Communiqué du Sommet de l’OTAN à Varsovie : préparer le crime d’agression

par Christopher Black

18.07.2016

Source : Lesakerfrancophone du 23.07.2016

Communiqué du Sommet de l’OTAN à Varsovie : préparer le crime d’agression

Traduit du New Eastern Outlook

http://journal-neo.org/2016/07/18/nato-s-warsaw-communique-planning-the-crime-of-aggression/

 

 

J’ai été avocat de la défense la plus grande partie de ma vie professionnelle et je n’ai pas l’habitude de recueillir des preuves pour engager des poursuites, mais les circonstances m’ont incité à ouvrir un dossier pour le procureur de la Cour pénale internationale, ou peut-être un futur tribunal citoyen. Ce dossier contient la preuve que les dirigeants de l’OTAN sont coupables du plus grave crime contre l’humanité, le crime d’agression. Je voudrais partager avec vous quelques brèves notes intéressantes provenant de ce fichier, que je soumets à votre réflexion.

L’Article 8bis du Statut de Rome, le statut régissant la Cour pénale internationale, stipule :

Aux fins du présent Statut, on entend par « crime d’agression » la planification, la préparation, le lancement ou l’exécution par une personne effectivement en mesure de contrôler ou de diriger l’action politique ou militaire d’un État, d’un acte d’agression qui, par sa nature, sa gravité et son ampleur, constitue une violation manifeste de la Charte des Nations Unies.

Le communiqué de l’OTAN publié à l’issue du congrès de Varsovie le 9 juillet est la preuve directe d’une telle planification et préparation et donc d’une conspiration par les dirigeants de l’OTAN pour commettre des actes d’agression contre la Russie. Cela ferait l’objet d’un acte d’accusation de la Cour pénale internationale contre les dirigeants de l’alliance militaire si la procureure de la CPI était effectivement indépendante, ce qu’elle n’est pas. Et bien sûr, si les articles relatifs aux crimes d’agression étaient en vigueur, ce qui ne se produira pas avant le 1er janvier 2017, le cas échéant, sous les articles du Statut de Rome.

Néanmoins, le problème technique de la juridiction qui empêche l’émission d’une inculpation contre les dirigeants de l’OTAN en ce moment, ne légitime pas la planification et la préparation d’actes d’agression contenus dans le communiqué de l’OTAN ni ne réduit le poids moral du crime d’agression défini dans le Statut et les principes de Nuremberg, parce que le crime d’agression est le crime de guerre suprême.

Selon leurs propres mots, imprimés en noir sur blanc dans leur communiqué du 9 juillet, les dirigeants de l’OTAN, chacun d’entre eux, et les états-majors entiers des forces armées de chacun des pays de l’OTAN, sont coupables du crime d’agression. Le fait qu’il n’y ait pas d’organe efficace devant lequel ils puissent être traduits en justice est sans rapport avec le fait du crime commis. Ils sont les ennemis de l’humanité et, inculpés ou non, ils sont des hors-la-loi internationaux qui doivent être identifiés en tant que tels et appelés à rendre des comptes à leurs propres peuples.

La preuve de leurs crimes est bien évidemment antérieure à ce communiqué et consiste en années d’actes commis par les puissances de l’OTAN depuis que l’Union soviétique s’est dissoute ainsi que le Pacte de Varsovie, en vertu de l’accord dit Acte fondateur OTAN–Russie de 1997, selon lequel l’OTAN ne s’étendrait dans aucun des pays formellement membres du Pacte de Varsovie ou de l’URSS, ni n’y installerait d’armes nucléaires. L’OTAN a continuellement brisé cet accord depuis lors et a commis, en tant qu’organisation ou par des groupes de ses États membres, des actes d’agression contre la Yougoslavie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Russie (pendant l’attaque de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud et en soutenant les groupes terroristes tchétchènes en Russie même), l’Ukraine et la Syrie, chaque acte d’agression étant appuyé par des campagnes de propagande massives pour tenter de justifier ces crimes en répandant cette propagande auprès des peuples qu’ils sont censés informer.

Ces mêmes puissances ont commis et commettent d’autres actes d’agression contre la République populaire démocratique de Corée, l’Iran et la Chine, et augmentent continuellement leur planification et leur préparation pour agresser ces pays. Ces plans sont aussi étalés dans le communiqué de l’OTAN, mais la plus grave menace pour l’humanité est la menace existentielle immédiate contre la Russie, contre laquelle la partie principale de ce communiqué est dirigée.

Le communiqué de l’OTAN est de fait une déclaration de guerre à la Russie. Il n’y a pas d’autre manière de l’interpréter.

Il y a plusieurs mois, j’ai déclaré que nous pouvions considérer l’accumulation des forces de l’OTAN en Europe de l’Est, le coup d’État de l’OTAN qui a renversé le gouvernement de Ianoukovitch en Ukraine, la tentative de s’emparer de la base navale russe à Sébastopol, les attaques immédiates contre les civils ukrainiens dans les provinces orientales qui refusaient d’accepter le coup d’État de l’OTAN, la propagande constante contre la Russie en tant qu’agresseur et la guerre économique menée contre la Russie sous couvert de sanctions est l’équivalent d’une seconde Opération Barbarossa, le nom donné à l’invasion de l’Union soviétique par le Troisième Reich en 1941. J’hésitais à le décrire ainsi, mais les faits étaient là et d’autres ont reconnu maintenant que l’analogie est correcte. Et exactement comme les dirigeants du Troisième Reich ont été finalement tenus pour responsables de leurs crimes à Nuremberg, les dirigeants du nouveau Reich que les Américains et leurs États vassaux projettent d’imposer au reste d’entre nous devraient l’être aussi.

Au paragraphe 5 du communiqué et après, ils commettent la première partie de leur crime en définissant de prétendus actes agressifs de la Russie, dans lesquels, dans tous les cas, ils sont les véritables agresseurs.

Au paragraphe 15, ils déclarent, après quelques sornettes à propos du partenariat entre l’OTAN et la Russie :

« Nous regrettons que malgré des appels répétés des Alliés et de la communauté internationale depuis 2014 pour que la Russie change de cap, les conditions à cette relations n’existent pas actuellement. La nature des relations de l’Alliance avec la Russie et les aspirations à un partenariat seront subordonnées à un changement clair et constructif des actions de la Russie, qui doit démontrer son respect du droit international et de ses obligations et responsabilités internationales. Jusque là, nous ne pouvons pas revenir au business as usual. »

Ce qu’ils veulent dire en parlant du changement de cap de la Russie est, bien sûr, qu’elle fasse ce qu’ils ordonnent, et le « respect du droit international » ne signifie rien d’autre que de se plier aux diktats de l’OTAN. Le monde a vu ce qui est arrivé à la Yougoslavie quand le président Milosevic a eu le courage de lui dire d’aller se faire voir, alors que Madelaine Albright lui présentait sa longue liste de revendications, y compris l’occupation de la Yougoslavie par les forces de l’OTAN et le démantèlement du socialisme, suivi par le choix d’obéir ou d’être bombardé. Le gouvernement yougoslave avait le droit et, en plus,  le courage, de la défier, et donc les dirigeants de l’OTAN ont activé les casseurs de jambes, les exécuteurs et les assassins qui servent dans leurs armées et ont commencé la destruction massive d’un membre fondateur du Mouvement des non-alignés.

Nous l’avons vu à nouveau en Afghanistan, envahi sous le prétexte juridique qu’il hébergeait un supposé criminel, Ben Laden, qui n’a jamais été accusé de crime [accusé, si. Reconnu coupable, jamais. NdT] et qui travaillait sous le commandement de l’armée étasunienne au Kosovo en 1998-1999, luttant contre le gouvernement yougoslave.

Nous l’avons vu avec l’Irak, sommé de remettre des armes qu’il n’a jamais eues, puis attaqué avec choc et effroi, une démonstration de puissance militaire conçue non seulement pour l’Irak mais pour le monde entier : voilà ce que nous vous ferons si vous ne jouez pas le jeu.

Nous l’avons vu avec le président Aristide à Haïti en 2004, lorsque des soldats américains et canadiens l’ont arrêté en pointant les fusils sur lui et l’ont exilé, l’enchaînant en Afrique, pendant que le monde regardait ailleurs. Nous l’avons vu en 2010, lorsque le président Laurent Gbagbo a été arrêté par les Français et jeté dans les marécages de la Cour pénale internationale. Nous l’avons vu en 2011, lorsque l’OTAN a détruit la Libye socialiste et nous voyons aujourd’hui comment ils tentent la même chose contre la Syrie et l’Irak, l’Iran, la Corée du Nord, la Chine et, le plus important, contre la Russie.

Le paragraphe 15 n’est rien d’autre qu’un diktat, « obéis-nous ou nous ne pourrons pas retourner au statu quo » ce qui signifie, en fin de compte, la guerre.

Suit alors une longue série de paragraphes pleins de mensonges et de distorsions sur des événements tous imputés à la Russie. Ils savent que ce sont des mensonges et des distorsions, bien sûr, mais le principe est que ces communiqués sont générés à Washington comme outils de propagande destinés à être cités encore et encore dans les médias occidentaux et mentionnés par leurs diplomates et leurs politiciens dans tous les discours.

Au paragraphe 15 et ensuite, ils se réfèrent à leurs plans pour leur nouvelle Opération Barbarossa, l’accumulation des forces de l’OTAN en Europe de l’Est. Ils l’appellent le Plan de préparation à l’action. En d’autres termes, tous ces paragraphes exposent leurs plans pour préparer leur capacité logistique et stratégique dans le but d’attaquer la Russie. Qu’ils aient l’intention de le faire est maintenant clair, avec le placement de systèmes anti-missiles en Pologne et en Roumanie et bientôt sur le flanc sud-est de la Russie en Corée, des missiles destinés à garantir le succès d’une première frappe atomique sur la Russie par les forces nucléaires de l’OTAN. Les systèmes anti-missiles sont conçus pour intercepter tous les missiles de représailles lancés par les survivants en Russie. Mais, comme le président Poutine l’a relevé, ils peuvent aussi être utilisés directement de manière offensive.

Ils soulignent ensuite que les armes nucléaires sont une partie importante de leur stratégie, et déclarent dans le paragraphe 53 :

« La position de l’OTAN en matière de dissuasion nucléaire repose aussi, en partie, sur les armes nucléaires déployées en avant par les États-Unis en Europe et sur les capacités et l’infrastructure fournies par les Alliés concernés. » La crainte est qu’avec les récents exercices en Pologne et dans l’Arctique − dans lesquels l’usage de frappes aériennes pour lancer des armes nucléaires telles que des missiles de croisière nucléaires pointés sur la Russie − a joué un rôle important − les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN projettent et préparent une attaque nucléaire sur la Russie. C’est la seule conclusion possible, puisqu’il est clair que la Russie n’a aucune intention d’attaquer aucun pays en Europe de l’Est ou ailleurs. Donc l’excuse donnée que la présence d’armes nucléaires en Europe est une dissuasion contre l’agression russe est clairement un mensonge et, par conséquent, leur présence ne peut avoir qu’un seul but : être utilisées pour une attaque.

La preuve est devant nous, le dossier est complet. Il est posé sur un bureau, il prend la poussière, il n’est d’aucune utilité pour personne, excepté le tribunal de l’opinion publique, et qu’est-ce que ça vaut, ces jours ci ? Mais peut-être que quelqu’un, là-bas, le prendra, le mettra au point et le donnera à un tribunal, peut-être quelqu’un du peuple, pour le peuple, mis en place par le peuple, pour juger ceux qui projettent de détruire le peuple, qui peut agir rapidement avant que le crime d’agression final soit commis contre la Russie ; contre nous tous.

