenne
Plus d’une dizaine de banques européennes se sont trouvées dans le collimateur moralisant étasunien (anglaises, allemandes, françaises, néerlandaises, suisses), qui vise les grands pays, tandis que l’influence américaine écrasante dans des pays du Nord-Est – Pologne, les Etats Baltes et même la Suède – empêche l’Union Européenne de prendre des mesures d’autodéfense contraires aux intérêts américains.
Le plus gros poisson dans cette expédition de pêche risque d’être la Deutsche Bank. Actuellement, la Deutsche Bank fait l’objet de poursuites pour avoir participé aux spéculations sur les subprimes aux Etats-Unis. Selon Pierre Lellouche, « la Deutsche Bank va être redressée pour un montant de 14 milliards de dollars alors qu’elle en vaut 5 et demi. Surtout, elle est exposée à hauteur de l’équivalent de treize fois le PIB de l’Allemagne. Autrement dit, si cette affaire va à son terme, on risque par un effet de dominos, une crise financière majeure en Europe. »
La question ici n’est pas les pratiques de la Deutsche Bank – sans doute répréhensibles – mais des « deux poids deux mesures » pratiqués par une puissance qui se comporte en empire. Les sanctions sont une véritable épée de Damoclès qui menace les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis. Ce comportement punitif risque fort de finir par affaiblir l’économie américaine elle-même.
Dans les auditions parlementaire, Elisabeth Guigou a déclaré que la situation est choquante. « Nous avons eu, à plusieurs reprises, des échanges avec des responsables américains, et notamment avec l’ambassadrice américaine en France : nous leur avons indiqué que cette situation était insupportable. »
Jacques Myard enchaînait : « Actuellement, nous assistons à une volonté manifeste des États-Unis d’utiliser leur droit à des fins politiques, de sécurité et d’influence, mais également à des fins commerciales : c’est une volonté impérialiste. Le droit américain est utilisé pour obtenir des marchés et éliminer des concurrents. Nous devons ne pas être naïfs et prendre conscience de ce qui se passe. … En effet, les grands groupes sont dans les mains des cabinets d’avocats américains, qui leur conseillent de ne surtout pas avertir les autorités françaises, et de régler leurs procès discrètement, grâce au mécanisme du plaider coupable ; ces cabinets facturent pour cela des honoraires substantiels. »
Cette enquête marquait un pas vers une prise de conscience et de la résistance contre une nouvelle forme de “taxation sans représentation”.  Les députés s’accordaient pour dire qu’il faut faire quelque chose.
C’était en octobre dernier. Au mois de juin, lors des élections parlementaires, le président de la commission, Pierre Lellouche, la rapporteur Karine Berger, Elisabeth Guigou et Jacques Myard ont tous perdu leurs sièges en faveur des novices du parti de Macron, La République en marche. Les nouveaux arrivants semblent désorientés, et peu enclins à confronter la puissance impériale. Macron non plus, lui qui a facilité la reprise d’Alstom par General Electric en 2014.
Pourtant, il y a des situations si déséquilibrées qu’elles ne peuvent pas durer indéfiniment.

L’ingénieur en chef du moteur de recherche de Google légitime le nouvel algorithme de censure

1e août 2017

par André Damon

Source : http://arretsurinfo.ch/lingenieur-en-chef-du-moteur-de-recherche-de-google-legitime-le-nouvel-algorithme-de-censure/

Source originaire :

https://www.wsws.org/fr/articles/2017/aou2017/trot-a01.shtml

 

Entre avril et juin, Google a complété une révision majeure de son moteur de recherche qui réduit fortement l’accès public aux sites Internet qui fonctionnent indépendamment des médias de l’establishment contrôlés par l’État. Depuis la mise en œuvre des changements, de nombreux sites Web de gauche, anti-guerre, et progressistes ont connu une forte chute du trafic généré par les recherches Google. Le World Socialist Web Site a vu, en un seul mois, une baisse de 70 pour cent du trafic en provenance de Google.

Le 25 avril, Ben Gomes, ingénieur en chef en charge du moteur de recherche de Google, a publié sur son blogue la présentation du nouveau programme de censure dans une déclaration portant le titre orwellien de : « Nos dernières améliorations de la qualité des recherches ». Cette déclaration a été pratiquement ignorée par les médias de l’establishment. Ni le New York Timesni le Wall Street Journal n’ont rapporté la déclaration. Le Washington Post a limité sa couverture de la déclaration à une seule publication sur un blogue.

