DES REVERS EN CASCADES pour la diplomatie française

par
Eric Denécé
04-11-2016
Centre Français de Recherche sur le Renseignement
21 boulevard Haussmann, 75009 Paris – France
Source : http://www.cf2r.org/fr/editorial-eric-denece-lst/une-lecon-meritee.php
et http://arretsurinfo.ch/des-revers-en-cascade/

Achat d’hélicoptères américains par la Pologne, rejet de la résolution française sur la Syrie à l’ONU, annulation de la visite de Vladimir Poutine à Paris : courant octobre, en quelques jours, notre diplomatie a connu trois revers majeurs, dont elle s’offusque, alors même qu’elle en porte l’entière responsabilité en raison de la politique erratique conduite par nos dirigeants.
Des revers en cascade

fabius-jean-marc-ayrault-francois-hollande-11-fevrier-2016-parisLaurent Fabius, Jean-Marc Ayrault, François Hollande. 11 février 2016 – Kenzo Tribouillard/AP/SIPA
La « trahison » polonaise n’a surpris que ceux qui ne s’intéressent pas à ce pays, car il est clair que la défense de ses intérêts nationaux – et sa défiance légitime à l’égard de son voisin russe – a toujours conduit Varsovie, depuis 1991, à privilégier l’alliance avec Washington plutôt que la solidarité européenne. On ne peut guère reprocher aux Polonais de nous l’avoir caché, car ils ont montré à plusieurs reprises, sans ambigüité aucune – notamment sur le dossier ukrainien – de quel côté leur cœur penchait. Mais nos politiques se bercent d’illusions. Non seulement ils n’ont pas voulu tenir compte de cette évidence, mais pire, ils se sont persuadés que notre refus de livrer deux navires amphibies Mistral à la marine Russe – sous la pression américaine – conduirait notre partenaire européen à choisir notre offre. Bien sûr, il n’en a rien été et l’annulation de la visite présidentielle à Varsovie comme les critiques du ministre des Affaires étrangères illustrent à quel point nos dirigeants ont pris leurs désirs pour la réalité… laquelle semble totalement leur échapper.

L’émotion de nos gouvernants au sujet de la bataille d’Alep en est un autre exemple. Leur « révolte » face aux « exactions » des forces russes et syriennes se fonde sur une vision totalement partiale de la situation, diffusée par les médias occidentaux.
A Alep, tout ceux qui connaissent la situation de terrain savent que les djihadistes d’Al-Nosrah pilonnent quotidiennement depuis plusieurs années les quartiers dont la population est restée fidèle au gouvernement de Damas[1] – ciblant prioritairement les quartiers chrétiens -, faisant de nombreuses victimes innocentes ; mais sans doute ces vies ont-elles moins de valeur que celles de ceux qui soutiennent les djihadistes. En effet, les témoins locaux confirment que tous les quartiers bombardés par les aviations russe et syrienne sont ceux dans lesquels la population a pris ouvertement parti pour les islamistes et où flotte ostensiblement le drapeau de Daech… ce que le médias ne nous montrent jamais[2].
Cette présentation totalement déformée de la réalité est insupportable. Pourtant elle est à l’origine des envolées lyriques et outragées de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault, qui se sont même montrés menaçants à l’égard de Moscou. Voir nos autorités réagir à partir d’éléments aussi faux conduit à s’interroger sur leur connaissance réelle du dossier ou leur indépendance d’esprit vis-à-vis de Washington. De plus, ces positions de Matamore ne sont d’aucun effet. Les dirigeants français ont peut être l’illusion d’être des acteurs entendus et écoutés ; mais il n’en est rien. Ils sont aussi insignifiants qu’inaudibles. Notre proposition de résolution à l’ONU a été rejetée et nous ne sommes même plus invités aux négociations internationales sur la Syrie à Genève.

En toute logique, devant l’hostilité manifestée à son égard par nos gouvernants, les menaces de poursuivre Moscou devant la Cour pénale internationale (CPI), la surenchère de nos médias qui font du Poutine Bashing leur sport favori et la présentation totalement partiale du conflit syrien, le président russe a décidé d’annuler sa visite dans notre pays, jugeant le contexte peu favorable à des discussions sereines. Cette décision semble avoir pris au dépourvu notre président qui pensait pouvoir tancer son homologue russe sans que celui-ci ne réagisse, puis sans doute l’accueillir pour lui faire la leçon.
Une perception des faits totalement orientée
Il n’est pas question de faire l’apologie de Vladimir Poutine ou de Bachar El-Assad, ni de nier que la guerre tue, à Alep ou ailleurs ; mais il est bon de rétablir certaines vérités qui sont délibérément dissimulées par les stratèges de la communication américains et les médias Mainstream à leur service.

Depuis qu’ils sont devenus l’unique superpuissance, les Etats-Unis n’ont cessé de prendre des libertés vis-à-vis du droit international. Pourtant, rares ont été les médias à dénoncer leurs méfaits et les ONG ou les Etats les ayant menacé de poursuites juridiques internationales ou déclaré qu’ils en porteraient la responsabilité devant l’histoire. Rappelons quelques faits :
– l’invasion illégale de l’Irak – passant outre le véto de la ONU -, laquelle a permis la naissance de Daesh et a provoqué la mort et la désolation dans ce pays, faisant plus de victimes encore que la dictature de Saddam Hussein. Cette action a tout autant violé le droit international que l’action russe en Crimée ;
– les nombreuses victimes collatérales des frappes de drones dans le cadre de la Global War on Terrorism (GWOT)[3] ;
– la légalisation la torture et la multiplication des arrestations extra-judiciaires (Rendition) et des prisons secrètes dans le cadre de la GWOT ; la généralisation de l’espionnage de leur population et de leurs alliés. Pourtant ni l’une ni l’autre de ses mesures n’ont été d’une grande efficacité dans la lutte contre le terrorisme ;
– le soutien à l’Arabie saoudite et au Qatar – deux Etats qui exportent leur islam radical archaïque dans le monde et soutiennent les djihadistes -, à la confrérie des Frères musulmans – dans le cadre du « printemps arabe » – et aux djihadistes liés à Al-Qaïda pour renverser le régime syrien.
Mais les Etats-Unis ne sont pas les seuls dans ce cas. Ces pratiques concernent aussi plusieurs de leurs alliés.

L’Arabie Saoudite, non contente d’exporter le wahhabisme de par le monde et d’avoir soutenu les djihadistes, est intervenue au Bahrein à l’occasion du printemps arabe (2011) pour mater une révolte populaire sans que personne ne s’en offusque. Elle semble pourtant incapable d’assurer la sécurité des pélerins se rendant à La Mecque pour le hadj, ainsi qu’en témoignent les incidents à répétition survenus ces dernières années ayant entrainé la mort de centaines de croyants. Surtout, depuis dix-huit mois, elle a déclenché une guerre sanglante au Yémen (opération Tempête décisive), laquelle semble ne pas intéresser grand-monde, contrairement au conflit syrien.
Depuis mars 2015, une coalition internationale[4] menée par Riyad s’attache à remettre au pouvoir le gouvernement d’Abd Rabo Mansour Hadi, afin d’empêcher l’installation d’un régime chiite à sa frontière méridionale. Dans ce conflit, les Saoudiens sont aidés par les Etats Unis qui leur fournissent armement, renseignements et ravitaillent leurs avions. Les combats ont déjà provoqué plus de 10 000 morts dont beaucoup de civils. L’Arabie saoudite bombarde systématiquement les infrastructures du pays – y compris les hôpitaux – et exerce un blocus sur les zones rebelles au point que des millions de Yéménites n’ont plus de quoi se nourrir ; trois millions ont fui les zones de combat. Le 8 octobre dernier, les avions saoudiens ont pris pour cible une cérémonie funéraire à Sanaa, tuant au moins 140 personnes et en blessant 500. Ces frappes relèvent pleinement d’un crime de guerre ; pourtant aucun Etat occidental ne l’a signalé ni n’a protesté. Tout juste les Américains ont-ils fait savoir qu’ils allaient reconsidérer leur soutien aux Saoudiens dans ce conflit.

A noter également que plusieurs milliers de véhicules Toyota ont été achetés par les pays du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis et Jordanie) pour être livrés à l’État islamique, en Syrie et en Irak. C’est le constructeur japonais, accusé à tort de commercer avec Daesh, qui a révélé la liste de ses principaux clients dans la région. Ainsi, 22 500 véhicules auraient été vendus aux Saoudiens, 32 000 aux Qataris et 11 650 aux Emiratis. Puis, selon des informations provenant des services russes – à considérer naturellement avec circonspection -, l’armée jordanienne aurait facilité le transfert de ces véhicules en Syrie et en Irak. Une fois encore, les dénonciations de ce soutien des monarchies pétrolières à l’Etat islamique, sont rares.

La Turquie est dirigée par un président membre de la confrérie internationale des Frères musulmans, qu’il a soutenu en Tunisie, Libye, Egypte et Syrie à l’occasion des « printemps arabes ». Erdogan a aussi longtemps laissé à Daesh la libre utilisation de son territoire pour son approvisionnement et ses opérations en Syrie et en Irak. Par ailleurs, il ne cesse de renforcer son pouvoir personnel – dans le but de devenir président à vie – et d’encourager l’islamisation de la société. A la suite d’une tentative avortée de coup d’Etat contre lui[5], il s’est livré à une gigantesque purge afin de liquider ses opposants et d’installer ses affidés. C’est-à-dire que l’un des pays membre de l’OTAN est dirigé par un islamiste radical aux tendances despotiques, bafouant les droits de l’homme, sans que cela ne choque personne ni ne remette en cause notre politique à l’égard d’Ankara. Et l’on parle toujours d’une éventuelle entrée de la Turquie dans l’Union européenne… Rappelons également, les forces turques ont pénétré illégalement dans le nord de la Syrie et de l’Irak et occupent une portion du territoire de ces deux Etats sans que la communauté internationale ne trouve à y redire.

Les faits ci-dessus montrent sans ambigüité que le droit international est, depuis quinze ans, davantage bafoué par Washington et ses obligés que par Moscou ou Damas ; et que les victimes civiles du « camp de la liberté » sont tout aussi innocentes et bien plus nombreuses que celles qui tombent lors des opérations russo-syriennes. Mais dès lors que des actions de force sont américaines ou alliées de Washington, elles sont, par essence, « justes, légitimes et utiles ». Seuls ceux qui n’appartiennent pas à ce camp ou qui ne soutiennent pas cette politique sont coupables : Moscou, Damas, Téhéran, etc.
Il faut le réaffirmer sans cesse : contrairement aux idées reçues, la société de l’information dans laquelle nous vivons n’a que très marginalement permis d’améliorer la qualité et l’objectivité des données à la disposition du public. Au contraire, en dépit de la multiplication des canaux médiatiques, leur concentration entre les mêmes mains permet encore davantage de manipulation des faits qu’avant son émergence. Les événements actuels en sont la flagrante illustration.
La provocation délibérée du Russian Bashing
Pour envenimer la situation, dirigeants politiques, responsables militaires et journalistes occidentaux ne cessent d’évoquer la montée en puissance de la menace russe et le retour d’une nouvelle Guerre froide… voire pour certains, le spectre d’une nouvelle guerre mondiale[6] !
Mais le Russian Bashing impulsé par les milieux anglo-saxons ne reflète pas la réalité. Rappelons que le budget de la défense des Etats-Unis (près de 600 milliards de dollars) est de très loin le premier au monde et qu’il est supérieur aux budgets cumulés des dix pays qui le suivent ; la Russie (avec un budget de moins de 70 milliards de dollars) n’arrive elle-même que loin derrière la Chine et l’Arabie saoudite. Moscou dépense ainsi pour sa défense huit fois moins que Washington. La « menace » doit donc être fortement relativisée. Elle est pourtant largement utilisée par Hillary Clinton dans le cadre de sa campagne présidentielle, comme si elle cherchait par avance à remettre en cause une éventuelle victoire de Donald Trump… avec le soutien des hackers russes !
Il convient également de réfuter la soi-disant volonté hégémonique de Moscou. Poutine n’a d’autre but que de mettre fin aux humiliations répétées dont son pays a été victime depuis vingt ans et au grignotage de ses marges. Il n’accepte plus sans réagir que la Russie soit provoquée ou que ses intérêts soient bafoués. Pourtant, c’est aujourd’hui Moscou qui apparaît comme « fauteur de troubles ».
A l’opposé, il faut être aveugle pour ne pas mesurer le comportement impérialiste croissant de Washington, tant par ses interventions extérieures qui ne résolvent rien, que par l’application extraterritoriale de son droit au monde entier.