 

Christopher Black est un juriste pénaliste international basé à Toronto, il est membre du Barreau du Haut-Canada et il est connu pour un grand nombre de cas très médiatisés portant sur les droits humains et les crimes de guerre, en particulier pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone

 

NATO’s Warsaw Communiqué: Planning the Crime of Aggression

by Christopher Black

Source : New Eastern Outlook

18.07.2016

http://journal-neo.org/2016/07/18/nato-s-warsaw-communique-planning-the-crime-of-aggression/

I have been a defence lawyer most of my working life and am not used to gathering evidence for a prosecution, but circumstances impelled me to open a file for the prosecutor of the International Criminal Court, or perhaps some future citizen’s tribunal, in which is contained the evidence that the NATO leaders are guilty of the gravest crime against mankind, the crime of aggression. I would like to share with you some brief notes of interest from that file, for your consideration.

Article 8bis of the Rome Statute, the governing statue of the International Criminal Court states:

For the purpose of this Statute, “crime of aggression” means the planning, preparation, initiation or execution, by a person in a position effectively to exercise control over or to direct the political or military action of a State, of an act of aggression which by its character, gravity and scale, constitutes a manifest violation of the Charter on the United Nations.

The NATO communiqué issued from Warsaw on July 9th is direct evidence of such planning and preparation and therefore of a conspiracy by the NATO leaders to commit acts of aggression against Russia, and would be the subject of an indictment of the International Criminal Court against the leaders of the NATO military alliance, if the prosecutor of the ICC was in fact independent, which she is not, and of course, if the articles relating to crimes of aggression were in effect which will not take place until January 1, 2017, if at all, under the articles of the Rome Statute.

Nevertheless, the technical issue of jurisdiction that prevents the issuance of an indictment against the NATO leaders at this time does not legitimate the planning and preparation of acts of aggression as are contained in the NATO communiqué nor reduce the moral weight of the crime of aggression set out in the Statute and the Nuremberg Principles, for the crime of aggression is the supreme crime of war.

On their own words, set out in black and white, in their communiqué of July 9th, the NATO leaders, each and every one, and the entire general staffs of the armed forces of each and every NATO country, are guilty of the crime of aggression. The fact that there is no effective body to which they can be brought for trial is irrelevant to the fact of the crime being committed. They are the enemies of mankind and charged or not, tried or not, they are international outlaws who must be identified as such and called to account by their own peoples.

The evidence of their crimes of course predates this communiqué and consists in years of actions by the NATO powers, since the Soviet Union dissolved itself and the Warsaw Pact, under the agreement with NATO, the 1997 NATO–Russia Founding Act, that NATO would not expand into any of the countries formally members of the Warsaw Pact or the USSR, nor place nuclear weapons there. NATO has broken that agreement continuously since and has, as an organisation, or through groups of its member states, committed acts of aggression against Yugoslavia, Afghanistan, Iraq, Libya, Russia (during the Georgian attack on South Ossetia and through support of Chechen terrorist groups inside Russia itself), Ukraine and Syria with each act of aggression supported by massive propaganda campaigns to attempt to justify these crimes as legitimate. The western mass media are all complicit in these crimes by distributing this propaganda to the people they are meant to inform.

The same powers have committed and are committing further acts of aggression against the Democratic Peoples Republic of Korea, Iran and China and continuously increasing their planning and preparation for aggression against those nations. These plans are also set out in the NATO communiqué but the gravest threat to mankind is the immediate existential threat against Russia, to which the principal part of the communiqué is directed.

The NATO communiqué is in fact a declaration of war against Russia. There is no other way to interpret it.

Many months ago I stated that we can regard the NATO build-up of forces in Eastern Europe, the NATO coup that overthrew the Yanukovich government in Ukraine, the attempt to grab the Russian naval base at Sevastopol, the immediate attacks on Ukrainian civilians in the eastern provinces that refused to accept the NATO coup, the constant propaganda against Russia as “aggressor” and the economic warfare conducted against Russia under the guise of “sanctions,” to be tantamount to a second Operation Barbarossa, the Third Reich’s invasion of the Soviet Union in 1941. I was hesitant to so describe it but the facts were there and now others have recognised that the analogy is the correct one. And just as the leaders of the Third Reich were finally held responsible for their crimes at Nuremberg, so should be the leaders of the new Reich that the Americans and their vassal states are planning to impose on the rest of us.

At Paragraph 5 of the communiqué and following, they commit the first part of their crime by setting out supposed “aggressive actions” of Russia, in which, in every instance, they are the real aggressors.

At paragraph 15 they state, after some drivel about “partnership between NATO and Russia,” that,

“We regret that despite repeated calls by Allies and the international community since 2014 for Russia to change course, the conditions for that relationship do not currently exist.  The nature of the Alliance’s relations with Russia and aspirations for partnership will be contingent on a clear, constructive change in Russia’s actions that demonstrates compliance with international law and its international obligations and responsibilities.  Until then, we cannot return to “business as usual.”

What they mean by Russia “changing course” is, of course, doing what they order, and “compliance with international law” means nothing less than complying with NATO diktats. The world saw what happened to Yugoslavia, when President Milosevic had the guts to tell them to go to hell when Madelaine Albright issued her long list of demands, to him, including the occupation of Yugoslavia by NATO forces and the dismantling of socialism, followed by the choice, comply or be bombed. The Yugoslav government had the right and the courage and so defied them, and so NATO leaders activated the leg-breakers, the enforcers, and the murderers who serve in their armed forces and began the vast destruction of a founding member of the Non-Aligned Movement.

We saw it again with Afghanistan, invaded on a legal pretext of harbouring an alleged criminal, Bin Laden, who has never been charged with a crime and who was working under US Army command in Kosovo in 1998-9, fighting against the Yugoslav government.

We saw it with Iraq, ordered to surrender weapons it never had, and then attacked with “shock and awe” a display of military power meant not just for Iraq, but for the whole world; this I what we will do to you if you don’t play ball.

We saw it with President Aristide in Haiti in 2004 when American and Canadian soldiers arrested him at gunpoint and exiled him in chains to Africa, while the world looked away. We saw it in 2010 when President Laurent Gbagbo was arrested by the French and thrown into the morass of the International Criminal Court. We saw it in 2011 when NATO destroyed socialist Libya and we see it now as they try the same against Syria and Iraq, Iran, North Korea, China and most importantly, Russia.

Paragraph 15 is nothing less than a diktat, “obey us or we cannot return to business as usual,” meaning, ultimately, war.

There then follows a long series of paragraphs of lies and distortions about events with everything blamed on Russia. They know these are lies and distortions of course but the point is that these communiqués are generated in Washington as propaganda devices to be quoted over and over again in the western media and referred to by their diplomats and politicians in every speech.

At paragraph 35 and following they refer to their plans for their new Operation Barbarossa, the build-up of NATO forces in Eastern Europe. They call it the Readiness Action Plan. In other words, all those paragraphs set out their plans for preparing the logistical and strategic capacity to attack Russia. That they intend to do so is now clear with the placement of anti-missile systems in Poland and Romania and soon on Russia’s southeast flank in Korea, that are intended to ensure the success of a nuclear first strike on Russia by NATO nuclear forces. The anti-missile systems are meant to intercept any retaliatory missiles launched by survivors in Russia. But, as President Putin pointed out, they can also be used directly in an offensive capacity.

They then emphasize that nuclear weapons are an important part of their strategy and in paragraph 53 state,

“NATO’s nuclear deterrence posture also relies, in part, on United States’ nuclear weapons forward-deployed in Europe and on capabilities and infrastructure provided by Allies concerned.” The fear is that with recent exercises in Poland and in the Arctic in which the use of air strikes to launch nuclear weapons such as nuclear tipped cruise missiles against Russia played a prominent part, the United States and its NATO allies are planning for and preparing for a nuclear attack on Russia. This is the only conclusion possible since it is clear that Russia has no intention of attacking any country in Eastern Europe nor anywhere else and so the excuse given that the presence of nuclear weapons in Europe is a deterrent against Russian “aggression” is established as a lie and therefore their presence can have only one purpose-to be used in attack.

The evidence is before us, the dossier complete. It sits on a desk, gathering dust, of no use to anyone, except the court of public opinion, and what is that worth these days? But perhaps some one out there will take it, develop it and give it to a tribunal, perhaps one of the people, for the people, set up by the people, to try those who plan to destroy the people, that can act quickly, before the final crime of aggression is committed against Russia; against us all.

 

Christopher Black is an international criminal lawyer based in Toronto, he is a member of the Law Society of Upper Canada and he is known for a number of high-profile cases involving human rights and war crimes, especially for the online magazine “New Eastern Outlook.”


http://journal-neo.org/2016/07/18/nato-s-warsaw-communique-planning-the-crime-of-aggression/

Ni islam, ni folie, la terreur est politique

par

Bruno Guigue

18 juillet 2016-07-18 Source :

Ni islam, ni folie, la terreur est politique. Par Bruno Guigue

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Des premiers éléments de l’enquête, il ressort que l’auteur de l’ignoble tuerie de Nice se moquait de la religion comme d’une guigne, ne faisait pas la prière, ne respectait pas le jeûne du ramadan, collectionnait les conquêtes masculines et féminines, menait une vie dissolue, affectionnait les sites internet violents et avait une fâcheuse tendance à régler ses différends au pistolet automatique. Il est temps, me semble-t-il, de tirer quelques enseignements d’un tel portrait, qui est désormais de l’ordre des faits, et d’analyser les dommages collatéraux qu’il ne peut manquer d’exercer quant à leur interprétation.

A des années-lumière de la pratique islamique la plus courante, ce portrait de l’auteur de la tuerie du 14 juillet en jouisseur compulsif, irascible et sans tabou, en effet, n’est pas sans intérêt. Il couvre de ridicule, c’est le moins qu’on puisse dire, la meute des télé-experts prompts à dénicher la quête du frisson apocalyptique chez n’importe quelle petite frappe du djihad global. Pour ceux qui ne veulent voir dans le terrorisme que le stade suprême du fanatisme religieux, le démenti est catégorique et sans appel. Difficile, désormais, de soutenir la thèse de la responsabilité immémoriale de l’islam, quand on sait que le meurtrier était musulman comme les Borgia étaient catholiques et que 10 des 84 victimes du massacre de Nice, en revanche, étaient bien de confession musulmane.

Cet examen impitoyable des faits renvoie aussi dans les cordes ces politiciens avides qui se jettent sur l’islam comme sur une proie facile au moindre événement susceptible de jeter de l’huile sur le feu. Rêvant sans doute de dépasser le FN sur sa droite en se livrant à une manœuvre audacieuse, ils ne voient pas qu’ils se couvrent de honte tout en creusant leur tombe, politiquement s’entend. Lorsque l’un d’eux réclame à cor et à cri l’interdiction du voile islamique, en France, pour lutter contre le terrorisme, on ne sait d’ailleurs s’il faut en rire ou en pleurer, tant le propos est grotesque et la tentative de manipulation si patente.