Encadré comme un simple changement des procédures techniques, la déclaration de Gomes légitime la censure d’Internet comme une réponse nécessaire au « phénomène des “fausses nouvelles”, où le contenu sur le Web a contribué à la diffusion d’informations clairement trompeuses, de mauvaise qualité, offensantes ou carrément fausses ».

Le « phénomène des “fausses nouvelles” » est en soi la principale histoire de « fausses nouvelles » de 2017. Dans ses origines et sa propagation, elle a toutes les caractéristiques bien connues de ce qu’on appelait les campagnes de « désinformation » de la CIA, visant à discréditer des adversaires de gauche de l’État et des intérêts de l’establishment.

De manière significative, Gomes ne fournit pas de définition claire, et encore moins d’exemples concrets, de ces termes chargés (« fausses nouvelles », « clairement trompeuses », « faible qualité », « offensant » et « carrément de fausses informations »).

L’objectif du nouvel algorithme de censure de Google est l’actualité politique et les sites d’opinion qui contestent les récits officiels du gouvernement et des grandes entreprises. Gomes écrit : « [C’]est devenu évident qu’un petit ensemble de requêtes dans notre trafic quotidien (environ 0,25 pour cent) ont retourné un contenu offensant ou clairement trompeur, ce qui n’est pas ce que les gens recherchent ».

  1. Gomes a révélé que Google a recruté quelque 10 000 « évaluateurs » pour juger de la « qualité » de divers domaines Web. La société a des « évaluateurs – des personnes réelles qui évaluent la qualité des résultats de recherche de Google – nous donner des commentaires sur nos expérimentations ». L’ingénieur de recherche en chef n’identifie pas ces « évaluateurs » ni n’explique les critères utilisés dans leur sélection. Cependant, en utilisant les dernières évolutions dans la programmation, Google peut enseigner à ses moteurs de recherche à « penser » comme les évaluateurs, c’est-à-dire traduire leurs préférences politiques, leurs préjugés et leurs aversions dans les résultats acceptés par l’État et les grandes entreprises.
  2. Gomes affirme que ces « évaluateurs » doivent se conformer aux lignes directrices de la société pour une Recherche de qualité, qui « fournissent des exemples plus détaillés de pages Web de mauvaise qualité pour que les évaluateurs puissent coter de manière appropriée, ce qui peut inclure des informations trompeuses, des résultats offensants inattendus, des canulars et des théories du complot sans fondement. »

Encore une fois, Gomes emploie une rhétorique incendiaire sans expliquer la base objective sur laquelle reposent les évaluations négatives des sites Web.

En utilisant la contribution de ces « évaluateurs », Gomes déclare que Google a « amélioré nos méthodes d’évaluation et a fait des mises à jour algorithmiques pour faire paraître un contenu qui fait plus autorité ». Il affirme à nouveau, plus bas, « Nous avons ajusté nos algorithmes pour faire paraître des pages qui font plus autorité et rétrograder le contenu de mauvaise qualité ».

Ce que cela signifie, concrètement, c’est que Google décide non seulement des points de vue politiques qu’il veut censurer, mais aussi des sites à favoriser.

  1. Gomes est clairement amoureux du terme « qui fait autorité » (authoritative), et une étude du sens du mot explique la nature de son infatuation verbale. Une définition donnée par le Oxford Dictionary pour le mot « authoritative » est : « Provenant d’une source officielle et exigeant la conformité ou l’obéissance ».

La déclaration du 25 avril indique que les protocoles de censure deviendront de plus en plus restrictifs. M. Gomes affirme que Google « fait de bons progrès » pour rendre ses résultats de recherche plus restrictifs. « Mais pour avoir des changements durables et à long terme, il faut des changements structurels dans Search [le moteur de recherche de Google]. »

On peut supposer que M. Gomes est un programmeur et un ingénieur logiciel compétent. Mais il y a de bonnes raisons de douter qu’il ait une connaissance particulière, et encore moins la préoccupation, de la liberté d’expression.

La déclaration de Gomes est la manière en langage Google de dire que l’entreprise ne veut pas que les gens aient accès à quoi que ce soit en dehors du récit officiel, élaboré par le gouvernement, les agences de renseignement, les principaux partis politiques capitalistes, et transmis à la population par les médias de l’establishment.