Bien sur, il ne fait aucun doute que de tels propos seront immédiatement qualifiés de « pro Poutine » et que leur auteur sera accusé d’être un relais de l’influence russe. En effet, c’est une technique régulièrement utilisée ces dernières années que de mettre systématiquement en doute l’objectivité et l’indépendance de ceux qui critiquent la politique Mainstream. Ainsi, les médias nous rebattent régulièrement les oreilles au sujet des réseaux d’influence russes en France – ce qui est une réalité, tout comme l’espionnage de Moscou -, mais sans jamais parler des réseaux d’influence et d’espionnage infiniment plus puissants des Américains
Nous vivons une période difficile dans laquelle les esprits sont l’enjeu des stratégies des uns et des autres et où les médias sont devenus un véritable champ de bataille. En la matière, par leur maîtrise des canaux de communication mondiaux, les Etats-Unis disposent d‘un net avantage ; ils ont réussi à imposer leur vision du monde, laquelle répond à la promotion et la défense de leurs intérêts… mais en rien à ceux de la démocratie ni de l’Occident – et surtout pas de la France. Ils ont également réussi à convaincre que leur point de vue était « la » vérité objective et que tous ceux qu’ils désignent comme leurs adversaires sont le « mal ». Evidemment, la réalité est quelque peu différente. Mais nos élites ne semblent pas le percevoir.
Pour nous Français, l’enjeu n’est pas Moscou, Damas ou Alep, ni Poutine ou Bachar. Il est de retrouver une indépendance de vue et une objectivité d’analyse que nous avons abandonnées depuis plus d’une décennie et d’échapper à la vision sectaire du monde qu’imposent les Américains.
D’autant plus qu’à la différence des Britanniques, nous ne reconnaissons ni ne cherchons à analyser nos erreurs. Le parlement du Royaume Uni a publié, en juillet et  en septembre dernier, deux rapports remettant en cause la décision de David Cameron d’intervenir en Libye, jugeant que les informations l’ayant conduit à lancer cette opération étaient infondées. Qu’avons nous fait en France ? Strictement rien ! Interviewé par la presse, Nicolas Sarkozy a persisté, déclarant qu’il avait pris alors « la bonne décision ».

*

La très grande majorité des spécialistes de géopolitique, des relations internationales et des diplomates nous répètent à l’envi depuis un quart de siècle que le monde a changé. Certes. Cela est indéniable. Nous le mesurons chaque jour.
Ce qui n’a pas changé en revanche, c’est la grille de lecture sur laquelle ils fondent leur analyse. Elle est restée, pour l’essentiel, basée sur des critères d’évaluation datant de la Guerre froide : le bien, la vérité et la justice sont américains ; le mal, le mensonge et l’injustice demeurent russes ou iraniens. D’où leurs jugements erronés et leurs conseils inadaptés pour la conduite des politiques étrangères européennes… et les erreurs à répétition de celles-ci.
Le monde évolue donc plus vite que les analyses qu’en font ces « experts » et les choses ont changé de manière bien plus profonde qu’ils ne l’observent, même si des constantes demeurent. C’est pourquoi il est nécessaire d’adopter une nouvelle lecture de la situation internationale afin d’essayer de redonner à la France – et plus largement l’Europe – la boussole dont elle semble démunie.
Seule lueur de lucidité dans ce sombre tableau, le remarquable rapport récemment publié par les députés Pierre Lellouche et Karine Berger, relatif à l’application extraterritoriale du droit américain[7]. Voilà enfin une réflexion de fond sur un sujet stratégique pour notre économie et nos entreprises, auquel le gouvernement ne s’est guère intéressé, en dépit des affaires BNP et ALSTOM. A lire absolument.

[1] Il convient également de rappeler que depuis cinq ans la population fidèle au régime n’a cessé d’être ciblée par les djihadistes : coupures d’eau et d’électricité, bombardements, blocus du ravitaillement, assassinats, enlèvements, tortures…
[2] Voir à ce sujet l’excellente analyse de Richard Labévière : http://prochetmoyen-orient.ch/mossoul-alep-la-diagonale-du-fou/
[3] Outre les frappes de drones – qui créent plus de terroristes qu’elles n’en éliminent – ces frappes ont eu lieu à plusieurs reprises en Afghanistan à l’occasion fêtes de mariage, faisant chaque fois une centaine de victimes civiles. Rappelons également que les forces aériennes américaines ont bombardé, le 3 octobre 2015, un hôpital à Kunduz, en Afghanistan, faisant 42 morts et 37 blessés, parmi lesquels des membres Médecins sans frontières ; et qu’elles ont tué une centaine de soldats syriens, mi-septembre 2016, dans un bombardement effectué « par erreur », ce qui a par ailleurs permis à Daesh de s’emparer d’une position stratégique.
[4]  Elle comprend une dizaine de pays arabes et sunnites : les membres du Conseil de coopération du Golfe (Oman excepté), le Maroc, la Jordanie, le Soudan et l’Egypte.
[5] La genèse de cet événement n’est toujours pas claire. De fortes suspicions existent quant à la parfaite connaissance de ce complot par Erdogan, qui pourrait avoir laissé faire afin de procéder à une purge radicale dans tous les domaines de l’appareil d’Etat.
[6] Cf. Alain Rodier, « Autour des conflits syriens et irakiens : Etats-Unis et Russie, ils sont tous devenus fous ! », Note d’actualité n°456, http://www.cf2r.org, octobre 2016.
[7] Pierre Lellouche et Karine Berger, Rapport d’information des commissions des Affaires étrangères et des Finances sur L’Extraterritorialité de la législation américaine, Assemblée nationale, Paris, 5 octobre 2016.

François Hollande, une déchéance française

par Bruno Guigue

17 octobre 2016

Source : http://arretsurinfo.ch/francois-hollande-une-decheance-francaise-par-bruno-guigue/

hollande-dijon-cote-or-23-juillet-2015

Le 8 octobre, alors que les combats faisaient rage à Alep, le projet de résolution présenté par la France a été rejeté par le Conseil de sécurité de l’ONU. La Russie et le Vénézuéla ont voté contre. La Chine et l’Egypte se sont abstenues. François Hollande déclara avant le vote que le pays qui opposerait son veto à la proposition française serait « discrédité aux yeux du monde » et que les responsables de « crimes de guerre » seraient déférés devant la Cour pénale internationale. Trois jours plus tard, François Hollande manifesta publiquement son « hésitation » à recevoir Vladimir Poutine à Paris. Moscou préféra reporter cette rencontre, attendant que M. Hollande soit « prêt ».

Cette initiative mort-née, suivie de cette palinodie ridicule, est un excellent résumé de la politique de gribouille qui tient lieu de diplomatie à la France hollandienne. Repoussant les propositions d’amendement présentées par Moscou, Paris ne pouvait ignorer que son projet de résolution finirait à la poubelle. Ce texte surréaliste demandait l’arrêt des frappes aériennes russes et syriennes, mais ne mentionnait pas la violence exercée par le camp adverse, lourdement armé et généreusement financé par des puissances étrangères en violation flagrante du droit international. Coup d’épée dans l’eau, cette initiative témoignait d’une agitation stérile et sans issue.

Volant au secours de ses protégés en mauvaise posture, la politique française faisait alors une double démonstration. Elle manifestait d’abord une hypocrisie sans limite en jouant du violon à propos des victimes civiles d’Alep-Est tout en fermant les yeux sur celles d’Alep-Ouest. Il faut croire que selon la situation géographique, les considérations humanitaires subissent de mystérieuses variations. A Paris, on fait volontiers le tri parmi les victimes. Les bonnes sont du côté des milices takfiries, les mauvaises du côté du gouvernement syrien. Orchestrée sur commande à chaque défaite djihadiste, cette indignation sélective est devenue une véritable spécialité française.

La deuxième démonstration faite par la diplomatie française est celle de son alignement pavlovien sur Washington. Au moment où les matamores galonnés du Pentagone menacent la Russie d’un conflit nucléaire, Paris fulmine contre Moscou. La propagande anti-russe se déchaîne aux USA, et M. Hollande ne veut pas être en reste. Tel un roquet teigneux, il aboie en faisant mine de mordre l’ours russe aux mollets et détale lorsqu’il se retourne. Une fois de plus, le suivisme atlantiste du président français atteint des sommets et défie l’imagination. Faute d’en avoir lui-même, le président français colle à la politique US dans ses méandres les plus sinueux et s’y perd sans qu’on s’en aperçoive.

Cette pitoyable servilité du président actuel n’est pas nouvelle. En février 2014, Barack Obama et François Hollande signaient une tribune parue simultanément dans « Le Monde » et le « Washington Post ». A la fin de ce texte insipide, véritable filet d’eau tiède qui débitait les poncifs de la doxa occidentale, on pouvait lire : « Pendant plus de deux siècles, nos deux peuples ont fait front pour défendre notre liberté commune. A présent, nous assumons, une fois encore, nos responsabilités, non seulement l’un envers l’autre, mais envers un monde qui est plus sûr grâce à la pérennité de notre alliance aujourd’hui réaffirmée ».

Avec 50% des dépenses militaires mondiales, 725 bases militaires à l’étranger et une doctrine militaire qui autorise la première frappe nucléaire, qui pourrait nier que les Etats-Unis d’Amérique œuvrent à la paix mondiale et à la concorde universelle ? Heureusement, grâce à M. Hollande, ils ne sont plus seuls à apporter la lumière au monde ébahi devant tant de générosité. Phare de l’humanité, la grande nation au « destin manifeste » sait désormais qu’elle est fidèlement secondée, pour accomplir cette tâche grandiose, par un nouvel auxiliaire à la fidélité de caniche.

Joignant le geste à la parole, François Hollande n’a cessé de se comporter en supplétif de Washington. Dans son enthousiasme à servir une puissance qu’il croit invincible, il a toutefois perdu le sens des réalités. Décidé à bombarder un Etat souverain qui n’a jamais agressé la France, il joua obstinément le boute-feu en Syrie. Heureusement, il fut refroidi pour de bon par l’initiative diplomatique russe. Puis il endossa le rôle du redresseur de torts face à l’Iran. Peine perdue. En dépit de ses efforts, M. Fabius ne put empêcher l’accord sur le nucléaire. Dans les deux cas, cette attitude de volaille en furie qui montre ses ergots n’aboutit à rien. La décision est venue d’ailleurs. Paris l’a entérinée. Et la diplomatie française apparut comme un vieux souvenir.

Elle exista pourtant en d’autres temps. En 1966, le général de Gaulle avait extrait les forces françaises du commandement intégré de l’OTAN pour redonner à la France son indépendance stratégique. Prônant un monde multipolaire, il entendait conjurer les affres de la guerre froide. Le sort du monde était suspendu à l’affrontement entre les blocs, les USA embourbés au Vietnam, le Tiers Monde en effervescence. L’affirmation de la souveraineté française visait à desserrer l’étreinte des impérialismes de tous bords. Cette époque est révolue. Avec de Gaulle, la France était contre les empires. Aujourd’hui, la France est une colonie de l’Empire.

Adhérant à Washington comme l’huître au rocher, la présidence actuelle a abdiqué toute ambition. Jetant aux orties l’héritage gaulliste, Nicolas Sarkozy avait replacé les forces françaises sous commandement US. Nouveau fossoyeur, François Hollande jette à son tour une dernière pelletée de terre sur la souveraineté française. Le 7 avril 2016, l’Assemblée nationale a voté à sa demande la ratification du protocole de Paris, un texte qui entérine la réintégration de la France dans l’organisation militaire de l’OTAN et autorise la construction sur le territoire national de ces bases US que le général de Gaulle avait fait démanteler.

