La souveraineté, fantôme de l’élection présidentielle ?

par Bruno Guigue *
4 avril 2017

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la campagne électorale relègue à l’arrière-boutique les questions essentielles. Quel rôle jouera la France dans le monde de demain ? Va-t-elle rendre le pouvoir au peuple, ou le laisser entre les mains de l’oligarchie ? Va-t-elle restaurer sa souveraineté, ou se résigner à sa disparition ? Que ces questions soient quasiment absentes du débat est révélateur. A leur place, des politiciens drogués à la “com” et des médias serviles nous servent une soupe insipide où surnagent quelques grumeaux faits d’histoires de pognon, de mises en examen, de costumes à 3 000 euros, sans oublier les postures ridicules et les tirades alambiquées du candidat dont il faudrait être frappé d’une profonde cécité pour ne pas voir qu’il a été adoubé par la caste dominante.

La souveraineté est une question que la plupart des candidats, manifestement, mettent un soin particulier à éluder. En dépit de leurs différences, Emmanuel Macron, François Fillon et Benoît Hamon, pour ne citer qu’eux, s’accommodent fort bien de cette chape de plomb qui étouffe la délibération démocratique et tétanise l’action publique dans notre pays. Il n’y a qu’à les écouter ! Que ce soit au plan économique, diplomatique ou stratégique, ce vieux pays qu’est la France serait condamné à suivre les vents dominants. Il n’aurait qu’à descendre la pente de cette merveilleuse mondialisation qui rapproche les peuples et répand ses bienfaits, notre nation se laissant glisser dans l’indifférenciation à laquelle la convie le modèle européen, comme si cette libéralisation à marche forcée était une nécessité historique.

Pour la caste nourrie au lait maastrichtien, l’appartenance à l’Union européenne est à la fois providentielle et irréversible. M. Hamon est sans doute plus fédéraliste que M. Fillon, et M. Macron davantage encore, mais cette différence est négligeable. Dans une belle unanimité, les trois larrons de l’eurobéatitude chantent les louanges de la supranationalité et communient dans le dogme de la libre concurrence. L’euro est responsable du déclin industriel français, mais peu importe. Ils s’obstinent à y voir un atout dans la compétition économique mondiale. Jamais à court d’une idée saugrenue, M. Hamon croit tellement à ses vertus qu’il veut doter l’Europe d’un nouveau machin qu’il a baptisé “parlement de la zone euro”. Comme la supranationalité est un fiasco, on vous la ressert au carré en guise de remède ! Une chose est sûre : pièce maîtresse de la mondialisation capitaliste, “l’union économique et monétaire” instituée par le funeste traité de Maastricht continuera de sévir si l’un de ces trois candidats l’emporte le 7 mai.

Rien d’étonnant, donc, si pour nos pieds nickelés l’appartenance de la France à l’OTAN est aussi un article de foi qu’ils ne songent même pas à interroger. Le dogme atlantiste est si profondément enraciné, du PS aux « Républicains », que la pérennité de cette alliance militaire va de soi, comme s’il était vital pour la France de servir les ambitions de Washington. Les velléités d’indépendance de M. Fillon, sur ce plan, furent de courte durée. D’abord favorable au dialogue avec Moscou, il a mis de l’eau dans son vin au moment où l’administration Trump a viré de bord dans la foulée de la démission de Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale contraint de quitter ses fonctions en raison de ses accointances moscovites. On croyait que pour M. Fillon, il fallait dialoguer avec la Russie pour rééquilibrer notre diplomatie, mais il vient de déclarer que la Russie est un “pays dangereux”. Même revirement sur la Syrie. Après avoir condamné le soutien apporté par la France aux islamistes armés, il dénonce en Bachar Al-Assad un menteur invétéré et un dictateur abominable. Comprenne qui pourra. Plus atlantiste que l’alliance atlantique elle-même, M. Macron, lui, n’a pas cette subtilité. Adorateur d’une Amérique imaginaire, il s’est payé le luxe de faire la leçon au nouveau président américain, lui reprochant de brader les valeurs libérales (entendez, le libre-échangisme cher à l’oligarchie) qui constitueraient le patrimoine commun de la France et des Etats-Unis depuis La Fayette.

Ce sera donc du côté des autres candidats, et non de cette troïka, que l’on pourra entendre un discours sur la souveraineté qui ne se résume pas à son abandon en rase campagne. C’est notamment le cas avec Marine Le Pen, dont la présence au second tour est prophétisée par des instituts de sondage dont nous ne doutons pas qu’ils sauront capter avec finesse le moindre frémissement de l’opinion avec leur efficacité coutumière. Si jamais elle est élue, Mme Le Pen entend renégocier les traités européens. En cas d’échec de ces négociations (ce qui est plus que probable), la nouvelle présidente organisera dans les six mois un référendum sur la sortie de l’UE. De même, en politique étrangère, la candidate du FN a toujours dénoncé l’alignement de Paris sur l’agenda américain, que ce soit en Syrie ou en Ukraine, et elle plaide avec ferveur, à juste titre, pour une reprise du dialogue avec Moscou.

La classe politique euro-boboïsée ayant laissé au FN le monopole du discours sur la souveraineté, il n’est pas surprenant que ce parti ait occupé l’espace qu’on lui abandonnait si généreusement. Mais de quelle souveraineté s’agit-il ? Contrairement à ce que croient certains, Marine Le Pen ne veut pas rompre avec l’alliance atlantique. A la différence de MM. Mélenchon et Asselineau, elle prévoit le retrait de la France du commandement intégré, et non la sortie pure et simple de l’OTAN. A ses yeux, la France fait partie d’un monde occidental dont il faut préserver à tout prix l’identité menacée. Peut-être l’élection de Donald Trump a-t-elle convaincu Mme Le Pen, en outre, que la France devait rester l’alliée des Etats-Unis. Renouant avec la tradition atlantiste de l’extrême-droite européenne, le FN demeure prisonnier de son occidentalisme.

Son attitude pro-israélienne en fournit aussi l’illustration. Lorsque la résistance palestinienne réplique à l’envahisseur sioniste, le FN ne se prive jamais de dénoncer le “terrorisme”. Dans une interview accordée à “Haaretz” en avril 2002, Jean-Marie Le Pen avait exprimé son admiration pour Ariel Sharon, louant son efficacité dans la lutte contre les organisations palestiniennes. Répondant en expert israélien à cet expert français des guerres coloniales, Ariel Sharon avait déclaré à son tour que si on lui avait confié, à lui, la direction de l’armée française, il aurait “gagné la guerre d’Algérie”. Bref, si le FN était sincèrement attaché à l’auto-détermination des nations, il soutiendrait le peuple palestinien. Manifestement, ce n’est pas le cas.

De même, son islamophobie (qui n’a rien à voir avec la lutte, parfaitement légitime, contre l’islamisme radical) vise à désigner un bouc-émissaire. Mais elle sert aussi la thèse du “choc des civilisations”. Elle érige la différence culturelle en frontière infranchissable, comme si la souveraineté était celle d’un peuple français dont le FN détiendrait le code génétique. C’est la limite du discours identitaire, qui suppose la définition a priori d’une identité nationale dont on a envie de demander : qui a déposé le brevet ? C’est pourquoi le nationalisme identitaire divise au lieu de rassembler. La souveraineté n’appartient à personne, elle est construite et non reçue. “Est Français celui qui le veut”, disait de Gaulle. Le malheur de l’extrême-droite, c’est qu’elle a une longue histoire et que tout le monde n’est pas amnésique. Ce parti fut le seul à défendre obstinément le régime d’apartheid sud-africain, ne l’oublions pas. Il a peut-être changé, mais son héritage colonialiste lui colle aux semelles.

Loin de ces confusions délétères, le programme de la “France insoumise” se réclame, lui, d’un “indépendantisme français” qui renoue avec les meilleures traditions de la gauche populaire, celle de 93, de la Commune et de la Résistance. “L’Europe, on la change ou on la quitte”, a déclaré M. Mélenchon. Il veut renégocier les traités européens (plan A). En cas d’échec, la France “désobéira aux traités” et refondera l’Europe avec les pays qui partagent ses priorités (plan B). Ce scénario alternatif présente un avantage et un inconvénient. L’avantage, c’est qu’il signifie clairement le refus de l’Europe des banquiers. L’inconvénient, c’est qu’il élude la question de la sortie de l’UE. Ce n’est pas pour rien que les dogmes libéraux sont inscrits dans le marbre des traités européens. Ils sont la raison d’être de l’Union, et pour les jeter aux orties, il faudra sortir de l’UE. On ne peut restaurer la souveraineté qu’en rompant avec une institution dont la fonction est de soustraire l’économie à la délibération démocratique. Si M. Mélenchon est élu, de toutes façons, la “force des choses”, comme disait Saint-Just, imposera cette rupture malgré la frilosité de ses amis.

Pour restaurer la souveraineté nationale, le candidat propose aussi aux Français de dire adieu à l’OTAN, cette machine de guerre mise au service d’une Amérique d’autant plus agressive que plane sur sa tête l’ombre menaçante de son déclin. Pour la “France insoumise”, le choix est clair. Quitter l’OTAN, ce n’est pas seulement quitter le commandement intégré, mais l’alliance atlantique elle-même. Consommer cette rupture, c’est mettre fin à l’alignement de la France, se donner les moyens d’une diplomatie planétaire, faire entendre une voix indépendante sur la scène mondiale. Le dialogue avec la Russie, la refonte de nos relations avec l’Afrique, la reconnaissance de la Palestine, la révision de notre politique en Syrie, enfin, seront à l’ordre du jour. Aucune force politique n’est exempte d’insuffisances, mais l’ambition dont témoigne “l’indépendantisme français” est de bon augure.