En devenant une entreprise gigantesque valant plusieurs milliards de dollars, Google a développé des liens politiquement insidieux et dangereux avec des agences étatiques puissantes et répressives. Il maintient cette relation non seulement avec l’État américain, mais aussi avec les gouvernements à l’étranger. Quelques semaines seulement avant la mise en œuvre de son nouvel algorithme, au début d’avril, Gomes a rencontré de hauts responsables allemands à Berlin pour discuter des nouveaux protocoles de censure.

Google le moteur de recherche est maintenant une force majeure de l’imposition de la censure de l’État.

 

Porque EEUU libra guerras alrededor del mundo ?

por Paul Craig Roberts, juin 2017

Traduccido por D.-A Rens

Fuente : https://www.counterpunch.org/2017/06/30/washington-has-been-at-war-for-16-years-why/

Durante 16 años EEUU ha estado librando guerras en Oriente Próximo y Africa del Norte gastando miles de millones de dólares,cometiendo crímenes de guerrra inccontables, mandando a millones de refugiados de guerra a Europa. Y mientras tanto, aseguran las autoridades estadounidenses a sus propios ciudadanos que son incapaces de cumplir sus obligaciones relacionadas con la seguridad social y el programa de salud Medicare (asistencia a las personas mayores de 65 años), ni tampoco financiar un servicio nacional de salud pública como lo hacen todos los países civilizados.

Cuenta habida de que, a causa de los enormes costes de estas guerras artificialmente organizadas, no se pueden satisfacer las inmensas necesidades de carácter social se podría creer que el pueblo americano se preguntaría cual es el objeto de estas guerras. Que es lo que con tan enormes expensas se ha logrado. En efecto, se descuidan las necesidades interiores del país mientras que el complejo militar industrial puede enriquecerse con los provechos que dimanan de la guerra.

La falta de curiosidad del pueblo americano, de las medias y del Congreso acerca del objeto de dichas guerras enteramenta fundamentadas en mentiras, así como se ha demuestrado, es extraordinaria. Como se puede explicar, esta conspiración del silencio ? Esta increible falta de interés por tal desperdicio de dinero y de vidas ? Los Americanos parecen en su mayoría vagamente aceptar estas guerras organizadas, como una respuesta del gobierno de EEUU al ataque que se realizó contra las Torres gemelas de Nueva York el día 11 de septiembre de 2001. Sin embargo tal creencia no hace más que añadir al misterio de dicha actitud, dado que ya se sabe que tanto Irak como Libia, Siria, Yemen Afganistán e Irán (aúnque Irán todavía no ha sufrido intervenciones directas, sino amenazas y sanciones) no tienen nada que ver con el atentado del 11 de septiembre de 2001 en Nueva York. Pero estos países tienen poblaciones musulmanas y el Regimen de Bush así como las prostitutas medias llegaron a asociar el atentado del 11 de septiembre con los Musulmanes en general.

Si los Americanos y sus « Representantes » en el Congreso hubiesen entendido de que se trataba con estas guerras, se hubiesen levantado por ellos mismos para poner reparos. Ahora bien, déjenme explicarles de que se trata con esta guerra de Washington contra Siria y la que se planea contra Irán :

Existen tres motivos por los que Washington, y no América -puesto que Washington no es América- se ha lanzado en una guerra contra Siria :

El primer motivo tiene que ver con los beneficios del complejo militar industrial de EEUU. El complejo militar industrial es una combinación de potentes intereses privados y gobernamentales, el cual necesista una amenaza para justificar sus enormes presupuestos anuales que superan el PIB de muchos países. Y en efecto, la guerra le da a esta combinación de intereses privados y gobernamentales una justificación a su enorme presupuesto, un presupuesto cuyo peso recae en las espaldas de los contribuyentes americanos cuyos ingresos familiares medios no han aumentado en las últimas décadas, mientras que sus deudas han crecido considerablemente.

El segundo está vinculado con la ideología neoconservadora de la hegemonía mundial de EEUU. Según los políticos neoconservadores, quienes seguramente no son en nada conservadores, la caida del comunismo y del socialismo significa que la historia ha elegido al capitalismo « democrático » -el cual no es ni democrático ni capitalista- como sistema económico, político y social mundial y la responsabilidad de Washington consiste en imponer este americanismo al mundo entero.