A l’évidence, l’auteur de l’abominable crime de Nice avait en lui une violence sourde. Nourrie de ses échecs et de ses frustrations, cette violence, le tueur de la Promenade des Anglais l’a soudain déchaînée en commettant un acte horrible, un meurtre de masse. Mais pourquoi ? Au fond, nul ne le sait exactement. On pourra gloser sans fin sur ses motivations, recourir aux expertises les plus savantes, mobiliser toutes les ressources de la psychologie et de la sociologie, l’objet d’étude a disparu avec l’acte qui l’a fait naître. Le faisceau de ses justifications s’est volatilisé avec lui, dissipant à jamais toute explication exhaustive. Que nous le voulions ou non, l’engrenage qui conduisit au drame du 14 juillet risque de demeurer nimbé de mystère.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait rien à comprendre. On a invoqué à juste titre l’absence de motivation politique explicite de la part du tueur. Mais tous les terroristes ne laissent pas à l’usage de la postérité un testament politique destiné à justifier leurs forfaits. L’absence de discours, en l’occurrence, peut valoir tous les discours. Et puis, il faut bien admettre que cette lecture a-politique du geste criminel du 14 juillet est sérieusement battue en brèche par sa revendication a posteriori. La justification de l’acte par l’organisation terroriste transforme l’acte lui-même à l’insu de son auteur, elle en dissipe l’ambiguïté initiale. Formulée par Daech, cette revendication, dit-on, serait opportuniste. Mais qui peut le prouver ? Et cette preuve serait-elle fournie, que faudrait-il en déduire ?

Ajouté au mode opératoire utilisé (le camion-bélier), l’endossement de l’attentat par l’organisation terroriste, sans l’exclure absolument, paraît invalider l’hypothèse d’un acte isolé, dénué de toute signification politique et commis sous l’effet d’un accès de folie. Oui, un attentat a bien été accompli par un individu décidé à tuer aveuglément, et ce crime a été revendiqué par une organisation terroriste internationale qui ne cesse d’inviter ses affidés à le faire. Disposant de partisans disséminés partout et nulle part, Daech, en réalité, n’a nul besoin d’organiser les attentats en amont, puisqu’il lui suffit de s’en attribuer la paternité en aval, la violence de ces adeptes passés à l’acte s’inscrivant spontanément dans le projet de subversion par la terreur qui constitue le fonds de commerce djihadiste depuis la création d’Al-Qaida sous parrainage américano-saoudien.

C’est pourquoi l’auteur du crime (individuel) et son parrain (collectif) en partagent clairement la responsabilité. Ils coproduisent cette monstruosité, l’un parce qu’il l’a commise, l’autre parce qu’il la revendique. Le terrorisme n’existe que parce qu’il y a des petites frappes pour accomplir la sale besogne, mais il n’y aurait pas de petites frappes s’il n’y avait aucune organisation pour diffuser des mots d’ordre. On ne se lassera jamais de le répéter : le terrorisme est une entreprise politique, et s’il fournit à des individus désaxés le moyen d’exhaler leur mal-être, c’est parce que l’organisation préexiste à cette piétaille et l’utilise comme « soldats du djihad ».

En interprétant le terrorisme sur le mode psychiatrique, au contraire, on s’offre un alibi qui en occulte la signification. Exempté de toute rationalité, y compris meurtrière, le djihadisme est réduit au statut de curiosité anthropologique. On en fait une sorte de trou noir de la pensée, une aberration sans cause assignable, comme si rien ne pouvait l’expliquer hormis le dérangement mental de ses acteurs. On veut condamner les terroristes pour ce qu’ils font, mais on les dépossède, en même temps, de toute responsabilité politique. Comme celle qui n’y voit que l’empreinte de l’islam, cette interprétation du phénomène djihadiste, en occultant sa motivation première, le soustrait à toute analyse rationnelle. Et elle jette un écran de fumée devant les raisons de ce péril mortel que nos dirigeants, par cynisme et lâcheté, ont fait croître en prétendant le combattre.

 

Bruno Guigue, ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA, Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire, chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002 », et de centaines d’articles.

 

 

Un discours va-t-en-guerre est savamment distillé en Occident

Interview de Guy Mettan par Mohamed El-Ghazi

Algérie patriotique

26 juin 2016

Source : http://algeriepatriotique.com/fr/article/guy-mettan-à-algeriepatriotique-«un-discours-va-t-en-guerre-est-savamment-distillé-en

 

Pour le journaliste et homme politique suisse, le nouvel axe en Europe de l’Ouest n’est plus Paris-Berlin, mais Berlin-Varsovie. Interview.

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Algeriepatriotique : Dans votre livre Russie-Occident : la guerre de mille ans vous avez remonté l’histoire, jusqu’à l’empereur Charlemagne, pour expliquer l’acharnement des Occidentaux contre la Russie. Pouvez-vous nous en parler ?

Guy Mettan : C’est peut-être paradoxal, mais la russophobie occidentale est plus ancienne que la Russie ! En effet, elle a commencé avec les rivalités politiques et religieuses qui ont opposé l’Empire d’Occident, fondé par Charlemagne en l’an 800, à l’Empire d’Orient basé à Constantinople, et les Eglises catholique et orthodoxe. Charlemagne était un rebelle qui a réussi à s’imposer face au souverain légitime qui régnait à Byzance. Ses successeurs, qui ont créé le Saint-Empire romain germanique à la fin du Xe siècle ont ensuite réussi à imposer aux papes des réformes religieuses contre l’avis des Eglises d’Orient, qui s’y sont opposées parce qu’elles estimaient qu’il s’agissait d’un coup de force et non d’une décision démocratique prise au sein d’un concile œcuménique universel. Suite à ce schisme, officiellement daté du XIe siècle, toute une propagande anti-orthodoxe, ou antigrecque si l’on préfère, s’est mise en place à Rome afin de dénigrer les Orientaux. Lorsque les Ottomans conquirent Byzance en 1543, ces préjugés négatifs ont été transposés sur les Russes, qui avaient revendiqué l’héritage politique et religieux de Byzance. Ces préjugés occidentaux sont de deux ordres. Un, les Grecs, et donc les Russes, sont des barbares et leurs souverains sont des despotes et des tyrans. Deux, ce sont des expansionnistes, des gens agressifs qui ne rêvent que de conquérir et subjuguer l’innocent et vertueux Occident. Ce sont les mêmes préjugés que l’on retrouve aujourd’hui sous la plume des journalistes occidentaux antirusses.

 

Vous avez cité des faits historiques dont certains totalement inédits et qui ont aidé à forger l’idée d’une Russie dangereuse. Pouvez-vous nous en mentionner les plus importants ?

Il est intéressant de noter que la russophobie moderne a commencé en France à la fin du XVIIIe siècle, quand le cabinet secret du roi Louis XV a forgé un faux «Testament de Pierre le Grand», dans lequel le grand tsar russe aurait enjoint à ses successeurs de conquérir l’Europe. Napoléon l’a fait publier en 1812 afin de mieux justifier son invasion préventive de la Russie en 1813. Les Anglais l’on traduit et utilisé pour justifier leur invasion de la Crimée en 1853. Ce pseudo-testament a été dénoncé comme un faux seulement à la fin du XIXe siècle, après avoir inspiré des décennies de russophobie française et anglaise. Il s’agit exactement de la même manipulation que celle que les Américains ont utilisée en 2003 pour justifier l’invasion de l’Irak. Les fausses armes de destruction massive de Saddam Hussein relèvent de la même mystification. Ce n’est qu’une fois le forfait réalisé que la vérité finit par éclater. L’histoire est encore trop récente pour qu’on y voie clair. Mais il y a fort à parier que les événements de Maidan en Ukraine, en février 2014, relèvent de la même technique de manipulation. Le putsch qui a permis de renverser le gouvernement légal d’Ukraine a été savamment préparé pendant des années par des campagnes financées par les milliards déversés par les Etats-Unis, comme l’a reconnu la secrétaire d’Etat adjointe Victoria Nuland devant le Congrès (les fameux cinq milliards de dollars), pour être déclenché à la faveur de manifestations populaires contre le gouvernement, par ailleurs légitimes étant donné la corruption ambiante. Le résultat, c’est que le gouvernement actuel se révèle tout aussi corrompu que le précédent, mais qu’aucun média occidental ne s’en soucie, puisqu’il a désormais basculé dans le «bon camp».

 

Quelles sont les lignes idéologiques et géopolitiques dont se nourrit la russophobie occidentale ?

Le discours occidental antirusse s’appuie sur les deux principes évoqués plus haut : l’Occident incarne le Bien, les valeurs universelles, la démocratie, les droits de l’Homme, la liberté (surtout économique) tandis que la Russie représente l’autocratie, le nationalisme revanchard, la négation des libertés et de l’individu. Ce discours blanc-noir qui instrumentalise sans vergogne les droits de l’Homme constitue l’ossature de la propagande occidentale. Il est destiné à formater l’opinion publique pour qu’elle soutienne la remilitarisation de l’Europe et le renforcement de l’Otan, qui n’a cessé de s’étendre depuis vingt ans avec l’intégration de toute l’Europe de l’Est, et maintenant du Monténégro, et la vassalisation de l’Ukraine, de la Suède, de la Géorgie et même de la Suisse «neutre» qui participe à ses exercices au nom d’un «partenariat pour la paix» qui n’est qu’une formule verbale. Le but est d’encercler la Russie tout comme le «pivot vers l’Asie» opéré par le président Obama vise à neutraliser la Chine. Le chapelet de bases militaires et de missiles nucléaires américains qui entoure ces deux pays est proprement stupéfiant. A noter au passage que les Etats-Unis ont refusé toutes les ouvertures faites par la Corée du Nord, provoquant un raidissement du régime qui rend d’autant plus faciles les explications données aujourd’hui pour réarmer le Japon, la Corée du Sud et les pays d’Asie contre la prétendue menace nord-coréenne.

 

Chaque pays aurait sa russophobie, selon vous. Peut-on connaître les plus importantes ? Et y a-t-il une différence entre elles, idéologiquement et géopolitiquement parlant ?

J’ai analysé les quatre formes les plus importantes de la russophobie moderne. La française, très active entre 1780 et 1880, a opéré un spectaculaire retournement à la fin du XIXe siècle face à la menace allemande, mais elle est à nouveau très présente à Paris ces dernières années. La russophobie anglaise a débuté après la victoire contre Napoléon, obtenue grâce aux troupes russes. Londres s’est alors retournée contre son allié, qu’elle craignait de voir devenir trop puissant en Méditerranée et en Asie centrale. La russophobie allemande est née de la frustration coloniale de l’empire allemand, qui a poussé le Kaiser puis Hitler à vouloir élargir leurs territoires en Russie (théorie de l’espace vital, du Lebensraum). Elle est aussi à l’origine du révisionnisme historique actuel qui consiste à surévaluer la contribution américaine à la libération de l’Europe (400 000 Américains tués) et à dévaloriser l’effort majeur fourni par la Russie soviétique (26 millions de morts). Enfin, la russophobie américaine a été déclenchée au lendemain de la victoire sur le nazisme, selon le même schéma que la russophobie anglaise. Aussitôt l’ennemi commun vaincu, les Etats-Unis ont entamé la guerre froide contre leur allié soviétique au nom de la lutte anticommuniste. Or, chacun a pu constater que, bien que la menace communiste ait disparu depuis 25 ans, la russophobie américaine a redoublé d’intensité depuis une dizaine d’années ! De là à penser que la lutte contre le communisme n’était qu’un prétexte, il y a un pas qu’on peut franchir allègrement…

 

Vous citez trois lobbies antirusses influents dans le monde. Peut-on les connaître ?

A Washington, trois lobbies font la loi au Congrès et à la Maison-Blanche : celui des armes, celui du pétrole et plus accessoirement celui d’Israël et des pays d’Europe de l’Est (Pologne et pays baltes notamment), traditionnellement très antirusses bien qu’Israël entretienne de bonnes relations avec la Russie du président Poutine. A Bruxelles, le nouveau rapport de force européen a marginalisé la France, devenue insignifiante en matière de politique étrangère depuis qu’elle a renoncé à sa conception gaullienne des rapports géopolitiques. Le nouvel axe n’est plus Paris-Berlin, mais Berlin-Varsovie, l’Allemagne ayant besoin de s’appuyer sur les pays d’Europe de l’Est antirusses pour imposer sa politique d’austérité à l’Europe du Sud.