La question de la souveraineté n’est pas une question accessoire. C’est la question essentielle. Lorsqu’une nation n’est pas souveraine, le peuple qui l’incarne ne l’est pas, et un peuple qui n’est pas souverain est à la merci des puissants. Restaurer cette souveraineté et rendre la parole au peuple, c’est la même chose. Il reste vingt jours, désormais, pour remettre cette question au centre des débats, vingt jours pour faire de la souveraineté autre chose qu’un fantôme, vingt jours pour mettre en lumière la différence entre ceux qui s’accommodent de la dépossession du peuple français, ceux qui se croient patriotes parce qu’ils désignent des bouc-émissaires, et ceux qui veulent faire de la souveraineté restaurée la cinglante défaite de l’oligarchie.

(Ce texte est la version modifiée d’une chronique parue dans le numéro d’avril 2017 d’”Afrique-Asie”)

* Bruno Guigue, ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA, Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire, chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

Faux Casques Blancs – la Russie interpelle l’ONU

Source : Le Saker francophone du 23 janvier 2017
http://lesakerfrancophone.fr/jjfaux-casques-blancs-la-russie-interpelle-lonu
Source originaire : Stratediplo
23 janvier 2017

Le 17 janvier 2017, la Russie s’est résolue à demander à l’ONU de dénoncer les nombreux abus commis par les faux casques blancs.

Cette officine de propagande de la coalition islamo-atlantique contre la Syrie est financée à 50 % par le gouvernement anglais et à 29 % par le gouvernement étatsunien, d’après les déclarations de ces deux gouvernements ; un autre contributeur est George Soros, dont l’organisation états-unienne Purpose possède le domaine internet whitehelmets.org. Elle a été promue à la célébrité par les agences de presse de l’OTAN (AP, AFP et Reuters) le 30 septembre 2015, lorsque ces faux casques blancs se sont – un peu trop – empressés de publier des témoignages et preuves vidéographiques de l’indiscrimination des bombardements que l’aviation russe allait lancer quelques heures plus tard. Outre son usurpation de l’appellation White Helmets, elle a aussi été présentée mensongèrement comme la Défense civile syrienne – reconnue par l’ONU, l’OMS, le CICR et l’Organisation internationale de protection civile – puis comme une branche humanitaire de la milice prétendue modérée d’al-Qaïda en Syrie rebaptisée Front al-Nosra puis Fatah al-Cham, même si ses membres se filment parfois en flagrant délit de défaut d’humanitarisme, pour ne pas dire de terrorisme, lors d’exécutions arbitraires par exemple, comme l’ont montré les enquêtes approfondies de la journaliste Vanessa Beeley. Recommandée au comité Nobel par l’essentiel des groupes de pression para-gouvernementaux des membres de l’OTAN, sujet d’un film états-unien diffusé dans le monde entier par Netflix, auteur d’une campagne de communication lacrymale – « le petit garçon sur le siège orange » – conçue pour exploiter le sentiment de culpabilité européen engendré par la photographie du petit Kurde syrien mort sur la côte turque après avoir été chassé de Kobané par les bombardements turcs, cette officine de propagande a été reçue officiellement par le président de la République française le 9 octobre 2016.
Le 20 septembre 2016 cette officine a produit presque en direct des images du convoi humanitaire brûlé, comme annoncé quelques jours plus tôt, par la guérilla islamiste occupant Alep-Est, et a accusé l’aviation russe de l’avoir bombardé – contre toute apparence, cherchant manifestement à détourner l’attention du bombardement de l’armée syrienne par l’aviation états-unienne le 17 septembre.
Plus récemment, le 2 janvier 2017, les faux casques blancs ont revendiqué (par la « déclaration de Ouadi Barada »), avec quatre autres mouvements de la guérilla islamiste, la coupure et l’empoisonnement, depuis le 22 décembre 2016, de l’eau de la Barada qui approvisionnait plus de cinq millions de Damascènes, ce que l’ONU a bien qualifié de crime de guerre même si elle n’en a pas nommé les auteurs.
L’obligation pour la Russie d’intervenir elle-même auprès de l’ONU découle du constat selon lequel l’Argentine a délibérément choisi de ne pas dénoncer l’usurpation de sa bannière, sur laquelle on a attiré l’attention de deux ministres successifs des affaires étrangères, le 1er octobre 2015 et le 23 août 2016.
Car le 30 septembre 2015 Stéphane Dujarric de la Rivière, porte-parole du Secrétaire général, abusé par les mensonges des faux casques blancs, avait accusé la Russie d’homicides de civils en Syrie, puis quelques heures plus tard son adjoint Farhan Haq avait démenti l’information et expliqué que l’ONU avait été intoxiquée par les White Helmets. Or depuis la résolution 49/139 du 20 décembre 1994, les Nations Unies appellent ainsi, et exclusivement, la commission Cascos Blancos du gouvernement argentin. Aussi dès le lendemain 1er octobre 2015, faute de réaction officielle argentine, un professeur de politique internationale attira l’attention du ministre des Affaires étrangères argentin Hector Timerman, autorité de tutelle des véritables Cascos Blancos. On se rappellera qu’en dépit d’un discours qui se voulait anti-impérialiste la présidente Cristina Fernandez-Kirchner avait dicté au gouvernement argentin une position pro-étasunienne et anti-russe, et qu’en deux ans au Conseil de sécurité l’Argentine vota au moins par deux fois des résolutions majeures contre la Russie, en l’occurrence au sujet du referendum criméen, et sous un prétexte fallacieux. Début octobre on publia des articles dénonçant l’imposture des faux casques blancs, qui n’entraînèrent aucune réaction argentine.
Cependant l’Assemblée générale de l’ONU, par sa résolution 70/105 du 10 décembre 2015, renouvela, comme chaque année depuis vingt ans, sa reconnaissance et son soutien aux vrais Cascos Blancos argentins, nommés White Helmets dans les résolutions en anglais.
Le 23 août 2016, en raison de l’inflation de la propagande atlantique en faveur de l’attribution du prix Nobel de la paix aux faux casques blancs, le même expert attira l’attention de la ministre des Affaires étrangères argentine Susana Malcorra, peut-être moins incompétente que son prédécesseur (et plus au courant du fonctionnement de l’ONU) mais alors activement engagée dans sa candidature à la succession à Ban Ki-Moon au poste de Secrétaire général. Le résultat fut le même, le gouvernement argentin de Mauricio Macri ayant donc décidé, comme son prédécesseur, de prêter la crédibilité des véritables Casques Blancs (pourtant à ce moment-là engagés au Liban pour alléger les souffrances des Syriens) aux faux, contribuant ainsi à la propagande de la coalition islamo-atlantique anti-syrienne.
C’est en raison de la couverture argentine de cette imposture des faux casques blancs, et de la gravité des calomnies proférées par ceux-ci (en usurpant la crédibilité des vrais) contre le gouvernement russe, que le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a été contraint de demander à l’ONU de dénoncer ces mensonges.

Traduit par Laurent Schiaparelli, relu par Diane pour le Saker francophone

Pourquoi votre gauche n’est pas la nôtre

par Bruno Guigue

25 janvier 2017

Source : Lesakerfrancophone 29.01.2017

Source originale : Arrêt sur Info 25.01.2017

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Vous pourrez faire toutes les primaires que vous voudrez, votre gauche ne nous inspirera que du mépris. Charlatans au sourire enjôleur ou matamores au style mussolinien, vous êtes des progressistes de pacotille. Vous voulez un monde plus solidaire, paraît-il, mais vous n’avez cessé d’approuver l’ingérence occidentale dans les affaires des autres. Honte à vous, héritiers de Guy Mollet ! Votre humanisme se métamorphose toujours en arrogance néo-coloniale. La lutte contre la pauvreté, à vos yeux, c’est lorsque les pays riches commandent aux pays pauvres.

Socialistes, ou gauchistes, vous avez jeté Jaurès aux orties depuis belle lurette. La guerre, vous en redemandez ! Pour répandre la « démocratie », vous comptez sur les vertus pédagogiques des B 52. En guise de publicité pour les « droits de l’homme », vous exigez le bombardement de pays qui ne nous ont rien fait. Ignobles jusqu’au bout, vous réclamez l’embargo, cette arme des riches contre les pauvres. Que vaut votre compassion pour les réfugiés, quand vous privez les Syriens de médicaments pour les punir d’avoir soutenu leur gouvernement ?

Faux-derches de première, vous livrez des armes, en Syrie, à ces allumés de la charia que vous prétendez combattre en France. Affreux terroristes au Bataclan, rebelles modérés à Idleb, quel tour de passe-passe, vous êtes experts en transformation chimique ! Vous dites que vous détestez ces criminels, et pourtant vous les aimez chez les autres. Vous y tenez, à votre lune de miel avec les coupeurs de têtes ! Votre égérie n’est-elle pas Élisabeth Badinter, féministe milliardaire qui clame son islamophobie tout en assurant à la tête d’Havas la promotion publicitaire du royaume saoudien ?

Vous êtes très forts pour prononcer des incantations à la gloire de la laïcité, mais vous allez quand même vous aplatir devant le CRIF, cette officine confessionnelle qui sert d’ambassade officieuse à un État-voyou. Avec M. Valls, vous roulez des mécaniques face aux musulmans, mais face aux sionistes, vous vous livrez à un concours de lèche-bottes. Le communautarisme vous répugne, paraît-il ? Oui, sauf lorsqu’il est au service d’une puissance étrangère qui spolie les Palestiniens et bombarde la résistance arabe en Syrie avec votre complicité.