Países como Rusia, China, Siria e Irán que rechazan la hegemonía estadounidense,deben ser desestabilizados y destruidos. por encontrarse en el camino hegemónico de EEUU.

La tercera razón se refiere a Israel y a su necesidad de los recursos en agua del sur de Líbano. Dos veces el país hebreo ha enviado a su alardeado ejército a ocupar esta área geográfica de Líbano y dos veces sus soldados han sido expulsados de allí por tropas de Hizbulá, una milicia apoyada por Siria e Irán. Para decirlo francamente, Israel se sirve de América para eliminar a los gobiernos de Siria e Irán que aportan una ayuda militar y económica a Hizbulah. Si los Americanos pueden eliminar a los proveedores de Hizbulah, el ejército israelí podrá apropriarse del Sur de Líbano, exactamente como sse ha apropriado Palestina y varias partes de Siria.

He aquí los hechos : Hace 16 años ya que por su despreocupación la población americana ha permitido a un gobierno corrupto de Washington que dilapide trillones de dólares que sin embargo necesita su país y que en vez de esto han sido gastados en favor del complejo militar industrial, el cual obra en parte al servicio de la ideología neoconservadora que trabaja a instaurar la hegemonía mundial de los EEUU y al fin y al cabo al servicio de Israel.

Evidentemente la democracia americana es fraudulenta. Sirve a todo el mundo menos a los ciudadanos americanos. Cuales son entonces las probables consecuencias de este comportamiento que consiste por parte del gobierno estadounidense en servir intereses que no son los de su país ? En el mejor de los casos conducirá a la pobreza del 99 % de sus ciudadanos, y en el peor acabará provocando un armagedón nuclear.

Trabajando Washingtron al servicio del complejo militar industrial, de la ideología neoconservadora y de Israel, ignora completamente unos hechos abrumadores : El interés que tiene Israel en derribar a Siria e Irán es totalmente incompatible con el interés de Rusia en evitar que el jihadismo invada la Federación de Rusia y Central Asia. Mientras tanto, Israel ha inducido a los EEUU a que entren en un conflicto militar directo con Rusia.

Y los intereses económicos del complejo militar industrial americano que consisten en rodear a Rusia con bases de misiles son incompatibles con la soberanía de Rusia, así como el hecho por los neoconservadores de hacer hincapié en la hegemonía mundial de EEUU.

No controla a Washington el Presidente Trump, sino que Washington está controlado por el complejo militar industrial (Véase en Youtube la descripción que hizo el Presidente Eisenhower de la amenaza que constituye para la democracia estadounidense este complejo), por el lobby israelí y por los neoconservadores. Estos tres grupos de intereses organizados han comprado de modo preferente al pueblo americano, el cual queda impotente y no implicado en las decisiones que a su porvenir atañen.

Todos los Representantes en el Congreso, incluido los Senadores de EEUU, que hicieron frente a Israel perdieron la campaña relativa a su reelección. Es por esto por lo que cuando Israel desea algo, las dos Cámaras del Congreso lo aceptan por unanimidad.

Como lo ha publicamente declarado el Almirante Tom Moorer, Jefe de las operaciones navales y Presidente del Joint Chiefs of Staff : « ningún Presidente americano puede oponerse a Israel ». Israel obtiene lo que quiere, cualesquiera que sean las consecuencias para EEUU. El Al. Moorer tenía razón. Los EEUU le dan cada año a Israel bastante dinero para comprar a nuestro gobierno. E Israel compra entonces a nuestro gobierno. El gobierno americano le debe más a Israel que al pueblo americano. Los votos de la Cámara de Representantes y del Senado lo demuestran.

Washington que es incapaz de resistirle al minúsculo Israel, se imagina que puede intimidar a Rusia y China. Que Washington siga provocando a Rusia y China constituye un signo de locura. En vez de actuar con inteligencia, vemos una actitud llena de orgullo y arrogancia y esto es prueba de estupidez.

Lo que más que todo necesitan en Occidente el Planeta Tierra y los seres que en ella viven, son líderes inteligentes que tengan una conciencia moral, que respeten la verdad y que esten capaces de entender cuales son los límites de su poder.

Pero el Mundo occidental no tiene semejantes personas.

Paul Craig Roberts es un ex- Secretario adjunto del « US Treasury » (Tesoro de EEUU) y Editor asociado del Wall Street Journal. El libro de P.C. Roberts « How the Econony was lost » es actualmente disponible en edición electrónica de Counter Punch. Su último libro se titula : « The Neoconservative Threat to World Order.