 

Un rapprochement Occident-Russie est-il possible malgré tous les préjugés précités, selon vous ?

A ce stade, je suis très pessimiste. Il y a un discours va-t-en-guerre qui hante les discours de l’Otan et des responsables de l’Union européenne et qui est savamment distillé dans les opinions publiques via les dizaines «d’experts» proches de l’Otan et qui peuplent les pages éditoriales des grands journaux. Les sanctions ne seront pas levées de sitôt et on trouvera toujours des prétextes pour les justifier, comme la Crimée, pourtant russe depuis que l’Alsace-Lorraine est française, et dont le rattachement à la Russie a été approuvé par des deux référendums populaires, en 1991 et en 2014, alors que le Kosovo a été détaché de la Serbie sans aucune consultation démocratique. Cherchez l’erreur !

 

L’Otan vient de confirmer le renforcement de ses bataillons aux frontières de la Russie. Cette russophobie millénaire dont vous parlez peut-elle conduire à une guerre entre les deux pôles ? 

Le but est d’étrangler la Russie militairement et économiquement en l’obligeant à s’armer elle aussi. On rejoue le scénario des années 1980 en espérant faire tomber la Russie comme l’Union soviétique. La différence est que la Russie est un pays ouvert, et qu’elle a des alliés ou des sympathisants, dont la Chine. Tant qu’il y a un équilibre de la terreur, comme pendant la guerre froide, la «guerre» actuelle restera non militaire. Le risque surviendra lorsque les généraux et les think tanks militaristes américains auront acquis la conviction qu’une guerre contre la Russie pourra être gagnable, comme Guillaume II et Hitler l’avaient pensé en 1914 et en 1939. Pour l’instant, donc, la stratégie favorite de l’Occident reste celle du «changement de régime» imposé par les restrictions économiques, la course aux armements, le harcèlement médiatique et des ONG stipendiées ainsi que l’argent distribué aux opposants «démocrates».

 

Obama sans filtre sur la domination américaine

Source : RT en français, 3 mai 2016

https://francais.rt.com/international/20025-commerce-international-obama-se-lache-domination-americaine

 

Dans une tribune publiée par le Washington Post, le président américain n’a pas hésité à affirmer le rôle de domination de son pays sur le commerce international. Il multiplie les déclarations de ce type depuis quelques jours.

 

Plus la fin de son mandat approche, moins le locataire de la Maison Blanche prend de pincettes. Dernière saillie en date ? Sa tribune au Washington Post. «Elever des murs afin de s’isoler de l’économie globale ne fera que nous priver de perspectives incroyables. Au contraire, les Etats-Unis doivent écrire les règles. Les Etats-Unis doivent mener le bal. Les autres pays doivent jouer d’après les règles que les Etats-Unis et ses partenaires fixent», a-t-il expliqué.

Cette déclaration en forme d’avertissement intervient alors que Barack Obama s’inquiète de la possible signature sous la houlette de Pékin d’un accord commercial en Asie. Le Regional Comprehensive Economic Partnership (RCEP) a réuni la Chine et 15 autres pays en Australie la semaine dernière. Ce traité est vu d’un mauvais œil par Washington qui craint qu’il ne lèse les entrepreneurs américains.

Barack Obama lui préfère le TPP ou Accord de partenariat transpacifique, signé le 4 février par l’Australie, Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, les Etats-Unis et le Vietnam. Semblable au Tafta (*), le texte prévoit la formation d’une zone économique intégrée. Avec tout ce que cela implique : lissage des normes, ouvertures des marchés ou encore réduction des droits de douane.

Vous avez noté l’absence de la deuxième économie mondiale dans cette liste. Barack Obama a d’ailleurs tenu à apporter une petite précision : «Le monde a changé. Les règles changent aussi. Ce sont les Etats-Unis et non pas des pays comme la Chine qui doivent les écrire.»

Pékin n’a pas tardé à réagir. «En faisant de telles déclarations, les Etats-Unis montrent qu’ils sont très ambitieux, mais je crains qu’ils ne tiennent pas compte des perspectives à long terme», a indiqué un diplomate chinois.

Obama pressé sur le Tafta

Les déclarations de Barack Obama font étrangement écho à celles prononcées dans le cadre d’un récent voyage en Europe. Cette fois, Brexit et Tafta étaient au cœur des discussions. Au Royaume-Uni, il n’avait pas hésité à avertir sérieusement ses alliés de toujours. En cas de sortie de l’Union européenne, les Britanniques se retrouveraient «tout au bout de la file d’attente» dans leurs négociations commerciales avec les Etats-Unis.

Sans oublier d’en rajouter une couche : «Cela peut prendre cinq ans, dix ans avant que nous ne puissions décider quelque chose [au sujet du commerce entre Etats-Unis et Royaume-Uni].»

Dans la foulée, il s’était rendu en Allemagne pour chercher du soutien auprès de la chancelière Angela Merkel. En cause ? La défiance de plus en plus grande envers le Tafta. Barack Obama veut signer le traité avant la fin de son mandat. «Comme vous le voyez, d’autres marchés comme la Chine commencent à se développer, ainsi qu’en Asie et en Afrique. Nous devons nous assurer que nos économies restent compétitives», avait-il souligné. Tout en qualifiant les opposants d’individus «dépassés par la mondialisation».

Cette communication agressive contraste avec l’image que s’était donnée le président américain durant son mandat. Le fait qu’il rende son costume en novembre prochain n’y est sûrement pas étranger. Aux Etats-Unis comme en Europe, la popularité du texte est en chute libre. Les négociations patinent. Même son allié François Hollande semble freiner des deux pieds. Reste à savoir si cette stratégie offensive est la bonne. Après tout, le secret qui entoure les négociations n’est pas pour rassurer les sceptiques. L’impatience d’Obama non plus.

 

(*) Le 14 juin 2013, le Conseil de l’Union Européenne (chefs d’Etat et de gouvernement) a donné mandat à la Commission Européenne d’ouvrir des négociations avec les États-Unis en vue d’aboutir à un accord transatlantique pour créer le plus vaste marché du monde.

Plusieurs dénominations désignent ce projet de « grand marché transatlantique », qu’elles soient anglophones (TAFTA – Trans Atlantic Free Trade agreement ; TTIP – Transatlantic Trade and Investment Partnership) ou francophones (PTCI – Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement).

Ce projet d’accord de libre-échange et d’investissement vise à libéraliser encore davantage les échanges commerciaux entre les États unis et l’Union européenne en démantelant les droits de douane et en s’attaquant aux normes et régulations. Cet accord scellerait le sort des économies européennes et nord-américaine dans une même allégeance ultralibérale aux profits des multinationales.

Aucune consultation des peuples n’a eu lieu sur l’opportunité de débuter ces négociations. Au contraire, les citoyens sont tenus à l’écart de discussions se déroulant dans la plus stricte confidentialité entre une poignée de négociateurs, experts non-élus et lobbyistes invités. (https://www.collectifstoptafta.org/le-collectif/collectifs-locaux/)

Révélations sur le Traité transatlantique dit de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis

#TTIPleaks : le droit de savoir… à quelle sauce on veut nous manger

Source : Greenpeace France, le 2 mai 2016 à 11:49

 

Greenpeace Pays-Bas dévoile aujourd’hui environ les deux tiers du texte confidentiel [en] des négociations du traité de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis, confirmant les pires craintes sur ce qu’il recèle en termes de menace pour l’environnement et la santé et révélant la pression exercée par les négociateurs américains.

 

Le TTIP, c’est quoi ?

Depuis presque trois ans est négocié dans le plus grand secret le traité de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, plus connu sous le nom de traité transatlantique ou encore TTIP ou TAFTA (Transatlantique Free Trade Agreement).

Ce traité est le plus grand accord commercial de tous les temps car ensemble, l’Union européenne et les États-Unis représentent près de 50 % du commerce mondial et près d’un tiers des échanges commerciaux mondiaux. Ce traité aurait des conséquences sur quasiment tous les secteurs de l’économie, de l’agriculture à l’industrie textile, en passant par les services (seul le secteur de la musique et du cinéma est exclu à la demande de la France). L’objectif est de supprimer tous les derniers obstacles aux échanges commerciaux entre l’Union européenne et les États-Unis (en nivelant par le bas les normes sanitaires et professionnelles, les réglementations environnementales, etc.) et de protéger les investissements étrangers en instaurant des tribunaux d’arbitrage indépendants des États, où ne pourra plus prévaloir l’intérêt général en cas de contentieux avec des grands groupes.

 

Le TTIP est censé générer de la croissance économique et créer de l’emploi. Mais à quel prix ?

Les organisations de la société civile d’un côté et de l’autre de l’Atlantique ne cessent d’alerter l’opinion publique sur les dangers que peuvent constituer ces négociations pour la protection des citoyens et pour notre environnement, au nom d’un hypothétique regain de croissance économique dont beaucoup d’experts doutent déjà.

Nos collègues de Greenpeace Pays-Bas ont réussi à se procurer une partie du texte négocié dans le plus grand secret, en dehors de tout débat démocratique. Ces documents, complexes et denses, représentent environ les deux tiers du texte du traité à l’ouverture en avril dernier du 13e cycle de négociation entre les États-Unis et l’Union européenne à New York. Ils recouvrent treize chapitres sur des questions allant des télécommunications aux pesticides, de l’alimentation à l’agriculture en passant par les barrières commerciales.

 

Quels risques sont d’ores et déjà identifiés ?

Ces documents confirment ce que les organisations de la société civile disent depuis longtemps : ce traité mettrait les intérêts des grandes entreprises au centre des processus de décision politiques et législatifs, au détriment des enjeux environnementaux ou de santé publique (vous trouverez nos premières analyses ici).

Quelques exemples:

 

– L’ancienne règle de la protection environnementale supprimée

 

La règle de l’« exception générale », vieille de 70 ans et consacrée par l’accord du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce signé en 1947) et par l’OMC, est absente du document. Ce principe permet aux nations de « réguler le commerce » pour « protéger la vie, la santé des humains, des animaux et des plantes ». Cette absence suggère la création d’un régime qui place les profits avant l’intérêt des citoyens.

 

– La lutte contre les changements climatiques mise à mal

 

Alors que l’accord de Paris sur le climat impose de ne pas dépasser 1,5 °C d’augmentation des températures pour protéger le climat, dans les documents révélés, les intérêts commerciaux ne semblent être soumis à aucune règle ni objectif de réduction des émissions de CO2. Pire, les mesures de réduction semble être entravées dans les chapitres sur la « coopération règlementaire » et sur « l’accès aux marchés » des biens industriels. Par exemple, la régulation des importations de carburants forts émetteurs de CO2, comme ceux issus des sables bitumineux, serait proscrite.

 

– Le principe de précaution oublié

 

Le principe de précaution tel qu’inscrit dans l’article 191 de la Constitution européenne, n’est mentionné dans aucun des treize chapitres révélés. En revanche, les États-Unis réussissent à insérer dans plusieurs chapitres leur approche du risque environnemental ou sanitaire qui consiste à « gérer » les substances dangereuses plutôt que de les éviter. Ceci saperait la capacité du régulateur à prendre des mesures préventives contre de telles substances, comme les perturbateurs endocriniens par exemple.