Reniements, trahisons, la liste est longue. Vous prétendez défendre les intérêts du peuple, mais vous lui refusez l’exercice de la souveraineté. Au lieu de lui restituer le pouvoir usurpé par les riches, vous lui imposez le carcan d’une Union européenne qui tue la délibération démocratique, sanctuarise le dogme monétariste et asservit les travailleurs à la loi d’airain du capital. Au nom d’un internationalisme dévoyé, vous êtes les fourriers des multinationales qui ont colonisé l’Europe, vous avez bradé la souveraineté, discrédité l’idée nationale, abandonnée par votre faute aux imposteurs de l’extrême-droite.

Vous dites, la main sur le cœur, que vous êtes pour la réduction des inégalités, mais vous vous interdisez de toucher aux structures qui les nourrissent. Vous condamnez verbalement les effets sans chercher le moins du monde à agir sur les causes. Vous voulez mieux répartir les richesses, mais sans préjudice pour ceux qui les détiennent. Vous vous proclamez socialistes, mais vous ménagez le capital, vous cajolez la finance, vous montrez patte blanche à ceux qui possèdent l’argent et l’influence.

Où sont les propositions de gauche, dans vos programmes ? Où est la sortie de l’OTAN et de l’Union européenne ? Où sont la nationalisation des banques, la taxation des activités spéculatives, le plafonnement des revenus, la relocalisation des industries, le développement des services publics, le protectionnisme raisonné, le contrôle des mouvements de capitaux, la refonte de la fiscalité et l’éradication de la fraude, où sont, en un mot, l’abolition des privilèges de l’oligarchie financière et le rétablissement de la souveraineté populaire ?

Notre gauche n’est pas la vôtre. Pour nous, la gauche, c’est Sarah Wagenknecht, qui réclame au Bundestag la sortie de l’OTAN et le dialogue avec la Russie. C’est Tulsi Gabbard, élue hawaïenne du parti démocrate américain, qui exige la fin de la stratégie du chaos au Moyen-Orient. C’est le parti communiste syrien qui combat, au côté des baasistes, les mercenaires wahhabites. C’est le Front populaire tunisien, qui défend le progrès social et l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est cette gauche française qui se réveille, dans « La France insoumise », au PRCF ou ailleurs, pour tirer un trait sur des décennies d’imposture socialiste.

Cette gauche, moins connue, c’est aussi celle des communistes indiens du Kérala, qui ont donné à cet État de 33 millions d’habitants le meilleur indice de développement humain du sous-continent. C’est celle des communistes cubains qui ont obtenu, dans un pays isolé par le blocus impérialiste, un taux de mortalité infantile inférieur à celui des USA et élu 48% de femmes à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. Ce sont tous ceux, en Bolivie et au Venezuela, qui ont fait reculer la pauvreté de masse et redonné leur fierté aux peuples sud-américains.

Cette gauche, la vraie, contrairement à cette contrefaçon qui se donne en spectacle à la télévision, prend au sérieux le droit des nations à disposer d’elles-mêmes. Elle sait que, sans l’indépendance nationale, la souveraineté populaire n’est qu’un leurre. Son patriotisme ne l’éloigne pas de son internationalisme, car elle revendique pour chaque pays le droit de suivre sa voie dans le respect des autres. Elle ose s’attaquer aux structures de la domination capitaliste, elle en prend le risque, au lieu de fuir lâchement devant l’obstacle, faisant allégeance aux puissants et jouant le rôle de supplétifs dont leurs maîtres se débarrasseront à la première occasion.

Bruno Guigue est un ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de la Réunion

Le Temps dans la guerre contre la “désinformation russe”

par

Ivo Rens

5 janvier 2017

 

L’OTAN et l’Union européenne s’inquiètent toujours plus de l’influence croissante de la Russie dans le monde de l’information. Mais jusqu’ici, ces instances ont été impuissantes à remédier à ce que les dirigeants occidentaux tiennent pour une fâcheuse dégradation de l’opinion publique.

 

“Tandis que le modèle journalistique traditionnel des pays d’Europe occidentale traverse de graves difficultés économiques, les médias russes gagnent toujours plus de terrain. A la botte du Kremlin et régis par une organisation verticale quasi militaire, ils proposent un nouveau type de journalisme qui s’inscrit dans une stratégie générale de désinformation de l’opinion publique.” C’est par cette mise en contexte que débute un article intitulé “la nouvelle désinformation russe” paru dans Le Temps du 17 juin 2016, et dû au talent de Luc Maffre, politologue.

Pour cet auteur, il est évident que l’ennemi russe a succédé à l’ennemi soviétique auquel il emprunte ses méthodes de désinformation, mutatis mutandis. Le succès des nouveaux médias russes s’expliquerait par leur habile utilisation de fausses rumeurs, par la dérégulation du marché de l’information due à la Toile et par le recours à des personnalités charismatiques comme Julian Assange et Edward Snowden.

Dans un Editorial et un article de fond parus dans Le Temps du 28 décembre 2016, Frédéric Koller surenchérit sur cette thématique. Citant un responsable de l’OTAN, il affirme que, “avec des médias traditionnels, les réseaux sociaux, des SMS et des trolls, la Russie, comme l’Etat islamique, tente de décrédibiliser les processus démocratiques.” Selon Frédéricc Koller, il ne s’agirait pas seulement de désinformation, mais d’une guerre hybride, “mélange d’opérations de terrain, de piratage informatique et de désinformation” en partie pilotée par le Kremlin, dans le but d’affaiblir l’Union européenne et l’OTAN en divisant leurs membres afin d’avantager les intérêts de la Russie. On serait donc bien en présence d’une stratégie militaire.

Les médias russes nommément visés sont Russia Today (RT) et Sputnik. Selon Koller et Maffre le Kremlin miserait, en Occident, sur le concours des partis et mouvances d’extrême droite et pourrait être intervenu aux Etats-Unis dans l’élection inattendue de Donald Trump. L’OTAN et l’Union européenne auraient bien tenté d’amorcer des stratégies de résistance, mais sans grand succès en raison des pièges inhérents à la contre-propagande. En définitive, conclut Frédéric Koller, “face à la propagande pilotée par le Kremlin avec de très gros moyens, on doit s’en remettre à la presse libre. C’est notre force et notre faiblesse”…

 

La faiblesse à laquelle songe l’auteur serait due à la crise du “modèle journalistique traditionnel” pour reprendre l’expression de Luc Maffre. Mais en réalité, elle est autrement plus profonde qu’il le croit car elle réside dans la servilité des Etats membres tant de l’UE que de l’OTAN et de nombre de journalistes occidentaux envers la ligne du politiquement correct que définissent les Etats-Unis et que propagent notamment les grandes agences de presse occidentales.

Frédéric Koller et Le Temps en sont des exemples frappants. Voilà un journaliste suisse s’exprimant dans un quotidien suisse qui, à aucun moment, ne songe à tirer avantage de sa situation de ressortissant d’un pays neutre n’appartenant ni à l’OTAN, ni à l’UE, bien qu’enclavé dans l’une et l’autre, pour prendre du champ par rapport au politiquement correct de ces deux instances.

Comme Luc Maffre, Frédéric Koller identifie implicitement la Russie à la défunte Union soviétique et fait l’impasse sur l’histoire des relations internationales intervenue depuis 1991. Or, n’est-ce pas les Etats-Unis et l’OTAN qui ont violé la Charte des Nations Unies et le droit international en entrant en guerre contre la Yougoslavie en 1999 ? Les Etats-Unis n’ont-il pas violé le droit international dans pratiquement tous les conflits qu’ils ont déclenchés depuis lors, notamment contre l’Irak en 2003 et contre la Lybie en 2011 ? Avec d’autres Etats membres de l’OTAN et du Golfe persique, n’ont-ils pas contrevenu au droit international dans les événements de Syrie en appuyant les “rebelles” et en les armant ? N’ont-ils pas fomenté le coup d’Etat en Ukraine en février 2014 ? N’ont-ils pas invoqué leur vocation exceptionnelle à diriger un monde unipolaire ? Pourquoi donc faire de la Russie le bouc émissaire ?

Quand des journaux se permettent, dans toutes circonstances, de ne présenter à leurs lecteurs qu’une version des événements, celle des puissances dominantes du moment, et de la ressasser nonobstant les témoignages concordants qui la contredisent, il n’est pas étonnant que leurs lecteurs les abandonnent progressivement. Et l’on ne prend pas grand risque en pronostiquant que leurs annonceurs les suivront tôt ou tard !

Au surplus, il y a, nous semble-t-il, à tout le moins une coupable légèreté à invoquer la stratégie militaire et la guerre de la désinformation prétendument menée par la Russie dans un contexte de relations internationales tendues au point que, depuis les présidences de G.W Bush et de Barack Obama, un conflit nucléaire apparaît malheureusement de moins en moins “impensable”.

 

 

 

 

 

 

 

De la servilité comme passion politique

par Ivo Rens

14 décembre 2016

 

Depuis quelques semaines, en ce mois de décembre 2016, la presse française décrit en termes apocalyptiques la défaite de la “rébellion” à Alep.

Prenons l’exemple du quotidien parisien Le Monde du 14 décembre. Il ne lui consacre pas moins de six articles aux titres quasiment désespérés tels Alep, tombeau du droit international, de l’ONU, du minimum de décence et d’humanité et Alep ou “l’honneur perdu” de l’Occident. La veille ou l’avant-veille, la radio France-Info avait ouvert une rubrique intitulée Comment sauver Alep ?