Washington Has Been At War For 16 Years : Why ?

by Paul Craig Roberts
June30, 2017
Source : https://www.counterpunch.org/2017/06/30/washington-has-been-at-war-for-16-years-why/

For sixteen years the US has been at war in the Middle East and North Africa, running up trillions of dollars in expenses, committing untold war crimes, and sending millions of war refugees to burden Europe, while simultaneously claiming that Washington cannot afford its Social Security and Medicare obligations or to fund a national health service like every civilized country has.
Considering the enormous social needs that cannot be met because of the massive cost of these orchestrated wars, one would think that the American people would be asking questions about the purpose of these wars. What is being achieved at such enormous costs? Domestic needs are neglected so that the military/security complex can grow fat on war profits.
The lack of curiousity on the part of the American people, the media, and Congress about the purpose of these wars, which have been proven to be based entirely on lies, is extraordinary.  What explains this conspiracy of silence, this amazing disinterest in the squandering of money and lives?
Most Americans seem to vaguely accept these orchestrated wars as the government’s response to 9/11.  This adds to the mystery as it is a fact that Iraq, Libya, Syria, Yemen, Afghanistan, and Iran (Iran not yet attacked except with threats and sanctions) had nothing to do with 9/11.  But these countries have Muslim populations, and the Bush regime and presstitute media succeeded in associating 9/11 with Muslims in general.
Perhaps if Americans and their “representatives” in Congress understood what the wars are about, they would rouse themselves to make objections. So, I will tell you what Washington’s war on Syria and Washington’s intended war on Iran are about.  Ready?
There are three reasons for Washington’s war, not America’s war as Washington is not America, on Syria.  The first reason has to do with the profits of the military/security complex.
The military/security complex is a combination of powerful private and governmental interests that need a threat to justify an annual budget that exceeds the GDP of many countries. War gives this combination of private and governmental interests a justification for its massive budget, a budget whose burden falls on American taxpayers whose real median family income has not risen for a couple of decades while their debt burden to support their living standard has risen.
The second reason has to do with the Neoconservative ideology of American world hegemony. According to the Neoconservatives, who most certainly are not conservative of any description, the collapse of communism and socialism means that History has chosen “Democratic Capitalism,” which is neither democratic nor capitalist, as the World’s Socio-Economic-Political system and it is Washington’s responsibility to impose Americanism on the entire world.  Countries such as Russia, China, Syria, and Iran, who reject American hegemony must be destabilized and destroyed as they stand in the way of American unilateralism.
The Third reason has to do with Israel’s need for the water resources of Southern Lebanon. Twice Israel has sent the vaunted Israeli Army to occupy Southern Lebanon, and twice the vaunted Israeli Army was driven out by Hezbollah, a militia supported by Syria and Iran.
To be frank, Israel is using America to eliminate the Syrian and Iranian governments that provide military and economic support to Hezbollah. If Hezbollah’s suppliers can be eliminated by the Americans, Israel’s army can steal Southern Lebanon, just as it has stolen Palestine and parts of Syria.
Here are the facts: For 16 years the insouciant American population has permitted a corrupt government in Washington to squander trillions of dollars needed domestically but instead allocated to the profits of the military/security complex, to the service of the Neoconservative ideology of US world hegemony, and to the service of Israel.
Clearly, American democracy is a fraud.  It serves everyone but Americans.
What is the likely consequence of the US government serving non-American interests?
The best positive outcome is poverty for the 99 percent. The worst outcome is nuclear Armageddon.
Washington’s service to the military/security complex, to the Neoconservative ideology, and to Israel completely neglects over-powering facts.
Israel’s interest to overthrow Syria and Iran is totally inconsistent with Russia’s interest to prevent the import of jihadism into the Russian Federation and Central Asia. Therefore, Israel has put the US into direct military conflict with Russia.
The US military/security complex’s financial interests to surround Russia with missile sites is inconsistent with Russian sovereignty as is the Neoconservatives’ emphasis on US world hegemony.
President Trump does not control Washington. Washington is controlled by the military/security complex (watch on youtube President Eisenhower’s description of the military/security complex as a threat to American democracy), by the Israel Lobby, and by the Neoconservatives. These three organized interest groups have pre-empted the American people, who are powerless and are uninvolved in the decisions about their future.
Every US Representative and US Senator who stood up to Israel was defeated by Israel in their re-election campaign.  This is the reason that when Israel wants something it passes both houses of Congress unanimously.  As Admiral Tom Moorer, Chief of Naval Operations and Chairman of the Joint Chiefs of Staff, said publicly, “No American President can stand up to Israel.” Israel gets what it wants no matter what the consequences are for America.
Adm. Moorer was right. The US gives Israel every year enough money to purchase our government.  And Israel does purchase our government. The US government is far more accountable to Israel than to the American people. The votes of the House and Senate prove this.
Unable to stand up to tiny Israel, Washington thinks it can buffalo Russia and China. For Washington to continue to provoke Russia and China is a sign of insanity.  In the place of intelligence we see hubris and arrogance, the hallmarks of fools.
What Planet Earth, and the creatures thereon, need more than anything is leaders in the West who are intelligent, who have a moral conscience, who respect truth, and who are capable of understanding the limits to their power.
But the Western World has no such people.
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Paul Craig Roberts is a former Assistant Secretary of the US Treasury and Associate Editor of the Wall Street Journal. Roberts’ How the Economy Was Lost is now available from CounterPunch in electronic format. His latest book is The Neoconservative Threat to World Order.