 

– Une mainmise des entreprises sur les grandes décisions

 

Tandis que la protection de l’environnement et de la santé est mise à mal, les grandes entreprises ont des possibilités d’accéder aux premiers stades des prises de décision. L’Union européenne s’est bien cachée dans son dernier rapport rendu public (The Twelfth Round of Negotiations for the Transatlantic Trade and Investment Partnership) de mentionner la forte influence des industriels, alors que dans les documents “fuités” il est fait mention explicitement du besoin de les consulter.

 

La mobilisation de la société civile et de l’opinion publique

En avril, ils étaient des dizaines de milliers à Hanovre, à l’occasion du nouveau round de négociations et de la visite en Europe de Barack Obama, à scander : « Yes, We Can… Stop TTIP ! ». Ils représentent une petite frange des 3,5 millions de citoyens européens qui ont déjà signé la pétition contre le TTIP. Une dernière étude en la matière montre que moins de 20 % des citoyens allemands (17 %) et américains (18 %) voient encore le TTIP comme une bonne chose pour leur pays.

TTIP à Hanovre © Michael Loewa / Greenpeace

En France le collectif Stop Tafta est mobilisé sur ce sujet depuis le début. Nul doute que les dernières révélations de Greenpeace vont amplifier le mécontentement contre ce texte et bloquer les négociations.

 

Et maintenant ?

Les textes dévoilés par Greenpeace Pays-Bas doivent servir à montrer que l’intérêt général n’a jamais été aussi menacé et que les négociations en cours auront des impacts catastrophiques sur nous tous. Il faut mettre un terme à la privatisation de l’exercice du pouvoir par des intérêts privés qui cherchent uniquement leur profit, au détriment de l’intérêt général.

En publiant ces documents, Greenpeace appelle tous les responsables politiques européens, les parlementaires et les organisations de la société civile à les lire et à s’en saisir, tant les conditions de consultation étaient jusqu’alors restreintes. Nous n’avons pu analyser que les parties qui couvrent nos domaines d’expertise et grâce aux décryptages à venir des autres acteurs, cette publication permettra enfin à des millions de citoyens de mieux comprendre ce qui se négocie en leur nom. En l’état actuel, ce texte graverait dans le marbre un gigantesque transfert de pouvoir démocratique vers les multinationales. Il est temps d’ouvrir le débat et de mettre un terme à ces négociations.

 

S’informer pour mieux s’opposer

Ce traité nous concerne toutes et tous. En tant que citoyen-ne, vous pouvez prendre connaissance des documents, soutenir les mobilisations en cours, diffuser l’information autour de vous et demander aussi une réglementation pour mieux protéger les lanceurs d’alerte, courageux et nécessaires pour défendre nos libertés et nos droits.

Soutenez la pétition pour protéger celles et ceux qui prennent des risques pour notre démocratie !

 

Ou envoyez ce lien par e-mail :

http://blog.greenpeace.fr/cp/ttipleaks-le-droit-de-savoir-a-quelle-sauce-on-veut-nous-manger

 

“Le pire ministre des affaires étrangères a déguerpi” hommage de l’ambassadeur Michel Raimbaud à Laurent Fabius

par

Michel Raimbaud

Source : Les crises.fr 12 mars 2016

 

 

Le pire ministre des Affaires étrangères jamais offert à la France [Laurent Fabius] a déguerpi. Il laisse derrière lui une diplomatie ruinée, décrédibilisée et démoralisée : seraient-ils les meilleurs de la planète, nos diplomates ne peuvent faire de miracles lorsqu’ils sont amenés à ne défendre que des dossiers indéfendables, qui les placent systématiquement du mauvais côté de l’Histoire. C’est là que le bât blesse.

 

Si le pire n’est jamais sûr, le meilleur l’est encore moins.

Le départ d’un ministre aussi étranger aux Affaires étrangères, qui ne se réveillait qu’au nom de Bachar al-Assad, ne fera guère pleurer que lui-même et ses complices. Mais les optimistes inoxydables, inondés d’espoir l’espace d’un adieu, devraient se méfier : si le pire n’est jamais sûr, le meilleur l’est encore moins.

Le partant était un pilier du « groupe des Amis de la Syrie », dont la liste des États membres illustrait alors parfaitement la sentence bien connue : avec de tels amis, plus besoin de se chercher des ennemis. Reprenant le flambeau brandi par la France lors du rezzou de l’Otan sur la Libye, Fabius a tout fait pour propulser notre pays à l’avant-garde des va-t-en guerre de la vertueuse « communauté internationale ». N’est-ce pas lui qui, mi-dépité mi-gourmand, estimait en juillet 2012 qu’il « reste encore quelques renforcements possibles en matière de sanctions », insistant pour que la Grèce cesse d’importer du phosphate syrien ?

Le club Elisabeth Arden (Washington, Londres, Paris), qui prétend depuis un quart de siècle incarner la « communauté internationale », s’est transformé au fil des dernières années en un directoire de pères fouettards ayant pour inspirateurs les néoconservateurs de « l’État profond » des pays d’Occident et d’ailleurs, et pour alliés privilégiés les régimes moyen-orientaux les plus portés sur la flagellation. En 2011, après l’Irak, le Soudan, l’Afghanistan, la Somalie, la Palestine, la Yougoslavie, l’Iran ou l’Ukraine et quelques autres, nos pères fouettards, pourtant bien absorbés par leur tâche du moment, vont réserver à la Syrie un traitement de choix. C’est ainsi que les sanctions vont pleuvoir en giboulées dès les premiers beaux jours.

En juillet 2012 (on taira par décence le nom du journal et ceux des journalistes), une vidéo apparaît sur le net avec un titre en forme de question qui tue : « À quoi servent les sanctions contre la Syrie ?» Celle-ci, note le commentaire écrit, « fait depuis plus d’un an l’objet de mesures de rétorsion de la part de la communauté internationale, avec un succès mitigé ». Il faut « punir et étouffer économiquement le régime de Bachar al-Assad, qui réprime dans le sang ses opposants : tel est l’objectif ». On n’aura pas fini d’entendre cette rengaine.

Notre vidéo précise que, le 23 juillet 2012, l’Union européenne a adopté un nouveau train de sanctions, pour la 17ème fois en un an (sic). Elle rappelle que les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Suisse, la Turquie et la Ligue arabe (kidnappée par le Qatar et les régimes du Golfe) ont pris des mesures équivalentes.

 

Traitement de choc infligé à la Syrie

Sans dresser une liste interminable des sanctions imposées, renouvelées et renforcées les années suivantes, il n’est pas inutile de rappeler au passage, à l’attention des distraits, des ignorants ou des bonnes consciences, le script général du chef-d’œuvre des dirigeants occidentaux et de leurs bureaucraties sadiques :

1/ D’abord viennent les sanctions classiques « de mise en situation » par le Conseil de Sécurité, prises en mai 2011 :

Les premières mesures prises par l’Union européenne concernent la mise au ban (refus de délivrer des visas) et le gel des avoirs de 150 personnalités du « régime syrien ».

Par ailleurs, une cinquantaine de sociétés « soutenant le régime » sont soumises à boycott dont cinq organismes militaires, conformément à l’embargo adopté « sur les exportations d’armes et de matériel susceptible d’être utilisé à des fins de répression ». Il est ainsi interdit d’exporter vers la Syrie des équipements, des technologies ou des logiciels destinés à surveiller ou intercepter des communications sur Internet ou les téléphones.

2/ Le 10 août 2011, le gouvernement US prend des sanctions économiques contre les sociétés de télécommunication syriennes et les banques liées à Damas, empêchant les citoyens états-uniens de mener des affaires avec la Banque commerciale de Syrie, la Banque syrienne libanaise commerciale ou Syriatel. Les avoirs de ces sociétés aux États-Unis sont gelés, autant dire volés. Hillary Clinton annonce dans la foulée un embargo total sur les importations de pétrole et de produits pétroliers en provenance de Syrie.

Imitant aussitôt ses maîtres, l’Union européenne décide de plusieurs trains de sanctions supplémentaires, y compris un embargo sur le pétrole. La dernière salve visera à réduire les échanges commerciaux afin de finir d’asphyxier l’économie du pays.

3/ Viendront ensuite les sanctions diplomatiques (rappel des ambassadeurs en consultation) décidées dès l’automne 2011, après le double véto russo-chinois sur le projet de résolution islamo-occidental visant à provoquer en Syrie un processus à la libyenne. Les États-Unis ayant rappelé de Damas leur ambassadeur du troisième type, plusieurs États de l’Union européenne rappellent les leurs.

Juppé rappellera le sien une première fois le 17 novembre 2011 : « erreur fatale » pour le ministre ordinateur. Après un faux retour, ce sera le départ définitif en février 2012. Nommé en mai 2012, Fabius fera encore mieux : à peine intronisé, il expulsera l’ambassadrice de Syrie à Paris, ayant oublié que cette dernière est également représentante auprès de l’Unesco et qu’il ne peut la contraindre au départ.

4/ En 2012, ce sera la fermeture de la compagnie aérienne « Syrianair » à Paris, puis l’interdiction de toute liaison aérienne entre la France et la Syrie et, plus généralement, entre les capitales européennes et Damas. Etc…

 

Les parrains des terroristes

Hélas, se lamentent des experts pleins d’onction et de componction, tout le monde n’est pas d’accord pour mettre en place un embargo, ce qui en limite la portée. La belle unanimité qui, de 1991 à 2011, a rassemblé les cinq Permanents du Conseil de sécurité autour des trois Occidentaux n’existe plus et c’est un élément déterminant qui permet de briser l’arrogance et la toute-puissance des puissances atlantiques. Des doigts accusateurs pointent « certains pays qui ne jouent pas le jeu ? (sic). Mais est-ce bien un jeu ? La Russie et la Chine soutiennent le gouvernement et l’État syriens : ils seront priés de « rejoindre la communauté internationale » (sic). La Syrie peut également compter sur l’aide multiforme de son allié, l’Iran, mais celui-ci est déjà sous lourdes sanctions. D’autres pays, comme le Brésil, ne soutiennent pas les Occidentaux ? En outre, certains États traînent les pieds au sein de l’Union européenne, et les accrocs aux engagements pris contre Damas se multiplient.

Ce blocus qui asphyxie progressivement la Syrie est certes difficile à mettre en œuvre, mais que nos perfectionnistes se consolent : il est indéniable que les résultats escomptés sont là. Après cinq années de sanctions et d’acharnement collectif, le peuple syrien est épuisé et vit dans des conditions terrifiantes. Nos grands dirigeants, si bons et si pudiques, ne connaissent-ils pas la vérité, non pas celle de leurs protégés émigrés qui vivent au chaud ou au frais à l’ombre de leurs protecteurs, mais la vérité des habitants qui ont tenu bon dans leur pays. Loin du paradis de la révolution auquel les premiers feignent de croire, loin du paradis auquel aspirent les djihadistes démocratiques et les terroristes modérés, c’est un enfer que vivent les Syriens de la Syrie réelle, un enfer qu’ils doivent au fanatisme de leurs « libérateurs » et de leurs alliés turcs ou arabes ainsi qu’au sadisme de l’« Axe du Bien », parrain des terroristes et grand déverseur de punitions devant l’éternel.

Les sanctions sont parvenues à détruire un pays qui était plutôt prospère, quasiment sans endettement, autosuffisant pour l’essentiel de ses besoins et globalement bien parti. Elles ont fini par entamer le tissu national syrien, soudé par une tolérance « laïque » assez exemplaire, sans réussir toutefois à le déstructurer. Le but de ce politicide était (et reste toujours) de démoraliser les populations, en les amenant à perdre confiance dans la légitimité de leur État, de leur gouvernement, de leurs dirigeants, de leurs institutions, de leur armée, tout en leur donnant l’illusion que l’Occident est heureusement là pour les « sauver du tyran qui les massacre » et accueillir en son sein les réfugiés et les transfuges.

Des sanctions pour mater un peuple résistant

Le terrible bilan enregistré en Iraq —un million et demi de morts, dont 500 000 enfants— est là pour rappeler que les sanctions sont une arme de destruction massive, utilisée avec un total cynisme par les « maîtres du monde ». Pour Madeleine Albright évoquant sans doute des « dégâts collatéraux », « cela en valait la peine ». On voit le résultat.

En Syrie, les « punitions » occidentales ne sont pas mieux intentionnées. Elles visent à mater un peuple résistant et à le forcer à accepter la fatalité d’un changement de régime, ou bien à l’amener à fuir ou à déserter… Quitte à saigner le pays de sa jeunesse déjà formée, de ses cadres aspirant à vivre mieux dans un climat de paix… Quitte à faire de ces réfugiés un peuple de mendiants, à la merci des trafiquants de toutes spécialités : en témoignent ces femmes et enfants installés la nuit au coin des boulevards parisiens par des équipes inquiétantes.

Depuis cinq ans, nos politiciens combinards, nos journalistes complaisants, nos intellectuels perdus ou dévoyés participent, à quelques exceptions près, à l’énorme conspiration du mensonge qui fait passer la Syrie souveraine et légale pour usurpatrice et massacreuse, et ses agresseurs et leurs parrains, orientaux ou occidentaux, pour des libérateurs révolutionnaires. Outre l’horreur et l’effroi que soulèvent les images de cette guerre sauvage, comment ne pas avoir la nausée devant l’aveuglement, volontaire ou non, de nos élites qui préfèrent donner du crédit aux mensonges de leurs alliés et protégés criminels plutôt qu’aux témoignages innombrables des victimes qui désignent sans ambigüité leurs bourreaux ? Comment ne pas avoir la nausée devant cette complicité assumée, à peine camouflée par une omerta systématique ? Comment enfin ne pas frémir devant cet aplomb et cette bonne conscience bétonnée de nos faiseurs d’opinion ?

Maintenant, il faut lever les sanctions criminelles et scélérates

La solution ne consiste pas à accueillir en Europe les réfugiés que l’on a d’une façon ou d’une autre créés en alimentant la guerre universelle d’agression et le djihad en Syrie. Il faut lever immédiatement, sans délai et sans conditions, les sanctions qui sont destinées à briser tout un peuple. Il faut mettre fin à la guerre et non en décupler l’impact par les moyens minables, sournois et iniques que sont les sanctions à la mode occidentale.

Il faut rendre justice à ce peuple martyrisé et humilié. Et la plus élémentaire des justices, la première, est de ne plus couvrir d’un voile de vertu les criminels féroces qui cherchent à détruire au nom de l’intolérance la Syrie tolérante. Elle implique également de ne plus cautionner les impudeurs des maîtres fouettards qui punissent en toute impunité avec la morgue des arrogants. Assez de mensonges, assez d’hypocrisie, assez de leçons.

Répétons-le, il faut lever les sanctions criminelles et scélérates qui tuent la Syrie et son peuple. Ni dans un mois, ni dans un an, mais maintenant. Ce n’est pas une question de diplomatie, c’est une affaire d’honneur, et la France s’honorerait en prononçant, pour sa part et à titre national, la levée des sanctions.

 

Michel Raimbaud, article initialement publié sous le titre de « Le mensonge, la nausée et les sanctions ». M.Raimbaud est l’ancien Ambassadeur de France en Mauritanie, au Soudan et au Zimbabwe. Ancien directeur de l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides. Professeur au Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS).

 

Quand la France et la Belgique voyaient d’un bon œil le départ des candidats au djihad

par Silvia Cattori, le 10 avril 2016

Source: http://arretsurinfo.ch/quand-la-france-et-la-belgique-voyaient-dun-bon-oeil-le-depart-des-candidats-au-djihad/

 

Retour aux origines de la guerre menée contre l’Etat syrien par des puissances occidentales, France en tête, et les monarchies du Golfe, par groupes terroristes interposés [3] A suivre…

Précédents (*) (**)

 

A l’heure où toutes les polices sont sur les dents pour combattre le terrorisme à nos portes ils convient de rappeler qu’il fut un temps où nos autorités ne voyaient pas d’un mauvais œil les milliers de jeunes qui dès fin 2011 se rendaient en Syrie rejoindre les groupes terroristes d’al-Nosra affilié à al-Qaida, et quantité d’autres groupes, combattre l’Etat syrien. De ce fait, les polices belges et françaises n’étaient pas tenues d’empêcher les jeunes candidats au djihad qui partaient en Syrie via la Turquie.

C’était le temps où les carnages commis par les groupes armés étaient systématiquement attribués, par les journalistes  de « grand chemin », aux forces du « régime sanguinaire d’Assad« .

Pour qui voulait s’informer, dès 2011, les choses étaient tout autre. Et le public qui allait chercher l’information sur les médias alternatifs ne prenait pas au sérieux les communiqués délivrés par des ONG proches des groupes terroristes, comme l’OSDH, et relayées, sans vérification, par l’ensemble des médias traditionnels.

Dès l’été 2011 nous avons documenté ce qui se tramait en vérité contre l’Etat syrien et avons constamment dénoncé la couverture biaisée des médias. Les centaines de témoignages que nous avons publiés l’attestent (1).

En avril 2014, de plus en plus choquée par la narration des gouvernements et des médias nous écrivions (2):

« En soutenant la ‘rébellion’ en Syrie, l’UE, n’a-t-elle pas encouragé des milliers de jeunes à partir combattre Bachar el-Assad dès lors qu’ils pouvaient considérer poursuivre le même but ? Les services secrets des pays européens ont-ils laissé partir ces jeunes en toute connaissance de l’ampleur du phénomène ? Pourquoi a-t-on attendu jusqu’à aujourd’hui pour présenter un plan pour prévenir ces départs ? »

C’était le temps où les médias traditionnels faisaient la part belle aux combattants anti-Assad.

C’était le temps ou la télévision publique suisse RTS – dont nous avons maintes fois dénoncé la propagande – présentait les combattants, arborant le drapeaux à trois étoiles des djihadistes, comme étant des « révolutionnaires » (3).

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La facilité avec laquelle des milliers de jeunes ont pu aller rejoindre les groupes terroristes en Syrie, dès 2011 et jusqu’à juin 2014, est sidérante. Des centaines de Libyens, Saoudiens, Égyptiens, Français, Belges, etc…, comme nous l’avait montré, en 2013, la vidéo ci-dessous, arrivaient chaque jour par avion en Turquie; ils partaient ensuite, au vu et au su de tous les services secrets occidentaux, se former en Syrie et en Irak, sans être incommodés. Tout cela était accepté comme  normal…

C’était le temps où les quotidiens français Le Figaro et Le Monde censuraient des encarts publicitaires destinés à aider les familles à retrouver leurs enfants partis combattre en Syrie.

Fin 2012 nous avons alerté les autorités; soutenu l’initiative d’une ONG basée à Genève qui finançait un projet devant venir en aide aux familles qui étaient pressées de faire revenir leurs enfants.

Quelle ne fut pas notre stupéfaction quand en mai 2013 nous avons appris que Le Monde et Le Figaro refusaient de publier l’annonce que l’ONG avait payée (4).

Voici l’encart publicitaire que Le Figaro et Le Monde ont censuré.

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Les familles dont les enfants ont été blessés ou tués lors des attentats de Paris et de Bruxelles ont toutes raisons de demander des comptes aux gouvernements concernés.

A suivre…

Silvia Cattori | 10 avril 2016

(1) http://www.silviacattori.net/article3000.html

http://www.silviacattori.net/article3094.html

http://www.silviacattori.net/article5365.html

http://arretsurinfo.ch/et-les-syriens-dans-tout-ca/

(2) http://www.silviacattori.net/article5532.html 

(3) http://arretsurinfo.ch/syrie-la-television-suisse-rts-trompe-le-public/

(4) http://www.silviacattori.net/article4457.html

http://www.silviacattori.net/article4500.html

 

(*) Syrie quand les groupes armés recrutaient au Kosovo

(**)  Syrie – Pourquoi l’Occident s’est trompé

 

 

Rêves brisés : Ni l’Amérique ni l’Europe ne voleront au secours de l’Ukraine en détresse

par Doug Bandow

Forbes Magazine

25 mars 2016

Source de la version française :

Le Saker francophone

5 avril 2016

 

Beaucoup d’Ukrainiens attendent que l’Amérique et l’Europe viennent les sauver. Dites qu’ils vivent une illusion, et vous passez aussitôt pour un idiot et un pion des Russes. Pourtant l’Ukraine ne devrait pas perdre son temps en se posant comme une dame en détresse sortie d’un conte de fées, attendant l’arrivée d’un chevalier blanc venu à son secours. Kiev risque simplement d’achever le pays dans la catégorie des États non viables.

L’Ukraine a souffert une existence difficile. Elle a été longtemps une partie de l’Empire russe, puis de l’URSS. Depuis son indépendance, Kiev a subi ce qu’il y a de pire en termes de dirigeants politiques. Récemment, la Présidence a oscillé entre le pro-occidental mais incompétent Viktor Iouchtchenko, et le pro-russe kleptocrate Viktor Ianoukovitch. Ensuite, les mêmes intérêts oligarchiques ont réussi à se maintenir au pouvoir à travers des combinaisons variables et fragiles. Pire, le pays est cruellement divisé, tentant de maintenir une union entre les régions opposées de l’Ouest et de l’Est.

Certes, une telle existence n’est pas juste. Mais personne ne gagnera à prétendre le contraire. L’Occident et l’Ukraine ont tous les deux besoin de construire leurs politiques sur la réalité et non sur la fiction. Cela ne nous rend pas pour autant partisan de Poutine ou de la Russie. En fait, cela traduit que nous vivons dans le monde tel qu’il est et non tel que nous pourrions souhaiter qu’il soit.

L’Ukraine est condamnée dans un voisinage difficile. Un peu, comme le disent les Mexicains à propos des États-Unis, le sort tragique de Kiev est d’être près de la Russie et loin de Dieu.

Le colosse de la porte à côté entretient des liens particuliers avec l’Ukraine, dans les domaines historiques, culturels, économiques et de la sécurité. Beaucoup de gens reconnaissent certains de ces liens. Cela explique que Moscou supporte les critiques, les sanctions économiques, un certain isolement et des menaces militaires, pour empêcher l’Ukraine de basculer définitivement dans le bloc occidental. Énoncer ces observations ne signifie pas les approuver. Mais une bonne politique exige une analyse honnête. Se comporter comme si Poutine venait de se transformer en un Adolf Hitler et envisageait une guerre éclair à travers la Finlande, les pays baltes et la Pologne, en direction de l’Allemagne et de l’Atlantique, n’aidera personne.

L’Amérique et l’Europe n’ont pas d’intérêts majeurs en Ukraine. C’est une réalité déplaisante qui déclenche bien des grincements de dents à Kiev, mais cela n’en reste pas moins vrai. Pour la plus grande partie de leur histoire, l’Amérique comme l’Europe se sont accommodées d’une Ukraine dominée depuis Saint-Petersbourg puis depuis Moscou. Rien n’a changé.

En dépit des cris outragés exprimés à Bruxelles sur le comportement russe, la vieille Europe ne ressent guère de menaces venues de l’Est. Les bénéfices économiques de l’intégration d’une Ukraine unifiée et en paix dans l’Union européenne seraient modestes et prendraient beaucoup de temps. Aujourd’hui, Kiev est un trou noir économique, et les Européens accablés par le fisc ont montré peu d’empressement à contribuer aux niveaux de l’aide exigée par la situation ukrainienne.