Complices sur toute la ligne, MM. Hollande et Obama ont beaucoup d’amis communs. Protégée des USA depuis 1945, la pétromonarchie saoudienne est pour François Hollande un « partenaire de référence » au Moyen-Orient. Paris a signé avec Riyad des contrats d’équipement militaire pour plusieurs milliards de dollars. L’Arabie saoudite est son premier client pour la période 2010-2015. La France livre aux Saoudiens des armes sophistiquées avec lesquelles ils massacrent la population yéménite. Cela ne suffit pas. Sans vergogne, l’Elysée distribue des médailles aux dirigeants d’un pays qui finance ce terrorisme qui frappe régulièrement la population française. Mais M. Hollande n’en a cure. Ce n’est pas sa priorité.

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Benyamin Nétanyahou accueillant François Hollande et sa compagne Valérie Trierweiler à Tel Aviv, le 17 novembre 2013. REUTERS

Appendice colonial de l’Occident et porte-avions US, Israël bénéficie aussi des faveurs empressées de la présidence française. La colonisation à outrance et la répression en Palestine occupée n’empêchent pas François Hollande de proclamer son soutien sans faille à l’Etat hébreu. A l’instar de son premier ministre éternellement lié à Israël, le président français se déclare « l’ami d’Israël pour toujours » (novembre 2013). Une promesse qui sonne étrangement au moment où le ministre des affaires étrangères israélien parle de « décapiter à la hache » tous ceux qui s’opposent à ses desseins. Peu importe. Tel Aviv est satisfait des services de l’Elysée. C’est l’essentiel.

Contre les dirigeants saoudiens et israéliens, Paris ne brandira jamais la menace de la Cour pénale internationale. La France ne réclamera pas de « right to protect » en faveur des enfants palestiniens et yéménites. Elle n’exigera pas de « no fly zone » pour mettre hors d’état de nuire les bombardiers de Riyad et de Tel Aviv. Vu de Paris, le droit international humanitaire est toujours à géométrie variable. C’est une arme d’intimidation massive dont on use au gré des intérêts de l’Empire. Quand les dirigeants français invoquent les droits de l’homme, c’est pour la galerie. Et l’on doit assister au spectacle de ces supplétifs qui apportent leur misérable contribution à la stratégie du chaos décidée à Washington.

Bruno Guigue | 16 octobre 2016

bruno-guigue

Bruno Guigue, ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

Photo: D.R.

Source: http://arretsurinfo.ch/francois-hollande-une-decheance-francaise-par-bruno-guigue/

Les médias occidentaux ont fait « disparaître » plus de 1,5 millions de Syriens et 4000 médecins

par Eva Bartlett

Source : http://lesakerfrancophone.fr/les-medias-occidentaux-ont-fait-disparaitre-plus-de-15-millions-de-syriens-et-4000-medecins

25 octobre 2016

Source originale :

https://www.sott.net/article/325238-Western-corporate-media-disappears-over-1-5-million-Syrians-and-4000-doctors

14 août 2016

alep-hopital-3La maternité Al-Dabbhet, dans la partie ouest d’Alep tenue par le gouvernement, a été bombardée le 3 mai

par les groupes terroristes

 

Alors que l’armée arabe syrienne et le gouvernement syrien progressent dans le rétablissement de la sécurité à Alep, dans le nord de la Syrie, les organisations de droits de l’homme se présentant comme neutres, alors qu’ils font de la propagande de guerre, et les médias occidentaux (et leurs homologues du Golfe comme Al Jazeera) ressortent leurs accusations et leurs déclarations mensongères.

 

Selon ces ONG financées par les gouvernements occidentaux, George Soros et la plupart des médias, il n’y a plus qu’un «dernier» pédiatre et un petit nombre de médecins restant à Alep. Ils se réfèrent, bien sûr, uniquement aux régions d’Alep occupées par les terroristes (l’Est et certains quartiers nord) et ignorent le fait que le gouvernement syrien continue de payer les salaires des médecins dans les zones occupées par les terroristes, y compris l’est d’Alep.

 

Cette affirmation de «dernier pédiatre»(*) a été mise en avant cette année dans le cadre d’une frénésie médiatique tentant de dénigrer la Syrie et la Russie comme «ciblant les civils» (alors qu’en fait, ce sont les terroristes soutenus par l’étranger qui sont ciblés). Ces hyènes médiatiques et des droits de l’homme ont ignoré les réalités suivantes sur Alep :

  • La présence de terroristes (Jabhat al-Nusra, et ce que l’Occident appelle les «modérés» – Ahrar al-Sham, Jaysh al-Fateh, Nour al-Din al-Zenki, et les factions de la soi-disant Armée syrienne libre) dans l’est et dans le nord d’Alep.
  • La présence de plus de 1,5 million de civils dans la partie d’Alep-ouest sécurisée par le gouvernement, qui sont assassinés et mutilés chaque jour par des terroristes tirant des roquettes, des missiles, des mortiers et des munitions, ainsi que des balles explosives provenant d’Occident ou de Turquie, et des bidons et des mortiers farcis de bonbonnes de gaz, fabriqués localement.
  • La présence, dans la partie d’Alep sécurisée par le gouvernement, de civils venant des zones occupées par les terroristes – dont beaucoup ont, dès 2012, fui l’afflux de terroristes dans leurs districts; d’autres qui, au fil des ans, ont depuis fui à l’ouest, et un petit nombre d’entre eux qui ont récemment été en mesure de fuir par les couloirs humanitaires reliant l’est à l’ouest d’Alep.
  • La présence de 4 100 médecins (source : Association médicale d’Alep) et de nombreux hôpitaux fonctionnant à Alep – en dépit des sanctions pénales occidentales contre la Syrie et des hôpitaux détruits par les bombardements des terroristes.
  • Le fait que les terroristes dans Alep-set sont essentiellement non syriens (et non pas des «rebelles»), venant «de quatre-vingt-un pays différents avec des contingents importants venant de Turquie, des pays arabes du Golfe, d’Afrique du Nord, de Tchétchénie et de la région du Nord-Caucase russe». [Source: 10 Faits sur Alep]
  • Et qu’au moins 80% des terroristes sont affiliés à al-Qaïda et que la majorité des autres suivent de toutes façons les mêmes impitoyables idéologies. [Source: 10 Faits sur Alep]

 

 

Les médecins d’Alep réfutent les mensonges des médias

alep-ouest-3Bombardements attribués aux « rebelles modérés » frappant la partie de la ville d’Alep-ouest

que la presse occidentale ignore

Début juillet 2016, je me suis rendue en voiture à Alep. En entrant dans le quartier sud de Ramouseh, la voiture a accéléré le long d’une route connue pour être la cible des snipers terroristes. Trois semaines plus tard, au même endroit, une femme a été visée par un terroriste et tuée.

 

A Alep, j’ai rencontré des médecins de l’Association médicale d’Alep (créée en 1959), y compris le Dr Zahar Buttal, le Dr Tony Sayegh, et le Dr Nabil Antaki.

 

Une question que j’ai posée aux médecins concernait le mensonge, maintes fois répété, du «dernier pédiatre» à Alep (**), une allégation surprenante – n’ayant aucun rapport avec la vérité – conçue pour choquer le public occidental et le retourner contre le gouvernement syrien.

 

Le Dr Zahar Buttal, président de l’Association médicale d’Alep, a réfuté ces allégations, soulignant qu’Alep disposait encore de 180 pédiatres en activité dans la ville. Au sujet du seul pédiatres prétendu restant à Alep-Est, il a déclaré : «Les médias disent que le seul pédiatre d’Alep a été tué dans un hôpital appelé al-Quds. En réalité, c’était un centre de soin non enregistré.» En ce qui concerne le pédiatre, «nous avons vérifié le nom du médecin et n’avons pas trouvé d’inscription dans les registres de l’Association médicale d’Alep».

 

En effet, l’hôpital al-Quds en question était au cœur de la frénésie de mensonges médiatiques concernant Alep, le gouvernement syrien et ses alliés russes. Les revendications autour du bâtiment appelé l’hôpital al-Qods se contredisent les unes les autres.

 

Au centre des mensonges on trouve les propos biaisés et la propagande de la très partiale organisation Médecins Sans Frontières, qui intervient uniquement dans les zones de Syrie sous le contrôle des groupes terroristes, en particulier Jabhat al-Nusra (dont la tentative de rebranding – Jabhat Fatha al-Sham – a échoué, car elle n’oblitère pas leur lien avec al-Qaïda, ni n’efface leurs crimes).

 

La prochaine question aux médecins fut : si la zone d’Alep sécurisée par le gouvernement dispose de 180 pédiatres, quel est le nombre total de médecins qui travaillent encore là-bas ? En effet, les mensonges médiatiques ont affirmé, pendant des mois, que le nombre de médecins est en baisse; même un article de juillet de The Intercept affirmait que «le nombre de médecins à Alep a chuté jusqu’à une petite dizaine. Le nombre de médecins spécialistes restants est encore plus faible».

 

Pourtant, selon le Dr Zahar Buttal, il y a jusqu’à présent 4 160 médecins inscrits et actifs dans la ville d’Alep, dans la zone gouvernementale regroupant plus de 1,5 millions de personnes. Sur les 4 160 médecins, 200 nouveaux médecins ont été enregistrés depuis le début de cette année.

 

En ce qui concerne les affirmations médiatiques prétendant un manque de spécialistes à Alep, en plus des 180 pédiatres mentionnés, il y a bien sûr beaucoup d’autres spécialistes à Alep. Selon le Dr Zahar de l’Association médicale d’Alep, les spécialistes qui pratiquent encore dans la ville comprennent:

 

30 chirurgiens cardiovasculaires

214 chirurgiens généralistes

112 orthopédistes

11 pneumologues

12 neurologistes

8 neurochirurgiens

250 obstétriciens/gynécologues

15 gastro-gastro-entérologues.

 

Dr. Nabil Antaki, lui-même gastro-entérologue, fait partie d’un groupe de 15 médecins spécialistes qui, depuis la fin de 2012, se sont portés volontaires et ont soigné dans les hôpitaux privés (avec l’équipement et les frais médicaux minimum) plus de 500 civils grièvement blessés par les bombardements terroristes, nécessitant des soins spécialisés. Les spécialistes de son seul groupe comprennent : trois chirurgiens généralistes, un chirurgien cardiaque, un neurochirurgien, deux chirurgiens orthopédistes et trois anesthésistes.

 

Le Dr Antaki a été direct au sujet de la couverture par les médias occidentaux sur Alep. Lorsque la campagne créée par les médias occidentaux, «Alep brûle», a pris son envol fin avril – le moment exact où les terroristes soutenus par l’Occident ont intensifié leurs bombardements quotidiens sur Alep. Le Dr Antaki, qui a pu voir le pire des victimes et des attentats, en a parlé.

 

Quand je l’ai rencontré en juillet 2016, le Dr Antaki a continué à se faire entendre au sujet des manipulations médiatiques flagrantes et au sujet de la réalité de terrain à Alep.

 

«Toutes les campagnes qui ont été lancées par les médias occidentaux concernent la partie est d’Alep, celle qui est contrôlée par les «rebelles». Tous les médias ont rapporté que les habitants y souffrent, les bâtiments sont détruits et que le gouvernement syrien y perpétue des «crimes de guerre». Mais, ce que nous endurons dans la partie contrôlée par le gouvernement syrien est bien pire que dans la partie est. Personne ne parle de ce qui se passe dans la partie ouest d’Alep. Il n’y a pas seulement des dizaines de mortiers chaque jour qui tombent sur la partie ouest d’Alep, mais des centaines, et chaque jour, nous avons des centaines de personnes tuées ou blessées et personne n’en parle. Quand les médias ont parlé d’un soit disant hôpital détruit dans la partie orientale, une semaine plus tard, la principale maternité d’Alep a été frappée par les bombes envoyées par les «rebelles», et des femmes ont été tuées, et personne [aucun média, NdT] n’en a parlé. »

 

Dr. Tony Sayegh d’Alep s’est également fait entendre au sujet de la flagrante partialité des médias à propos d’Alep. En juillet, au sujet de l’hôpital Qods et de la propagande autour de ce sujet, le Dr Sayegh m’a dit :

 

«Cet hôpital, dans le quartier Sukkari, ils en ont fait une grande propagande parlant du «dernier médecin dans cette zone», ce qui est absolument faux. Le gouvernement a des médecins qui travaillent dans cette zone et qui reçoivent leurs salaires du gouvernement, même si la zone est contrôlée par des terroristes. Pour le gouvernement, toutes les zones et leurs habitants sont Syriens. Les zones où il y a des terroristes, comme al-Manbij, comme al-Bab, dans toutes ces zones, il y a beaucoup de médecins qui travaillent avec le ministère de la Santé, et ils reçoivent leurs salaires du ministère de la Santé. »

 

Des dizaines de milliers de morts et de blessés d’Alep absents des grands titres des médias

alep-hopital-al-kindiPhoto du grand hôpital d’Alep-ouest détruit par les terroristes d’al-Nosra en décembre 2013.

Dr. Nabil Antaki a donné le résumé suivant de la vie quotidienne pour les civils de la partie d’Alep sécurisée par le gouvernement, de la mi-2012 jusqu’à notre réunion de juillet 2016.

 

Depuis Juillet 2012, la zone principale d’Alep est quotidiennement bombardée par des mortiers, des bombes et des bonbonnes de gaz, envoyés par les «rebelles» sur les civils vivant à Alep. Ici nous avons des dégâts humains plus importants que là bas, mais une destruction physique moindre, parce qu’ici nous recevons des mortiers et des bombes à cartouche de gaz. Si un mortier frappe un bâtiment, il peut faire un trou de la taille d’une fenêtre, mais aussi tuer cinq personnes à la fois. Dans la partie d’Alep sous le contrôle du gouvernement, chaque jour, nous avons des dizaines de blessés et tués.

 

À la fin avril 2016, les terroristes des quartiers occupés de l’est d’Alep, ainsi que des districts de Beni Zaid et des quartiers voisins aussi occupés, ont augmenté leurs campagnes de bombardement quotidiens de mortiers, d’explosifs à bonbonne de gaz (bonbonnes domestiques jusqu’à industrielles, bourrées de verre, de roulements à bille, d’éclats de métal), de balles explosives et de puissantes fusées fournis par l’étranger, de plusieurs dizaines jusqu’à plus d’une centaine par jour sur les zones fortement peuplées d’Alep garanties par l’État syrien.

 

Sur le bombardement accru, le Dr Nabil Antaki m’a dit :

 

«Habituellement, vous n’avez pas juste un mortier, vous avez une pluie de mortiers : dix, vingt, trente, et plus en quelques heures. Beaucoup de gens sont blessés en même temps. Lorsque les ambulances amènent les gens à l’hôpital public, peut-être vingt ou trente personnes arrivent en même temps. Les hôpitaux publics manquent de suffisamment de personnel et de matériel médical. Donc, si vous avez dix personnes gravement blessés qui arrivent en même temps à l’hôpital public, le temps que les soins arrivent, une victime a le temps de mourir.»

 

Dans son bureau de l’Association médicale d’Alep, le Dr Zaher Buttal lit ses statistiques journalières sur la campagne de bombardements terroristes de la fin avril / début mai :

 

23 avril: 81 martyrs (morts), 30 blessés.

28 et 29 avril : jours les plus sanglants. 31 martyrs, 75 blessés ** chiffres initiaux seulement.

23 au 30 avril : 120 martyrs, plus de 800 blessés.

3 mai : 25 martyrs, 100 blessés (dont 3 femmes tuées dans l’explosion de la maternité al-Dabeet).

 

Bien que l’Association médicale d’Alep ait documenté le nombre quotidien de tués et blessés par cette campagne de bombardement intensifié, et bien que les zones attaquées comprennent un certain nombre d’hôpitaux enregistrés à Alep, les médias soutenus par les «groupes de droits de l’homme» et basés en Turquie, ou encore plus loin, ont préféré citer des «activistes anonymes» et les acteurs Casques blancs d’al-Qaïda, dans leurs reportages sur Alep.

 

Comme beaucoup (sinon la plupart) des résidents d’Alep, le Dr Zaher Buttal n’a jamais entendu parler des Casques blancs. Le fait que le chef de l’Association médicale n’ait pas connaissance de ce groupe, qui se présente comme les sauveurs des civils à Alep, souligne le fait qu’ils travaillent uniquement dans les zones occupées par les terroristes et pour les terroristes eux-mêmes. Pour plus d’informations sur le groupe terroriste de propagande qui est connu sous le nom de «Casques blancs», voir cette vidéo et cet article.

 

Par Eva Bartlett – 14 août 2016 – Sott.net

 

Traduit par Wayan pour le Saker Francophone

 

(*)  Nous avons encore de nombreux pédiatres à Alep. Cela montre que, pour les médias, seule compte cette partie d’Alep-Est occupée par les « rebelles », et que les trois quarts de la ville d’Alep-ouest administrée par l’Etat syrien, où pratiquent encore de nombreux pédiatres, ne comptent pas. [Dr. Antaki].

(**) Le conseiller spécial de l’ONU, Jan Egeland, a déclaré dans une conférence de presse, le 27 avril 2016) ; « le dernier pédiatre d’Alep a été tué« .  L’ONU n’a jamais rectifié cette fausse information abondamment relayée par les médias ? Cela montre le peu de sérieux de représentants onusiens censés avoir un point de vue équidistant.

 

 

«On nous force à la guerre»

par Willy Wimmer

18 octobre 2016

Source : Horizons et débats

Case postale 729

CH-8044 Zurich

http://www.zeit-fragen.ch/fr/ausgaben/2016/nr-23-10-oktober-2016/wir-werden-in-den-krieg-gepruegelt.html

 

«On nous force à la guerre»

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Interview de Willy Wimmer accordée à Sputniknews

Quels sont les développements suite à l’engagement de la Russie en Syrie, il y a un an? Y a-t-il une chance réaliste pour rétablir la paix? La correspondante de «Sputniknews» Ilona Pfeffer, a interrogé Willy Wimmer, ancien secrétaire d’Etat au ministère allemand de la Défense et ancien vice-président de l’OSCE, afin de connaître son point de vue sur la situation en Syrie.

Sputniknews: M. Wimmer, les combats en Syrie n’arrêtent pas et les cessez-le-feu convenus sont régulièrement rompus. L’ingérence des Etats-Unis et de la Russie est souvent commentée de manière erronée dans les médias occidentaux. Comment jugez-vous la situation en Syrie?

 

Willy Wimmer: Nous sommes confrontés à une situation évoluant depuis un certain temps et ayant abouti, il y a cinq ans, de manière tragique dans une guerre civile et un conflit, juste au moment même où l’on croyait avoir résolu la situation conflictuelle entre la Syrie et Israël concernant le plateau du Golan. On était prêt à conclure un accord pouvant amener la paix pour tout le Proche-Orient s’il n’y avait pas eu certaines forces défavorables à un accord de paix. Nous savons qu’au début de la tragédie syrienne, des forces spéciales britanniques, françaises et américaines étaient sur place afin de créer cette situation de guerre civile et faire évoluer la dimension internationale. Il y avait donc des antécédents porteurs d’espoir si l’on n’avait pas inversé la vapeur. Depuis, nous vivons une tragédie et le peuple syrien semble exsangue. Maintenant, il est important de mettre une fin à cette misère et de tout mettre en œuvre afin que les étincelles syriennes ne gagnent pas d’autres pays y compris les nôtres car cela signifierait une grande guerre.

Dans ce contexte, je voudrais sciemment me référer au rapport présenté aux Pays-Bas concernant la destruction de l’appareil malaysien. Il faut vraiment se demander: a-t-on véritablement un intérêt à éclairer la tragédie ou cherche-t-on une raison pour déclencher la guerre? Voilà la situation dans laquelle nous nous trouvons et c’est pourquoi la Syrie n’est pas très éloignée. Il faut faire tout notre possible pour contribuer à une solution pacifique et cela ne signifie aucunement livrer des armes, de l’argent et des troupes dans la région.

 

La Russie est sur place depuis un an. Quels succès peut-on enregistrer? Et quel rôle jouent les Américains et leurs partenaires?

 

L’engagement américain et ouest-européen en Syrie est une claire violation du droit international. Il s’agit là d’une intervention militaire sur le territoire d’un autre Etat sans légitimation par les Nations-Unies ou le droit international. Ce sont ces forces qui sont à l’origine de toute cette misère en Syrie. La seule chance pour terminer le bain de sang en Syrie, c’est l’engagement de la Fédération de Russie qui s’investit du côté du droit international au niveau global pour que celui-ci ne soit pas entièrement démembré. C’est ce que les Etats-Unis démontrent depuis la guerre contre la Yougoslavie en violation flagrante du droit international. D’une part, c’est un combat en Syrie même mais d’autre part, il s’agit depuis 1999 de la question de savoir si la tentative des Etats-Unis de progresser dans son offensive globale va réussir ou si le monde a encore une chance de rétablir la coopération pacifique entre les peuples. Sans l’engagement russe en Syrie aux côtés du gouvernement légitime, le monde n’aurait plus aucune chance.

A votre avis, quels objectifs les Etats-Unis poursuivent-ils en Syrie?

De toute évidence, les USA ont l’intention de redessiner le monde, au sud de l’Europe occidentale et de la Fédération de Russie. C’est pourquoi nous sommes en présence d’une ceinture de conflits et de guerres entre l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et se poursuivant vers les rives méridionales de la Méditerranée et jusqu’au Mali. Dans tous ces régions, les Etats-Unis sont impliqués, mènent des guerres et contribuent à agrandir la misère des populations et la destruction de leurs civilisations. Ils n’arrêtent pas pour autant.

La Fédération de Russie est entrée dans le conflit syrien suite à son union légitime avec la République syrienne et le président Bachar al Assad, ce qui est tout à fait conforme au droit international. C’est la grande différence entre les Etats-Unis et la Fédération de Russie. Les Etats-Unis sont responsables de crimes de sang dans notre entourage et sont aussi responsables d’une bonne partie des flux migratoires auxquels nous sommes confrontés. La Fédération de Russie s’engage pour un retour aux négociations et à la raison et une coopération pacifique entre les peuples.

La tragédie de la Syrie c’est que tout cela se joue sur le dos du peuple syrien et c’est pourquoi il faut absolument trouver une voie pour rétablir la paix. Peut-être qu’au-delà des ruptures, il sera possible de préserver le reste de bon sens à Washington.

Le problème avec les Etats-Unis est qu’actuellement, avant l’élection présidentielle, le monde se trouve dans une situation extrêmement dangereuse. Les forces, dominant en réalité la politique américaine, veulent pouvoir décider de tout ce que le futur gouvernement américain fera. C’est-à-dire que la guerre est la chose la plus probable, une guerre menée au-delà de la Syrie.

 

La coopération entre les deux grandes puissances fonctionne jusqu’à présent de façon insuffisante, la Russie exprime cependant souvent sa volonté de coopérer. Quelles sont les causes de ces échecs et quelles chances voyez-vous pour la coopération?

 

Malgré le manque de transparence, je suis optimiste sur la possibilité d’une entente entre les deux parties, car les enjeux sont énormes et nous risquons des conséquences bien pires que les images actuelles de la Syrie. Cela peut nous concerner demain, dans une région beaucoup plus étendue – car les tentatives de la Fédération de Russie d’empêcher un tel scénario et d’endiguer le conflit ne correspondent pas aux intérêts américains. Ces intérêts ne sont pas définis par le gouvernement Obama, mais par les forces espérant la victoire de Hillary Clinton. C’est un modèle assez connu. Vu l’ampleur dramatique du conflit, je ne peux qu’espérer que Washington accepte de trouver un accord. Si cela ne réussit pas, nous allons vivre un désastre dépassant de loin celui de la Syrie.