Washington : seize ans de guerre. Pourquoi ?

par Paul Craig Roberts
30 juin 2017
Source : Le sakerfrancophone hervek@yandex.com
Source originaire : CounterPunch

Depuis seize ans, les États-Unis ont été en guerre au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, dépensant des milliards de dollars, commettant des crimes de guerre incalculables et envoyant des millions de réfugiés de guerre en Europe, tout en affirmant que Washington ne pouvait pas assurer ses obligations de sécurité sociale et de Medicare [soins aux personnes de plus de 65 ans], ni financer un service national de santé comme tous les pays civilisés.

Compte tenu des énormes besoins sociaux qui ne peuvent être satisfaits en raison du coût massif de ces guerres orchestrées, on pourrait penser que le peuple américain se poserait des questions sur le but de ces guerres. Qu’est-ce-qui est accompli avec ces énormes dépenses ? Les besoins intérieurs sont négligés de sorte que le complexe militaro-sécuritaire peut s’engraisser avec les profits de la guerre.
Le manque de curiosité de la part du peuple américain, des médias et du Congrès sur le but de ces guerres, qui ont été fondées entièrement sur le mensonge, est extraordinaire. Qu’est-ce qui explique cette conspiration de silence, ce désintérêt incroyable pour le gaspillage d’argent et de vies ?
La plupart des Américains semblent accepter vaguement ces guerres orchestrées comme la réponse du gouvernement au 11 septembre. Cela s’ajoute au mystère car c’est un fait que l’Irak, la Libye, la Syrie, le Yémen, l’Afghanistan et l’Iran (l’Iran n’a pas encore été attaqué, sauf avec des menaces et des sanctions) n’ont rien à voir avec le 11 septembre. Mais ces pays ont des populations musulmanes, et le régime de Bush et les médias prostitués ont réussi à associer le 11 septembre avec les musulmans en général.
Peut-être que si les Américains et leurs « représentants » au Congrès avaient compris de quoi il s’agit avec ces guerres, ils se lèveraient d’eux-mêmes pour faire des objections. Alors, je vais vous dire de quoi il retourne avec la guerre de Washington contre la Syrie et la guerre prévue contre l’Iran. Prêt ?
Il y a trois raisons pour la guerre de Washington, et non la guerre des États-Unis – car Washington n’est pas l’Amérique – en Syrie. La première raison tient aux profits du complexe militaro-sécuritaire. Ce dernier est une combinaison de puissants intérêts privés et gouvernementaux qui nécessitent une menace pour justifier un budget annuel qui dépasse le PIB de nombreux pays. La guerre confère à cette combinaison d’intérêts privés et gouvernementaux une justification pour son budget massif, un budget dont le fardeau incombe aux contribuables américains dont le revenu médian réel par famille n’a pas augmenté depuis quelques décennies, alors que la charge de leurs dettes pour soutenir leur niveau de vie a augmenté.
La deuxième raison a trait à l’idéologie néoconservatrice cherchant  l’hégémonie mondiale américaine. Selon les néoconservateurs, qui ne sont certainement pas conservateurs en quoi que ce soit, l’effondrement du communisme et du socialisme signifie que l’Histoire a choisi le « capitalisme démocratique », qui n’est ni démocratique ni capitaliste, en tant que système socio-économico-politique mondial et c’est la responsabilité de Washington d’imposer l’américanisme au monde entier. Des pays comme la Russie, la Chine, la Syrie et l’Iran, qui rejettent l’hégémonie américaine, doivent être déstabilisés et détruits, car ils sont un obstacle à l’unilatéralisme américain.
La troisième raison se rapporte aux ressources en eau du sud du Liban dont Israël a besoin. Deux fois, Israël a envoyé l’armée israélienne, tant vantée, pour occuper le sud du Liban, et le Hezbollah, une milice soutenue par la Syrie et l’Iran, a expulsé par deux fois cette armée israélienne tant renommée.