Les États-Unis ont encore moins d’intérêt envers cette région. En dehors de quelques Ukrainiens exilés en Amérique, qui croient que le soleil se lève à Kiev, soutenus par des idéologues néo-conservateurs qui pensent que Washington devrait faire la guerre à tous ceux qui osent résister aux diktats américains, peu d’Américains se préoccupent de l’Ukraine. Des échanges rhétoriques bien plus ridicules ont été observés dans les affrontements présidentiels sur toutes sortes de sujets. La Russie est rarement mentionnée, sauf pour critiquer l’intervention en Syrie ; l’Ukraine, elle, jamais.

Ainsi, l’Ukraine souffrante inspire de la sympathie sans plus, et aucun engagement. Ni l’Amérique ni l’Europe ne sont prêtes à imposer des sanctions sérieuses destinées à briser l’économie russe. Ni l’Amérique ni l’Europe ne sont prêtes à risquer une guerre avec la Russie. L’Ouest ne récupérera pas la Crimée, ne mettra pas fin à la sécession du Donbass, ne garantira pas l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ou même ne sauvera pas de la banqueroute l’économie de ce pays. Cela signifie que Kiev est effectivement seule.

Les dirigeants ukrainiens se sont intoxiqués eux-mêmes s’ils pensent autrement. En dépit des proclamations du lobby guerrier de Washington, conduit par les sénateurs John Mac Cain et Lindsay Graham, aucun des présidents américains de l’après-guerre n’est prêt à perdre les bénéfices de la fin de la Guerre froide en déclenchant un conflit avec la Russie sur des sujets mineurs. Le meilleur exemple en est l’accord de Budapest en 1994, sur les questions de sécurité, après lequel l’Ukraine renonça aux armements nucléaires laissés dans le pays par l’effondrement de l’URSS.

Certains Ukrainiens se sont convaincus eux-même que les États-Unis devraient imposer les accords – avec, si nécessaire, le recours à la menace nucléaire. Le refus de Washington d’agir militairement est perçu comme une grande trahison. En vérité, ce n’est pas le cas. Les Américains ont suivi les Britanniques et les Russes en signant une série d’engagements, mais aucun d’entre eux ne conduisait à des garanties de sécurité, sans même évoquer d’aller en guerre. D’abord, les trois signataires ont applaudi la signature par l’Ukraine du traité de non-prolifération nucléaire. Ensuite ils se sont engagés à respecter la souveraineté et les frontières ukrainiennes, se défendant de menacer l’Ukraine avec la force militaire ou la pression économique. Comment cela devait-il s’appliquer ? Les signataires promettaient… d’aller devant les Nations Unies, au nom de Kiev, si ce pays venait à faire face à une agression «dans laquelle des armes nucléaires seraient utilisées», puis de se consulter «dans le cas où les événements conduiraient à considérer de tels engagements». Cela signifie que personne n’a promis à l’Ukraine quoi que ce soit de significatif en cas de violation de l’accord. De toute manière, Kiev a signé. Un verbiage insignifiant est tout ce que l’Ukraine pourrait obtenir. L’administration Clinton n’était pas prête à offrir à Kiev un traité de sécurité bilatéral ou une adhésion à l’Otan. L’Ouest n’a pas davantage d’intérêts à aller en guerre pour l’Ukraine qu’en 1994.

La Russie ne rendra pas la Crimée sans une guerre ou un effondrement. Les sanctions peuvent être douloureuses économiquement, mais pas handicapantes, financièrement ou politiquement. Poutine reste plus populaire que la plupart de ses partenaires occidentaux. Ses indicateurs de popularité sont en baisse, et pourraient baisser davantage, naturellement, mais il est improbable qu’il réponde en revenant sur son initiative la plus dramatique, la plus célébrée et la plus coûteuse.

Rendre les choses pires à Moscou, par ailleurs, ne bénéficiera pas nécessairement à l’Ukraine ou à l’ouest. Une Russie à la Weimar serait un phénomène effrayant à affronter. Malheureusement, l’alternative à Poutine n’est certainement pas de type occidental – libéral – mais plutôt de type ligne dure nationaliste, qui compte de nombreux représentants. Imaginez une politique chaotique de type ukrainien à Moscou, suivie par une plus grande répression. Dans aucun de ces scénarios, la Russie ne va probablement améliorer ses relations avec l’Ouest et l’Ukraine, sans parler de rendre ses conquêtes.

De plus, à une époque centrée sur l’auto-détermination, l’objectif serait plutôt d’évaluer ce que la population de Crimée souhaite, et non pas de la remettre sous l’autorité de l’Ukraine.

Le référendum organisé sous contrôle russe ne peut pas être accepté, mais cela ne signifie pas qu’il était faussé. A travers toute son histoire, la Crimée a été russe, et la majorité de ses habitants sont des Russes. S’ils souhaitent rester en Russie, leur volonté doit être respectée. Ainsi l’objectif de l’Ouest devrait être une élection juste.

L’Ouest n’est pas crédible à parler d’agression russe. Moscou s’est certes mal comportée, et porte la plus grande part de responsabilité dans le conflit qui ravage le Donbass. Toutefois, il existe de réels séparatistes russes qui rejettent sincèrement la tutelle de Kiev. Il y a également de violents groupes nationalistes ukrainiens aussi brutaux que les combattants russes.

Enfin, les alliés, gentiment et même joyeusement, ont piétiné les intérêts de sécurité de la Russie pendant des années. Élargir l’Otan était dirigé évidemment contre Moscou, ce qui a bien été compris comme tel par les Russes. Les alliés ont déclenché une guerre non provoquée contre la Serbie, amie traditionnelle de la Russie, démembrant cette nation et créant un nouveau pays. Ayant accompli cela, ils ont refusé un droit similaire d’autodétermination pour les Serbes restés prisonniers d’un État hostile, dans lequel ils ont été victimes de violents nettoyages ethniques conduits par des Albanais sortis vainqueurs de la guerre.

Les alliés promettaient d’entraîner l’Ukraine dans l’Otan, un anathème compréhensible pour la Russie. L’Europe pressait Kiev de passer à l’Ouest économiquement. Durant cette période, Poutine ne fit rien, même à l’époque du Président ukrainien Iouchtchenko, activement hostile à Moscou, et ensuite le Président Ianoukovitch garda les liens à la fois avec l’Ouest et l’Est. Mais après que l’Ouest eut encouragé une révolte de rue contre le Président corrompu mais néanmoins élu, Poutine agit pour protéger les intérêts russes.

Le mauvais comportement de Poutine est certain et injustifié. Mais personne n’a les mains propres, et certainement pas les États-Unis, qui bombardent, envahissent, occupent et divisent les autres pays comme cela les arrange, sans considération pour les intérêts des autres nations, les obligations du droit international ou les conséquences prévisibles. Les plaintes rituelles de Washington à propos de la conduite d’autres pays réduisent leur crédibilité. Moscou n’a certainement aucune raison de prendre les prétentions morales américaines au sérieux.

Le statu quo ne profite à personne. Cela fait deux ans que la Russie a pris la Crimée. Une révolte soutenue par la Russie a pris naissance dans l’Est de l’Ukraine et depuis s’est installée dans la routine. La Russie et les parties prenantes de l’Ouest ont signés l’accord de Minsk pour mettre fin au conflit du Donbass, ce qui a réduit les combats, mais reste fragile des deux côtés.

Personne ne croit que les sanctions vont obliger Moscou à rendre la Crimée. Ni qu’elles offrent une raison à Poutine de ne pas tenter une autre annexion si l’envie lui en prend (en fait il n’y a aucune preuve qu’il souhaite gouverner des non-Russes). Au mieux, les pénalités économiques encouragent une plus grande mise en pratique des accords de Minsk côté russe, mais pas côté ukrainien. Elles constituent aussi une sorte de discours moral, mais il y a de meilleurs moyens pour faire cela.

La prolongation du conflit garantit de conduire l’Ukraine à une ruine financière, économique et politique. Le chemin vers une normalisation est déjà suffisamment difficile. Maintenir un conflit gelé pourrait ruiner la vie d’une génération entière et même plus.

Les sanctions punissent le Russe moyen, mais donnent l’occasion à Poutine de blâmer l’Ouest en ce qui concerne les problèmes économiques du pays, et donnent même au gouvernement russe un pouvoir plus puissant sur l’économie et les affaires privées de financement. Enfin, il y a l’impact négatif sur les entreprises et les consommateurs à l’Ouest.

Par-dessus tout, lancer une guerre économique réduite contre la Russie, décourage inévitablement celle-ci de se montrer coopérative sur de nombreux autres problèmes. Les États-Unis en particulier recherchent de l’aide sur l’Afghanistan, l’Iran, la Corée du Nord, et la Syrie. Moscou partage le souci du terrorisme. Pousser la Russie vers la Chine est aussi négatif. C’est une chose de sacrifier certains intérêts pour atteindre quelque chose de significatif. Mais dans ce cas, les États-Unis ne gagnent rien sur un sujet d’importance mineure. Choisir la confrontation avec la Russie est une politique qui pinaille sur des miettes, pour gaspiller énormément à côté.

En lieu et place, les alliés devraient rechercher à négocier un compromis acceptable pour tous. Ils devraient proposer de mettre fin aux sanctions, s’engager à ne pas inclure l’Ukraine (ni la Géorgie) dans l’Otan, et soutenir des liens entre l’Ukraine à la fois vers l’Ouest et l’Est. Moscou devrait pousser les séparatistes ukrainiens à accepter une simple autonomie, à organiser un référendum supervisé internationalement en Crimée, rééchelonner l’insupportable dette de Kiev, et accepter des liens économiques et politiques sans exclusive entre l’Union européenne et l’Ukraine.

L’Ukraine est libre de prendre ses propres décisions, sous sa propre responsabilité. La vie n’est pas juste, comme le disait le Président Jimmy Carter , et la position de Kiev reflète cette réalité. Naturellement, l’Ukraine est un État souverain et pourrait préférer une pleine intégration à l’Ouest, y compris dans l’Otan. Mais les alliés ont besoin d’agir en fonction de leurs propres intérêts : ajouter un conflit potentiel dans une alliance serait extrêmement stupide. Kiev est libre de décider de son futur, mais elle doit le faire en sachant qu’aucune nation occidentale, y compris les États-Unis, n’est prête à aller jusqu’à la guerre avec une Russie nucléaire au sujet de l’Ukraine. Négocier le meilleur accord possible serait plus avantageux qu’attendre une rescousse qui ne viendra jamais.

Oubliez les pieuses déclarations sorties de Washington, Bruxelles et d’autres capitales européennes. L’Ukraine ne compte pas. Certainement pas assez pour que l’Ouest entreprenne quelque chose de sérieux pour contrer la Russie en Crimée et au Donbass. C’est l’intérêt de tous, y compris de Kiev, d’accorder la politique avec la réalité. Les Américains et les Européens ne vont pas bouger. C’est le moment pour eux de trouver un accord avec la Russie sur l’Ukraine.

 

Traduit par Gérard, vérifié par Wayan, relu par Nadine pour le Saker Francophone.

 

Contre les Etats voyous et les grandes voyoucraties

par

Michel Raimbaud

Source : Les Crises.fr

Michel Raimbaud contre les Etats voyous et les grandes voyoucraties

6 octobre 2015

 

Le point de vue de Michel Raimbaud, un ancien ambassadeur de France s’inscrivant dans la tradition de notre diplomatie gaullienne, nous a paru intéressant à faire connaître dans la situation actuelle.