 

Les informations transmises par les médias occidentaux donnent l’impression que la Russie est principalement responsable des destructions et des victimes civiles en Syrie. Que pensez-vous de cette présentation des choses?

 

Là, il faut différencier. Tout ce qui concerne la Russie, c’est à la Russie de répondre et c’est ce qu’elle fait. En ce qui me concerne en tant que consommateur des médias occidentaux et ce qui est fâchant c’est la falsification des faits que nous vivons depuis des années. Il fut un temps, où le pluralisme faisait partie intégrante de notre couverture médiatique, mais il n’existe plus. On nous force à faire la guerre. C’est ce qu’on a pu observer de manière perverse encore cette année-ci. Le porte-parole de l’OTAN Jamie Shea qui nous avait forcés à déclencher la guerre en Yougoslavie en 1999, a été honoré solennellement, cette année-ci à Berlin pour ses services rendus. On sait donc quel est l’état de notre paysage médiatique! La démocratie en Europe occidentale est sérieusement menacée.

 

Qui a de tels intérêts et quel message veut-on transporter ?

 

Le message est le suivant: nous battons tambour pour la guerre, aussi en relation avec la Fédération de Russie. Il y a deux ans, lors du coup d’Etat sur le Maïdan à Kiev, nous avons tout juste évité un conflit avec la Fédération de Russie. Voilà l’objectif de la politique américaine que nous observons depuis 1999 et c’est ce qui peut tous nous tuer.

Vous avez parlé des intérêts américains mais quel est le rôle de l’Allemagne?

Helmut Kohl et Gerhard Schröder avaient encore la force de caractère nécessaire pour faire valoir les intérêts allemands aussi au sein de l’OTAN afin de ne pas participer aux conflits armés. Regardez la situation actuelle, notre ministre de la Défense se déplace en Irak pour y annoncer un nouvel engagement militaire allemand. A mon grand regret, je dois dire que Berlin n’est pas à la hauteur de Bonn en ce qui concerne la sauvegarde des intérêts allemands.

 

Source: https://de.sputniknews.com/politik/20160930/312765719/willy-wimmer-wir-werden-in-krieg-gepruegelt, 30/9/16

(Traduction Horizons et débats)

 

 

Reconnaître les signes du temps

Allemagne: nouvelle stratégie de protection civile
L’Allemagne se prépare-t-elle à la guerre?

Conséquences pour la Suisse

Horizons et débats /Zeit-Fragen, Zurich
6 septembre 2016

rl./me. Le 24 août, Mr Thomas de Maizière, ministre des Affaires intérieures de la République fédérale a proposé au Cabinet un plan d’action qui, depuis 2012, a été élaboré dans le cadre d’une «Conception de défense civile». Ces propositions ont été acceptées par le Cabinet. C’est très tard que le gouvernement allemand assume sa responsabilité de mettre en route une stratégie de protection civile. Cette stratégie fait partie d’une stratégie de défense globale («Rahmenrichtlinien für die Gesamtverteidigung» {RRGV}), dans laquelle est intégrée également la «Konzeption der Bundeswehr» (KdB).
L’Allemagne se prépare-t-elle à une guerre future? Depuis la fin de la guerre froide, c’est la première fois qu’officiellement, on ne prend en considération pas seulement des attaques terroristes et électroniques, mais aussi une situation de guerre. Mais il faut voir la publication actuelle aussi comme un élément des préparatifs psychologiques à grande échelle pour une future guerre. Cette démarche de politique intérieure s’inscrit dans la politique d’alliance de l’Allemagne en tant que «vassal fidèle» de Washington.
Ceci a des conséquences sur la politique actuelle de la Suisse.
Propositions concrètes
Dans la «Conception de défense civile», du Ministère des affaires intérieures du 24 août, on lit en détail, sur 70 pages, des mesures de préparation civile pour le cas d’une guerre (cf. http://www.bmi.bund.de/SharedDocs/Downloads/DE/Broschueren/2016/konzeption-zivile-verteidigung.pdf?__blob=publicationFile). Dans ce volumineux document, on trouve aussi des mesures à prendre en cas de contamination radioactive, biologique et chimique (p. 28) en cas de manque de main d’œuvre (p. 59) et de mesures de soutien aux forces armées (p. 60). Entre autres, il est proposé de
•    alerter la population avec un «effet réveil» en cas de danger en utilisant radio, télévision, sirènes, systèmes d’haut-parleurs, SMS et Internet – également dans les chemins de fer;
•    contrôler si les réserves en vaccins contre la variole et les réserves d’antibiotiques doivent être augmentées;
•    préparer l’installation de «centres de décontamination» devant les hôpitaux en cas d’attaques nucléaires, biologiques ou chimiques, pour traiter les blessés en dehors des hôpitaux;
•    préparer la mobilisation, dans un délai de 24 heures, d’un tiers des forces de l’Organisation de protection civile fédérale («Technisches Hilfswerk THW»), à la fois et sur tout le territoire;
•    établir une stratégie «Conception globale courant d’urgence» pour la République fédérale et pour les Länder, de sorte que l’agence fédérale du réseau électrique puisse, en cas de crise, décider de «l’interruption ou l’établissement en priorité d’installations vitales»;
•    instaurer des entrepôts de pétrole et d’essence à 140 endroits pour garantir un plein approvisionnement pendant 90 jours;
•    iscuter d’une «réserve de denrées alimentaires» au niveau fédéral et, en outre, miser sur la «responsabilité personnelle et les capacités de se protéger» de la population;
•    demander que tous les ménages, disposent d’une pharmacie d’urgence, de couvertures chaudes, de charbon, de bois, de bougies, de torches, de piles, d’allumettes, d’accumulateurs chargés et de réserves d’argent liquide (cf. Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung du 21 août).
Penser à des attaques par armes ABC
Une guerre avec l’utilisation d’armes atomiques, biologiques ou chimiques doit, à nouveau, être prise en considération. Concernant le nouveau rapport gouvernemental, Spiegel online déclare que «dans le document, une attaque contre le territoire de l’Etat n’est, indirectement, plus exclue». (21 août)
Depuis un certain temps, un conflit guerrier se dessine à l’horizon. Les Américains provoquent à outrance la Fédération de Russie. Au cours des derniers 25 ans, les Russes n’ont violé le droit international qu’une fois. Les Etats membres de l’OTAN l’ont fait souvent, notamment en Yougoslavie, en Irak, en Libye, en Syrie. Les révolutions de couleur, dirigées par l’OTAN, relèvent du répertoire standard. Les flux migratoires de ces derniers mois sont des opérations dirigées – et ne sont pas un hasard.
Depuis que la situation en Ukraine s’est aggravée suite à des interférences de l’extérieure (activités de diverses fondations américaines, tireurs embusqués «inconnus» puis un coup d’Etat), il y a des préparatifs, directement à la frontière russe, pour un conflit armé avec la Russie. Washington et l’OTAN ont fait avorter toutes tentatives d’une solution pacifique (Steinmeier, Hollande).
Le gouvernement allemand est fermement intégré à l’OTAN et continue de suivre les directives d’outre-Atlantique. Contrairement à la Loi fondamentale allemande, il est intégré depuis longue date dans des activités bellicistes. Lors du dernier sommet de l’OTAN à Varsovie, les Etats-membres ont été obligés de «renforcer leur résistance civile contre des menaces non conventionnelles» (Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, du 21 août). L’escalade est en cours.
Des années de préparatifs de guerre
Les grands médias allemands se sont alliés, depuis des années, à la stratégie de guerre des «atlantistes». Selon eux, la Russie, et en particulier le président russe, sont dotés, exclusivement, de caractéristiques négatives. On utilise les poncifs les plus primitifs pour créer et ancrer des préjugés. Ainsi, on saborde les solutions diplomatiques et pacifiques. Tout le monde sait que la propagande est un élément important de la préparation psychologique de toute guerre. Et cette propagande est devenue de plus en plus intense, ces dernières années.
Jouer avec le feu
Certains milieux, aux Etats-Unis, conduisent le monde vers une guerre, avec le but de rester l’«unique puissance mondiale», malgré un endettement impossible à rembourser. Pour commencer, le champ de bataille pourrait bien se situer en Europe. Les Etats-Unis eux-mêmes se trouvent devant des défis intérieurs difficiles (dettes de l’Etat, hélicoptère monétaire, appauvrissement des populations). En outre, une campagne électorale malpropre rend l’impossible possible. Le candidat Trump est opposé au «modèle d’affaire» basé sur la guerre. Donc, il est diabolisé. Hillary Clinton représente la combinaison de Wallstreet et du complexe militaro-industriel.
La Suisse rêve encore de l’UE et du PPP
La Suisse, encore obnubilée par de nombreux avantages imaginaires, se réveillera doucement de ses rêveries portant sur l’UE et le PPP (Partenariat pour la Paix). La portée des accords signés par une Suisse étourdie, devient évidente, devant le scénario d’une possible guerre. Notre pays est trop impliqué dans l’une des futures alliances bellicistes.
La Suisse doit se refuser aux factions bellicistes
En Suisse, des mesures politiques, économiques et de droit public doivent être entreprises. Sinon, le réveil sera terrible. Pour la politique, cela signifie d’adopter les mesures nécessaires pour que le pays puisse maintenir la neutralité dans le contexte international. Quels accords politiques et économiques avec d’autres Etats doivent être conclus pour garantir notre neutralité? Avec quelles mesures la sécurité des civils peut-elle être garantie en cas d’actes de guerre? Quelles mesures militaires sont nécessaires pour rendre crédible la neutralité? Mais, face à d’autres Etats, Didier Burkhalter doit parler franchement: la Suisse se refuse à la faction belliciste. La Suisse reste fidèle à la stratégie de la paix et du commerce.
Renforcer les forces politiques positives
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le conseiller fédéral Giuseppe Motta a fait sortir la Suisse de plusieurs obligations politiques ayant pu s’avérer dangereuses pour le pays. En politique intérieure, un accord entre les différentes tendances politiques au sein du Conseil national rendit possible la préparation à la guerre.
Aujourd’hui également, il est nécessaire de chercher des voies pour assurer notre avenir en cas d’un possible conflit armé tout en créant l’espace libre nécessaire pour une diplomatie de paix et d’éventuels bons services pour autrui. Ce ne sont pas uniquement les politiciens des différents camps politiques qui sont sollicités mais également toutes les personnes civiles. La Suisse a de la latitude, elle a un héritage et une mission. Des suiveurs, il y en a assez. Etre un modèle oblige.    •
Penser aux provisions domestiques
rl. Etes-vous préparés? Vos proches et vos voisins sont-ils préparés? Des provisions domestiques peuvent vous aider de surmonter des temps difficiles. A l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE), vous pouvez commander gratuitement diverses publications, par exemple le dépliant «Des provisions … providentielles» pour surmonter une pénurie de 7 jours (www.bwl.admin.ch) ou des informations comment réagir lors d’une panne d’électricité (www.bwl.admin.ch/dienstleistungen).
Outre les informations actuelles de l’OFAE – actualisées dernièrement et disponibles également sur les médias sociaux (cf. encadré) –, il vaut la peine d’étudier également les informations plus anciennes. Nous vous recommandons par exemple la liste des aliments contenue dans la brochure «Provision de ménage – Pour que l’éventualité ne devienne pas la fatalité» de l’OFAE parue en 1997. Cette liste contient les quantités nécessaires pour 15 jours. Dans cette brochure, vous trouverez également des informations concernant la gestion sensée des provisions.
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Alertswiss – un application pour réaliser son propre plan d’urgence

hd. En 2015, l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP) a lancé le système Alertswiss en collaboration avec diverses organisations partenaires. Il est accessible par le biais du site web (alertswiss.ch), d’une application gratuite, du compte Twitter (@alertswiss) et de YouTube pour informer toute personne intéressée sur la protection en cas de catastrophe ou de situation d’urgence. La principale mesure consiste à réaliser soi-même un plan d’urgence pour son propre ménage. On peut, par exemple, y noter les lieux de rendez-vous pour les membres de la famille, des informations importantes ou une liste des provisions de ménage. L’application est très bien faite. «En situation d’urgence, il est décisif que les autorités et la population sachent réagir correctement et rapidement», a déclaré Benno Bühlmann, le directeur de l’Office fédéral de la protection de la population.