Pour être direct, Israël utilise l’Amérique pour éliminer les gouvernements syrien et iranien qui fournissent un soutien militaire et économique au Hezbollah. Si les Américains peuvent éliminer les soutiens du Hezbollah, l’armée israélienne peut voler le sud du Liban, tout comme elle a volé la Palestine et certaines parties de la Syrie. Voici les faits : depuis seize ans, la population américaine insouciante a permis à un gouvernement corrompu à Washington de gaspiller des milliards de dollars nécessaires au pays au bénéfice du complexe militaro-sécuritaire, au service de l’idéologie néoconservatrice cherchant l’hégémonie mondiale des États-Unis, et pour finir au service d’Israël.
De toute évidence, la démocratie américaine est frauduleuse. Elle sert tout le monde, sauf les Américains.
Quelle est la conséquence probable du fait que le gouvernement américain serve des intérêts non américains ?
La meilleure conséquence effective est la pauvreté pour les 99 pour cent. La pire est l’Armageddon nucléaire.
Les services rendus par Washington au complexe militaro-sécuritaire, à l’idéologie néoconservatrice et à Israël négligent complètement des faits collatéraux surpuissants.
L’intérêt d’Israël au renversement de la Syrie et de l’Iran est totalement incompatible avec l’intérêt de la Russie qui veut empêcher l’importation du djihadisme dans la Fédération de Russie et en Asie centrale. Par conséquent, Israël a mis les États-Unis en conflit militaire direct avec la Russie.
Les intérêts financiers du complexe militaro-sécuritaire américain consistant à encercler la Russie avec des sites de missiles sont incompatibles avec la souveraineté de la Russie, tout comme l’accent mis par les néoconservateurs sur l’hégémonie mondiale des États-Unis. Le président Trump ne contrôle pas Washington. Washington est contrôlé par le complexe (regardez sur Youtube la description faite par le président Eisenhower de la menace représentée par le complexe pour la démocratie américaine), par le lobby israélien et par les néoconservateurs. Ces trois groupes d’intérêts organisés ont préempté le peuple américain, qui est impuissant et non impliqué dans les décisions concernant son avenir.
Tous les représentants et sénateurs des États-Unis qui ont tenu tête à Israël ont été battus dans leur campagne de réélection. C’est la raison pour laquelle, quand Israël veut quelque chose, cela passe dans les deux chambres du Congrès à l’unanimité. Comme l’amiral Tom Moorer, chef des opérations navales et président du Joint Chiefs of Staff, l’a déclaré publiquement : « Aucun président américain ne peut s’opposer à Israël. » Israël obtient ce qu’il veut, peu importent les conséquences pour l’Amérique. Adm. Moorer avait raison. Les États-Unis donnent à Israël chaque année suffisamment d’argent pour acheter notre gouvernement. Et Israël achète notre gouvernement. Le gouvernement américain est beaucoup plus redevable envers Israël qu’envers le peuple américain. Les votes de la Chambre et du Sénat le prouvent.
Incapable de résister au minuscule Israël, Washington pense qu’il peut intimider la Russie et la Chine. Le fait, pour Washington de continuer à provoquer la Russie et la Chine est un signe de folie. À la place de l’intelligence, nous voyons l’orgueil et l’arrogance, la marque des imbéciles.
Ce dont la planète Terre et ses créatures ont besoin plus que tout, ce sont des dirigeants en Occident qui soient intelligents, qui aient une conscience morale, qui respectent la vérité et soient capables de comprendre les limites de leur pouvoir.
Mais le monde occidental n’a pas ce genre de personne.

 

Traduit par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone