Il n’y a plus de guerre juste

Jean-Daniel Ruch, ex-ambassadeur, « Il n’y a plus de guerre juste », L’Impertinent, 15 août 2026.

Note des éditeurs
L’article que vous allez lire, de Jean-Daniel Ruch, porte sur la théorie de la « guerre juste » et sur la condamnation qu’en fait le pape Léon XIV dans son encyclique Magnifica Humanitas (25 mai 2026). Précisons d’emblée que l’objet principal de cette encyclique est l’intelligence artificielle et ses impacts, dont l’un est bien entendu la guerre. Il faut attendre le chapitre 5 pour que la question de la guerre juste soit abordée, ce qui n’enlève rien à la vigueur du propos. Il s’agit en effet d’une remise en question par le Vatican de toute la pensée chrétienne depuis Saint-Augustin. C’est donc une évolution majeure que les médias ont dans leur quasi totalité passée sous silence. D’où l’importance de l’article de Jean-Daniel Ruch paru une première fois dans L’Impertinent et que nous reprenons ici.
>>> Des extraits du chapitre 5 de l’encyclique sont reproduits en fin d’article (section sur “La banalisation de la guerre”).
>>> Les sous-titres ont été ajoutés au texte initial par les éditeurs du blog.

Points clés

  • Le pape Léon XIV remet en question la notion de « guerre juste » dans son encyclique Magnifica Humanitas en lien avec l’intelligence artificielle.
  • La doctrine traditionnelle de la guerre juste repose sur trois critères : l’autorité légitime, la cause juste et l’intention droite.
  • L’encyclique souligne les dangers de l’IA, notamment l’anonymisation des responsabilités et l’amplification des discours de haine.
  • Le pape appelle à dépasser la théorie de la guerre juste pour privilégier le dialogue, la diplomatie et la coopération.
  • L’article critique la réaction de l’Occident face à la pensée du pape et évoque le besoin d’une réflexion morale sur la guerre.
© Dicastère pour la Communication – Vatican Media

Le 25 mai 2026, le pape Léon XIV a publié l’encyclique Magnifica Humanitas qui remet en question la notion de « guerre juste » ayant fourni la base morale de la guerre selon l’Église catholique depuis Saint-Augustin au cinquième siècle. Développée par Thomas d’Aquin au 13ᵉ siècle, la notion de « guerre juste » a été sécularisée par le juriste néerlandais Hugo Grotius au 17ᵉ siècle. On est dès lors passé de la morale au droit international, de la définition de la guerre « juste » aux conditions d’une guerre « légale ».

La doctrine traditionnelle de la guerre juste

Cette conception de la guerre juste était fondée sur trois critères:

  1. L’autorité légitime. Une guerre ne peut être déclenchée que par un État souverain, mais pas par des particuliers ou des milices privées. Ceci rejoint la théorie de l’État, celui-ci ne pouvant exister que s’il dispose du monopole de la violence.
  2. La cause juste. Le recours aux armes n’est moralement justifié que si une injustice a été commise ou est sur le point d’être commise.
  3. L’intention droite. Le but ne doit pas être la vengeance ou la conquête, mais la réparation d’un tort. Implicitement, ce critère introduit le comportement des armées dans la conduite des hostilités, qui doit être proportionnel et éviter les dommages causés aux non-combattants.

Le droit international moderne

Dans le droit international moderne, formulé après les deux guerres mondiales, les conceptions héritées de la tradition catholique sont consacrées dans la Charte des Nations Unies (1945) et dans les Conventions de Genève (1949) et leurs Protocoles additionnels (1977). La première définit les règles du jus ad bellum, à savoir le droit de faire la guerre. Les deuxièmes détaillent le jus in bello, soit les règles à appliquer par les armées en guerre qui veillent à protéger les civils et autres non-combattants. La Charte autorise le recours à la force dans deux cas de figure: à l’article 42 en cas de décision du Conseil de sécurité (l’autorité légitime), et à l’article 51 dans l’exercice de la légitime défense (la cause juste). Pour que celle-ci soit exercée de manière légale, elle doit répondre à une agression ou à une menace imminente. Qu’est-ce que l’encyclique de Léon XIV change?

L’encyclique Magnifica Humanitas : un tournant

Le 10 avril, alors qu’un cessez-le-feu venait de prendre place entre l’Iran, les États-Unis et Israël, le pape se fendait d’un tweet aux conséquences vertigineuses :

« Dieu ne bénit aucun conflit. Quiconque est un disciple du Christ, le Prince de la Paix, n’est jamais du côté de ceux qui alors maniaient le glaive et aujourd’hui lâchent des bombes. L’action militaire ne va pas créer des espaces de liberté, ni des temps de Paix. Ceux-ci ne viennent que de la promotion patiente de la coexistence et du dialogue entre les peuples. »

Cette critique a été perçue comme une condamnation de la guerre « de choix » israélo-américaine contre l’Iran. Notez les termes utilisés : lorsque l’Occident, médias ou dirigeants, parlent de la guerre menée par la Russie en Ukraine, il s’agit d’une « agression non provoquée et injustifiée », comme si les bonnes âmes qui nous dirigent devaient se convaincre elles-mêmes que cette « opération militaire spéciale », ainsi que les Russes la nomment, était vraiment non provoquée et n’avait pas une justification quelconque – comme par exemple la pénétration des intérêts et des armes otaniens dans le voisinage de la Russie.

Mais l’action israélo-américaine contre l’Iran, qui n’est pas plus de la légitime défense que l’opération russe contre l’Ukraine, est pudiquement devenue une « guerre de choix ». Les deux sont en droit international des agressions de même calibre.

L’IA et l’anonymisation des responsabilités

Léon XIV précisa sa pensée dans son encyclique. Dans une quarantaine de paragraphes consacrés à « La culture du pouvoir et la civilisation de l’amour », il fustige la banalisation de la guerre encore exacerbée par l’irruption de l’intelligence artificielle qui amplifie les discours de haine et la polarisation tout en anonymisant les responsabilités. Comment peut-on tenir une machine pour responsable de crimes de guerre ?

Le Pape plaide pour l’identification de chaînes de commandement claires qui renvoient à ceux qui, in fine, ordonnent à des systèmes autonomes de tuer. Au passage, il ne se gêne pas de lancer une pique acerbe aux industries militaires qui deviennent un « moteur autonome des choix belliqueux » alimentant les tensions dans le monde, car elles « tirent profit d’un marché qui prospère précisément grâce aux conflits ».

Le dépassement de la théorie de la guerre juste

Face à cette exacerbation de la culture, voire du culte de la puissance armée, « aujourd’hui plus que jamais il est important de réaffirmer le dépassement de la théorie de la ‘guerre juste’ trop souvent invoquée pour justifier n’importe quelle guerre, sous réserve du droit à la légitime défense dans son sens le plus strict. » Donc, on a le droit de se défendre en cas d’agression. Léon termine en plaidant avec force pour le dialogue et la diplomatie, ainsi qu’un renouveau du multilatéralisme.

L’administration Trump face au Pape

L’administration Trump avait toutes les raisons de se sentir visée par la nouvelle théologie de la guerre promue par le pape Léon XIV. On ne va pas s’étendre sur les insanités proférées par le bouffon vulgaire qui sert de président américain, y compris les icônes IA de lui-même en pape.

Plus sérieux sont les doutes émis par le vice-président, un homme provenant d’un milieu difficile et converti au catholicisme en 2019 à l’âge de 35 ans après s’être passionné pour la théologie de Saint-Augustin, justement le père de la doctrine de la guerre juste. Vance pourrait être le prochain président américain.

Gêné, il a répondu aux critiques papales en rappelant son maître à penser : « Lorsque le Pape prétend que Dieu n’est jamais du côté de ceux qui manient le glaive, il oublie la tradition millénaire de la guerre juste. » Et de poser la question rhétorique : « Dieu était-il du côté de ceux qui ont libéré les camps de l’Holocauste? »

Vance n’a peut-être pas réalisé alors que, de ce point de vue, Dieu était avec les Soviétiques, car ce sont eux qui ont libéré Auschwitz…

La clarification du Pape du 6 juin

Le 6 juin, Léon XIV a encore eu l’occasion de préciser sa pensée auprès de journalistes. Interrogé sur la question de savoir si la guerre en Iran remplissait les conditions de la guerre juste, il rétorqua sans appel :

« En Iran, les critères pour une guerre juste ne sont pas présents. » 

Implicitement, il reconnaissait ainsi que l’offensive israélo-américaine constituait un acte d’agression. Il poursuivit dans le sens de son encyclique:

« La théorie de la guerre juste date d’il y a des siècles, alors qu’il était impossible d’imaginer les armements et la capacité destructive à la disposition de l’humanité aujourd’hui. »

Le silence moral de l’Occident

Le vice-président américain s’est abstenu de poursuivre le débat. Il s’est borné, le 18 juin, à affirmer qu’il restait en contact avec le souverain pontife et à décrire leur relation positive. Mais la gêne est palpable chez cet homme croyant.

Il n’y a pas besoin d’être catholique (et l’auteur de ces lignes est un protestant plutôt de tradition antipapiste primaire) pour apprécier la révolution douce que le premier pape américain, né Robert Francis Prevost à Chicago en 1955, enclenche dans le monde occidental. Aux États-Unis, le dernier pays occidental où la religion joue un rôle majeur, l’encyclique Magnifica Humanitas n’est pas sans effet, voir Vance. Il faut aussi dire que l’Amérique continue de bénéficier de journalistes qui savent être incisifs.

L’Europe et son hystérie guerrière

Malheureusement, les élites européennes, tout obsédées qu’elles sont, en particulier en Allemagne, par leur réarmement, n’ont plus la capacité de la réflexion morale. On ne se pose pas la question de savoir ce qui est juste ou faux, bien ou mal, ni où est l’intérêt public. Il n’y a qu’une chose qui compte: battre les Russes. 

L’hystérie guerrière en Allemagne a atteint des proportions telles qu’on est amené à se poser des questions sur les raisons profondes qui animent ces bouffées d’émotions bellicistes : les Allemands veulent-ils se venger des humiliations infligées par les Russes à Stalingrad et à Berlin ? N’oublions pas que ce sont les Russes qui ont occupé Berlin en 1945 alors que les troupes occidentales attendaient sur la rive occidentale de l’Elbe. À nul moment n’entend-on une voix européenne prôner le dialogue et la diplomatie avec Moscou, alors que cette injonction est au cœur de l’encyclique de Léon XIV.

Le cas suisse

Quant à notre très catholique ministre des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, sa pensée morale et stratégique rappelle le galetas de ma grand-mère : vide avec beaucoup de toiles d’araignée de poussière. On peut, comme Charlie Hebdo, insulter sans limite l’Église. À bien des égards, on peut se réjouir qu’elle n’ait plus guère d’influence sur nos sociétés et nos politiques. Mais, lorsque l’humanité a besoin d’une boussole pour éviter une nouvelle guerre mondiale, il n’y a pas tellement d’alternative au Pape. Qui, dans le monde occidental, jouit d’une autorité morale comparable?

PS: Tandis que les dirigeants européens restaient muets face aux questions fondamentales posées par le chef de la principale confession chrétienne, le président iranien, lui, les décrivait comme étant « morales, logiques et équitables ». Massoud Peseskhian salua l’appel du Pape pour une « une paix juste. »

L’auteur

Jean-Daniel Ruch a été l’ambassadeur de Suisse en Serbie, au Monténégro, en Israël et en Turquie. Il a aussi travaillé pour l’OSCE dans les années 90 et aux côtés de Carla Del Ponte au Tribunal de l’ONU pour l’ex-Yougoslavie. Depuis 2024, il enseigne et écrit. “Crimes et tremblements. D’une guerre froide à l’autre au service de la paix et de la justice” est paru aux éditions Favre en 2024. Samira au pouvoir, un thriller politique, a été publié aux éditions Zarka en 2025.


Extraits du chapitre 5 de l’encyclique Magnifica Humanitas

La banalisation de la guerre

189. En 1965, le cri de saint Paul VI résonnait avec force devant lʼAssemblée Générale des Nations Unies : « jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! »[i]. Nous devons reconnaître que, malgré les aspirations et les proclamations de paix, les soixante dernières années ont été marquées par des conflits dʼune férocité impressionnante qui ont souvent impliqué massivement les populations civiles, causant des victimes innocentes, des vagues de réfugiés, une déstabilisation sociale et des blessures durables. Cependant, dans le discours public, il était communément admis que la guerre devait rester une extrema ratio, encadrée par des limites éthiques et juridiques rigoureuses, et en tout état de cause par une perspective politique orientée vers la paix. À la suite des événements survenus pendant lʼentre-deux-guerres, un tournant sʼest produit après la Seconde Guerre mondiale : la paix avait été placée au centre de lʼordre international, comme en témoigne notamment la Charte des Nations Unies, qui se propose de « préserver les générations futures du fléau de la guerre »[ii]; de nombreuses Constitutions nationales, dans le même esprit, avaient relégué le recours aux armes à des cas extrêmes et strictement délimités. Même pendant la Guerre froide, malgré la présence de conflits graves, la conscience quʼil fallait éviter à tout prix un nouveau conflit mondial persistait.

190. Aujourdʼhui, en revanche, nous assistons à un véritable changement de paradigme dans le discours public et dans les choix en matière de réarmement, avec une réhabilitation inquiétante de la guerre en tant quʼinstrument de politique internationale, tandis que les critères éthiques mêmes qui en avaient limité lʼusage sont progressivement érodés. Les conflits régionaux qui sʼéternisent, lʼescalade des tensions et les menaces réciproques deviennent presque habituels, et des formes de conflit pour lʼexpansion territoriale que lʼon croyait dépassées réapparaissent. Lʼopinion publique est progressivement orientée et habituée par des récits médiatiques polarisants, souvent amplifiés par des algorithmes qui valorisent la confrontation et lʼopposition.

191. Nous assistons également à une perte inquiétante de la mémoire historique. La disparition progressive des témoins directs de la Shoah et des deux guerres mondiales facilite une réécriture sélective ou déformée du passé, dans un climat où les fausses informations et les manipulations narratives brouillent les leçons apprises. Sans une mémoire vive des horreurs de la guerre, les décisions politiques risquent dʼêtre prises sur la base de calculs de force, sans vision des conséquences à long terme.

192. À tout cela sʼajoute un élément nouveau et déterminant : la dimension médiatique et numérique. Les réseaux de communication, les espaces dʼinformation fragmentés et les algorithmes qui favorisent la confrontation peuvent amplifier la polarisation et le ressentiment, accélérer la propagande et rendre plus difficile un discernement commun. Ainsi, la guerre nʼest pas seulement menée, mais aussi préparée culturellement à travers des récits simplistes, des logiques ami-ennemi, la désinformation et la peur. Lorsque la mémoire historique sʼestompe et que les critères éthiques qui protègent les civils et les plus fragiles sʼaffaiblissent, il devient plus facile de présenter la violence comme nécessaire, inévitable, voire “propreˮ. Cʼest dans ce climat que lʼhumanité est en train de glisser vers une culture violente de la puissance, où la paix nʼapparaît plus comme une tâche à assumer, mais comme un intervalle précaire entre les conflits. Aujourdʼhui plus que jamais, il est important de réaffirmer le dépassement de la théorie de la “guerre justeˮ trop souvent invoquée pour justifier nʼimporte quelle guerre, sous réserve du droit à la légitime défense dans son sens le plus strict[iii]. La magnifique humanité dispose dʼoutils bien plus efficaces et capables de promouvoir la vie humaine pour faire face aux conflits, tels que le dialogue, la diplomatie, le pardon. Le recours à la force, à la violence et aux armes témoigne dʼune pauvreté relationnelle qui a toujours des conséquences désastreuses sur les populations civiles.

Source: Lettre encyclique du Saint-Père Léon XIV Magnifica Humanitas (15 mai 2026), 50 pages. Cf. pp. 34-5.


[i] Saint Paul VI, Discours à la 20 Assemblée générale des Nations Unies (4 octobre 1965) : AAS 57 (1965), p. 881.

[ii] Organisation des Nations Unies, Charte des Nations Unies (26 juin 1945), Préambule.

[iii] Cf. François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 258 : AAS 112 (2020), p. 1061 : « De fait, ces dernières décennies,toutes les guerres ont été prétendument “justifiées”. Le Catéchisme de l’Église catholique parle de la possibilité d’une légitimedéfense par la force militaire, qui suppose qu’on démontre que sont remplies certaines “conditions rigoureuses de légitimitémorale”. Mais on tombe facilement dans une interprétation trop large de ce droit éventuel. On veut ainsi justifier indument mêmedes attaques ‘‘préventives’’ ou des actions guerrières qui difficilement n’entraînent pas “des maux et des désordres plus gravesque le mal à éliminer” » ; cf. Catéchisme de l’Eglise Catholique, n. 2309.

Nous ne pouvons plus prétendre que ce dont nous sommes témoins dans les zones de guerre est conforme au droit

Mirjana Spoljaric

Discours prononcé par Mirjana Spoljaric, Présidente du Comité international de la Croix-Rouge, lors du débat public du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies sur la protection des civils dans les conflits armés – 20 mai 2026, New York

Monsieur le Président,

Toute guerre menée sans règles ne se déroule plus parmi des combattants, c’est une guerre menée contre les civils.

Au cours des dernières semaines, j’ai effectué une série de visites au Moyen-Orient, où les conséquences de la guerre sur les civils sont aussi manifestes que tragiques. Cette brutalité dans les conflits armés devient la norme, du Moyen-Orient à la Corne de l’Afrique, mais aussi en Europe de l’Est et dans d’autres régions du monde.

Nous ne pouvons plus prétendre que ce dont nous sommes témoins dans les zones de guerre est conforme au droit.

Ni les destructions massives,

ni les immenses souffrances infligées aux populations,

ni la rhétorique utilisée en guise de justification ne sont conformes au droit.

Lorsque des dirigeants donnent l’ordre à leurs forces armées de combattre sans retenue, lorsqu’ils qualifient leurs adversaires de sous-hommes, lorsqu’ils menacent des populations entières, ils font bien plus qu’encourager les crimes de guerre.

Ils menacent de réduire à néant les fondements moraux de notre humanité commune.

L’histoire nous a appris que la déshumanisation est toujours suivie d’atrocités. Tuer sans distinction, torturer, maltraiter devient plus facile à justifier dès lors que l’on cesse de considérer l’autre comme un être humain à part entière. 

Mais que se passe-t-il lorsque cette rhétorique brutale devient la nouvelle norme?

L’adversaire l’adopte à son tour. 

Et les conséquences sont effroyables, comme nous le constatons chaque jour.

Des territoires entiers sont réduits à l’état de ruines. Des hôpitaux sont détruits et des patients sont tués. Des travailleurs humanitaires et des personnels de santé sont régulièrement pris pour cible.

Ces violations du droit international humanitaire se déroulent sous nos yeux.

Mais d’autres sont aussi commises dans l’ombre, à l’abri des regards, dans des cellules de prison, des centres de détention, des salles d’interrogatoire. Le rapport de pouvoir entre un prisonnier et ses geôliers est tellement déséquilibré que les digues morales peuvent facilement céder.

Dans bien trop de conflits armés, les détenus se voient arracher jusqu’à la dernière parcelle de leur humanité. Réduits à l’état de sous-hommes, ils n’ont plus droit à un traitement ou à un procès équitable. Dépossédés de leur identité, ils risquent de disparaître à jamais, toute trace de ce qui leur est arrivé étant délibérément effacée.

La déshumanisation ne concerne pas seulement les combattants tombés aux mains de l’adversaire; les civils privés de liberté aussi en sont souvent victimes.

Ces actes de cruauté délibérés ne surviennent pas par accident. La torture et la violence ne sont jamais fortuites.Elles sont le produit d’un système qui vise à rationaliser des actes rendus possibles par le mépris du droit et l’application de stratégies militaires d’annihilation.

Les Conventions de Genève sont sans équivoque: dans les situations de conflit armé international – y compris dans les situations d’occupation – les prisonniers de guerre, les internés civils et les détenus ont le droit d’être visités par le CICR. Nous évaluons le traitement qu’ils reçoivent et leurs conditions de détention, nous les aidons à maintenir le contact avec leurs familles, et nous contribuons à empêcher qu’ils ne disparaissent.

Bien que les États aient l’obligation de laisser le CICR visiter les détenus, nous nous voyons bien trop souvent opposer un refus ou imposer d’importantes restrictions d’accès – il s’agit d’un recul inquiétant du respect des normes, qui risque de porter préjudice non seulement aux détenus actuels mais aussi aux prisonniers de demain. 

Partout où nous le pouvons, nous continuons de visiter les lieux de détention. La semaine dernière, j’étais à la prison centrale de Karkh, à Bagdad, où sont actuellement détenues plusieurs milliers de personnes de près de 70 nationalités différentes, récemment transférées du nord-est de la Syrie. Parmi elles se trouvent des enfants pris au piège d’une guerre qu’ils n’ont pas choisie et qui risquent aujourd’hui de passer le restant de leurs jours derrière les barreaux.

La situation de ces enfants est un exemple de ce qui arrive lorsque la communauté internationale laisse des catégories entières de personnes hors du cadre du droit et qu’elle n’a pas le courage politique et moral de statuer sur leur sort.

Pour les populations qui vivent dans des zones de conflit ou sous occupation, le sentiment d’emprisonnement n’est pas cantonné aux lieux de détention; il est omniprésent. Aujourd’hui, des millions de civils à travers le monde voient leur avenir confisqué par les conflits et la violence, qui détruisent leurs foyers et leurs moyens de subsistance, les séparent de leurs terres et les privent de leur dignité la plus élémentaire.

Les conflits armés ne surgissent pas du néant. Lorsque la politique échoue, la guerre s’ensuit. Il est donc temps de prendre des mesures effectives en faveur d’une résolution durable des conflits et de ne plus seulement chercher à en limiter les effets.

Monsieur le Président,

protéger les civils et traiter ses adversaires dans le respect des règles du droit n’est pas un signe de faiblesse. C’est au contraire la réaffirmation, dans son propre pays comme sur la scène internationale, d’une exigence morale supérieure. 

Le chemin qui mène à la paix commence souvent avec la libération simultanée de prisonniers ou la restitution des dépouilles des défunts à leurs familles. Il est plus aisé de mener à bien ces activités lorsque les parties respectent les règles de la guerre.

C’est pourquoi j’invite les dirigeants à faire du droit international humanitaire une priorité politique. Le fait que 111 États aient déjà répondu à l’appel à rejoindre l’Initiative mondiale visant à revitaliser l’engagement politique en faveur du droit international humanitaire, lancée par l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, la France, la Jordanie et le Kazakhstan, est très encourageant.

Initiative mondiale visant à revitaliser l’engagement politique en faveur du droit international humanitaire. Lancée en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York en septembre 2024, l’Initiative mondiale pour le DIH a pour objectif de défendre l’humanité en temps de guerre. Une Conférence de haut niveau à cet effet est prévue à la fin de l’année 2026 en Jordanie.
>>> NDÉ

Nous ne pouvons laisser s’installer une culture politique aveugle aux leçons héritées de deux guerres mondiales marquées par des destructions massives et un génocide.

Il est de la responsabilité de chacun d’entre vous, en sa qualité de membre du Conseil de sécurité, de membre de l’Assemblée générale des Nations Unies et d’État partie aux Conventions de Genève, d’inverser le cours des choses. 

Je vous remercie.


Source: Comité International de la Croix-Rouge (CICR), déclaration de la présidente, le 20 mai 2026.

Texte repris du magazine indépendant suisse Horizons et débats.

Key Takeaways

  • Mirjana Spoljaric souligne la déshumanisation des civils dans les conflits armés, mettant en avant l’importance de respecter le droit international.
  • Elle appelle à une prise de conscience de la brutalité de la guerre, où les civils souffrent de manière disproportionnée.
  • Spoljaric insiste sur le fait que la déshumanisation mène aux atrocités et que le respect des règles de la guerre est crucial.
  • Elle invite les dirigeants à donner priorité au droit international humanitaire afin de protéger les populations vulnérables.
  • Elle conclut en affirmant que chaque membre des Nations Unies a la responsabilité d’inverser le courant de l’indifférence face à la brutalité des conflits.

Les graines de la guerre en Ukraine

EuroMaïdan : Comment le couple EU-US a semé les graines de la guerre en Ukraine 

par Jean-François Le Drian

Jean-François Le Drian

Juriste et scientifique de formation, Jean-François Le Drian mène depuis plus de trente ans des recherches qui l’ont conduit à s’intéresser à des domaines variés comme les neurosciences, la psychologie, la logique formelle, la philosophie des sciences, l’épistémologie, la linguistique ainsi que la théologie. Il confronte sa réflexion avec nombre de grands spécialistes dans leur domaine. Il est président-fondateur du cercle de pensée et d’action Libre – Puissante – Souveraine.

Les manifestations d’EuroMaïdan de 2013-2014 en Ukraine ont marqué un tournant décisif dans l’histoire du pays, entraînant un changement radical de son orientation géopolitique et contribuant à l’éclatement d’un conflit armé.

Cet article analyse comment les stratégies de l’Union européenne (UE) et des États-Unis (USA), notamment à travers l’expansion de l’OTAN, de l’UE, et les pressions économiques, ont semé les graines de la guerre en Ukraine.

En examinant les événements clés, les déclarations officielles et les politiques mises en œuvre, nous cherchons à mettre en lumière les intérêts complexes qui ont alimenté cette crise.

Une question centrale se pose : le bouleversement de 2014 doit-il être qualifié de révolution ou de coup d’État ? Ce texte invite le lecteur à réfléchir sur les responsabilités des acteurs internationaux et leurs conséquences dramatiques.

Selon Zbigniew Brzezinski, un stratège néoconservateur influent dont les idées ont marqué la politique étrangère américaine, l’espace post-soviétique, en particulier les anciennes républiques de l’URSS, constitue un « vaste trou noir » à la fois dangereux et riche en ressources, notamment en hydrocarbures.

(…)

Dans son édition de juillet 2004, Le Monde diplomatique résumait ainsi cette vision :

Le Monde diplomatique en juillet 2004 résumait ainsi la pensée de ce néoconservateur américain :

Mal désoviétisée, la Russie devrait être définitivement séparée de l’Ukraine, refoulée du Caucase et de l’Asie centrale, dont les hydrocarbures seraient exportés hors de son contrôle. Moscou affaibli, l’équilibre géopolitique serait plus favorable. On pourrait affranchir les républiques nord-caucasiennes, cette « constellation de petites enclaves ethniques encore sous domination russe ». Les deux Azerbaïdjan (ex-URSS et Iran) se réunifieraient.