France: La politique du mensonge

par Guillaume Borel

19 août 2016

Source : http://arretsurinfo.ch/france-la-politique-du-mensonge/

 

 

Les chiffres du nombre de demandeurs d’emplois pour le deuxième trimestre 2016 ont enfin donné à voir l’inversion de la courbe du chômage annoncée par l’exécutif français depuis la fin de l’année 2012, sans pour autant que la situation économique se soit en aucune manière améliorée dans l’hexagone. La croissance reste en effet exsangue avec 0,5 points de croissance au premier trimestre et 0 au deuxième quand la plupart des économistes s’accordent à dire que l’économie française ne crée des emplois qu’au-delà de 1,5 points…

Pour expliquer ce décalage à première vue incompréhensible entre sa « vision » de décembre 2012 et les statistiques du deuxième trimestre 2016, le président François Hollande aura cette explication surréaliste, extraite du livre Conversations privées avec le président, sorti ce jeudi : « Je n’ai pas eu de bol ! »

Cette réduction de la problématique de l’emploi à une question de « bol » renvoie, deux décennies après la métaphore de l’ouragan utilisée par le président François Mitterrand, à l’impuissance politique organisée en matière de politique industrielle et économique dans un environnement mondialisé caractérisé par la perte d’autonomie nationale.

Cette perte d’autonomie et de pouvoir d’action national sur les questions centrales de la politique industrielle ou des politiques monétaires et budgétaires se traduit dans les faits par une politique du maquillage qui fonctionne comme substitut à l’action publique. Ainsi, le détail des chiffres publiés par l’INSEE pour le deuxième trimestre, montre, à côté d’une réduction de 0,3 point du nombre de chômeurs de catégorie A, soit une baisse de 74 000 demandeurs d’emplois, une augmentation significative des demandeurs d’emplois non comptabilisés.

Selon l’INSEE :

« En France métropolitaine, parmi les personnes inactives au sens du BIT, 1,5 million souhaitent un emploi sans être comptées comme chômeurs au sens du BIT : elles constituent le halo autour du chômage. Au deuxième trimestre 2016, leur nombre augmente de 29 000 par rapport au trimestre précédent, et de 43 000 sur un an. »

Ce « halo », au sens du BIT, désigne les personnes classées comme inactives, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles rapidement pour travailler (deux semaines), soit parce qu’elles ne recherchent pas activement un emploi.

On voit que soustrait de l’augmentation des demandeurs d’emplois classés comme « inactifs », la baisse officielle du nombre des « chômeurs » se réduit à 45 000.

Autre information publiée par l’INSEE mais non reprise par la presse nationale, le « sous-emploi », c’est à dire les personnes travaillant à temps partiel, mais souhaitant travailler plus sans y parvenir, a lui aussi augmenté de 0,3 points, ce qui n’est, là encore, pas le signe d’une économie qui crée des emplois. Enfin, dernier indice qui indique manifestement un trucage des statistiques gouvernementales, le taux d’activité global a diminué de 0,1% sur la période…

Dans ces conditions, la décrue inexplicable, et inexpliquée, du chômage officiel au deuxième trimestre ne pouvait venir que d’un maquillage statistique et c’est le journal Le Canard Enchaîné, qui fournissait la preuve de la manipulation au début du mois d’août en révélant une publication interne à Pôle Emploi appelant à placer 500 000 chômeurs de plus en formation, c’est à dire à les faire basculer de la catégorie A, qui sert au calcul statistique officiel, à la catégorie D. Cette offensive statistique spectaculaire, qui consiste à faire changer les chômeurs officiels de nomenclature afin de les faire « disparaître », a nécessité le déblocage d’un budget exceptionnel de 1 milliards d’euros. Un maquillage très onéreux pour les contribuables.

L’annonce de la baisse du chômage officiel par l’INSEE a pourtant été reprise par l’ensemble de la presse nationale, sans aucun recul critique. La lecture des titres des grands quotidiens révèle même une tonalité presque euphorique. Ainsi, le journal Le Monde claironne : Le taux de chômage sous les 10 % pour la première fois depuis quatre ans. Le Figaro titre quant à lui sur un Fort recul du taux de chômage au deuxième trimestre.

Il faut ensuite fouiller dans le corps de l’article pour trouver une explication à cette baisse, quand il en est fait mention. Le Monde parle ainsi de « Surprise » sans avancer aucune explication. Le Figaro évoque bien quant à lui le plan de « formation » de 500 000 chômeurs, mais en toute fin d’article… Plus nuancé, Libération met un « bémol » à la publication des chiffres de l’INSEE, évoquant l’augmentation du « halo du chômage ». Aucune dénonciation là non plus, de la politique de maquillage statistique de l’exécutif qui avait pourtant été annoncée en grande pompe et détaillée par le gouvernement français en janvier 2016.

Il paraît ainsi incompréhensible que la grande presse nationale ne puisse pas faire le lien entre le changement de catégorie statistique des bénéficiaires du plan de formation gouvernemental et la baisse du chômage officiel, à moins bien sûr qu’elle ne le veuille pas. Nous nous heurtons ainsi une fois encore aux limites du système de subventionnement public des organes de presse écrite qui produit dans les faits une nomenklatura médiatique servile et complaisante, se comportant dans sa chasse aux subventions publiques comme une auxiliaire du pouvoir politique.

C’est ainsi en toute impunité que l’exécutif peut se livrer sur le plan intérieur comme géopolitique, à une politique du maquillage et du mensonge destinée à masquer son impuissance au niveau économique ainsi que ses errements géostratégiques. Le soutien aux djihadistes d’Al-Nosra en Syrie fut maquillé en aide aux « rebelles modérés », dont la véritable nature avait été révélée à l’occasion des raids aériens des forces armées russes. Cette politique de soutien aux groupes djihadistes contre le régime syrien a contribué à la montée en puissance de l’Etat Islamique et du terrorisme international. Après les premières vagues d’attentats de 2015 sur le sol français, l’exécutif dissimulera sa responsabilité derrière le mensonge de « loups solitaires » « auto radicalisés » via Internet, qui sert également de paravent à l’incompétence meurtrière des services de renseignement. Il n’est dès lors pas étonnant que le gouvernement, assuré de la docilité des médias subventionnés, ait attaqué de manière si virulente les médias indépendants opérant sur Internet, et les « théories du complot » accusés de véhiculer des « discours de haine » ou encore de propager « l’antisémitisme », du fait qu’ils ont été les seuls vecteurs de la démystification de cette politique du mensonge.

Un peu plus d’un mois après l’attentat de Nice, l’impuissance du gouvernement à assurer la sécurité de ses citoyens et la contradiction entre le but affiché publiquement de lutter contre le terrorisme et son soutien au groupe Al-Nosra en Syrie, se matérialise une nouvelle fois sous la forme du maquillage et du mensonge à travers la polémique stérile sur le burkini, comme si lutter contre les signes visibles d’une certaine forme de radicalisation allait permettre de faire oublier les échecs répétés des services de renseignement ou encore la responsabilité de la politique étrangère française. Parce qu’il est condamné à l’impuissance sur le plan intérieur et victime de ses propres incohérences criminelles sur le plan géopolitique, ce gouvernement est ainsi passé maître dans l’art de maquiller les faits, de manipuler l’opinion publique et d’allumer des contre feux.

Guillaume Borel | 19 août 2016

Guillaume Borel, analyste politique, est l’auteur de l’ouvrage Le travail, histoire d’une idéologieÉditions Utopia: 2015. Il s’intéresse aux questions de macro-économie, à la géopolitique et aux questions de propagande et d’intoxications médiatiques.

 

Pourquoi les attentats en France ?

par Finian Cunningham,

02 août 2016

Source : Strategic-Culture, le 30 juillet 2016.

Traduit et édité par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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La spirale de la terreur en France se terminera quand celle-ci cessera de se comporter en État voyou.

Les actes de guerre illégaux perpétrés par la France au Moyen-Orient, et leurs conséquences, sont largement passés sous silence.

 

Le choc subi en France suite à l’assassinat, au couteau, d’un prêtre âgé par deux terroristes islamistes est compréhensible. Le religieux de 85 ans, le Père Jacques Hamel, a été forcé de s’agenouiller devant la petite congrégation présente lors d’une messe dans une église paroissiale en Normandie, quand il a été égorgé. Les tueurs se sont ensuite filmés en se livrant à un rituel arabe macabre sur l’autel de l’église.

Exprimant l’horreur de la nation, le Père Philippe Maheut, vicaire général pour le district de Rouen, dans le nord de la France où l’assassinat a eu lieu au début de cette semaine, aurait déclaré : «  Nous nous demandons comment nous avons pu en arriver à ce point. »

Le choc de l’ assassinat barbare est aggravé par le fait qu’il intervient moins de deux semaines après qu’un homme d’origine tunisienne a écrasé, au volant d’un camion de 19 tonnes, une foule de piétons regardant le feu d’artifice du 14 juillet dans la ville balnéaire de Nice, sur la Riviera. Les autorités françaises affirment que l’attaque − dans laquelle 84 personnes ont été tuées − a également été motivée par le terrorisme islamiste.

Depuis janvier 2015, la France a subi plus de dix attaques terroristes qui ont coûté la vie à plus de 250 personnes. Le pays est en état d’urgence depuis neuf mois et continuera de l’être au moins jusqu’à la fin de cette année. Peut-être même au-delà. Pourtant, il semble n’y avoir aucun répit dans la violence.

Ce qui est encore plus irritant pour les citoyens est que, dans la dernière attaque, près de Rouen, l’un des deux assaillants, qui ont ensuite été abattus par des policiers, était connu des autorités françaises pour avoir des liens terroristes. Adel Kermiche (19 ans), un Français arabe, portait un bracelet électronique et était sous surveillance dans le cadre d’une condamnation par un tribunal français pour ses tentatives d’aller en Syrie, à deux reprises au cours de l’année 2015, afin de rejoindre les milices islamistes qui se battent là-bas.

Ces divulgations ajoutent au mécontentement populaire croissant contre le gouvernement du président François Hollande. Il suit des réclamations faites par la police française locale de Nice qui n’aurait pas reçu le soutien adéquat de la part de la sécurité nationale au moment du massacre.

Le gouvernement socialiste de Hollande est assailli par la droite politique qui l’accuse d’être «  trop mou » sur les questions de sécurité.

Nicolas Sarkozy, le leader des Républicains, appelle à une réponse « sans merci » à la suite du meurtre du prêtre cette semaine.

Sarkozy, qui devrait tenter une deuxième candidature à la présidence lors des élections de l’an prochain, semble essayer de marginaliser l’aile droite, anti-immigrés, du Front national de Marine Le Pen.

Parmi les mesures d’urgence exigées par Sarkozy il y a la détention sans jugement pour toute personne soupçonnée de liens avec les terroristes islamistes, plus de pouvoirs de surveillance pour la police, et la déportation de citoyens français dans leur pays d’origine s’ils sont reconnus coupables d’infractions terroristes. C’est une pente glissante vers l’internement massif de populations ethnico-religieuses entières, semblable à un état de loi martiale.

Avec le gouvernement de Hollande sous la pression croissante à la fois des Républicains et du Front national, en vue des élections de l’an prochain, et compte tenu de ses performances lamentables à ce jour sur les questions de sécurité, il semble inévitable que la France intensifie ses pouvoirs d’urgence déjà draconiens.

On doit s’attendre aussi à voir s’accroître l’activité des opérations militaires françaises outre-mer. Tant Hollande que son Premier ministre Manuel Valls ont déclaré la guerre à État islamique (ISIS ou Daesh) et ont promis que « la guerre sera longue ».