Tentons de décrypter ce type de messages sinon d’informations, sans perdre de vue les indicibles souffrances qu’endurent les populations qui en sont les victimes, pour ne pas parler des combattants eux-mêmes.

Tout d’abord le destinataire non averti de ces messages peut être amené à croire que la ville d’Alep tout entière serait sur le point de passer sous le contrôle de terroristes. S’il prête attention, il comprendra que tel serait le sort non point de la ville tout entière, mais seulement de sa partie orientale qui comportait prétendument entre 250’000 et 300’000 habitants, en réalité beaucoup moins.

Mais curieusement, cette même presse ne lui parle pratiquement jamais des quelque 1’500’000 habitants du reste de cette grande ville, toujours sous le contrôle du “régime”, c’est-à-dire du Gouvernement de la République arabe syrienne, qui subissent depuis quatre ans les attaques meurtrières de la “rébellion”.

Il est indéniable que ces événements consacrent un échec cuisant de l’ONU qui a été conçue pour prévenir les guerres, mais qui n’a réussi à éviter cette guerre-là. Sont-ils pour autant “le tombeau du droit international” ? Il est permis d’en douter d’autant que c’est grâce au concours de ses alliés au sens du droit international public, la Russie et l’Iran, que le gouvernement syrien a pu réduire les milices qui s’étaient emparées, voici quatre ans, de la partie orientale de cette ville.

Par delà ces questions formelles, ce qui ressort de ces messages, c’est le parti-pris du quotidien Le Monde comme de France-Info et leur ralliement à la cause de la “rébellion”. A priori, la chose est d’autant plus étonnante que cette dernière est indéniablement dominée par la branche syrienne d’Al-Qaïda, un label en matière de terrorisme. En vérité, ce parti-pris est celui non seulement de ces deux organes de presse, comme celui de la majorité des organes de presse occidentaux, mais surtout celui des Etats-Unis et de leurs alliés de l’OTAN dont les interventions en Syrie violent impunément, depuis des années, le droit international public.

Pour Washington en proie aux prétentions hégémoniques des prétendus “néoconservateurs”, le renversement du président Bachar El Assad fait partie d’un plan global visant à changer le régime d’un certain nombre de pays, comme on l’a vu en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et en Lybie.

Que les Etats-Unis aient réussi à enrôler dans le versant syrien de cette entreprise l’Arabie saoudite et le Katar, s’explique par la conjonction de l’hégémonisme des uns, du prosélytisme sunnite des autres et des appétits pétroliers de tous.

Comment se fait-il que les Etats occidentaux, et en particulier la France, aient été amenés à se joindre à pareille malaventure ?- voilà qui est plus singulier. Plusieurs auteurs ont relaté l’histoire tumultueuse des relations franco-syriennes qui expliquent en partie cette option.*

Mais il y a aussi une composante psychologique paradoxale qui pousse une ci-devant grande puissance à adhérer aux prétentions les plus extrêmes de la nouvelle puissance dominante, et même à surenchérir jusqu’à faire de sa propre servilité une passion politique. D’où le ton emphatique des titres de presse que nous avons cités.

Il serait temps que les dirigeants Européens et les Américains renoncent à l’appui, pas seulement politique, qu’ils ont généreusement offert aux prétendus “opposants modérés” de Syrie, le masque politiquement correct des terroristes syriens. Quelles que soient ses imperfections, la République arabe syrienne est le seul Etat arabe laïc auquel participent les représentants de plusieurs confessions musulmanes et chrétiennes.

 

 

*

– Pichon, Frédéric, Syrie. Pourquoi l’Occident s’est trompé, Editions du Rocher, Monaco, 2014, 132 pages.

– Chesnot, Christian et Malbrunot, Georges, Les chemins de Damas, Robert Laffont, Paris, 2014, 386 pages.

– Baud, Jacques, Terrorisme, Mensonges politiques et stratégies fatales de l’Occident, Editions du Rocher, Monaco, 2016, 423 pages.

 

Les guerres hors-la-loi: comment les pays-membres de l’OTAN sabotent l’ONU

Une chronique de Daniele Ganser
par Johannes Irsiegler
Source : http://www.zeit-fragen.ch/fr.html
Horizons et débats
12 décembre 2016
Case postale 729
CH-8044 Zurich

Daniele Ganser est historien et chercheur pour la paix, spécialisé en politique internationale et histoire contemporaine de 1945 à nos jours. Il est également fondateur du «Swiss Institute for Peace and Energy Research» (SIPER) à Bâle. Il a considérablement contribué, par ses précédentes publications, à une nécessaire relecture de l’histoire de l’Occident depuis 1945. Son nouveau livre «Les guerres hors-la-loi: comment les pays-membres de l’OTAN sabotent l’ONU. Une chronique des évènements de Cuba jusqu’à la Syrie» y apporte une nouvelle contribution substantielle.
Pour commencer, Daniele Ganser fait état de certaines remarques personnelles: parallèlement au modèle représenté par ses parents, les faits déterminants de son engagement politique ont été les grandes manifestations contre la guerre ayant eu lieu en 2003, juste avant que les Etats-Unis et leurs alliés n’attaquent l’Irak. Puis s’ensuivit la guerre d’Irak avec les terribles conséquences engendrées jusqu’à présent. Daniele Ganser décrit son accablement à ce moment-là, et entraine ainsi le lecteur sur un plan aussi bien émotionnel que thématique. D’aucuns se souviendront aussi avec exactitude de cette époque de mensonges et de l’arrogance des bellicistes tels que Tony Blair et George Bush.
D’emblée, Daniele Ganser s’empare d’un problème actuel: la crise des réfugiés. Il formule clairement le problème: les principaux éléments déclencheurs des flux de réfugiés ont été avant tout les guerres provoquées par les Etats-membres de l’OTAN et leurs alliés au Proche-Orient, des conflits qu’ils dirigent encore. Cette réflexion évidente est diluée dans les actualités de nos médias alignés, quand elle n’est pas totalement passée sous silence. Selon Ganser, ces guerres sont illégales dans leur ensemble: «Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la création de l’ONU, organisation de paix, il y a eu interdiction formelle de toute guerre.» Au cours des cinquante dernières années, il y a eu aussi d’autres Etats belligérants, mais c’est un fait avéré que les Etats-membres de l’OTAN, sous la conduite des Etats-Unis, «ont initié, au cours des 70 dernières années, la majorité des guerres illégales, et s’en sont sortis à chaque fois en totale impunité».
Daniele Ganser, cependant, s’investit en faveur de l’ONU et de son idée de base, simple et claire: les guerres sont hors-la-loi. Il n’existe que deux exceptions à l’interdiction de guerre en vigueur dans le monde entier: le droit d’un pays de se défendre contre une attaque de l’extérieur, ainsi que la guerre menée contre un pays sur mandat officiel du Conseil de Sécurité de l’ONU. C’est la base du vivre-ensemble civilisé sur cette planète. Cette interdiction de violence de l’ONU doit être respectée et renforcée. Aujourd’hui, on doit imposer plus que jamais cette idée fondamentale dans les discussions générales traitant de la guerre et de la paix. Dans nos nations occidentales, les médias soumis à l’OTAN la balaient beaucoup trop volontiers sous le tapis. A ce propos, Ganser répond avec brio au reproche récurrent et toujours plus présent, fait à l’ONU, de son inefficacité et de son inadaptation à l’actualité: «Ce livre démontre que le manque d’efficacité de l’ONU ne réside pas dans son système, mais qu’il est dû au refus individuel de ses membres agissant parfois de façon déloyale et sabotent l’action de l’ONU par leurs mensonges au Conseil de Sécurité et à l’Assemblée générale.» Selon Ganser, toute réforme de l’ONU n’incluant pas cette problématique du mensonge, serait à long terme vouée à l’échec.
Après ces considérations de fond sur l’ONU, suivent des réflexions sur l’OTAN et les Etats-Unis. Daniele Ganser y exprime crûment un secret de Polichinelle connu de tous depuis longtemps: l’OTAN est l’instrument utilisé par les oligarques américains afin d’accéder à la réalisation de leur hégémonie sur notre planète.
Le principal chapitre abordé ensuite dans le livre est une chronique détaillée des guerres hors-la-loi et des putschs ourdis par des Etats-membres de l’OTAN contre des gouvernements démocratiquement élus. Cela commence par la chute du Premier ministre iranien Mossadegh en 1953. Aux yeux des Britanniques qui avaient alors la mainmise sur les recettes pétrolifères du pays, son seul «crime» avait été d’exiger une plus grande part de ces mêmes recettes afin qu’elles puissent profiter aux plus pauvres dans la population. Le putsch fomenté contre Mossadegh peut être considéré, comme le dit Michael Lüders, comme le «péché originel de l’Occident». De nos jours encore, nous ressentons les conséquences de cette politique ignoble sur un plan moral.
On trouve ensuite des chapitres traitant des guerres contre le Guatemala en 1954, l’Egypte en 1956, Cuba en 1961, le Viêt-Nam en 1964, le Nicaragua en 1981, la Serbie en 1999, l’Afghanistan en 2001, l’Irak en 2003, la Libye en 2011, l’Ukraine en 2014, le Yémen en 2015 et la Syrie depuis 2011 jusqu’à maintenant. Chaque chapitre est conçu séparément et peut être lu de même. Cela conviendrait aussi parfaitement à l’enseignement de l’histoire dans les écoles, et comme base de cours d’histoire contemporaine dans les universités.
Les responsables de l’OTAN aux Etats-Unis et en Europe ont donc beaucoup de sang sur les mains. Afin d’endormir les populations, on a invoqué, selon les vieilles façons impérialistes, des raisons humanitaires. Cependant, tout comme aujourd’hui dans le cas de la «guerre contre le terrorisme», c’était toujours une question de domination mondiale et de matières premières dans ces guerres. Ganser fait un bilan dévastateur de ces conflits: des régions entières sont déstabilisées, des vagues de réfugiés déferlent, de plus en plus d’attentats terroristes, une réduction des droits civils et l’instauration de l’Etat fouineur. Conclusion: la «guerre contre le terrorisme» a échoué et il faut y mettre fin.
La séduisante analyse de Daniele Ganser peut être résumée par la citation suivante: «L’OTAN n’est pas une force de sécurité et de stabilité, mais un danger pour la paix universelle.»
Daniele Ganser nous indique aussi ce que chacun d’entre nous peut faire pour remettre à nouveau en vigueur les principes de base de l’ONU, et pour encourager le vivre-ensemble pacifique des peuples.
Pour la Suisse et l’Autriche, par exemple, il recommande que ces pays reviennent à leur neutralité et qu’ils tournent le dos au Partenariat pour la Paix de l’OTAN – ou pour être plus précis, au «Partenariat pour la guerre». En Suisse, les citoyens pourraient demander la sortie de leur pays du PpP grâce à une votation populaire.
Dans tous les pays, cependant, la population pacifiste a des cartes en main. Ganser encourage ainsi à une plus forte interconnexion des mouvements pacifistes américains et européens. «La coopération du mouvement pacifiste européen avec le mouvement pacifiste aux Etats-Unis est à juste titre très importante parce qu’elle seule est capable de réformer pacifiquement l’empire américain de l’intérieur.» Le simple citoyen peut se documenter en lisant les sources d’information indépendantes et des livres et former sa propre opinion. C’est un des bienfaits d’Internet que nous n’ayons plus à nous baser uniquement sur les reportages des courtisans de l’OTAN dans nos médias alignés.
Daniele Ganser voit également une contribution à la paix dans l’exploitation des sources d’énergie renouvelables, étant donné que la plupart des guerres sont axées sur la lutte pour les réserves de pétrole et de gaz naturel et que, grâce aux ressources énergétiques renouvelables nous deviendrions plus indépendants vis-à-vis de ces produits. Enfin, l’une des demandes les plus importantes de Ganser est le renforcement du droit international et de l’interdiction de l’usage de la force inscrite dans la Charte des Nations Unies: «La Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des Droits de l’homme font partie des documents historiques les plus précieux, ils devraient nous servir à tous d’orientation pour le XXIe siècle.» L’adresse mondialement fédératrice «Nous, peuples des Nations Unies» doit être redynamisée, car elle exprime la précieuse pensée que l’humanité est une seule et même famille.
Lorsqu’on termine la lecture de ce livre, malgré la description des horreurs et des souffrances, il n’y a pas de place pour la résignation. Daniele Ganser formule, en effet, une pensée essentielle: les guerres sanglantes contredisent profondément la nature sociale de l’individu, car: «[…] au plus profond de leur cœur, les hommes s’aiment les uns les autres». Merci, Daniele Ganser, pour cet excellent livre que nous recommandons chaleureusement à toute personne intéressée par la politique. Le fait qu’il occupe déjà la première place sur la liste de best-sellers suisses des ouvrages spécialisés, est un signal des plus encourageants.     •
Ganser, Daniele, Illegale Kriege – Wie Nato-Länder die Uno sabotieren. Eine Chronik von Kuba bis Syrien. Zürich 2016, ISBN 978-3-280-05631-8