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Cette analyse reflète une stratégie occidentale visant à réduire l’influence russe dans son ancien espace soviétique, en favorisant une intégration des pays voisins à l’UE et à l’OTAN.

Dès 1992, c’est à dire au lendemain de l’effondrement de l’URSS, la stratégie américaine pour l’Europe était la suivante :

  • Élargissement de l’Otan et de la Communauté économique européenne (CEE) vers l’Est.
  • Œuvrer contre une trop forte intégration des douze ayant pour effet de compromettre l’intégration des pays de l’Est.
  • Empêcher les douze de mettre en place un système autonome de défense européen.
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La question de l’élargissement de l’OTAN vers l’Est appartient donc à un agenda ancien.

Un document déclassifié datant du 9 février 1990 rapporte une promesse faite par le secrétaire d’État américain James Baker au dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev lors des négociations sur la réunification allemande :

Si nous maintenons une présence dans une Allemagne membre de l’OTAN, il n’y aura pas d’extension de la juridiction de l’OTAN d’un seul pouce vers l’Est.

Bien que cette assurance n’ait pas été formalisée dans un traité, elle a été perçue comme un engagement moral par la Russie, alimentant les accusations de « promesses trahies » face à l’élargissement ultérieur de l’OTAN vers les pays de l’ancien bloc soviétique.

D’ailleurs, le 4 avril 2008, lors de la session du Conseil OTAN-Russie à Bucarest, le président russe Vladimir Poutine s’opposa fermement à l’élargissement de l’OTAN, perçu comme une provocation visant à préparer le terrain pour une intégration à l’UE.

La guerre russo-géorgienne d’août 2008, qui éclata dans les régions séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, fut une conséquence logique de ces tensions, bien que le conflit ait des racines historiques plus profondes, notamment les relations tendues entre la Russie et ces régions, exacerbées par l’orientation pro-occidentale du président géorgien Mikheil Saakachvili.

En définitive, le sommet de Bucarest, où l’OTAN promit un futur élargissement à l’Ukraine et à la Géorgie, joua un rôle de catalyseur.

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Cinq ans plus tard, en 2013, la Communauté des États indépendants (CEI), regroupant 12 anciennes républiques soviétiques actives, ambitionnait de se transformer en une union douanière, à l’image de la Communauté économique européenne.

Alors que l’Ukraine s’apprêtait à renforcer ses liens économiques avec la Russie, des oligarques ukrainiens, menés par Petro Porochenko, l’une des plus grandes fortunes du pays, plaidèrent pour un accord d’association avec l’UE.

C’est ainsi que lorsqu’il fut nommé ministre du commerce, Porochenko négocia ce projet d’association qualifié de « plus ambitieux accord bilatéral » jamais signé par l’UE, lequel se traduisait par une baisse de 99% des droits de douane.

L’UE exigeait qu’elle choisisse entre son accord de libre-échange approfondi et complet (DCFTA) et l’union douanière avec la Russie, présentant cette décision comme un choix exclusif entre deux blocs géopolitiques.

Sur le plan économique, l’Ukraine traversait une année difficile. C’est pourquoi le président Viktor Ianoukovytch demanda une aide annuelle de 20 milliards d’euros à l’UE, qui ne proposa que 610 millions d’euros, conditionnés à des réformes, le président français François Hollande ayant répondu : « Nous n’allons pas payer l’Ukraine pour qu’elle signe l’accord d’association » (The Telegraph, 29/11/2013)

Ainsi en 2013, l’Ukraine se retrouvait donc face à un dilemme aux conséquences dramatiques.

Vladimir Poutine considérait qu’« un accord de libre-échange Ukraine-UE représenterait une grande menace pour la Russie et déboucherait sur une hausse du chômage » et posa la question suivante : « Devons-nous étrangler des pans entiers de notre économie pour que l’Europe nous apprécie ? (BBC 26.11.13)

Aussi, Ianoukovytch proposa un accord trilatéral incluant la Russie pour éviter d’exclure l’un des deux partenaires, mais l’UE, représentée par Barroso, rejeta cette proposition, déclarant : « Lorsque nous signons un accord bilatéral, nous n’avons pas besoin d’un traité trilatéral. »

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Finalement, la Russie offrit à l’Ukraine une aide de 15 milliards de dollars et une réduction du prix du gaz, formalisées dans un accord signé par Ianoukovytch le 17 décembre 2013. Cependant, Petro Porochenko et d’autres oligarques pro-UE poursuivirent une autre voie, plaidant pour l’intégration européenne.

Malheureusement l’histoire ne s’est pas arrêtée là. Porochenko en décida autrement.

À ce stade, il convient d’examiner la thèse selon laquelle, les EU et surtout les USA manipulèrent le pouvoir contestataire des Pro-UE et créèrent le mouvement EuroMaïdan financé en partie par le ministre oligarque, Petro Porochenko.

Le 7 février 2014, le Kyiv Post, un journal Ukrainien pro-occidental faisait état d’un sondage basé sur un échantillon représentatif de 2600 personnes, selon lequel 48 % ne souhaitaient pas de rapprochement entre l’Ukraine et l’Europe et ne soutenaient pas le mouvement « EuroMaïdan » contre 45 % des sondés qui supportaient les manifestations.

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Coup d’État ou révolution ?

Lorsqu’un gouvernement, supporté par la moitié de la population, et contesté par l’autre moitié, est renversé par l’usage de la violence, doit-on parler de « Révolution » ou de « Coup d’État » ?

Si les Gilets jaunes en France avaient renversé le gouvernement, la communauté internationale aurait-elle salué une révolution ?

La manipulation des mouvements contestataires, théorisée lors de la guerre du Kosovo dans les années 1990, semble s’être répétée en Ukraine.

EuroMaïdan, alimenté à la fois par un mécontentement populaire sincère et par des influences extérieures, a conduit à un changement de pouvoir violent, soulevant des interrogations sur le rôle des acteurs étrangers dans la destinée de l’Ukraine.

Avioutskii, Viatcheslav dans son article “La Révolution orange en tant que phénomène géopolitique“, Hérodote, vol. 129, no. 2, 2008, pp. 69-99, écrit ceci en parlant de la révolution dite “orange” de 2004 :

L’opposition a pu compter sur l’aide des ONG et fondations occidentales « spécialisées » en révolutions de velours telles Freedom House et la fondation Open Society Institute de George Soros, mais aussi des think tanks américains comme le National Democratic Institute (NDI), dépendant du Parti démocrate, ou encore l’International Republican Institute (IRI), lié au Parti républicain.

Ces organisations avaient de nombreux relais sur place parmi lesquels figure l’acteur le plus important – le mouvement étudiant Pora. Au-delà de cette influence indirecte, les États-Unis et l’Union européenne ont utilisé des canaux officiels pour exercer une forte pression afin que les élections se déroulent honnêtement. Le président polonais Aleksander Kwas´niewski et son homologue lituanien Valdas Adamkus, accompagnés de Javier Solana, ont été appelés à offrir leur médiation durant la crise de novembre 2004. »

Il conclut :

Il est indéniable que les campagnes organisées par les mouvements de jeunesse, comme Pora, se sont révélées efficaces dans la transformation politique de l’espace postcommuniste.

Elles s’appuient sur des militants formés et financés par des ONG et des fondations essentiellement américaines qui mettent à leur disposition un canevas intellectuel, des formations pratiques et d’importants moyens financiers et matériels.

Ces organisations de jeunesse qui agissent par-delà les frontières et constituent de ce fait des mouvements transnationaux remettent en cause le principe de souveraineté nationale qui dominait auparavant l’analyse géopolitique classique. Les États-Unis s’avèrent être les pionniers en la matière, même s’ils n’ont pas le monopole de ce principe.

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La transcription ci-dessous d’une interview de Georges Soros par CNN démontre qu’effectivement les US n’ont jamais cessé d’agir sur l’opinion publique ukrainienne.

ZAKARIA : D’abord sur l’Ukraine. L’une des choses que beaucoup de gens ont reconnues à votre sujet, c’est que vous, pendant les révolutions de 1989, avez financé de nombreuses activités dissidentes, des groupes de la société civile en Europe de l’Est et en Pologne, en République tchèque. Faites-vous des choses similaires en Ukraine ?

SOROS : Eh bien, j’ai créé une fondation en Ukraine avant que l’Ukraine ne devienne indépendante de la Russie. Et la fondation fonctionne depuis. Et cela a joué un – un rôle important dans les événements maintenant. » (Il parle des évènements de Maïdan).

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Victoria Nuland, la célèbre sous-secrétaire d’État américaine qui prononça le fameux « Fuck the EU », révélait le 13 décembre 2013 devant la fondation US-UKRAINE que les États Unis avaient dépensé 5 milliards de dollars pour aider les ukrainiens à « satisfaire » leurs « aspirations », à savoir se détourner de la Russie pour rejoindre l’Occident.

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Le 7 février 2014, BBC NEWS reproduisait la transcription d’une conversation entre Victoria Nuland et l’Ambassadeur US en Ukraine et titrait :

La fuite de la conversation téléphonique de Victoria Nuland (avec l’ambassadeur américain en Ukraine) montre la mainmise des US sur l’Ukraine.

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On y entend Victoria Nuland échanger avec l’Ambassadeur américain en Ukraine et proférer son célèbre « Fuck the UE ».

La transcription de cette conversation met en scène une V. Nuland qui bloque un candidat pour le poste de premier ministre et choisit seule son candidat qui sera effectivement désigné 1er ministre par la suite.

Ci-dessous, un extrait de la fameuse transcription de la conversation de V. Nuland avec l’ambassadeur des US en Ukraine (Pyatt) :

NULAND: Je ne pense pas que Klitsch (l’actuel Maire de Kiev et ancien boxeur, Wladimir Klitschko) devrait entrer dans le gouvernement, ce n’est pas nécessaire, je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

PYATT: Oui. Je suppose… en cette matière qu’il n’entre effectivement pas dans le gouvernement, laissez-le simplement rester dehors et faire ses devoirs politiques et tout.

Je pense juste en termes de sorte de processus qui va de l’avant, nous voulons garder les démocrates modérés ensemble.

Le problème va être Tyahnybok [Oleh Tyahnybok, l’autre chef de l’opposition] et ses gars et je suis sûr que cela fait partie de ce que [le président Viktor] Ianoukovitch calcule sur tout cela.

NULAND: Je pense que Lats (Latseniouk) est le gars qui a l’expérience économique, l’expérience de gouvernance. Il est le… ce dont il a besoin, c’est de Klitsch et de Tyahnybok à l’extérieur.

Il doit leur parler quatre fois par semaine, tu sais. Je pense juste que Klitsch entre… il va être à ce niveau en travaillant pour Yatseniuk, ça ne marchera tout simplement pas.

PYATT: Ouais, non, je pense que c’est vrai. D’ACCORD. Bien. Voulez-vous que nous organisions un appel avec lui comme prochaine étape ? 

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John McCain, Victoria Nuland, Pyatt à Kiev lors du coup d’État de Maïdan

Justement, le 27 février 2014, cinq jours après la destitution du président Ianoukovytch, dont l’élection avait été certifiée par l’OSCE, Latseniouk est nommé premier ministre.

Victoria Nuland, nomme donc le Premier ministre ukrainien, au moins 3 semaines avant que la chute supposée non programmée du président régulièrement élu se produise.

Par la suite, des personnes nées à l’étranger se verront attribuer la nationalité Ukrainienne juste quelques heures avant leurs prises de fonction de sorte à intégrer le nouveau gouvernement.

Le journal Le Monde rapportera le 2 décembre 2014 ce qui suit :

Cette équipe comporte une surprise de taille et une nouveauté : trois étrangers y prennent des responsabilités de premier ordre.

Le ministère des finances est attribué à Natalia Iaresko, ressortissante américaine d’origine ukrainienne, qui a fait une partie de sa carrière au département d’Etat, le ministère des affaires étrangères américain, avant de travailler dans le privé » où elle supervisera un fonds de capital-investissement créé par le gouvernement américain pour investir dans le pays, et sera PDG d’Horizon Capital, une société d’investissement qui administre divers investissements occidentaux dans le pays

Un Lituanien, Aïvaras Arbomavitchous, ancien champion de basket mais surtout dirigeant de la filiale kiévienne du fonds d’investissement East Capital, est nommé à l’économie.

Enfin Sandro Kvitachvili, ancien ministre géorgien de la santé et du travail, prend le ministère de la santé, un poste important tant le système de santé ukrainien est miné par la corruption.

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Le Monde poursuit :

Ces trois entrées détonantes sont une initiative du président Porochenko, qui a réservé aux « étrangers », comme les désigne déjà la presse ukrainienne, une partie des postes qui revenaient à son parti. Les décrets de naturalisation ont été pris en urgence, mardi.

Sur la conversation entre Nuland et l’Ambassadeur, l’article de la BBC précisera :

le gros de la conversation montre que les US manipulent l’Ukraine autant que le fait la Russie, et c’est là le vrai désastre diplomatique.

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Ce que révèle cet enregistrement, c’est que Victoria Nuland semble considérer que la chute du Président en exercice est acquise.

Une telle certitude pourrait s’expliquer soit par une intelligence de l’histoire et des évènements, soit plus simplement parce qu’un plan a été élaboré à cet effet.