Quelques jours seulement après les atrocités du 14 juillet à Nice, les avions français ont réalisé plusieurs frappes aériennes près de la forteresse d’ISIS à Manbij dans le nord de la Syrie. Cependant, des sources gouvernementales syriennes ont affirmé que les frappes ont tué plus de cent civils. Damas a envoyé une lettre au Conseil de sécurité des Nations unies condamnant la violation du droit humanitaire par les Français, ainsi que la souveraineté du pays dans l’exécution des raids aériens.

Nous avons donc une spirale mortelle de la terreur. Dans les circonstances qui prévalent, cette spirale va forer de plus en plus profondément dans une indifférence insupportable.

Revenons à la question posée par le vicaire général de Rouen suite à l’assassinat du prêtre : « comment en sommes-nous arrivés à ce point ? ».

Il ne faut pas sous-estimer le fait qu’une grande partie de la violence soi-disant djihadiste qui a éclaté à travers l’Europe, de la France à la Belgique et à l’Allemagne, est une forme de retour de flamme des guerres illégales que les États européens ont menées en Asie centrale, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ces guerres ont été conduites ouvertement avec les États-Unis, sous les auspices de l’OTAN, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Somalie et au Mali. La légalité de ces interventions est très discutable, sinon littéralement criminelle pour le dire crûment.

C’est sous la présidence française de Nicolas Sarkozy, en mars 2011, que l’OTAN a bombardé la Libye, la transformant en un État failli, renversant le gouvernement de Mouammar Kadhafi, et déchaînant le terrorisme islamiste dans les régions du Maghreb, du Sahara et du Moyen-Orient.

Sous la présidence de Hollande à partir de 2012, la France a été un commanditaire clé de la guerre secrète en Syrie au cours des cinq dernières années pour renverser le gouvernement élu du président Bachar al-Assad. Avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, la France est responsable de l’un des grands crimes de l’histoire moderne − la destruction aveugle de la Syrie, avec un bilan de 400 000 victimes et le déplacement de millions de réfugiés, en conséquence du soutien secret apporté par l’Occident aux milices terroristes afin de provoquer un changement de régime.

L’ambassadeur de Syrie à l’ONU, Bachar al-Jaafari, a admonesté le Conseil de sécurité la semaine dernière avec sarcasme : «  Pourquoi les attaques en Europe sont-elles condamnées comme des actes terroristes, alors que quand elles sont effectuées en Syrie, les gouvernements occidentaux les désignent comme des actions des « rebelles modérés » ? ».

L’égorgement d’un prêtre dans une église normande par des terroristes islamistes autoproclamés est en effet choquant. Mais combien plus choquant est la décapitation de milliers de chrétiens et de musulmans par les mêmes groupes terroristes en Syrie ?

Les Patriarches chrétiens syriens ont, depuis des années, mis en garde sur l’extermination des chrétiens dans les villes et villages qui sont tombés sous le siège de l’État islamique et d’autres groupes terroristes liés à al-Qaïda. Le patriarche Ignace Ephrem II a évoqué un seul incident horrible, parmi beaucoup d’autres, quand vingt-et-un chrétiens ont été massacrés dans une église dans la ville de Al Qaryatain. Le règne de la terreur ne prit fin qu’en avril de cette année, lorsque l’armée arabe syrienne et la force aérienne russe ont repris la ville aux djihadistes.

Les réseaux djihadistes − mercenaires venus de pas moins de cent pays − ont presque renversé l’État syrien avant que le président russe Vladimir Poutine n’ordonne une intervention militaire en octobre dernier. Le renversement de l’État était l’objectif du gouvernement français et de ses alliés. Et les mercenaires ont été dirigés, financés et militarisés par les puissances étrangères. La France, les États-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres sont coupables d’énormes crimes de guerre. Les dirigeants politiques de ces pays doivent être poursuivis. Parce que sans responsabilité en vertu de la loi, il n’y a plus de loi. Nous sommes retournés dans la jungle.

François Hollande a admis publiquement que des armes françaises étaient fournies aux «  rebelles » syriens depuis 2012, en violation d’un embargo de l’Union européenne sur la Syrie.

Les rapports des médias occidentaux ont également, occasionnellement et pudiquement, reconnu que les armes étrangères ont fini dans les mains de réseaux terroristes officiellement proscrits. La notion d’une distinction entre les modérés et les extrémistes est une mascarade cynique afin d’absoudre les gouvernements occidentaux de l’accusation légitime qu’ils sont les complices des terroristes.

La vidéo de la décapitation d’un garçon palestinien de dix ans, près de la ville d’Alep au nord de la Syrie, la semaine dernière, par des «  rebelles » de la brigade Nour al-Din al-Zenki, soutenus par les États-Unis, est la preuve de cette mascarade. Le département d’État américain a reconnu son lien avec le groupe, en disant que le meurtre horrible du garçon entraînerait une « pause » dans la poursuite du soutien à la brigade.

Il ne semble pas y avoir d’issue en France à la spirale terroriste de la mort. Non seulement en France, mais dans l’ensemble de l’Europe.

Une série d’attaques liées au terrorisme en Allemagne − trois dans la dernière semaine − attise la peur et le ressentiment parmi les Allemands ordinaires envers les demandeurs d’asile qui ont fui la violence dans les pays arabes et musulmans.

L’atrocité commise dans l’église française près de Rouen est considérée comme un blasphème contre l’héritage chrétien de la France. Il y a des rapports alarmants selon lesquels des groupes nationalistes français d’extrême-droite chercheraient à se venger par des attaques sur les communautés arabes et musulmanes. L’ambiance de peur, de suspicion, de vengeance et de xénophobie est à son tour renforcée par l’augmentation des pouvoirs de l’État d’urgence et la rhétorique politique incendiaire.

On constate, semble-t-il, une vision apocalyptique abyssale de violence sans fin.

Naturellement, les citoyens européens semblent être déboussolés quant à la façon de briser le cycle de la violence.

La vérité c’est que la spirale de la terreur en France, et aussi dans l’Europe élargie, ne prendra fin que lorsque les États tels que la France cesseront de se conduire comme des pouvoirs voyous, saccageant le droit international et violant la souveraineté des autres pays, en apportant leur soutien à des mercenaires terroristes, pour atteindre des objectifs illicites de changement de régime.

La France est en deuil − une fois de plus. Le pays a besoin de se réveiller à la réalité de sa propre anarchie internationale. Et briser le cycle du terrorisme que ses gouvernements ont pour une grande part initié avec leurs alliés européens et américains de l’OTAN.

Parlant après l’assassinat du prêtre près de Rouen, le président Hollande a regardé les caméras de télévision et dit solennellement : « Je vous dois la vérité. Cette guerre sera longue. C’est notre démocratie qui est visée. Nous devons nous unir. »

Alors là, retenez votre souffle ! Voilà le genre de mensonge et de tromperie au sujet desquels les gouvernements occidentaux doivent être appelés à rendre des comptes. La première chose pour laquelle les gens devraient s’unir est la poursuite des criminels de guerre pour leur violation systématique du droit international qui a largement induit le phénomène de la terreur sans fin parmi nous.

 

 

France’s Terror Spiral Ends When France Stops Being a Rogue State

by Finian Cunningham

30 July 2016-08-07

Source : Strategic Culture Foundation

http://www.strategic-culture.org/news/2016/07/30/france-terror-spiral-ends-when-france-stops-being-rogue-state.html

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French shock at the murder of an elderly priest by two knife-wielding Islamist terrorists is understandable. The 85-year-old cleric, Father Jacques Hamel, was forced to his knees before the tiny mass-going congregation in a Normandy parish church, when his throat was slit. The killers then proceeded to film themselves proclaiming a macabre Arabic ritual on the church’s altar.

Expressing the nation’s horror, Father Philippe Maheut, the vicar general for the Rouen district in northern France where the murder took place earlier this week, reportedly said: «We ask ourselves: how have we arrived at this point?»

The shock of the barbaric slaying is all the more compounded coming less than two weeks after a Tunisian-born man smashed a 19-ton lorry into crowds of pedestrians watching a Bastille Day fireworks display in the Riviera resort city of Nice. French authorities say that attack – in which 84 people were killed – was also motivated by Islamist terrorism.

Since January 2015, France has incurred over 10 terror attacks, which have taken the lives of more than 250 people. The country has been in a state of emergency for nine months and will continue to be so until at least the end of this year. Perhaps even beyond that. Yet there seems to be no respite from the violence.

What is even more galling for citizens is that in the latest attack near Rouen, one of the two assailants who were subsequently shot dead by police officers, was known to the French authorities for having terror links. Adel Kermiche (19), a French-Arab, was tagged electronically and under surveillance as part of a sentence from a French court for attempting to go to Syria on two occasions during 2015 to join Islamist militias fighting there.

The disclosure adds to the growing popular discontent with the government of President Francois Hollande. It follows claims made by local French police in Nice that they were not given adequate national security support at the time of the lorry massacre.

Hollande’s Socialist government is being assailed on the political right for being «too soft» on security.

Nicolas Sarkozy, the leader of the Republicans, is calling for a «merciless» response in the aftermath of the priest’s slaying this week.

Sarkozy, who is expected to make a second bid for the presidency in elections next year, appears to be trying to sideline the rightwing, anti-immigrant National Front of Marine Le Pen.

Emergency measures being demanded by Sarkozy include detention without trial for anyone suspected of Islamist terror links, greater surveillance powers for police, and the deportation of French citizens to their country of heritage if convicted of terror offenses. That is a slippery slope towards mass internment of entire ethnic-religious populations, akin to a martial law state.

With Hollande’s government under increasing electoral pressure from both the Republicans and the National Front, and given its woeful performance so far on security issues, it seems inevitable that France will intensify its already draconian emergency powers.

French military operations overseas can also be expected to escalate. Both Hollande and his Prime Minister Manuel Valls have declared war on Islamic State (IS or Daesh) and have vowed that «the war will be long».

Only days after the Nice atrocity on 14 July, French warplanes carried out several air strikes near the IS stronghold of Manbij in northern Syria. However, Syrian government sources claimed that the strikes resulted in over 100 civilians being killed. Damascus sent a letter to the UN Security Council condemning French violation of humanitarian law, as well as its sovereignty in carrying out the air raids.

What we have then is a death-terror-spiral. Under prevailing circumstances this spiral will drill deeper and deeper into horrific oblivion.

Let’s go back to the question posed by the vicar general of Rouen following the priest’s murder: how did we arrive at this point?

It cannot be understated that much of the so-called jihadist violence that has erupted across Europe, from France to Belgium to Germany, is a form of blowback from illegal wars that European states have waged in Central Asia, the Middle East and North Africa. These wars have been conducted overtly along with the United States, under the auspices of NATO, in Afghanistan, Iraq, Libya, Somalia and Mali. The legality of these «interventions» is highly questionable, if not criminal on the face of it.

It was under the French presidency of Nicolas Sarkozy in March 2011 that NATO bombed Libya into a failed state, overthrowing the government of Muammar Gaddafi, and unleashing Islamist terrorism across the Maghreb, Sahara and Middle East regions.

Under Hollande’s presidency from 2012, France has been a key sponsor of the covert war in Syria over the past five years to topple the elected government of President Bashar al-Assad. Along with the United States, Britain, Saudi Arabia, Qatar and Turkey, France is responsible for one of the great crimes in modern history – the wanton destruction of Syria, with a death toll of 400,000 people and the displacement of millions refugees, all stemming from the covert support of terrorist militia for regime change.

As Syria’s ambassador to the UN, Bashar al-Jaafari, admonished the Security Council this past week with sarcasm: «Why are attacks in Europe condemned as terrorist acts, but when they are carried out in Syria, Western governments refer to them as the actions of ‘moderate rebels’?»

The slitting of a priest’s throat in a Normandy church by self-proclaimed Islamist terrorists is indeed shocking. But how much more shocking is the beheading of thousands of Christians and Muslims by the same terror groups in Syria?