Extrait de Daniele Ganser, Illegale Kriege…, p. 330 et ss.

La Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des Droits de l’homme sont parmi les documents historiques les plus précieux, ils devaient être pour nous tous la base de l’orientation au XXIe siècle. Je ne peux que conseiller à tous de lire ces deux documents et d’y réfléchir. Déjà lorsque j’étais étudiant, j’avais commandé au service documentation des Nations Unies le texte de la Déclaration des Droits de l’homme, que j’avais affiché comme un poster sur le mur de ma chambre. «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité», souligne la Déclaration des Droits de l’homme, acceptée à l’unanimité par l’Assemblée générale de l’ONU le 10 décembre 1948. «Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne». (Article 3) et «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction» (Article 18).
Il est vrai, bien sûr, que la Charte des Nations Unies et les Droits de l’homme sont chaque jour mis à mal. Dans certains cas, comme cela a été exposé plus haut, on a même «utilisé» ces deux documents l’un contre l’autre lorsqu’en 2011, par exemple, au nom des Droits de l’homme, une guerre a été menée contre la Libye, violant par là même la Charte des Nations Unies. Ces problèmes demeureront aussi à l’avenir et ne doivent pas être ignorés. Mais l’attention doit être attirée en même temps sur le fait que dans les très nombreux pays où les droits de l’homme et la Charte des Nations Unies étaient respectés, cela a toujours mené vers l’essor des sociétés en question.
Les objectifs de l’ONU ont été par ailleurs renforcés. Ainsi, le 25 septembre 2015, quand, lors d’un sommet de l’ONU, les chefs d’Etat et de gouvernement ont signé les 17 «Sustainable Development Goals» (SDG). Les Etats-membres de l’ONU s’y sont engagés à réduire la pauvreté, la faim et la discrimination des femmes et à développer les ressources énergétiques renouvelables. Avant tout cependant, les Etats se sont de nouveau engagés à empêcher toutes formes de violence, car la paix et la stabilité sont les conditions essentielles pour la réalisation d’un développement durable.
«La Suisse a un intérêt vital à ce que, dans les relations internationales, le droit prime sur la violence et non l’inverse», a déclaré l’ancienne conseillère fédérale suisse Micheline Calmy-Rey. Elle avait par là pleinement raison, car de petits pays comme la Suisse ne veulent pas que le monde dérive vers la guerre et le chaos. Nous devons respecter la loi, en prendre soin.

«On nous force à la guerre»

par Willy Wimmer

18 octobre 2016

Source : Horizons et débats

Case postale 729

CH-8044 Zurich

http://www.zeit-fragen.ch/fr/ausgaben/2016/nr-23-10-oktober-2016/wir-werden-in-den-krieg-gepruegelt.html

 

«On nous force à la guerre»

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Interview de Willy Wimmer accordée à Sputniknews

Quels sont les développements suite à l’engagement de la Russie en Syrie, il y a un an? Y a-t-il une chance réaliste pour rétablir la paix? La correspondante de «Sputniknews» Ilona Pfeffer, a interrogé Willy Wimmer, ancien secrétaire d’Etat au ministère allemand de la Défense et ancien vice-président de l’OSCE, afin de connaître son point de vue sur la situation en Syrie.

Sputniknews: M. Wimmer, les combats en Syrie n’arrêtent pas et les cessez-le-feu convenus sont régulièrement rompus. L’ingérence des Etats-Unis et de la Russie est souvent commentée de manière erronée dans les médias occidentaux. Comment jugez-vous la situation en Syrie?

 

Willy Wimmer: Nous sommes confrontés à une situation évoluant depuis un certain temps et ayant abouti, il y a cinq ans, de manière tragique dans une guerre civile et un conflit, juste au moment même où l’on croyait avoir résolu la situation conflictuelle entre la Syrie et Israël concernant le plateau du Golan. On était prêt à conclure un accord pouvant amener la paix pour tout le Proche-Orient s’il n’y avait pas eu certaines forces défavorables à un accord de paix. Nous savons qu’au début de la tragédie syrienne, des forces spéciales britanniques, françaises et américaines étaient sur place afin de créer cette situation de guerre civile et faire évoluer la dimension internationale. Il y avait donc des antécédents porteurs d’espoir si l’on n’avait pas inversé la vapeur. Depuis, nous vivons une tragédie et le peuple syrien semble exsangue. Maintenant, il est important de mettre une fin à cette misère et de tout mettre en œuvre afin que les étincelles syriennes ne gagnent pas d’autres pays y compris les nôtres car cela signifierait une grande guerre.

Dans ce contexte, je voudrais sciemment me référer au rapport présenté aux Pays-Bas concernant la destruction de l’appareil malaysien. Il faut vraiment se demander: a-t-on véritablement un intérêt à éclairer la tragédie ou cherche-t-on une raison pour déclencher la guerre? Voilà la situation dans laquelle nous nous trouvons et c’est pourquoi la Syrie n’est pas très éloignée. Il faut faire tout notre possible pour contribuer à une solution pacifique et cela ne signifie aucunement livrer des armes, de l’argent et des troupes dans la région.

 

La Russie est sur place depuis un an. Quels succès peut-on enregistrer? Et quel rôle jouent les Américains et leurs partenaires?

 

L’engagement américain et ouest-européen en Syrie est une claire violation du droit international. Il s’agit là d’une intervention militaire sur le territoire d’un autre Etat sans légitimation par les Nations-Unies ou le droit international. Ce sont ces forces qui sont à l’origine de toute cette misère en Syrie. La seule chance pour terminer le bain de sang en Syrie, c’est l’engagement de la Fédération de Russie qui s’investit du côté du droit international au niveau global pour que celui-ci ne soit pas entièrement démembré. C’est ce que les Etats-Unis démontrent depuis la guerre contre la Yougoslavie en violation flagrante du droit international. D’une part, c’est un combat en Syrie même mais d’autre part, il s’agit depuis 1999 de la question de savoir si la tentative des Etats-Unis de progresser dans son offensive globale va réussir ou si le monde a encore une chance de rétablir la coopération pacifique entre les peuples. Sans l’engagement russe en Syrie aux côtés du gouvernement légitime, le monde n’aurait plus aucune chance.

A votre avis, quels objectifs les Etats-Unis poursuivent-ils en Syrie?

De toute évidence, les USA ont l’intention de redessiner le monde, au sud de l’Europe occidentale et de la Fédération de Russie. C’est pourquoi nous sommes en présence d’une ceinture de conflits et de guerres entre l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et se poursuivant vers les rives méridionales de la Méditerranée et jusqu’au Mali. Dans tous ces régions, les Etats-Unis sont impliqués, mènent des guerres et contribuent à agrandir la misère des populations et la destruction de leurs civilisations. Ils n’arrêtent pas pour autant.

La Fédération de Russie est entrée dans le conflit syrien suite à son union légitime avec la République syrienne et le président Bachar al Assad, ce qui est tout à fait conforme au droit international. C’est la grande différence entre les Etats-Unis et la Fédération de Russie. Les Etats-Unis sont responsables de crimes de sang dans notre entourage et sont aussi responsables d’une bonne partie des flux migratoires auxquels nous sommes confrontés. La Fédération de Russie s’engage pour un retour aux négociations et à la raison et une coopération pacifique entre les peuples.

La tragédie de la Syrie c’est que tout cela se joue sur le dos du peuple syrien et c’est pourquoi il faut absolument trouver une voie pour rétablir la paix. Peut-être qu’au-delà des ruptures, il sera possible de préserver le reste de bon sens à Washington.

Le problème avec les Etats-Unis est qu’actuellement, avant l’élection présidentielle, le monde se trouve dans une situation extrêmement dangereuse. Les forces, dominant en réalité la politique américaine, veulent pouvoir décider de tout ce que le futur gouvernement américain fera. C’est-à-dire que la guerre est la chose la plus probable, une guerre menée au-delà de la Syrie.

 

La coopération entre les deux grandes puissances fonctionne jusqu’à présent de façon insuffisante, la Russie exprime cependant souvent sa volonté de coopérer. Quelles sont les causes de ces échecs et quelles chances voyez-vous pour la coopération?

 

Malgré le manque de transparence, je suis optimiste sur la possibilité d’une entente entre les deux parties, car les enjeux sont énormes et nous risquons des conséquences bien pires que les images actuelles de la Syrie. Cela peut nous concerner demain, dans une région beaucoup plus étendue – car les tentatives de la Fédération de Russie d’empêcher un tel scénario et d’endiguer le conflit ne correspondent pas aux intérêts américains. Ces intérêts ne sont pas définis par le gouvernement Obama, mais par les forces espérant la victoire de Hillary Clinton. C’est un modèle assez connu. Vu l’ampleur dramatique du conflit, je ne peux qu’espérer que Washington accepte de trouver un accord. Si cela ne réussit pas, nous allons vivre un désastre dépassant de loin celui de la Syrie.

 

Les informations transmises par les médias occidentaux donnent l’impression que la Russie est principalement responsable des destructions et des victimes civiles en Syrie. Que pensez-vous de cette présentation des choses?

 

Là, il faut différencier. Tout ce qui concerne la Russie, c’est à la Russie de répondre et c’est ce qu’elle fait. En ce qui me concerne en tant que consommateur des médias occidentaux et ce qui est fâchant c’est la falsification des faits que nous vivons depuis des années. Il fut un temps, où le pluralisme faisait partie intégrante de notre couverture médiatique, mais il n’existe plus. On nous force à faire la guerre. C’est ce qu’on a pu observer de manière perverse encore cette année-ci. Le porte-parole de l’OTAN Jamie Shea qui nous avait forcés à déclencher la guerre en Yougoslavie en 1999, a été honoré solennellement, cette année-ci à Berlin pour ses services rendus. On sait donc quel est l’état de notre paysage médiatique! La démocratie en Europe occidentale est sérieusement menacée.

 

Qui a de tels intérêts et quel message veut-on transporter ?

 

Le message est le suivant: nous battons tambour pour la guerre, aussi en relation avec la Fédération de Russie. Il y a deux ans, lors du coup d’Etat sur le Maïdan à Kiev, nous avons tout juste évité un conflit avec la Fédération de Russie. Voilà l’objectif de la politique américaine que nous observons depuis 1999 et c’est ce qui peut tous nous tuer.

Vous avez parlé des intérêts américains mais quel est le rôle de l’Allemagne?

Helmut Kohl et Gerhard Schröder avaient encore la force de caractère nécessaire pour faire valoir les intérêts allemands aussi au sein de l’OTAN afin de ne pas participer aux conflits armés. Regardez la situation actuelle, notre ministre de la Défense se déplace en Irak pour y annoncer un nouvel engagement militaire allemand. A mon grand regret, je dois dire que Berlin n’est pas à la hauteur de Bonn en ce qui concerne la sauvegarde des intérêts allemands.

 

Source: https://de.sputniknews.com/politik/20160930/312765719/willy-wimmer-wir-werden-in-krieg-gepruegelt, 30/9/16

(Traduction Horizons et débats)

 

 

Pourquoi la troisième guerre mondiale se profile à l’horizon

par Paul Craig Roberts

Institute for Political Economy

28 décembre 2015

Traduit de l’américain

par Henri Thibodeau Henri’s Web Space

 

L’effondrement de l’Union soviétique en 1991 a donné naissance à une dangereuse idéologie américaine appelée néoconservatisme. L’Union soviétique avait servi de contrainte aux actions unilatérales des États-Unis. Avec la disparition de cette contrainte agissant sur Washington, les néoconservateurs ont annoncé leur programme d’hégémonie mondiale pour les États-Unis. L’Amérique était maintenant la « seule superpuissance », et elle pouvait agir sans contrainte n’importe où dans le monde.

Le journaliste néoconservateur Charles Krauthammer du Washington Post avait résumé ainsi cette nouvelle réalité :

« Nous disposons d’une puissance mondiale irrésistible. Nous sommes les gardiens du système international désignés par l’histoire. Quand l’Union soviétique s’est écroulée, quelque chose de nouveau a pris naissance, une chose entièrement nouvelle : un monde unipolaire dominé par une seule superpuissance sans aucun rival pour la contraindre, et pouvant atteindre tous les coins du globe. Il s’agit d’un développement stupéfiant dans l’histoire, qu’on n’a pas vu depuis la chute de Rome. Même Rome ne peut servir de modèle pour l’Amérique d’aujourd’hui. »

 

La stupéfiante puissance unipolaire que l’histoire a conférée à Washington doit être protégée à tout prix. En 1992, un haut représentant du Pentagone, le sous-secrétaire Paul Wolfowitz, a rédigé la « Doctrine Wolfowitz », qui est devenue la base de la politique étrangère de Washington.

La Doctrine Wolfowitz stipule que le « premier objectif » des politiques étrangère et militaire des États-Unis consiste à « prévenir la réémergence d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de l’ancienne Union soviétique ou ailleurs, qui représente une menace [aux interventions unilatérales des États-Unis] du même ordre que celle posée par l’Union soviétique. La nouvelle stratégie de défense régionale s’appuie sur cette considération prédominante, qui exige que nous nous efforcions d’empêcher toute puissance hostile de dominer une région dont les ressources, sous un contrôle consolidé, seraient suffisantes pour générer une puissance mondiale. » (Une « puissance hostile » est une nation suffisamment puissante pour entretenir une politique étrangère indépendante de celle de Washington.

L’affirmation unilatérale de la puissance américaine a sérieusement débuté sous le régime Clinton, avec les interventions en Yougoslavie, en Serbie, au Kosovo, et l’interdiction aérienne imposée à l’Irak. En 1997, les néoconservateurs ont rédigé leur « Programme pour un nouveau siècle américain » (Project for a New American Century). En 1998, trois ans avant le 11 septembre, les néoconservateurs ont envoyé une lettre au président Clinton demandant un changement de régime en Irak et « le renversement de Saddam Hussein ». Les néoconservateurs prévoyaient dans leur programme renverser sept gouvernements en cinq ans.

 

Les événements du 11 septembre 2001 sont considérés par les gens informés comme le « nouveau Pearl Harbor » qui, selon les néoconservateurs, était nécessaire pour enclencher leurs guerres de conquête au Moyen-Orient. Paul O’Neil, premier secrétaire du trésor sous le président George W. Bush, a déclaré publiquement que l’ordre du jour de la première rencontre du président Bush avec son cabinet était l’invasion de l’Irak. Cette invasion avait été planifiée avant le 11 septembre. Depuis le 11 septembre, Washington a détruit huit pays, complètement ou partiellement, et elle affronte maintenant la Russie en Syrie et en Ukraine.

 

Henry Kissinger | David Levine

La Russie ne peut permettre à un califat djihadiste de s’établir dans la région où se trouvent la Syrie et l’Irak, parce que cela deviendrait une base permettant d’exporter la déstabilisation vers les régions musulmanes de la Fédération russe. Henry Kissinger a lui-même déclaré que c’est le cas, et c’est suffisamment clair pour quiconque dispose d’un cerveau. Toutefois, les néoconservateurs fanatiques affamés de pouvoir, qui ont contrôlé les régimes Clinton, Bush et Obama, sont si obnubilés par leur orgueil et leur arrogance qu’ils sont prêts à provoquer la Russie au point d’utiliser leur marionnette turque pour abattre un avion russe, et à renverser le gouvernement démocratiquement élu de l’Ukraine, qui entretenait de bons rapports avec la Russie, le remplaçant par un gouvernement fantoche des États-Unis.

Dans ce contexte, nous pouvons comprendre que la situation dangereuse à laquelle le monde est confronté est le produit de l’arrogante politique néoconservatrice visant l’hégémonie mondiale des États-Unis. Les erreurs de jugement et les dangers inhérents aux conflits en Syrie et en Ukraine sont eux-mêmes des conséquences de l’idéologie néoconservatrice.

 

Pour perpétuer l’hégémonie américaine, les néoconservateurs ont rejeté les garanties que Washington avait données à Gorbatchev, à savoir que l’OTAN ne bougerait pas d’un centimètre vers l’Est. Les néoconservateurs ont retiré les États-Unis du Traité ABM, qui stipulait que les États-Unis et la Russie s’abstiendraient de développer et de déployer des missiles antibalistiques. Les néoconservateurs ont réécrit la doctrine militaire des États-Unis et donné un nouveau rôle aux armes nucléaires, qui sont passées d’armes de riposte à armes préventives de première frappe. Les néoconservateurs ont commencé à implanter des bases de missiles antibalistiques aux frontières de la Russie, prétextant que ces bases servaient à protéger l’Europe contre les missiles balistiques intercontinentaux fantômes de l’Iran.

 

La Russie et son président, Vladimir Poutine, ont été conspués par les néoconservateurs et leurs marionnettes dans le gouvernement et les médias américains. Par exemple, Hillary Clinton, candidate à la présidence pour le Parti démocrate, a qualifié Poutine de « nouvel Hitler ». Un ancien représentant de la CIA a déclaré que Poutine devait être assasiné. Les candidats présidentiels des deux partis se bousculent pour savoir qui sera le plus agressif envers la Russie et le plus insultant envers son président.

 

Selon le chercheur et auteur Steve Quayle, nous avons récemment été à moins de deux minutes d’une conflagration nucléaire….

Ce qui a eu pour effet de détruire la confiance qui existait entre les puissances nucléaires. Le gouvernement russe a appris que Washington ne respecte pas ses propres lois, et encore moins les lois internationales, et qu’on ne peut se fier à Washington pour respecter une quelconque entente. Ce manque de confiance, conjugué à l’agressivité envers la Russie régurgitée par Washington et les médias presstitués, avec des échos dans les imbéciles capitales européennes, a généré le terrain propice à une confrontation nucléaire. Comme l’OTAN (essentiellement, les États-Unis) n’a aucune chance de battre la Russie dans une guerre conventionnelle, et encore moins de battre une alliance entre la Russie et la Chine, la confrontation sera nucléaire.

Pour éviter la guerre, Poutine demeure non-provocateur et pondéré dans ses réponses aux provocations occidentales. Le comportement responsable de Poutine, toutefois, est malencontreusement interprété par les néoconservateurs comme étant un signe de faiblesse et de crainte. Les néoconservateurs disent au président Obama de maintenir la pression sur la Russie, et que la Russie pliera. Toutefois, Poutine a clairement indiqué que la Russie ne pliera pas. Poutine a transmis ce message à de multiples reprises. Par exemple, le 28 septembre 2015, au 70e anniversaire des Nations Unies, Poutine a déclaré que la Russie ne pouvait plus tolérer la situation mondiale actuelle. Deux jours plus tard, Poutine a pris les commandes de la guerre contre Daech en Syrie.

Les gouvernements européens, particulièrement l’Allemagne et le Royaume-Uni, sont complices de la poussée vers la guerre nucléaire. Ces deux états vassaux des États-Unis facilitent les agressions téméraires de Washington envers la Russie en répétant sa propagande et en soutenant les sanctions et les interventions de Washington dans divers pays. Aussi longtemps que l’Europe ne demeurera rien d’autre qu’une extension de Washington, les possibilités d’un holocauste nucléaire (Armageddon) s’accroîtront.

 

Au point où nous en sommes, la guerre nucléaire peut être évitée de deux façons. Une façon serait pour la Russie et la Chine de se rendre et d’accepter l’hégémonie de Washington. L’autre façon serait qu’un dirigeant indépendant prenne le pouvoir en Allemagne, au Royaume-Uni ou en France et se retire de l’OTAN. Ceci lancerait une ruée vers les portes de l’OTAN, qui demeure le principal outil de Washington pour susciter un conflit avec la Russie et, par conséquent, constitue la puissance la plus dangereuse sur Terre pour chaque pays européen et pour le monde entier. Si l’OTAN continue d’exister, l’OTAN alliée à l’idéologie néoconservatrice de l’hégémonie américaine rendront la guerre nucléaire inévitable.

 

Why WWIII Is On The Horizon

By Paul Craig Roberts

December 28, 2015

http://www.paulcraigroberts.org/2015/12/28/why-wwiii-is-on-the-horizon-paul-craig-roberts/print/

 

The collapse of the Soviet Union in 1991 gave birth to a dangerous American ideology called neoconservativism. The Soviet Union had served as a constraint on US unilateral action. With the removal of this constraint on Washington, neoconservatives declared their agenda of US world hegemony. America was now the “sole superpower,” the “unipower,” that could act without restraint anywhere in the world.

The Washington Post neoconservative journalist Charles Krauthammer summed up the “new reality” as follows:

“We have overwheming global power. We are history’s designated custodians of the international system. When the Soviet Union fell, something new was born, something utterly new–a unipolar world dominated by a single superpower unchecked by any rival and with decisive reach in every corner of the globe. This is a stagering new development in history, not seen since the fall of Rome. Even Rome was no model for what America is today.”

The staggering unipolar power that history has given to Washington has to be protected at all costs. In 1992 top Pentagon official Undersecretary Paul Wolfowitz penned the Wolfowitz Doctrine, which became the basis for Washington’s foreign policy.

The Wolfowitz Doctrine states that the “first objective” of American foreign and military policy is “to prevent the re-emergence of a new rival, either on the territory of the former Soviet Union or elsewhere, that poses a threat [to US unilateral action] on the order of that posed formerly by the Soviet Union. This is a dominant consideration underlying the new regional defense strategy and requires that we endeavor to prevent any hostile power from dominating a region whose resources would, under consolidated control, be sufficient to generate global power.” (A “hostile power” is a country sufficiently strong to have a foreign policy independent from Washington’s.)

The unilateral assertion of American power begin in ernest during the Clinton regime with the interventions in Yugoslavia, Serbia, Kosovo, and the no-fly zone imposed on Iraq. In 1997 the neoconservatives penned their “Project for a New American Century.” In 1998, three years prior to 9/11, the neoconservatives sent a letter to President Clinton calling for regime change in Iraq and “the removal of Saddam Hussein from power.” Neoconservatives set out their program for removing seven governments in five years. http://www.globalresearch.ca/we-re-going-to-take-out-7-countries-in-5-years-iraq-syria-lebanon-libya-somalia-sudan-iran/5166

The events of September 11, 2001, are regarded by informed people as “the new Pearl harbor” that the neoconservatives said was necessary in order to begin their wars of conquest in the Middle East. Paul O’Neil, President George W. Bush’s first Treasury Secretary, has stated pubicly that the agenda of President Bush’s first meeting with his cabinet was the invasion of Iraq. This invasion was planned prior to 9/11. Since 9/11 Washington has destroyed in whole or part eight countries and now confronts Russia both in Syria and Ukraine.

Russia cannot allow a jihadist Caliphate to be established in an area comprising Syria/Iraq, because it would be a base for exporting destabilization into Muslim parts of the Russian Federation. Henry Kissinger himself has stated this fact, and it is clear enough to any person with a brain. However, the power-crazed fanatical neoconservatives, who have controlled the Clinton, Bush, and Obama regimes, are so absorbed in their own hubris and arrogance that they are prepared to push Russia to the point of having their Turkish puppet shoot down a Russian airplane and to overthrow the democratically-elected government in Ukraine that was on good terms with Russia, substituting in its place an American puppet government.

With this background, we can understand that the dangerous situation facing the world is the product of the neoconservative’s arrogant policy of US world hegemony. The failures of judgment and the dangers in the Syrian and Ukrainian conflicts are themselves the consequences of the neoconservative ideology.

To perpetuate American hegemony, the neoconservatives threw away the guarantees that Washington gave Gorbachev that NATO would not move one inch to the East. The neoconservatives pulled the US out of the ABM Treaty, which specified that neither the US nor Russia would develop and deploy anti-ballistic missiles. The neoconservatives re-wrote US war doctrine and elevated nuclear weapons from their role as a retaliatory force to a pre-emptive first strike force. The neoconservatives began putting ABM bases on Russia’s borders, claiming that the bases were for the purpose of protecting Europe from non-existent Iranian nuclear ICBMs.

Russia and Russia’s president, Vladimir Putin, have been demonized by neoconservatives and their puppets in the US government and media. For example, Hillary Clinton, a candidate for the Democratic nomination for president, declared Putin to be “the new Hitler.” A former CIA official called for Putin’s assassination. Presidential candidates in both parties are competing in terms of who can be the most aggressive toward Russia and the most insulting toward Russia’s president.

The effect has been to destroy the trust between nuclear powers. The Russian government has learned that Washington does not respect Washington’s own laws, much less international law, and that Washington cannot be trusted to keep any agreement. This lack of trust, together with the aggression toward Russia spewing from Washington and the presstitute media and echoing in the idiotic European capitals, has established the ground for nuclear war. As NATO (essentially the US) has no prospect of defeating Russia in conventional war, much less defeating an alliance of Russia and China, war will be nuclear.

To avoid war, Putin is non-provocative and low-key in his responses to Western provocations. Putin’s responsible behavior, however, is misinterpreted by neoconervatives as a sign of weakness and fear. The neoconservatives tell President Obama to keep the pressure on Russia, and Russia will give in. However, Putin has made it clear that Russia will not give in. Putin has sent this message on many occasions. For example, on September 28, 2015, at the 70th anniversary of the United Nations, Putin said that Russia can no longer tolerate the state of affairs in the world. Two days later Putin took command of the war against ISIS in Syria.

The European governments, especially Germany and the UK, are complicit in the move toward nuclear war. These two American vassal states enable Washington’s reckless aggression toward Russia by repeating Washington’s propaganda and supporting Washington’s sanctions and interventions against other countries. As long as Europe remains nothing but an extension of Washington, the prospect of Armegeddon will continue to rise.

At this point in time, nuclear war can only be avoided in two ways. One way is for Russia and China to surrender and accept Washington’s hegemony. The other way is for an independent leader in Germany, the UK, or France to rise to office and withdraw from NATO. That would begin a stampede to leave NATO, which is Washington’s prime tool for causing conflict with Russia and, thereby, is the most dangerous force on earth to every European country and to the entire world. If NATO continues to exist, NATO together with the neoconservative ideology of American hegemony will make nuclear war inevitable.

¿Por qué la tercera guerra mundial parece inevitable?

por Paul Craig Roberts

Fuente : El Espía Digital

Extraído de Katehon

Fecha del original ingles

28 diciembre 2015

 

El colapso de la Unión Soviética en 1991 dio a luz a una ideología americana peligrosa llamada neoconservadurismo. La Unión Soviética había ejercido como una limitación a la acción unilateral de Estados Unidos. Con la eliminación de esta restricción para Washington, los neoconservadores proclamaron su agenda de hegemonía mundial. EEUU era ahora la “única superpotencia”, el “Unipower”, que podría actuar sin restricciones en cualquier parte del mundo.

El periodista neoconservador del Washington Post, Charles Krauthammer resumió la “nueva realidad” de la siguiente manera:

“Hemos concentrado un abrumador poder global. Somos los custodios designados por la historia del sistema internacional. Cuando la Unión Soviética cayó, algo nuevo nació, algo completamente nuevo, un mundo unipolar dominado por una única superpotencia sin oposición de ningún rival y con un alcance decisivo en todos los rincones del globo. Este es un nuevo y asombroso desarrollo histórico, algo que no se veía desde la caída de Roma. Ni tan solo Roma puede compararse con lo que Estados Unidos es hoy en día”.

Este poder unipolar asombroso que la historia le ha otorgado a Washington tiene que ser protegido a toda costa. En 1992 el alto funcionario del Pentágono, el subsecretario Paul Wolfowitz, escribió la Doctrina Wolfowitz, que se convirtió en la base de la política exterior de Washington.

La Doctrina Wolfowitz afirma que el “primer objetivo” de la política exterior y militar estadounidense es “evitar el resurgimiento de un nuevo rival, ya sea en el territorio de la antigua Unión Soviética o en otro lugar, que represente una amenaza para el poder de acción unilateral de EEUU, como el que planteaba anteriormente la Unión Soviética”. Esta es una consideración dominante que subyace en la nueva estrategia de defensa regional y que requiere que EEUU se esfuerce para evitar que cualquier potencia hostil domine una región cuyos recursos, bajo un control consolidado, sean suficientes para generar un poder global. (Cabe destacar que un “poder hostil” para EEUU, es cualquier país lo suficientemente fuerte como para tener una política exterior independiente de Washington)

La afirmación unilateral del poder estadounidense comenzó durante el régimen de Clinton, con las intervenciones en Yugoslavia, Serbia, Kosovo, así como con la creación de la zona de exclusión aérea impuesta a Irak. En 1997 los neoconservadores escribieron su “Proyecto para un Nuevo Siglo Americano”. En 1998, tres años antes del 9/11, los neoconservadores enviaron una carta al presidente Clinton pidiendo un cambio de régimen en Irak y la eliminación de Saddam Hussein del poder. Los neoconservadores expusieron su programa para eliminar siete gobiernos en cinco años (Irak Siria, Líbano, Libia, Somalia, Sudán e Irán)

Los acontecimientos del 11 de septiembre de 2001, son considerados por la gente informada como “el nuevo Pearl Harbor” que los neoconservadores dijeron que era necesario para comenzar sus guerras de conquista en Oriente Medio.

Paul O’Neil, primer Secretario del Tesoro del presidente George W. Bush, declaró públicamente que la agenda de la primera reunión del presidente Bush con su gabinete, fue la invasión de Irak. Esta invasión fue planeada antes del 9/11. Desde el 9/11, Washington ha destruido total o parcialmente ocho países y ahora se enfrenta a Rusia tanto en Siria como en Ucrania.

Rusia no puede permitir que un califato yihadista se establezca en una zona que comprende Siria e Irak, porque sería una base para la exportación de la desestabilización a las zonas musulmanas de la Federación Rusa. El propio Henry Kissinger ha declarado este hecho, y es algo suficientemente claro para cualquier persona con un mínimo de cerebro. Sin embargo, los neoconservadores fanáticos, que han controlado las administraciones Clinton, Bush, y Obama, están tan absortos en su propia arrogancia que empujaron a su títere de Turquía a derribar un avión ruso y derrocaron al gobierno elegido democráticamente en Ucrania que estaba en buenos relaciones con Rusia, sustituyéndolo por un gobierno títere de Estados Unidos.

Con estos antecedentes, podemos entender que la situación de peligro que enfrenta el mundo es el producto de la política arrogante de los neoconservadores norteamericanos y sus ansias de hegemonía mundial. Los errores de juicio y los peligros generados por los conflictos de Siria y Ucrania son a su vez las consecuencias de esta ideología neoconservadora.

Para perpetuar la hegemonía estadounidense, los neoconservadores traicionaron las garantías que dio Washington a Gorbachov de que la OTAN no se movería una pulgada hacia el Este. Los neoconservadores sacaron a los EE.UU. fuera del Tratado ABM, que especificaba que ni los EEUU ni Rusia desarrollaría ni desplegaría misiles antibalísticos. Los neoconservadores de Estados Unidos re-escribieron la doctrina de guerra y elevaron el rol de las armas nucleares, pasando de ejercer de fuerza de represalia ante un posible ataque, a ejercer de primera fuerza de ataque preventivo. Los neoconservadores comenzaron a situar las bases de Misiles Anti Balísticos ABM en las mismísimas fronteras de Rusia, alegando que las bases tenían el propósito de proteger a Europa de los inexistentes misiles balísticos intercontinentales nucleares iraníes.

El presidente de Rusia, Vladimir Putin, y la propia Rusia, han sido demonizados por los neoconservadores y por sus títeres en el gobierno estadounidense y en los medios de comunicación. Por ejemplo, Hillary Clinton, candidata a la nominación demócrata a la presidencia, declaró que Putin era “el nuevo Hitler”.

Un ex funcionario de la CIA pidió el asesinato de Putin. Los candidatos presidenciales de ambos partidos compiten para ver quién se muestra más agresivo hacia Rusia y más insultante hacia el presidente Putin.

El efecto que ha causado todo esto, ha sido la destrucción de la confianza entre las potencias nucleares. El gobierno ruso ha aprendido que Washington no respeta las propias leyes de Washington, y mucho menos el derecho internacional, y que no se puede confiar en que Washington mantenga ningún tipo de acuerdo.

Esta falta de confianza, junto con la agresión hacia Rusia vomitada desde Washington y desde los medios de comunicación prostituidos a su servicio y haciéndose eco en las capitales europeas más idiotas, ha establecido las bases para una guerra nuclear.

Puesto que la OTAN (esencialmente los EEUU) no tiene ninguna posibilidad de derrotar a Rusia en una guerra convencional, y mucho menos derrotar a una alianza de Rusia y China, la guerra será nuclear.

Para evitar la guerra, Putin trata de comportarse de forma poco provocativa y discreta en sus respuestas a las provocaciones occidentales. El comportamiento responsable de Putin, sin embargo, es mal interpretado por los neoconservadores, que lo ven como un signo de debilidad y miedo. Los neoconservadores dicen que el presidente Obama debe mantener la presión sobre Rusia, y que así, Rusia cederá. Sin embargo, Putin ha dejado claro que Rusia no va a ceder. Putin ha enviado este mensaje en muchas ocasiones. Por ejemplo, el 28 de septiembre de 2015, en el 70 aniversario de las Naciones Unidas, Putin dijo que Rusia ya no puede tolerar el estado de cosas en el mundo. Dos días más tarde, Putin tomó el mando de la guerra contra el ISIS en Siria.

Los gobiernos europeos, especialmente Alemania y el Reino Unido, son cómplices en el movimiento hacia la guerra nuclear. Estos dos estados vasallos americanos permiten la agresión temeraria de Washington hacia Rusia repitiendo la propaganda de Washington y apoyando las sanciones e intervenciones de Washington en contra de otros países. Mientras Europa siga siendo solo una mera extensión de Washington, la perspectiva de un cataclismo seguirá aumentando.

En estos momentos actuales, la guerra nuclear sólo puede evitarse de dos maneras.

Una vía es que Rusia y China se rindan y acepten la hegemonía de Washington.

La otra opción es que un líder independiente en Alemania, el Reino Unido o Francia esté a la altura de las circunstancias y saque a su país de la OTAN.

Eso significaría el comienzo de una estampida para salir de la OTAN, que es la herramienta primordial que tiene Washington para generar conflicto con Rusia y, por lo tanto, es la fuerza más peligrosa en la tierra para todos los países europeos y pare el mundo entero.

Si la OTAN continúa existiendo, la OTAN, junto con la ideología neoconservadora obsesionada con la hegemonía estadounidense, harán que una guerra nuclear sea inevitable.

*El Dr. Paul Craig Roberts, fue ex secretario adjunto del Tesoro durante la presidencia de Reagan y ex editor del Wall Street Journal