Ceux qui pourrait douter qu’un tel plan ait pu être envisagé et seraient tentés de considérer cette hypothèse comme complotiste, ne sont certainement pas familiers avec le concept de « regime change » qui est devenu une spécialité des US au soutien de laquelle la division des « opérations psychologiques » est mobilisée.

À titre d’exemples, sur la mise en application pratique des techniques de « regime change » des US, l’article ci-dessous recense 7 gouvernements étrangers qui furent renversés au moyen d’opérations menées par la CIA.

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Rétrospectivement, le Think Tank CATO INSTITUTE déclarait en 2017 concernant les évènement de Maïdan de 2014 : « L’ampleur de l’ingérence de l’administration Obama dans la politique ukrainienne était à couper le souffle. »

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Un deuxième élément vient étayer la thèse de l’orchestration du coup d’État, il s’agit de la mise en œuvre d’une opération de type « false flag », « fausse bannière » en français.

Concrètement, des snipers tirèrent sur la foule avec des balles réelles provoquant la mort de nombreux manifestants.

L’opinion publique considéra que les forces gouvernementales étaient responsables de ce massacre de civils et que le Président Ianoukovytch avait lui-même ordonné de tirer sur la foule.

Non seulement la communauté internationale fut outrée par ces tirs sur la foule mais surtout, des Ukrainiens de l’Ouest qui à l’origine n’étaient pas pro-EU basculèrent dans le mouvement pro-Euromaïdan.

Finalement le président ukrainien sera démis par le parlement, bien que la loi constitutionnelle ne le permettait pas, et ce, en l’absence de vote des députés élus de son propre parti.

Depuis, des chercheurs ont travaillé sur les images et en particulier un chercheur ukro-canadien qui décrit son étude comme il suit :

Cette étude analyse les révélations du procès et de l’enquête en Ukraine concernant le massacre qui a eu lieu à Kiev le 20 février 2014.

Ce massacre de manifestants et de policiers sur le Maïdan est un cas emblématique de violence politique en Ukraine et dans le monde parce qu’il a conduit au renversement du gouvernement de Ianoukovitch et finalement à l’annexion russe de la Crimée, la guerre civile et les interventions militaires russes dans le Donbass, ainsi que les conflits entre la Russie et l’Ukraine ainsi que l’Ouest, que la Russie a aggravés en envahissant illégalement l’Ukraine en 2022.

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La majorité absolue des manifestants blessés de Maïdan, près de 100 témoins à charge et à décharge, des vidéos synchronisées et des informations médicales et médicales, les examens balistiques effectués par des experts gouvernementaux ont montré sans équivoque que les manifestants de Maïdan ont été massacrés par des tireurs d’élite situés dans des bâtiments contrôlés par Maïdan.

Cependant, à ce jour, en raison du caractère politiquement sensible de ces découvertes et de cette dissimulation, personne n’a été condamné pour ce massacre.

L’article discute des implications de ces révélations pour la guerre entre l’Ukraine et la Russie et pour l’avenir des relations russo-ukrainiennes.

La conclusion de ce chercheur qui a peiné à s’imposer mais qui fait désormais l’objet d’un consensus, c’est que les tirs adressés à la foule provenait de bâtiments contrôlés par les pro-maïdan.

Ainsi, la réalité de l’opération « false flag », « fausse bannière » est raisonnablement établie.

On peut par conséquent parler d’un véritable coup d’État, d’une opération de “regime change“.

Les US ont-ils validé l’opération « fausse bannière » et participé à l’organisation du coup ?

En 2014, une fuite téléphonique entre la cheffe des Affaires étrangères de l’UE Catherine Ashton et le ministre estonien des Affaires étrangères Urmas Paet a révélé que ceux-ci avaient discuté d’une possible opération fausse bannière.

La conversation de 11 minutes fut publiée sur YouTube.

Lors de cet appel, Paet déclare qu’on lui avait dit que les tireurs d’élite responsables des meurtres de policiers et de civils à Kiev le mois dernier étaient des provocateurs du mouvement de protestation plutôt que des partisans du président de l’époque, Viktor Ianoukovitch.

Ashton répond : « Je ne savais pas… Mon Dieu. » « Il y a donc une compréhension de plus en plus forte que derrière les tireurs d’élite, ce n’était pas Ianoukovitch, mais quelqu’un de la nouvelle coalition », dit Paet.

Texte publié pour la première fois dans: Jean-François Le Drian, « EuroMaïdan : Comment le couple EU-US a semé les graines de la guerre en Ukraine »,  Journal d’idées, 17 novembre 2024

Quand la Finlande bascule dans la bêtise et l’aveuglement

Régis de Castelnau

Être limitrophe de la Russie n’est pas une situation facile. Même si celle de la Finlande est meilleure que celle de la Pologne située géographiquement et très précisément entre le marteau allemand et l’enclume russe. Ce qui l’amènera à faire ce que Marx avait déjà décrit au XIXe siècle « très courageusement les choses les plus stupides ». Et de continuer gaiement au XXIe siècle.

La Finlande, qui est un petit pays c’est différent. La Russie tsariste a toujours considéré que la Finlande faisait partie de la Russie. Les bolcheviks n’ont pas repris ces revendications à leur compte et ont foutu la paix au minuscule voisin. Jusqu’au moment où Staline sachant bien ce qui l’attendait de la part de l’Allemagne nazie lança une guerre de rectifications de frontières (la Guerre d’hiver) qui lui permit après beaucoup de déboires d’arriver à ses fins. Le problème, c’est que les Finlandais profitèrent de Barbarossa pour déclarer la guerre à la Russie en s’alliant avec les nazis, le 26 juin 1941 soit quatre jours après l’offensive hitlérienne. Et en particulier, ils jouèrent un rôle important en bouclant l’atroce siège de Leningrad et en participant au massacre.

Mais finalement, les Finlandais s’en sont bien tirés. En septembre 1944, après Bagration, les soviétiques étaient très occupés à terminer le conflit pour aller tuer la bête dans sa tanière. Aussi ils acceptèrent la demande finlandaise de sortir de la guerre et signèrent un armistice. Pour finir par mettre fin officiellement et juridiquement au conflit entre Union soviétique et la Finlande par un traité de paix signé à Paris en 1947. Les Finlandais qui s’en tirèrent très bien malgré leurs lourdes responsabilités dans ce qui fut infligé à l’URSS, mais le traité contenait une condition déterminante : la Finlande devait rester neutre sur le plan international. Avec les restrictions suivantes : la possession d’armes offensives telles que des missiles à longue portée, des sous-marins ou une aviation stratégique, le réarmement au-delà d’un certain seuil, la propagande fasciste ou revancharde.

Après les débuts de la guerre froide, au traité de paix de 1947 fut ajouté un complément spécifique entre les deux parties qui prévoyait que la Finlande ne permettrait pas que son territoire soit utilisé pour une attaque contre l’URSS. Qui de son côté reconnaissait la souveraineté de la Finlande et s’engageait à ne pas interférer dans ses affaires intérieures, tant que la Finlande respectait ses engagements.

Ce statut d’État neutre, lui permit un développement normal, une certaine autorité dans le concert international, et des relations cordiales avec son puissant voisin. Au point que le terme « finlandisation » entra dans le langage courant pour caractériser une solution particulièrement profitable dans le contexte de la guerre froide.

En 1995, soit après la chute de l’Union soviétique aux droits de laquelle intervenait désormais la Russie, la Finlande décida d’adhérer à L’Union Européenne, sans que la Russie n’émette d’objections et considère qu’il s’agissait là d’une rupture de la condition de neutralité du traité de paix.

La situation a complètement changé avec l’adhésion de la Finlande à l’OTAN le 4 avril 2023 qui a mis fin à plus de 75 ans de neutralité ou de non-alignement militaire. Outre la violation de cette condition fondamentale du traité de paix de 1947, cette décision donne aussi à l’OTAN une nouvelle frontière directe avec la Russie, longue de plus de 1 300 km. Provoquant une modification profonde de l’équilibre stratégique en Europe. Pire, en plus d’installation de bases de l’OTAN aux portes de la Russie, la Finlande a passé un accord spécial avec les États-Unis pour la prise de contrôle direct de 15 bases militaires finlandaises. Y prévoyant l’installation de missiles à portée intermédiaire.

Force est de constater que le gouvernement Finlandais a purement et simplement déchiré un traité de paix qui mettait fin à un conflit militaire avec l’URSS aux droits de laquelle vient désormais la Russie. La condition de neutralité étant une condition substantielle de ce traité, celui-ci est donc désormais sans portée. Et les deux pays sont ainsi à nouveau officiellement et juridiquement en guerre.

On peut s’interroger sur le niveau intellectuel de dirigeants qui au-delà de la crise économique générée par la fermeture des frontières, ont décidé de mettre fin à 75 ans de prospérité pour transformer leur petit pays de 5 millions d’habitants, en un outil de menace militaire directe pour la Russie, à 130 km de Saint-Pétersbourg ! Et qui n’ont pas réfléchi aux conséquences de leur situation au regard du droit international qui est celui de la réactivation de la déclaration de guerre de juin 1941.

Histoire d’enfoncer le clou, ces imbéciles qui s’excitent à partir en guerre contre la première puissance militaire du monde, piétinent également allègrement la clause d’interdiction « de la propagande fasciste et revancharde » en invitant Ursula von der Leyen, la néo nazie mafieuse qui préside la Commission européenne à venir haranguer les foules et insulter le très robuste voisin.

Et qui fidèle à son extrémisme n’hésite pas à éructer à l’égard d’un protestataire « Et quant à ceux qui manifestent et crient si fort, ils devraient être contents d’être en Finlande, un pays libre où la liberté d’expression est un droit ! A Moscou, ils seraient arrêtés ! » Au moment précis où ledit protestataire est arrêté par la police finlandaise.

Formidable séquence qui illustre le basculement stupide et dangereux de l’Union Européenne dans un bellicisme absurde et dans la mise en place d’un système qui commence de plus en plus à s’apparenter à un néo fascisme.

Source: Régis de Castelnau, « Quand la Finlande bascule dans la bêtise et l’aveuglement », Vu du Droit, 8 août 2025

The Malevolent Encirclement of Russia

By F. William Engdahl
Global Research, October 14, 2020

Url of this article:
https://www.globalresearch.ca/rand-encirclement-russia/5726528

Over recent weeks a series of events in the states surrounding the Russian Federation has erupted that certainly are not being greeted with joy in the Kremlin. Each crisis center of itself is not a definitive game-changer for future Russian security. Taken together they suggest something far more ominous is unfolding against Moscow. A recent RAND study prepared for the US Army suggests with remarkable accuracy who might be behind what will undoubtedly become a major threat to Russian security in coming months.
The Turkish-backed attacks by Azerbaijan against Nagorno-Karabakh, igniting a territory after almost three decades of relative stalemate and ceasefire, the ongoing destabilization of Lukashenko in Belarus, the bizarre EU and UK behavior surrounding the alleged poisoning of Russian dissident Navalny and most recently, the mass protests in Kyrgyzstan, a former part of the Soviet Union in Central Asia, bear the fingerprints of the MI6 of Britain, the CIA and an array of regime-change private NGOs.


Nagorno-Karabakh
On September 27 military forces from Azerbaijan broke the 1994 ceasefire with Armenia over the conflict in predominantly ethnic- Armenian Nagorno-Karabakh. The heaviest fighting in years ensued on both sides as confrontation escalated. Turkey’s Erdogan came out openly in support of Baku against Armenia and Armenian-populated Nagorno-Karabakh, leading Nikol Pashinyan, the Prime Minister of Armenia, to accuse Turkey of “continuing a genocidal policy as a pragmatic task.” It was a clear reference to the 1915-23 Armenian charge of genocide of more than a million Armenian Christians by the Ottoman Empire. Turkey to this day refuses to acknowledge responsibility.
While Armenia blames Erdogan for backing Azerbaijan in the present conflict in the Caucasus, Russian oligarch Yevgeny Prigozhin, sometimes called “Putin’s chef” for his catering empire as well as his close ties to the Russian President, has said in an interview with a Turkish paper that the Armenia-Azeri conflict was provoked by “the Americans,” and that the Pashinyan regime is essentially in the service of the USA. Here it gets interesting.
In 2018 Pashinyan came to power via mass protests called the “Velvet Revolution.” He was openly and heavily supported by the Soros Open Society Foundation-Armenia which since 1997 has been active funding numerous “democracy” NGOs in the country. As Prime Minister, Pashinyan has named recipients of Soros money to most key cabinet positions including state security and defense.
At the same time it is unthinkable that Erdogan’s Turkey, still in NATO, would so openly support Azerbaijan in a conflict that potentially could lead to a Turkish confrontation with Russia, without prior backing in some form Washington. Armenia is a member of the economic and defense association Eurasian Economic Union together with Russia. This makes the comments of Prigozhin especially interesting.
It is also worth noting that the head of the CIA, Gina Haspel, and the recently-named head of Britain’s MI-6, Richard Moore, are both seasoned Turkey hands. Moore was UK Ambassador to Ankara until 2017. Haspel was CIA Station Chief in Azerbaijan at the end of the 1990’s. Before that, in 1990 Haspel was a CIA officer in Turkey, fluent in Turkish. Notably, although it has been scrubbed from her official CIA bio, she was also CIA Station Chief in London just prior to being named Trump Administration CIA head. She was also specialized in operations against Russia when she was in Langley at the CIA Directorate of Operations.
This raises the question whether the dark hands of an Anglo-American intelligence operation are behind the current Azeri-Armenia conflict over Nagorno-Karabakh. Adding further gunpowder to the Caucasus unrest, on October 5 NATO Secretary-General Jens Stoltenberg said that NATO’s security interests are synonymous with those of Turkey, despite Turkish purchase of Russian advanced air defense systems. Washington until now has been conspicuously silent on the Caucasus conflict or Turkey’s alleged role.


And Belarus…
The eruption of the simmering Nagorno-Karabakh conflict near Russia’s southern border is not the only state where Washington is actively promoting destabilization of vital Russian neighbors these days. Since August elections, Belarus has been filled with orchestrated protests accusing President Lukashenko of election fraud. The opposition has been active in exile from neighboring NATO Baltic countries.

In 2019, the US government-funded National Endowment for Democracy (NED) listed on its website some 34 NED project grants in Belarus. All of them were directed to nurture and train an anti-Lukashenko series of opposition groups and build domestic NGOs. The grants went for such projects as, “NGO Strengthening: To increase local and regional civic engagement… to identify local problems and develop advocacy strategies.” Another was to “expand an online depository of publications not readily accessible in the country, including works on politics, civil society, history, human rights, and independent culture.” Then another NED grant went, “To defend and support independent journalists and media.” And another, “NGO Strengthening: To foster youth civic engagement.” Another large NED grant went to, “training democratic parties and movements in effective advocacy campaigns.” Behind the innocent-sounding NED projects is a pattern of creating a specially-trained opposition on the lines of the CIA’s NED model “Color Revolutions” template.
As if the unrest in the Caucasus and Belarus were not enough to give Moscow migraine headaches, on September 29 in Brussels, Georgian Prime Minister Giorgi Gakharia met with NATO Secretary-General Jens Stoltenberg. Stoltenberg told him that, “NATO supports Georgia’s territorial integrity and sovereignty within its internationally recognized borders. We call on Russia to end its recognition of [Georgia’s breakaway] regions of Abkhazia and South Ossetia and to withdraw its forces.” Stoltenberg then told Gakharia, “And I encourage you to continue making full use of all the opportunities for coming closer to NATO. And to prepare for membership.” Of course NATO membership for Russian neighbor Georgia would amount to a strategic challenge for Russia as would that of Ukraine. The NATO comments add to the tensions facing the Kremlin recently.


Kyrgystan’s Third Color Revolution?
Then former Soviet Union Central Asian republic, Kyrgyzstan, has also just erupted in mass protests that have brought down the government for the third time since 2005, over opposition allegations of election fraud. USAID, a known cover often for CIA operations, is active in the country as is the Soros Foundation which has created a university in Biskek and funds the usual array of projects, “to promote justice, democratic governance, and human rights.” It should be noted that Kyrgyzstan is also a member of the Russia-led Eurasian Economic Union along with Armenia and Belarus.
Then to increase the heat on Russia we have the bizarre charges by the German Bundeswehr intelligence and now the OPCW that Russian dissident Alexei Navalny was poisoned in Russia using “a Soviet-era nerve agent,” said by the Germans to be Novichok. While Navalny since has evidently emerged quite alive and out of hospital, the German officials as well as British, do not bother to explain such a miraculous recovery from what is reputed to be the most deadly nerve agent ever. Following the OPCW statement that the substance was Novichok, the German Foreign Minister is threatening severe sanctions against Russia. Many are calling for Germany to cancel the Russian NordStream-2 gas pipeline as response, a blow that would hit Russia at a time of severe economic weakness from low oil prices and corona lockdown effects.
Nor does Germany bother to investigate the mysterious Russian companion of Navalny, Maria Pevchikh, who claims to have rescued the “Novichok-poisoned” empty water bottle from Navalny’s hotel room in Tomsk Russia before he was flown to Berlin on the personal invitation of Angela Merkel. After delivering the poisoned bottle to Berlin in person, she apparently swiftly flew to London where she lives, and no German or other authorities apparently tried to interview her as a potential material witness.
Pevchikh has a long association with London where she works with the Navalny foundation and is in reported close contact with Jacob Rothschild’s friend, Mikhail Khodorkovsky, the convicted fraudster and Putin foe. Khodorkovsky is also a major funder of the Navalny Anti-Corruption Foundation (FBK in Russian). There are credible reports that the mysterious Pevchikh is an asset of MI-6, the same MI-6 that ran another ludicrous Novichok drama in 2018 claiming that Russian defector Sergei Skripal and his daughter Yulia Skripal were poisoned in England by Russian intelligence using the deadly Novichok. Again there, both Skripals miraculously recovered from the deadliest nerve agent and officially were discharged from hospital whereupon they “disappeared.”


A RAND Blueprint?
While more research will undoubtedly turn up more evidence, the pattern of NATO or Anglo-American active measures against key Russian periphery countries or against strategic Russian economic interests all within the same timespan suggests some kind of coordinated attack.
And it so happens that the targets of the attacks fit precisely to the outline of a major US military think tank report. In a 2019 research report to the US Army, the RAND corporation published a set of policy recommendations under the title, “Extending Russia: Competing from Advantageous Ground.” They note that by extending Russia they mean “nonviolent measures that could stress Russia’s military or economy or the regime’s political standing at home and abroad.” All of the above stress points certainly fill that description. More striking is the specific elaboration of possible stress points to “extend Russia,” that is to over-extend her.
The report specifically discusses what they call “Geopolitical Measures” to over-extend Russia. These include providing lethal aid to Ukraine; promoting regime change in Belarus; exploiting tensions in the South Caucasus; reduce Russian influence in Central Asia. It also includes proposals to weaken the Russian economy by challenging its gas and oil sectors.
Notably, these are the same areas of geopolitical turbulence within Russia’s strategic sphere of influence today. Specifically, on the Caucasus, RAND states, “Georgia, Azerbaijan, and Armenia were part of the Soviet Union, and Russia still maintains significant sway over the region today…” They note that, “Today, Russia recognizes both South Ossetia and Abkhazia as separate countries (one of the few governments to do so) and is committed to their defense…. The United States might also renew efforts to bring Georgia into NATO. Georgia has long sought NATO membership;…” ix Recall the cited remarks of NATO’s Stoltenberg to encourage Georgia joining NATO and demanding Russia give up recognition of South Ossetia and Abkhazia.
The RAND report also highlights the tensions between Armenia and Azerbaijan:
”Russia also plays a key role with Azerbaijan and Armenia, particularly over the disputed territory of Nagorno-Karabakh… the United States could push for a closer NATO relationship with Georgia and Azerbaijan, likely leading Russia to strengthen its military presence in South Ossetia, Abkhazia, Armenia, and southern Russia. Alternatively, the United States could try to induce Armenia to break with Russia.”
In relation to current massive protests in Kyrgyzstan in Central Asia, RAND notes, “Russia is part of two economic ventures related to Central Asia: the EEU and the Belt and Road Initiative.” A pro-NATO regime change could throw a big barrier between Russia and China as well as within its EEU. As to economic pressures, the RAND report cites the possibility of pressuring the EU to abandon the NordStream-2 gas pipeline from Russia direct to Germany. The recent Navalny incident is creating growing pressure within the EU and even Germany to stop NordStream-2 as sanction for the Navalny affair. RAND notes,
“In terms of extending Russia economically, the main benefit of creating supply alternatives to Russian gas is that it would lower Russian export revenues. The federal Russian budget is already stressed, leading to planned cuts in defense spending, and lowering gas revenues would stress the budget further.”
If we examine the growing pressures on Russia from the examples cited here and compare with the language of the 2019 RAND report it is clear that many of Russia’s current strategic problems are being deliberately engineered and orchestrated from the West, specifically from Washington and London. How Russia deals with this as well as certain future escalation of NATO pressures clearly presents a major geopolitical challenge.

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F. William Engdahl is strategic risk consultant and lecturer, he holds a degree in politics from Princeton University and is a best-selling author on oil and geopolitics, exclusively for the online magazine “New Eastern Outlook” where this article was originally published. He is a Research Associate of the Centre for Research on Globalization. 

Kosovo, la chute du Serpent

par Slobodan Despot

Source : Antipresse du 28 juin 2020

Alors que l’administration américaine lance une nouvelle initiative sur le Kosovo, l’inculpation de Hashim Thaçi vient faire capoter le processus. Mais elle rappelle aussi le désastre absolu qu’a été la confiscation, par l’OTAN, de la province sud de la Serbie. Punition tardive d’un bourreau ou règlement de comptes interne au camp occidental?

L'église de la Sainte-Trinité de Petrič, dynamitée en juillet 1999 dans un Kosovo sous administration otanienne.

«Les Albanais se sont joués de nous comme on joue sur un Stradivarius.» (Général Lewis MacKenzie)

C’est un événement qu’on commémore peu à l’ouest, et qu’on se rappelle à peine: de mars à juin 1999, pendant 78 jours l’OTAN a intensément bombardé la Serbie à cause d’une prétendue «répression» de la population albanaise de sa province méridionale, le Kosovo. Après la signature des accords de Kumanovo, le 12 juin 1999, le Kosovo est passé sous le contrôle de la communauté internationale (lisez l’OTAN), tout en restant, soi-disant, partie intégrante de la Serbie. La tentative d’occupation militaire de la province à partir de l’Albanie ayant échoué, on avait amadoué les Serbes à la table de négociation.

Promesses de papier et fake news en cascade

Mais cette concession diplomatique n’était qu’un chiffon de papier: en dépit d’une résolution des Nations Unies (n° 1244) affirmant la souveraineté de la Serbie, les alliés et «partenaires» des séparatistes albanais — lisez l’OTAN — se sont mis à reconnaître l’État «indépendant» du Kosovo sitôt que M. Thaçi et son clan eurent unilatéralement proclamé leur indépendance. Étrangement, la Suisse supposée vertueuse et neutre, au temps de sa ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, fut parmi les États les plus empressés à reconnaître cette entité issue d’un arrachage territorial. Peut-être était-ce une manière de relâcher la pression des Américains au temps de l’affaire dite des fonds en déshérence en servant de poisson-pilote?(1)

Pour faire avaler à l’opinion mondiale une telle série de violations du droit, il aura fallu littéralement lui laver le cerveau en peignant les Serbes comme des nazis et tous les Albanais, indistinctement, comme leurs victimes. Ce qui faisait passer à la trappe tout à la fois les crimes des Albanais contre les Serbes et le sort ultérieur de toutes les minorités ainsi que des Albanais loyaux à l’État serbe.

La suite est un long cauchemar pour les Serbes, mais aussi pour les Monténégrins, les Tziganes et autres minorités présentes au Kosovo. Le pogrom antiserbe de mars 2004, sous le nez des «soldats de la paix» occidentaux, fut particulièrement massif et brutal. Au total, quelque 250 000 Serbes ont été exilés de la province, tandis que mille ont disparu sans traces ou ont été assassinés. Sans l’intervention des parachutistes français commandés par le colonel Jacques Hogard, la région à majorité serbe de Mitrovica (nord de la rivière Ibar) eût été ethniquement nettoyée dès les premiers jours du cesser-le-feu. Au sud de cette ligne, les quelque 100 000 Serbes restants vivent dans des poches précaires, victimes d’un harcèlement perpétuel (qui ces dernières semaines a connu une recrudescence).

Sur le plan culturel, 150 églises ont été détruites, cependant que l’on construisait ou reconstruisait à leur place 800 mosquées. Cerise sur le gâteau, le nouvel État albanais s’est proposé de s’approprier les monuments chrétiens encore restés debout en les rattachant à son héritage national.

La promesse de rétablissement de la sécurité et de la justice — principal argument de l’occupation occidentale — n’était elle aussi que du papier. Enlèvements, intimidations et expropriations se poursuivent. L’enquête menée en 2010 par le magistrat suisse Dick Marty sur le trafic d’organes humains (souvent prélevés à vif) au Kosovo a abouti à des conclusions accablantes pour le pouvoir local — mais non surprenantes, puisque l’ancienne Procureure du Tribunal international pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY), Carla del Ponte, mentionnait ce trafic dès 2008 dans ses mémoires. Étrangement, comme dans la Belle au Bois dormant, le Conseil de l’Europe, à qui il était destiné, s’est endormi dessus.

Par ailleurs, les quelques tentatives entreprises pour juger de hauts responsables kosovars et ex-terroristes comme le «premier ministre» et ancien videur de boîte de nuit en Suisse, Ramush Haradinaj, ont tourné court — par disparition physique des témoins! Peu étonnant lorsqu’on sait que Haradinaj était physiquement protégé par l’armée U. S.!

Le seul État qu’on «dé-reconnaît»

Une telle caricature d’État, qui est aussi une plaque tournante du trafic de drogue et d’armes en Europe, n’avait aucun avenir et ne pouvait qu’être un casse-tête diplomatique. La reconnaissance internationale du Kosovo a été très partielle, et même régressive: fait rarissime, une quinzaine de pays ont retiré leur reconnaissance. En ce moment, 92 États du monde reconnaissent le Kosovo, 96 ne le reconnaissent pas. Parmi ces derniers, l’ensemble des puissances échappant à la tutelle de l’empire atlantique: Russie, Chine, Inde, Brésil, Algérie, Iran… Soit les cinq septièmes de l’humanité. Une proportion qui, à elle seule, démontre l’irréalité de la «communauté internationale», concept imposé par l’OTAN lorsqu’elle prétendait prendre des décisions au nom et à la place de la Terre entière.

Le seul pays dont la reconnaissance du Kosovo soit encore intéressante et nécessaire aujourd’hui, reste… la Serbie! Seule cette reconnaissance pourrait légaliser le viol flagrant du droit international que constitue l’existence de l’État du Kosovo. Elle est donc une condition préalable à l’adhésion de la Serbie à l’UE.

Le protagoniste le plus «méritant» pour cette situation grotesque, dans l’équipe locale, n’est autre que Hashim Thaçi, ex-chef de l’organisation UÇK (labellée terroriste en 1998 par les USA eux-mêmes), ex-Premier ministre et actuel président de l’entité hypothétique. Son inculpation soudaine par le TPI, le 24 juin, pour «crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, y compris meurtre, disparition forcée de personnes, persécution et torture» est une surprise qui aura des ramifications intéressantes. Si, comme l’annonce la presse, Thaçi est «rattrapé par son passé», c’est un passé riche d’amitiés et de protections au cœur des démocraties. N’a-t-il pas assisté aux célébrations de la Victoire, le 11 novembre 2018, au deuxième rang des invités d’honneur d’Emmanuel Macron, alors que le président serbe (pourtant représentant d’un peuple ami qui eut une contribution importante à la victoire) était relégué dans une tribune latérale?

On est loin de son arrestation, et plus loin encore d’une condamnation, mais la décision même d’émettre cette inculpation à quelques jours d’une négociation «historique» serbo-kosovare initiée par l’administration Trump force à s’interroger sur le but réel de ce coup de théâtre.

Pourquoi maintenant?

Le TPI est dès ses origines une organisation voulue et sponsorisée par les États-Unis, qui par ailleurs ne reconnaissent pas son autorité sur leurs propres soldats. Le TPI n’a par exemple même pas envisagé d’inculper des aviateurs de l’OTAN pour les meurtres délibérés de civils (y compris albanais) commis durant les bombardements de 1999. Lorsqu’elle accepta le poste de procureur, la Suissesse Carla del Ponte déclara dans la NZZ qu’elle n’avait «rien à refuser» aux Américains.

On sait qu’aux yeux des Américains, les alliés ne sont que des consommables. Cent potentats parmi lesquels Noriega, Saddam Hussein ou même Milošević, en savent quelque chose. (Ce dernier, que j’ai connu, avait travaillé comme banquier aux USA et avait reçu des «assurances» de Washington, notamment au temps des accords de Dayton, quant à son rôle de pivot et de pacificateur dans les Balkans. Il fut balayé en 2000 par le mouvement Otpor, prototype des révolutions colorées.)

Pour l’Empire, ou en tout cas son aile «deep state», l’inculpation de Thaçi pourrait être une double aubaine. D’un côté, on se débarrasse d’un fort à bras qui ne sert plus. De l’autre, on saborde une initiative venant de l’équipe Trump — et l’on prive ainsi le rouquin d’une éventuelle victoire diplomatique façon Corée du Nord. A quelques mois des élections US, on l’a vu ces derniers jours, tous les coups sont permis.

Hashim Thaçi, bien évidemment, ne se laissera pas faire si facilement. Il ne tombera pas sans combattre — et il le claironne: sur son profil Facebook, il vient d’étaler les armes de l’UÇK, rouge sur fond noir. Avec qui ne s’est-il pas fait prendre en photo, dans son treillis de terroriste ou, plus tard, son costume anthracite de la bonne maison? Madeleine Albright, Bernard Kouchner, Alain Juppé, sans compter la crème des généraux de l’OTAN. Et puis, bien sûr, le président Macron® qui n’en rate pas une — mais qu’on peut en l’occurrence créditer d’ignorance. Il n’avait que 22 ans au temps de la guerre du Kosovo.

Les Yankees sont immunisés contre ce genre de compromissions. Ils ne reconnaissent même pas les cours qu’ils instrumentent. Les Européens, eux, y sont plus sensibles. Depuis dix ans, le terrible rapport Marty au conseil de l’Europe pointe du doigt leur inaction. Depuis vingt ans, leurs déclarations dans la presse, leurs embrassades avec les criminels et leurs tribunes — de même que leur propagande antiserbe effrénée, véritable anthologie de fake news, ont construit la carrière de celui qui est désormais pointé du doigt pour «meurtre, disparition forcée de personnes, persécution et torture». Le 7 mai 1999, en plein bombardement de la Serbie, la brochette d’«humanitaires» usuels — dont le professeur Paul Garde, auteur d’un ouvrage considéré «de référence» sur la Yougoslavie — publiaient dans Le Monde une pétition exhortant l’Occident à soutenir encore mieux l’UÇK. Donc, à déverser encore plus de bombes sur les populations concernées. «L’UCK a le mérite d’exister», écrivaient-ils. Dévoilant par la même une échelle du mérite sur laquelle les tribunaux pourraient une fois les interroger. Soyons assurés que M. Thaçi n’oubliera pas de convier ses vieux amis à la cérémonie. A moins, évidemment, qu’il ne soit «epsteinisé» dans sa cellule.

NOTE
  1. En tout cas, il y a des coups de main qui ne s’oublient pas. Mme Calmy-Rey préside aujourd’hui une fondation humanitaire créée par la famille d’origine kosovare Orllati, groupe de travaux publics connu pour sa croissance fulgurante en Suisse romande.

Un peu de lectures

À propos de ce «cas d’école» de désinformation (selon le regretté connaisseur Vladimir Volkoff), que fut la guerre civile yougoslave et en particulier la phase «Kosovo», quelques lectures utiles, sinon indispensables:

* * *

Deux questions au colonel Jacques Hogard

Dans un livre bref et captivant, Jacques Hogard a raconté ses douze jours fatidiques au Kosovo «pacifié» par l’OTAN en juin 1999. Il ne mâche pas ses mots sur le «Serpent» de l’UÇK et ses alliés.

Le «président» de la très fantoche «république du Kosovo» va-t-il vraiment finir en prison? Et quels cadavres risqueraient, à cette occasion, de sortir du placard?

JH: Des esprits chagrins veulent parier que ses puissants protecteurs, les réseaux liés à l’administration Clinton, le sortiront de ce mauvais pas, tant espéré pourtant depuis 21 ans par les Serbes, les Roms, les Goranis et même les Albanais du Kosovo, victimes de sa sauvagerie et de celle de ses complices de l’UCK: les Ramush Haradinaj, Agim Ceku, Fatmir Limaj, Rexhep Rexhepi, Samir Lushtaku… etc.

Pourtant, ce pourrait bien être cette fois la chute finale de ce gangster impitoyable qui, issu d’un clan mafieux kosovar à la triste réputation, émerge subitement en 1999 lors des «négociations de Rambouillet», propulsé sur la scène politique par la vieille sorcière Madeleine Albright, cette égérie maléfique de la tribu Clinton, qui se prend d’amour pour ce petit voyou et lui voit alors un destin «national». Le chef de l’UCK, le parrain du crime organisé au Kosovo et de l’abominable trafic d’organes, déjà surnommé «le serpent», éliminant sans pitié les Albanais du Kosovo loyaux à Belgrade ou tout simplement pacifistes, tels ses rivaux de la LDK, va jouer un rôle éminent en 1999 et dans les années qui vont suivre, alternant les fonctions de «premier ministre», de «chef de la diplomatie» (!) et de «président» à la tête du ramassis de voyous qui s’intitule «gouvernement de la république du Kosovo».

Cette fois pourtant, ce pourrait bien être la chute finale du «Serpent», car le dossier est ficelé, complet, avec toutes les preuves, tous les témoignages: oui, Hashim Thaçi est bien un criminel barbare auteur de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, perpétrés sans distinction contre tous ceux qui s’opposaient à ses plans. 

Il y a quatre ans, j’ai su par un magistrat français que le dossier était bouclé. Celui de Thaçi, mais aussi celui de l’UÇK ainsi que de leurs soutiens étrangers.

Il ne me surprendrait pas que le temps écoulé depuis, ces quatre ans précisément, qui m’ont semblé long et parfois fait douter, je l’avoue, n’ait été en fait celui de la réflexion pour ces derniers et qu’ils aient en conséquence décider de le lâcher enfin, pour en quelque sorte se dédouaner eux-mêmes. 

J’en fais le pari: tous ceux qui comme le Pape François, le président Macron, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Bernard Kouchner et bien d’autres responsables officiels, notamment de l’OTAN et de l’Union Européenne, lui ont réservé dans un passé récent un chaleureux accueil, préféreront dans les mois et années à venir lui tourner le dos avec superbe!

  • Article de Slobodan Despot paru dans la rubrique «Le Bruit du Temps»de l’Antipresse n° 239 du 28/06/2020.

Venezuela: tests de missiles en attendant les pétroliers iraniens

Source : Le Figaro avec AFP

22 mai 2010

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/venezuela-tests-de-missiles-en-attendant-les-petroliers-iraniens-20200522

Le Venezuela a testé jeudi des missiles sur une île, a annoncé le président Nicolas Maduro, en attendant l’arrivée de pétroliers iraniens censés approvisionner le pays sud-américain en brut, au milieu de tensions avec les Etats-Unis. «Nous avons été les témoins d’exercices militaires (…) sur l’île de La Orchila, avec l’essai de missiles de précision maximale pour la défense de nos eaux et de nos côtes», a dit le chef de l’Etat lors d’une rencontre avec le haut commandement militaire retransmise sur la télévision étatique, sans mention directe des navires iraniens. Les essais sont effectués dans le cadre de l’opération «Bouclier bolivarien», un déploiement permanent ordonné en février.

L’opposant Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis, a qualifié cette opération d’«exercice de propagande». Dans un communiqué, Juan Guaido a estimé jeudi que les navires «ne serviront qu’à enrichir la mafia dictatoriale», évoquant un marché noir qui fleurit avec la pénurie d’essence.

À lire aussi : Au Venezuela, rocambolesque opération clandestine pour renverser Maduro

Le gouvernement vénézuélien a annoncé mercredi l’arrivée prochaine de pétroliers iraniens, pour une livraison de brut que Téhéran a sommé les Etats-Unis de ne pas entraver par des mouvements de leur marine dans les Caraïbes. «Nous sommes prêts à tout et à tout moment», a déclaré Nicolas Maduro mercredi dans une allocution sur la chaîne de télévision gouvernementale, remerciant son allié iranien pour son soutien face à l’hostilité ouverte de Washington.

Selon des informations de presse, cinq pétroliers ont quitté l’Iran ces derniers jours et font route vers les Caraïbes vénézuéliennes. Les Etats-Unis ont annoncé début avril une plus grande surveillance du crime organisé dans cette région, y déployant entre autres des navires de combat.

À lire aussi : Venezuela: après un an de crise politique, l’opposition peine à convaincre

Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde mais sa production est en chute libre. Caracas estime que les sanctions américaines sont responsables de cet effondrement. Des experts l’attribuent à des choix politiques erronés, au manque d’investissement et à la corruption.

Cinq pétroliers iraniens traversent l’Atlantique pour livrer 1,5 millions de barils du carburant au Venezuela. La marine américaine qui effectue des exercices dans les Caraïbes, est prête à une possible confrontation avec les pétroliers iraniens et perturber la livraison de pétrole au Venezuela.

Source : Caroline Popovic

Journaliste à France Télévision.

Publié le 22 mai 2020 à 15h31, mis à jour le 22 mai 2020 à 15h38

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À cause des sanctions américains, le Venezuela ne peut pas acheter les produits pour raffiner son pétrole. Le carburant manque et pourtant ce pays est doté des plus grandes réserves de brut au monde. Une commande a été passée à l’Iran et cinq pétroliers iraniens traversent l’Atlantique pour livrer 1,5 millions de barils du carburant.

Le premier pétrolier iranien, La Fortune, est attendu au Venezuela le 25 mai 2020. Le navire-citerne accostera à la raffinerie El Palito, située à 200 kms à l’ouest de la capitale, Caracas.

Quatre autres pétroliers, le Forest, le Petunia, le Faxon et le Clavel, vont arriver à des dates ultérieures.
Au total, ils transportent 1,5 millions de barils de carburant, d’une valeur estimée à 41 millions d’euros.  La facture aurait été reglée en or en provenance des réserves vénézuéliennes. Le président Nicolas Maduro nie cette information sans préciser comment ces livraisons ont été payées.

Pénurie de carburant au Venezuela •©wikimediacommons

Le Venezuela ne peut plus raffiner son propre pétrole à cause de sanctions américaines. Il y a un embargo sur la vente des produits chimiques utilisés dans le processus de raffinage.

Depuis des mois, les Vénézuéliens font des files d’attentes devant les stations-service, le carburant étant de plus en plus rare. L’attente peut durer plusieurs jours.


Le Venezuela promet un accueil militaire

Un acceuil militaire sera accordé aux pétroliers et à ses équipages dès lors qu’ils pénètreront dans les eaux territoriales du Venezuela.

Ils seront accueillis et escortés par les navires et les avions des forces armées nationales Bolivariennes. On veut leurs souhaiter la bienvenue et remercier le peuple iranien pour sa solidarité,’’ a déclaré Vladimir Padrina, ministre de la Défense du Venezuela.

Les Américains entendent intercepter les pétroliers iraniens
Depuis le premier mars 2020, les Etats-Unis ont déployé une vaste opération militaire dans le sud de la mer des Caraïbes et dans l’ouest de l’Océan pacifique pour lutter contre le narcotrafic.

L’amiral Craig Faller du US Southern Command n’exclut pas la possibilité de contrôler ces pétroliers iraniens avant qu’ils n’accostent au Venezuela.