Syrian Christian patriarchs have for years been warning about the extermination of Christians in towns and villages that have fallen under siege from Islamic State and other al-Qaeda-linked terror groups. Patriarch Ignatius Aphrem II told of just one horrific incident among many when 21 Christians were slaughtered inside a church in the town of Al Qaryatain. The reign of terror only came to an end in April this year when the Syrian Arab Army and Russian air force recaptured the town from the jihadists.

The jihadist networks – mercenaries from as many as 100 countries – nearly toppled the Syrian state until Russia’s President Vladimir Putin ordered military intervention last October. Toppling the state was the objective of the French government and its allies. And the proxies were directed, financed and weaponized by the foreign powers. France, the US, Britain and others are guilty of huge war crimes. The political leaders of these countries need to be prosecuted. Because without accountability under the law then there is no law. We have succumbed to the jungle.

Francois Hollande is on record publicly admitting that French weapons were being supplied to Syrian «rebels» as early as 2012, in contravention of a European Union embargo on Syria.

Western media reports have also occasionally and coyly acknowledged that foreign weapons have ended up in the hands of officially proscribed terror networks. The notion of a distinction between moderates and extremists is a cynical charade to absolve Western governments from the legitimate charge that they are aiding and abetting terrorists.

The videoed decapitation of a 10-year-old Palestinian boy near the northern Syrian city of Aleppo last week by US-backed «rebels» from the Nour al-Din al-Zenki brigade is proof of that charade. The US State Department admitted its link to the group, saying that the gruesome slaying of the boy would give it «pause» to continue its support for the brigade.

There seems no way out of France’s death spiral with terrorism. Not just France, but the whole of Europe.

A spate of terror-linked attacks in Germany – three in the last week – is stoking fear and resentment among ordinary Germans towards asylum seekers who have fled violence in Arab and Muslim countries.

The atrocity at the French church near Rouen is seen as a profanity against France’s Christian heritage. There are reports of fears that far-right French nationalist groups will seek revenge through attacks on Arab and Muslim communities. The mentality of fear, suspicion, retribution and xenophobia is in turn being reinforced by increasing emergency state powers and incendiary political rhetoric.

There is, it seems, an abysmal, apocalyptic vista of never-ending violence. Understandably, European citizens seem to be at a loss as to how to break out of the cycle of violence.

The truth is that France’s terror spiral, and that of wider Europe too, will only come to an end when states like France stop conducting themselves like rogue powers, trashing international law and violating other countries’ sovereignty with their support of terrorist proxies for illicit schemes of regime change.

France is in mourning – once again. The country needs to wake up to the reality of its own international lawlessness. And break the cycle of terrorism that its governments have in a big way instigated in the first place, along with their European and American NATO allies.

Speaking after the slaughter of the priest near Rouen, President Hollande looked into the TV cameras and solemnly said: «I owe you the truth. This war will be long. It is our democracy that is being targeted. We must unite».

Hold it right there. This is the kind of lying deceit that Western governments have to be called out on. The first thing that people should unite for is the prosecution of war criminals and the systematic violation of international law that has largely induced the phenomenon of endless terror in our midst.

Un expert juridique auprès de l’ONU met en garde contre le contournement des parlements nationaux

Horizons et débats

18 juillet 2016

http://www.horizons-et-debats.ch/indexc7de.html?id=4997

Source: Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=20174&LangID=E

Genève (24 juin 2016) – Le spécialiste des droits de l’homme Alfred de Zayas* a mis en garde ces derniers jours que tout plan de l’Union européenne de contourner les parlements nationaux pour faire passer des accords commerciaux controversés violerait les droits humanitaires et les normes internationales.

«Des accords commerciaux, préparés et négociés en secret sans les acteurs importants tels que les syndicats, les associations de consommateurs, les spécialistes de la santé et de l’environnement ainsi que les parlements, n’ont aucune légitimité», a déclaré le rapporteur spécial de l’ONU pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable.

L’appel d’Alfred de Zayas coïncide avec la publication de rapports selon lesquels la Commission européenne planifie de traiter les accords économiques et commerciaux globaux (CETA) avec le Canada comme une affaire «EU only». Dans ce cas, tous les parlements nationaux de l’UE seront exclus du processus de ratification des accords. Ceci est le résultat des discussions, menées par le rapporteur spécial avec divers acteurs de l’UE, sur la base de documents secrets récemment révélés et sur les derniers rapports parus dans les médias.

«Vu les nombreuses voix opposées s’élevant au sein des organisations de la société civile, il est urgent de mener un débat approfondi et transparent dans les parlements nationaux et d’organiser des référendums dans tous les pays concernés», a précisé Alfred de Zayas. «Refuser au public le droit de participer à ce débat important est antidémocratique et fait preuve d’un profond mépris envers la voix du peuple.»

Un sondage précédent demandé par la Commission européenne en 2014 a montré que 97% de la population de toute l’Europe étaient opposés à l’insertion d’une protection asymétrique des investissements dans l’accord pour un Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (PTCI ou TTIP en anglais) entre les Etats-Unis et l’Union européenne. «Il en serait de même pour l’accord CETA, mais on n’a jamais mené une enquête à ce sujet», a insisté M. de Zayas.

A la lumière de la session du Conseil européen du 28 au 29 juin 2016, le rapporteur spécial a appelé les gouvernements à respecter leurs obligations en matière de droits de l’homme. «Le système des traités des droits de l’homme comporte des obligations impératives que les Etats doivent respecter», a déclaré le rapporteur spécial en se fondant sur le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention européenne des droits de l’homme, la Charte sociale européenne et la Convention américaine relative aux droits de l’homme.

«Dans l’éventualité d’un litige entre des accords commerciaux et des traités relatifs aux droits de l’homme ces derniers prévalent», a-t-il insisté. «Il est interdit aux Etats de conclure des accords, qui retardent, contournent, entravent ou rendent impossible l’accomplissement des obligations relative aux droits de l’homme.»

Le rapporteur spécial a constaté que ce n’est pas aux Etats de garantir des gains pour les investisseurs ou les groupes transnationaux mais de légiférer et de réglementer au bénéfice de l’intérêt public. «L’Etat ne peut se décharger lui-même de sa responsabilité de protéger la population en adoptant des mesures sanitaires et de protection de l’environnement et en garantissant la réglementation du travail et la sécurité alimentaire», a déclaré M. de Zayas.

«Des accords commerciaux ne devraient pas être ratifiés sans avoir préalablement effectué des études d’impact sur les droits de l’homme, la santé et l’environnement, ce qui n’a pas été fait dans le cas des accords CETA et PTCI», a précisé Alfred de Zayas. «La ratification des accords CETA et PTCI donnerait le signal de départ d’une ‹course vers le bas› dans le domaine des droits de l’homme et restreindrait sérieusement la marge de manœuvre des Etats. Cela va à l’encontre des objectifs et des principes de la Charte des Nations Unies et constituerait un obstacle sérieux pour atteindre l’objectif d’un ordre international démocratique et équitable», a conclu le rapporteur spécial de l’ONU.    •

Source: Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=20174&LangID=E

(Traduction Horizons et débats)

*     Alfred de Zayas a été nommé en mai 2012 «Expert indépendant des Nations Unies pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable» pour le Conseil des droits de l’homme. Il est professeur de droit international à l’«Institut des hautes études internationales» de Genève. De plus amples informations sur: http://www.ohchr.org/FR/Issues/IntOrder/Pages/IEInternationalorderIndex.aspx

Un expert indépendant est une personne relevant du mécanisme des procédures spéciales, nommée par le Conseil des droits de l’homme afin d’examiner et d’établir un rapport sur les situations d’un pays ou sur un thème spécifique des droits de l’homme. Cette position est honorifique et l’expert n’est pas considéré comme appartenant au personnel des Nations Unies. Il ne perçoit aucun salaire pour ce travail. Il est indépendant de tout gouvernement ou organisation et agit à titre personnel.

 

EU / Trade agreements: UN rights expert warns against bypassing national parliaments

Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights

Geneva 24 June 2016

http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=20174&LangID=E

 

GENEVA (24 June 2016) – United Nations human rights expert Alfred de Zayas today warned that any plan by the European Union to bypass national parliaments to push through controversial trade deals would violate international human rights norms and standards.

“Trade deals prepared and negotiated in secret, excluding key stakeholders such as labour unions, consumer associations, health professionals and environmental experts and now parliaments, have zero democratic legitimacy,” said the UN Independent Expert on the promotion of a democratic and equitable international order.

Mr. de Zayas’s call comes as the European Commission is reportedly preparing to treat the Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) deal with Canada as an ‘EU only’ matter which, if adopted, will exclude ratification by every national Parliaments in the EU, according to leaked documents and recent media reports that the Independent Expert discussed with various EU stakeholders.

“In view of the increasing vocal opposition by civil society organizations, a thorough open discussion should be carried out by national parliaments and referenda should be organized in all countries concerned,” Mr de Zayas said. “Disfranchising the public from participating in this important debate is undemocratic and manifests a profound disregard to peoples’ voice”.

An earlier consultation conducted by the European Commission in 2014 resulted in 97% of respondents from across Europe expressing opposition to the inclusion of asymmetrical investment protection in Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) with the USA. “The same would apply to CETA, but no consultation was ever held,” he noted.

In the light of the European Council on 28-29 June 2016, the expert called on States to respect their human rights obligations. “The human rights treaty regime entails binding obligations that States must observe,” the expert said recalling the International Covenant on Civil and Political Rights, the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights, the European Convention on Human Rights, the European Social Charter, and the American Convention on Human Rights.

“In case of conflict between trade agreements and human rights treaties, it is the latter that prevail,” he stressed. “States must not enter into agreements that delay, circumvent, hinder or make impossible the fulfillment of human rights treaty obligations.”

The Independent Expert noted that it is not for the State to guarantee profits to investors or transnational enterprises, but to legislate and regulate in the public interest. “The State cannot divest itself of this responsibility to act to protect populations under its jurisdiction by adopting precautionary health and environmental measures, by regulating labour standards and by ensuring food security,” he said.

“Trade agreements should only be ratified after human rights, health and environmental impact assessments have been conducted, which has not been the case with regard to CETA and TTIP,” Mr. de Zayas said.

“Ratification of CETA and TTIP would start a ‘race to the bottom’ in human rights terms and would seriously compromise the regulatory space of states. This is contrary to the Purposes and Principles of the UN Charter and would constitute a serious obstacle to achieving a democratic and equitable international order,” the UN Independent Expert concluded.

 

NOTE TO EDITORS:

The UN Independent Expert devoted his 2015 report to the UN Human Rights Council to the adverse human rights, health and environmental impacts of so-called free trade agreements such as CETA, TPP, TTIP and TISA. Ckeck the report (A/HRC/30/44): http://www.ohchr.org/EN/Issues/IntOrder/Pages/Reports.aspx

Mr. de Zayas focused his 2015 report to the UN General Assembly on the incompatibility of Investor-state-dispute-settlement arbitrations with fundamental principles of transparency and accountability. Ckeck the report (A/70/285): http://www.un.org/en/ga/search/view_doc.asp?symbol=A/70/285

 

In his upcoming report to the UN Human Rights Council, to be presented in September 2016, Mr. de Zayas analyzes and rejects the proposal of an investment court system as a rebranding exercise, which maintains the normative asymmetry of one-way tribunals where investors can sue States but not vice versa, and where victims of human rights violations by the activities of investors and transnational corporations have no standing to sue, no recourse and no remedy.

Mr. Alfred de Zayas (United States of America) was appointed as the first Independent Expert on the promotion of a democratic and equitable international order by the Human Rights Council, effective May 2012. He is currently professor of international law at the Geneva School of Diplomacy. Learn more, log on to: http://www.ohchr.org/EN/Issues/IntOrder/Pages/IEInternationalorderIndex.aspx

The Independent Experts are part of what is known as the Special Procedures of the Human Rights Council. Special Procedures, the largest body of independent experts in the UN Human Rights system, is the general name of the Council’s independent fact-finding and monitoring mechanisms that address either specific country situations or thematic issues in all parts of the world. Special Procedures’ experts work on a voluntary basis; they are not UN staff and do not receive a salary for their work. They are independent from any government or organization and serve in their individual capacity.