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On le savait déjà, il y a désormais deux camps dans la communauté des nations : celui du droit international œuvrant en faveur d’un nouvel ordre mondial multipolaire en gestation, et celui de l’hypocrisie et de l’arrogance qui cherche à préserver son hégémonie en installant le chaos partout où il rencontre de la résistance.

L’univers arabe et musulman et ses abords d’Afrique, d’Asie ou d’Europe sont le lieu d’une entreprise de destruction et d’asservissement conduite conjointement par l’empire atlantiste sous haute influence israélienne et ses clients islamistes radicaux. La Syrie est devenue le centre de gravité et l’enjeu d’une guerre inédite et perverse, mais aussi, pour ses promoteurs criminels, une cible emblématique.

La « mère de la civilisation », qui combat en première ligne les terroristes sauvages du soi-disant « Etat Islamique » et du front Al Nosra/al Qaida, est donc présentée comme « l’Etat voyou » par excellence par ceux-là mêmes qui financent, arment et soutiennent le gangstérisme sanglant des djihadistes. Dans nos « grandes démocraties », l’inversion des rôles est devenu si naturel que nul ne songe plus à s’en offusquer : c’est la base même du « false flag », omniprésent dans la narrative atlantiste.

L’Assemblée Générale des Nations Unies a consacré la journée du lundi 28 septembre dernier à la Syrie. Les puissants de ce monde ont utilisé cette tribune pour réaffirmer leurs positions sur l’interminable conflit. A la lumière des déclarations, il n’y a pas photo.

Obama dénonce la logique (russe) consistant à soutenir un « tyran » sous prétexte que l’alternative « serait pire ». Le tyran, c’est Bachar Al Assad, qui « massacre des enfants innocents ». Kerry, colombe repentie, précise : « Après tant de sang versé et de carnages, il ne peut y avoir un retour au statu quo d’avant la guerre ».

Le Nobel de la Paix ne manque pas d’air : s’il a peut-être apaisé les relations avec Cuba et anesthésié jusqu’à sa fin de mandat le dossier nucléaire iranien, s’il a renoncé aux « frappes punitives » en Syrie en raison de ses réticences et/ou devant la détermination de l’adversaire, il a allumé ou entretenu au moins autant de conflits que George Debeliou et il est à la tête d’un Etat responsable de la mort de millions d’enfants et d’adultes, de la destruction d’Etats et de sociétés entières, de dizaines de millions de vies brisées, sans même remonter aux centaines de milliers de victimes d’Hiroshima et Nagasaki.

Heureuse Amérique, bienheureuses « grandes démocraties », toujours sûres de leurs valeurs, plus souvent boursières que morales !

Il faut le répéter, il n’appartient pas aux maîtres occidentaux, à Erdogan l’apprenti calife, ou aux potentats pétroliers, de prescrire l’avenir de la Syrie après l’avoir détruite : c’est au peuple syrien et à lui seul d’en décider, sans ingérence étrangère. C’est ce principe de souveraineté que rappelle le Président chinois, Xi Jin Ping, clamant haut et fort que l’ère unipolaire est révolue et que le monde est désormais multipolaire.

Vladimir Poutine se place lui aussi dans le cadre de la légalité internationale et soutient l’Etat syrien et son gouvernement, ainsi que « les forces armées du président Al Assad qui sont les seules à combattre réellement l’Etat Islamique”. Il propose une « large coalition antiterroriste » en Syrie et en Irak, dans laquelle les pays arabes « joueraient un rôle clé » et qui devrait inclure le gouvernement syrien et l’Iran, son allié. Les décisions du Président russe suscitent la colère des Occidentaux, qui ont refusé la résolution déposée au Conseil de Sécurité par le Kremlin. Ils sont agacés par la référence appuyée à un droit international qu’eux-mêmes traitent avec légèreté.

Pour perpétuer leur hégémonie, les dirigeants atlantistes avancent à l’ombre des faux drapeaux de la démocratie, de la justice, de la morale et du droit. Ils diabolisent les pays qui font obstacle à leurs ambitions en les reléguant dans la géhenne des Etats « préoccupants » ayant vocation à être dépecés en entités « démocratiques » à la mode de l’Oncle Sam : en bref, les « Etats voyous ». Ce concept a joué un rôle essentiel dans la stratégie américaine plusieurs décennies durant, et c’est en jouant de cet épouvantail que les Etats-Unis, encourageant leurs alliés à faire de même, ont violé et violent systématiquement le droit international.

Ce droit est fondé sur la Charte des Nations-Unies qui, dans son article 51, attribue au seul Conseil de Sécurité le pouvoir de prendre les mesures adéquates qu’il juge nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales « une fois constatée l’existence d’une menace contre la paix, d’une rupture de la paix ou d’un acte d’agression (…) ».

Mais les néocons de Washington se moquent de la légalité onusienne. Seules comptent « les menaces contre nos intérêts », qui sont le fait des « Etats voyous »et rendent nécessaires « des interventions militaires directes » et « le maintien de forces de projection considérables », particulièrement en direction du Proche-Orient. Pour ces faucons, le fondement du droit n’est pas la Charte de l’ONU, mais la Constitution américaine.

Selon Noam Chomski, « ce mépris de la primauté du droit est profondément enraciné dans la culture et les pratiques américaines ». Infiltrés au sein du « pouvoir profond », les néocons vont répandre chez les alliés occidentaux une idéologie dont le fondement reste simple : même si la guerre froide est terminée, les Etats-Unis conservent la responsabilité de protéger le monde face aux « Etats voyous ». En août 1990, Washington et Londres décrètent que l’Irak en est un, et ce ne sera que l’un des premiers d’une longue liste…

Une étude commandée en 1995 par le Strategic Command pose les « principes de base de la dissuasion dans l’après-guerre froide » : depuis que les Etats-Unis ont « remplacé l’Union soviétique par les Etats dits “voyous” », ils doivent projeter une image « irrationnelle et vindicative d’eux-mêmes », « certains éléments » du gouvernement apparaissant « comme potentiellement fous, impossibles à contrôler ». C’est une reprise de la « théorie du fou » de Nixon qui jugeait souhaitable que l’Amérique soit dirigée par « des cinglés au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction, afin de créer ou renforcer les craintes des adversaires ».

Cette prose délirante justifie en quelque sorte la transformation des « grandes démocraties » en « voyoucraties », respectant les trois critères qui, selon l’un des « nouveaux historiens » israéliens, Avraham Shlaim, professeur émérite à Oxford, définissent l’Etat voyou, le « rogue state » des anglo-saxons :

  • Violer régulièrement la légalité internationale,
  • Détenir des armes de destruction massive,
  • Utiliser le terrorisme pour terroriser les populations civiles.

C’est ainsi que Robert McNamara, ex-secrétaire américain à la défense (de 1961 à 1968), estime en juin 2000 (The International Herald Tribune) que les Etats-Unis sont devenus un « Etat voyou ». Noam Chomski fera de même au début des funestes « printemps arabes », constatant que son pays « se place au-dessus du droit international ».

A l’heure où le Grand-Moyen Orient est ravagé par l’extrémisme islamiste, patronné par les Occidentaux et leurs affidés régionaux, le débat sur l’éthique dans les relations internationales est pipé. Le conflit n’est plus entre un monde « libre »et un monde « totalitaire », mais entre les partisans du droit international et du respect mutuel entre nations et ceux qui se comportent en Etats voyous, guidés par la « théorie du fou » et la stratégie du « chaos innovateur ».

Conviction réelle pour les uns, leurre pour les autres, la référence au droit international n’a pas la même valeur pour les deux camps : les prêcheurs de guerre jouent avec l’idée d’un conflit mondial qui assurerait leur triomphe… sauf si l’équilibre militaire des forces rend leur victoire trop incertaine.

La Russie vient donc de bouleverser la donne en proposant sa « grande coalition » et en se lançant dans une lutte globale contre les terroristes, conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité et à la demande du gouvernement de Damas, tout en recherchant une solution politique entre Syriens, en application de l’accord de Genève. C’est un pavé dans la mare où depuis un an s’ébat presque seule la coalition US, dont les frappes homéopathiques détruisent la Syrie sans beaucoup nuire aux terroristes de Da’ech. C’est un pas important en direction de la paix, conforme au droit international. Les Européens saisiront-ils la perche ?

On l’a entendu à la tribune onusienne, le représentant du « pays des lumières », François Hollande, est plongé tout entier dans ses menées obscures et nourrit une obsession pathologique qui a nom Bachar, lequel doit être « neutralisé » et exclu de toute transition politique : « On ne peut faire travailler ensemble victimes et bourreau. Assad est à l’origine du problème : il ne peut pas faire partie de la solution ».

Droit dans ses bottes tordues, le grand chef de guerre fait valoir qu’il n’est pas seul sur cette position intenable : « Barack Obama s’y refuse, d’autres dirigeants (on sait lesquels – NDLR) s’y refusent. Les Russes doivent en tirer les conséquences », conclut-il, impérial. Prend-on des gants avec le chef d’un « Etat-voyou » quand on est soi-même aussi populaire ?

Mou face aux problèmes de l’Hexagone, Hollande aura fait preuve d’un activisme forcené face à des affaires qui ne le regardent pas, le conflit de Syrie par exemple, où la France a déjà un bilan accablant : mauvaise évaluation de la solidité de l’État syrien, de la crédibilité de l’opposition offshore, appui inacceptable à la rébellion armée débouchant sur la couverture du terrorisme, obsession de « neutraliser »Bachar Al Assad, volonté manifeste de casser la Syrie rebelle et acharnement dans la destruction de son identité.

Qu’on le veuille ou non, notre pays est partie prenante dans l’entreprise criminelle et prédatrice de ses alliés atlantistes, de ses amis turcs, saoudiens et qataris et des mercenaires qu’ils instrumentalisent. Il est coresponsable du résultat : des millions de réfugiés, déplacés, sinistrés, morts et blessés, des millions de familles dispersées, de vies brisées, le démantèlement du patrimoine, des infrastructures, des entreprises…

Il aura aussi fait preuve d’une approche très floue de la légalité internationale et d’un certain déficit de cartésianisme, les terroristes étant traités en ennemis au Mali et « faisant du bon boulot » en Syrie.

Dans les grands dossiers de ce début de millénaire – la glissade du Moyen-Orient vers le chaos, la déstabilisation de l’ex-glacis soviétique grâce à la sollicitude de l’Occident – la France est affaiblie comme jamais et a perdu sa crédibilité, car elle est en divorce avec les acteurs qui comptent. Son hypocrite diplomatie compassionnelle lui attire le mépris. Les écarts de langage font le reste. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer le départ de Fabius, condition nécessaire mais non suffisante pour se refaire une virginité.

Fabius et Hollande étant ce qu’ils sont, on peut craindre que la France tarde à coopérer avec la Russie, l’Iran et la Syrie pour rétablir une paix juste et durable, dans le cadre d’un ordre mondial nouveau. Mais notre pays devra bien sortir de la triple impasse dans laquelle il s’est enfermé : l’entêtement à rester internationalement hors-la-loi devra céder la place à une politique plus décente et moins destructrice. En d’autres termes, il s’agira de reprendre son rôle traditionnel de faiseur de paix et non pas de fauteur de guerre.

Les citoyens des « grandes démocraties » finiront-ils par s’inquiéter de la dérive « voyoucratique » de leurs élites dirigeantes qui fait peu à peu de l’Occident arrogant une minorité honnie et haïe par le reste de la planète ? Comme on dit : ça urge.

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