The US-NATO-Israel Sponsored Al Qaeda Insurgency in Syria. Who Was Behind the 2011 “Protest Movement”?

It Started in Daraa on March 17, 2011

By Prof Michel Chossudovsky

Global Research, December 16, 2019

The US-NATO-Israel Sponsored Al Qaeda Insurgency in Syria. Who Was Behind the 2011 “Protest Movement”?

 

Author’s note

Almost nine years since the beginning of the war on Syria in March 2011, so-called progressives have supported the so-called opposition, which is largely made up of Al Qaeda affiliated mercenaries.  A US-NATO led war of aggression is portrayed as a “civil war”.

President Bashar Al Assad is casually described as a dictator who is killing his own people. The millions of deaths resulting from US-NATO led wars are not an object of concern.

The anti-war movement died in the wake of the Iraq war (April 2003). Responsibility to Protect (R2P) and counterterrorism prevail.

The war on Syria started more than nine years ago in Daraa  on the 17th of March 2011.

The following article first published in May 2011 examines the inception of the jihadist terrorist insurgency.

It recounts the events of March 17-18, 2011 in Daraa, a small border town with Jordan. 

Media reports have finally acknowledged that the so-called “protest movement” in Syria was instigated by Washington. This was known and documented from the very inception of the Syrian crisis in March 2011.

It was not a protest movement, it was an armed insurgency integrated by US-Israeli and allied supported “jihadist” death squads? 

From Day One, the Islamist “freedom fighters” were supported, trained and equipped by NATO and Turkey’s High Command. According to Israeli intelligence sources (Debka, August 14, 2011): 

NATO headquarters in Brussels and the Turkish high command are meanwhile drawing up plans for their first military step in Syria, which is to arm the rebels with weapons for combating the tanks and helicopters spearheading the Assad regime’s crackdown on dissent. … NATO strategists are thinking more in terms of pouring large quantities of anti-tank and anti-air rockets, mortars and heavy machine guns into the protest centers for beating back the government armored forces. (DEBKAfile, NATO to give rebels anti-tank weapons, August 14, 2011)

This initiative, which was also supported by Saudi Arabia the UAE and Qatar, involved a process of organized recruitment of thousands of jihadist “freedom fighters”, reminiscent of  the enlistment of  Mujahideen to wage the CIA’s jihad (holy war) in the heyday of the Soviet-Afghan war: 

Also discussed in Brussels and Ankara, our sources report, is a campaign to enlist thousands of Muslim volunteers in Middle East countries and the Muslim world to fight alongside the Syrian rebels. The Turkish army would house these volunteers, train them and secure their passage into Syria. (Ibid, emphasis added)

These mercenaries were subsequently integrated into US and allied sponsored terrorist organizations including Al Nusrah and ISIS. 

The Daraa “protest movement” on March 17-18 had all the appearances of a staged event involving covert support to Islamic terrorists by Mossad and/or Western intelligence.

Government sources pointed to the role of radical Salafist groups (supported by Israel).

In chorus, the Western media described the events in Daraa as a protest movement against Bashar Al Assad. 

In a bitter irony, the deaths of policemen were higher than those of “demonstrators”. 

In Daraa, roof top snipers were targeting both police and demonstrators. 

Reading between the lines of Israeli and Lebanese news reports (which acknowledge the police deaths) a clearer picture of what happened in Daraa on March 17-18 had emerged. The Israel National News Report (which can not be accused of being biased in favor of Bashar al Assad) confirmed that: 

“Seven police officers and at least four demonstrators in Syria have been killed in continuing violent clashes that erupted in the southern town of Daraa last Thursday. … and the Baath Party Headquarters and courthouse were torched, in renewed violence on Sunday. (Gavriel Queenann, Syria: Seven Police Killed, Buildings Torched in Protests, Israel National News, Arutz Sheva, March 21, 2011, emphasis added)

The Lebanese news report also acknowledged the killings of seven policemen in Daraa.

[They were killed] “during clashes between the security forces and protesters… They got killed trying to drive away protesters during demonstration in Dara’a”

The Lebanese Ya Libnan report quoting Al Jazeera also acknowledged that protesters had “burned the headquarters of the Baath Party and the court house in Dara’a” (emphasis added)

These news reports of the events in Daraa confirmed that from the very outset this was not a “peaceful protest” as claimed by the Western media.

Moreover, from an assessment of the initial casualty figures (Israel News), there were more policemen than “demonstrators” who were killed.

This is significant because it suggests that the police force may have initially been outnumbered by a well organized armed gang of professional killers.

What was clear from these initial reports is that many of the demonstrators were not demonstrators but terrorists involved in premeditated acts of killing and arson.

The title of the Israeli news report summarized what happened: Syria: Seven Police Killed, Buildings Torched in Protest

The US-NATO-Israel agenda consisted in supporting an Al Qaeda affiliated insurgency integrated by death squads and professional snipers. President Bashar al Assad is then to be blamed for killing his own people. 

Does it Sound familiar? 

The same “false flag” strategy of killing innocent civilians was used during the Ukraine Maidan protest movement.  On February 20th, 2014, professional snipers were shooting at both demonstrators and policemen with a view to accusing president Viktor Yanukovych of “mass murder.”

It was subsequently revealed that these snipers were controlled by the opponents of president Yanukovych, who are now part of the coalition government.  

The “humanitarian mandate” of the US and its allies is sustained by diabolical “false flag” attacks which consist in killing civilians with a view to breaking the legitimacy of governments which refuse to abide by the diktats of Washington and its allies.

Michel Chossudovsky, March 17, 2019, December 14, 2019

 

SYRIA: Who is Behind The Protest Movement? Fabricating a Pretext for a US-NATO “Humanitarian Intervention”

by Michel Chossudovsky

Global Research, May 3, 2011

There is evidence of gross media manipulation and falsification from the outset of the protest movement in southern Syria on March 17th [2011]. 

The Western media has presented the events in Syria as part of the broader Arab pro-democracy protest movement, spreading spontaneously from Tunisia, to Egypt, and from Libya to Syria. 

Media coverage has focussed on the Syrian police and armed forces, which are accused of indiscriminately shooting and killing unarmed “pro-democracy” demonstrators. While these police shootings did indeed occur, what the media failed to mention is that among the demonstrators there were armed gunmen as well as snipers who were shooting at both the security forces and the protesters.

The death figures presented in the reports are often unsubstantiated. Many of the reports are “according to witnesses”. The images and video footages aired on Al Jazeera and CNN do not always correspond to the events which are being covered by the news reports.

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There is certainly cause for social unrest and mass protest in Syria: unemployment has increased in recent year, social conditions have deteriorated, particularly since the adoption in 2006 of sweeping economic reforms under IMF guidance. The IMF’s “economic medicine” includes austerity measures, a freeze on wages, the deregulation of the financial system, trade reform and privatization.

(See IMF  Syrian Arab Republic — IMF Article IV Consultation Mission’s Concluding Statement, http://www.imf.org/external/np/ms/2006/051406.htm, 2006)

While Syria is [2011] no “model society” with regard to civil rights and freedom of expression, it nonetheless constitutes the only (remaining) independent secular state in the Arab world. Its populist, anti-Imperialist and secular base is inherited from the dominant Baath party, which integrates Muslims, Christians and Druze.

Moreover, in contrast to Egypt and Tunisia, in Syria there is considerable popular support for President Bashar Al Assad. The large rally in Damascus on March 29, “with tens of thousands of supporters” (Reuters) of President Al Assad is barely mentioned. Yet in an unusual twist, the images and video footage of several pro-government events were used by the Western media to convince international public opinion that the President was being confronted by mass anti-government rallies.

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Tens of thousands of Syrians gather for a pro-government rally at the central
bank square in Damascus March 29, 2011. (Reuters Photo)

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Syrians display a giant national flag with a picture of Syria’s President Bashar al-Assad during a
pro-government rally at the central bank square in Damascus March 29, 2011. (Reuters Photo)

The “Epicenter” of the Protest Movement. Daraa: A Small Border Town in southern Syria

What is the nature of the protest movement? From what sectors of Syrian society does it emanate? What triggered the violence?

What is the cause of the deaths?

The existence of an organized insurrection composed of armed gangs involved in acts of killing and arson has been dismissed by the Western media, despite evidence to the contrary.

The demonstrations  did not start in Damascus, the nation’s capital. At the outset, the protests were not integrated by a mass movement of citizens in Syria’s capital.

The demonstrations started in Daraa, a small border town of 75,000 inhabitants, on the Syrian Jordanian border, rather than in Damascus or Aleppo, where the mainstay of organized political opposition and social movements are located. (Daraa is a small border town comparable e.g. to Plattsburgh, NY on the US-Canadian border).

The Associated Press report (quoting unnamed “witnesses” and “activists”) describes the early protests in Daraa as follows:

The violence in Daraa, a city of about 300,000 near the border with Jordan, was fast becoming a major challenge for President Bashar Assad, …. Syrian police launched a relentless assault Wednesday on a neighborhood sheltering anti-government protesters [Daraa], fatally shooting at least 15 in an operation that began before dawn, witnesses said.

At least six were killed in the early morning attack on the al-Omari mosque in the southern agricultural city of Daraa, where protesters have taken to the streets in calls for reforms and political freedoms, witnesses said. An activist in contact with people in Daraa said police shot another three people protesting in its Roman-era city center after dusk. Six more bodies were found later in the day, the activist said.

As the casualties mounted, people from the nearby villages of Inkhil, Jasim, Khirbet Ghazaleh and al-Harrah tried to march on Daraa Wednesday night but security forces opened fire as they approached, the activist said. It was not immediately clear if there were more deaths or injuries. (AP, March 23, 2011, emphasis added)

The AP report inflates the numbers: Daraa is presented as a city of 300,000 when in fact its population is 75,000;  “protesters gathered by the thousands”, “casualties mounted”.

The report is silent on the death of policemen which in the West invariably makes the front page of the tabloids.

The deaths of the policemen are important in assessing what actually happened. When there are police casualties, this means that there is an exchange of gunfire between opposing sides, between policemen and “demonstrators”.

Who are these “demonstrators” including roof top snipers who were targeting the police.

Israeli and Lebanese news reports (which acknowledge the police deaths) provide a clearer picture of what happened in Daraa on March 17-18. The Israel National News Report (which cannot be accused of being biased in favor of Damascus) reviews these same events as follows:

Seven police officers and at least four demonstrators in Syria have been killed in continuing violent clashes that erupted in the southern town of Daraa last Thursday.

…. On Friday police opened fire on armed protesters killing four and injuring as many as 100 others. According to one witness, who spoke to the press on condition of anonymity, “They used live ammunition immediately — no tear gas or anything else.”

…. In an uncharacteristic gesture intended to ease tensions the government offered to release the detained students, but seven police officers were killed, and the Baath Party Headquarters and courthouse were torched, in renewed violence on Sunday. (Gavriel Queenann, Syria: Seven Police Killed, Buildings Torched in Protests, Israel National News, Arutz Sheva, March 21, 2011, emphasis added)

The Lebanese news report, quoting various sources, also acknowledges the killings of seven policemen in Daraa: They were killed  “during clashes between the security forces and protesters… They got killed trying to drive away protesters during demonstration in Dara’a”

The Lebanese Ya Libnan report quoting Al Jazeera also acknowledged that protesters had “burned the headquarters of the Baath Party and the court house in Dara’a”  (emphasis added)

These news reports of the events in Daraa confirm the following:

  1. This was not a “peaceful protest” as claimed by the Western media. Several of the “demonstrators” had fire arms and were using them against the police:  “The police opened fire on armed protesters killing four”.
  2. From the initial casualty figures (Israel News), there were more policemen than demonstrators who were killed:  7 policemen killed versus 4 demonstrators. This is significant because it suggests that the police force might have been initially outnumbered by a well organized armed gang. According to Syrian media sources, there were also snipers on rooftops which were shooting at both the police and the protesters.

What is clear from these initial reports is that many of the demonstrators were not demonstrators but terrorists involved in premeditated acts of killing and arson. The title of the Israeli news report summarizes what happened:  Syria: Seven Police Killed, Buildings Torched in Protests.  The title suggests that the “demonstrators” rather than the police had the upper hand.

The Daraa “protest movement” on March 18 had all the appearances of a staged event involving, in all likelihood, covert support to Islamic terrorists by Mossad and/or Western intelligence. Government sources point to the role of radical Salafist groups (supported by Israel)

Other reports have pointed to the role of Saudi Arabia in financing the protest movement.

What has unfolded in Daraa in the weeks following the initial violent clashes on 17-18 March, is the confrontation between the police and the armed forces on the one hand and armed units of terrorists and snipers on the other which had infiltrated the protest movement.

Reports suggest that these terrorists are integrated by Islamists. There is no concrete evidence as to which Islamic organizations are behind the terrorists and the government has not released corroborating information as to who these groups are.

Both the Syrian Muslim Brotherhood (whose leadership is in exile in the UK) and the banned Hizb ut-Tahrir (the Party of Liberation), among others have paid lip service to the protest movement. Hizb ut Tahir (led in the 1980s by Syrian born Omar Bakri Muhammad) tends to “dominate the British Islamist scene” according to Foreign Affairs. Hizb ut Tahir is also considered to be of strategic importance to Britain’s Secret Service MI6. in the pursuit of Anglo-American interests in the Middle East and Central Asia. (Is Hizb-ut-Tahrir another project of British MI6? | State of Pakistan).

Syria is a secular Arab country, a society of religious tolerance, where Muslims and Christians have for several centuries lived in peace. Hizb ut-Tahrir (the Party of Liberation) is a radical political movement committed to the creation of an Islamic caliphate. In Syria, its avowed objective is to destabilize the secular state.

Since the Soviet-Afghan war, Western intelligence agencies as well as Israel’s Mossad have consistently used various Islamic terrorist organizations as “intelligence assets”. Both Washington and its indefectible British ally have provided covert support to “Islamic terrorists” in Afghanistan, Bosnia, Kosovo and Libya, etc. as a means to triggering ethnic strife, sectarian violence and political instability.

The staged protest movement in Syria is modelled on Libya. The insurrection in Eastern Libya is integrated by the Libya Islamic Fighting Group (LIFG) which is supported by MI6 and the CIA. The ultimate objective of the Syria protest movement, through media lies and fabrications, is to create divisions within Syrian society as well as justify an eventual “humanitarian intervention”.

Armed Insurrection in Syria

An armed insurrection integrated by Islamists and supported covertly by Western intelligence is central to an understanding of what is occurring on the ground.

The existence of an armed insurrection is not mentioned by the Western media. If it were to be acknowledged and analysed, our understanding of unfolding events would be entirely different.

What is mentioned profusely is that the armed forces and the police are involved in the indiscriminate killing of protesters.

The deployment of the armed forces including tanks in Daraa is directed against an organized armed insurrection, which has been active in the border city since March 17-18.

Casualties are being reported which also include the death of policemen and soldiers.

In a bitter irony, the Western media acknowledges the police/soldier deaths while denying the existence of an armed insurrection.

The key question is how does the media explain these deaths of soldiers and police?

Without evidence, the reports suggest authoritatively that the police is shooting at the soldiers and vice versa the soldiers are shooting on the police. In a April 29 Al Jazeera report, Daraa is described as “a city under siege”.

“Tanks and troops control all roads in and out. Inside the city, shops are shuttered and nobody dare walk the once bustling market streets, today transformed into the kill zone of rooftop snipers.

Unable to crush the people who first dared rise up against him – neither with the secret police,  paid thugs or the special forces of his brother’s military division – President Bashar al-Assad has sent thousands of Syrian soldiers and their heavy weaponry into Deraa for an operation the regime wants nobody in the world to see.

Though almost all communication channels with Deraa have been cut, including the Jordanian mobile service that reaches into the city from just across the border, Al Jazeera has gathered firsthand accounts of life inside the city from residents who just left or from eyewitnesses inside who were able to get outside the blackout area.

The picture that emerges is of a dark and deadly security arena, one driven by the actions of the secret police and their rooftop snipers, in which soldiers and protestors alike are being killed or wounded, in which cracks are emerging in the military itself, and in which is created the very chaos which the regime uses to justify its escalating crackdown. (Daraa, a City under Siege, IPS / Al Jazeera, April 29, 2011)

The Al Jazeera report borders on the absurd. Read carefully.

“Tanks and troops control all roads in and out”,  “thousands of Syrian soldiers and their heavy weaponry into Daraa”

This situation has prevailed for several weeks. This means that bona fide protesters who are not already inside Daraa cannot enter Daraa.

People who live in the city are in their homes: “nobody dares walk … the streets”. If nobody dares walk the streets where are the protesters?

Who is in the streets? According to Al Jazeera, the protesters are in the streets together with the soldiers, and both the protesters and the soldiers are being shot at by “plain clothes secret police”, by “paid thugs” and government sponsored snipers.

The impression conveyed in the report is that these casualties are attributed to infighting between the police and the military.

But the report also says that the soldiers (in the “thousands”) control all roads in and out of the city, but they are being shot upon by the plain clothed secret police.

The purpose of this web of media deceit, namely outright fabrications  –where soldiers are being killed by police and  “government snipers”– is to deny the existence of armed terrorist groups. The later are integrated by snipers and “plain clothed terrorists” who are shooting at the police, the Syrian armed forces and local residents.

These are not spontaneous acts of terror; they are carefully planned and coordinated attacks. In recent developments, according to a Xinhua report (April 30, 2011), armed “terrorist groups” “attacked the housing areas for servicemen” in Daraa province, “killing a sergeant and wounding two”.

While the government bears heavy responsibility for its mishandling of the military-police operation, including the deaths of civilians, the reports confirm that the armed terrorist groups had also opened fire on protesters and local residents. The casualties are then blamed on the armed forces and the police and the Bashar Al Assad government is portrayed by “the international community” as having ordered countless atrocities.

The fact of the matter is that foreign journalists are banned from reporting inside Syria, to the extent that much of the information including the number of casualties is obtained from the unverified accounts of “witnesses”.

It is in the interest of the US-NATO alliance to portray the events in Syria as a peaceful protest movement which is being brutally repressed by a “dictatorial regime”.

The Syrian government may be autocratic. It is certainly not a model of democracy but neither is the US administration, which is characterized by rampant corruption, the derogation of civil liberties under the Patriot legislation, the legalisation of torture, not to mention its “bloodless” “humanitarian wars”:

“The U.S. and its NATO allies have, in addition to U.S. Sixth Fleet and NATO Active Endeavor military assets permanently deployed in the Mediterranean, warplanes, warships and submarines engaged in the assault against Libya that can be used against Syria at a moment’s notice.

On April 27 Russia and China evidently prevented the U.S. and its NATO allies from pushing through an equivalent of Resolution 1973 against Syria in the Security Council, with Russian deputy ambassador to the UN Alexander Pankin stating that the current situation in Syria “does not present a threat to international peace and security.” Syria is Russia’s last true partner in the Mediterranean and the Arab world and hosts one of only two Russian overseas naval bases, that at Tartus. (The other being in Ukraine’s Crimea.)” (Rick Rozoff,   Libyan Scenario For Syria: Towards A US-NATO “Humanitarian Intervention” directed against Syria? Global Research, April 30, 2011)

The ultimate purpose is to trigger sectarian violence and political chaos within Syria by covertly supporting Islamic terrorist organizations.

What lies ahead?

The longer term US foreign policy perspective is “regime change” and the destabilization of Syria as an independent nation-state, through a covert process of “democratization” or through military means.

Syria is on the list of “rogue states”, which are targeted for a US military intervention. As confirmed by former NATO commander General Wesley Clark the “[The] Five-year campaign plan [includes]… a total of seven countries, beginning with Iraq, then Syria, Lebanon, Libya, Iran, Somalia and Sudan” (Pentagon official quoted by General Wesley Clark).

The objective is to weaken the structures of the secular State while justifying an eventual  UN sponsored “humanitarian intervention”. The latter, in the first instance, could take the form of a reinforced embargo on the country (including sanctions) as well as the freezing of Syrian bank assets in overseas foreign financial institutions.

While a US-NATO military intervention in the immediate future seems highly unlikely, Syria is nonetheless on the Pentagon’s military roadmap, namely an eventual war on Syria has been contemplated both by Washington and Tel Aviv.

If it were to occur, at some future date, it would lead to escalation. Israel would inevitably be involved. The entire Middle East Central Asian region from the Eastern Mediterranean to the Chinese-Afghan border would flare up.

 

*

Michel Chossudovsky is an award-winning author, Professor of Economics (Emeritus) at the University of Ottawa, Director of the Centre for Research on Globalization (CRG) and Editor of globalresearch.ca. He is the author of The Globalization of Poverty and The New World Order (2003) and America’s “War on Terrorism” (2005). He is also a contributor to the Encyclopaedia Britannica. His writings have been published in more than twenty languages.  He spent a month in Syria in early 2011.

L’OTAN prête à dépasser son cadre géopolitique initial dans le seul intérêt américain

par Philippe Migault

31 oct. 2019

Source : RT France https://francais.rt.com/opinions/67462-otan-prete-a-depasser-son-cadre-geopolitique-initial-dans-le-seul-interet-americain

Directeur du Centre européen d’analyses stratégiques, Philippe Migault est spécialiste des questions stratégiques. Il revient sur la réunion à Bruxelles des 29 ministres de la Défense de l’OTAN qui s’est déroulée le 24 et le 25 octobre.

OTAN : Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. L’acronyme est limpide : Depuis 1949 l’Alliance Atlantique unit, de part et d’autre de l’Océan éponyme, les Etats européens et nord-américains désireux de faire front commun face à toute menace, toute agression. Le cadre géographique est clair. L’Alliance n’a pas, sauf attaque d’un adversaire éloigné contre un de ses membres, à intervenir en dehors de cette aire. Les attentats du 11 septembre 2001 justifiaient la solidarité atlantique et l’offensive de l’OTAN en Afghanistan. Ceux de Paris le soutien de l’Alliance aux opérations de la France en zone sahélo-saharienne et en Irak. On peut, en revanche, légitimement se demander pourquoi l’Alliance et son leader, les Etats-Unis, semblent aussi désireux d’élargir le cercle défensif bien au-delà de l’Atlantique nord, au sud de l’équateur et jusque dans le Pacifique, vers des Etats sur lesquels ne pèse quelquefois nulle menace majeure d’agression interétatique. Lors d’une déclaration effectuée le 23 octobre dernier, en marge d’une conférence de l’OTAN à Bruxelles, le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, a ainsi fait feu de tout bois pour justifier l’intérêt croissant de l’organisation vis-à-vis de la zone Asie-Pacifique. Lire aussi L’Ukraine est prête à accélérer les préparatifs d’adhésion à l’OTAN, selon le président Zelensky Certes M. Stoltenberg n’a pas manqué d’évoquer une fois encore la rupture du traité FNI et la violation de ce traité dont se serait rendue coupable la Russie. Il a récité le traditionnel mantra otanien sur la menace balistique que ferait peser l’Iran et la Corée du Nord, justifiant prétendument la mise en place du bouclier antimissiles de l’OTAN aux portes de la Russie. Mais cet exercice imposé expédié, il a surtout insisté sur la montée en puissance de la Chine, estimant qu’elle menait des programmes – armes hypersoniques, drones, ICBM, cyberoutils d’agression… – susceptibles de remettre en question l’équilibre mondial des forces. Reconnaissant que Pékin ne viole aucun traité mondial d’armement, mais possède des centaines de missiles correspondant au traité FNI, il a jugé que les Chinois ne pouvaient rester à l’écart d’un processus de négociation mondial portant sur la réduction des armes de destruction massive. Sauf que le traité FNI, signé à Washington en 1987, portait sur l’interdiction des armes à portée intermédiaire en Europe, zone d’action de l’OTAN, aire dont la Chine est éloignée de plus de 2 000 kilomètres si l’on s’en tient à la distance séparant l’Extrême-Ouest chinois de l’Oural, 4 000 si l’on s’en tient à la distance séparant le Xinjiang de l’est de l’Union européenne. Sauf qu’il n’existe aucun contentieux sérieux entre l’UE et la Chine susceptible de mener à un affrontement militaire entre celle-ci et les Européens. Evidemment les tensions commerciales avec Pékin sont permanentes, la rivalité croissante en Afrique – pour les seuls Européens que cela intéresse d’ailleurs, c’est-à-dire essentiellement Français et Britanniques – les affaires d’espionnage récurrentes. Mais le scénario d’une agression armée chinoise vis-à-vis des Etats européens membres de l’OTAN ou de l’UE relève de la politique fiction. Dès lors, il n’existe qu’une explication plausible aux déclarations de Jens Stoltenberg : la volonté américaine d’impliquer les Européens de l’ouest dans le bras de fer qu’ils ont engagé avec la Chine, guerre commerciale et tension militaire dont l’administration Trump a seule décidé de hisser le curseur au-delà du raisonnable, comme Washington nous a enrôlé dans une politique de sanctions vis-à-vis de la Russie dont la France, notamment, ne voulait pas. Il ne s’agit pas d’ailleurs des seuls Européens de l’Ouest. C’est l’ensemble de la prétendue «communauté internationale», c’est-à-dire du monde occidental et de ses alliés japonais, sud-coréens, australiens, néo-zélandais, brésiliens… que Washington espère fédérer dans une alliance défensive globale, dont l’OTAN serait le pilier central. Dans un paradigme stratégique globalisé conjuguant volonté occidentale d’imposer son modèle et perte simultané de son attrait, il s’agit d’unir le camp des tenants du libéralisme financier, de la société ouverte, libérale-libertaire, contre celui des Etats estimant que le capitalisme d’Etat, le cadre de l’Etat-nation souverain, et les valeurs traditionnelles propres à chaque pays, à chaque société, constituent autant d’intérêts vitaux. En août dernier déjà, Jens Stoltenberg, en visite à Sidney à l’instigation des Etats-Unis, soulignait l’importance d’un partenariat entre l’OTAN et l’Australie, «partenaire au long cours et à haute valeur ajoutée de l’OTAN», pour «faire face à de nouvelles menaces imprévisibles (…) dans cette partie du monde». Evoquant la montée en puissance de la Chine en Afrique, la présence de navires chinois à proximité des eaux européennes, il jugeait que Pékin s’approchait de plus en plus de nos portes. L’OTAN a progressé de plus de 1 500 kilomètres vers l’Est, poussant ses blindés à 90 minutes de route de Saint-Pétersbourg, et la présence navale chinoise se résume à la visite de quelques escorteurs en Méditerranée, ne représentant aucune menace pour les marines de l’OTAN, mais qu’importe. Xi Jiping ante portas. Et les Américains ont des droits que les autres n’ont pas.

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